Derniers sondages SOFRES et IFOP: Bayrou peut-il sérieusement menacer Hollande ?

 

TNS-SOFRES
Le Nouvel Observateur, i-Télé
25-26 novembre 2011
échantillon: 1003 inscrits

Hollande 31
Sarkozy 28
Le Pen 16,5
Mélenchon 8
Bayrou 7
Joly 5
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Chevènement 0,5
Villepin 1
Morin 0,5
Boutin 0
Dupont-Aignan 1
Lepage 0,5

Hollande 60
Sarkozy 40

___________________________

IFOP
Atlantico.fr
29-30 novembre 2011
échantillon: 934 inscrits parmi un échantillon total de 1002

Hollande 29
Sarkozy 26
Le Pen 19,5
Mélenchon 7,5
Bayrou 8,5
Joly 4
Villepin 1,5
Dupont-Aignan 1
Morin 1
Lepage 0,5
Boutin 0,5
Nihous 0
Arthaud 0
Poutou 0
Chevènement 0,5

Hollande 56
Sarkozy 44

1. La décrue hollandaise se poursuit avec, pour la première fois depuis la primaire, un Hollande repassant en dessous des 30%.

Manifestement, il est grignoté à la fois sur sa gauche et sur sa droite, par Mélenchon qui assèche toute l’extrême-gauche et connaît un nouveau « mini-rebond » et par Bayrou qui commence à émerger.

Cette reprise du bayrouïsme est-elle destinée à durer ?

Bayrou bénéficie bien entendu de son exposition médiatique retrouvée, alors même que François Hollande pâtit encore de la trop grande consommation de temps médiatique de la primaire et de ses velléités, contrecarrées, de silence, de diète médiatique, le « buzz » étant toujours plus fort et ses « amis » ne souhaitant pas, eux, se taire.

Bayrou bénéficie aussi des errances de l’électorat de centre-droit, orphelin de Borloo, un temps rallié à Hollande après l’euphorie de la primaire et qui retrouve maintenant un réceptacle plus proche de ses idées, surtout avec les « nouveaux » soutiens de Bayrou, à savoir tous les égarés qui n’ont jamais intégré ni l’UMP, ni le NC.

Bayrou bénéficie enfin du fait que les médias lui attribuent une (pseudo-)préscience des problèmes actuels des finances publiques. A ce compte-là, Barre devrait ressusciter et être élu par 95% des voix… Mais l’essentiel n’est pas la vérité mais l’image et, de ce point de vue, la période est bonne pour Bayrou, d’autant plus qu’il maintient son tour de passe-passe de 2007: être « évidemment » Européen pour tous les modérés du centre-gauche au centre-droit, mais tout en restant étrangement silencieux sur l’Europe, voire en adoptant des accents poujadistes peu compatibles avec l’héritage schumanien. Mais les candidats réellement « Européens » sont aujourd’hui tellement peu nombreux qu’il sait qu’il n’a pas besoin d’en rajouter pour de toute façon recueillir les voix de cet électorat.

2. Il reste que, entre 8,5% et 15-20%, il y a une marge énorme. Il est tout à fait possible qu’il franchisse les 10% pour Noël et les 12% pour l’Epiphanie, mais il ira difficilement plus haut. Les électeurs de gauche sont encore trop traumatisés par 2002 et 2007 pour ne pas voter « utile ». Et les électeurs de centre-droit ont déjà déserté Sarkozy. Les marges de manoeuvre de François Bayrou sont donc réduites. Toutefois, en gagnant encore 3 à 4 points, il peut gêner Hollande et surtout faire perdre à celui-ci la dynamique qu’il avait acquise à l’issue de la primaire.

De ce point de vue, alors que la majorité des médias déteste le Président, il est surprenant de constater l’écho négatif des chamailleries Verts-PS à travers toute la presse. Cela ne fait que confirmer que, encore davantage que le tropisme de gauche de la majorité du monde médiatique, c’est la logique purement commerciale des « événements » et des « polémiques » vendeuses qui mène ce petit monde…

3. Nicolas Sarkozy doit s’en réjouir, lui qui passe à travers les semaines relativement épargné. Il maintient toujours son positionnement présidentiel, de manière surprenamment constante. La répartition des rôles avec Fillon semble bien rôdée désormais et l’UMP se calme quelque peu.

