Indicateur du 23 janvier 2012: la tenaille enserrant Sarkozy se fait sentir dès le 1er tour

1. L »indicateur de ce jour ne comporte que des bonnes nouvelles pour François Hollande qui, en outre, malgré une prestation passable jusque là, jouit clairement, depuis hier, d’une mansuétude de la majorité des médias.

Au premier tour, il se stabilise au-dessus de 28%, score très élevé, rarement atteint depuis 30 ans (Mitterrand 88 et Sarkozy 07 font exception). Certes, Mélenchon semble enfin se réveiller à sa gauche, mais sans dégât pour Hollande pour le moment, et c’est concomittant d’une nouvelle décrue de Joly.

Au centre, Bayrou commence de décélérer et semble se stabiliser aux alentours de 13-14%. Reste à voir si le gauchissement subtil du discours de Hollande (peut-être préventif d’une montée mélenchonienne ou simplement décidée selon le petit bréviaire du bon candidat: « d’abord mobiliser son camp ») peut redonner quelques ailes à Bayrou sur sa gauche.

2. La menace Bayrou est en revanche réelle pour Sarkozy, dont nous avons souligné à maintes reprises le dilemme, l’étau auquel il fait face: devant la proximité de Le Pen, il est contraint de se droitiser, s’aliénant l’électorat de centre-droit et de centre, qui fuit désormais sur Bayrou. S’il veut reconquérir le centre, il perd « au peuple », s’aliénant les ex-électeurs du « non » de 2005. Cette difficile équation, qui le tenaillait au second tour, l’enserre désormais dès le premier tour.

En cas de poursuite de l’émergence de Bayrou, celui-ci pourrait le priver de second tour, voire le devancer. En cas de tentative de reconquête raisonnable, modérée, européenne, financièrement responsable, du centre, Le Pen pourrait encore davantage capitaliser l’électorat populaire et lui souffler la qualification « à la 2002 ».

Même les manoeuvres un peu désespérées pour empêcher Villepin, Boutin et Morin de diluer encore l’électorat de droite et de centre-droit et pour (probablement) assurer à Dupont-Aignan ses 500 signatures afin de dégonfler un peu Marion « Marine » Le Pen ne semblent pas suffisantes.

Les médias nous abreuvent d’un match à 3, mais en réalité, le match à 3 a lieu pour la deuxième place: Hollande n’est pas menacé.

3. La tendance pour le second tour marque un écart persistant de près de 14 points en défaveur de Sarkozy, impressionnant à cette époque de l’année où les courbes auraient déjà dû commencer de se resserrer.

Le suspense espéré fin décembre n’est décidément plus de mise…

4. Laissons enfin s’exprimer notre agacement devant le sondage quotidien IFOP:
– déjà, nous savions que le samedi et le dimanche sont sacro-saints: pas de publication, même s’il y a apparemment interrogation du panel,
– mais, en outre, d’un jour à l’autre, l’IFOP retient 3, 4 ou 5 échantillons, ce qui fait que les chiffres ne reflètent pas véritablement des échantillons comparables; peut-être cela cache-t-il des écarts d’un jour à l’autre trop importants pour être publiés tels quels; plus probablement, c’est simplement le traditionnel manque de rigueur et de précision à la française… (ou plutôt des médias français et de leurs prestataires…)

Pour le moment, je parviens à ne pas compter deux fois un échantillon quotidien ou à ne pas en omettre, mais si cet « accordéon » se poursuit entre 3et 5 échantillons de base agglomérés de manière erratique selon les jours, il n’est pas impossible que je ne parvienne pas à retrouver les résultats de chaque soir…

Soupir…

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