Quel gouvernement pour un François Hollande président ?

Je l’ai dit, la campagne est quelque peu décevante en termes de suspense (et en termes de perspective pour les malheureux qui soutiennent la droite et le centre-droit…) et les geeks et autres nerds de la politique politicienne, dont je suis, sont un peu sur leur faim… Alors, je réclame votre bienveillance pour cet article de spéculation politique pure, qui sort un peu de notre sujet: il faut bien se distraire ! 😉

François Hollande s’est créé deux contraintes, en se soumettant à l’air du temps: il veut respecter la parité et veut afficher une certaine diversité dans son équipe gouvernementale. « Spontanément », baigné dans l’Elysée mitterrandien, il aurait sûrement opté pour la solution « années 1980 »: d’abord un équilibre politique (au sein du PS et au sein de la gauche), ensuite un équilibre géographique, enfin quelques effets cosmétiques (société civile, femmes, ouverture au centre et à droite).

C’est dur car il faut aussi faire un peu de place aux Verts et au Front de Gauche. C’est délicat pour le FG, car Mélenchon lui-même ne semble pas vouloir (et pourtant, ses « services rendus » à Hollande sont éminents au cours de cette campagne) et, sinon, seuls des communistes peuvent décemment être intégrés. C’est inévitable pour les Verts, alors même que les socialistes -grave erreur stratégique étant donné le caractère incontrôlable et inflexible des Verts (de véritables Khmers, oui, sur le fond comme en négociations boutiquières)- leur ont déjà fait une place nettement surévaluée au Sénat et dans les investitures législatives (heureusement que de braves dissidents socialistes, sous des étiquettes « divers gauche », compenseront un peu cette générosité vraiement déplacée au regard du sérieux limité de ce mouvement.

On peut au moins espérer qu’Hollande ne se croira pas obligé de faire une place à la sempiternelle « société civile ». Evidemment, il faut aussi penser aux différentes tendances du PS, d’autant plus après les amertumes rentrées de la primaire (essentiellement chez les aubrystes, les fabiusiens, les strauss-kahniens de gauche et les delanoïstes ayant raté le coche).

Bref, une seule solution: adopter un gouvernement aux dimensions mitterrandiennes, c’est-à-dire pléthorique, au-delà des 40 membres, avec des secrétaires d’Etat pour le moindre sous-secteur 😛 Autant pour l’affichage de la « rigueur » en réduisant le nombre de portefeuilles (encore une lubie médiatique et populiste peu fondée)…

N’attendons rien du côté des Français, dont les choix sont d’une banalité confondante, basés sur le passé et sur le name-recognition (la notoriété): dans un récent sondage BVA pour L’Express, France Inter et Orange (réalisé les 9 et 10 février sur un échantillon de 1045), Aubry arrivait en tête des Premiers ministres potentiels (50%), loin devant Moscovici (17%), Fabius (11%), Ayrault (10% ce qui est finalement un bon score pour quelqu’un d’assez falot) et Sapin (9% ce qui n’est pas si mal non plus).
Le même sondage, à droite, en cas de victoire de Sarkozy, plaçait Juppé à 42%, Fillon à 32%, Borloo à 13%, Copé à 8% (une impopularité décidément tenace: Hollande 2017 a de beaux jours devant lui…) et Bertrand à 5%.

Voici donc la solution que je propose, en tenant compte des contraintes imposées et en commençant par des positions tout aussi essentielles que les maroquins ministériels:

