Dernier sondage BVA et analyse des écarts entre sondeurs: malgré la difficulté persistante à évaluer Le Pen et l’apparente « surprise » Mélenchon, il y a convergence globale des instituts

 

BVA
RTL, Orange, presse régionale
21-22 mars 2012
échantillon: 978

Hollande 29,5
Sarkozy 28
Le Pen 13
Bayrou 12
Mélenchon 14
Joly 2
Dupont-Aignan 1,5
Arthaud 0
Poutou 0
Cheminade 0

Hollande 54
Sarkozy 46

1. Voici donc un deuxième sondage, après celui de CSA, qui « fait » l’actualité: la percée de Mélenchon, visuellement accompagnée de la décrue prononcée de Le Pen.

Venant juste après mon appréciation d’une stabilisation, cela pourrait montrer, au moins à court terme, que je me suis trompé sur la capacité de Mélenchon à poursuivre sa progression. Toutefois, je vois encore plusieurs éléments, à ce jour, qui m’incitent à rester sur mon analyse et sur ma position, en considérant que la « bulle » Mélenchon devrait prochainement se dégonfler et qu’il retrouvera une place plus conforme à son niveau réel: 11-12%.

– En premier lieu, il convient de remarquer que, dans les deux sondages en cause, Mélenchon est à 13 et 14% alors que Poutou et Arthaud sont tous deux à 0, ce qui n’est le cas dans aucune autre enquête récente. Certes, à eux deux, ils ne sont en moyenne qu’à 1%, mais ce point supplémentaire, c’est celui qui permet de rejoindre ou de dépasser un Bayrou stagnant, voire effrité. De même, dans ces deux sondages, Joly est à 2% (pas à 3 ni même à 2,5).

– Dans le même ordre d’idées sur les « petits » candidats, il n’est nullement impossible que le « rebasage » général résultant de la disparition de Villepin et Lepage ait finalement été favorable à Mélenchon. Non pas forcément directement (encore que certains électeurs séduits par le cavalier seul et la verve de Villepin aient pu, dans un élan d’irrationalité digne de leur champion initial, rejoindre la « grande gueule » souverainiste Mélenchon; mais ce serait marginal car Bayrou et Dupont-Aignan ont également dû aspirer des « villepinistes »), mais plutôt parce que Mélenchon est, depuis une semaine, le seul à se renforcer ou, au moins, à se maintenir, et donc à profiter d’une éventuelle baisse générale de la mobilisation et de la participation (une fois de plus et malheureusement, très difficile à mesurer au travers des sondages, qui ne publient pas la donnée ou publient une donnée non comparable d’une enquête à l’autre, puisque s’apparentant à de l’abstention réelle ou à une vraie incertitude sur le candidat ou à de la perplexité face au sondage lui-même). Les autres candidats s’épuisant et les Français se lassant de la campagne, une baisse de tous les autres fait visuellement progresser Mélenchon.

– Ensuite, ni CSA, ni BVA ne publient de détail de leurs chiffres par CSP ou secteur d’activité. Les sondeurs qui le font et qui ont récemment publié ne montrent aucune remontée de Mélenchon chez les ouvriers et employés, ni même chez les chômeurs, sauf, justement, l’IFOP quotidien de ce soir…! Mélenchon semble rester le candidat des fonctionnaires, petits et moyens, pas encore le candidat populaire ou du communisme renaissant. Mais, bien entendu, peut-être BVA et CSA ont-ils détecté un mouvement inédit, qui expliquerait en partie la décrue de Le Pen. Ce serait vraiment une grosse nouveauté.
A l’appui de cette thèse, constatons que les reports de voix de l’électorat Le Pen au second tour, chez BVA sont de 11/50/39, soit historiquement bas pour Hollande et historiquement haut (en 2011-12, s’entend) pour Sarkozy. Or, comme Hollande se maintient au second, à peu de choses près, cela signifierait que, chez BVA, des lepénistes ont déserté, dès le premier tour, à gauche ! Mazette !

– C’est justement le quatrième point: y aurait-il transfert entre Le Pen et Mélenchon, enfin significatif, alors que j’ai toujours souligné qu’il était marginal ? J’en doute toujours, d’abord simplement parce que nous n’avons aucun élément pour le justifier, ensuite parce que le glissement général vers la gauche détecté depuis quelques semaines est toujours la variable explicative des mouvements d’intentions de vote que mesurent les sondeurs aujourd’hui.
1- Le renforcement de Sarkozy se fait clairement au détriment de Le Pen.
2- La stagnation ou le tassement de Bayrou, après un léger mieux dû à la fuite de quelques modérés de droite depuis Sarkozy, s’explique par un prélèvement de Hollande sur son électorat de centre-gauche. D’ailleurs, les reports de voix au second tour chez BVA dans cet électorat Bayrou sont éloquents: 33/47/20 , soit un Sarkozy pour la première fois au-dessus de Hollande ! Soit BVA s’est totalement emmêlé les pinceaux dans l’échantillon, soit il s’est bien passé quelque chose, mais de vraiment massif, sans que le score global de Bayrou ait changé.
3- Le même Hollande continue de connaître une déperdition sur le « petit peuple de gauche » (ou plus exactement la petite bourgeoisie de gauche, autour des fonctionnaires, des salariés des entreprises publiques et du secteur para-public et associatif, et des cadres intermédiaires) vers Mélenchon, mais au total se stabilise en compensant les pertes vers Mélenchon par les gains sur Bayrou.

