Géographie électorale du duel Fillon-Copé: "résistance" contre "raison" dans la mosaïque habituelle des élections internes ?

(MISE A JOUR LIMINAIRE DU 23 NOVEMBRE: étant donné les rebondissements quotidiens de la situation à l’UMP, je conseille à ceux qui sont à la recherche d’informations ou qui souhaitent poser des questions factuelles de se rendre directement dans les commentaires du présent article)

Voici de nouveau cette carte qui reste provisoire (merci à Yves-Marie Cann pour la compilation de tous les résultats épars ! voilà une preuve qu’Internet et même Twitter peuvent être utiles !):

 

1. Beaucoup de situations locales reçoivent bien entendu une explication relativement aisée:

- Les départements d’origine des candidats forment, comme d’habitude, leur meilleur score: Seine-et-Marne et Sarthe, avec des zones d’influence limitrophes (Orne, Mayenne, Maine-et-Loire; Oise et Seine-Saint-Denis en partie).

- Les départements encore sensibles aux orientations originelles des candidats ou à leurs filiations sont peu nombreux et se situent surtout du côté de l’ex-séguiniste Fillon: Vosges, Ariège, Nord-Ouest, voire Moselle du côté filloniste, mais aussi Corrèze, voire Gironde du côté de l’ex-chiraco-juppéiste Copé.
Les orientations idéologiques actuelles des candidats épousent en revanche facilement les sociologies de l’électorat: Languedoc-Roussillon et Provence pour Copé, Nord-Ouest et ouest francilien pour Fillon. Je ne m’étendrai pas sur cet élément le plus évident.

- De manière secondaire, les fiefs des autres membres des tickets ont suivi: Yvelines, Haute-Loire, Haute-Marne; les Alpes-Maritimes, trop "encombrées", faisant bien sûr exception.

Il y a ensuite l’influence des barons locaux qui, comme au PS, au PCF ou au FN, est très forte et explique largement le caractère de mosaïque des géographies électorales des scrutins internes. Une distinction entre départements peut être tracée:

- Les départements où le baron est réellement maître de ses troupes, quelle que soit leur sociologie: l’exemple le plus éclatant est la continuité géographique de deux départements fort similaires: Aube (Baroin) et Haute-Marne (Chatel), qui sont même inversés, d’une certaine manière, si l’on se basait sur la sociologie respective et si l’on devait accentuer les quelques petites différences (Haute-Marne plus rurale, Aube plus urbaine, voire très lointaine banlieue aux alentours de Nogent-sur-Seine); c’est d’autant plus frappant que, en 1999, la Haute-Marne était un des points forts du gaulliste social Fillon.
De même, la proximité et, malgré tout, la divergence de résultat entre Loiret et Eure-et-Loir est frappante.

Il y a donc les départements où les barons sont en accord avec la sociologie: Bouches-du-Rhône ou Nord côté copéiste, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Savoie ou Yvelines côté filloniste.
Il y a les départements où les barons peuvent prévaloir sur la sociologie: les Alpes-Maritimes sont un exemple frappant; le Territoire-de-Belfort est lui aussi une grande surprise… tout à fait logique de ce point de vue: Meslot soutenait Bertrand et donc Fillon et ce département de tendance "droite pop" a suivi. Longuet a probablement fait basculer la Meuse et Barèges le Tarn-et-Garonne.
Evidemment, l’influence de Bertrand dans l’Aisne, voire dans les Ardennes ou la Somme, a été décisive dans des départements plutôt de droite dure. De même, l’influence de Raffarin suffit à faire basculer la Vienne et même toute la région Poitou-Charentes. Peltier a probablement gagné l’Indre-et-Loire à Copé et Fromion le Cher.

- Les départements où le baron ne peut aller contre la sociologie: Hubert Falco et beaucoup d’autres élus varois n’ont ainsi pas pu empêcher que le Var ne reste, logiquement, copéiste, même si de peu; d’une certaine manière, l’appareil sarkozo-balkanyste n’a pu empêcher les Haut-de-Seine des cadres supérieurs et retraités aisés de soutenir majoritairement Fillon.