Président du Sénat: Jean-Pierre Bel
(ça, c’est déjà réglé)
Présidente du groupe PS au Sénat: Catherine Tasca
(elle avait raté le « plateau » face à Bel, elle se consolera et conciliera parité et expérience sénatoriale)
Présidente de l’Assemblée Nationale: Ségolène Royal
(si Hollande gagne le 6 mai, il est probable qu’une vague favorable porte la candidate officielle et que sa législative, qui s’annonce a priori vraiment difficile à La Rochelle, se terminera bien; donc, la solution du « perchoir » est idéale pour l’éloigner tout en la flattant, comme Chirac avait « casé » l’incontrôlable Séguin en son temps)
Présidente du groupe PS à l’Assemblée Nationale: Elisabeth Guigou
(ce poste est presque plus important pour contrôler l’ordre du jour et faire désigner une femme expérimentée et connaisseuse du fonctionnement parlementaire ne peut qu’être favorable face à Royal, pour brider celle-ci…)
Premier secrétaire du PS: Bertrand Delanoë
(il faut bien lui faire une place quelque part, de peur qu’il ne devienne une opposition interne gênante, à force de rater les « trains »; cela permet en outre d’éviter l’émergence de non-hollandais difficiles à gérer au sein du PS: Cambadélis, Hamon, Bartolone; son caractère exécrable se retournera en interne contre ceux-ci et son positionnement central évitera trop de remue-ménage de l’aile Emmanuelli-Hamon-Lienemann-Hammadi; et pour 2017, il sera déjà trop vieux, ou même, d’ici là, aura pu être remplacé par Moscovici ou un autre, afin de préparer le successeur de Hollande…)

Premier ministre: Pierre Moscovici
(bien entendu, ce choix conditionne tous les autres: Bercy et Solférino en particulier; mais il s’agit là de la logique même: un -relativement- fidèle, bon technicien, ayant déjà une expérience ministérielle et capable de mener l’équipe, ayant une expérience de la machine administrative aussi, car le début du mandat doit être vite « utile »; il sera bien temps, ensuite, de prendre un Premier ministre plus « politique », plus à gauche, plus à droite, plus « vert » en fonction des nécessités de l’approche de 2017, des résultats des élections locales ou de la volonté d’user un(e) ennemi(e) politique comme Aubry)
(Aubry créerait une impression d’attelage à deux têtes et la faiblesse de caractère de Hollande serait de nouveau à l’ordre du jour; pourtant, elle semble tenir la corde, mais ce serait vraiment une erreur de la part de Hollande ou bien son premier renoncement, tout simplement; Valérie Trierweiler le tolèrera-t-elle ? déjà qu’il faudra supporter la reprise de poids, déjà naissante et qui explosera à partir de mai… :P)
(Fabius a longtemps été un ennemi juré de Hollande et l’affrontement de 2005 sur le référendum reste très prégnant; mais, évidemment, l’expérience peut séduire, surtout avec un Elyséen novice; mais le même problème d’attelage à deux têtes se poserait)
(Ayrault n’a jamais été ministre: à la fois un Président et un PM jamais ministres, cela serait un peu bizarre… même s’il a l’avantage de n’être pas marqué par un courant du PS particulier – qui se souvient qu’il était poperéniste ? :P)
(Sapin n’a pas le charisme et l’autorité suffisants pour habiter Matignon, ni vis-à-vis des médias, ni à l’égard des ministres)

Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes: Laurent Fabius
(l’avoir en dehors du gouvernement, c’est s’exposer à une forte opposition « interne »; l’avoir au-dedans, c’est le contrôler; au Quai d’Orsay, son « souverainisme » tardif sera bridé et, de toute façon, la politique européenne est faite à l’Elysée et à Bercy; enfin, à l’étranger, il sera à peu près crédible et il faut évidemment à ce gouvernement quelques apports d’expérience…)

Ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice: Martine Aubry
(c’est difficile de la « caser »: elle ne veut plus rester au PS; elle avait évoqué la Culture, mais c’est un peu secondaire; elle serait trop encombrante et « rebelle » à Bercy; Place Vendôme, elle a un portefeuille prestigieux, sans être au coeur de la machine économico-financière; un titre de ministre d’Etat et le tour est joué)

Ministre de l’Economie et des finances: Michel Sapin
(il est prêt, il sera fidèle et il sera un bon exécutant)

Ministre de l’Intérieur, de la sécurité, de l’outre-mer et des collectivités locales: François Rebsamen
(fidèle, bon connaisseur de la chose locale et intéressé par les questions de sécurité, il sera moins flamboyant et propice aux dérapages que Valls; quant à Batho ou Urvoas, ils sont trop « tendres » pour être déjà propulsés si haut)