– Enfin, il faut compter plusieurs jours avant qu’un événement de campagne produise ses effets et, inversement, cesse de les produire. Certes, le rythme de la campagne s’accélère à mesure qu’approche le 22 avril et « nous vivons une époque moderne » et de l’instantanéité numérique. Toutefois, cette inertie reste vérifiée. BVA présentant donc « commercialement » son sondage comme le premier « après la révélation de l’identité de Mohamed Merah » (encore une preuve que la manipulation n’est pas dans le sondage et son résultat mais bien dans la présentation, le commentaire et les titres médiatiques…) nous induit en erreur car il s’agit plutôt, à mon sens, d’un sondage pleinement « post-Bastille ». Attendons ce week-end et le début de la semaine prochaine pour connaître réellement l’impact de l’affaire Merah.

Même si je serais heureux de lire la propre analyse d’un expert franco-canadien du vote FN, du vote populaire et du vote communiste ou ex-communiste (help me, Gaël ! :D), je persiste donc dans mon idée que Mélenchon devrait plafonner et revenir vers les 11-12, en dessous de Le Pen (qui connaîtra bien un petit regain, même de courte durée, après les événements de Toulouse et Montauban) et même Bayrou (qui est décevant mais semble avoir fidélisé un noyau légèrement au-dessus du traditionnel centrisme mesuré lors des élections européennes de 1989, 1999, 2004 ou 2009). Même si de gros doutes commencent de s’accumuler… 😛

Je persiste peut-être à tort dans l’erreur (et si les « fans » de Mélenchon ont raison, pour me consoler, je goûterai au moins le plaisir de voir qu’ils auront pris pour argent comptant, dans la seconde, les horribles sondages et les horribles sondeurs, dès l’instant où leur lider maximo y progressait nettement ;)).

2. D’ailleurs, le caractère incertain de CSA cette année (qui alterne sondages totalement « moyens » et sondages présentant des écarts notables, et dont les anti-sondeurs nous diraient qu’il appartient au diable Bolloré) et le tropisme favorable à la gauche de BVA (comme son caractère d’institut plutôt « passable » dans ses performances) ne peuvent que m’inciter encore davantage à la prudence.

C’est l’occasion de refaire le point sur les écarts perceptibles entre sondeurs. La convergence de la semaine précédente a été massive et impressionnante. Mais, bien entendu, CSA et BVA viennent d’introduire le trouble !

Il reste que les tendances générales restent valables (je précise que les courbes de tendance sont des polynomiales d’ordre 2 ou 3: je n’ai pu tout harmoniser car les sondages TNS-Sofres et, quelquefois, Harris ou BVA, sont trop peu nombreux ou trop erratiques; ils donnent donc des courbes un peu curieuses, notamment TNS-Sofres, mais cela ne remet pas en cause les constats globaux):

Bayrou est désormais stabilisé et évalué de manière très cohérente par tous les instituts à 12-13%:

Sarkozy a progressé mais paraît désormais ralentir et rester, globalement, en dessous des 30%:

Mélenchon reste estimé de manière assez convergente, même si CSA et BVA voient une nouvelle étape de progression:

Le Pen a décliné, mais se retrouve ici l’écart habituel entre les instituts, avec une amplitude atteignant les 4 points, même si, hors CSA et BVA, il y a bien eu un rapprochement des sondeurs en peu en dessous des 16%; reste à voir si la décrue se poursuit ou si elle est stoppée à ce niveau:

Hollande, candidat « résultante », reste également soumis à des écarts, ainsi qu’il a déjà été noté à de multiples reprises, même si, pour lui, également, une nette convergence peut être notée entre instituts, à peu près au même niveau que Sarkozy et, en tous les cas, clairement en-deçà des 30% désormais:

Ce resserrement des écarts entre sondeurs, comme l’apparition d’une divergence plus grande sur Mélenchon, tendraient à confirmer que cet électorat populaire hésitant (auparavant entre Hollande et Le Pen) serait maintenant entre Mélenchon et Le Pen, Hollande se stabilisant à mesure qu’il regagne au centre-gauche et perd sur sa gauche. Voyez que je ne cache nullement tout ce qui va à l’encontre de mon « pronostic » des derniers jours sur une stabilisation générale ;).

