Dernier sondage LH2 et écarts entre sondeurs: nouvelles convergences et divergences, alors que la progression de Mélenchon n’affaiblit pas Hollande et que Sarkozy plafonne déjà

 

LH2
Yahoo!
30-31 mars 2012
échantillon: 973

Hollande 28,5
Sarkozy 27,5
Le Pen 13,5
Bayrou 12
Mélenchon 15
Joly 2
Dupont-Aignan 0,5
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Cheminade 0

Hollande 54
Sarkozy 46

1. Mélenchon est placé pour la seconde fois au-dessus de Le Pen, alors que Hollande ne diminue plus, que Bayrou s’est stabilisé, que Sarkozy plafonne et que les trotskystes et divers ne sont pas réduits à néant: bref, le premier gagnant de ce sondage est Mélenchon: en ce début de printemps ensoleillé, où la campagne semble tomber en léthargie et les Français un peu las, il est le dernier à avoir su prolonger la dynamique; le deuxième est Hollande, puisqu’il reste au niveau de Sarkozy tant au premier qu’au second tour. Le désormais traditionnel 54-46 de second tour est désespérant de stabilité. Surtout, qu’il se double, selon LH2, d’une certitude de vote Hollande au second tour de 91%, soit un socle minimal qui serait de… 49% ! A relativiser toutefois par un électorat plus jeune et plus populaire et donc davantage susceptible de finalement s’abstenir; mais quand même…

Les reports de voix sont pour Hollande toujours aussi satisfaisants, malgré sa décrue dans l’électorat Le Pen:
– chez les électeurs Mélenchon, 85/6/9, malgré le fait que la certitude du vote Mélenchon décline en proportion de l’augmentation de son niveau absolu d’intention de vote; ainsi, s’il gagne sur Le Pen (et au bout d’un moment, on ne peut qu’en arriver à cette conclusion, pour 2 points au moins; mais j’aimerais tant que Gaël nous donne son opinion sur ce point… ;)), c’est parmi cet frange d’électorat populaire que avions déjà évoqué: celui qui revient de toute façon sur Hollande;
– d’ailleurs, chez les électeurs Le Pen, la progression de Sarkozy et la baisse de Hollande sont confirmées: 14/43/43; ce n’est toutefois pas suffisant pour Sarkozy; c’est même inquiétant pour lui de constater une stabilisation, un plafonnement;
– chez les électeurs Bayrou l’incertitude issue de quelques sondages précédents n’est pas ici confirmée: la répartition est plus « classique », à 44/32/24, avec un Sarkozy incapable de véritablement « mordre » sur cet électorat.

Bien entendu, il convient de rester prudent sur LH2, le sondeur le plus atypique, avec des biais pro-Hollande et contra-Le Pen importants, en particulier.

2. L’analyse des écarts entre sondeurs donne d’ailleurs un paysage convergent au global, même si, dans le détail, des divergences apparaissent là où il n’y en avait pas et disparaissent ou s’atténuent là où il y en avait.

En ce qui concerne Le Pen, elle reste faible chez LH2 et BVA et forte chez IFOP, tandis qu’elle faiblit plus vite chez Harris et moins vite chez OpinionWay. Au global, l’écart général s’est légèrement réduit et est plus proche des 3,5 points que des 4,5 points. Comme Le Pen baisse de manière généralisée, il n’est pas non plus illogique que les écarts extrêmes s’amenuisent, avec un électorat qui se rapproche davantage du « noyau dur ». Elle est bien loin de sa fugace première place de la fin de l’hiver 2011. Mais, en même temps, la surévaluation que je subodorais pour Le Pen ne peut que se réduire et les résultats des sondeurs, théoriquement, devraient se rapprocher de la réalité finale du premier tour.

En ce qui concerne Bayrou, alors que les enquêtes semblaient encore récemment très cohérentes vers 12-13%, est désormais apparu un écart moins négligeable entre instituts. Bayrou est plutôt faible chez TNS-Sofres et IFOP, plutôt fort chez OpinionWay et BVA, mais globalement, les tropismes des sondeurs sont, pour lui, moins nets. En revanche, les écarts se sont légèrement élargis, jusqu’à 2,5 points, là où la convergence était grande. Les reports de voix ont eux aussi montré qu’il y avait eu récemment des mouvements dans son électorat, qui s’est droitisé, mais de manière probablement instable, ce qui rend la mesure plus délicate. Bayrou sera-t-il finalement la surprise du premier tour, à la hausse ou plus probablement à la baisse ? Voilà une incertitude tout à fait nouvelle^(même si modeste), alors qu’il était possible d’affirmer, sans risque, que son niveau était bien estimé par les sondeurs.

