Indicateur du 16 janvier 2012: en quel sondeur faut-il avoir confiance ?

1. L »indicateur de ce jour nous montre une seule nouveauté par rapport aux semaines précédentes: une légère reprise du score lepéniste, largement due à une très bonne tenue dans le sondage IFOP.

La tendance pour le second tour marque de nouveau un tassement pour Sarkozy, après une tendance légèrement favorable:

2. De manière assez étonnante, deux sondeurs qui jusqu’à présent s’éloignaient de l’indicateur se retrouvent plus proches de la moyenne: BVA et CSA. Il faut tenir compte de deux faits:
– le sondage IFOP quotidien surévalue manifestement Le Pen, même si elle y est en voie de normalisation; à ce sujet, regrettons qu’IFOP ne tienne qu’en partie parole: le sondage paraît tous les jours sauf… le week-end ! Notre réputation auprès des Anglo-Saxons va encore se trouver ruinée… En outre, ce lundi, nous découvrons que l’IFOP du jour est basé sur 875 électeurs incrits, une nette baisse par rapport à vendredi… Certes, si l’échantillon est très bien constitué un écart de 80-90 individus n’est pas dramatique, mais quand même… IFOP veut-il trop en faire ?
– TNS-SOFRES et encore plus IPSOS sont singulièrement absents de l’actualité sondagière, ce qui place hors du jeu deux sondeurs a priori de qualité. Même Harris sonde beaucoup moins que pendant la primaire du PS.

LH2 reste manifestement à l’écart du mouvement général et produit les chiffres les plus éloignés de l’indicateur. OpinionWay paraît également un peu distant, mais le caractère erratique de ses publications rend le jugement plus difficile. ViaVoice est quasi-inexistant des sondages « bruts » d’intentions de vote.

Nous voici bien en peine de déterminer un sondeur fiable. Comme d’habitude, diront certains… Mais il est clair que l’estimation du niveau de Le Pen est de nouveau malaisé. Le « vote honteux » pour son père, qui le faisait systématiquement sous-estimer dans les intentions de vote, n’existe plus pour la fille et pourrait même s’être transformé en un réflexe exutoire la faisant légèrement surestimer. Ce n’est pas à exclure.

En outre, la montée de Bayrou revêt, comme en 2007, un caractère désordonné et délicat à estimer précisément. Même s’il semble marquer un palier, il introduit un facteur d’incertitude important, plus ou moins en parallèle avec l’effet des arrondis sur les multiples petits candidats. A la mi-mars, le problème de ces derniers sera réglé, dans un sens ou dans l’autre, et nous y verrons alors plus clair.

N’oublions pas qu’en 2007, Bayrou a finalement été bien estimé, que son haut score dans les sondages en mars a probablement été assez juste, créant un réflexe de défense des électeurs socialistes qui ont voté davantage « utile » pour leur candidate que prévu. D’un autre côté, Le Pen père avait, pour la première fois, été surévalué face à une campagne sarkozyste terriblement efficace.

Méfions-nous de ceux qui ont des souvenirs tronqués des sondages et qui nous disent a posteriori que tous les sondages ont tort. Méfions-nous aussi de la volatilité de l’électeur et des décisions de dernière minute qui font que, dans les deux derniers jours, alors que les sondages ne sont plus publiés, l’opinion évolue encore (voir le premier tour de 2002).

Cette semaine, je publierai donc une étude rapide mais intéressante des reports de voix, que j’essaierai ensuite de suivre régulièrement, malgré le fait que de grands instituts ne publient pas systématiquement ces chiffres…

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2 réflexions sur “Indicateur du 16 janvier 2012: en quel sondeur faut-il avoir confiance ?

  1. Je suis également très dubitatif sur Ifop… D’abord, les résultats détaillés au jour le jour par catégories donnent de très importantes et très curieuses variations ; l’échantillon n’est-il pas trop maigre ? J’aimerais bien savoir comment ils procèdent exactement. Il est vrai que nous annoncer un sondage quotidien, et cacher qu’il n’y a en réalité rien entre chaque vendredi et lundi soir, c’est un peu limite… Et pendant que j’y suis, puis-je suggérer que les courbes de votre indicateur indiquent les chiffres ? D’autant que ceux-ci ne sont pas actualisés dans la colonne de droite !

    • Oups… Ce n’est qu’un oubli… Je viens d’actualiser la colonne de droite.

      Normalement, l’IFOP doit être capable de faire tourner 3 x 300-320 interviewés de manière à retrouver chaque soir quelque chose de représentatif. Mais les chiffres par CSP, tranches d’âge, origine géographique, proximité partisane, etc. peuvent évidemment porter sur des sous-échantillons assez faibles et donc sujets à des variations importantes.
      Si le seul artisan électeur de Royal en 2007, habitant dans le Sud-Est et envisageant cette fois de voter Bayrou, soit change d’avis, soit disparaît pendant 2 jours de l’échantillon, les variations peuvent être surprenantes !

      En lisant le blog d’Anthony Wells, vous verrez que le sondage quotidien de YouGov présente parfois des écarts injustifiés, mais qui se corrigent d’eux-mêmes assez rapidement: http://ukpollingreport.co.uk/
      Nous verrons si l’IFOP en sera capable, alors qu’il ne lui reste « plus que » 5 jours sur 7 pendant 14 semaines 😉

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