Derniers sondages IFOP, OpinionWay et LH2: la remontée confirmée de Sarkozy, limitée et trop à droite, ne met pas structurellement en danger un Hollande qui s’épuise néanmoins

 

IFOP
Le Journal du Dimanche
16-17 mars 2012
échantillon: 961 inscrits sur un échantillon total de 1011

Sarkozy 27,5
Hollande 27
Le Pen 17,5
Bayrou 13
Mélenchon 11
Joly 2,5
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Dupont-Aignan 0,5
Cheminade 0

Hollande 54
Sarkozy 46

___________________________

OpinionWay – Fiducial
Le Figaro, LCI
14-15 mars 2012
échantillon: 1183 inscrits parmi un échantillon total de 1230

Hollande 27,5
Sarkozy 27,5
Le Pen 16
Bayrou 13
Mélenchon 10
Joly 2
Villepin 1
Dupont-Aignan 1
Lepage 0,5
Arthaud 0,5
Poutou 1

Hollande 55
Sarkozy 45

___________________________

LH2
Yahoo!
16-17 mars 2012
échantillon: 962

Hollande 30,5
Sarkozy 27,5
Le Pen 14,5
Bayrou 12,5
Mélenchon 11
Joly 2,5
Dupont-Aignan 0,5
Arthaud 0
Poutou 1
Cheminade 0

Hollande 55
Sarkozy 45

1. Mes interrogations sur une éventuelle déperdition de Hollande vers Bayrou, en plus des mouvements déjà repérés, trouve aujourd’hui sa réponse: il n’en est rien.

Ainsi, si Sarkozy a manifesté remonté et si Hollande s’est effrité, les plaçant ainsi à peu près à égalité (j’ai déjà relevé le tropisme très pro-Hollande de LH2 – probablement le plus élevé, même au-dessus de BVA), il n’y a pas d’évolution structurelle qui serait défavorable pour Hollande en vue du second tour. L’anti-sarkozysme continue de jouer son rôle de filet de sécurité pour Hollande et de plafond de verre pour Sarkozy.

Résumons-nous ou répétons-nous (les habitués ne m’en tiendront pas rigueur ;), mais la fréquentation de ce blog allant croissant, avec une moyenne quotidienne de connexion à plus de 1100 désormais (sans quasiment aucun débordement dans les commentaires, à l’exception de deux d’entre eux depuis 6 mois – merci !), il n’est pas inutile de marteler les enseignements solides des sondages du moment:

glissement général des électeurs vers le candidat placé à gauche de leur candidat d’origine:
Sarkozy a grignoté Le Pen, même s’il semble désormais entamer une phase de stabilisation,
Bayrou a repris un peu au centre-droit, sur Sarkozy, en raison même de la campagne « au peuple » de ce dernier,
Mélenchon a gagné du terrain sur Joly et Hollande,

polarisation gauche-droite, dans laquelle Bayrou peine à exister (de même que les petits candidats) et qui tire Sarkozy vers la droite et Hollande vers la gauche, même si pas de manière excessive en termes tactiques pour ce dernier; surtout, la menace Bayrou (le seul capable de battre Hollande au second tour) est conjurée (et je reconnais avoir surestimé sa capacité de rebond, à la suite de la droitisation de Sarkozy: certes celui-ci a perdu sur son flanc gauche depuis février, mais il ne lui restait probablement déjà plus grand-chose de ce côté et cela n’a pas permis à Bayrou de rejoindre les 15%); notons également que l’équilibre gauche/droites ou gauche/centre/droite/FN n’est pas fondamentalement modifié, la gauche restant au-dessus des 40% et la droite classique plafonnant à à peine 30%,

persistance d’une domination de Hollande au second tour, en raison de reports de voix toujours médiocres pour Sarkozy depuis les électorats Bayrou et Le Pen (même si en amélioration chez cette dernière).