En ce qui concerne Mélenchon, sa progression s’accompagne d’un élargissement net des écarts entre instituts. Certes, c’est davantage le rythme et l’ampleur de la progression qui sont incertains, pas le principe de cette progression. Mais les divergences sont nouvelles là où les instituts avançaient jusque là en rangs serrés… Est-ce un indice supplémentaire de transfert d’un certain électorat populaire et instable de Le Pen vers Mélenchon ? Vivement les sondages « sortie des urnes » et les résultats par circonscriptions ou cantons pour en savoir plus…. ! En tous les cas, les biais des sondeurs ne semblent pas stables en ce qui concerne Mélenchon, même si TNS-Sofres lui semble plutôt favorable et OpinionWay défavorable.

En ce qui concerne Sarkozy, les tropismes se confirment: pro-Sarkozy chez CSA et TNS-Sofres, contra-Sarkozy chez LH2 et Harris, IFOP étant plutôt pro-Sarkozy mais pas de manière absolue. Les écarts restent en revanche fort raisonnables, au maximum de 2,5 points ce qui, à son niveau absolu, est tout à fait correct.

En ce qui concerne Hollande, la tendance baissière est repérée chez tous, avec un très net resserrement des écarts entre sondeurs, à moins de 2 points, ce qui est encore plus « précis » que Sarkozy et devient plus « précis » que Bayrou et Mélenchon. Les biais sont stables: pro-Hollande chez LH2 et BVA, contra-Hollande chez IFOP et Harris. En se réduisant à l’électorat socialiste historique, le niveau de Hollande devient bien plus sûrement pronostiqué par les sondages, ce qui pourrait amoindrir l’effet d’une démobilisation dans les urnes, que nous pouvions estimer sensible jusque là.

En ce qui concerne le second tour, la convergence vers le 54-46 est évidemment frappante, nul besoin de grande analyse graphico-statistique pour le relever… Globalement, TNS-Sofres apparaît pro-Hollande, OpinionWay et IFOP contra-Hollande, CSA étant passé de la première à la deuxième catégorie. Surtout, la résorption de l’écart Hollande-Sarkozy semble marquer nettement le pas.

Finalement, au premier tour, IPSOS s’est progressivement frayé le chemin de l’institut le plus moyen… Mais il reste erratique et le second tour ne plaide pas forcément en sa faveur. Surtout, être dans la moyenne n’est évidemment pas un critère de fiabilité au final.

Qui vivra verra. Mais il faudra revenir sur cette analyse des écarts des sondeurs, car les enseignements sont ici devenus assez fluctuants candidat par candidat, malgré une grande convergence globale.

Demain, notre indicateur enregistrera les évolutions des dernières semaines de manière assez claire: restez connectés !

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11 réflexions sur “Dernier sondage LH2 et écarts entre sondeurs: nouvelles convergences et divergences, alors que la progression de Mélenchon n’affaiblit pas Hollande et que Sarkozy plafonne déjà

  1. Au delà de la confirmation de la percée persistante de Mélenchon, ce qui m’a le plus marqué dans ce sondage, ce sont les résultats concernant la fermeté du choix. Pour info (je donne les chiffres car celui de Sarko n’était pas mentionné dans votre article) :

    – 91% de ceux qui « voteront » Hollande sont sûrs de leur choix
    – 82% pour Sarkozy

    Avec l’habituel 54-46, cela nous donne 49.14% pour Hollande et 37.72% pour Sarko de votes « sûrs » (les guillemets sont importants ici !).

    Même en prenant en compte les nombreux (et justifiés !) écueils de ce type de calcul : incertitude sur la participation, résultats de 1er tour influant le second, un seul sondage étudié ici, évènement inattendu (guerre en Iran, Mohammed Merah II Le Retour, faillite d’un pays de la zone Euro, etc)
    Le retard à rattraper me semble hors de portée.

    Est-il courant pour le instituts de publier les certitudes de vote au second tour ?
    C’est la première fois que j’en voie un mais je ne consulte que rarement les pdf détaillé des instituts.