- Les départements où la concurrence de barons se résout à l’avantage du plus important ou de celui ayant un "rayonnement" plus large: les Alpes-Maritimes (Estrosi, appuyé sur Ciotti et Léonetti, prévalant sur Tabarot ou Luca), les Côtes-d’Armor (Le Fur contre Cadec) ou la Charente-Maritime (Bussereau étant battu par le lointain Raffarin et par Quentin) illustrent bien ce cas de figure. A Paris, c’est Fillon lui-même qui a pu emporter la décision (appuyé sur des troupes quand même nombreuses: Goujon, Legaret, Lamour, Debré, Lellouche,.., et une sociologie favorable), face aux seconds couteaux Goasguen, Dati, Lecoq ou Küster.
La concurrence peut aussi être tranchée par la sociologie: dans l’Oise, la division a été forte, entre les Dassault et Courtial d’un côté, Woerth et Cayeux de l’autre, mais la sociologie a prévalu; la Manche offre un exemple similaire, même si le résultat est inverse.

2. Il y a cependant de vraies surprises, plus ou moins difficiles à anticiper: le Pas-de-Calais, la Moselle ou la Drôme pour Fillon, les Hautes-Pyrénées, les Landes ou le Bas-Rhin pour Copé, par exemple.

Le chiraquisme et le sarkozysme ne sont pas des facteurs explicatifs, ce qui est d’ailleurs fort intéressant en soi (le sarkozysme n’existe peut-être pas; attendons les scores des mouvements – encore que, beaucoup d’adhérents n’ont pas voté pour un mouvement !): les Alpes-Maritimes, la Marne, l’Aube ou les Hauts-de-Seine ne sont pas copéistes malgré leur sarkozysme et l’Alsace est divisée; en matière de terres chiraquiennes, l’écart est fort entre Cantal et Creuse d’un côté, Corrèze et Haute-Vienne de l’autre.
Cela tient au fait que les leaders s’effacent vite et au fait que Copé et Fillon ne sont pas, à titre personnel et hors du jeu médiatico-électoral de Copé, si éloignés fondamentalement l’un de l’autre.

Il faut donc chercher autre chose: il y a peut-être des éléments d’explication conjoncturels, d’autres plus profonds.

- Conjoncturellement, la faiblesse de Fillon dans le Sud-Ouest, probablement une des plus grandes surprises, peut être liée au fait que sa campagne "perturbée" a principalement délaissé le quart sud-ouest; je comptais publier une carte des déplacements, mais je ne les ai pas recensés assez tôt; toutefois, il est clair que Fillon ne s’est pas attardé à l’ouest et au sud d’une ligne Arcachon-Tulle-Foix.

- Plus fondamentalement, les forces relatives des autres partis de droite et du centre peuvent aboutir à des surprises, en ce que l’électorat UMP "résiduel" (en quelque sorte) se retrouve en décalage avec la sociologie globale de la droite dans le département concerné. La forte présence UDI dans le Loir-et-Cher ou la Côte d’Or a peut-être favorisé la victoire de Copé; de même, l’implantation croissante du FN a pu contribuer à pousser la Moselle du côté de Fillon, comme la persistance d’un villiérisme croupion en Vendée laisse une UMP un tantinet plus modérée. Mais, bien sûr, on peut trouver quantité de contre-exemples. Ce facteur explicatif est très local.