2. Ainsi, Hollande ne paraît pas encore trop handicapé par le pilonnage médiatique de Sarkozy et par l’épuisement de sa dynamique propre. En effet,

alors que l’égalité des temps de parole s’impose, Sarkozy n’a pas suffisamment progressé, pour espérer que la tendance à la hausse se poursuive seule, sans sa propre intervention: il aurait fallu que Sarkozy s’approchât des 30 et que Hollande cassât les 27 à la baisse -bref que l’écart fût supérieur à la marge d’erreur– pour que la dynamique s’inverse vraiment,

– or, le rôle accru des « second couteaux », de la campagne de terrain et de la presse écrite dans cette phase de la campagne ne favorise pas véritablement Sarkozy, qui est lui-même son meilleur promoteur, qui a su remobiliser les militants de l’UMP mais qui se heurte à une machine socialiste bien organisée sur le terrain et bénéficiant du maillage des élus locaux et qui n’est pas fondamentalement apprécié par la presse écrite, dont celle de province,

la lente progression de Mélenchon se heurte au « vote utile » et à ce que j’ai appelé les « stabilisateurs automatiques »: dès que Hollande est présenté comme menacé, les électeurs de gauche, de toute la gauche, se portent à son secours, tant leur volonté de revanche est forte, à l’égard de 2002 comme de Sarkozy,

la disparition de Villepin et Lepage va probablement profiter à Hollande et Bayrou: Lepage était également sur le créneau anti-sarkozyste et n’a de toute façon guère dépassé les 0,6%; Villepin a recruté essentiellement des personnes opposées à Sarkozy ou extérieurs à la politique; au « mieux » pour Sarkozy, ces électeurs rejoindront l’abstention,

les reports de voix restent très décevants pour Sarkozy: OpinionWay et LH2 nous les fournissent (respectivement vers Hollande/Sarkozy et l’abstention) à hauteur de
81/3/16 et 89/4/7 pour l’électorat Mélenchon, ce qui confirme de nouveau que la progression de Mélenchon ne se fait pas au détriment de Le Pen mais sur l’électorat Hollande sans cependant altérer le rassemblement de gauche au second tour,
43/26/31 et 47/14/39 pour l’électorat Bayrou, ce qui montre que le bonaparto-populo-droitisme du Président sortant rebute toujours l’électorat modéré (même si LH2 exagère probablement un peu le phénomène…),
19/35/46 et 28/44/28 pour l’électorat Le Pen, en légère amélioration pour Sarkozy, mais de manière limitée, car il prend directement sur Le Pen au premier tour et il y a semble-t-il une forte part d’électorat populaire contestataire mais pas (ecnore ?) disposée à rejoindre Sarkozy.

Certes, il y a un tassement de Hollande au second tour, d’un peu moins de 57 à un peu plus de 55 (rendez-vous demain pour mon indicateur agrégé hebdomadaire ;)). Mais la proximité de l’élection rend cette évolution logique et, à part jeudi dans le sondage quotidien IFOP, Hollande n’est pas passé en dessous des 54%. Une partie de l’électorat populaire au sens large est probablement sensible à la campagne sarkozyste, mais c’est insuffisant.

3. Qu’est-ce qui pourrait permettre à Sarkozy de réellement renverser la table ?

– Une représidentialisation de Sarkozy, en dernière minute ou dans l’entre-deux-tours, volontaire ou sous la pression des événements (mais la Grèce est « sauvée »… jusqu’à la prochaine fois, les économies américaine et chinoise repartent et Israël semble moins belliqueux), pourrait marginalement amortir les mauvais reports de voix de l’électorat Bayrou. Je cite toutefois cet élément davantage pour mémoire…

