Sarkozy et le désert de la droite française : un candidat alternatif pour 2012 et après ?

1. Les médias français ne se contentent pas d’être médiocres sur le fond. Ce sont en outre de piètres « commerçants ». Aucun sondage ne semble avoir été commandé pour être publié dès cette semaine et permettre un état des lieux avant même les premières polémiques de la campagne et alors même qu’ils semblaient « affamés », prêts à relayer le « nouveau » Hollande, pourtant bien poussif et décevant dès cette semaine, ou les attaques des troisièmes couteaux de l’UMP.

Notre indicateur risque donc bien de n’être pas davantage nourri d’ici lundi. Et, n’en doutons pas, nous aurons ensuite droit à une rafale de sondages exactement concomittants, au lieu d’une belle régularité dans le temps…

2. C’est au moins l’occasion de revenir sur un sujet qui avait fait l’objet d’un certain emballement médiatique l’été dernier, jusqu’à susciter la commande de quelques sondages en septembre-octobre: Sarkozy ne devrait-il pas renoncer à se représenter ? qui pourrait le remplacer à droite ?

Des sondages LH2 (8-9 juillet pour Le Nouvel Observateur), IFOP (29-30 septembre pour Sud-Ouest Dimanche), ViaVoice (29 septembre-1er octobre pour Libération), BVA (30 septembre-1er octobre pour Le Nouvel Observateur), IPSOS (30 septembre-1er octobre pour Le Point), IFOP (4-6 octobre pour Valeurs Actuelles), Harris Interactive (14-16 octobre pour VSD), CSA (17 octobre pour 20 Minutes, RMC et BFM TV) ont ainsi abordé le sujet sous un angle ou un autre.

Les conclusions qui peuvent en être tirées sont partiellement contradictoires, mais de toute façon peu réjouissantes pour la droite. Il convient toutefois de souligner que, pour le « Français moyen », peu au fait des arcanes de la politique et peu intéressé par le petit jeu des spéculations, la candidature Sarkozy est en fait tellement évidente qu’envisager un autre nom nécessite probablement un effort excessif et implique de faire appel à des noms alternatifs pas forcément bien connus: il y a clairement un problème de name-recognition qui désavantage ces autres candidatures potentielles.

3. Lorsqu’il est testé parmi d’autres noms de l’ensemble de la droite et du centre (y compris les Le Pen, Morin, Villepin et Bayrou), Nicolas Sarkozy reste en tête parmi l’ensemble des Français (IFOP-Sud-Ouest) et encore plus, parmi les électeurs de l’UMP.

Mais, dès que le sondage est mieux calibré dans une optique de primaires à droite, voire au sein de l’UMP, et que le nombre de noms se réduit, il peut être concurrencé (LH2), voire dépassé (ViaVoice) par Alain Juppé, encore plus en combat singulier contre lui (BVA).

Néanmoins, dès que ce sont tous les noms de l’UMP qui sont proposés, il redevient dominant (Harris Interactive). Surtout, plus on se rapproche du coeur UMP, plus il parvient à éviter les menaces Juppé et Fillon. D’ailleurs, auprès des seuls UMP, il bat largement Juppé (59-36 pour BVA ou 62-31 pour Harris Interactive). En ajoutant Fillon ou Copé, il reste à 48-15-21(Fillon) selon LH2 ou à 44-26-24(Fillon)-4(Copé) selon CSA.

En réalité, Alain Juppé tire sa force du centre-droit et apparaît comme le successeur du Barre 1988 ou du Balladur 1995: un comble pour le « meilleur » des chiraquiens… il bat Sarkozy parmi les électeurs de l’ARES (du temps où cela voulait dire quelque chose…) à 60-22 selon Harris Interactive et parmi les électeurs MoDem-NC à 73-22 selon BVA.

Il a même cette autre caractéristique des Barre et Balladur: être moins mauvais auprès des électeurs FN que les héritiers du gaullisme officiel, liquidateur de l’Algérie française (car, au-delà des ambiguïtés volontaires de ces deux candidats à l’égard du FN, c’est bien alors la haine du gaullisme et du chiraquisme qui motivait cette préférence d’une partie de l’électorat d’extrême-droite). Ainsi, il gagne à 53-36 selon BVA. Aujourd’hui, le problème de l’Algérie française n’est plus à l’ordre du jour et, aurpsè d’un électorat plus sensible aux rhétoriques sur la France algérienne, ce résultat est probablement davantage un effet du rejet du Sarkozy traître de sa propre campagne « au peuple » de 2007.

