Derniers sondages IPSOS, BVA et Harris et sondage quotidien IFOP: Sarkozy et Mélenchon forts au premier tour, Hollande au second

 

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde
30-31 mars 2012
échantillon: 881 inscrits sur un total de 964 

Hollande 27,5
Sarkozy 29,5
Le Pen 14
Bayrou 10
Mélenchon 14,5
Joly 2
Arthaud 1
Poutou 0,5
Dupont-Aignan 1
Cheminade 0

Hollande 55
Sarkozy 45

___________________________

Harris Interactive
VSD, LCP-Assemblée Nationale
29 mars-2 avril 2012
échantillon: 1059

Hollande 26
Sarkozy 29
Le Pen 16
Bayrou 10
Mélenchon 14
Joly 3
Dupont-Aignan 1
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Cheminade 0

Hollande 53
Sarkozy 47

___________________________

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui en France
29-31 mars 2012
échantillon: 2555 inscrits sur un total de 2807

Hollande 28
Sarkozy 27
Le Pen 15
Bayrou 11
Mélenchon 14
Joly 2
Dupont-Aignan 1
Arthaud 1
Poutou 1
Cheminade 0

Hollande 56
Sarkozy 44

1. Le paysage général n’est pas bouleversé par les dernières livraisons des sondeurs, même si quelques mouvements sont enregistrés.

Sarkozy se rapproche toujours des 30%, même si BVA et son tropisme contra-Sarkozy le voient toujours à 27. A ce propos, BVA et Le Parisien (qui change décidément de sondeur comme de une) ont probablement voulu « faire un coup » en triplant (presque) l’échantillon habituel: tout cela pour aboutir à un résultat qui paraît dater déjà de 2 semaines… La taille de l’échantillon de fait pas tout et il est clair que, dans mon indicateur, j’ai probablement un peu survalorisé cet élément (mais comme je ne peux valoriser la fiabilité historique des instituts, il n’est pas illogique de se référer à cette taille d’échantillon, surtout que les faibles échantillons de CSA et BVA ont montré leurs limites dans le passé). La progression du Président-candidat est donc lente mais se poursuit, malgré le retour de l’affaire Bettencourt (de manière toutefois peu convaincue dans les médias, probablement déçus de ne pas avoir de chair fraîche à déguster, ni sur Bettencourt, ni sur Karachi, ni sur Takkiedine). Sa dynamique légèrement positive est à retenir pour la prévision du premier tour.

– Cette progression est clairement réalisée au seul détriment de Le Pen, qui ne parvient plus à créer ladite dynamique. Ceci étant dit, elle reste probablement à un niveau que son père n’avait atteint qu’en 2002, même si elle tombe en dessous de 15% dans certaines études. Au point où elle en est, au vu de la dynamique enclenchée vers Sarkozy et étant donné la motivation probable de vote utile vers ce dernier, il est difficile de déterminer ce qui pourrait l’empêcher de continuer de descendre d’1 à 2 points. Sa dynamique négative est à retenir.

– Il est en revanche assez clair désormais qu’elle perd très peu au profit de Mélenchon. Celui-ci poursuit sur sa lancée, même si l’IFOP quotidien le voit à la baisse et BVA plafonnant. Il prend en fait toujours à Hollande (ainsi qu’à l’abstention).

Hollande, lui, est toujours fluctuant. Il semble globalement stabilisé, mais sans certitude, car il paraît menacé d’un score « royaliste » pour certains instituts, alors que d’autres le voient encore royal. En réalité, il est affecté par des mouvements de tous côtés: Mélenchon continue de le siphonner, tandis qu’il poursuit son grignotage de Bayrou, ce qui, pour le moment, valide le maintien de sa stratégie: continuer de camper au centre-gauche, en pariant que Mélenchon ne progressera pas trop ou ne saura que faire de son résultat, et utiliser l’anti-sarkozysme pour éviter de perdre trop de centristes au second tour.

