Dernier sondage CSA et sondage quotidien IFOP: le resserrement de l’écart avec Sarkozy n’affaiblit pas Hollande

 

CSA
20 Minutes, BFM TV, RMC
20 février 2012
échantillon: 891 électeurs inscrits parmi un échantillon total de 1014

Hollande 28
Sarkozy 27
Le Pen 17
Bayrou 11
Mélenchon 9
Joly 3
Villepin 2
Arthaud 0,5
Poutou 0
Dupont-Aignan 1,5
Lepage 0,5
Nihous 0,5

Hollande 56
Sarkozy 44

1. Ce sondage CSA avait déjà fait quelque bruit en milieu de semaine. Je ne le publie qu’aujourd’hui, mais il correspond bien à la tendance du sondage IFOP quotidien:

L’écart entre Hollande et Sarkozy n’est plus que de 1 point, ce qui excite l’Elysée et les médias dans l’espoir (ou l’inquiétude) d’un croisement des courbes qui n’a plus été vu depuis la « chute de DSK » ou même l’émergence de Le Pen au début de 2011. Un tel croisement des courbes devrait avoir un effet psychologique certain, de par le simple effet médiatique créé. Et logiquement, devrait s’en suivre une dynamique favorable à Sarkozy.

Mais il n’en sera rien, de manière quasi certaine.

Si le croisement aura peut-être lieu, il n’est pas fondamentalement dû à une réelle remontée du Président sortant. Celui-ci a certes gagné du terrain depuis son entrée en campagne. Mais c’est l’effet de plusieurs facteurs qui ne devraient pas se prolonger, voire qui devraient reculer:
– le retrait de Boutin, Morin et Nihous lui assure mécaniquement quelques dixièmes de points,
– le bruit médiatique lié à son entrée en campagne est déjà en train de refluer et n’est de toute façon pas reproductible,
– il a pu grignoter sur Le Pen par un apparent durcissement (encore qu’il s’agisse davantage de bonapartisme que de lepénisme), mais va vite trouver la limite de ce mouvement, même si la cacophonie qui caracvtérise la candidature Le Pen ces derniers temps fera peut-être encore reculer celle-ci, mais davantage vers l’abstention que vers Sarkozy, dont certaines initiatives remâchant le passé ne montrent ni originalité, ni cohérence et auraient plutôt le goût de l’échec (le retour en grâce de Dati en est le pire exemple… on peut même se demander s’il ne s’agit pas d’un coup Sarkozy-Copé contre Fillon…).

Quant à Hollande, sa décroissance se fait en réalité au profit, marginalement, de Mélenchon, mais plus sûrement de Bayrou. Or, nous avons vu que les reports Bayrou vers Sarkozy ne s’améliorent pas. Bayrou n’agit pas comme un sas pour Sarkozy pour récupérer ces électeurs de centre et de centre-droit qui lui font défaut.

Hollande a donc encore de la marge, avant de véritablement souffrir d’une perte de dynamique. Il a plusieurs « assurances » pour le protéger:
– son score au second tour ne faiblit pas véritablement, si l’on en juge aussi par le sondage quotidien IFOP:

l’anti-sarkozysme, qui est l’explication de ce maintien au score, reste entier, comme le montrent les résultats qualitatifs des sondages, y compris ceux qui montrent la remontée la plus nette de Sarkozy,
Mélenchon continue de couvrir sa gauche et de lui permettre d’éviter, au centre l’émergence trop rapide de Bayrou (même Hamon se met à juger que la campagne de Bayrou patine… n’est-ce pas le signe de ce qui est la véritable inquiétude du PS ?); il est probable que, faute de mieux pour agrémenter le « show », les médias vont se remettre à parler de Bayrou et que Lepage, si elle obtient ses 500 signatures (ce dont je doute toujours très fortement), pourrait atteindre les 2%; mais ce phénomène ne peut être que d’ampleur limitée, tant Bayrou a été incapable de rebondir sur son émergence initiale et tant Sarkozy a solidifé sa base de droite, qui ne devrait plus lui échapper vers le centre,
– de manière secondaire, Villepin et Dupont-Aignan (même si le premier semble loin d’être assuré d’avoir ses signatures) continueront de frapper Sarkozy et, d’autant plus si elle baisse dangereusement vers les 15%, Le Pen devrait l’attaquer de plus en plus durement, histoire de refaire son retard dans cette France boutiquière, dans cette France « beauf » du Sud-Est et dans cette France rurale « lointaine de la capitale » de l’Est, dans lesquelles Sarkozy re-grignote quelque peu, comme en 2007.

Le « tout sauf Sarkozy » ne peut que bénéficier à celui qui est en tête dans les candidats non-Sarkozy…

2. En tous les cas, les symétries Bayrou/Hollande, Sarkozy/Le Pen et Mélenchon/Joly sont confirmées. Je répète qu’il ne s’agit pas uniquement de transferts directs, mais l’idée globale est là et montre que Sarkozy ne parvient pas à regagner là où il va perdre l’élection: non pas « au peuple », comme on nosu le ressasse à longueur de journée, mais « au centre ».

D’ailleurs, ce sont ces modérés que nous pouvons suivre: séduits par DSK (désolé, une fois de plus, pour cette image de mauvais goût… ;)), portés sur Borloo (euh… portés ? ;)), emportés par Hollande dans l’euphorie de la primaire, revenus sur Bayrou en décembre 2011, repartis en partie sur Hollande fin janvier et revenant maintenant sur Bayrou, bref passés presque partout, sauf chez Sarkozy…

Ce sera la revanche de la France du « oui », mais au détriment de Sarkozy: curieux dénouement pour celui qui aura assuré la signature du traité de Lisbonne et celui qui aura contribué, quoi qu’on puisse penser de lui par ailleurs, à sauver au moins provisoirement l’euro… notamment malgré Merkel et sans Cameron.

Cela augure de déconvenues fortes pour le PS par la suite… mais les barons auront gagné quelques maroquins ministériels: ils pourront se permettre de perdre les élections locales en 2014-2016…

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