Le président sortant n’est donc pas si menacé. A tout le moins, la situation n’est pas claire. D’ailleurs, un sondage TNS-Sofres (12-13 octobre pour Canal +), au plus fort du « culte des primaires socialistes » dans la bulle médiatique, montrait que les primaires étaient souhaitées à 33% (11 tout à fait et 22 plutôt) contre 55% (17 plutôt pas et 38 pas du tout) au sein de l’UMP.

4. De fait, François Fillon a perdu le rôle de recours qui lui avait été progressivement attribué entre l’été 2010 et le premier trimestre 2011, en période de turbulences sur la réforme des retraites, de volte-faces continuelles sur le remaniement gouvernemental et d’explosion du phénomène Marion « Marine » Le Pen, avant que la chute de la maison DSK ne fasse revenir le jeu à un classique duel entre le sortant et le numéro 1 du « camp d’en face ».

Pour autant, Alain Juppé, malgré son « printemps » commun avec les pays arabes et une nouvelle philosophie de vie, n’a pas réussi (si tant est qu’il l’ait tenté…) à reprendre ce rôle du recours.

Dans les configurations où Sarkozy, voire d’autres, sont présents, les deux hommes se neutralisent: 27-25 pour Fillon chez les électeurs de toute la droite et 24-26 chez ceux de l’UMP pour CSA, 7-5 et 10-8 chez IFOP-Sud-Ouest-Dimanche, 19-15 et 21-15 chez LH2, 12-19 et 11-19 selon Harris Interactive. En réalité, lorsque Juppé s’affiche devant Fillon, c’est dans l’électorat centriste (32-4 parmi les électeurs ARES selon Harris Interactive) et dans celui de… gauche (26-16 dans l’ensemble de la population selon ViaVioice, 18-13 de même chez LH2) qu’il puise sa force. Un résultat de nouveau très surprenant lorsque l’on se souvient de la haine absolue à l’endroit de Juppé en 1995 du bon peuple de gauche ou que le gaulliste social, c’est bien Fillon à l’origine.

Dans les configurations où Sarkozy est absent, le résultat est à peine plus clair. 27-27 parmi l’ensemble de l’électorat chez IPSOS (mais avec un Villepin à 18, un Copé à 6 et un Bertrand à 3), 26-22 pour Juppé selon IFOP-Valeurs Actuelles dans le même électorat. Dans ce dernier sondage, Juppé est en revanche plus fort au sein de l’UMP (51-39), alors qu’IPSOS donne une victoire 42-31 pour Fillon (avec 10 à Villepin, alors encore à l’UMP, 7 à Copé et 5 à Bertrand).

Parmi les autres noms de l’UMP testés (Bertrand, Alliot-Marie, Copé, NKM), seule cette dernière obtient un chiffre d’une quelconque signification: dans le sondage Harris Interactive, elle atteint les 10% parmi les électeurs ARES, derrière Juppé à 32 et devant Sarkozy à 8, Villepin à 6 et Morin à 5. Elle obtient alors, de manière relative, un très bon résultat chez les jeunes, comme Sarkozy obtenait un bon résultat chez les plus âgés et les CSP- et Juppé chez les CSP+. De manière sévère, Copé ne franchit jamais les 10%, même chez les électeurs UMP.

5. Au final, le constat n’est pas fameux pour la droite: elle va devoir faire avec le Président sortant.

François Fillon a connu une période euphorique due au fait qu’il était simplement le réceptacle des frustrations de la droite à l’égard d’un Président qu’elle aurait voulu aussi efficace électoralement et politiquement que sa volonté affichée depuis de si longues années. Aujourd’hui, son image est devenue floue.