Bayrou est probablement affecté par une double dynamique négative, due à la polarisation gauche-droite: il perd vers Hollande sur sa gauche et il perd vers l’abstention parmi les électeurs qui sont « nulle part ». Il est douteux qu’il perde beaucoup au profit de Sarkozy. En revanche, son électorat restant devrait se droitiser jusqu’en mai. Il est possible que quelques électeurs « flottants » passent directement chez Mélenchon. Au total, il frôle de nouveau les 10% et constitue la grande déception de 2012.

– RAS pour les petits candidats.

2. Les reports de voix paraissent assez stabilisés, selon IPSOS et BVA respectivement:

– parmi les électeurs Mélenchon, 81/3/16 et 80/5/15, sa progression n’affectant donc pas la « discipline républicaine » à gauche, ce qui ne peut que confirmer Hollande dans son souhait de ne pas sortir de son créneau social-démocrate, mâtiné d’un peu de laïcisme libertaire pour faire bonne figure,

– parmi les électeurs Joly, pas de données IPSOS et 83/11/6 selon BVA, sans surprise,

– parmi les électeurs Bayrou, 40/32/28 et 27/38/25, en rapprochement de la répartition de 2007, avec un Sarkozy un peu meilleur, mais encore nettement insuffisant, surtout au regard du glissement vers la droite du positionnement de fait de Bayrou; sur les indécis parmi cet électorat Bayrou, BVA nous crédite d’une petite étude qui montre qu’ils sont opposés à 45% à l’élection de Hollande et à 26% à celle de Sarkozy: ce dernier a donc encore une marge de progression,

– parmi les électeurs Le Pen, 16/49/35 et 23/46/31, en amélioration pour Sarkozy, mais sans que Hollande soit marginalisé et sans que Sarkozy dépasse définitivement les 50%; parmi les indécis, BVA nous dit que 51% sont opposés à l’élection de Hollande et 27% à celle de Sarkozy, celui-ci pouvant donc encore progresser.

Le problème pour le Président sortant, c’est que conquérir à la fois à sa droite et à sa gauche reste sa principale difficulté, surtout face à un Hollande qui n’est pas « repoussoir », en tous les cas pas autant qu’une Aubry ou un Mélenchon auraient pu l’être. En outre, 2 semaines avant le premier tour et 2 semaines d’entre-deux-tours, c’est désormais bien court.

D’ailleurs, si Harris donne un 53-47, IPSOS et BVA donnent des 55-45 et 56-44. Certes, tous deux sont a priori pro-Hollande (en particulier le second), mais, en admettant même que le niveau soit toujours à peu près à 54-46, c’est un 54 « à perspective neutre ou positive » pour Hollande et non « à perspective négative »

En outre, il n’est pas impossible qu’à force de répéter que Sarkozy gagne du terrain, l’électeur anti-sarkozyste se remobilise quelque peu.

3. Le sondage quotidien IFOP confirme ces constats tant pour le second que pour le premier tours.

Il se distingue par un Mélenchon un peu plus bas, une Le Pen plutôt en haut de la fourchette et un Bayrou moins déclinant. Est-il en avance ou en retard ? Cela reste à voir.

Il est également intéressant de noter que Hollande s’effrite dans les souhaits (il est au plus bas) et les pronostics de victoire (Sarkozy est au plus haut). Mais Sarkozy n’est pas meilleur… ce qui laisse donc un écart entre les deux, certes baissier mais suffisant, ce qui est également le cas pour le résultat du second tour:

Il va vraiment falloir que l’entre-deux-tours soit totalement une autre campagne si le Président-candidat veut l’emporter… Ecrire cela, c’est déjà fixer le dénouement final…

4. Je termine en vous signalant le blog d’un conseiller municipal d’Oullins, par ailleurs statisticien, qui a réalisé un graphique sur la base de moyennes mobiles. Je lui ai demandé de détailler sa méthode dans les commentaires.

