Derniers sondages IPSOS, BVA et CSA: Sarkozy peut-il vraiment tenter de gagner « au peuple », alors que l’absence de Le Pen ne serait pas décisive ?

 

IPSOS-Logica Business
France Télévisions, Radio France, Le Monde
3-4 février 2012
échantillon: 953

Hollande 32
Sarkozy 25
Le Pen 16
Bayrou 12,5
Mélenchon 8,5
Joly 2
Arthaud 1
Poutou 0,5
Villepin 2
Morin 0,2
Boutin 0
Dupont-Aignan 0,3
Lepage 0
Nihous 0

Hollande 59
Sarkozy 41

___________________________

BVA
Le Parisien
3-4 février 2012
échantillon: 779 inscrits extraits d’un échantillon total de 968

Hollande 34
Sarkozy 26
Le Pen 16
Bayrou 14
Mélenchon 7
Joly 2
Villepin 1
Dupont-Aignan 0
Morin 0
Lepage 0
Boutin 0
Nihous 0
Arthaud 0
Poutou 0
Cheminade 0

Hollande 58
Sarkozy 42

___________________________

CSA
20 Minutes, BFM TV, RMC
6-7 février 2012
échantillon: 869 inscrits parmi un échantillon total de 1000

Hollande 30
Sarkozy 26
Le Pen 17,5
Bayrou 13
Mélenchon 8
Joly 2
Villepin 1
Dupont-Aignan 1
Morin 0
Lepage 0
Boutin 0,5
Nihous 0
Arthaud 0,5
Poutou 0,5

Hollande 60
Sarkozy 40

1. Les sondages se suivent et se ressemblent, ce qui devient quelque peu lassant et nous prive de tout suspense, à ce stade. Seule la (pseudo?-)incertitude sur l’obtention des 500 signatures par Marion « Marine » Le Pen donne un peu de piment à la période.

– Hollande est à des niveaux inconnus depuis bien longtemps, notamment au second tour.
– Sarkozy résiste bien, mais seulement au prix de la disparition du reste de la droite et du centre-droit, donc de toute réserve de voix.
– Bayrou plafonne, ne trouvant manifestement pas de quoi renouveler son discours et allécher les médias, qui le boudent quelque peu.
– Mélenchon se tient bien, profitant d’apparitions médiatiques assez répétées.
– Joly et Villepin sont marginalisés, même si pas à des niveaux comparables à ceux des tout petits candidats.

Saluons l’initiative de BVA d’inclure Jacques Cheminade, le candidat le plus « décalé » de la scène politique française aujourd’hui, mélange de solidarisme proche de l’extrêm-droite du même nom, d’ancien productivisme quasi-bismarckien, d’anti-financiarisme quasi-antisémite et, plus largement, de LaRouchisme européanisé. Un illuminé égocentrique qui avait qunad même réussi à être déjà candidat et qui affirme avoir recueilli 500 promesses de parrainage, ce qui reste fort douteux, cette chasse aux signatures étant pour certains un chemin de croix, pour d’autres une simple occasion de se faire de la publicité.

A ce jour, si Chevènement a (comme prévu) renoncé, Arthaud et Poutou semblent avoir des difficultés mais devraient y parvenir; Boutin semble en passe de rater son pari; Lepage a des difficultés mais n’est pas, à mon avis, réellement en campagne et promeut davantage son livre; Morin, Nihous et même Villepin semblent avoir des problèmes également, ce qui est beaucoup plus étonnant.
Morin et Villepin semblent s’entêter mais, s’il leur reste un peu de rationalité (je n’yc rois que pour Morin…), ils renonceront même s’ils ont les signatures. On peut même s’interroger sur le fait qu’ils pourraient prétexter (avec une satisfaction inavouée…) de ne pas avoir les promesses suffisantes pour se retirer.
Pour Nihous, la volonté est là, mais il semble que le réseau se soit réduit et que son positionnement plus à droite qu’un Jean Saint-Josse fasse fuir quelques maires ruraux.
Seul Dupont-Aignan semble avoir les promesses suffisantes à ce jour.