Ministre de la Défense: Jean-Yves Le Drian
(ami de l’époque des « transcourants » deloristes, même si plus rocardien pour ce qui le concerne, Le Drian s’impose, les autres spécialistes du sujet au PS ayant dépassé la limite d’âge…)

Ministre de l’Industrie, de la production et de l’énergie: Arnaud Montebourg
(il faut absolument l’avoir à l’intérieur du gouvernement pour le ficeler, de peur qu’il soit, sinon, incontrôlable; la Justice, ce serait trop risqué si l’on en juge par son zèle en interne au PS…; l’Industrie paraît un bon compromis, en ajoutant le mot « production » pour faire tendance: il ne pourra pas vraiment mettre en place la démondialisation mais ne pourra pas dire qu’il n’est pas aux premières loges; quant à l’Energie, cela permet de le mettre en opposition directe avec les Verts et de faire « porter le fer » sur ce sujet délicat entre Mélenchon et le PCF par un socialiste « à gauche »; vraiment, que des avantages ;))

Ministre de l’Education nationale et de la recherche: Vincent Peillon
(il a failli rater le « train » de l’alternance et a sagement rallié le camp Hollande à temps; il est médiatiquement habile sur un sujet difficile et apaisera les syndicats enseignants; il pourra utilement contenir Montebourg sur le sujet « à cheval » de la recherche)

Ministre du Plan, de l’aménagement du territoire et de la ville, porte-parole du gouvernement: Manuel Valls
(à part l’Intérieur, où le placer ? Peu évident car il n’est pas un poids lourd de premier ordre tout en étant incontournable; autant, donc, donner cette fonction prospective à un modéré -tout en ressuscitant le Plan, cher à la vieille gauche- et lui confier le sujet de la ville qu’il connaît, même avec un titre de ministre plein, ce qui lui laissera le temps de maîtriser aussi la parole gouvernementale)
(on remarquera la subtile hiérarchie proocolaire Montebour/Peillon/Valls… « par ordre d’apparition » ;D)

Ministre du Travail et de l’emploi: Jean-Marc Ayrault
(à partir du moment où il n’est ni à l’Assemblée, ni à Matignon, ni place Beauvau, il faut bien lui trouver quelque chose: ses talents de négociateur et d’équilibriste au sein du groupe PS conviendraient bien à la négociation avec les syndicats; son image traditionnelle de gauche serait plus rasurante que celle d’un Valls)

Ministre de l’Environnement, du développement durable et de l’équipement: Cécile Duflot
(il faut bien faire une place à EE-LV; Duflot, si elle a prudemment évité une candidature présidentielle quasiment toujours synonyme d’échec, se réserve probablement pour un avenir ministériel; elle manoeuvre très bien, mais ne peut quand même être en position d’exiger mieux et devra se contenter du ministère de NKM, donc sans l’énergie, la pêche ou l’alimentation; avec Duflot et Placé en responsabilités, EE-LV sera calmé pour un moment, le précédent Voynet le prouve bien; Duflot coche également les cases « parité » et « renouvellement »)

Ministre des Affaires sociales et de la solidarité: Marisol Touraine
(même si elle s’est davantage fait remarquer sur les retraites, son champ s’est élargi; il faut de toute façon des femmes et une modérée, bonne technicienne et consciente des contraintes budgétaires sera à sa place)

Ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l’alimentation: Stéphane Le Foll
(parfois sacrifié, ce fidèle devrait avoir une place au gouvernement; ayant une expérience européenne et souhaitant défier le successeur de François Fillon dans une circonscription plutôt rurale de la Sarthe, il serait à sa place; le strauss-kahnisme trop zélé de François Patriat l’a quelque peu disqualifié pour entrer dans le gouvernement)