– Une poursuite de la progression de Mélenchon et, notamment, son passage au-dessus de Bayrou, créeraient un effet psychologique et une dynamique médiatique handicapantes pour Hollande. La campagne clivante de Sarkozy pousse la gauche à être plus à gauche et pourrait pousser Hollande à courir après Mélenchon. Mais Hollande sait très bien qu’il lui faut gagner « au centre » et fait le service minimum pour contrer cette tendance; de plus, avant que les électeurs de Bayrou se détournent réellement de Hollande, il faudra du temps, que Sarkozy n’a pas; enfin, ce dernier, en clivant, se droitise lui-même et rend plus difficile ce basculement d’électeurs au centre. Certes, Hollande apparaît tendu et fatigué et, clairement, une certaine inquiétude s’est emparée de son camp; mais c’est un peu « pleurer la bouche pleine »: même Sarkozy en 2007, même Mitterrand en 1988 auraient aimé avoir une moyenne de scond tour aussi haute et aussi durable. En outre, je doute que Mélenchon parvienne au-delà des 12, pour la raison évoquée plus haut.

Une poursuite de la progression de Sarkozy dans l’électorat populaire pourrait lui assurer un résultat comparable à 2007. En effet, Le Pen, qui a bénéficié d’une couverture médiatique correcte et qui n’est plus la « coqueluche » des médias (je l’avais dit, elle a percé bien trop tôt, début 2011; alors que Mélenchon a eu le temps de redescendre de ses 10% de 2010 pour pouvoir remonter et apparaître, avec ce culot détestable masi récompensé dans une société du paraître et de l’éphémère, comme de nouveau… « nouveau »), ne devrait pas être en mesure de remonter alors que la campagne se normalise. Néanmoins, si l’électorat populaire de droite (commerçants, artisans, petits entrepreneurs, petits retraités) peut encore davantage se rallier à Sarkozy, l’électorat populaire sociologiquement « de gauche » (même si abstentionniste ou lepénisé depuis longtemps, voire toujours) semble hors de sa portée. Ce sera peut-être mon erreur majeure, mais je pense qu’il n’est pas possible de gagner « au peuple » en 2012: la « France du non » est de nouveau divisée et Sarkozy est trop perçu comme libéral et comme le « Président des riches  » (à tort ou à raison pour ces deux qualificatifs).

Quoi qu’il en soit, Sarkozy n’a de toute façon plus le choix: il faut qu’il prenne encore 4 à 5 poins à Le Pen: il n’a nulle part ailleurs où aller aisément. Et son objectif est triple: passer clairement au-dessus de Hollande, passer au-dessus de 30%, passer au-dessus de son score de 2007. Ces trois seuils symboliques, s’ils étaient tous franchis, lui assureraient une vraie dynamique et ébranleraient le monde médiatique. Celui-ci se « cabrerait » probablement et déverserait moult articles et interventions sur lui (comme la « folie » de Marianne en 2007), mais cela, Sarkozy pourrait l’exploiter dans l’entre-deux-tours en étant pleinement le candidat du peuple, de la province et de la parole rendue (ses attaques sur la décision que l’on veut « voler » au peuple sont sûrement très habiles tactiquement, ce que ne voient pas les grands analystes de nos médias), contre un Hollande parisianisé, élitisé et boboïsé. Si le premier seuil est atteignable (ou a déjà été atteint), si le deuxième est envisageable (la surévaluation des sondages s’est historiquement portée sur le FN et le PS), le troisième signifierait un Sarkozy à 32 ou plus, ce qui paraît beaucoup à ce stade, tant les mouvements sont somme toute limités depuis le 1er janvier, quoi que puissent nous dire tous les commentaires sur les sondages qui se « contredisent », qui « vont dans tous les sens » et autres fadaises intellectuellement faciles. Au contraire, je trouve les sondages très cohérents dans leurs évolutions, hormis quelques retards à l’allumage (comme celui de TNS-Sofres il y a 7 jours).

L’abstention et la mobilisation devraient normalement favoriser Sarkozy. Le 1er tour a lieu au milieu des vacances scolaires. Sarkozy est essentiellement fort chez les retraités et les plus âgés, traditionnellement nettement plus mobilisés. Les plus jeunes, ceux qui revendiquent, qui parlent fort, qui twittent, qui se drappent dans les grands principes et dans les grands combats, mais qui ont la… flemme d’aller glisser un bout de papier un dimanche, soutiennent d’abord Hollande et Le Pen, qui seront donc les premières victimes de cette démobilisation (« oh ben, y fait beau », « oh ben, on peut attendre le second tour », « oh ben il est déjà 16h et j’ai toujours la gueule de bois » :P).