– Pour le second tour, les sondeurs sont désormais très cohérents, autour de 54-55 la semaine dernière, de 55-56 à la charnière des 2 semaines, de 54-55 de nouveau maintenant. Cette grande convergence est, de nouveau, favorable au candidat Hollande, qui reste étonnamment solide au second tour, à un mois et demi de l’échéance:

Au final, il apparaît que le paysage est assez clairement analysé, même si 2 points d’électorat populaire semblent en balance. Toutefois, sur le moyen terme, contrairement au discours ambiant et aux critiques récurrentes, je répète que cette campagne 2012 montre une convergence significative des sondeurs, qui semble même se renforcer dernièrement, au-delà de quelques « sorties de route ». Les sondages ne sont pas une science exacte mais ils sont, pour le moment, d’un niveau de cohérence tout à fait satisfaisant et même supérieur à l’accoutumée. Bien sûr, ils se trompent peut-être tous sur tel ou tel candidat: nous le saurons le 22 avril prochain; mais j’en doute fort…

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23 réflexions sur “Dernier sondage BVA et analyse des écarts entre sondeurs: malgré la difficulté persistante à évaluer Le Pen et l’apparente « surprise » Mélenchon, il y a convergence globale des instituts

  1. comme à chaque post je valide la qualité de l’expertise mais ne resterais pas tu trop enfermé dedans ?
    Il y a des dynamiques politiques qui échappent à toute logique mathématique.
    Je persiste et signe sur le gros score de Melenchon, Marine va va gagner un petit peu grâce à l’affaire Merah mais ne saura pas le capitaliser.
    Comme dit Zemmour, son père jamais n’aurait été à l’enterrement des militaires pour apparaitre en vassal de Sarkozy.
    Je pense aussi que Sarkozy est sous évalué et que Hollande surfe sur une tendance médiatique bobo-parisienne 🙂
    (pour rappel je vote Sarkozy ;))

  2. Déjà que mon blog est « artisanal », si en plus, je m’écarte de ce que « disent » l’indicateur agrégé, les reports de voix et les écarts entre sondeurs, ce sera du bricolage intégral 😀
    Je regrette vraiment de ne pouvoir analyser des données fiables de participation, car je pense vraiment qu’il s’est passé quelque chose à l’occasion de la liste officielle des candidats.

  3. Je ne suis pas du tout surpris qu’il y ait un transfert de Le Pen vers Mélenchon.
    Il s’agit du vote ouvrier (à présent, on dit « employé »).
    C’est la plus grande imposture de l’histoire politique des 30 dernières années que de croire que les Le Pen se soient intéressés un tant soit peu aux ouvriers.
    C’est la première fois depuis que l’Union de la Gauche des années 70 a détruit le PCF qu’ils ont un candidat qui les représente correctement.
    Je crois que ces ouvriers ont toujours ressenti que Mitterand les avait trahis. Peut-être voteront-ils Hollande, mais uniquement pour se débarrasser de Sarkozy.
    En tout cas, je serais content que les ouvriers sortent de ce vote pervers et contre-nature.

    Puisqu’on parle beaucoup de Mélenchon, son côté romantique séduit sans doute des socialistes qui reviendront vite au vote utile.

    Pendant ce temps, notre président veut encore légiférer (même lorsque l’assemblée est close depuis plus d’un mois).

  4. Ce qui me trouble le plus, c’est la persistance du bruit médiatique autour de l’affaire Merah, alors même que la péripétie est conclue et qu’il serait temps de laisser cela à l’intimité des deuils familiaux. Au lieu de ça, on est obligé de subir des polémiques stériles sur l’intervention du RAID, sur les données informatiques etc… Même si les politiques ont pour l’instant fait preuve de réserve, ça n’empêche pas les médias de continuer sur ce thème, distrayant les Français des vrais problèmes de la campagne. Toi qui vois des méchants gauchistes partout dans les médias, Fabien, tu ne peux nier que ce climat est intrinsèquement favorable au président sortant… Il faut vraiment que l’antisarkozysme soit enraciné au plus profond des consciences, car la machine à réhabiliter les sortants au bilan minable tourne à plein régime.

    Quant à l’inconnue Mélenchon, je ne peux qu’approuver ta circonspection et attendre comme toi les prochains sondages dans une certaine tension. Cependant, comme je l’ai dit, l’élection se jouera au second tour et le re-resserrement de l’écart avec ces deux derniers sondages (de surcroît venant de sondeurs traditionnellement favorables à la gauche) ressuscite toutes mes angoisses. Mais pourquoi diable les sondeurs ne vont même pas jusqu’à publier tous un sondage par semaine, b****l !