Ministre de la Culture et de la communication: Aurélie Filippetti
(elle coche également les cases « parité » et « renouvellement »; elle permettra de calmer indirectement les ardeurs fiscales de son compagnon Thomas Piketty -ah, les délices du pouvoir et de l’embourgeoisement… encore qu’il faut se méfier des absolutistes… mais il semble que cette ancienne Verte rigide se soit beaucoup assouplie… son passé vert évite aussi de devoir trop ouvrir à EE-LV; et, enfin, le redécoupage des circonscriptions en Moselle est problématique pour elle)

Ministre de la Jeunesse et des sports: Valérie Fourneyron
(la parité, toujours la parité et elle s’est spécialisée dans le sujet, au point d’éclipser Safia Otokoré, qui aurait pourtant ajouté la dimension « diversité »; mais c’est bien aussi d’avoir des « barons locaux », maires de grandes villes: il y en a tellement à « récompenser »…)

Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat: Christian Paul
(un Nivernais ne peut être soupçonné d’être anti-fonction publique; pourtant, sa bonne connaissance du sujet, sa fermeté et ses idées pourraient lui permettre de faire les économies que même (surtout?) un gouvernement de gauche ne manquera pas de faire sur cet électorat captif, qui se laissera « tondre » sans trop regimber…)

Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement: Bruno Le Roux
(le domaine de la sécurité est déjà bien occupé; en outre, ce fidèle et bon connaisseur des mécaniques parlementaires comme du PS paraît bien outillé pour calmer les ardeurs royalistes ou des aubrystes frustrés depuis les assemblées)

Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes: Catherine Trautmann
(la parité et une technicité indéniable, un choix classique à défaut d’être original)

Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Coopération, du développement et de la francophonie: Christiane Taubira
(le PRG, doit émarger au gouvernement; c’est une femme et c’est la diversité; sa présence à l’outre-mer serait trop convenue; l’envoyer à l’étranger peut être préférable, mais si elle pourrait déraper; mais elle sera tellement heureuse d’avoir un maroquin qu’elle se tiendra probablement très bien… pas de dérive à la Jean-Pierre Cot! Et puis, la francophonie, cela lui va très bien, de fait)

Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget: Jérôme Cahuzac
(il est préférable de ne pas en faire un ministre plein, car il a montré qu’il pouvait déraper; mais sa bonne connaissance de la mécanique parlementaire est indispensable)

Ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée des Collectivités locales: Marylise Lebranchu
(la fidèle d’Aubry doit être « casée »; son entregent de notable sera utile pour faire passer des réformes et des économies qui risquent dêtre encore plus douloureuses que le sarkozysme centralisateur: on ne châtie bien que ce que l’on aime bien et Hollande aime les collectivités socialistes dirigées par des « barons » qui n’oseront pas protester en allant à l’abattoir…)

Ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, chargé de l’Outre-mer: Victorin Lurel
(le DOMien de service, qui a acquis une assise forte et est relativement incontournable pour ce poste)

Ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale, chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche: Alain Rousset
(le président de l’ARF est évidemment ministrable et sa modération, sa modernité et sa technicité le désignent pour le poste; peut-être espère-t-il mieux, mais il faut bien commencer et les postes de ministre plein sont rares)

Ministre délégué auprès du ministre du Travail, chargé de la Formation professionnelle: Benoît Hamon
(même remarque: il a sûrement de grandes ambitions, mais il n’a jamais été qu’un porte-parole; jamais député, jamais élu local d’importance; il doit faire ses preuves et se « blanchir »; en même temps, il doit faire partie du gouvernement, pour qu’il la « ferme » enfin…)

Ministre délégué auprès du ministre de l’Environnement, chargé des Transports: Robert Hue
(il faut bien un peu de communiste ou d’ex-communiste; Hue est un homme sage, il ne peut faire de mal; Roland Ries ou d’autres maires de grandes villes attendront des jours meilleurs)

Ministre délégué auprès du ministre de l’Environnement, chargé du Logement: Thierry Repentin
(c’est le spécialiste maison si je puis dire; inutile de s’embarrasser d’hésitations sur un sujet sensible et qui demande du temps)