De même, la victoire annoncée du culbuto corrézien, même un peu moins nette, produira forcément une petite déperdition de voix, surtout si les enfants ont vomi dans la voiture ou que le bouchon au péage de Saint-Arnoult est plus dense que prévu. Contrairement au réflexe fébrile de Hollande, le risque d’un nouveau 21 avril est nul.

Bien entendu, il existera des mouvements inverses (les salariés du public se mobiliseront sûrement fortement et Hollande en profitera, même si Mélenchon peut le gêner). Mais il n’est pas exclu que Le Pen perde 1 à 2 points et Hollande itou, assurant à un Sarkozy proche des 30% de franchir ce seuil.

4. Le paysage n’a donc pas structurellement changé, ce qui était ma première analyse de cette semaine, même si le sondage quotidien IFOP, dans ses livraisons de mercredi et jeudi semblait apporter du nouveau. Le suspense revenu est donc de bien faible ampleur… Dommage (de tous les points de vue ;)).

Notre indicateur agrégé de demain sera intéressant pour remettre chacun à sa juste valeur. Car si nous connaissons les tendances, nous devons désormais clarifier les niveaux.

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22 réflexions sur “Derniers sondages IFOP, OpinionWay et LH2: la remontée confirmée de Sarkozy, limitée et trop à droite, ne met pas structurellement en danger un Hollande qui s’épuise néanmoins

  1. Encore une excelente analyse 🙂
    Cependant je pense qu’il faut aller au delà des chiffres et qu’en réel il ne s’ait pas de mathématiques et mécaniques reports de voix.
    Je persiste à dire que Melenchon va faire un gros score :
    – Sarkozy et Hollande qui ne font pas rêver
    – il parle des « vrais » problèmes (logement, salaire, …)
    – l’égalité médiatique que sa gouaille va exploiter au maximum
    – Hollande qui semble avoir tiré toutes ses cartouches et que les attaques de l’UMP/Sarkozy ont un peu ébranlé.

    Il peut piquer des voix à Hollande, mais aussi à l’électorat ouvrier de Lepen, Marine ne me paraissant pas assez solide.

    La victoire de Hollande ne tient qu’à une chose : l’antisarkosisme, ce qui pourra évoluer entre les 2 tours.

    • Comme le dirait un excellent expert franco-canadien de la politique française (voyez ses blogs « Elections France » et « World Elections » dans mon blogroll), les transferts FN-FG sont très largement surévalués.
      Je pense qu’il exagère en les voyant quasi-nuls, mais je suis d’accord pour considérer que ce phénomène s’est largement dégonflé depuis les années 1980 et qu’il est désormais marginal. Mélenchon garde bien sûr les familles de tradition communiste (mais pas au-delà) et y a ajouté tous les employés et fonctionnaires (non pas des ouvriers) qui sont partis pendant un temps sur Besancenot, Laguiller ou les Verts. Mélenchon est le candidat des instits, des aides comptables, des magasiniers, des employés de La Poste et des call-centers…
      (Et puis il y a quelques bobos qui « s’encanaillent »… :P)

      Il y a effectivement beaucoup d’ouvriers qui votent Le Pen, mais ce sont des ouvriers qui étaient apolitiques ou « solidaristes » ou « productivistes » à la mode bismarckienne: voyez les bons résultats du FN en Moselle. Si vous connaissez la politique locale, c’est l’électorat populaire que Jean Kiffer a capté longuement à Amnéville par exemple.
      L’électorat sociologiquement « de gauche » (mais ne votant pas PCF) que le FN pouvait récupérer, il l’a déjà récupéré dans les années 1980 et jusqu’au milieu des années 1990 (tout en reperdant des électeurs sociologiquement ET politiquement « de gauche » qui étaient en effet venus sur lui au tout début, par exemple en banlieue parisienne).
      Depuis, il est boutiquier, plus France moyenne, davantage France rurale, petits employés déclassés, ouvriers agricoles, chômeurs de longue durée. Des apolitiques ou des paumés de la politique ou, bien entendu, la droite dure pasquaïenne que seul Sarkozy a su récupérer en 2007.

