Dernier sondage IFOP: évolution confirmée de Bayrou et resserrement au second tour

 

IFOP
Le JDD
4-6 janvier 2012
échantillon: 1163 électeurs inscrits parmi un échantillon total de 1216

Hollande 28
Sarkozy 26
Le Pen 19
Bayrou 12
Mélenchon 6
Joly 3
Villepin 2,5
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Chevènement 0
Dupont-Aignan 0,5
Boutin 0,5
Morin 1
Lepage 0,5
Nihous 0

Hollande 54
Sarkozy 46

1. Ce sondage IFOP met un terme à la « trêve » avec bonheur, en présentant un échantillon respectable et en proposant une évolution intéressante de second tour.

François Hollande passe en effet pour la première fois depuis le début de l’été en dessous de la barre des 55%. Il convient de rester prudent car aucune raison particulière ne paraît motiver ce fléchissement.

Soit il s’agit d’une « imperfection » temporaire dans le traitement du sondage ou dans un échantillon ponctuellement défavorable (encore que sa taille devrait justement mettre à l’abri d’un tel défaut), soit il s’agit simplement d’une correction normale par rapport à des niveaux évidemment excessifs. Dans l’un comme dans l’autre cas, rien de gênant pour le candidat socialiste.

Mais peut-être avons-nous là le premier indice d’une évolution plus profonde liée à une déception face à une campagne hollandaise qui ne semble pas véritablement accrocher. Certes plus aussi flottante qu’en novembre-décembre, elle semble en revanche s’orienter vers du « classique » qui n’emballe pas les journalistes « embarqués » et vers du très raisonnable, sans surprise.

Cependant, ne tirons pas trop vite le signal d’alarme pour Hollande. En effet, l’évolution du premier tour n’est pas de même sens et serait plutôt inquiétant pour Sarkozy.

2. De fait, le haut niveau de Marion « Marine » Le Pen est confirmé.

Surtout, la percée de Bayrou se confirme. Dans le détail, elle se concentre désormais sur les 50-64 ans et les 65 ans et plus, au détriment du Président sortant. Au second tour, les 65 ans et plus, les retraités et les artisans-commerçants restent les derniers refuges majoritaires de Sarkozy (à 60, 52 et 82% respectivement), alors qu’il est écrasé chez les ouvriers, les 18-24 ans et les 50-64 ans (31, 40 et 37% respectivement).

Le plafonnement de Villepin à des niveaux peu dangereux et l’assèchement complet du reste de la droite sont certes des bonnes nouvelles pour le Président sortant. Mais Hollande bénéficie lui-même du tassement continu d’Eva Joly et de la stagnation de Jean-Luc Mélenchon. Même si Marine Le Pen est étonnament forte chez les 18-24 ans (26%), elle semble avoir perdu du terrain chez les ouvriers et les employés.

3. Le danger Bayrou, contrairement à ce qui s’écrit et se dit en ce moment, est donc bien orienté vers Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, même de peu d’importance pour l’électeur moyen et en termes de « divisions » (s’agissant de has been retirés de la politique ou anciennement chiraquiens), les ralliements à Bayrou viennent de la droite, Douste-Blazy venant s’ajouter à Bosson et Arthuis dans la catégorie « anciens poids moyens » du centrisme. Ce chapelet de ralliements et de soutiens qui commence de s’égrener est d’ailleurs un indice supplémentaire d' »américanisation » (voir le phénomène des endorsements), à ajouter à mon article peu commenté sur le sujet… Sarkozy avait inauguré cette pratique en théâtralisant les soutiens de Simone Veil et de Jean-Louis Borloo en 2007 (bien au-delà de la pratique ancienne des comités de soutien et des pétitions d’artistes engagés… pratique inutile mais bien française).

Je répète cependant que Bayrou émerge peut-être trop tôt: il n’a déjà pas grand’chose à dire et à proposer (un récent « peut-être faut-il relever le temps de travail, je ne sais pas » m’a fait sourire), il se prépare donc des mois de mars et d’avril délicats. L’examen de son programme pourrait être plus poussé qu’en 2007, campagne pendant laquelle il apparaissait presque comme un jeune perdreau de la politique, pour lequel l’indulgence est plus grande…

4. Les reports de voix confirment ces éléments:
un effritement de François Hollande qui pourrait s’avérer dangereux à terme, car les électeurs de gauche semblent moins mobilisés: reports vers Hollande/Sarkozy/l’abstention à hauteur de 73/8/19 « seulement » parmi le électeurs Mélenchon et de  63/12/25 chez les électeurs Joly, avec beaucoup de « déchets »,
un mauvais report persistant de Bayrou vers Sarkozy (41/26/33 en faveur de Hollande et de… l’abstention) qui ne fait pas les affaires du Président, toujours fragile chez les électeurs Le Pen, qui choisissent d’abord l’abstention et ne négligent pas Hollande: 21/38/41.

Les léecteurs Villepin sont toujours aussi peu favorables à Sarkozy, même si cela semble moins sévère (léchantillon étant toutefois trop réduit pour être affirmatif): 37/41/22.

Vivement cette semaine, qui promet des publications d’une poignée plus importante que d’habitude de sondages…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s