    • C’est vrai que c’est fatiguant d’entendre les « polémiques » (combien de fois par jour, à longueur d’année, ce mot est-il prononcé dans les médias ? Ne savent-ils faire que cela ?).
      On a envie de dire: « tenez, voilà le flingue, maintenant, vous vous débrouillez à le déloger, sans causer de victimes collatérales »…
      Tout cela est indigent.
      Quant à la surveillance préalable, il y a à peu près 150 000 gusses qui pourraient l’être à un titre ou à un autre, et dès que l’on veut intervenir sur Internet ou contrôler les coffres de voitures, ce sont des mesures « liberticides »… Il faudrait savoir…

      Bon, sur le climat politique, je ne suis pas persuadé que ce soit favorable à Sarkozy autant que cela: beaucoup de gens voient de la manipulation partout et de la récupération partout (c’est d’ailleurs en partie vrai). Cela peut se retourner contre lui s’il en fait trop et il commence à aller crescendo là-dessus. Je crains qu’il atteigne bientôt la cote d’alerte… S’il se faisait plus discret, il en bénéficierait davantage, par effet de halo et surtout effet de positionnement: on sait qui est censé être placé sur le créneau « sécurité », fermeté », « présidentialité ».
      Mais c’est plus fort que lui, il faut qu’il en rajoute…
      Certes, il progressera sûrement au premier tour, mais au second ?

      • Content de voir que nous sommes d’accord pour une fois !

        Quant aux effets de cette histoires, ils sont en effet difficiles à mesurer pour l’instant. Mais personnellement je trouve cette incertitude très pesante… Pourvu que de nouveaux sondages arrivent vite !

      • Cette affaire Merah est une bénédiction pour Sarkozy et il s’en servira jusqu’au dernier jour de la campagne.
        Le parquet (sous l’autorité de l’exécutif) vient de déclencher l’ouverture d’une enquête préliminaire.

        Sarkozy vient donc de mettre en place le dispositif qui lui permettra d’alimenter la couverture médiatique pour longtemps. C’est très facile : il va se réfugier derrière la justice car aucun candidat sérieux ne pourra remettre en cause l’indépendance de la justice.
        Dès qu’Hollande tentera de remuer une oreille sur le bilan de Sarkozy ou les questions économiques, Sarkozy lui resservira du Merah.

        La question est de savoir s’il sera desservi par un excès d’instrumentalisation de l’affaire. Je n’en suis pas sûr.

        J’avais écrit un commentaire la semaine dernière en disant qu’une montée ou une élection de Sarkozy nous mettra tout seuls en position d’otages des intégristes. Vous aviez tous deux (Antonio et Horos2012) minimisé l’impact de cette affaire. Je crois au contraire qu’on en est au début.

        Quand on voit à quel point on est capable de disserter sur la viande Halal, il s’agit ici d’un fait autrement plus grave.

  5. je suis fan de ces analyses, toujours « lissées » dans le temps et utilisant tous les outils disponibles jour après jour.
    Internet a totalement modifié notre façon de « lire » la politique et les élections.

    et vos articles nous permettent de voir les sondages sous un angle plus « technique ».

  6. Bonjour,

    Me permettrez-vous de relever quelques points de votre analyse ?

    – « Poutou et Arthaud sont tous deux à 0 ». Non, il sont tous simplement passé sous 0.5%. On peut penser (ou pas) que le dernier carré des fidèles du NPA et de LO est en train de voler au secours de la « victoire » du FdG. Le climat de déconfiture qui au moins dans le premier pourrait expliquer au moins en partie cette hypothese
    – « ni CSA, ni BVA ne publient de détail de leurs chiffres par CSP ou secteur d’activité ». Certes, mais il y a un autre indicateur que vous ne prenez pas en compte et qui me paraît intéressant, c’est la motivation du vote. selon BVA le pouvoir d’achat est cité à 37% comme éléments prépondérant (en position 1 ou 2), contre 34% le 13 mars (et 25% en mars 2007). En deuxième position vient le chômage (et en troisième la croissance). Ce sont clairement des thèmes plus sensibles au sein de la « classe ouvrière » et des marqueurs de gauche (de la gauche).
    – « Y aurait-il transfert entre Le Pen et Mélenchon » ? Cette hypothèse n’est pas si incongrue que cela si l’on prend en considération la volonté du FdG ne s’attaquer frontalement (1) au FN d’une part et le refus de MLP de débattre avec JLM. Sur ce dernier point quelques commentateurs avaient évoqué alors les traces que cette attitude pourrait avoir au sein de ses propres troupes. Je n’ai pas le courage de rechercher si l’origine de la baisse du FN pourrait être liée ou non à cet épisode mais sans doute en avez-vous les moyens. Par ailleurs le tableau des motivations que j’évoquai plus haut laisse apparaître que l’immigration et l’insécurité n’interviennent qu’en 9eme et 10eme position. Quand vous-même évoquez la gauchisation de l’électorat, je trouve que nous en avons une preuve plus évidente encore que les intentions de vote.
    – « Le renforcement de Sarkozy se fait clairement au détriment de Le Pen ». Affirmer ce point pour infirmer le point précédent, n’est-ce pas un peu circulaire comme raisonnement ? Une autre analyse serait de considérer que le rejet par les couches populaires de ce que représente Sarkosy (bling-bling, mégalomanie, effets d’annonces non tenus) serait plus fort que le sentiment d’appartenance à une famille politique (droite/gauche). Auquel cas l’affaiblissement éventuel de MLP se ferait, en partie, vers le candidat qui apparaîtrait le plus différencié. Inversement on voit à travers le ralliement sans condition de Borloo et des radicaux que le « centre » ne se fait plus tirer l’oreille pour réintégrer sa vraie famille.
    – « …la petite bourgeoisie de gauche, autour des fonctionnaires, des salariés des entreprises publiques et du secteur para-public et associatif, et des cadres intermédiaires… ». Et bien si c’est là la définition de la petite bourgeoisie, ou rangez-vous les professions libérales, les (petits) commerçants…? Si l’on ne s’entend pas sur les termes à quoi servirait une analyse par CSP ?
    – un élément surprenant dans les meetings du FdG, et que les sondages mettent peu en évidence (imho) c’est le ralliement des jeunes. Pour qui a connu les rassemblements de têtes chenues dans les réunions publiques du PCF, c’est là un changement pour le moins remarquable. Et si l’on considère que c’est dans cette tranche d’age que l’on trouve ordinairement le plus d’abstentionniste, on peut envisager que la percée de Mélenchon se fait aussi (surtout ?) ici. Mais comme vous le signalez vous-même on a bien peu de données sur l’abstention.