      Je pense plutôt que la petite frange populaire qui hésite, elle est entre Le Pen et Hollande, plutôt qu’entre Le Pen et Mélenchon.
      Une petite frange qui déteste « les riches » et qui hésite entre le « réalisme » ou supposé tel du vote Hollande (voter à gauche pour celui qui peut gagner, en espérant quelques miettes d’aides sociales) et le « coup de gueule » défouloir du vote Le Pen.

  2. Effectivement encore une excellente analyse même si je la trouve un peu trop déterministe : « tout semble déjà écrit ».

    Il n’y a à mon avis aujourd’hui que 2 excellents tribuns, qui attirent fortement les médias, très bons « acteurs » (JL Mélenchon à chaque interview, N. Sarkozy au Petit Journal…), capables de mobiliser des foules énormes et dont les chiffres augmentent après chaque meeting (chez eux la dynamique est vraiment en cours) : N. Sarkozy surtout depuis Villepinte, et JL. Mélenchon qui va certainement encore accélérer après sa « prise de la Bastille » d’aujourd’hui. M. Le Pen n’est qu’une pâle imitation de son père et n’a pas sa capacité à mobiliser les foules (ses premiers sondages à 18% étaient l’héritage de son père, et la baisse permanente depuis 3 mois est le résultat de son travail).

    Donc les questions importantes sont :
    – N. Sarkozy peut-il passer durablement en tête du premier tour ? A priori c’est en cours mais vous semblez penser que cela restera une avance faible. Je n’en suis pas aussi sûr. Le glissement vers la gauche que vous remarquez : de M. Le Pen vers N. Sarkozy, et de F. Hollande vers JL. Mélenchon, devrait continuer et donc creuser l’écart, non ?
    – JL Mélenchon peut-il passer devant Bayrou (je pense que oui car l’écart devient vraiment faible et la dynamique est à son avantage), puis entraîné par sa vitesse passer devant M. Le Pen (là ça risque d’être bien plus dur…)???

    En tout cas vivement la suite 😉
    JCM

    • Je pense avoir répondu sur Mélenchon: je parie sur des « stabilisateurs automatiques » (cela rappelle peut-être les cours d’économie à certains lecteurs ;)). Il devrait plafonner à 12. Son meeting de la Bastille sera son « climax ». Et il ne fera qu’égaler Bayrou.

      Pour Sarkozy, il va être plus difficile de poursuivre le dépeçage du FN. Il semble déjà plafonner dans le sondage IFOP quotidien. Et puis, il reste 35 jours…. c’est franchement peu 😛
      Mais je dis aussi que le jour du vote, il sera au-dessus de son derneir niveau dans les sondages, comme en 2007.

  3. Trois sondages réalistes et d’une surprenante cohérence : bien, nous sommes désormais fixés sur l’ampleur réelle du réajustement de cette semaine. Au premier tour, Hollande a perdu environ 2 points, probablement raflés par Mélenchon qui s’est désormais fixés au-dessus de 10%. Sarkozy a repris 2 points lui aussi, dont probablement 1 sur Le Pen (quoiqu’elle reste forte chez IFOP) et 1 d’un peu partout. Sur le premier tour, tu sembles avoir raison : retour au bercail sarkozyste des électeurs Le Pen, attraction de Mélenchon envers l’électorat Hollande. Bref, le centre est intact.

