Derniers sondages CSA et BVA: l’effet de la primaire du PS et le retrait de Jean-Louis Borloo profitent à François Hollande

 

CSA
BFM TV, RMC, 20 Minutes

17 octobre 2011
échantillon: 859 électeurs inscrits parmi un échantillon total de 1010

Hollande 35 (+7)
Sarkozy 25 (+1)
Le Pen 16 (-2)
Mélenchon 5 (-1)
Bayrou 9 (+2)
Joly 3 (-1)
Villepin 2 (-3)
Arthaud 1 (-0,5)
Poutou 0,5 (=)
Dupont-Aignan 0,5 (=)
Boutin 1,5 (+1)
Morin 1 (+1)
Lepage 0,5 (+0,5)

Hollande 62
Sarkozy 38

Au premier tour, 13% ne se prononcent pas et 18% au second tour.

___________________________

BVA
RTL, Orange, presse régionale

17-18 octobre 2011
échantillon: 753 électeurs inscrits parmi un échantillon total de 950

Hollande 39 (+8)
Sarkozy 23 (=)
Le Pen 19 (+3)
Mélenchon 6 (+2)
Bayrou 7 (+1)
Joly 4 (-1)
Arthaud 2 (+1)
Poutou 0 (=)

Hollande 64
Sarkozy 36

1. François Hollande apparaît ainsi comme le grand vainqueur de cette séquence, sans véritable surprise. La sur-médiatisation, sa victoire franche, une incapacité de la droite à riposter intelligemment et un très bon positionnement du nouveau candidat socialiste le placent clairement comme le grand favori de la présidentielle.

Sa progression dans ces deux sondages doit certes être relativisée: l’institut BVA semble donner des scores quoi qu’il en soit plus élevés aux socialistes. Les échantillons en électeurs inscrits sont, comme souvent avec ces deux instituts, un peu « courts ».

Toutefois, l’absence de tout candidat de centre-droit ou de droite « alternative » dans le sondage BVA aurait dû donner un avantage à Nicolas Sarkozy: il n’en est rien, au contraire. Ainsi que je l’avais écrit, le retrait de Jean-Louis Borloo ne semble pas ou très peu profiter à Nicolas Sarkozy. Mais le sondage BVA nous montre que l’absence des hypothèses Villepin, Morin et Boutin semble même favoriser François Hollande.

2. François Bayrou est en effet le deuxième bénéficiaire de cette période. Logiquement, le retrait de Jean-Louis Borloo lui apporte un petit supplément d’intentions de vote, qui reste toutefois limité, d’autant plus dans la configuration retenue par BVA, où l’absence de Dominique de Villepin, voire de Christine Boutin, aurait dû lui servir davantage. De manière connexe, le plafonnement de l’hypothèse Hervé Morin à 1% montre bien que l’électorat de Jean-Louis Borloo était plus divers et plus attaché à sa personne qu’un simple parti nostalgique de l’UDF.

3. L’émergence de Jean-Luc Mélenchon ne semble pas se confirmer. Il ne bénéficie pas pour le moment du positionnement de centre-gauche de François Hollande, ce qui montre a posteriori la pertinence tactique du résultat de la primaire du PS. Une certaine lassitude à l’égard de la candidature Mélenchon, de sa forme et de ses manifestations médiatiques n’est pas non plus à exclure, encore plus en contraste avec l’apparence apaisée qu’adopte François Hollande.

4. La candidature d’Eva Joly semble suffire une désaffection encore plus prononcée et il est intéressant de noter qu’est confirmé le sentiment que j’indiquais précédemment: elle n’est pas en mesure de profiter du positionnement moins à gauche et moins « vert » de François Hollande. Sa personnalité comme son placement plus à gauche et « punitif » ne trouvent probablement pas un écho important. Ici, le choix de la primaire écologiste est au contraire remis en cause, tant Nicolas Hulot aurait pu mordre sur les électorats Bayrou et de centre-droit sans perdre la base Verte. Si Corinne Lepage est effectivement candidate (ce qui est toutefois sujet à caution), elle pourrait clairement occuper un créneau gênant pour Eva Joly et empêcher celle-ci de franchir le seuil des 5%, synonyme de remboursement des frais de campagne par l’argent public.

5. Le grand perdant reste cependant le Président sortant. Il ne bénéficie pas réellement du retrait de Jean-Louis Borloo. Mais il ne bénéficie pas non plus de l’absence de Dominique de Villepin (et de Christine Boutin) dans le sondage BVA, comme je l’envisageais d’ailleurs: voir le résultat nul des pressions exercées par l’Elysée pour obtenir le retrait de toutes les candidatures de centre-droit et de droite reste impressionnant.

