Indicateur des 14 et 21 novembre: normalisation et polarisation

1. Plus qu’un retournement de tendance, François Hollande connaît une simple normalisation, après l’euphorie de l’après-primaire et de longues semaines d’un monopole médiatique sans précédent. Sa courbe montre qu’il reste au-dessus de sa tendance de long terme, qui est solidement haussière.

A l’inverse, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une polarisation à droite, en absorbant tout l’espace de la droite traditionnelle et en asséchant les candidatures Morin, Boutin, Nihous et même Villepin. Cependant, la tendance haussière de long terme est de pente assez faible et l’embellie de l’été avait été de courte durée.

Marine Le Pen semble avoir stoppé sa décrue, mais l’écart se creusant de nouveau avec le Président, ses chances de figurer au second tour ont diminué, si tant que son niveau réel soit bien mesuré par les sondeurs et que l’élection reste dans une configuration de victoire « au centre » et non « au peuple ». Elle reste très forte auprès de l’électorat populaire, marquant, à son niveau et dans son créneau, une réelle polarisation.

Parmi les candidats moyens, tous connaissent un plafonnement: Mélenchon, Joly et Bayrou, même si ce dernier offre les meilleures perspectives. Les deux autres ont en effet connu des occasions de progression qu’ils n’ont pas concrétisées, alors que François Bayrou a été relativement peu médiatisé et n’a pas pu faire la preuve de sa spécificité. Son « tour » n’est manifestement pas encore venu. Il reste à savoir s’il sera plus dangereux pour Hollande ou pour Sarkozy (voir mes précédents articles).

La démission de Yannick Jadot et le positionnement diviseur d’Eva Joly (ce qui ne peut être apprécié par un électorat de gauche encore traumatisé par le 21 avril 2002), en porte-à-faux avec une direction des Verts dure en affaires mais consciente de la nécessité d’une certaine Realpolitik, confirment l’erreur majeure, du point de vue électoral, de la désignation de l’ancienne magistrate comme candidate. Même en considérant que la dernière dizaine de jours n’a pas été très favorable pour François Hollande, les autres candidats de gauche susceptibles de le gêner sont encore moins performants… ce qui lui laisse encore une certaine marge d’erreur…

Le point négatif majeur ici pour François Hollande est la nécessité pour lui de parvenir à se hisser au niveau du Président et non à entrer dans les logiques de manoeuvres politiciennes (plutôt du niveau des Copé et Fillon, même si l’Elysée est en réalité à la manoeuvre tous azimuts) ou du détail de l’action gouvernementale (plutôt du niveau des Fillon, Baroin, Pécresse, Bertrand), ce qui, dans l’un comme dans l’autre cas, ne contribue pas à asseoir une stature présidentielle. Il est frappant de voir que Nicolas Sarkozy n’est plus personnellement dans l’actualité quotidienne (des faits divers au taux de TVA, du Mediator aux indemnités journalières, etc.) et n’apparaît de fait que comme un Président, ce qui ne lui était jamais arrivé pendant plus d’un mois jusqu’ici…

Enfin, il peut être relevé que Dominique de Villepin a quasiment rejoint les « petits », parmi lesquels Hervé Morin a désormais sombré. Seul Jean-Pierre Chevènement émerge quelque peu, mais depuis une base quasi-inexistante.

 

(cliquez sur le graphique pour plus de visibilité)

2. Pour le second tour, la domination de François Hollande reste écrasante. La seule nouveauté est l’animation que commence de connaître la courbe, grâce au fait que les médias sont désormais disposés à financer l’étude du second tour, qui ne présente plus qu’une hypothèse.

3. Il ne faut plus s’attendre à de grands changements avant le mois de janvier, avec le démarrage des vraies campagnes au milieu du mois, avec la constitution des « bivouacs » de journalistes et avec la possible dégradation de la notation de la France.

Seul François Bayrou pourrait décoller d’ici là, sauf s’il décide lui-même qu’il est préférable de ne pas gaspiller trop de munitions avant les derniers mois. Il avait probablement plafonné trop vite en 2007 et avait manqué de souffle dans le dernier mois pour coiffer Ségolène Royal.

Publicités

Une réaction sur “Indicateur des 14 et 21 novembre: normalisation et polarisation

  1. Ca c’est bien, mais à jour serait le top ! 🙂

    Ca mériterait peut-être aussi une mise en page un peu plus large. Là ça fait un peu court. Du 800px en large est un minimum… Là on se sent étriqué dans un couloir 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s