    • La sûreté du choix au second tour est publiée seulement de temps à autre. Ici, elle est intéressante car elle est plus forte pour Hollande, ce qui n’est que rarement le cas. Surtout, avec la répétition des 54-46, il est désormais intéressant d’évaluer sa solidité.
      J’aurais probablement dû le faire avant, mais les données sont éparses et, ma foi, la sûreté de la « sûreté de choix » est souvent bien faible… 😉
      La participation potentielle me apraît plus importante et Hollande l’a bien compris, qui tente d’alerter sur le sujet.

  2. Bonsoir,

    Tout d’abord je vois que pour la première fois vous n’avez inclus aucune petite remarque désobligeante sur la dynamique Front de gauche, je vous en remercie. 😉

    Plus sérieusement, la question que vous vous posez d’un éventuel transfert de Le Pen vers Mélenchon est bien sûr légitime, mais je vais vous proposer mon analyse. Quelqu’un qui a voté ou qui était prêt à voter Le Pen et à le dire me semble peu susceptible de voter Mélenchon. Certes, on peut avoir l’image, si l’on est exceptionnellement déconnecté de la politique, de deux vociférations quasi-identiques prenant pour cible les élites, mais la motivation du vote pour Le Pen comporte tout de même presque toujours, y compris chez les plus exceptionnellement déconnectés de la chose politique, donc les plus décérébrés, la part de peur et de haine de l’étranger qu’on nomme en bon français la xénophobie.

    Or Mélenchon crie sur les toits qu’il en est l’opposé exact, et ça ne manque pas d’être repris par les petits cerveaux et les petites mains aux ordres du Front dit « national ». Tout le monde sait, même les plus décérébrés, et peut-être surtout eux, que Mélenchon propose la régularisation de tous les travailleurs sans papiers, et que pour n’importe qui qui s’apprêtait à voter « la Marine », c’est « ouvrir le robinet » de l’immigration.

    Du coup, je pencherais pour un transfert par deux biais. Le premier, que vous avez déjà évoqué, et qui est bien avéré, par le biais de tout le spectre politique qui se gauchit légèrement : Le Pen perd pour Sarko, Sarko pour Bayrou, Bayrou pour Hollande, Hollande pour Mélenchon. Du coup, quand Le Pen, perd, Mélenchon gagne, mais ce ne sont pas les mêmes personnes.

    Mais pour expliquer l’ampleur du phénomène, la nouveauté que je vous propose est un transfert au sein de la classe populaire très défavorisée et souvent très abstentionniste, mais là aussi pas sur les mêmes personnes. En clair : des gens qui n’y connaissent rien en politique s’apprêtaient à voter Le Pen, mais comme elle est descendue assez bas pour ne plus être utile à donner un coup de pied dans la fourmilière comme en 2002, ils s’en sont détournés et n’iront pas voter. Et d’autres gens, j’insiste bien sur le fait que ce ne soient dans la majorité des cas pas les mêmes, qui pensaient au contraire s’abstenir en se disant « tous pourris », sont séduits par le bruit (et la fureur 😉 ) médiatique que génère Mélenchon, et s’agrègent à son électorat en voulant donner un coup de pied dans la fourmilière à leur tour, mais dans ce cas la fourmilière serait en premier lieu les fesses d’Hollande…

    Voilà mon analyse, sur ce bonne nuit !

    • T’as raison. Les « décérébrés » du FN ne risquent pas de voter Mélenchon qui propose de régulariser tout le monde. Ce sont plutôt les véritables décérébrés de gauche « exceptionnellement déconnectés de la chose politique » qui risquent d’être attirés par une mesure aussi sotte et désastreuse. En tous cas, j’ai remarqué que les mélenchonistes se plaisent à dire qu’ils ont attirés des ex-électeurs FN vers eux. C’est plutôt marrant, puisque ce sont les mêmes personnes qui critiquaient Sarko pour avoir fait la même chose.

      J’attribue la montée de Mélenchon au fait qu’il est chouchouté par les médias dernièrement. C’est similaire à il y a quelques mois lorsque Le Pen était très médiatisée et ensuite attribuée de 20%. La question est de savoir si cette tranche de sondés qui ont tous les attributs de girouettes iront réellement voter le moment venu. Au fond, une grande partie des électeurs se décideront réellement le jour même de l’élection, ou une semaine avant. Apparemment, 28% des sondés disent pouvoir changer d’avis. Ça pourrait bénéficier au dernier moment à Mélenchon qui piquerait alors des voix à Hollande (de la part d’électeurs de gauche certains qu’Hollande passera au 2nd tour, et désirant qu’il se positionne plus à gauche).