En outre, l’absence de Nicolas Dupont-Aignan contribue probablement à renforcer encore une Marine Le Pen de nouveau plus menaçante à l’égard d’un Sarkozy incapable de solidifier ne serait-ce que 25% de l’électorat.

Soit Nicolas Sarkozy est capable de susciter l’équivalent d’une candidature Villiers ou, plus exactement, Pasqua, apte à affaiblir Marine Le Pen; soit il fallait laisser émerger et même soutenir un pôle de centre-droit qui lui aurait permis d’attaquer de front Marine Le Pen, tout en tentant, dans l’entre-deux-tours, un ralliement bien orchestré de Jean-Louis Borloo, promis à Matignon, avec une équipe plus européenne, plus écologique et plus « humaniste ». Au lieu de cela, Nicolas Sarkozy travaille lui-même au rétrécissement de sa base électorale.

Les résultats de second tour sont édifiants et confirment les « pronostics » déjà évoqués dans un article précédent, ainsi que les dispositions des électeurs à voter pour Nicolas Sarkozy ou pour François Hollande:
– 18% sont certains de voter pour François Hollande et 10% pour Nicolas Sarkozy,
– 39% jugent possible de voter pour François Hollande, 26% pour Nicolas Sarkozy,
– 39% estiment exclu de voter pour François Hollande, 61% pour Nicolas Sarkozy.

En réalité, 3/5 des Français souhaitent une défaite du Président sortant et en sont suffisamment certains pour en faire un pronostic probable. Ce « plafond de verre » pour Nicolas Sarkozy apparaît stable au moins depuis le printemps et rejoint les enquêtes de popularité.

6. Il convient à cette occasion de noter que, si François Hollande est devenu le candidat « attrape-tout », au même niveau que DSK avant sa chute, le niveau des électeurs certains de voter pour lui n’est pas très élevé: ce doit être un point de vigilance pour lui, afin d’éviter une concurrence à gauche ou au centre. Toutefois, seul François Bayrou pourrait être en mesure de le menacer; Jean-Luc Mélenchon en paraît incapable et Marine Le Pen, même si elle redevenait pleinement la candidate populaire en regagnant encore davantage de voix à gauche, serait d’abord dangereuse pour Nicolas Sarkozy et non pour François Hollande.

7. L’institut BVA publie également une analyse des reports de voix au second tour qui confirme la prééminence de François Hollande et la profonde faiblesse de Nicolas Sarkozy. En présentant successivement le report sur le candidat Hollande, sur le candidat Sarkozy et sur aucun des deux noms, les résultats suivants peuvent être relevés:
Arthaud: 61 / 0 / 39
Mélenchon: 73 / 5 / 22
Joly: 76 / 4 / 20
Bayrou: 44 / 24 / 32
Le Pen: 37 / 45 / 18

Ces chiffres montrent bien que Jean-Luc Mélenchon n’est pas que le candidat du PCF (auquel cas, le report serait de 90%), mais aussi celui de l’extrême-gauche « trotskysante ». C’est plutôt une bonne nouvelle pour le PS, qui ne pâtit pas d’une candidature trop « révolutionnaire » à sa gauche. A l’inverse, le report des électeurs d’Arthaud est moyen, mais c’est logique pour un candidat « social-démocrate » et alors que le niveau de l’extrême-gauche est négligeable.

Ils montrent aussi que le report des voix écologistes est habituel sur le candidat socialiste mais extrêmement faible sur le candidat de droite, alors qu’il devrait être de 15%. Il est vrai que le niveau d’Eva Joly est très bas et qu’elle est désormais repliée sur les Verts historiques et idéologiques.

Ils montrent également le très mauvais report des voix de François Bayrou sur Nicolas Sarkozy, à un quart au lieu de 35 à 40% en 2007, alors que François Hollande prend 45% de ses voix, au lieu de 35 à 40%.

Enfin, l’électorat populaire porté sur Marine Le Pen revient à gauche à hauteur de 37%, plus haut que les 25 à 30% maximum observés depuis le milieu des années 1990. A l’inverse, Nicolas Sarkozy n’est pas capable de prendre plus de la moitié des voix du FN, ce qui marque un léger tassement.

Ces deux sondages viennent utilement renouveler le panel contenu dans notre indicateur, tant pour le premier que pour le second tour.

Cependant, l’écrasante position de François Hollande devrait se modérer avec les semaines qui passent, en raison d’une moindre exposition médiatique et des probables « couacs » entre appareil du PS et proches du candidat. Mais il est douteux qu’il revienne de sitôt en dessous des 30-32%.

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