Indicateur du 13 février 2012: Hollande progresse encore et toujours, des vases communicants semblent se (re)mettre en place

1. Je ne serai pas long sur les commentaires de l’indicateur agrégé de cette semaine.

Hollande continue de bénéficier d’une entrée en campagne classique, mais méticuleuse et complète. Bayrou marque le pas. Sarkozy frémit, mais sans véritablement changer de catégorie. Le Pen recommence à patiner. Mélenchon a réellement progressé mais semble déjà ralentir. Joly et Villepin s’effacent inexorablement et les petits candidats ne décollent pas du tout.

2. Le second tour est dénué de toute surprise, Hollande continuant de renforcer son avance.

Comme la droite peut regretter de ne pas avoir tenté l’option Fillon:
– capable de mener une opposition droite-gauche classique, tout en restant ouvert au centre-droit,
– capable d’imposer une image de sérieux et de rigueur, utile face à Bayrou, mais aussi de fermeté, utile face à Le Pen.

Certes, ni Sarkozy, ni Copé n’auraient jamais laissé faire, mais, étant donné le déroulement de la campagne, il était probablement le seul à pouvoir entretenir quelque espérance (Juppé étant alourdi par son passé, par son côté trop technocratique et, disons-le, trop intelligent…).

3. Le graphique du premier tour semble apporter un constat très simple, depuis le mois de décembre: la mise en place de vases communicants entre Sarkozy et Le Pen d’une part, Hollande et Bayrou d’autre part.

Entre juillet et novembre 2011, le score de Borloo et l’effet « primaire » avaient brouillé les évolutions, alors qu’une certaine symétrie semble désormais s’être mise en place dans l’évolution de ces deux couples Bayrou/Hollande et Sarkozy/Le Pen.

Ce n’est évidemment pas une bonne chose pour le Président sortant, puisque cela signifierait que, lorsque Bayrou régresse, c’est qu’il garde des électeurs de centre-droit et que Sarkozy est contraint de faire des efforts sur sa droite pour gagner du terrain. Les deux éléments se renforcent pour resserrer encore l’étau dans lequel Sarkozy est pris, cette dynamique négative, ce cercle vicieux, qui lui fait perdre d’un côté ce qu’il gagne de l’autre.

Je publierai cette semaine un graphique après 5 semaines de sondage quotidien IFOP pour Paris-Match et Europe 1, qui confirmera cette double symétrie.

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5 réactions sur “Indicateur du 13 février 2012: Hollande progresse encore et toujours, des vases communicants semblent se (re)mettre en place

  1. Bonjour,
    On ressent le regret de ne pas voir Fillon représenter l’UMP aux présidentielles.
    Je crois qu’il aurait fait un score très inférieur à ce que fera N. Sarkozy.

    J’ai lu dernièrement une analyse à laquelle j’ai adhéré :
    Pour être président, il faut avoir des membres de son équipe prêts à mourir pour leur chef. C’était vrai pour de Gaulle, Mitterand, Chirac, Sarkozy.
    Ce n’était pas le cas de Jospin ou Balladur. Ce sera le cas de Copé mais ni de Fillon ni de Juppé.
    J’ai le sentiment que les électeurs de droite sont prêts à pardonner (et justifier) beaucoup de fautes à leur chef pourvu qu’il se comporte en chef dur. Il est invraisemblable que J. Chirac ait récolté 20% des voix au premier tour en 2002 malgré ses casseroles avérées.

    C’est peut-être pour ça que la parité n’est pas du goût ni des politiques ni des électeurs de l’UMP.

    Je ne vois vraiment que Copé pour succéder à Sarkozy.

    • Vous avez tort sur le second tour: Fillon aurait été meilleur, plus à même de grignoter au centre et au centre-droit et peut-être même à l’extrême-droite.
      Vous avez raison sur le premier tour: il aurait été moins mobilisateur pour la droite traditionnelle et n’a pas la combativité de Sarkozy.
      Finalement, vous auriez peut-être eu raison tout court, car les bons candidats de second tour ont peu prospéré les dernières années… Jospin en 2002, Balladur en 1995, Barre en 1988. Sans compter Delors et… DSK (mais pour ce dernier, c’est un autre débat… et il n’est pas tout à fait comparable à Fillon !!!).

  2. Petite question :
    A la suite de la déclaration de candidature de N. Sarkozy ce soir, voyez-vous une hausse mécanique des intentions de vote en sa faveur ?
    Si c’est le cas, il reviendrait très près de F. Hollande.

    Le mouvement pourrait être éphémère mais il pourrait s’inscrire dans une dynamoque

  3. Petite question :
    A la suite de la déclaration de candidature de N. Sarkozy ce soir, voyez-vous une hausse mécanique des intentions de vote en sa faveur ?
    Si c’est le cas, il reviendrait très près de F. Hollande.

    Le mouvement pourrait être éphémère mais il pourrait s’inscrire dans une dynamique plus durable.

    Les statistiques permettent-elles de répondre ou c’est trop leur demander ?

    • Je ne pense pas que Sarkozy augmente beaucoup, même d’un point.
      Il a déjà fait le plein de son électorat.
      A l’extrême-droite, il peut faire se poser des questions à quelques électeurs, mais ce seront des gens qui voteront « utiles » en dernière minute et cela ne se verra donc pas dans les sondages, en tous les cas pas avant avril.
      En revanche, sa campagne peut avoir un effet indirect sur les électeurs de Hollande, si celui-ci est correctement et pertinemment « pilonné » par Sarkozy, ce qui reste à voir… Alors, certains pourraient se détourner de Hollande et de sa personnalité hésitante (comptez le nombre de « en même temps » que profère Hollande chaque jour…) mais pas pour rejoindre Sarkozy, seulement pour rallier Bayrou ou Mélenchon.
      Merci en tous les cas pour cette question pertinente.

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