    Pour le second tour, c’est d’une limpidité exceptionnelle : tous les sondages de cette semaine, excepté l' »outlier » de SOFRES et l’IFOP quotidien sont à 54 ou 55. Je crois que c’est la première fois que l’écart est aussi faible, et c’est certainement un signe de fiabilité. Mais quoiqu’il en soit, le gain de Sarkozy est non seulement réel, mais assez impressionnant : 2 points en une semaine ! Bref, tout n’est pas conjoncturel ici. Evidemment j’ai tendance à te croire lorsque tu dis que cette dynamique ne pourra pas durer du fait de la campagne officielle, mais c’est quand-même un changement majeur et que, pour ma part, je ne m’explique toujours pas. Est-il possible que Villepinte ait produit un effet que ni la déclaration de candidature, ni l' »opération halal », ni les multiples annonces des semaines précédentes n’avaient réussi à susciter ?

    Sur ce sujet, j’aimerais vraiment avoir ton décryptage. 🙂

    • C’est une « infusion ». Ne crois pas que les évolutions se fassent en 48h.
      Regarde Le Bourget: il a fallu 8 à 10 jours.
      Pour Sarkozy, c’est donc simplement la « série » qui porte ses fruits, pas seulement Villepinte.
      Et il tape juste en se plaçant un peu comme l’underdog: c’est vieux mais ça marche toujorus aussi bien, sous toutes les latitudes !

      La convergence est en effet impressionnante et j’actualsierai bientôt les graphiques par sondeur.
      Comme je l’avais remarqué dès le début de cette analyse par sondeur, le « delta » est seulement sur Le Pen et, en résultante, sur Hollande au premier tour.
      Sinon, Sarkozy, Mélenchon et Bayrou montrent une cohérence quasi-parfaite des sondeurs.
      Et au second tour, c’est d’une clarté limpide.
      Vivement BVA, Harris et surtout IPSOS !

      • En effet, je me demande vraiment ce que faisaient IPSOS, Harris et BVA durant cette « folle semaine ». S’étaient-ils endormis ? Les résultats de ces dernières enquêtes semblent cohérents, mais c’est toujour mieux d’avoir tous les sons de cloche à disposition.

        Bien sûr l’évolution ne s’est pas faite en un jour, mais tout de même : l’annonce de candidature de Sarko, c’était près de 3 semaines avant. Elle avait même produit son effet propre, même s’il a été faible et de courte durée. C’est donc difficile d’attribuer le rebond de la semaine dernière à cela… Je n’y peux rien, je n’arrive pas à m’expliquer un mouvement si soudain. Et rien ne m’énerve plus que l’incapacité à expliquer.

  4. Trop partisan contre Mélenchon depuis quelques articles.
    Ce n’est pas juste d’en faire le reflet de la société du paraître et de l’éphémère.
    Je le crois au contraire le plus sincère des candidats. Et il a conscience de la non-application de son programme puisqu’il ne veut pas le pouvoir.

    C’est un homme de culture qui a une très grande connaissance de l’histoire de France, et il avoue son admiration à certains rois ainsi qu’à des révolutionnaires.
    Les français sont attachés à l’histoire et ils sont sensibles à cette sacralisation de la Nation.

    N’oublions pas que c’est Sarkozy qui fait le lit de Mélenchon, en particulier sur sa volonté d’abolir les corps intermédiaires dont Montesquieu était le premier défenseur. On voit ainsi Mélenchon prendre la défense d’un contre-révolutionnaire !

    Indépendamment des convictions de droite ou de gauche, Sarkozy est incapable de nous rassembler autour des valeurs qui nous ont construits depuis des siècles. Il n’en comprend tout simplement pas l’intérêt et pense que sa seule fonction est d’agir.
    De Gaulle, Mitterand ou Chirac ont su faire ce lien avec nos anciens.
    L’identité nationale est là et non pas le débat à but électoraliste qui a été offert à l’UMP de Copé et qui visait à stigmatiser l’islam.

    Pour en revenir à Mélenchon, je trouve qu’il élève le débat.
    J’ajoute que je ne voterai clairement pas pour lui.