Ce bel agencement n’est cependant pas fait pour durer.

La perte du « AAA » sera un vrai coup dur, alors qu’Angela Merkel est toujours aussi « difficile » en affaires pour le Président français. Il reste seulement à voir qui de Marine Le Pen ou de François Bayrou en recueillera les fruits.

Le rythme de la campagne amènera probablement Nicolas Sarkozy à retomber dans quelques-uns de ses vieux travers. Quant aux « affaires« , elle affleurent régulièrement à la surface et leur débordement peut se produire à tout moement. Le Président danse littéralement sur un volcan… Il fait montre, pour le moment, de grandes qualités d’endurance et d’équilibrisme, mais il est difficile de croire que cela tiendra jusqu’au bout.

4. D’autant plus que, sondage après sondage, sa faiblesse structurelle est confirmée.

Certes, le dernier sondage IFOP le met à un niveau inconnu depuis longtemps face au meilleur candidat socialiste au second tour.

Mais les résultats détaillés du premier tour sont mauvais. Sa seule force réside dans les plus de 65 ans (certes, il s’agit d’un électorat qui se déplace davantage aux urnes) et chez les retraités.

Dans le sondage IFOP, il ne reprend que 77% de ses électeurs de 2007 (10% choisissant Marine Le Pen), alors que cette dernière reprend 92% des électeurs de son père (5% allant chez Sarkozy). De même, Marine Le Pen est à 37% chez les ouvriers, Sarkozy à seulement 17%; ici, Hollande n’est pas mieux, à 17%, contre 12% à Mélenchon; mais SOFRES met Hollande à 37% et Le Pen à 27% dans cette catégorie).

Sarkozy mord très peu sur l’électorat 2007 de Bayrou, qui choisit à 34% le même candidat pour 2012 (41% chez SOFRES) et qui « revient » vers le socialiste à 32% (27% chez SOFRES).

Même s’il est faible sur les 25-34 ans et un peu sur les 35-49 ans, Hollande dispose d’une base large et bien répartie, avec quelques zones de force, comme les salariés du public (33%, contre 15% à Mélenchon et 11% à Sarkozy).

Au second tour, il est supérieur à 50% partout et frôle ce seuil chez les plus de 65 ans (49%) et les retraités (48%). Il est à 69% chez les employés et à 61% chez les ouvriers. Il est à 72% parmi les électeurs de Bayrou 2007 et à 42% chez les électeurs Le Pen 2007.

En termes de report de voix, TNS-SOFRES nous donne une répartition Hollande/Sarkozy/abstention à peu près conforme aux autres récentes enquêtes:
– pas de souci dans l’électorat Mélenchon pour Hollande: 83/4/13,
– une force supérieure aux résultats passés dans l’électorat Joly: 80/3/17,
– un gain hollandais solide et très handicapant pour Sarkozy dans l’électorat Bayrou: 63/23/14,
– une faiblesse persistante de Sarkozy dans l’électorat Le Pen: 29/36/35.

Tant que Sarkozy n’égalisera pas les reports parmi l’électorat Bayrou et n’obtiendra pas le double de Hollande dans l’électorat Le Pen, on ne voit pas comment il peut gagner.

Ainsi, même si l’enthousiasme n’est plus dans le camp de Hollande, même s’il gagne par défaut, il reste un vainqueur solide, manifestement porté par le rejet de Sarkozy, sa meilleure « assurance ».

Le souhait de victoire, testé par TNS-SOFRES, est à 31% pour Hollande et 27% pour Sarkozy, mais seulement 5% pour Mélenchon et 10% pour Le Pen, 14% ne répondant pas, ce qui prouve décidément les désillusions d’une grande partie de l’électorat, peu enthousiasmé par le vainqueur de la « primaire citoyenne ». Le souhait est à 3% pour Joly et 6% pour Bayrou, Chevènement, Lepage, Villepin et Dupont-Aignan recueillant chacun 1%.

Le pronostic lui-même s’est érodé pour Hollande (jamais un bon signe), mais il reste tellement bas pour le Président qu’il n’y a pas, en l’état, de motif d’inquiétude pour Hollande: 48% contre 34% (4% pour Le Pen et 1% pour Bayrou).

Hollande, vainqueur par défaut, mais vainqueur tout de même… Cela suffira-t-il jusqu’en mai 2012 ?

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