Indicateur du 30 janvier 2012: les concurrences Bayrou-Sarkozy-Le Pen favorisent un Hollande qui a bénéficié de « sa » semaine

1. Les semaines se suivent et se ressemblent pour François Hollande, qui peut être satisfait du « bruit » médiatique favorable et dont le positionnement stratégique comme tactique semble justifié de jour en jour.

Ayant donné des gages à la gauche sur les sujets sociétaux et les symboles, il occupe le terrain bayrouïste sur les questions économiques et financières, alors même que l’intervention télévisée du Président sortant, bonne sur la forme mais difficilement lisible sur le fond pour le Français moyen et rejeée a priori par les faiseurs d’opinion, ne peut que consolider l’électorat sarkozyste et empêcher Bayrou d’y gagner beaucoup.

Ainsi, Le Pen empêche Sarkozy de reprendre du terrain « au peuple »; Sarkozy empêche Bayrou de progresser chez les artisans-commerçants-professions indépendantes-chefs d’entreprise-personnes âgées, qui veulent du libéralisme économique et/ou de la sécurité; Bayrou empêche Sarkozy de revenir au centre-droit, car il ne peut « changer » une autre fois et une partie de cet électorat a probablement compris que Bayrou a de meilleures chances de l’emporter au second tour.

Ces neutralisations du centre à l’extrême-droite permettent à Hollande de butiner tranquillement au centre-gauche mais aussi au centre-droit, a fin de conjurer la vraie menace pour lui (Bayrou), sans même avoir à trop s’inquiéter de la remontée de Mélenchon, bon petit soldat du futur « rassemblement au second tour », dans la grande tradition du vieux PCF des années 1970 et 1980.

2.  Assistons-nous à la cristallisation ou à une simple stabilisation avant une nouvelle guerre de mouvement ?

Il semble bien que ce soit la cristallisation, car l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy n’est pas susceptible de faire sensiblement évoluer les lignes. Il rassure son électorat de droite traditionnelle, mais ne permet pas de gagner au-delà.

Surtout, quels angles d’attaque maintenant pour Bayrou, alors que Sarkozy pratique une orthodoxie de droite et que Hollande a adopté une façade sociale-démocrate fort modérée (la réalité post-mai 2012 risque d’être fiscalement tout autre, mais ce n’est pas le sujet ni la perception du moment…) ? Car c’est bien à lui de faire « bouger les lignes ». Difficile sans se répéter, sans tourner quelque peu à vide sur l’unité nationale et sur le « j’avais bien raison en 2007 ». Il faut trouver un game-changer… Signe que nous ne sommes pas encore totalement américanisés, la rareté des débats télévisés à plusieurs empêche de « forcer » les choses plus régulièrement, comme la primaire républicaine nous le montre entre ce moment, avec le chassé-croisé incessant Romney-Gingrich.

3. La tendance pour le second tour se fait de nouveau défavorable pour Sarkozy, qui ne parvient pas à faire mieux que 43%… score pour le moins déprimant à à peine plus de 3 mois du second tour.

 

4. Laissons enfin s’exprimer de nouveau notre agacement devant le sondage quotidien IFOP:
– comme redouté la semaine dernière, je me retrouve aujourd’hui à ne pas être capable de reconstituer l’échantillon du 26 ou à ne pas pouvoir supprimer proprement un doublon de l’échantillon du 24… Vraiment, la perfection n’est pas de ce monde, en tous les cas pas de ce pays… Me voici donc contraint d’effectuer une règle de trois qui surestime légèrement l’échantillon du 24 et sous-estime légèrement l’échantillon du 25 et celui du 26.

Oh, ce sont là de bien ridicules problèmes me direz-vous; et c’est vrai que la différence ne doit pas dépasser le demi-dixième de point. Mais c’est intellectuellement irritant !

Bon, l’addiction est telle que je publierai quand même une petite étude au bout de 3 semaines d’IFOP quotidien (qui montre un petit effet positif post-Bourget et post-programme pour Hollande). Mais l’institut exagère quand même!

J’essaierai également prochainement de prendre le temps de constituer des courbes par institut, de manière à identifier les biais de chacun à l’égard des 4 grands candidats (voire en incluant Mélenchon).

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Une réaction sur “Indicateur du 30 janvier 2012: les concurrences Bayrou-Sarkozy-Le Pen favorisent un Hollande qui a bénéficié de « sa » semaine

  1. En effet, le graphique de deuxième tour est bien meilleur comme ça ! 😉

    J’attends avec impatience l’analyse des différents instituts.

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