Derniers sondages IPSOS, BVA, Harris et CSA: consolidation de Hollande et de Bayrou, frémissement de Mélenchon, fragilisation de Sarkozy et incertitudes sur Le Pen

 

IPSOS
France Télévisions, Radio France, Le Monde
13-14 janvier 2012
échantillon: 948

Hollande 29
Sarkozy 23
Le Pen 18
Bayrou 14
Mélenchon 7,5
Joly 3
Arthaud 1
Poutou 0
Chevènement 0
Villepin 3
Morin 0,5
Boutin 0
Dupont-Aignan 0,5
Lepage 0,5
Nihous 0

Hollande 59
Sarkozy 41

___________________________

BVA
Orange, RTL, presse régionale
18-19 janvier 2012
échantillon: 959 inscrits extraits d’un échantillon total de 974

Hollande 30
Sarkozy 23
Le Pen 18
Bayrou 13
Mélenchon 7
Joly 4
Villepin 1,5
Dupont-Aignan 1,5
Morin 1
Lepage 0
Boutin 0,5
Nihous 0
Arthaud 0,5
Poutou 0
Chevènement 0

Hollande 57
Sarkozy 43

___________________________

CSA
20 Minutes, BFM TV, RMC
23-24 janvier 2012
échantillon: 898 inscrits parmi un échantillon total de 1011

Hollande 31
Sarkozy 25
Le Pen 17
Bayrou 15
Mélenchon 9
Joly 2
Villepin 1
Dupont-Aignan 0
Morin 0
Lepage 0
Boutin 0
Nihous 0
Arthaud 0
Poutou 0
Chevènement 0

Hollande 60
Sarkozy 40

___________________________

Harris Interactive
VSD
19-22 janvier 2012
échantillon: 1029 inscrits

Hollande 27
Sarkozy 23
Le Pen 20
Bayrou 14
Mélenchon 8
Joly 4
Villepin 1
Dupont-Aignan 1
Morin 0,5
Lepage 0
Boutin 0,5
Nihous 0,5
Arthaud 0,5
Poutou 0
Chevènement 0

Hollande 55
Sarkozy 45

1. Voici une série de sondages qui confirment que François Hollande reste plus proche des 30% que des 25% et que sa qualification pour le second tour ne semble plus souffrir d’incertitude. Le discours ambiant sur une « réussite » de son entrée en campagne -malgré les palinodies sur la date des annonces et sur le caractère juridiquement incohérent ou économiquement surprenant des quelques mesures contenues dans le discours- semble prendre dans l’opinion. C’est une confirmation en creux de l’anti-sarkozysme viscéral et probablement insurmontable du moment: le borgne Hollande est roi au royaume des aveugles de l’UMP. S’enthousiasmer d’aussi peu montre bien le désamour à l’égard de Sarkozy et la volonté inébranlable de la presse de gauche et de la presse « indépendante » d’en finir avec Sarkozy: elles se sont vite repris après les quelques flottements hollandais de décembre… Désormais, plus aucune critique du candidat socialiste ne doit passer.

C’est de bonne guerre, car Hollande, comme nous l’avions justement noté en novembre-décembre, ne s’embarrasse en réalité pas du rythme des médias et sait bien qu’il n’a pas grand-chose à faire pour voir tomber le fruit mûr du sarkozysme. Il fait donc le strict minimum et garde probablement quelques réserves pour les dernières semaines et pour l’entre-deux-tours. Il a bien raison, même si l’on peut douter de la réalité de ses réserves (le 2e tour des primaires face à Martine Aubry avait montré qu’il n’en avait pas et qu’il avait, lors du débat, frôlé la défaite). Il a surtout raison si, en fin de course, Bayrou se qualifie face à lui, seule situation réellement périlleuse.

Certes, ses scores à 30-31% sont issus des instituts qui paraissent parmi les moins affutés cette année (BVA, CSA) et le sondage quotidien IFOP le voit un peu plus fragile, mais IPSOS le situe quand même à 29%. Au second tour, il se rapproche de nouveau des 60%, même si Harris le situe au contraire à 55%. Cela témoigne d’une incertitude toujours réelle sur les niveaux de second tour, mais pas sur le nom du vainqueur en cas de duel Hollande-Sarkozy… Ces niveaux sont impressionnants pour une dernière décade de janvier

2. Mélenchon semble (enfin?) émerger, mais comme cela fait 3, voire 4 fois, que cela se produit, restons prudents… En outre, son 9% du jour sort d’un sondage CSA, institut qui ne brille toujours pas par sa fiabilité.

Cela se produit sans accroc pour Hollande, ce qui est également impressionnant et prouve qu’Hollande est désormais le digne (ce n’est pas très difficile d’un certain point de vue…) successeur de DSK: il prend largement une partie du centre et du centre-droit, par-dessus même la tête de Bayrou.

La marginalisation complète des petits candidats et le score très faible de Joly dans le sondage CSA expliquent probablement la remontée de Mélenchon. Mais quel avantage pour Hollande que d’avoir ce faux révolutionnaire sur sa gauche ! Enfin, la tranquillité de l’époque Marchais, où le PCF n’était plus menaçant et canalisait l’extrême gauche et la gauche dure vers la gauche de gouvernement, est de retour… Finies les incertitudes des Laguiller, Besancenot, Bové… Quelle belle opération que cette dissidence mélenchonienne…

3. François Bayrou semblait marquer le pas autour des 13%, notamment dans le sondage quotidien IFOP, mais Harris, CSA et IPSOS le voient plutôt à 14-15%. Il doit probablement trouver un second souffle, après une semaine hollandaise et une tentative de contre-attaque sarkozyste. Il n’est cependant pas en retard sur sa feuille de route, même si sa pointe à 15% (la première cette « saison ») intervient chez CSA, seul institut à l’avoir situé nettement au-dessus de Royal en 2007.

