Derniers sondages IPSOS, Harris et CSA: le terrain est instable, sauf au second tour

 

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde
2-3 mars 2012
échantillon: 966 

Hollande 29,5
Sarkozy 25
Le Pen 17,5
Bayrou 12,5
Mélenchon 9,5
Joly 2
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Villepin 1,5
Dupont-Aignan 1
Lepage 0,5

Hollande 58
Sarkozy 42

___________________________

Harris Interactive
VSD
1er-5 mars 2012
échantillon: 975

Hollande 27
Sarkozy 25
Le Pen 18
Bayrou 13
Mélenchon 9
Joly 3
Villepin 1
Dupont-Aignan 1
Lepage 1
Arthaud 1
Poutou 1

Hollande 56
Sarkozy 44

___________________________

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes
5 mars 2012
échantillon: 888 inscrits sur un total de 1002

Hollande 30
Sarkozy 28
Le Pen 15
Bayrou 13
Mélenchon 10
Joly 2
Villepin 1,5
Dupont-Aignan 0
Lepage 0,5
Arthaud 0
Poutou 0

Hollande 56
Sarkozy 44

1. De nouveau, je repousse la publication de mes élucubrations sur un éventuel gouvernement Hollande, pour publier les livraisons du jour. Celles-ci ne confirment que partiellement les chiffres de BVA et LH2 et seraient plus proches de l’IFOP.

Alors que nous avions constaté une assez bonne convergence des sondeurs en janvier et février (dans mon dernier article sur les « écarts, biais et tropismes des instituts »), voilà qu’ils semblent emprunter des chemins différents… Faut-il y voir le signe que le terrain bouge de nouveau, comme c’est le cas à intervalles réguliers et qu’il faut laisser passer une dizaine de jours avant une stabilisation ? Ou les instituts sont-ils en train de… « prendre position » ? La divergence LH2/BVA d’un côté (avec un Hollande fort et des Sarkozy et Le Pen en berne), IFOP/Harris/IPSOS de l’autre (avec des Le Pen et Mélenchon plutôt résistants et un Hollande aussi flageollant que Sarkozy), ne manque pas de rendre suspicieux. Ne tombons cependant pas dans le travers moderne du conspirationnisme et attendons de voir la suite: peut-être y aura-t-il un nouveau palier avant les quelques évolutions que ne manquera pas d’entraîner l’émoi médiatique au moment du dépôt des candidatures.

CSA joue les « raisonnables » en 2012, par rapport à ses évolutions erratiques et excessives de 2007: Hollande et Sarkozy sont forts, Le Pen est basse, Bayrou revient mais faiblement, Mélenchon atteint les 10 mais sans plus et avec des Arthaud et Poutou à 0.

2. En tous les cas, ces nouvelles enquêtes nous apportent des confirmations:
– un Sarkozy ayant des difficultés à se maintenir durablement au-dessus des 25% et ne parvenant pas à se rapprocher des 45% au second tour,
– un Mélenchon solide mais toujours pas au-dessus des 10%, même si son affichage à 10 chez CSA va créer un « bruit de fond » médiatique favorable à une dynamqiue,
– un Bayrou se tenant bien, même si une nouvelle et réelle impulsion haussière ne paraît pas confirmée,
– un Hollande variable d’ajustement.

De nouveau, c’est sur Hollande et Le Pen que les divergences sont les plus fortes. Elle semble bien se maintenir chez Harris, IFOP et IPSOS, contrairement à CSA, BVA et LH2. Quant à Hollande, il est un peu moins triomphant au 1er tour (même s’il partait de plus haut chez IPSOS), mais sans s’éloigner nettement des 30%, puisque BVA, LH2 et CSA le voient toujours haut même si en baisse.

2. Des divergences sont également visibles sur les reports de voix, pour lesquels je publie ceux du sondage BVA d’hier et ceux d’IPSOS aujourd’hui, respectivement en faveur de Hollande, de Sarkozy et de l’abstention (ou du vote incertain):
– chez les électeurs Mélenchon, 70/5/25, en effritement pour Hollande, et 87/1/12, beaucoup plus robuste,
– chez les électeurs Bayrou, 36/36/28, en détérioration nette pour Hollande, et 50/17/33, beaucoup plus négatif pour Sarkozy,
– chez les électeurs Le Pen, 30/32/38 et 23/33/34, plus habituel et même assez médiocre pour Sarkozy.