- Peut-être que le critère majeur est finalement une combinaison entre passé et avenir, entre tradition politique et combats récents ou futurs: je veux dire par là que la culture politique locale doit être croisée avec la réalité de la situation électorale actuelle de la droite et des futures batailles politiques à mener afin de tenter de comprendre ces surprises.
Ainsi, la gauche est tellement forte dans le Gers, les Hautes-Pyrénées ou le Lot que les quelques adhérents UMP veulent surtout "cogner"; au surplus, ces terres totalement sécularisées et de tradition ruralo-boutiquière expliquent que la posture "populaire" de Copé ait pris. Plus largement, le succès de Copé dans le Sud-Ouest, mais aussi ses scores tout à fait honorables dans le Finistère, le Calvados ou les Deux-Sèvres, terres encore conservatrices naguère mais totalement "rosies" désormais, s’expliquent aussi par cette volonté de "résistance" dure face à la gauche.
A l’inverse, le Nord-Est intérieur, à la fois très conservateur et peu menacé par l’implantation de la gauche, se rallie davantage à Fillon que prévu. Et, bien logiquement, Vendée, Maine-et-Loire, Loiret, Hauts-de-Seine, Marne ou Haut-Rhin, sans trop de crainte d’une vague "rose", peuvent voter "raisonnablement" pour Fillon, tout en confirmant leur tradition de "modération".
La différence entre Moselle et Meurthe-et-Moselle peut certes s’expliquer par l’action des barons (des baronnes, en l’occurrence !), mais peut aussi découler d’une situation de "résistance" (le grand mot de Copé, qui a sûrement fait mouche) plus ancienne en Meurthe-et-Moselle. La différence entre Côtes-d’Armor (depuis longtemps à gauche) et Morbihan également.

Même si le Lyonnais et les Savoies, notamment, perturbent un peu l’analyse, le trait le plus synthétique des deux candidats serait, de manière vraiment grossière, que Copé est fort dans les départements de gauche des années 70 et 80 et Fillon dans les départements de droite quasi-pompidolienne. Les experts de cartographie électorale sont els bienvenus ;)

Mais, après tout, le message de la différence entre "résistance" et reconquête d’un côté, "establishment" et barons de l’autre, tout simpliste qu’il soit, a probablement porté et Copé n’a fait qu’appliquer la vieille recette du (pseudo-)rebelle contre l’ordre établi. Ou la différence entre "démagogie" et posture d’un côté, responsabilité et "raison" de l’autre, si l’on se place d’un point de vue filloniste.

Il sera intéressant d’analyser les résultats des mouvements, afin de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses, en espérant que l’UMP veuille bien publier TOUS les résultats, département par département, y compris en outre-mer et à l’étranger…. Prions Sainte COCOE et surtout Saint Jean-François, qui ne va pas vouloir étaler le détail des turpitudes, peut-être…

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41 réflexions sur “Géographie électorale du duel Fillon-Copé: "résistance" contre "raison" dans la mosaïque habituelle des élections internes ?

  1. Je n’en reviens toujours pas pour le Sud-Ouest. Je pensais cette région globalement acquise à Fillon.

    En tout cas, c’est une analyse intéressante et très instructive. Je suis contant que tu as trouvé la force de publier un article malgré ta tristesse bien compréhensible.

    Allez, espérons! Qui sait, peut-être que la droite sera échaudée par de piètres performances aux élections intermédiaires et décidera de changer de cap à ce moment-là. On peut toujours rêver…

  2. El pais n’est pas tendre :
    El populista Copé gana por 98 votos la presidencia de la derecha francesa
    El ex secretario general del partido de Sarkozy supera por 98 votos al ex primer ministro Fillon
    El caos de las primarias embrolla el futuro de la Unión por un Movimiento Popular
    Et encore, il a fait un titre encore plus dur.

  3. Après la défaite, la stratégie de Patrick Buisson avait été ciblée par certains ténors du parti : « une faute sur le fond, une erreur sur la forme » (Roselyne Bachelot), « l’UMP n’a pas suffisamment marché sur ses deux pieds » (Jean-Pierre Raffarin), « le ni-ni » n’est pas une ligne « sur le long terme » (Bruno Le Maire), « à trop courir derrière le Front national, on le crédibilise » (François Baroin), « l’objectif de Patrick Buisson était de faire gagner Charles Maurras » et non Sarkozy (Nathalie Kosciusko-Morizet).

