Dernier sondage pour la primaire PS: Hollande toujours gagnant mais Aubry en forte hausse

 

OpinionWay-Fiducial
Le Figaro
10-11 octobre 2011
échantillon total: 5502
sous-échantillon électeurs de gauche: 2196 (dont 1372 socialistes)
sous-échantillon du précédent: 638 certains d’aller voter le 16 octobre

Potentiel de participation (différence par rapport au sondage OpinionWay des 5 et 6 octobre derniers):
ensemble des électeurs de gauche: 29 (+6)
électeurs socialistes: 36 (+8)
électeurs de la « gauche radicale »: 30 (+7)
électeurs écologistes: 7 (-1)

Parmi l’ensemble des électeurs de gauche:
Hollande 54 (-4)
Aubry 46 (+4)

Parmi l’ensemble des électeurs socialistes:
Hollande 58 (-1)
Aubry 42 (+1)

Parmi les électeurs de gauche « certains » d’aller voter le 16 octobre:
Hollande 52 (-8)
Aubry 48 (+8)

Reports parmi les 521 sondés ayant voté le 9 octobre:
électeurs Montebourg: Holande 45 / Aubry 48 / nspp 7
électeurs Royal: Hollande 23 / Aubry 64 / nspp 13
électeurs Valls: Hollande 65 / Aubry 23 / nspp 12

Apports parmi les 117 sondés « certains » d’aller voter le 16 octobre, mais n’ayant pas voté le 9 octobre:
Hollande 39 / Aubry 44 / nspp 17

1. En premier lieu, il convient de souligner, ainsi qu’il a déjà été dit dans l’article précédent, combien ces sondages portant sur des échantillons réduits sont à prendre avec précaution, même si, en l’occurrence, le sondeur a élargi ses échantillons habituels. Le problème persiste toutefois sur la catégorie des sondés « certains » d’aller voter, puisque, globalement, la participation a été 2 fois moins importante que celle repérée dans les sondages d’avant 1er tour.

En outre, OpinionWay ne s’est pas révélé être un institut performant, son dernier sondage d’avant 1er tour surévaluant très fortement François Hollande et n’ayant pas relevé, contrairement à Harris Interactive (pourtant décrié au premier trimestre 2011 pour ses sondages plaçant Marine Le Pen en tête du premier tour), l’inversion entre Arnaud Montebourg et Ségolène Royal.

Ici, soit OpinionWay s’est « amendé » et a corrigé les réponses au regard des résultats réels du premier tour; soit OpinionWay continue de surévaluer François Hollande. Dans tous les cas, les chiffres ne sont pas rassurants pour ce dernier qui, il est vrai, figurait précédemment à des niveaux très hauts, même à l’aune de l' »histoire » sondagière d’OpinionWay.

2. Les chiffres de la participation potentielle laissent apparaître une marque d’intérêt croissant. Ce serait logique au vu de la médiatisation, quantitativement forte voire saturante et qualitativement positive pour le PS. Ce serait également logique chez les socialistes, qui, au vu du succès de participation du premier tour, iraient logiquement voter plus nombreux afin que le choix de leur candidat ne soit pas majoritairement le fait de non-socialistes. Ce serait enfin logique parmi la gauche dite « radicale » (au sens d’extrême, non pas au sens herriotiste ou mendésiste…), mise en appétit par le phénomène Montebourg (ou supposé tel) et la vulnérabilité inespérée du social-démocrate Hollande (ou supposé(e) tel(le)).

Le fait que cette participation ne progresserait pas chez les écologistes et progresserait chez les socialistes sont de bonnes nouvelles pour François Hollande, aux soutiens plus traditionnels et particulièrement fort chez les militants socialistes, notamment les plus âgés. En revanche, une mobilisation plus forte de la gauche « radicale » serait une bonne nouvelle pour Martine Aubry.

3. Les scores bruts montrent un resserrement de l’écart assez logique, au vu de la perte de dynamique du camp Hollande, des déclarations mêmes de celui-ci sur la faiblesse de l’écart à venir, du discours médiatique ambiant sur le caractère ouvert du second tour.

(cliquez sur le graphique pour une meilleure visibilité)

François Hollande reste très fort chez les électeurs socialistes et reste suffisamment haut dans l’ensemble des électeurs de gauche, mais il perd beaucoup parmi les sondés « certains » d’aller voter.

Certes, la remobilisation de ses soutiens est forcément un peu plus lente que la galvanisation de ceux de Martine Aubry, enclenchée dès dimanche soir. Toutefois, cette forte érosion est inquiétante pour lui, alors que l’échantillon est déjà plus significatif que précédemment (638). De surcroît, à 52/48, il se situe dans la marge d’erreur habituellement admise.

Ici, c’est la tendance qui est importante, la dynamique à l’oeuvre, et elle ne paraît pas favorable à François Hollande.

4. Quant aux reports, leur analyse ne saurait fortement évoluer par rapport à mon précédent article (que j’invite à lire dans le même temps que celui-ci, même si j’actualise ici les graphiques).

(cliquez sur le graphique pour une meilleure visibilité)

François Hollande est logiquement dominant parmi les électeurs de Manuel Valls (3/4-1/4 en base 100).
Il reste étonamment résistant parmi les électeurs d’Arnaud Montebourg (48-52 en base 100).
Il semble en revanche déclinant chez ceux de Ségolène Royal, dans une proportion surprenante (1/4-3/4 en base 100). La faiblesse de l’échantillon peut jouer, mais des réactions personnelles, voire une forte proportion de motivations féministes, pourraient expliquer ces chiffres.

Quoi qu’il en soit, la prudence des proportions que j’ai retenues en fin d’article précédent compense largement ces éventuelles évolutions.

5. En ce qui concerne les nouveaux votants potentiels (représentant seulement 117 sondés), ils se répartiraient de manière équilibrée entre les deux candidats de tête, avec toutefois une légère avance pour Martine Aubry et une proportion non négligeable d’hésitants, peut-être plus susceptibles de basculer du côté de cette dernière à l’issue du débat télévisé.

L’échantillon est ici très réduit. Toutefois, si François Hollande était en mesure de capter ainsi les 2/5 de ces nouveaux votants, ce serait suffisant pour éviter un basculement des résultats globaux en faveur de Martine Aubry.

6. Enfin, il reste à voir la présentation médiatique de ce sondage, toujours aussi importante que le sondage lui-même (ce qui est, d’ailleurs, souvent à l’origine de l’antienne « les sondages se sont encore trompés », les impressions personnelles remplaçant en fait les sondages dans beaucoup d’esprits): sera-ce « Hollande gagnant » ou « Hollande en forte baisse » qui prévaudra ?

Au final, la compétition semble se tendre, avec une poursuite des attaques personnelles (quoi qu’elle en dise) de Martine Aubry et une volonté -enfin- de répliquer de la part du camp Hollande. Cette tension est à la mesure du resserrement des écarts et d’une attitude triomphaliste et très critique de la part d’Arnaud Montebourg, qui ne peut que contribuer à la crispation, tout en démonétisant progressivement son propre positionnement, par une gourmandise excessive.

Il est à espérer qu’Harris Interactive et l’IFOP produisent une enquête avant ce week-end, de manière à y voir un peu plus clair.

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