2. IPSOS et BVA nous gratifient par ailleurs d’intentions de vote en l’absence de Le Pen. Respectivement:
Hollande 33,5/37
Sarkozy 28,5/29
Bayrou 16/18
Mélenchon 10/8
Joly 3/3
Villepin 2/3
Dupont-Aignan 1,5/1
Arthaud 3/1
Poutou 1/0
Boutin 0,5/0
Nihous 0,3/0
Morin 0,5/0
Lepage 0,2/0.

IPSOS nous indique que les électeurs FN se reporteraient sur l’abstention (35%), sur Sarkozy (23%), sur Arthaud (13%), sur Bayrou (9,5%), sur Hollande (7%), sur Dupont-Aignan (5,5%), sur Morin (3,5%), sur Mélenchon (2%), sur Nihous (1,5%).

IPSOS voit davantage de report sur l’extrême-gauche hors Mélenchon, BVA voyant davantage de report sur Hollande (comme IFOP avant lui).
Les deux voient Bayrou bien profiter de cette absence et confirmer son statut de candidat anti-système alternatif, en meilleure posture que Mélenchon et les « trotskystes » sur ce créneau…
La déperdition sur les autres quantités est forte mais très dispersée, Dupont-Aignan ne captant pas grand-chose; mais, après l’ouverture de la campagne officielle, peut-être pourrait-il se faire davantage entendre.

En fait, sans Le Pen, il y aurait d’abord une hausse de l’abstention et une ventilation droite-gauche quasi-équilibrée, en tous les cas pas meilleure pour Sarkozy que les reports de voix au second tour. Il n’y aurait donc pas franchement d’amélioration pour lui, d’autant que, contrairement au sondage IFOP récent, Hollande reste ici nettement en tête au premier tour.

Alors pourquoi le Président sortant semble-t-il tenter de reprendre la même stratégie qu’en 2007 en lançant des idées populistes et destinées à cliver fortement ?

L’électorat boutiquier lui reviendra forcément, au premier ou au second tour, sans avoir besoin de forcer les choses.
L’électorat ouvrier et employé qu’il avait su conquérir en 2007 lui est définitivement perdu et, s’il ne peut choisir Le Pen ira sur l’extrême-gauche ou reviendra sur Hollande. Ceux transitant par Bayrou s’évanouiront au second tour.
L’électorat plus classique et de CSP plus élevées reviendra dans son camp d’origine et, s’il ne peut exprimer son ras-le-bol en votant Le Pen, le fera en votant Bayrou ou renoncera à le faire, au nom du vote utile.

La seule justification pour Sarkozy de revnir à cette stratégie de 2007 serait de mobiliser cet électorat populaire, pas d’en conquérir un plus large. Or, dans le même temps, ce back to basics va:
remobiliser encore davantage au centre et à gauche ceux qui auraient oublié ou atténué leur anti-sarkozysme (parce que Hollande l’avait mis en sourdine, comme Bayrou; parce qu’ils voyaient comme acquise la défaite de Sarkozy): au moment où Hollande tente de singer Obama ’08 sur Internet et dans sa stratégie de GOTV (get out the vote: aller chercher le vote), Sarkozy lui fournit là un bon coup de pouce;
éloigner Sarkozy de Bayrou et empêcher celui-ci d’envisager sereinement un ralliement au second tour; or, c’est une des dernières chances de Sarkozy: cultiver le centre-droit et tenter un « coup » entre les deux tours;
– permettre auparavant, au premier tour, à Bayrou de retrouver de l’air et une marge de progression, mais pas au détriment du centre-gauche et des écologistes: l’étau et le dilemme de Sarkozy, tant de fois évoqués, rejoueront à plein et lui feront perdre au centre-droit ce qu’il espère regagner sur sa droite;
invalider les fruits éventuels qu’auraient enfin pu porter sa présidentialisation, sa rigueur et son « courage dans la tempête », avec des échéances lourdes, pour l’Italie en février, pour la Grèce en mars; accessoirement, Merkel sera-t-elle aussi enthousiaste à venir soutenir Sarkozy, alors qu’elle se « social-démocratise » à grands pas en interne en Allemagne ? En tous les cas, il ne sera plus en mesure de profiter d’un éventuel regain de la crise financière européenne.