    La critique interne de la « droitisation » de l’UMP n’aura été qu’une courte parenthèse. Après la défaite, la stratégie de Patrick Buisson avait été ciblée par certains ténors du parti : « une faute sur le fond, une erreur sur la forme » (Roselyne Bachelot), « l’UMP n’a pas suffisamment marché sur ses deux pieds » (Jean-Pierre Raffarin), « le ni-ni » n’est pas une ligne « sur le long terme » (Bruno Le Maire), « à trop courir derrière le Front national, on le crédibilise » (François Baroin), « l’objectif de Patrick Buisson était de faire gagner Charles Maurras » et non Sarkozy (Nathalie Kosciusko-Morizet).
    La critique interne de la « droitisation » de l’UMP n’a qu’une courte parenthèse. Après la défaite, la stratégie de Patrick Buisson avait été critiquée par pas mal de membres éminents de l’ump : « une faute sur le fond, une erreur sur la forme » (Roselyne Bachelot), « l’UMP n’a pas suffisamment marché sur ses deux pieds » (Jean-Pierre Raffarin), « le ni-ni » n’est pas une ligne « sur le long terme » (Bruno Le Maire), « à trop courir derrière le Front national, on le crédibilise » (François Baroin), « l’objectif de Patrick Buisson était de faire gagner Charles Maurras » et non Sarkozy (Nathalie Kosciusko-Morizet).
    En maintenant les thèses des anciens fn infiltrés à l’ump arrivent en tête. Si Copé laisse faire il risque lui même d’être débordé. cela augure mal de la suite.

    Et puis ? Et puis l’UMP a repris le même chemin.

  4. Reçu de France TV Info, une dernière nouvelle :
    Coup de théâtre à l’UMP. Le camp de François Fillon revendique officiellement la victoire de l’ancien Premier ministre à la présidence de l’UMP, mercredi 21 novembre. Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez demandent à la commission de contrôle de l’UMP (COCOE) de revenir sur les résultats de l’élection.

    Selon eux, 1 304 voix ont été oubliées. Il s’agit de celles de Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Mayotte qui n’auraient pas été prises en compte dans le décompte final. D’après leur décompte, François Fillon l’aurait finalement emporté avec vingt-six petites voix d’avance.

  5. Fillon a renoncé à la présidence de l’UMP: est-ce que les médias en font grand cas ? Non… on mélange celui qui est dans l’honnêteté et la morale et celui qui est dans le culot, la mauvaise foi et le faux.
    Désespérant même si très peu étonnant sur la nature humaine…
    Yves-Marie Cann et Nicolas Obrist confirment les calculs de Fillon, à propos.

  6. Il y a une grande constante dans la vie humaine: les tordus accusent toujours les autres de ce qu’ils font eux-mêmes…
    Copé vient de parler de putsch à l’égard de Fillon et de fraudes préméditées.
    Qui a fait un putsch dimanche tard dans la nuit ? Qui avait préventivement bouclé les bureaux du siège de l’UMP ? Qui a manipulé la COCOE ?
    Effectivement, le combat de Fillon est désormais moral.

    Malheureusement, sur Terre et dans notre société médiatique, la morale ne triomphe que très rarement. Face aux tordus, il n’y a malheureusement qu’une solution: ne pas rentrer dans le même jeu qu’eux, ne pas avoir affaire à eux, ne pas participer aux mêmes organisations et aux mêmes procédures qu’eux, ne pas se retrouver lié juridiquement ou matériellement avec eux. En politique (et dans beaucoup d’autres domaines: médias, spectacle, sport, recherche, commerce, etc.), ce n’est pas possible: on est obligé de composer.

    Dès le départ, une organisation par un Copé SG et des entraves permanentes, cela ne pouvait pas marcher. C’est dommage que les Courtial, Karoutchi, Balkany, Dassault, Gaudin, Tabarot, Morano, Daubresse, etc. n’aient pas triché à hauteur de 55%, au moins, on aurait évité la mise à mort de l’idée d’UMP :P

  7. Le probleme pour Fillon, c’est qu’il n’a pas beaucoup de marge de manoeuvre et meme de moins en moins:
    - Plus il va taper sur Cope, plus son image de presidentiable va s’ecorner et plus il sera tenu responsable en cas de scission de l’UMP.
    - Cope lui n’as plus qu’a tenir et attendre que Fillon s’essoufle…