    Une interrogation pour terminer : il était expliqué que Sarkozy commencerait sa campagne à droite toute pour ensuite aller chercher le centre.
    Est-ce encore possible ou a-t-il atteint un point de non-retour vis-à-vis du centre eu égard à son agressivité et sa brutalité des derniers jours ?

    • Sarkozy ne peut probablement plus convaincre les centristes. Ils voteront pour lui si Hollande se déporte trop à gauche, mais cela ne regarde plus Sarkozy. Il faut simplement qu’il gagne encore tout ce qu’il peut sur Le Pen et sortir de la « stérilisation » d’un énorme paquet de voix, due à la fois à son incapacité à réaliser ses promesses sur l’insécurité et sur l’emploi et à l’habituelle manoeuvre de la gauche de diabolisation (NKM vient encore de tomber dans le panneau).

      Pour ce qui est de mes jugements sur Mélenchon, qui effectivement « débordent », c’est que je n’en peux plus de cette intolérance absolue à l’égard des catholiques, des mères au foyer et de cette police de la pensée qui est en marche… 😉 Je reconnais cependant qu’il fait cela très brillamment…
      Que voulez-vous, c’est mon blog, alors, parfois, je me fais un peu plaisir et je me défoule… 😀

      • C’est clair qu’il est très donneur de leçons (comme toute la gauche radicale d’ailleurs).
        Son dernier credo en matière d’égalité est la parité. C’est vrai que c’est pénible.

      • La parité, pénible ??? Et ben…
        Quant à son intolérance envers le catholicisme (en fait la limitation à la sphère privée), elle est envers toute religion, ce qui est le fondement même de la laïcité. Contre les mères au foyer ??? Alors là, ça me la (et les) coupe. Pareil pour la police de la pensée. S’il y a un candidat qui est libertaire et anti-censure, c’est bien lui. Je lui reprocherais un esprit policier sur des sujets tels que la prostitution ou un sens de la dérision dont l’absence est assez inquiétante (voir ses relations tumultueuses avec le Petit Journal).

  5. Je voulais juste laisser des remerciements collectifs pour la qualité globale des commentaires, qui m’obligent à tester mes propres « analyses » (si ce mot n’est pas trop orgueilleux…) et à remettre en cause mes raisonnements, même si c’est pour simplement les nuancer ou les confirmer.
    C’est constructif et intéressant !

    • « Lisez TOUS mes articles et vous verrez que je ne cache rien des tropismes de droite d’OpinionWay et de l’IFOP. Il y a un ou deux mois, beaucoup me croyaient de gauche 🙂 Voyez… »

      Au temps pour moi, je découvre ce blog

      « Juste au moment où je remerciais pour la bonne qualité des commentaires 😉 . »

      Nobody’s perfect, essaierai de mieux faire la prochaine fois.

  6. Bonjour, bravo pour ce travail ! J’ai fait à peu près la même chose de mon côté en rajoutant un comparatif avec les Présidentielles précédentes. Si on compare avec 2007, le résultat final était grosso modo celui de la moyenne des sondages de février… ce qui serait une bonne nouvelle pour Hollande qui était à plus de 30 en février contre 26 à Sarkosy (score inversé à 2007 quasiment).
    Quand on regarde toutes les courbes depuis 81, il n’y a quasiment jamais de surprise et de renversement de tendance dans les dernières semaines. L’exception est 95 avec un triple croisement de courbes entre Jospin/Chirac/Balladur entre février et mars. Dans ces conditions je ne vois pas comment Sarkosy pourrait passer les 30 % le 22 avril, ce qu’aucun sortant n’a jamais réussit (Mitterand ne pouvant être considéré comme vraiment sortant en 88).

  7. Je suis assez circonspect sur la valeur historique des sondages des précédentes élections.
    Hormis les mandats atypiques de de Gaulle et de Pompidou, il n’y a eu que 6 élections présidentielles lors de la 5ème République et c’est trop peu à mon sens pour pouvoir en tirer des conclusions sondagières.