Car l’élection de 2012, en ressemblant de plus en plus à celle de 1988, va se gagner « au centre » et non « au peuple » (cf. mon article quelque peu ancien sur le sujet, mais toujours d’actualité). Sarkozy semble donc partir sur une voie fort périlleuse et qui ne paraît être motivée que par la volonté de ne pas trop perdre et non par celle de gagner…

A dix semaines du premier tour, ce nouveau changement de cap, alors que le créneau de la présidentialité et de la rigueur, prolongés sur un plan personnel par le courage et la stature présidentielle, semblait avoir été adopté par le futur Président-candidat, risque bien de ruiner tous ses espoirs, en cristallisant certes son noyau dur, mais en empêchant tout ralliement sur sa gauche. Or, la grande faiblesse des reports de voix du côté de Bayrou est la clef de sa défaite (l’amélioration légère des reports du côté de Le Pen ayant de toute façon des limites, en raison de l’image du « Président des riches » et des promesses non tenues dans les usines).

Sarkozy, quoi que puissent lui dire Buisson, Peltier et Mignon, ne peut plus gagner comme en 2007. Car ils ont probablement commis une erreur d’analyse sur leur propre victoire de 2007: ils n’ont pas gagné sur les valeurs sociétales, ils n’ont pas gagné sur la sécurité, ils ont gagné sur le travail, ils ont gagné sur les valeurs économiques, ce qui n’est pas la même chose. C’est davantage Guaino (la valeur travail et le « travailler plus pour gagner plus ») et Giacometti (pour l’aspect tacticien, préemption des thèmes, campagne mouvante, saturation de l’espace médiatique) qui ont gagné que Buisson (l’identité nationale).

L’identité nationale n’avait fonctionné (et bien fonctionné) que comme thème de clivage, comme élément tactique pour changer de pied en mars 2007 lorsque la campagne patinait un peu et que Bayrou se faisait menaçant; mais ce thème n’avait pas fonctionné en tant que tel, pour son contenu. Quelle erreur de perspective…

De manière secondaire, ce qui était « nouveau » et « bien vu » tactiquement en 2007, ce qui plaisait aux médias ou fascinait certains d’entre eux, ce professionnalisme, ne peut plus fonctionner aujourd’hui, car ce n’est plus nouveau justement, car les socialistes se sont aussi américanisés (primaires réelles, Internet) et sarkozyisés sur la tactique (thèmes renouvelés chaque semaine, temps forts réguliers, maîtrise des images – les meetings ne sont filmés que par le PS, comme en Chine…), car le personnage ne peut plus se réinventer, car les médias ont tourné la page et ne veulent plus de Sarkozy.

3. Pendant ce temps, Hollande, qui se contente de ramasser le fruit mûr tombé à terre, a justement des problèmes de… riche : comment occuper son temps libre et ne pas perdre des électeurs qui débordent de sa besace, en attendant la candidature de Sarkozy (3e semaine de février) et les candidatures officialisées (3e semaine de mars) ? Il prend toutefois peu le risque de tourner à vide car les médias ne lui cherchent décidément aucun ennui…

Il n’y a pourtant aucun enthousiasme dans cette large victoire virtuelle. Selon ViaVoice, dans un sondage récent pour Libération, 45% des électeurs souhaitent sa victoire, mais 52% ne la souhaitent pas. Bayrou est à 31 et 66% respectivement, au-dessus de Sarkozy à 30 et 67%, confirmant le plafond de verre de l’anti-sarkozysme. Mélenchon (15/80), Le Pen (15/84) et Villepin (15/83) forment un curieux trio, tandis que Joly (10/87) et Morin (4/89) sont marginalisés.

D’une certaine manière, Sarkozy ne doit qu’à lui-même d’avoir gagné en 2007 et ne devra qu’à lui-même d’avoir perdu en 2012… Dans cette histoire, Royal, Le Pen, Bayrou, Le Pen et Hollande n’auront été que des péripéties.

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8 réflexions sur “Derniers sondages IPSOS, BVA et CSA: Sarkozy peut-il vraiment tenter de gagner « au peuple », alors que l’absence de Le Pen ne serait pas décisive ?

  1. « …Mélenchon se tient bien, profitant d’apparitions médiatiques assez répétées… » Ben voyons ! De quels médias ? Ceux de Mars ? Vous vous moquez vraiment du monde !

