Indicateur du 19 mars 2012: comment la primaire du PS peut éclairer (ou non) la prochaine élection !

1. L’indicateur de cette semaine enregistre les tendances des derniers jours, de manière d’autant plus nette que la pondération des sondages dans le temps s’accélère un peu aujourd’hui: désormais, seuls les sondages des 3 dernières semaines sont pris en compte (voir la page « mode de calcul ») et leur « valeur » décroît plus vite dans le temps.

Une fois de plus, je me félicite 😉 de ce calendrier, car nous entrons dans la phase de campagne officielle et nous sommes à à peine plus d’un mois de l’élection, ce qui implique effectivement d’être plus « réactif ». Toutefois, grâce à une recrudescence de sondages, nous sommes toujours avec un panel total d’environ 12 000 personnes, ce qui est significatif, et nous conservons toujours au moins un sondage de chaque institut, puisque les moins « chanceux » (commercialement…) d’entre eux ont quand même réussi à dépasser le niveau d’une enquête par mois… Mais certains instituts (ou plutôt leurs commanditaires) ont un peu renforcé la voilure et LH2 ou IPSOS, par exemple, sont à un sondage par quinzaine (c’est plus erratique pour OpinionWay). TNS-Sofres, BVA et surtout Harris semblent un peu inactifs encore, mais cela devrait changer.

Les tendances ne sont donc pas surprenantes, au premier tour:
– montée de Mélenchon,
– effritement accru de Hollande
– faux-plat de Bayrou,
– reprise modérée de Sarkozy,
– érosion de Le Pen,
– quasi-disparition des petits candidats,

comme au second tour:
– tassement de Hollande,
– retard toujours important de Sarkozy.

Les transferts Le Pen->Sarkozy, Hollande/Joly->Mélenchon, Villepin/Lepage->Bayrou sont confirmés.

Par rapport à ma série d’articles de la semaine passée, rien de bien neuf donc.

2. Reste à savoir où s’arrêtera la décrue de Hollande. Un ressort s’est clairement brisé, mais son sens tactique est sûrement intact et la volonté de revanche à gauche, l’anti-sarkozysme et la… longue attente des hiérarques socialistes et de gauche en général joueront pour remobiliser son électorat, au moins en partie, ce qui stabilisera Mélenchon et n’entraînera pas, finalement, de glissement vers Bayrou.

Il doit toutefois prendre garde à la tactique de l’underdog adoptée par Sarkozy: se positionner comme le challenger contre l’ordre établi fonctionne toujours aussi bien. Souvenons-nous de la « rupture » du ministre de l’Intérieur de Chirac (un candidat du nom de Sarkozy) en 2007. Souvenons-nous des pommes du président du RPR en 1995 contre son ex-conseiller spécial.

Souvenons-nous surtout de la campagne de la première secrétaire du PS Aubry, lors de la primaire du PS de 2011, contre le « favori », l' »homme installé », bref le « candidat du système« . « Ne vous laissez pas voler la victoire par les sondages et les médias »: tous les candidats aux primaires américaines ont, à un moment ou à un autre, prononcé une phrase équivalente.

Les enseignements de la primaire du PS peuvent en effet être éclairants, jusqu’à un certain point.

Cette primaire, qui voyait Hollande dominer assez fermement à compter de la fin août (La Rochelle), lui avait quand même apporté quelques sueurs froides quand, à l’approche du premier tour et surtout dans l’entre-deux-tours, Holande avait été poussé « dans les cordes » et, à force de rester vague et pâle, se retrouvait à répéter, à tourner à vide et en rond, à ne pouvoir répliquer et à être réellement menacé.

Sarkozy dans le rôle d’Aubry ?
Se présenter, alors que l’on est en fonction, comme le candidat anti-système ne manque pas d’audace et peut rapporter gros, on vient de le voir pour Martine Aubry et cela se dessine quelque peu pour Nicolas Sarkozy. Aubry avait su utiliser l’appareil et le programme officiel du PS pour coincer Hollande, comme Sarkozy sait et saura utiliser la crise et l’Europe ou reprendre la casquette présidentielle en cas de coup dur (fait divers médiatisé comme aujourd’hui, guerre Israël-Iran, nouvelle crise financière dans le sud de l’Europe, catastrophe naturelle, etc.). Elle avait harcelé et mordillé les mollets de Hollande en permanence dans les débats (jusqu’à l’agacement du téléspectateur, mais avec une certaine réussite médiatique), ce qui Sarkozy fait à longueur de terrain et de meetings.