    • En effet, c’est bien l’orreur de la situation: les sans-gêne vous entraînent dans leurs propres bas-fonds… :(
      Au moins, je ne risque pas d’oublier pourquoi je n’ai jamais fait de politique active ;)

      • A mon avis, le seul espoir viendrait du parlement ou apparement Fillon aurait plus d’une centaine de parlementaires avec lui…
        Il peut aussi y avoir un travail de fond prepare et mene jusquen 2015 par Fillon et sa team en tentant de reprendre le parti a ce moment-la mais va-t-il tenir…? On dirait meme que Ciotti ou Pecresse semblent plus motiver que lui… par ce challenge !
        Soyons optimistes: Cope prend un coup aujourd’hui sur sa legitimite tres fragile…

  8. Le problème, c’est l’argent.
    Les députés ont jusqu’au 30 novembre pour s’affilier à un parti, pour la 2e tranche de financement public.
    Or, comme Fillon n’avait pas de parti propre au moment des législatives, il n’a de toute façon pas la 1e tranche, mais il n’a pas non plus la 2e.
    Sauf à utiliser un parti croupion, ces petites structures créées par un député tout seul, mais ce ne sont que quelques illuminés, ou alors des "ultramarins" ou, bien sûr, l’UDI. Bref c’est quasi-impossible à imaginer.
    En plus, partir de l’UMP d’une manière ou d’une autre serait très mal vécu par les adhérents même une partie de ceux qui l’ont soutenu.
    Cruel dilemme… De toute façon, dès le début, les copéistes se sont ingéniés à "contraindre" la situation et à la tordre pour empêcher les fillonistes de s’en sortir.
    Je suis littéralement dégoûté.

  9. A titre d’information, j’ai reçu hier soir, vers 19h30, un mail "UMP" annonçant le passage de Copé au journal de 20h sur France 2…
    Certains diront "quelle belle organisation !", d’autres diront "quel….", bref, je m’arrête là.
    Apparemment l’UMP n’est pas encore en liquidation judiciaire qu’il ait les moyens d’envoyer 300 000 SMS juste pour tenter d’empêcher d’écouter Fillon…

  10. Tu ne penses pas qu’il a la possibilite de faire tomber Cope de la presidence?
    S’il continue sur ce refrain (d’ailleurs il peut plus vraiment s’arreter maintenant…?), qu’un grand nombre de personnes influentes du parti le suivent, ne va-t-il pas y avoir un moment ou Cope serait oblige d’accepter un sage au-dessus pour calmer le jeu?
    Si on prend le systeme dans l’autre sens, que risque Fillon a continuer de taper et entrainer toujours plus de parlementaires dans le blocage?
    Juppe, Mam, (meme peut-etre Raffarin), d’autres senateurs peuvent etre tentes de calmer le jeu des deux jeunots sous pretexte de garder le parti uni? On peut imaginer que de plus en plus de voix s’elevent a l’Ump pour cela? Le fait de voir si rapidement 140 parlementaires "menacer" de quitter le groupe UMP si juppe n’est pas president interimaire n’est pas un exemple du pouvoir d’influence de Fillon?

    Oui il y a un probleme d’argent en faisant son parti, mais Fillon peut tres bien rester dans l’UMP et continuer a casser sur Cope…

    • Copé veut cette place depuis toujours, il ne lâchera jamais, même au risque de briser le parti.
      Je doute de la capacité de Juppé et MAM à le faire bouger. Morano et Karoutchi ont déjà commencé à dire, grosso modo, que Juppé et les autres "sages" sont des vieux dépassés… Juppé s’est d’ailleurs démonétisé en se présentant pas. Quant à Raffarin, sa haine de Fillon est telle…
      Certes, il peut y avoir une forte pression, mais je doute de la capacité humaine et psychologique de Fillon à tenir. Je doute aussi du courage de ceux qui le soutiennent (pas les plus proches, mais les ralliés plus récents). Je crains aussi les menaces personnelles du clan Copé sur tel ou tel parlementaire (l’un d’eux a dit: puisque c’est comme ça, on va la jouer "à l’ancienne"…).
      Et le clan Copé a désormais les clefs, les comptes en banque, les locaux, les fichiers, les signatures, etc. C’est un avantage majeur.