Ministre délégué auprès du ministre des Affaires sociales, chargé de la Santé: Jean-Marie Le Guen
(spécialiste, réaliste strauss-kahnien, prêt aux « coupes », il n’est pas non plus mauvais qu’il ne soit pas sur le devant de la scène, pour des raisons d’ego)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargée du Commerce, de l’artisanat, des PME et des professions libérales: Delphine Batho
(le secteur de la sécurité est déjà « pris »; en même temps, on ne peut se priver d’une femme et d’une jeune; son terrain d’élection en périphérie de Niort n’est pas mauvais pour ce portefeuille et puis avoir une « sécuritaire » pour un électorat de droite, c’est plutôt bien joué)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé de la Consommation et de la concurrence: Yannick Jadot
(difficile de se limiter à Duflot pour EE-LV; et le consommateur, dimension essentielle de l’électeur, se sentira bien défendu avec cet ancien « activiste »)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargée du Commerce extérieur: Nicole Bricq
(un portefeuille peu utile mais que personne n’ose jamais supprimer, pour une ancienne chevènementiste et une femme impliquée)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Tourisme: André Chassaigne
(il faut un peu de communistes et celui-ci est populaire et montrera une volonté de voir le tourisme sous l’angle rural et de la « France d’en bas »; et puis, c’est un portefeuille sans pouvoir, bien suffisant pour les « alliés »…)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants: Bernard Cazeneuve
(le porte-parole surprise n’aura pas démérité pendant la campagne et il faut lui trouver un maroquin à consonnance militaire)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie, chargée des Télécommunications et de l’économie numérique: Fleur Pellerin
(il faut faire jeune et branché, comme disait Mitterrand… alors une jeune, femme, de la diversité mais asiatique -ce qui permet de changer un peu- , ce sera très bien dans le décor…)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Environnement, chargé de la Mer: Bernard Poignant
(toujours frustré d’expérience ministérielle, ce rocardien hollandisé sera très bien dans un rôle consistant surtout à rassurer les gens de mer)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales, chargée de la Famille et des personnes handicapées: Sandrine Mazetier
(une strauss-kahnienne de gauche, femme, jeune, parisienne -il y en a peu jusque-là et la capitale ne saurait être oubliée- c’est un profil utile)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales, chargée des Personnes âgées et de la dépendance: Marie-Arlette Carlotti
(les Marseillais sont peu nombreux… il en faut, pourtant: une femme, c’est encore mieux, pour occuper un sujet laissé en friche par Sarkozy et sur lequel il ne faut pas oublier les futurs vieux, qui seront peut-être plus à gauche que ceux d’aujourd’hui…)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales, chargée des Droits des femmes: George Pau-Langevin
(une femme, élue à Paris, issue de la « diversité », marquée à gauche et laïcarde: le bon casting pour un portefeuille purement électoraliste)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales, chargée de l’Economie sociale: Laurence Rossignol
(un grand « truc » de la gauche, ça: cela fait plaisir à un électorat très, très fidèle d’associatifs, de bénévoles, de « gentils », qui drainent beaucoup d’électeurs: c’est vraiment un secteur à cultiver… et une femme, aubryste et très à gauche, c’est parfait…)

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargée de la Jeunesse et de la vie associative: Najat Vallaud-Belkacem
(in-con-tour-na-ble: jeune, « beurette », femme, pas bête, photogénique, maîtrisée, que demander de plus pour un secteur -l’éducation populaire et le monde associatif- hautement gauchisé et à cultiver pour tout le public drainé; en outre, contrebalancer les Dati et Yade, moins subtiles, est un bon objectif; elle pouvait peut-être espérer mieux, mais il faut bien commencer)  