Mélenchon dans le rôle de Montebourg ?
Lors de la primaire du PS, l' »insurrection montebourgeoise » avait finalement abouti à un ralliement prudent mais clair de Montebourg à Hollande, dans les formes et de manière… « bourgeoise ». Montebourg avait frisé le ridicule en tentant de faire monter les enchères et en surjouant sa situation; Mélenchon sera peut-être davantage dans la tactique et la combinazzione et moins dans le panache.

Mais Mélenchon se montebourgeoisera-t-il, au sens électoral du terme ? Je le pense, quoi que beaucoup disent ou écrivent en ce moment. Il n’a jamais créé l’irréparable avec Hollande et il a toujours ménagé l’avenir. N’oublions pas non plus qu’il a été ministre, sénateur, apparatchik, « poisson-pilote » de l’Elysée en matière d’anti-racisme, d’action lycéenne, d’agitation laïcarde et enseignante: Mélenchon n’est pas Laguiller. Je ne pense donc pas qu’il y ait là un vrai danger pour Hollande.

Bayrou dans le rôle de Valls ?
Hollande avait fini par concéder quelques mesures dépensières et plus à gauche (qu’il traîne d’ailleurs encore aujourd’hui) pour amadouer les électeurs de Montebourg. Mais cela ne l’avait pas empêché de rallier Valls et ses électeurs. Dans le cas de Bayrou, il s’agit plutôt de ses électeurs que de lui-même, bien entendu, car lui ne peut plus se rallier à personne sauf à décréter publiquement la fin de sa carrière politique (et Hollande n’a pas besoin de l’homme Bayrou pour gagner; il serait surtout un poids supplémentaire dans un gouvernement ô combien difficile à équilibrer et à constituer).

Joly dans le rôle de Royal ?
Avec un score très décevant, elle avait été contrainte de se rallier sans exigences à Hollande, mais l’avait fait vite pour en retirer un certain profit. Nul doute que Duflot poussera en ce sens, afin de préserver l’accord EELV-PS, par lequel ils devraient avoir une place indue à l’Assemblée. Il n’est que de voir les sévères attaques actuelles du duo Duflot-Placé contre Mélenchon pour comprendre leurs craintes et leurs orientations…

Le Pen dans le rôle de Guérini ?
Oui, je n’ai pas trouvé mieux… 😀 Mais c’est bien l’acteur extérieur au duel que François Hollande agitera en sous-main pour faire perdre son adversaire… Le parallèle n’est pas si décoiffant 😉 D’ailleurs, si Sarkozy a exploité la polémique du halal, la condamnation de ses déclarations ne manque pas de sel, lorsque l’on se souvient que c’est le maire PS de Roubaix qui, en 2010, voulait porter plainte contre Quick qui ne proposait plus, chez lui, que du halal, déclenchant la première grande polémique du genre… Comme quoi, la vieille technique mitterrandienne de la diabolisation des thèmes et des électeurs du FN pour handicaper fatalement la droite (victoire étriquée en 1986, victoire ample au centre en 1988, victoire par triangulaires en 1997, division de la droite et du centre-droit après les régionales de 1998,…) continue d’être bien utile !

3. Mais le précédent (ou le parallèle s’arrête là). Le second tour de 2012 sera davantage droite/gauche, même si Sarkozy fera tout pour en faire un second tour « peuple »/ »système ». C’est une élection nationale, avec de multiples composantes dans l’opinion.

A moins qu’il ne se poursuive en fait jusqu’au bout: lors du second tour de la primaire du PS, le vote utile et la volonté de battre Sarkozy ont constitué des socles solides pour le candidat Hollande.

La véritable clef, le véritable élément d’incertitude, pourrait finalement être la participation. Elle avait été supérieure au second tour de la primaire et avait quasi-exclusivement profité à Hollande. C’était la manifestation la plus nette du vote utile.

En 2012, pour l’élection présidentielle, la participation pourrait être décevante pour Hollande au premier tour et au moins aussi favorable à Sarkozy qu’à Hollande au second tour, avec l’effacement de l’efficacité du « sortez le sortant » et avec une certaine jospinisation rampante de Hollande (sur laquelle Mélenchon tente habilement de capitaliser). Le dernier espoir de suspense réside probablement là.

A court terme, j’ai bien peur que le fait divers dramatique de ces derniers jours n’aseptise tout et ne « gèle » encore davantage les rapports de force… Soupir…

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10 réflexions sur “Indicateur du 19 mars 2012: comment la primaire du PS peut éclairer (ou non) la prochaine élection !