    • Est-ce sérieux ? Je n’aurais jamais imaginé que le camp Fillon puisse aller si loin.

      Si c’est le cas, en effet, les rapports de force en sont transformés. Croisons les doigts ! :)

      • Sinon j’ai du mal a comprendre pourquoi Cope a accepte que Juppe soit la.. Il aurait tres bien pu dire non et garder son siege de president! C’est qu’a mon avis il n’as pas eu le choix…

        Image de presidentiable pour 2017: Fillon joue pas mal son coup en "renoncant a la presidence". L’effet miroir montre un Cope non legitime, voire tricheur. Tres bien vu…

        • Copé ne laisse pas du tout les mains libres à Juppé: il veut que Juppé ne se prononce qu’APRES la commission des recours. C’est encore une manoeuvre et, ce matin, Copé qui dit que Fillon fait des "allers-retours". C’est hallucinant de mauvaise foi et de manipulation. Je viens de décider que, si l’UMP est dirigée par les copéistes, j’en partirai effectivement.

    • Bien sûr que c’est sérieux. Je voulais effectivement expliquer tout cela dans le blog, mais je n’en ai plus le courage :( :P C’est ce à quoi je me référais dans un commentaire plus haut, datant d’hier et sorti de ma petite tête. Heureux de voir que Challenges me confirme que j’avais raison (ils auraient vraiment dû m’embaucher, chez Fillon ;)).

      Mais ce serait évidemment une situation perdant-perdant, car, même avec une bonne portion de parlementaires, le parti de Fillon ne serait pas très riche, moins que l’UDI. Et ce n’est pas la moitié des adhérents de l’UMP qui suivraient, mais beaucoup moins.
      Le coût porté en revanche à l’UMP serait très dur car celle-ci continuerait de porter toutes les dettes !
      Peut-être serait-il finalement meilleur que Fillon repartît de zéro, mais, au moins, sans le poids des dépenses excessives de Sarkozy, Bertrand et Copé !

      Il y a une autre difficulté: les petits partis ultramarins, mais aussi certains partis métropolitains de députés "autonomes" (on pense à l’éternel Jean-Louis Masson en Moselle), peuvent être assez incontrôlables et le(s) dirigeant(s) d’un tel parti auraient peut-être des exigences excessives…
      Evidemment, il y a toujours la solution de phagocyter en masse l’UDI, mais ce serait mal vu ;)

      Enfin, considérons également que l’endettement de l’UMP va aussi peser dans la décision de Juppé d’éventuellement réorganiser un scrutin: cela coûte très cher, surtout s’il faut un huissier et des caméras partout, ou s’il faut faire organiser un scrutin électronique par un prestateire extérieur…

      Le fait que Juppé se donne "15 jours" n’est pas anodin: ce n’est pas favorable à Fillon, car l’échéance du 30 novembre pour les députés serait dépassée… A suivre !

    • Difficile à dire, mais on peut imaginer à ce moment-là qu’il se laisse désigner président, mais qu’il se mette en "congé" de sa fonction, laissant alors tous pouvoirs à son vice-président délégué, Wauquiez.

      Ou alors il démissionne tout aussitôt et on revote (6 mois après au plus tard selon les statuts, avec une organisation de nouveau confiée à la COCOE).

      Sympa, non ? :P

  11. Juppé va finalement rencontrer Fillon et Copé dès samedi matin: il y a vraiment le feu à la maison…
    La conf de presse très dure de Lavrilleux hier (à quel titre parlait-il d’ailleurs ? juridiquement, c’est très flou… peut-être était-ce aussi une façon de ne pas mouiller Copé dans des déclarations irrégulières… ou alors Copé n’a confiance qu’en lui…) montre que Copé ne lâchera absolument rien.
    A bien y réfléchir, Fillon a vraiment intérêt à partir. Mais il faut qu’il le fasse par le haut: faire reconnaître qu’il a gagné ou, beaucoup mieux pour lui (car s’il gagne et qu’il part, il sera traité d’Attila égoïste, qui a tout cassé et s’en va), faire reconnaître qu’aucun résultat ne peut être proclamé car c’est trop serré… alors, il pourra dire, Copé a fait un putsch et, comme Copé ne voudra pas partir, Fillon dira qu’il n’a d’autre solution que de partir.
    En tout cas, il aurait au moins un adhérent immédiat à son nouveau parti ;)