L’effacement institutionnel du Premier ministre en période de sarkozysme triomphant (ou n’est-ce pas plutôt en quinquennat non ohabitationniste ?) y est évidemment pour beaucoup. De surcroît, il n’est pas, à l’image d’un Rocard, un « tueur » en politique. Sur le fond, il est passé du « gaullisme social » à l’époque du séguinisme triomphant (on me pardonnera cet oxymore…), au barrisme patriote à l’époque du sarkozysme étouffant. Au surplus, son image de « père la rigueur » lucide lui est dérobée par le « buvard » Bayrou dès l’entrée en campagne de celui-ci.

Alain Juppé est finalement le nouveau candidat de l’UDF, mais par défaut complet (la faute à Borloo). Il est en réalité l’incarnation même du gaullisme d’appareil (RPR puis UMP) et ne peut malheureusement renier son image, probablement indélébile, de technocrate de l’austérité. Il est plus populaire car, justement, personne ne pense qu’il puisse être en position de revenir.

En théorie, son positionnement modéré, sans être trop associé au quinquennat (que ce soit en raison de son exil « extérieur », forcé en 2004-2007, ou fonctionnel en 2010-2011, ou de son exil « intérieur », lui aussi forcé en 2007-2010), devrait lui assurer une meilleure réussite qu’à Fillon. Mais son intelligence trop visible dérange dans une grande partie de la population et il est malheureusement définitivement inéligible, comme l’étaient Rocard ou Barre.

Jean-François Copé n’est autre, désormais, que le nouveau Sarkozy: ambition démesurée et affichée, intérêt pour la réussite pécuniaire, « mélange des genres » partiellement assumé, positionnement libéral et atlantiste, « nationalisme » assumé, cette « copie » est presque caricaturale et se trouve renforcée par sa ligne du moment (coller à un Sarkozy dont on espère intensément la défaite pour mieux le remplacer en 2017). Tout cela est paradoxal pour un chiraco-juppéiste d’origine, mais, on le voit, les revirements sont légion ces dernières années… Encore que la volonté de donner le « baiser de la mort » à Sarkozy soit une attitude fort chiraquienne, réminiscence du « soutien » à VGE en 1981…

Aucun ne semble véritablement en mesure de l’emporter face à Hollande. Les sondages du premier trimestre 2011 avaient d’ailleurs mis en relief l’incapacité de ces 3 solutions alternatives à se qualifier pour le second tour. Bien entendu, c’était l’époque du « messie » DSK et de la « Marinemania », peu favorable au soutien d’ersatz rigoureux du défaillant Sarkozy.

Finalement, le meilleur recours de la droite ne sera-t-il pas… Bayrou ?

Aussi dérangeant que cela puisse paraître pour un électeur de droite normalement constitué, il est clair que:
– Bayrou est sur une dynamique ascendante, par gains à la fois à gauche et au centre-droit, ainsi que nous l’avons déjà exposé,
– ses maigres troupes voient se rallier d’aussi maigres renforts, mais tous venant de droite (Arthuis, Lambert, tous les « recalés » des investitures législatives, peut-être Boutin désormais, un jour une partie du NC et quelques centristes de l’UMP),
– il a un positionnement extrêmement facile aujourd’hui:
il n’a pas besoin de rassurer l’électorat flottant du centre étant donné qu’il est censé incarner le centre européen (celui qui a adulé DSK puis a voulu croire en Borloo et a suivi la mode Hollande du mois d’octobre): il peut donc se permettre de faire du patriotisme et du populisme à la petite semaine, bientôt probablement du poujadisme anti-système, pour tenter de voler quelques suffrages à l’inorganisée fille Le Pen,
il n’a pas besoin de rassurer sur son anti-sarkozysme étant donné « les tonnes qu’il a faites » dans le passé: il peut donc se permettre d’entonner le chant de l »union nationale » et de paraître au-dessus des petites phrases et des attaques ad hominem qui commencent de pleuvoir,
il n’a pas besoin de proposer de programme trop détaillé tant il a réussi un hold-up sur l’image du plus rigoureux en matière de finances publiques: il pourra donc se permettre de « faire du social » à peu de frais,
il n’a pas besoin de rassurer l’électorat plus traditionnel ou plus âgé puisqu’il est censé être « catholique », paysan et littéraire « classique »: il peut donc se permettre de jouer au « rebelle » et de suivre la ligne de « Moseigneur » Gaillot, en se ralliant au mariage homosexuel et tutti quanti.