    (1) Excusez-moi, je n’ai pas pu y résister 🙂

    • « petite bourgeoisie de gauche »: les commerçants, artisans et professions libérales sont de la bourgeoisie (petite ou moyenne) de droite. A part les médecins, avocats et notaires, de plus en plus boboisés et « hollandais », c’est bien un électorat majoritairement sarkozyste ou « mariniste ».

      En disant que le renforcement de Sarkozy se fait au détriment de Le Pen, je veux dire que sa baisse à elle n’était, JUSQUE LA, pas due à quelqu’un d’autre que Sarkozy. Or, il semble bien que Mélenchon s’y mette… Les deux constats ne sont pas forcément antinomiques.

    • No sé.
      Mais CSA et IPSOS semblent être partis pour un rythme hebdomadaire: d’ici mardi, nous devrions avoir de leurs nouvelles.
      Le prochain LH2 sera le week-end prochain, a priori.

  7. Bonjour, lecteur assez assidu de votre travail depuis quelques temps, je me décide à vous transmettre des commentaires que j’ai rédigé ces derniers jours sur les élections majeures (legislatives et présidentielles) de la 5ième république, concernant les résultats, les sondages passés, et ce qu’on peut en tirer en terme de probabilité de victoire de Hollande ou de Sarkozy.
    J’en arrive aux conclusions suivantes :
    – il existe une qui prouve que Sarkozy sera forcément réélu et raisons qui prouvent qu’il sera irrémédiablement battu.

    Mais, avant toute autre chose, je tiens à préciser, mon profil d’électeur, ce que j’encourage d’ailleurs à faire pour les autres personnes qui postent sur ce site : cela permet d’éclairer les autres lecteurs sur les biais (même, et surtout inconscients) propres à chacun, la pure objectivité d’une analyse politique étant une douce, mais bien naïve utopie.
    Mon profil donc : 38 ans, enseignant dans le supérieur, je vote front de gauche depuis sa formation en 2009. A l’élection présidentielle, je voterai Mélenchon au premier tour et (sauf cataclysme) Hollande au second.

    D’abord, pourquoi Sarkozy va gagner l’élection :
    Parce que la France est un pays qui est sociologiquement largement marqué à droite, dans des proportions que j’évalue environ à 60% – 40% (au doigt mouillé, ne venez pas me chicaner sur ces chiffres). Et, depuis l’émergence du front national dans les années 80, la proportion est même encore plus marquée à droite.
    Depuis 1958, débuts de la 5ième république, il y a eu 13 élections législatives. La droite en a remporté 10, la plupart largement, et la gauche 3, dont 1 seule largement (1981) et 2 de justesse (1888 et Rocard qui était obligé de gouverner à coup de 49.3 – 1997, en partie grâce à des triangulaires). Si on fait le compte en années, cela fait 39 années de gouvernements de droite et 15 de gauche.
    Depuis 1965, il y a eu 8 élections présidentielles au suffrage universel. La droite en a remporté 6 et la gauche 2 seulement, dont une de justesse, en 1981. Cela donne : 40 années de présidence de droite (je compte la période 58-65) et 14 années de présidence de gauche.
    Pour résumer, depuis le début de la 5ième : la droite gagne environ 75% des élections majeures et gouverne-préside aussi environ 75% du temps.
    Donc, en temps normal, c’est la droite qui gagne : donc Sarkozy va gagner !