  2. Bonjour,

    Pour aller dans le sens de l’article et pour essayer de déchiffrer l’incompréhensible stratégie (disons plutôt campagne) de N. Sarkozy :

    Nicolas Sarkozy n’est absolument pas stratège mais il est un redoutable tacticien servi par son agressivité et sa brutalité.
    Il est à l’aise dans les conflits et ne fonctionne qu’en rapport de force.

    Dans l’état actuel de sa campagne, il n’a plus d’autre choix que de lancer perpétuellement des coups tactiques pour essayer de mettre ses adversaires dans la défensive en envahissant l’espace médiatique.

    Mais la tactique ne peut fonctionner que sur une position relativement saine.
    Sa position est tellement dégradée que ses coups ne résistent pas à la première défense adverse.
    Et au plus il use de ses petits coups, au plus il affaiblit sa position générale.

    Il n’a plus rien à faire qu’à attendre des séismes du style conflits internationaux ou ré-aggravation de la crise pour espérer que l’électorat le réélise (genre Bush vs Kerry en 2004).

    Mais alors, pourquoi s’enfoncer en choisissant des thèmes très clivants ?
    Je ne crois même pas qu’ils soient très réfléchis. Je crois qu’il a physiquement besoin de combattre et qu’il choisit des débats très clivants parce qu’il s’y sent à l’aise.

    Il a encore une énorme avance sur Le Pen ou Bayrou, mais je ne serais pas surpris s’il perdait sensiblement des points.

    Il n’ara plus d’autre choix que cette fuite en avant (étrange d’ailleurs que l’UMP le qualifie de courageux, puisqu’une fuite (même en avant) n’est pas vraiment une marque de couge).
    Il n’est pas homme à se remettre en cause et je crois même que s’il est battu, il se dira « Il fallait bien que j’essaye mais ça n’a pas marché ! »

    A propos de courage, j’attends de voir si F. Hollande aura le courage de ne pas apporter des signatures à M. Le Pen.

  3. NS tente de ne pas avoir à défendre son bilan définitivement discrédité par son incapacité à tenir les promesses avancées il y a 5 ans. Il est remarquable que, parmi les réformes réussies du quinquennat, celle que l’UMP met le plus en avant soit l’autonomie des Universités dont la majorité des électeurs ne peuvent saisir les enjeux ni évaluer réellement les résultats. Cela en dit long sur le piège que représente pour la droite un débat sur le bilan. C’est ce que confirme, en sens inverse, la crédibilité croissante du socialiste FH dans le domaine économique. NS doit donc changer de terrain en se situant sur celui des valeurs (= de l’idéologie). A court terme, Il peut escompter que ce changement de pied bouscule la thématique de la campagne et oblige FH à s’enfermer dans une posture de gauche un peu « archéo » que les snipers auraient moins de mal à décrédibiliser. Mais, comme le voit bien bibs, c’est un expédient très risqué, une de ses dernières cartes tant le sol s’effondre sous lui, .

    Cependant, cette interprétation « tacticienne » est sans doute un peu courte. On peut penser que ce changement de pied vise un objectif stratégique de plus long terme. NS ne peut ignorer la probabilité grandissante de la défaite à partir du moment où le « dégonflage de la baudruche Hollande » et « le croisement des courbes », annoncés avec tellement d’arrogance par l’Élysée de novembre à début janvier, ne se sont pas produits. Dans ces conditions, il est raisonnable de penser, comme vous le suggérez d’ailleurs, que sans cesser de se battre avec l’énergie du désespoir pour une victoire improbable, NS et l’UMP pensent déjà au coup d’après. Il s’agit alors « de ne pas trop perdre » plutôt que « de gagner ».