BVA avait ajouté l’électorat Joly: 62/0/38, pas excellent pour Hollande (comme pour l’électorat Mélenchon) et l’électorat Villepin: 7/56/37, plus logique mais totalement contradictoire avec la livraison précédente.

Vivement les prochains sondages !

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7 réactions sur “Derniers sondages IPSOS, Harris et CSA: le terrain est instable, sauf au second tour

  1. Tout cela laisse perplexe… En particulier pour le second tour, justement. Les élections à nombreux candidats sont, par nature, beacoup plus sujettes à erreur que celles à 2 candidats (je te renvoie aux articles de Nate Silver lors des « midterms »). Or, les chiffres du second tour, contrairement à ce que suggère le titre de ton article, sont assez discordants, entre ceux qui voient un Hollande triomphant (BVA, LH2, IPSOS) et ceux qui donnent des écarts plus raisonnables (Harris, CSA, IFOP). Cela rend d’autant plus nécessaire une étude des biais des institut au second tour, puisque c’est le second tour qui sera déterminant cette année.

    • Enfin, les plus « pessimistes » pour Hollande ne le donnent jamais à moins de 55 (et même 56 en ce moment) et, si ma mémoire est bonne, depuis la primaire du PS, Hollande n’a jamais été pointé à moins de 55% à une exception près.
      Et dans le sondage quotidien IFOP, depuis qu’il a démarré, une seule fois, Hollande est descendu à 55%…
      Franchement, et cela me fait mal de devoir le répéter quasiment chaque jour (;)), qu’est-ce qui pourrait l’empêcher de gagner ?

      Mais, ne t’inquiète pas, je vais publier prochainement un petit graphique des sondages de second tour (en fait, je les ai déjà réalisés): il y a des biais, mais sans trop de surprise… 🙂
      Ce qui me permet de confirmer mon titre: il y a des écarts, mais aucune instabilité de fond, aucune nouvelle tendance ou même aucune tendance détectée par seulement une partie des instituts. Après, que Sarkozy finisse à 43, 45 ou 47, au bout d’un moment, ce ne sera plus essentiel.

      N’oublions jamais que, s’il n’était pas passé en-dessous de Royal après janvier 2007, Sarkozy était compris essentiellement entre 51 et 54, quelquefois 50 et quelquefois 55 ou 56 (mais très rarement). Ce n’est quand même pas tout à fait la même chose… Et pourtant, il a joliment gagné en 2007 (et gagné de manière volontaire et consciente, non par défaut, comme ce sera le cas de Hollande).

      Mais on peut comprendre l’inquiétude de celui qui, comme toi, voit arriver la victoire mais ne peut y croire, jusqu’au bout, tant cela fait longtemps que la présidentielle est synonyme d’échec à gauche 😀

      • Il y a de ça, certainement : je suis pessimiste par nature, et en particulier quand ûne échéance s’approche. Je me souviens encore comment je me rongeais le frein en octobre 2008 en pensant au « Bradley effect », malgré une avance d’Obama impossible à rattraper…

        Mais il y a plus. Au point où nous en sommes, gagner ne suffit pas. Si Hollande l’emporte avec 51 ou 52%, il aura symboliquement perdu et il commencera son mandat de la pire des façons qui soit. Il serait discrédité avant même de commencer et ne disposerait d’aucun capital politique pour faire accepter les réformes nécessaires (de VRAIES réformes, pas les inanités sarkoziennes). D’autant plus que, ne l’oublions pas, les législatives suivront et la gauche pourrait se retrouver avec une majorité étriquée et un PS à la merci du FG et des Verts (ce que, je pense, tu redoutes autant que moi).

        • Je te rejoins tout à fait sur les législatives.

