Dernier sondage LH2: François Hollande toujours dominant, François Bayrou émergent, Dominique de Villepin marginalisé

 

LH2
Yahoo!
21-22 octobre 2011
échantillon: 813 électeurs inscrits parmi un échantillon total de 953

Hollande 39 (+8)
Sarkozy 24 (+3)
Le Pen 14 (-1)
Mélenchon 6,5 (-1,5)
Bayrou 8,5 (+0,5)
Joly 5 (-2)
Villepin 1,5 (-0,5)
Arthaud 0,5 (=)
Poutou 0 (=)
Dupont-Aignan 0,5 (+0,5)
Boutin 0 (-0,5)
Morin 0,5 (+0,5)
Lepage 0 (=)

Hollande 60 (=)
Sarkozy 40 (=)

1. Ce sondage LH2 est plus proche du sondage BVA que des sondages CSA et IFOP: se confirme ici l’intérêt de disposer d’un échantillon suffisant pour disposer d’au moins 900 électeurs inscrits et 1000 de préférence, plutôt que seulement 800 ou 850.

2. François Hollande est en effet de nouveau à 39%, ce qui est manifestement excessif. Sa domination est cependant confirmée:
– il est à 41% parmi les employés et ouvriers, contre seulement 18% à Nicolas Sarkozy et 24% à Marine Le Pen; il est ultra-dominant parmi les professions intermédiaires (cadres moyens probablement);
– il parvient à arracher la première place chez les 65 ans et plus: 39-38 contre Nicolas Sarkozy et le bat chez les retraités, 36% à 32%, Marine Le Pen étant quand même à 13%; celle-ci atteint d’ailleurs les 17% chez les 50-64 ans contre seulement 18% à Nicolas Sarkozy.

3. Les autres tendances se confirment, même si à des niveaux différents, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon étant très élevés dans le précédent sondage LH2:

Dominique de Villepin est désormais passé de la catégorie des candidats moyens à celle des petits candidats, probablement par manque d’exposition médiatique et par intégration du caractère moins probable de sa candidature; peut-être aussi que le groupe Canal+, grand promoteur traditionnel de la candidature Villepin depuis 2007 (à l’inverse de la vulgate servie pendant l’année cPE en 2006… mais alors, le nom de Villepin n’était pas encore tout à fait l’antithèse absolue de Nicolas Sarkozy…), a trouvé moins de temps pendant la primaire du PS pour l’ancien Premier ministre…

François Bayrou, à la faveur de cet effacement et du retrait de Jean-Louis Borloo, émerge comme le « quatrième homme ».

Jean-Luc Mélenchon semble réellement stoppé et Eva Joly glisse lentement vers le bas.

– Les autres candidats sont insignifiants, en particulier Hervé Morin et Corinne Lepage, incapables de reprendre à eux seuls le créneau Borloo.

4. Les reports de voix confirment les éléments déjà analysés chez les autres sondeurs:
– l’électorat Bayrou se répartit à 64-36 vers François Hollande,
– l’électorat Le Pen est lui aussi favorable à François Hollande, à 56-44, ce qui est probablement exagéré mais témoigne d’un pouvoir d’attraction de François Hollande temporairement impressionnant, que même DSK n’aurait probablement pas eu,
– l’électorat Mélenchon se reporte à 87-13 sur François Hollande, ce modeste 13% montrant peut-être qu’un certain souverainisme n’est pas désespéré de Nicolas Sarkozy: une piste à creuser pour le Président ? Peut-être, même si les ballets internationaux rendraient peu crédible un réveil gaullo-séguino-guainoiste de sa part…

Ce grand éventail offert à François Hollande devrait logiquement le conduire à jouer de l’émergence de François Bayrou contre les Verts historiques et contre une partie de la « gauche de la gauche ». Le même sondage montre d’ailleurs que le souhait d’alliance avec Bayrou est légèrement majoritaire chez les sympathisants de gauche et du PS et s’approche du niveau des souhaits équivalents pour Mélenchon. Une piste à creuser pour le candidat du PS ? Tactiquement, c’est probable.

Paradoxalement, François Bayrou, qui a peu de chances de rééditer son exploit de 2007 (justement parce qu’il a déjà eu lieu et que Ségolène Royal n’est plus candidate), pourrait être plus central aujourd’hui:
moins menaçant à l’égard du PS, celui-ci accepterait mieux d’en faire un appoint utile en période de crise, un peu à la manière des Libéraux-Démocrates pour David Cameron (ce sont eux qui ont le plus pâti du rigorisme du Chancelier de l’Echiquier Osborne, pas tellement les Conservateurs); en outre, François Bayrou n’était pas loin d’une grande alliance avec le PS en 2007, s’il n’y avait eu la maladresse d’entre-deux-tours de Ségolène Royal et la force de l’appareil;
Nicolas Sarkozy ayant lui-même détruit le centre-droit et le pseudo-gaullisme modéré (censément incarné par Dominique de Villepin), il ne lui reste que François Bayrou avec qui discuter.

Bien entendu, c’est le Président de la République qui aura le plus besoin de lui et c’est pourtant davantage vers le président du conseil général de Corrèze que François Bayrou serait susceptible de se tourner. Voici probablement un des « jeux » qui devraient occuper la fin de 2011 et le début de 2012, sauf si Marine Le Pen réalise un retour.

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