    NS peut tabler en effet sur le fait que le futur bilan de FH ne sera pas flambant tant les problèmes à résoudre sont énormes. Dans cette perspective, il esquisserait dès maintenant la configuration de « la droite d’après la défaite ». Elle n’aura plus d’espace au centre occupé par « le président Hollande » dont la politique sera nécessairement assez modérée, s’il ne veut pas refaire l’expérience jadis ruineuse pour Mitterrand du tournant de 83 débouchant sur la première cohabitation. Dans l’hypothèse d’un bilan de FH trop décevant dans 5 ans, le seul espace disponible pour un retour de l’UMP est donc celui d’une droite carrée, capable de compenser un projet socio-économique ultra-libéral trop dur aux milieux populaires par un discours sociétal identitaire capable de les rassurer en les enivrant. L’américanisation de la vie politique française, thème qui vous est cher, se poursuivrait ainsi par la constitution, à droite, d’un « arc républicain » bipolaire (comme l’est le parti du même nom aux USA) qui, en rupture avec l’histoire des droites en France depuis 1945, fédérerait non plus la droite et le centre-droit en excluant l’ultra-droite, mais la droite et l’ultra-droite en passant par pertes et profits le vieux rêve centriste d’allier sans douleur le meilleur de la gauche au meilleur de la droite).

    C’est l’affaissement de ce rêve centriste qu’illustre l’incapacité de Bayrou à s’imposer. Logiquement à la séquence Hollande plutôt réussie, suivie d’une séquence Sarko moins convaincante, aurait dû succéder une séquence Bayrou apparaissant comme le candidat de secours de la droite. L’échec en est patent et Sarko reste bien « le meilleur candidat » d’une droite vouée à se reconfigurer. La reconfiguration commence trop tard, mais elle trouve ses premiers points de cristallisation dans l’abandon lors du dernier remaniement ministériel de la politique d’ouverture qui avait marqué le début du quinquennat, d’une part, et dans la montée en force de la droite populaire, de l’autre.

    FH jouera-t-il les utilités dans la réalisation de ce scénario, en occupant le pouvoir juste assez longtemps pour permettre à la droite de se recomposer ? Ou bien saura-t-il faire émerger la figure d’une social-démocratie durable capable d’affronter la mondialisation sur la base d’un nouveau Contrat social passé entre les classes moyennes et les milieux populaires ? C’est la grâce qu’on peut lui souhaiter (SGDG), ainsi qu’à Obama d’ailleurs.

    • Dans l’article, je n’ai pas adhéré avec l’idée de « Ne pas trop perdre plutôt que de gagner » .
      Je ne crois pas qu’on puisse construire un avenir (ou une position solide et crédible) avec la stratégie du « ça passe ou ça casse ».
      N. Sarkozy a une personnalité tellement émotive et égocentrée que je ne lui vois pas une préoccupation quant à l’avenir de l’UMP (ni même au présent pour tout dire, sauf à ce que l’UMP serve ses intérêts).
      L’UMP a perdu toutes les élections et un quart de ses sympathisants depuis 2007.
      Le combat pour 2017 entre Copé, Fillon et Juppé laissera peu de place à une velléité de retour de N. Sarkozy.

    • Intéressant. Je crois en effet que Sarkozy n’a pas abandonné l’idée de revenir en 2017… Il en fera une question d’honneur, il essaiera d’écrire l’histoire du comeback kid, du battant, de celui qui ne renonce jamais. De plus, il aime trop la politique, il n’a jamais fait que cela… Et puis, de ce point de vue, nous ne sommes pas (encore) américanisés ;). Les présidents battus retentent leur chance…

      Le seul problème, c’est que je doute qu’il puisse faire imploser le FN et rebâtir une droite à la Bush Jr.
      D’abord, le FN, ou plutôt la bande de fans des Le Pen, n’a jamais véritablement pu ou su sortir de sa fonction de défouloir, de mouvement tribunicien de révolte. Je doute que la fille y parvienne. D’ailleurs, elle revient au bon vieux discours à la papa dès qu’elle stagne. Et puis, ni Mégret, ni Lang, ni aucun autre ne sont parvenus à bouleverser l’ordre établi en interne; et ni Villiers, ni Pasqua, ni la Droite populaire ne sont arrivés à le déchirer de l’extérieur.

      Quant à l’UMP qui restera, Sarkozy risque bien de la voir lui échapper et/ou se réduire. D’abord, Copé contrôle désormais l’appareil et ne voudra pas le céder. Surtout qu’il est sur un créneau identique à Sarkozy. Quant aux sarkozystes « fidèles » ou historiques, ils n’ont pas été forcément bien traités pendant le septennat et ils pourraient bien abandonner le maître (Hortefeux et Guéant, cela ne suffit pas pour constituer un gros courant dans l’UMP…). Quand bien même Sarkozy trouverait un moyen de reprendre la boutique, justement, tous les non-sarkozystes non-copéistes pourraient bien tenter l’aventure à part. En tous les cas, les électeurs modérés de l’UMP pourraient bien essayer de trouver refuge ailleurs: MoDem, ARES.