    Parmi nombre de généralités, on pourrait dire que tous les présidents sortants ont été réélus (sauf Giscard).
    Chaque élection porte sa surprise et on en déduit après coup que c’était une exception, ce qui nous conduira à chercher (et à trouver impérativement) la cause de cette exception. Franchement, je ne crois pas que Giscard a été battu à cause de quelques diamants !

    Il est délicat de juxtaposer un travail scientifique de données sondagières et une élection très portée sur l’affectif.

  8. La différence entre ce blog et ceux, similaires, qui existaient aux USA ou en Europe pendant la campagne américaine, est que le ton est si partial qu’il en gène considérablement le plaisir spéculatif que l’on peut y prendre. Aujourd’hui le « culot détestable » de Mélenchon (comme s’il y était pour quelque chose qu’on le fasse passer pour « nouveau ») ou le « culbuto corrézien » pour Hollande. Pourtant, il y a aussi un certain plaisir dans la (feinte) neutralité. Dommage qu’il ne soit pas recherché par l’auteur de ce blog.

    • Bonsoir à tous,

      tout à fait d’accord avec « bibs », les mots ne sont pas neutres, dans le titre de cette contribution « un Hollande qui s’épuise…. », plus loin « si Hollande s’est effrité »,….
      Par ailleurs, Il est évoqué/dénoncé « (….le tropisme très pro-Hollande de LH2 – probablement le plus élevé, même au-dessus de BVA) par contre il n’est nulle part mentionné que Me Parisot est derrière l’IFOP, pas plus que M. Buisson (conseiller en com du président) derrière « Opinion way ». Or l’auteur s’appuie actuellement sur ces sondages dont les méthodes font polémique. Curieux

      Cordialement

      • Lisez TOUS mes articles et vous verrez que je ne cache rien des tropismes de droite d’OpinionWay et de l’IFOP. Il y a un ou deux mois, beaucoup me croyaient de gauche 🙂 Voyez…

        Juste au moment où je remerciais pour la bonne qualité des commentaires ;).

    • Bonsoir à tous,

      tout à fait d’accord avec bibs, les mots utilisés ne sont pas neutres: « Hollande qui s’épuise néanmoins », « Hollande s’est effrité »,…. »Hollande boboïsé » etc…
      Par ailleurs vous relevez/dénoncez? « le tropisme très pro-Hollande de LH2 – probablement le plus élevé, même au-dessus de BVA » sans pour autant préciser que l’Ifop appartient à Me Parisot patronne du MEDEF et Opinion-Way à M. Buisson conseiller en communication du Président. J’ajoute que vous vous appuyez sur les enquêtes de ces instituts dont les méthodes font polémique actuellement. Curieux et dommage.

      Cordialement

    • Ce blog n’a nulle prétention à être neutre, encore moins à détenir la vérité ou à dire la « bonne parole », comme la plupart des internautes veulent le faire, dans leur petit délire à la Messier 😉

      Dans ce que j’écris, vous voyez bien qu’il y a l’analyse et qu’il y a des qualificatifs où je me fais plaisir: une lecture intelligente et discernante peut tout à fait faire la distinction. Pas vrai, Antonio ? 😀

      Si j’étais uniquement partial, je ne m’évertuerais pas, depuis des mois à répéter que Sarkozy va perdre… 😛
      Ou même -pire encore…- à critiquer, en son temps, le positionnement tactique et les « sorties » de Christine Boutin !

      • “Lisez TOUS mes articles et vous verrez que je ne cache rien des tropismes de droite d’OpinionWay et de l’IFOP. Il y a un ou deux mois, beaucoup me croyaient de gauche 🙂 Voyez…”

        Au temps pour moi, je découvre ce blog

        “Juste au moment où je remerciais pour la bonne qualité des commentaires 😉 .”

        Nobody’s perfect, essaierai de mieux faire la prochaine fois.

        Il s’agit d’un simple ressenti, ne vous méprenez pas, je continue de vous lire avec intérêt.

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