    • Il n’empêche que Mélenchon reste une vaste supercherie 😀 Faire penser que c’est lui qui a terrassé la « bête immonde » (que de vocabulaire religieux…) du FN, alors qu’il a été l’un des artisans de la stratégie mitterrandienne de gonflement du FN et, en miroir, de l’anti-racisme, pour piéger (habilement et avec succès depuis 1986 jusqu’à… aujourd’hui) la droite classique et que finalement, le plus « efficace » fut Sarkozy entre 2006 et 2009… Faire penser qu’il est un patriote économique et exalter la France du « non », alors qu’il a été un gentil sous-ministre, défenseur de l’Acte Unique et de Maastricht et que, finalement, même l’honni Fabius n’est pas tellement plus girouette que lui…

      Quant à notre suivi électoral, je pensais réellement que la bulle se dégonflerait plus vite et, surtout, que l’alimentation médiatique se tarirait plus vite que cela. Mais, apparemment, la campagne ne « vend » plus et les journalistes politiques sont en roue libre. Du coup, le dernier à « scintiller » bénéficie d’une queue de comète qui pourrait bien le porter jusqu’au 22 avril.

      Sur l’origine des électeurs de Mélenchon, je ne pense pas que des électeurs soient rebutés par l’apparente contradiction de passer de Le Pen à Mélenchon, de même que certains ont pu passer de Le Pen père à Bayrou (sans revenir sur les schizophrénies local/national, par exemple dans la Corrèze anciennement chiraco-communiste…).
      Tout cela reste bien entendu vraiment marginal, mais ce n’est pas impossible.
      Le double mouvement de et vers l’abstention est tout à fait possible. Je l’avais déjà envisagé il y a bien longtemps pour d’autres évolutions. Ce n’est malheureusement pas mesurable. Dommage que le panel IPSOS stable et suivi au cours de la campagne ne soit pas interrogé plus régulièrement, avec des résultats vite publiés. C’est vraiment frustrant 😦

      • Si les media veulent vendre avec la campagne, ils devraient organiser des débats entre candidats, comme le demandent Nicolas Dupont-Aignan, le Front de Gauche (et Bayrou ?). Personnellement, je trouve que des débats écrits seraient un meilleur moyen de faire tomber les masques, mais étant donné que mon candidat favori a l’air super solide à l’oral, je rêve de le voir discuter avec Sarkozy: ça nous changerait des journalistes qui lui servent la soupe habituellement.

        L’efficacité de Sarkozy face à la bête immonde a été de s’approprier l’immondice de la bête (vous vous souvenez du ministère de la rafle et du drapeau ?). Je ne suis pas sûr que ça vaille la peine.

  3. Ce long billet pour développer mes idées sur le report des voix de Le Pen :

    Je ne veux pas parler au nom des électeurs du Front National mais je crois qu’il y a principalement deux types d’électeurs au Front National : les souverainistes purs et durs et les ouvriers.

    Les souverainistes xénophobes sont le noyau inaltérable des Le Pen.
    Leur mouvement prend racine dans la haine du général de Gaulle qui a abandonné l’Algérie française. Le RPR et l’UMP sont les enfants du PR de de Gaulle. Ils cristallisent donc la haine de la famille Le Pen. Ce noyau dur a toujours considéré que les de Gaulle, Chirac ou Sarkozy sont trop sociaux et donc ils vouent une haine sans nom à tout ce qui est à gauche : ils se rabattent toujours vers le candidat de droite au second tour. Je connais personnellement des gens dans ce cas.
    A mon sens, il y a un report de Le Pen vers Sarkozy dans cet électorat.

    Les ouvriers sont issus du vote PCF qui a été phagocyté par le PS de Mitterrand au cours de l’union de la gauche des années 70. Le PS les a ignorés en considérant qu’ils étaient naturellement de gauche. Mais pouvait-il en être autrement puisque la France s’est désindustrialisée progressivement et que les photos des nuées d’ouvriers en bleu de travail sortant des usines Renault appartiennent désormais au passé ?