    Maintenant, pourquoi Sarkozy va perdre l’élection :

    D’abord parce que, depuis 1981, celui qui, symboliquement, est personnellement chargé des attributs du pouvoir perd toujours.
    Regardons chaque cas en détail :
    – Présidentielles et législatives de 1981. Le président Giscard est aux commandes ; Mitterrand gagne.
    – Législatives de 1986. Le président Mitterrand est aux commandes ; la droite gagne.
    – Présidentielles et législatives de 1988. Le premier ministre Chirac est aux commandes (1ère cohabitation) ; Mitterrand gagne.
    – Législatives de 1993. Le président Mitterrand est aux commandes ; la droite gagne.
    – Présidentielles de 1995. Le premier ministre Balladur est aux commandes (2ième cohabiatation) ; Chirac gagne. Chirac gagne justement parce qu’en 1993, il refuse de reprendre le poste de 1er ministre. Calcul risqué mais au final payant.
    – Législatives de 1997. Le président Chirac est aux commandes ;t la gauche gagne.
    – Présidentielles et législatives de 2002. Le premier ministre Jospin est aux commandes (3ième cohabitation) ; Chirac gagne.
    – Présidentielles et législatives de 2007. Le président Chirac est aux commandes, et c’est Sarkozy, qui se pose habilement comme un opposant interne de droite qui gagne. Sarkozy gagne, à mon avis, en 2007 pour deux raisons : parce qu’il est de droite (c’est plus facile de gagner, vu que la France est de droite) et qu’il se positionne habilement comme n’étant pas le sortant (ou celui qui est « aux commandes »).
    L’originalité de cette élection de 2007 : pour la première fois depuis 1974, ni le président sortant, ni le premier ministre en exercice ne se présentent à l’élection. Cela donne un duel qui départage deux opposants : l’ »opposant » interne (Sarkozy) et l’opposante externe (Royal).
    Troisième remarque : Sarkozy 2007, c’est, peu ou prou, la même stratégie que Giscard 74, et Chirac 95, sauf que Sarkozy a bouffé Villepin avant même l’élection, alors que Giscard (avec Chaban-Delmas, premier ministre jusqu’en 72) et Chirac (avec Balladur) avaient eu à remporter un duel difficile au premier tour face à l’adversaire du même camp qui était symboliquement aux commandes.
    On en arrive maintenant en 2012. Qui est aux commandes aujourd’hui ?
    Nicolas Sarkozy : cette fois-ci, ça ne fait aucun doute (pas comme en 2007). Donc, en 2012, Sarkozy va perdre.

    Ensuite Sarkozy va perdre parce que, depuis qu’il a été élu il a perdu toutes les élections intermédiaires et les dernières de manière très large :
    Allez, si vous avez encore du temps devant vous, on reprend :
    – municipales/cantonales de 2008 : victoire modérée de la gauche ;
    – européennes de 2009 : victoire modérée de la gauche non socialiste (contrairement à ce qui a été avancé, l’UMP n’est uniquement arrivée en tête que parce qu’elle partait à la bataille seule à droite, ce qui a donné un résultat en trompe l’œil, analysé par les crétins de journalistes et d’éditocrates du pays, à tort, comme une victoire. La gauche, dispersée, est à 45% et la droite (FN compris) à 40%, ce qui n’est pas un bon score pour la droite).
    – régionales de 2010 : défaite historique de la droite, plus mauvais score de la droite parlementaire depuis 1958, toutes élections confondues.
    – Cantonales de 2011 : défaite historique de la droite, plus mauvais score à des élections cantonales de la droite parlementaire depuis 1958
    – Sénatoriales de 2011 : défaite historique de la droite, première fois que le sénat passe à gauche sous la cinquième république.
    Toutes ces défaites (ces raclées même, à partir de 2010) sont en grande partie liées à l’impopularité de Nicolas Sarkozy. Elles sont assez similaires aux très larges défaites subies par la gauche en 1992, qui annonçaient la défaite aux législatives de 93 et le changement de majorité.
    Sarkozy va donc perde la présidentielle et la droite les législatives en 2012, puisque les raisons qui ont conduit aux cinglantes défaites des 2 dernières années sont encore aujourd’hui d’actualité.

    Enfin, Sarkozy va perdre parce que son impopularité est persistante à un mois des élections, impopularité liée au fait qu’il est aux commandes et parce que les sondages le donnent tous perdant depuis le 16 octobre 2011, date de la victoire d’Hollande aux primaires.
    En tout cela donne environ 60 à 70 sondages, sans même compter le sondage roulant de l’ifop, qui donnent tous Hollande gagnant, à chaque fois avec des scores supérieurs ou égaux à 54%. Le sondage pour l’instant le plus défavorable à Hollande est le roulant de l’ifop du jeudi 15 mars, qui est descendu, l’espace d’une journée seulement, à 53,5%, pour remonter dès le lendemain à 54%.
    Or depuis 1981 les sondages de second tour, à partir du mois de mars, n’ont jamais donné perdant celui qui a remporté l’élection.
    Allez, encore une fois, on détaille (N.B. : si vous avez des sources complémentaires, je suis preneur) :
    Fin mars, les sondages donnent :
    en 1981 : Giscard 50% – Mitterrand 50%. Aucun sondage, à ma connaissance ne donne Giscard devant Mitterrand à partir de mars 81. Mitterrand est élu avec 51,8 % le 10 mai
    en 1988 : Mitterrand : 55% – Chirac : 45%. Aucun sondage n’a jamais donné Chirac gagnant. Mitterrand est élu avec 54% le 8 mai
    en 1995 : Chirac : 58% – Jospin : 42%. Aucun sondage n’a jamais donné Jospin gagnant. Chirac est élu avec 52,6% le 7 mai
    en 2002 : Gros imprévu, mais au 1er tour, et non au second.
    en 2007 : Sarkozy : 53 % – Royal 47 %. A partir de mars, sur une trentaine de sondages, 3 à ma connaissance, donnent Royal à égalité avec Sarkozy et les autres donnent tous Sarkozy gagnant, avec un score allant jusqu’à 56%. Sarkozy est élu avec 53% le 6 mai
    Donc Sarkozy va perdre le 6 mai.