  12. @horos2012 :
    Merci pour ces éclairages ! Je suis cette affaire depuis le début et c’est aussi regrettable pour vous qu’intéressant à décrypter… :o)
    J’allais te demander de nous délivrer ton analyse de la situation actuelle, mais tu l’as fait de toi même. Je t’encourage à continuer, même si effectivement c’est un peu égoïste de ma part puisqu’étant plutôt un homme de gauche, cette situation ne me fait pas souffrir outre mesure… Ceci dit, je tenais à te remercier pour le travail remarquable que tu fais ici, j’ai découvert ton blog à l’occasion des dernières présidentielles. Un grand merci pour ces analyses fines et honnêtes qui – à mon humble avis, cela n’engage que moi – sont nettement plus "nourissantes" que les avis de n’importe quel éditorialiste. Bravo !

    • Merci !

      Que ceux qui ont des questions précises pour décrypter le duel n’hésitent pas à les formuler.
      Je suis filloniste, mais capable d’analyse objective (en dehors du jugement, ce qui est autre chose, sur l’attitude de Copé et consorts).

  13. Fillon a dit ce matin de manière assez floue que lorsqu’il a évoqué qu’il renonçait à la présidence, c’était dans le futur immédiat, en attendant les résultats des recours (si j’ai bien extrapolé son message subliminal). Ca pourrait être sa ligne mais, en cas de victoire de Fillon, Copé se chargera de lui rappeler sa déclaration initiale.
    Direction collégiale ou pas, il faut un président.
    A mon sens, la déclaration de Fillon était très maladroite. Se battre pour que soit reconnue sa victoire est très louable mais annoncer qu’il renonce à la présidence ruine le message.
    En tout cas, partir de l’UMP en créant ou pas un nouveau parti serait un suicide pour 2017.

  14. Paternotte, le président de la commission des recours, vient de refuser les conditions de Juppé (c’est cousu de fil blanc…). Copé n’a rien dit et accepte seulement de rencontrer Juppé dimanche soir. Je suppose en ayant la décision de la commission des recours en mains, puisque celle-ci se réunit… dimanche matin.
    En fait, Fillon a peut-être eu raison de placer la barre très haut car, de toute façon, Copé n’acceptera rien et ne reculera sur rien. Autant essayer de lui faire porter la responsabilité. Et, après tout, si dans le nouveau parti, il y a même Le Maire, NKM et… Juppé, qui finiront peut-être par être dégoutés de l’attitude de Copé, ce ne serait pas si mal.
    Ah, ça y est, je suis reparti dans le rêve :P
    Mais, sait-on jamais…

  15. Voilà, Copé refuse une partie des conditions de Juppé, le critiquant même sur le plan juridique. La médiation de Juppé va probablement s’arrêter. Et la scission va suivre.
    Sarkozy a reçu Raffarin (modèle, à la fois, de sarkozysme et de pondération non-copéiste, c’est bien connu… je suis ironique, bien sûr), ce qui montre le caractère extrême de la crise. Car Sarkozy ne serait le gagnant de cette affaire que si l’UMP reste unie.
    Avec sa popularité, s’il se "blinde" davantage et s’il acquiert plus de force intérieure, s’il est bien soutenu, s’il rallie la moitié des députés et sénateurs, Fillon peut peut-être passer au-dessus de tous les problèmes d’appareil. C’est peu probable, mais cela reste jouable je pense (c’est à la fois mon analyse et mon espoir ;)).
    Le bon score de la Droite Forte, y compris dans des départements modérés (voir la démission du président départemental de la Mayenne, Favennec, après le résultat des motions dans son département), peut l’y aider, en faisant sauter le pas à des barons locaux pas très courageux d’ordinaire et plutôt suivistes. Ne se retrouvant plus dans leur propre parti, ils pourraient avoir un petit influx de témérité.
    Ceci étant dit, voir Fillon ene chef de parti, qui plus est d’un nouveau parti, cela paraît assez peu vraisemblable. Mais pas totalement impossible.
    La situation présente est désespérante mais reste passionnante.