    Les ouvriers ont migré depuis les années 80 du vote communiste vers le vote Front National.
    Je me rappelle très bien qu’en tâchant d’expliquer la montée de l’électorat du Front National, on s’est rendu compte que beaucoup d’ouvriers étaient sensibles à l’argument xénophobe de JM Le Pen.
    Une analyse après coup rendait la chose compréhensible : le PCF était en chute libre, les Krivine ou Laguiller étaient des idéologues et le PS les méprisait.
    Lorsqu’en 2002, Jospin, ex-trotskyste, annonce que « son programme n’est pas un programme de gauche », le lien est définitivement rompu.

    Le premier surpris par cette migration du vote ouvrier vers le FN était JM Le Pen lui-même puisque le FN a toujours haï la gauche.

    A présent, Mélenchon sait attirer cet électorat. Lors des précédentes présidentielles, quel autre candidat a su revaloriser et respecter ces ouvriers/employés ?
    Je ne vois donc pas d’apparente contradiction de passer de Le Pen à Mélenchon. Je trouve même que le retour au bercail de ce vote ouvrier est sain. Ca ne me choque pas qu’il s’auto-congratule d’avoir terrassé la bête immonde, tant la revendication du vote ouvrier par le FN est perverse.

    Tiraillé par ces deux extrêmes, les sondages du Front National baissent.

    Quant aux décérébrés ou petits cerveaux, s’il s’agit de qualifier ainsi les électeurs racistes ou xénophobes du FN, je mets au défi quiconque habitant dans une barre HLM envahie de dealers de ne pas devenir raciste. Lorsqu’ils s’entendent dire qu’il faut qu’il continuent de travailler pour alimenter les dealers en prestations sociales, il y a vraiment de quoi voter Le Pen.

    Puisqu’à chaque fois qu’on parle de Le Pen, on attise le feu et pour qu’on ne se méprenne pas sur mes convictions et puisqu’on commence à afficher ses opinions politiques sur ce blog, je signale que :
    je voterai Hollande,
    Mélenchon ne me fait pas peur tant il surjoue son côté romanesque et qu’il est le premier à ne pas croire à son programme ;
    Le Pen est effectivement la bête immonde ;
    Bayrou est pathétique tant il refuse d’avouer qu’il est de droite (ce qui est louable) mais il attend opportunément la dernière minute pour se rallier au favori ;
    Sarkozy, dont le meilleur service qu’on pourrait lui rendre est de ne pas dire ce qu’on pense de lui.

    • D’accord avec l’analyse de bibs : que certains qui s’apprêtaient à voter LePen et/ou qui l’avaient déjà fait par le passé votent aujourd’hui Mélenchon n’est pas si absurde que ça.
      Je n’ai jamais cru que la France soit peuplé de 15 à 20 % de fachos, xénophobes, etc… caractéristiques qu’on donne rapidement à l’électorat du FN. Il ne faut pas oublier qu’aux présidentielles, on ne vote pas pour un programme mais pour une personne. Celui qui parle fort, qui dénonce le système a donc souvent du succès auprès de personnes qui souffrent et qui vivent des conditions sociales difficiles. Le bulletin de vote devient alors un exutoire, une façon de dire « M***e » à la classe politique et médiatique. Jospin en 2002, était fier de son bilan dans un contexte de bonne croissance…. beaucoup de médias le vénéraient alors que les classes populaires ne percevaient pas d’effets positifs dans leur quotidien. La sanction a été terrible pour la gauche.
      Maintenant il ne faut pas trop s’exciter sur Mélenchon, il y a 5 ans à la même époque Bayrou dépassait les 20%… et on connait la suite. A 3 semaines du scrutin, on s’ennuit un peu en attendant le duel final annoncé alors certains peuvent se dire « et pourquoi pas Mélenchon ? » et le jour j voteront pour un autre candidat.

      • On va s’échanger des amabilités avec Maxence : je crois aussi que beaucoup apprécient Mélenchon mais voteront finalement au premier tour pour Hollande (ceux-là même qui sont partis de chez Hollande vers Mélenchon depuis quelques semaines).

      • Oui, voilà une remarque assez juste.
        Toutefois, en 2007, Bayrou a quand même fini à 18,5. C’est ensuite (entre les deux tours et après le And tour) qu’il a été incapable de faire fructifier son capital. C’est bien ce qui pourrait arriver à Mélenchon, sauf s’il passe au-dessus des 50% de Hollande.

  4. Pingback: Reflections on the 2012 Presidential election « Mapping French Elections

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