    C’est donc scientifiquement prouvé : Nicolas Sarkozy va à la fois gagner et perdre l’élection présidentielle. Et j’ai raison, parce que je suis un scientifique.

    Je m’arrête là pour un premier post. Mais si ça vous tente, je peux vous donner mon avis sur le scénario le plus probable une prochaine fois.

    • Voilà un petit rappel que je cherchais sur le net depuis plusieurs jours ,et qui me donne du baume au coeur . Compliments à l’auteur de ce blog , malgré nos opinions divergentes , et compliments à vous aussi !
      Une lectrice régulière.

    • En politique, par définition, rien n’est jamais joué. C’est peut-être une formule creuse, mais ça reste fondamentalement vrai. Les électeurs sont dotés du libre arbitre et ne sont contraint par aucune mécanique, aussi scientifique soit-elle. Tout ce à quoi nous, pauvre commentateurs, pouvons prétendre, c’est énoncer des probabilités. Et oui, si on regarde toutes les données, les probabilités de Sarkozy de l’emporter semble faibles. Mais la probabilité à 100% n’existe pas est le prétendre, c’est se montrer fondamentalement anti-scientifique.

      • Principe scientifique opératoire : si les faits ne cadrent pas avec la théorie, alors ce sont les faits qui ont tord.

        Donc, si les gens ne votent pas comme il faut, il faudra refaire l’expérience, de préférence en changeant le protocole, pour éliminer le paramètre qui a fait foirer l’expérience. Comme après le non au référendum de 2009.

      • Melenchon me semble plus solide qu’Hollande et plus sincère.
        Il a une gauche très solide mais il risque d’avoir du mal à rassembler les électeurs de Bayrou au 2nd tour.

    • Je me permets quelques commentaires 🙂

      NS a beau être impopulaire, depuis l’annonce de sa candidature il est relativement bien remonté dans les sondages du 1er tour et grignote sur le second.
      A voir jusqu’où ce grignotage ira dans le mois qui reste.
      L’iFop de ce soir donne 53,5/46,5
      On ne sait pas encore ce que l’effet Melenchon va donner, ce dernier pouvant être grisé par sa réussite (à raison) et jouer moins stratégique avec Hollande.
      Melenchon peut lui entrainer une baisse du FN en lui « piquant » ses ouvriers et affaiblir Bayrou, Hollande se devant de s’allier avec sa gauche. Celui ci pourrait donc jouer en faveur de Sarkozy, n’étant pas en position de jouer la gagne comme en 2007, ou il a raté le coup de sa vie.
      Sa seule solution pour durer politiquement est de recréer un centre de droite comme auparavant.
      La hausse de Melenchon en soi ne peut pas gêner Hollande puisque ses voix se reporteront sur lui au second tour sauf si Melenchon monte trop haut au point de dépasser Hollande ou le faire dépasser par LePen, mais je n’y crois pas.
      La donne que cela pourrait changer est que si les ouvriers du FN rejoignent Melenchon, et que Bayrou coule encore, cela renforcerait Sarkozy.

      Pour ce qui est de 2002 il est facile de dire que le sortant a perdu, car Jospin aidé par une bonne croissance avait fait un très bon quinquennat et méritait d’être réélu. Mais la multiplication des candidats à gauche (Chevenement, Taubira), l’abstention de la gauche croyant que c’était joué, a permis à LePen de passer devant, alors qu’en soi son nombre de voix n’avait pas augmenté par rapport à 95.
      Je suis toujours étonné que l’on considère les élections intermédiaires comme des référendums pour ou contre le président ou le gouvernement.
      Une municipale c’est pour élire un maire, une régionale un président de région.
      Quant aux sénatoriales ce n’est pas vraiment une surprise puisque les sénateurs élus au suffrage indirecte par des élus majoritairement de gauche, on pouvait s’attendre à ce qu’il bascule un jour ou l’autre à gauche.

      Si Hollande garde un avantage, je pense que c’est encore loin d’être joué, d’autant que je ne donne pas cher de la peau d’Hollande pendant l’entre deux tours, il n’est qu’un choix par défaut, n’a aucune expérience ministérielle ou internationale, n’est pas vraiment soutenu par ses pairs et a un peu les fesses entre 2 chaises, entre Melenchon et Bayrou.
      Hollande surfe surtout sur l’antisarkozysme et sur son avance, il n’est pas vraiment maitre de son destin.