Bien entendu, cela laisse beaucoup de recalés, comme il y avait eu les sarkozystes fidèles déçus: Vallini (mais où le positionner si ce n’est à la justice ? question de patience), Gorce (trop insaisissable), Destot, Bartolone, Lamy, Hazan (mais d’aubrystes, point trop n’en faut), Cambadélis (mais de possibles casseroles et un strauss-kahnisme trop suspect permettent utilement de l’évincer…), Dray (voir, en partie, Cambadélis), Désir (c’est ennuyeux car il ne serait pas non plus à Solférino, mais il a l’habitude de patienter), Arif (encore de la diversité delanoïste, mais ce sera pour une prochaine fois), Collomb (trop dérangeant et encombrant), Huchon (après tout, il a déjà son lieu de pouvoir), Ries (la fois suivante, promis), Garot (jeune, mais il y a déjà suffisamment de royalistes recasés; « passez un tour »), Hidalgo (bon, c’est vrai, une femme, cela ferait monter le quota, mais elle doit se préparer pour la mairie de Paris, un « gros lot » que le PS ne peut laisser échapper et faire glisser Delanoë à Solférino implique de la laisser à Paris), Hammadi (jeune, « minorité visible », mais décidément trop polémique et désagréable), les Marseillais et les Nordistes (bon…passons…). Laurent, Braouezec ou Cochet peuvent également être déçus, mais les communistes, Verts et rouges-verts ne doivent pas empêcher de récompenser les « roses » depuis si longtemps frustrés…

L’équilibre géographique n’est pas parfait, mais le PS est très déséquilibré vers l’Ouest, ce n’est donc pas illogique de retrouver ce phénomène ici. L’ouverture politique aux autres formations est faible, mais les places sont chères et les socialistes attendent depuis 10 ans, voire davantage pour certains (Ayrault, Peillon,… Hollande !). Quant à l' »ouverture » à la Mitterrand 88 ou à la Sarkozy 07, elle n’est pas politiquement utile (Bayrou va atteindre l’âge de la retraite et le MoDem se diluera; l’UMP se déchirera bien toute seule; les ralliements à un autre camp paraissent bien déconsidérés aujourd’hui; la majorité parlementaire sera suffisante avec la gauche).

Au final, je ne suis pas mécontent de cette liste ;). Sur la forme, s’entend !

Si vous voulez vraiment mettre Aubry à Matignon, Mosco peut glisser à Bercy et Sapin place Vendôme. Et si Fabius va à Matignon, Mosco peut aller au Quai d’Orsay. Cela ne bouleverse pas trop la construction d’ensemble…

Je répète qu’il ne s’agit là que d’une pure spéculation, pas du tout d’un souhait… et si j’ai écrit au futur de l’indicatif, c’est uniquement par commodité…

Haut les coeurs, cette spéculation ne sera peut-être qu’une mauvaise… plaisanterie 😉

Après avoir donné satisfaction à Antonio en publiant des graphiques sur le second tour, classé par institut, je me consacrerai à essayer de dessiner les futures tendances et réorganisations de la droite. Ce sera encore plus spéculatif parce que, malheureusement, sous la Ve République, ce genre de grands chambardements arrivent peu souvent et sont en général fort décevants…

Publicités

15 réflexions sur “Quel gouvernement pour un François Hollande président ?