  1. « fait divers »… que l’expression est impropre pour parler d’un véritable massacre…

    Malgré la suspension de la campagne, cet évènement aura une influence dans la mesure où elle révèle les candidats dans leur réaction/gestion aux évènements dramatiques. Ca joue, ne fut ce qu’inconsciemment.

    Sans compter que si le tueur n’est pas arrêté rapidement, une psychose va s’emparer du pays, au moins du sud de la France.

    Pour le reste, l’inconnue réside encore dans la composition du corps électoral. Traditionnellement, la participation tend à augmenter à mesure qu’on se rapproche du scrutin et donc la composition du corps électorale s’en trouve modifiée: elle devient plus « populaire ».

    Donc un Hollande risque encore bien de baisser mécaniquement si ca se vérifie. Melanchon et Le Pen devrait en principe en profiter mais le premier risque de se dégonfler comme une baudruche et la seconde mène de façon très surprenante une très mauvaise campagne (exception faite de l’épisode hallal qui montre bien que l’islam reste son meilleur créneau, et non l’interdiction des films pornos…). Il faut reconnaitre que Sarkozy reste le meilleur « campaign man » que je n’ai jamais vu, capable de revenir de l’enfer où les médias l’avaient cantonné.

    Le voilà maintenant au coude à coude avec Hollande au premier tour, n’étant plus si loin de son score de 2007 (31 %). De même, l’écart au second tour s’est réduit à 10 points, contre 20 avant le début de la campagne. Bien sur, ce resserrement est du aussi à la mollesse de Hollande. Indolore, incolore,… bref inexistant. Ses audiences sont bien pires que celles de Sarkozy ou même Le Pen et il ne joue que sur le fait qu’il est l’anti-sarkozyste, comme Royal en 2007 ou encore Kerry en 2004 et on sait ce qu’il en est advenu…

    L’équation au second tour pour Sarkozy est finalement la même qu’en 2007 : un gros score au premier tour, une grosse réserve chez Le Pen et chez bayrou. Petit à petit, on semble s’y diriger. J’imagine par exemple mal hollande obtenir 25 % du vote le pen…

    wait and see !

    • Je me doutais que, quoi que j’écrirais sur les meurtres de Toulouse et de Montauban, cela susciterait quelque commentaire.
      C’est un « fait divers » dans la mesure où il s’agit de l’acte d’un malade, comme à Oslo l’an dernier, nullement d’un climat général de violence ou d’une vague d’attentat, ou d’un acte organisé (comme les récentes attaques anti-israéliennes sur les marges de l' »arc des crises » géopolitiques), probablement fomentées par l’Iran en réaction aux assassinats de scinetifiques nucléaires ou en prévention d’une frappe aérienne israélienne.

      Que l’on se rappelle des actes antisémites de la rue des Rosiers et de Copernic, à intervalles rapprochés il y a environ 30 ans: là, c’était autre chose.
      Ici, c’est probablement un ancien « contractuel » de courte durée de l’armée, un de ces paumés que la grande muette, dernière assitante sociale du pays, récupère comme elle peut, mais à qui elle a appris la musculation, le tir et l’organisation…
      Il s’est d’abord vengé de manière personnelle, puis dérive vers le « justicialisme » médiatique et laisse parler ses tendance prodondes, racistes et antisémites, attendant son suicide forcé, car il recherchera à se faire abattre par la police (j’espère que, lorsque ce sera le cas, on ne viendra pas nous dire qu’il n’a pas eu de procès…)
      Je pense qu’il s’agit d’un homme isolé, raciste anti-noir, anti-arabe et antisémite (ce qui montre bien que c’est d’abord un « gros boeuf », les gens plus… réfléchis étant « malheureusement » souvent plus sélectifs dans leur haine), même pas d’un membre du Bloc identitaire ou de ces mouvances effectivement très dangereuses.
      Nous ne sommes pas revenus au temps de l’OAS, ni même aux années 1970 (avec des mouvements violents d’extrême-gauche et d’extrême-droite très structurés).
      C’est en ce sens que je parle d’un « fait divers », au sens « qui ne révèle rien de particulier sur les mouvements politiques profonds de la société », comme pour le massacre d’Oslo ou l’assassinat de Fortuyn et de Theo Van Gogh (si ce n’est que des hommes passent à l’acte sans retenue, sans limite, et comme dans les jeux vidéo ou les films…).
      Je ne minimise nullement l’horreur de l’événement et l’inquiétude folle des parents dans la région, voire au-delà, car il va bouger (j’ai moi-même des enfants de cet âge). Je pense en revanche que le battage médiatique inutile (pas celui sur le profil de l’homme, sur les indices permettant de le repérer; mais bien ce battage qui gêne la police, qui gêne les ecours, qui gêne les familles, leur dignité, leur tranquillité, leur discrétion), ce battage médiatique ne fait que satisfaire l’orgueil de ce tueur et que l’inciter à l’escalade. C’est très dangereux.
      En ce sens aussi, c’est un fait divers, au sens de ces faits que les médias surexploitent complaisamment pour faire vendre et qu’ils ne font qu’aggraver en réalité.
      J’espère que je ne vais pas déclencher un torrent de commentaires avec ces propos 😛