      Mais votant à droite ce jugement est forcement subjectif 🙂

      • Ou la la la la, ma foi, mais il ne faut surtout pas prendre ce que j’écris au sérieux. Quand je singe la détestable assurance des journalistes politiques, ce n’est certes pas pour être pris au premier degré.
        Mais convenons quand même que, si Sarkozy est réélu, alors ça sera un évènement politique extraordinaire, au premier sens du terme, comme la France n’en n’a pas vécu depuis 1981, qui marquera la fin de plusieurs séries énoncées un peu plus haut.
        Et puis, le coup des élections locales qui ne sont pas un référendum pour ou contre Sarkozy, mais une sanction rationnelle des politiques locales, il faudrait que vous alliez en toucher deux mots aux élus locaux de droite (conseillers généraux et régionaux) qui ont perdu leur mandat récemment, ou à Gérard Larcher, parce que je ne suis pas totalement certain qu’ils partagent votre avis à 100%.

      • Peut être que pour ce genre d’élection qui n’intéresse pas les gens et qui me semblent assez inutiles du coup, le « referendum » envers le pouvoir est la règle mais il y aurait alors là un vrai problème démocratique avec des gens qui ne votent pas pour ce qu’on leur demande de voter.
        Je trouverais dommage de ne pas voter pour un bon président de région parce qu’il est du même parti qu’un président de la république que l’on désapprouve pour X raisons.
        Surtout que cela n’aurait que peu d’influence sur sa politique, hormis pour le Sénat peut-être.
        Le mieux quitte à être ridicule, serait de faire une élection tous les 5 ans à ce moment là avec 5 cases extreme gauche, gauche, centre, droite et extreme droite et qu’en fonction de la case cochée on élise directement tout le monde : maire, pdt de région, député, président, …
        Ce serait plus honnête de la part de citoyens qui ne jouent pas le jeu des élections.

        Faire de chaque élections intermédiaire un referendum envers le président amène au populisme. (avec les politiques jouant ce jeu puisque demandant systématiquement au pouvoir en place de tenir compte du résultat de ces élections, ce qui est proprement scandaleux)

      • Comme nous y invite « Jules Vallès », voici mon profil d’électeur: 33 ans, chercheur précaire expatrié, écologiste et gauchiste, je voterai Mélenchon, puis pour le candidat le plus à gauche qui sera au second tour (enfin, si c’est Mélenchon face à Arthaud ou Poutou, je voterai quand-même Mélenchon).

        Et bien que votant à gauche, je partage l’avis de « fishmaker » concernant la fragilité de Hollande face à Sarkozy en cas de second tour Hollande-Sarkozy. Je pense qu’une large proportion de la population a tout intérêt à avoir Hollande plutôt que Sarkozy comme président, mais vu la manière dont Sarkozy s’en est tiré face à Royal en 2007, je ne m’étonnerai pas si les électeurs votent contre leurs intérêts en se laissant embobiner.

        Si je devais voter « utile » afin de battre Sarkozy, c’est Bayrou que je choisirais plutôt que Hollande. Contre Sarkozy, il faut quelqu’un de solide, qui a des idées cohérentes et sincères, et qui sache le montrer: c’est nécessaire pour être convainquant face à un manipulateur comme Sarkozy. À la limite, je me demande même si Mélenchon, malgré un fort potentiel répulsif sur l’électorat centriste, ne serait pas plus capable que Hollande d’attirer une majorité des suffrages exprimés contre Sarkozy. Mais votant à gauche, ce jugement est forcement subjectif !

  8. Que les gens votent n’importe comment, n’importe quoi et sous des prétextes complétements idiots, j’en conviens tout à fait, vous prêchez un convaincu ; sinon la France entière voterait tout comme moi et les choses seraient plus simples.
    Mais, c’est justement ça la démocratie, laisser les gens voter ce qu’ils veulent, en fonction des règles du jeu définies par la constitution. Si les gens veulent voter contre Sarkozy aux municipales, ou voter pour Sarkozy parce qu’il porte le même prénom que le garçon de « Bonne nuit les petits », c’est leur droit après tout.
    La seule chose c’est qu’ensuite, il ne faut pas s’étonner que :
    1. les gens viennent toujours pleurnicher qu’ils ont été trompés et qu’on ne les y reprendra plus à voter pour X ou Y ; en politique, la naïveté est plus qu’une faute : c’est un crime de guéguerre !
    2. des mecs comme Georges Frèche, qui avouait ouvertement faire campagne pour les cons, aient une longue liste d’éclatantes victoires électorales derrière eux.
    La solution : il faudrait vraiment arrêter avec ces élections qui pourrissent la démocratie.

  9. Pingback: Reflections on the 2012 Presidential election « Mapping French Elections

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