  1. Peut être que le fait d’être à droite et soutenir Sarkozy m’aveugle, certainement même 🙂
    Mais j’éprouve une certaine gêne à voir la plupart des médias et surtout du PS penser que l’élection est pliée.
    Certes Hollande a une avance considérable dans les sondages, surtout au 2eme tour.
    Mais tout le monde s’accorde à dire que l’écart ne sera en réalité pas aussi important au final. Ce qui veut aussi dire qu’un mouvement de quelques % d’un coté et donc de l’autre au second tour peut faire pencher la balance.
    Ensuite il y a des éléments à prendre en compte qui peuvent aussi changer la donne :
    – l’égalité médiatique qui va favoriser l’orateur Melenchon, qui a déjà atteint les 10% et les dépassera certainement, prenant quelques voix à Hollande
    – la faiblesse de Marine LePen qui, deja bien exposée médiatiquement, ne peut pas aller plus haut et faire baisser Sarkozy.
    – La présence ou l’absence de certains candidats n’ayant pas leur signatures (DeVillepin même très faible pourrait se rapprocher de Sarkozy et négocier quelque chose, et relancer une dynamique centriste, à moins qu’il ne joue 2017, mais il aura besoin de l’UMP, l’absence peu probable de LePen faciliterait le travail de sape au centre de Sarkozy) et en tout cas simplifierait le choix politique encore un peu confus.
    – la faiblesse du programme de Hollande, principalement basée sur l’antisarkozysme, avec des aller retours et des imprécisions, qui en fera une cible facile
    – quelque chose dont on entends peu parler mais avec qui me frappe avec l’arrogance grandissante du PS, sur de gagner (cf la discussion entre Hollande et Frederic Mitterrand, pleine de suffisance ou encore ce soir Hollande sur FR2 avec un « Sarkozy ne SERA pas réélu » manquant sérieusement d’humilité), de voir se reproduire comme en 2002 un nombre important de socialistes n’allant pas voter, pour peu que le WE électoral soit ensoleillé. A contrario la position de challenger de Sarkozy pourrait limiter l’abstention.

    Je le répète, mon avis est biaisé mais je reste persuadé que les choses vont bouger et que la situation actuelle ne reflète pas la réalité électorale.
    Une remontée de Melenchon au detriment de Hollande, un regain de forme de Sarkozy et ils seront au même niveau ou peut être même au dessus pour Sarkozy, le remettant en position de force aux yeux d’électeurs potentiels de droite actuellement sur LePen ou Bayrou.
    Ayant tout donné à droite Sarkozy va peut être maintenant attaquer le centre, puis une fois seul face à Hollande pour le second tour, leur combat peut basculer, tout point perdu chez l’un allant automatiquement à l’autre.

    S’ils sont tous les 2 au second tour bien entendu 🙂 (j’ai l’impression que les sondages montrent une stagnation et même une légère baisse pour eux deux)

    Voilà mon humble avis 🙂

    • Dieu vous entende !

      Ce qui m’ennuie, ce sont les très mauvais reports de voix d’un tour à l’autre, que ce soit depuis Bayrou ou depuis Le Pen. Même si Sarkozy parvient à se relancer au 1er tour, cela risque seulement d’être une anticipation du 2nd tour, mais pas un gain net de nouveaux électeurs.

      • Je pense que vous aviez fini par les comprendre de toute façon…
        Ceci étant dit, j’essaie de réaliser des analyses aussi objectives que possible: d’ailleurs, beaucoup de lecteurs ont initialement pensé que j’étais pro-Hollande, ainsi qu’un certain nombre de commentaires l’attestent 😛
        Cela ne m’enchante pas toujours de devoir écrire ce que j’écris, d’ailleurs 🙂

      • oui, moi je pensais qu’il « penchait » à gauche 😛
        Et puis bon tout le monde à des opinions, le tout c’est d’essayer de rester objectif et neutre dans les analyse.

    • Je ne pense pas qu’une progression de Mélenchon au détriment de Hollande aie des conséquences importantes sur le second tour: le report des voix Mélenchoniennes sur Hollande sera d’autant meilleur que Mélenchon aura eu des voix de gens hésitant entre Hollande et Mélenchon.

      Pour que Sarkozy soit ré-élu, il faudrait à mon avis que ni Hollande ni Bayrou ne soient au second tour (et que Sarkozy y soit). Vous voyez Le Pen ou Mélenchon arriver au second tour, vous ?

    • Rien n’est jamais joué, mais il faudrait tout de même une succession d’événements qui paraissent très improbables pour que Sarkozy soit réélu. En tant qu’électeur de gauche, je sais par exemple que 2002 est resté dans les mémoires et j’imagine mal les électeurs de gauche insouciants le jour de l’élection. Le programme de Hollande est certes assez imprécis sur des points importants, mais il semble médiatiquement plus consistant et visible que celui de Sarkozy. Quant à l’antisarkozysme, Hollande prend soin d’en faire le minimum sur les attaques personnelles. Etc, etc.