Evidemment, pour Bayrou, l’idéal serait l’apparition de sondages de 2e tour l’opposant à Sarkozy ou surtout à Hollande. Mais faisons confiance aux médias de droite comme de gauche pour éviter de telles commandes (ou de telles publications).

Autant je suis très sceptique sur toutes les rumeurs de sondages non révélés, sur toutes les pseudo-interprétations et sur toutes les manipulations supposées de chiffres, autant je suis convaincu de l’influence essentielle de la commande passée aux instituts. Les médias de droite n’ont pas intérêt à montrer que, perdu pour perdu, l’électorat sarkozyste ferait mieux de privilégier le candidat le moins éloigné de leurs vues; les médias de gauche, échaudés par l’expérience de 2007 et les faiblesses trop apparentes de Royal face à Bayrou, se garderont bien de montrer que les scors kim-il-sungiens de Hollande ne sont que du papier: l’enthousiasme est inexistant et, face à un Bayrou au second tour, synonyme de mort prématurée du sarkozysme abhorré, tout redevient possible…

Ce n’est que lorsque Bayrou rattrapera Marine Le Pen et s’approchera ou atteindra les 20% que la presse populiste (Le Parisien, VSD,…) se lancera probablement à commander des hypothèses Bayrou-Hollande, juste pour l’intérêt financier d’être les premiers à publier un résultat dérangeant…

4. La situation de Marine Le Pen reste bien incertaine. Proche des 20%, voire au-delà, selon l’IFOP quotidien ou selon Harris (qui avait déjà été le premier à la voir en tête au printemps dernier), elle serait plutôt stagnante à 17-18 pour IPSOS, BVA et CSA. Il y a vraiment là une difficulté et deux écoles de sondeurs: IFOP et Harris la placent très haut; les autres la placent 3 à 4 points plus bas. De nouveau, les redressements semblent poser problème.

J’incline vers un score plus bas de Marine  Le Pen, car je la pense surévaluée et faisant l’objet de réponses défouloirs, au contraire du vote pour son père qui était « honteux » et était sous-estimé dans les sondages. Mais je n’ai aucun élément pour étayer cette thèse, hors du fait que son émergence a succédé à une présence médiatique forte au 1er trimestre 2011, alors que c’est le phénomène inverse qui avait caractérisé les différentes « renaissances » de son père.

Une déliquescence sarkozyste prononcée verrait peut-être son électorat se diviser en deux entre Bayrou et Le Pen, et celle-ci justifier effectivement son score de 20%, surtout si elle reprend des couleurs parmi les personnes âgées, où elle réussit moins que son père et qui sont aussi plus susceptibles d’aller voter que les enfants de soixant-huitards gavés et égoïstes, parmi lesquels elle semble bien réussire….

5. Dans ce paysage, la déprime de l’UMP semble bien justifiée. Le Président sortant ne parvient pas à se maintenir au-dessus de 25% et, quelles que soient les différences entre sondeurs sur Hollande, Bayrou, Le Pen , Joly et Villepin, le score de Sarkozy du premier tour semble faire consensus…

Au second tour, ce n’est guère mieux, avec des « espoirs » dans le sondage Harris aussitôt douchés par le sondage CSA.

Le caractère décousu et vibrionnant de la campagne a repris le dessus, sur fond de perte du triple A, de hausse du chômage et d’accroissement des prélèvements fiscaux (dont on ne voit pas bien l’intérêt, sauf à faire des cadeaux à Hollande qui pourra dire ensuite: « ah ben, c’était l’autre avant, c’est pas ma faute, maintenant je peux plus les changer, sinon Moody’s et Fitch seront pas contents »). A force de dire que la campagne n’a pas commencé, que tout se jouera à la fin, il sera trop tard…

Les reports de voix fournis respectivement par IPSOS et BVA sont toujours aussi décevants pour Sarkozy et donnent, pour Hollande/Sarkozy/l’abstention:
– parmi les électeurs Mélenchon: 76/1/23 et 71/4/25, plus conformes aux reports traditionnels de l’extrême gauche,
– parmi les électeurs Joly: 65/23/12 et 65/0/35, toujours aussi peu favorables à Sarkozy,
– parmi les électeurs Bayrou: 46/32/22 et 53/19/28, toujours aussi catastrophiques pour Sarkozy,
– parmi les électeurs Le Pen: 31/35/34 et 15/49/36, ce qui est mieux chez BVA, mais comme cet institut donne une situation encore plus dramatique dans l’électorat Bayrou, ce n’est pas si positif.

Parmi l’électorat Villepin, seul BVA donne un chiffre un peu plus favorable que d’habitude pour Sarkozy: 19/54/27. Mais ce n’est qu’un retour à la normale et c’est sur un échantillon si réduit que cela ne change rien au résultat final.

La messe est-elle déjà dite pour Sarkozy ? Probablement. Les amateurs de suspense ne peuvent plus se reposer que sur Marion « Marine » Le Pen et sur le deuxième François pour créer un peu d' »animation », seul ce dernier pouvant toutefois raisonnablement empêcher le premier François de succéder au François historique.

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