      Pour l’aspect électoral, votre analyse est intéressante et constitue en effet une inconnue, partiellement incluse dans mes interrogations sur le niveau réel de participation, mais aussi sur son contenu. J’avais également insisté et je ré-insisterai encore sur les seules vraies divergences entre sondeurs: Le Pen et, de manière connexe, Hollande. C’est-à-dire une frange d’électorat populaire qui vacille entre vote utile à gauche, vote protestataire à l’extême-droite ou comportement résigné de perdant en s’abstenant.
      Mais, justement, cette frange que vous repérez pourrait tout simplement s’abstenir, ce qui n’handicaperait que partiellement Hollande.
      Quant à Kerry en 2004, il partait de beaucoup moins haut. Et Bush était TRES bien organisé (ce que la campagne de Sarkozy n’est pas du tout…).

      Pour les conséquences des tueries de Montauban et Toulouse, je pense qu’elles n’auront pas d’effet majeur en termes électoraux. Nous ne sommes pas en 2002. Et, justement, ce n’est pas un événement d' »insécurité », c’est un « fait divers », absoluement horrible, mais isolé.

      • Vous écriviez: « ce battage médiatique ne fait que satisfaire l’orgueil de ce tueur et que l’inciter à l’escalade. C’est très dangereux. »
        Je trouve que ça rejoint assez bien les propos de Mélenchon 😉
        « Aucun criminel ne doit s’attendre à autre chose qu’à un mépris universel. A l’antique, il ne faut pas prononcer leur nom propre pour qu’ils n’aient pas droit à la renommée que l’ignominie peut donner. »

  2. oh je ne vous reproche pas à vous d’utiliser l’expression mais plutot aux médias qui considèrent généralement l’agression ou la mort de personne comme un banal « fait divers ». Le divers, c’est généralement ce qui compte pas, ce qui a peu d’importance.

    Toutefois, à la vue des derniers évènements, il apparait que l’individu est un terroriste musulman (et non un beauf français sans cervelle, pas de bol pour les médias…), connu des services de police et représentatif de la radicalisation d’un certain nombre de musulmans vivant en France.

    Marine Le Pen a immédiatement embrayé, sentant évidemment le bon coup pour elle.

    La gauche va évidemment etre emmerdée. Reste à voir ce que sarkozy va faire mais si j’étais lui, j’en rajouterais une petite couche bien salée.

  3. Ca sent le Bush/Kerry avec une alerte rouge quelques semaines avant les élections. On connaît la suite.

    C’est devenu une habitude : Al-Qaïda s’immisce dans les élections des pays occidentaux car ils préfèrent avoir comme adversaire un Bush/Sarkozy qui enflammera le conflit plutôt qu’un Hollande.
    Si la cote de Sarkozy progresse (ce qu’elle fera probablement), cela voudra dire qu’on se met tout seuls en position d’otages d’Al-Qaïda.

    Je vais dire quelque chose qui va peut-être en horrifier beaucoup :
    on est tous d’accord pour dire que cette tuerie était un acte odieux mais je ne comprends pas qu’un sentiment de peur envahisse les gens.
    J’ai beaucoup plus peur de l’indifférence avec laquelle on traite de la misère plutôt que d’un accident visant 6 ou 7 personnes.

  4. Allons, allons… Pas de conclusions hâtives sur les effets politiques de cette histoire. Aucun candidat n’a intérêt à instrumentaliser (de façon directe au moins) cette histroire, et ce qui le feraient en paieraient probablement le prix. Les électeurs ne sont peut-être pas très malins politiquement, mais la ficelle serait vraiment trop grosse là. Il ne s’agit heureusement pas d’une affaire politique et, s’il pourrait y avoir un petit « rally around the flag » en faveur du président sortant, il n’affectera pas fondamentalement l’opinion des français sur son bilan. Je peux me tromper, mais je ne vois pas vraiment comment ce drame pourrait tout changer.