      En passant, merci pour ce blog que je suis depuis plusieurs semaines, et que trouve passionnant !

      Si je peux me permettre une suggestion d’article, j’aimerais bien avoir votre avis sur la recomposition de la droite après juin, dans l’hypothèse où Sarkozy serait battu et se retirerait de la vie politique. L’UMP continuerait elle dans sa forme actuelle, et qui pourrait la mener efficacement jusqu’à 2017 ? Verrait on une séparation entre un parti plus centriste et un parti plus droitier, ou encore le début d’une grande migration de personnalités vers le Modem ou le FN ?

  2. Pour la place de 1er ministre, je ne vois pas FH prendre Fabius. Faire une campagne sur le changement, promettre le renouveau pour nommer le premier ministre de 1984, ce n’est pas possible…. sans parler des relations entre les 2 hommes. Fabius ira donc aux Affaires étrangères, poste prestigieux pour homme d’expérience (comme pour Juppé).
    Moscovici, je n’y crois pas non plus… pour l’instant il n’a pas émergé pendant la campagne. Il n’a pas été particulièrement brillant dans ces dernières interventions.
    On revient donc sur Aubry qui mène une campagne loyale et qui est très appréciée dans les milieux populaires….

    Enfin, tout cela est amusant… mais l’élection n’est pas faite. Hollande doit rester offensif pour garder son avantage théorique. Son électorat potentiel doit resté mobilisé et ne pas croire que c’est fait en oubliant d’aller voter le 22 avril ou en votant pour un petit candidat pour « se faire plaisir ». L’annonce d’une victoire aisée est vraiment le plus grand danger pour Hollande…

  3. Sapin peut aussi être premier ministre. (On va dire dans un autre gouvernement car en cas de remaniement, ce sera difficile de le redescendre au niveau de ministre des finances).

    N’oublions pas qu’ Hollande a dit qu’il était légitime que le centre participe à une ouverture si Bayrou s’engageait auprès de lui entre les 2 tours.
    Connaissant l’opportunisme de Bayrou, il faudra lui réserver quelque chose.

    Justement, à propos de Bayrou, puisqu’on le dit presque favori contre Hollande au second tour, je serais très curieux de fantasmer sur un gouvernement d’Union Nationale. Alors là, il y en aura, de la société civile ! Qui s’y colle ?

  4. Dis donc, tu n’as jamais pensé à rejoindre l’équipe de Hollande ? 😀 Je plaisante bien sûr mais c’est une liste intéressante que tu nous fais, et honnêtement je ne sais pas si Hollande sera capable de prendre en considération autant de facteurs que toi. Bref, mes compliments pour ce subtil exercice d’équilibre même s’il ne s’agit que d’un jeu. 😉

  5. Il ne faut pas oublier quelque chose : le vainqueur du 6 mai dois remporter les législatives ensuite. Dans cette hypothèse, je ne vois absolument pas Hollande mettre Fabius premier ministre : comme repoussoir on peut difficilement faire mieux. En fonction du résultat de l’ampleur de la victoire, il faudra la stratégie pour les legislatives : soit à « gauche toute » (si Mélanchon a fait un bon score) soit une ouverture au centre…. Dans la première perspective, Aubry reste favorite.

    • Votre remarque est tout à fait juste.
      Mais je pense qu’un Moscovici suffira dans les deux hypothèses car, malgré ses grandes déclarations, Hollande fera comme Sarkozy, quinquennat et calendrier électoral oblige: il sera le chef de la majorité, d’bord présidentielle, puis législative. Il surfera donc sur son succès présidentiel et cela devrait suffire. Avec le nombre de triangulaires imposées par le FN au second tour, le parcours ne sera pas trop dur pour la gauche.

  6. avec les chiffres des derniers sondages et en tenant compte de la dynamique que l’on a plus observer jusqu’ici…il semblerait que l’extrême gauche négocie un présence certaine au gouvernement…vos prévisions risquent de changer…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s