Ainsi, quel que soit le caractère de scandaleuses supercheries de tous ces points, Bayrou pourrait bien se révéler très dangereux pour un Sarkozy touché par la perte du triple A, incapable d’inverser la courbe du chômage, englouti dans l’affaire Karachi et toujours menacé sur sa droite par le FN.

6. Quoi qu’il arrive, 2012 signera la fin du sarkozysme.

Non pas que le Président sortant, même défait, veuille forcément se retirer. Cette évidence n’en est pas du tout une… Face à une UMP éclatée, il est tout à fait capable de reprendre, comme le Chirac pourtant au bord de la dépression en 1988, le combat pour le leadership de la droite. Chirac avait d’ailleurs conservé la maîtrise de la droite, malgré les tentatives avortées de la « bande à Léo », des « rénovateurs », de Michel Noir en solo, du duo souverainiste Pasqua-Séguin, enfin du balladurisme triomphant.

Il part cependant en plus mauvaise posture que le Chirac de 1988. Il resterait de toute façon le Président incapable d’avoir été réélu et VGE pourrait lui expliquer combien cela est rédhibitoire, lui qui n’a jamais réussi en un septennat (1981-1988) à revenir dans le jeu, malgré l’absence de forte concurrence à l’UDF (Lecanuet n’était qu’un pape de transition, Barre n’avait pas de structure ni, au départ, de troupes nombreuses, Léotard ne faisait qu’émerger et était prêt à aider VGE tant que cela lui procurait une ombre portectrice).

Les sarkozystes « historiques » de tous poils (Devedjian, Estrosi, Jégo) ou ralliés (Bertrand, Wauquiez, Le Maire, Paillé) ont tous connu d’amères déconvenues et n’ont pas forcément envie de repartir derrière le même chef. Beaucoup de jeunes « pousses », au surplus, n’ont rien de sarkozystes sur le fond et leur alliance du moment n’est que pure tactique: Baroin, Chatel, Le Maire, Wauquiez, Pécresse.

Alors, qui pour l' »après » ?

Fillon est le plus attrape-tout à droite: certains accents de fermeté ne l’ont pas éloigné de la Droite populaire; il garde un profil « RPR historique », surtout avec l’effacement définitif d’Alliot-Marie; il est apprécié des modérés et des ex-UDF; sa rigueur financière plaît même aux libéraux. Mais il n’a aucune structure derrière lui, il a peu de réseaux et de troupes et il semble en train de se suicider lentement sur le plan politique en essayant d’atterrir à Paris, soit dès 2012, soit en 2014.

Juppé ne peut que rejoindre Alliot-Marie et Raffarin dans les figures historiques. Son tour est passé.

– Les « nouveaux » sont trop jeunes encore et ils ont été stressés par 5 ans de sarkozysme, ballottés, incertains, pas si couvés que cela et cela les a probablement fragilisés, contrairement à ce que l’on pourrait penser à première vue. Il y a encore un peu plus d’un an, certains socialistes regrettaient que les « jeunes » n’aient pas été poussés chez eux. Pourtant, avec la chute de DSK, la péremption de Fabius, la défaite d’Aubry, les faux pas et occasions manquées successifs de Delanoë et l’effacement de Royal, la nouvelle génération est aujourd’hui prête à passer au premier plan sans trop de dommages: Moscovici, Peillon, Valls, Montebourg, avec une seconde ligne qui ne sera pas en reste, notamment chez les femmes.

Contrairement à la pratique sarkozyste, faire émerger des talents, ce n’est pas seulement les mettre en concurrence pure et dure, sans jamais les aider, les pousser, les cajoler.

Luc Chatel et Bruno Le Maire ont manifestement des traits d’image (le « privé » et le technocrate) qu’ils pourraient mettre beaucoup de temps à tenter de gommer.

François Baroin semble usé par les difficultés financières et économiques du moment. En outre, au-delà de l’emballage avenant, le produit est quelque peu décevant à l’usage… Sans être un Borloo, il peut aussi^présenter la faiblesse d’un certain dilettantisme, même « contrarié ».