    Et je rappelle aussi que, pour ce qu’on en sait, il s’agit d’un homme isolé et non d’une opération d’Al Quaïda. Ne mélangeons pas tout : cette histoire a beaucoup plus de liens avec le massacre d’Utoya qu’avec les attentats de Londres ou de Madrid.

    La peur n’est, évidemment, jamais une bonne chose et il faut espérer que la psychose ne dure pas, mais comment ne pas comprendre et partager le choc ressenti par tous face à des actes d’une violence inconcevable. Bref, c’est une triste histoire et qui tombe très mal, en plein processus démocratique, mais ne sur-interprétons pas.

    • Malgré nos divergences politiques, je suis d’accord avec Antonio.
      Ce n’est pas un « gros beauf », comme je disais, mais un « petit merdeux », paumé, aigri, qui transforme sa haine personnelle en soi-disant intervention quasi-géopolitique… Mais cela ne change rien à ma conclusion: c’est effectivement un « fait divers » au sens d’une action isolée d’un instable frustré et violent, sans autre dimension que criminelle au premier degré.
      Nulle dimension internationale là-dedans, nulle intervention d’Al-Qaïda.
      Au contraire, le fait que ce soit quelqu’un qui tue individuellement, apparemment sans explosif (même si la police a entièrement raison d’être prudente, alors que certains osent déjà polémiquer sur sa lenteur d’intervention… qu’ils y aillent !), et qui ne veut même pas mourir en martyr, prouve que ce n’est vraiment pas une opération djihadiste.
      Je ne suis même pas sûr que ledit « suspect n°1 » ait été « formé » dans une antenne d’Al-Qaïda ou dans une organisation talibane proche d’Al-Qaïda. Si ça se trouve, il est allé chez des « Hekmatyaristes », ou des talibans pakistanais anti-afghans, ou dans une quelconque tribu qui méprise Ben Laden et Al-Zawahiri.

      Je pense que l’épisode va se tasser assez rapidement et qu’il n’aura pas d’effet notable sur la campagne et sur les intentions de vote.

      • J’ai peut-être parlé trop vite, malheureusement. Si j’ai bien entendu les dernières nouvelles, l’UMP a dénoncé le PS pour ne pas avoir voté ses textes de loi sécuritaire. La vieille rengaine de la gauche laxiste face aux méchants reprend de plus belle.

        Décidément, ces gens là ne reculent devant aucune bassesse. Espérons que ce dernier coup bas leur revienne comme un boomerang.

        • Oh, quand tu vois que Dray et Urvoas critiquent l’opération alors qu’elle est encore en cours et que même Le Roux dit qu’il aurait fallu surveiller Merah bien plus et bien plus tôt… Dès qu’il y a des mesures un peu sévères, on crie aux lois liberticides… Et puis, j’aimerais bien savoir sur quels motifs et avec quels effectifs…
          Ces électrons libres si modernes et individualistes (malgré leur « habillage » islamiste) ne peuvent malheureusement plus être contrôlés; seulement ralentis, dispersés, désorganisés, mais jamais totalement empêchés. Si, peut-être qu’une bonne chose serait que les enfants des bobos moralisateurs cessent d’acheter leur drogue aux petits trafiquants de cette espèce, ça évitera de financer le crypto-terrorisme… 😉
          Je crois franchement qu’en termes de seconds couteaux (Rosso-Debord, etc), tout cela se vaut. Justement, je trouve que Sarkozy comme Hollande, en tant qu’individus, se sont comportés correctement (contrairement à Bayrou et Le Pen, par exemple).
          Mais bon, la campagne va vite reprendre ses droits… après que tous les bons esprits nous auront dit et analysé que « rien ne sera plus comme avant » (comme d’habitude, d’ailleurs…).

      • Je n’ai pas entendu parler des sorties de Dray et Urvoas, mais s’ils ont vraiment dit ça c’est tout aussi honteux. La seule façon dont la politique peut sortir par le haut de cette histoire, c’est précisément en ne pas la politisant. Ceux qui font ça se révèlent indignes de leur mission et on ne peut que leur souhaiter de changer de carrière.

        En tout cas, j’ose espérer que les électeurs ne se laisseront pas influencer par ce genre de mesquineries.

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