  16. Alors Copé a fait semblant d’accepter pour mieux torpiller Juppé. C’est vraiment déguelasse.

    A Fillon et à tous les gens sensés de l’UMP: par pitié, ne lâchez rien. C’est le moment où jamais: si vous reculez maintenant, il en sera fini de toute la droite historique et rien ne pourra arrêter la dérive vers un Tea Party à la française. Dans votre intérêt, et dans l’intérêt du pays, il faut être prêt à tout pour éviter ça.

    • J’espère que Fillon tiendra désormais.
      Même aujourd’hui, Copé s’est répandu contre Juppé et Fillon.
      Et a envoyé un mail pour indiquer les résultats du sindage i-Télé, où 52% des sympathisants veulent qu’il reste (même s’ils sont plus nombreux à le tenir pour responsable et plus nombreux à le voir négativement): tiens, bizarre, je croyais que les sondages auprès des sympathisants, c’était nul ?!?

  17. Puisqu’on est sur un site de sondages :
    D’après un sondage CSA pour I-Télé, les sympathisants UMP sont une courte majorité à souhaiter que Jean-François Copé conserve la tête du parti (52%) mais 47% ne le souhaitent pas. Triste, puisqu’on parle de sympathisants et pas d’adhérents.

    Ce qui m’inquiète le plus dans ces turpitudes, c’est le possible retour de Sarkozy. Vous dites que Sarkozy ne serait le gagnant de cette affaire que si l’UMP reste unie. Pourquoi ? J’aurais plutôt pensé que Sarkozy serait légitimé dans la position du recours dans cette situation désastreuse.
    Ce même sondage dit :
    Une forte majorité de sympathisants UMP souhaite le retour de Nicolas Sarkozy en politique (73%). Parmi l’ensemble des Français, 65% souhaitent au contraire qu’il ne revienne pas. Ouf !

    • Si le patir se divise, Sarkozy n’aura d’autre choix que de disputer à Copé un "bout" d’UMP: pas glorieux… Et si l’UMP reste entière, qu’en restera-t-il en 2016 ? Car cela voudrait dire une guérilla permanente de 4 ans, avec un clan Copé qui se serrera les coudes et aura de l’"entraînement" pour s’opposer, aussi, à Sarkozy…
      Et puis la fracture politique, elle est bien là: la ligne Buisson n’est en réalité qu’à 50%, pas plus.

      • S’il n’y avait eu Sarkozy, on ne parlerait même pas de la "ligne Buisson". Le chef a un pouvoir considérable sur l’orientation idéologique de ses troupes. Si Copé l’emporte et l’UMP reste entière, je ne doute pas que dans 5 ans ladite ligne sera universellement acceptée.

      • On se dirige vers la scission à priori.
        Donc, soit Fillon va en justice, soit il emmène avec lui des députés vers un autre groupe parlementaire. Ca ne peut être que l’UDI (peu probable) sauf si d’ici le 30 novembre, il crée un nouveau groupe parlementaire (aussi peu probable).

        La meilleure chance de Copé n’est-elle pas de faire revenir Sarkozy pour se relancer sur un ticket commun ?

  18. Je pense avoir trouvé le bon slogan pour moi et Fabien (même si ça lui rappellera peut-être des mauvais souvenirs…) : "Fillon, laisse pas béton !" ;)

    • J’espère mais je n’arrive pas à y croire.
      Sur le plan personnel, c’est allé tellement loin qu’on pourrait dire que cela va vraiment exploser, mais beaucoup d’élus tempèrent fortement les ardeurs.
      Je prépare un article (ou plutôt un "manifeste" :p).
      J’y inclurai tous les sondages de la semaine…

  19. Ping : The disintegration of the French right? – UMP Congress 2012 « World Elections

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