          Mais l’UMP risque d’être dans un tel état… Et, quoi que l’on en dise, le FN et l’UMP ne sont pas près de conclure des alliances: le boomerang serait trop dur et cela ne se fera pas en un mois.
          Surtout, le FN n’a PAS changé: je dirais même que ceux avec lesquels des négociations auraient été possibles (je ne me place pas sur les idées, attention, juste en termes de politique politicienne) sont partis du FN:
          Le Gallou, Blot, Mégret, Lang, Martinez, etc.

          Donc, tout cela pour dire qu’il y aura de belles triangulaires et de beaux cadeaux pour le PS dans le Sud-Est, l’Oise, la Seine-et-Marne, la Lorraine, la Loire, l’Ain, etc.
          Donc de la marge. En outre, des dissidents du PS commencent à poindre contre des Verts… ce qui est parfait car, localement, il s’agit de baronnets bien mieux implantés que les bobos d’EE-LV.

          Mais si tu tiens à éviter une victoire décevante de François Hollande, n’hésite pas: un vote Sarkozy est la solution 😉

  2. Excusez-moi, je ne vois pas en quoi le terrain est instable comme le dit le dit le titre de l’article.
    Je ne vois pas non plus en quoi ces 3 sondages laissent perplexe Antonio. Peut-être le stress d’avoir vu un Sarkozy combatif hier soir qui laisse augurer d’une reprise de sa cote ?

    D’un point de vue purement technique, je vois dans ces 3 sondages les mêmes tendances qu’on voit depuis des mois, aussi bien au premier q’au second tour.
    A part les toujours mêmes bizarreries concernant le report de Bayrou vers Hollande avec en plus l’IFOP donnant 68/32 pour Hollande.
    Ou alors, certaines données échappent à mon analyse.

    • Instable car Harris nous dit 27-25, mais BVA met Hollande à 33. Le Pen n’est plus qu’à 14-15 chez BVA-LH2 mais a refait une pointe à 19 chez IFOP. Etc.

      Non, je pense que le paysage est en cours de recomposition au 1er tour (oh, je vous l’accorde aisément, ce n’est pas un tremblement de terre radical; seulement un mouvement de plaques un peu plus sensible qu’à l’accoutumée), mais sans bien maîtriser ce qui est en train de se produire.

      Je parie pour une reprise de Bayrou, mais il est à craindre que Mélenchon ne profite aussi de la situation.
      Il est vrai que les médias contrairement aux années précédentes (Bayrou en 2007, Chevènement en 2002, Chirac en 1995, Juquin -mais oui- en 1988, Coluche en 1981) n’ont pas vraiment un de leurs acteurs fétiches: la « Surprise ». Alors, ils vont peut-être tenter le coup avec Mélenchon, qui gueule toujours autant, mais plus contre les journalistes, avez-vous remarqué 🙂 ?

  3. c’est étrange et j’en arrive même à sombrer dans l’absurde au niveau des sondages. Ils sont utiles certes mais cette année nous sombrons presque dans la débilité..un sondage par jour..vous vous rendez compte? un par jour et du coups tout cela n’a plus aucun sens.
    ce jour c’est IPSOS pour tel demandeur, demain c’est harris pour VSD ou autre et jeudi un autre qui va encore faire bouger les lignes.
    il y à une semaine un seul sondage donnait SARKOZY en remontée et toute la presse en parle. Et hop le lendemain retour à la case départ. aujourd’hui c’est stable, demain l’autre remonte, l’autre descend et jeudi l’inverse par un autre institut. Vous voyez un peu ou nous en sommes? dans l »absurdité car bientôt c’est 2, 3 ou quatre par jour, par heure que nous aurons.Du coups il n’y à plus aucune crédibilité.
    bref avant de faire des commentaires, surtout avec des marges aussi faibles les sondeurs devraient être plus modeste dans les commentaires. on ne parle pas de descente ou remontée pour un ou deux points sachant que cela n’a pas de sens. faire le buz pour 1 point c’est un peu prétentieux venant d’un institut ou les marge d erreur sont pourtant assez fréquente. il suffit de faire quelques retours en arrière sur HARRIS pour que se rendre compte du peu de crédibilité de cette institut du moins en france.

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