      Il y aura cependant deux freins à cela et donc deux opportunités pour Sarkozy après sa défaite:
      – en France, le financement public des partis dépend des candidatures et des résultats aux législatives: créer un nouveau parti est donc passablement compliqué juste après les élections;
      – l’aile modérée de la droite est très divisée et a/aura un problème de leadership. Les leaders extérieurs à l’UMP (Bayrou et Borloo) sont des personnalités faibles et controversées. Les personnalités plus fortes sont à l’intérieur de l’UMP et sont pour le moment alignées sur Sarkozy (Fillon et Juppé): ce sera donc plus difficile pour eux d’être crédibles dans un rôle plus centriste. Les personnalités qui pourraient émerger dans un créneau plus modéré sont jeunes et n’ont pas forcément des troupes immenses derrière eux (NKM, Baroin, Bertrand, Wauquiez, ces deux derniers tentant pourtant de créer un véritable courant).

      Je crains que l’UMP mette du temps à s’en remettre. Elle gagnerait à renverser le sarko-copéisme pour adopter Juppé en pape de transition et promouvoir ensuite une ligne plus modérée, rigoureuse, à même de récolter la déception au centre que ne manquera pas de susciter un quinquennat Hollande malhabile et timoré en matière économique et financière et (du coup) plus idéologique à gauche sur la fiscalité, le sociétal et l’institutionnel.

      • Pour 2017 :

        Je ne vois pas Copé laisser le pouvoir à quiconque une seule seconde.
        Les électeurs de l’UMP aiment sentir un chef dur. C’est sans doute ce qui a conduit à la victoire de Chirac sur Balladur.

        Quant à Juppé, il s’est un peu trop enfermé dans son rôle de lieutenant fidèle que les électeurs de l’UMP apprécient mais qui, au final, choisiront un dur (Copé).

        Je ne vois pas Sarkozy reprendre la main sur l’UMP et les électeurs UMP n’en voudront plus.

        Pour Hollande, je ne le vois pas forcément malhabile et je le crois sous-estimé.
        Un mandat présidentiel a vocation à être reconduit, d’autant plus avec le quinquennat.

        Mais tellement de choses peuvent arriver en 3 mois, alors pensez donc en 5 ans !!!

  4. J’ai rédigé ma dernière réponse à partir de mon téléphone, ce qui n’était pas très pratique et je n’ai pas terminé mon développement.

    Je voulais rajouter qu’en cas de victoire de F.Hollande, la reconstruction de l’UMP sera très difficile avec tous les pouvoirs à la gauche et la machine de guerre UMP en berne.

    Dans l’esprit de tout le monde, la responsabilité en incombera à N. Sarkozy, et on retiendra qu’en fin de mandat il aura choisi la tactique de la division en mettant en avant des thèmes clivants.

    C’est pourquoi le “Ne pas trop perdre plutôt que de gagner” ne me paraît pas être son objectif. Il cherche plutôt à mettre le feu parce qu’il se sent à l’aise dans les rapports de force et que désormais, c’est sa seule option.

  5. L’actualité sur l’introduction d’une dose de proportionnelle me conforte dans mon idée.
    Sarkozy est prêt à sacrifier (si, si !!!) son parti à ses propres intérêts électoraux.
    Il n’a même pas prévenu Copé ou Jacob avant son annonce à Marseille.

    Il n’a aucune préoccupation quant à l’avenir de l’UMP puisque l’UMP ne pourra plus lui servir. (Il a d’ailleurs fait preuve de son cruel défaut de vision stratégique en affaiblissant continuellement sa machine de guerre qui lui fait cruellement défaut à présent) : un quart des sympathisants ont fui l’UMP depuis 2007.

    Je ne crois pas au “Ne pas trop perdre plutôt que de gagner”. Je crois plutôt au « Après moi, le déluge ».

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