Valérie Pécresse, après quelques coups de fatigue, semble finalement plus résistante, mais elle pâtit de son image « scolaire » et « bourgeoise », malgré sa qualité technique. Matignon est probablement l’extrême sommet de ses possibilités.

Laurent Wauquiez semble « griller » un peu vite ses possibilités de faire des erreurs ou de provoquer des polémiques. Encore que son positionnement plus « à droite » pour débuter sa carrière n’est pas inintéressante, tant il aura la possibilité, avec le temps et en revenant à ses « origines » politiques, d’arrondir le profil. Le côté « premier de la classe » et apparemment maladroit sur le plan humain sont cependant des handicaps. Il reste cependant une valeur d’avenir assez sûre.

NKM est évidemment celle dont on sent que les médias, indulgents, seraient le plus disposés à adouber. Ses qualités techniques indéniables sont toutefois contrebalancées par une personnalité complexe et évanescente. Son positionnement plus « social », plus « vert », plus modéré en fait la rivale naturelle de Copé, à terme. Le fait que ce soit une femme lui garantit un « plus » non négligeable.

Xavier Bertrand semblait pourtant prédisposé à jouer indéfiniment ce rôle, mais son échec politique à la tête de l’UMP risque bien de lui coûter cher sur le long terme. Il est un excellent ministre technique, mais son image personnelle s’est dégradée et il a été trop caricatural en chef de parti pour ne pas avoir abîmé assez profondément ses chances pour l’avenir. Le niveau présidentiel n’est pas pour lui, même s’il lui reste de beaux jours ministériels, très probablement.

Jean-François Copé suit un parcours tellement classique qu’il risque bien de s’y enfermer. Il a pris le parti et veille à le garder, ainsi que le groupe à l’Assemblée, au travers d’un « second » peu gênant. C’est sa meilleure assurance contre une tentative de retour de Sarkozy et contre une volonté éventuelle de transmutation du Premier ministre Fillon, chef théorique de la majorité parlementaire, en chef de la future opposition.

Mais il aura un problème d’image et de positionnement politique évident: pourquoi reprendre une dose de Sarkozy alors que le modèle original a échoué ? Au surplus, Copé pourra difficilement se réinventer, alors qu’il a progressivement glissé vers la droite, sur les questions économiques et sociales comme identitaires.

Plus profondément, a-t-il bien perçu le changement que semblent avoir annoncé la primaire socialiste et la défaite de Martine Aubry ? Comme aux Etats-Unis, le chef du parti n’est pas forcément le candidat et cela pourrait bien valoir pour l’UMP aussi.

Bien entendu, tous seront dépendants de ce qui restera de l’UMP après 2012. Il est probable que des scissions et des départs se produiront, même si cela dépendra de l’ampleur de la défaite aux législatives et de la force relative de Bayrou. Si celui-ci parvenait au second tour contre Hollande, l’UMP imploserait et une UDF se reconstituerait dans l’opposition. S’il parvenait très haut et en position de négocier « gros » avec Sarkozy, l’aile gauche de l’UMP partirait peut-être mais sans forcément rejoindre Bayrou. Si Sarkozy résiste bien, l’UMP n’a pas de raison d’exploser, mais tous ses futurs « leaders » putatifs seront bien contents de garder la machine tout en éjectant le conducteur fautif.

Néanmoins, l’UMP resterait dominante, tant les centristes de l’UMP, le parti radical (avec un Borloo démonétisé) et le NC affaibli et sans véritable tête ne pourront faire émerger un leader fort et alternatif à l’UMP « maintenue » dès 2012 et même dès 2017, sauf à ce qu’un coup de tonnerre se produise et promeuve un Bayrou régénéré ou voit un Juppé 2.0 recommencer une carrière en leader du centre-droit. Arrêtons là la fiction… Plus sérieusement, un Jean-Christophe Lagarde ou tout autre « jeune pousse » du centre-droit mettra de toute façon du temps à émerger.

Voilà bien le paradoxe de la droite, qui ne considère pas avoir, aujourd’hui, de meilleur candidat que le Président sortant, mais qui risque bien de s’assurer ainsi une défaite… Vivement les primaires de 2017 !

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