Même si inclure Borloo-Morin (voire Morin-Borloo-Morin puisqu’il commence début 2011) et Villepin aurait été appréciable pour mieux « lire » Hollande, Sakozy et Bayrou, le résultat de son travail est tout à fait intéressant et me fait regretter de n’être pas un expert en statistiques, car j’aurais aimé publier… plusieurs indicateurs intelligents (même si le mien est le seul estampillé « political and electoral nerd »😀 :P). Je vous conseille vivement de lui rendre visite ici:
http://clementdelorme.over-blog.fr/article-sondages-sur-la-presidentielle-rigueur-et-precisions-102338372.html

11 réflexions sur “Derniers sondages IPSOS, BVA et Harris et sondage quotidien IFOP: Sarkozy et Mélenchon forts au premier tour, Hollande au second

  1. Dans l’IFOP quotidien, je ne comprends pas bien la cohérence du Souhait de vote : la courbe de Sarkozy grimpe significativement (+ 2 points).
    Parallèlement, l’intention de vote en faveur de Sarkozy perd un point.

    Les courbes de souhait sont presque à se croiser, mais les intentions de vote au second tour sont toujours clairement et de façon assez constante en faveur de Hollande.

    Une explication ?

    • Les souhaits sont inférieurs à 35, donc sans commune mesure avec le niveau global d’intentions de vote.
      Cela signifie simplement que la proportion de votants par choix augmente, au détriment de celle des votants par défaut.

  2. Derniers sondages de 2ième tour : enfin des informations contradictoires !
    ça monte chez ipsos (+1) et chez BVA (+2) ; ça continue de descendre doucement chez Harris (-1) et ça oscille chez l’IFOP quotidien entre 53,5 et 54 pour Hollande.
    L’écart entre sondeur s’accroit cette semaine pour atteindre 3% (entre 53 et 56% pour Hollande)
    La tendance à la baisse lente de Hollande n’est plus unanime, les prévisions non plus : et si cela voulait tout simplement dire que, paradoxalement, ça stagne pour de bon, le calme plat étant plus difficile à « modéliser » que les tendances franches de variations même faibles et lentes ?

  3. Pendant ce temps, un quatrième sondage, d’un quatrième sondeur différent, place Mélenchon 3e devant Le Pen 4e… Je n’irais pas jusqu’à dire que les courbes se sont croisées, mais je pense qu’on est au coude à coude. Les jours prochains, avec le meeting de Toulouse du Front de gauche, vont être déterminants pour les croiser pour de bon et enterrer enfin la menace du 21 avril et du vote utile à gauche.

  4. A mon humble avis, le principal enjeu de ce premier tour est de savoir qui sera 3ième. Si Mélenchon passe le 22 avril devant Le Pen et si son score est au dessus de la moitié de celui de Hollande, alors cela changera profondément les conditions objectives du rapport de force entre le centre-gauche et la gauche de gauche lors des luttes sociales à venir. Hollande aura forcément en tête le score de Mélenchon si les gens descendent manifester dans la rue comme en 36, et sera plus enclin à satisfaire les revendications.
    On peut même se hasarder à une hypothèse : dans une certaine mesure, Hollande sera obligé de courir après nous, les électeurs de Mélenchon, comme Sarkozy a couru après les électeurs de Le Pen pendant 5 ans : mais, pour cela, il faudra sans cesse lui rappeler notre existence.
    Encore faut-il, bien sur, que Hollande soit élu au second tour.

    • Je te recommande un peu plus de modestie.
      Je ne vois pas Hollande obligé de courir après Mélenchon. (Il aurait plutôt intérêt à courir derrière Bayrou).

      D’autant plus que Mélenchon a dit qu’il ne voulait pas participer au gouvernement de Hollande.
      De ce fait, j’aurai du mal à imaginer les gens descendre dans la rue comme en 36 et avancer des revendications qu’ils refusent eux-mêmes de mettre en place. Sauf à imaginer que Léon Blum aurait refusé le pouvoir.

      On touche ici le côté romanesque de Mélenchon : il fait rêver mais refuse de traduire le rêve en réalité.
      Tu te mets tout seul en position d’otage de son discours.

      Ce sera un peu trop facile de revendiquer en refusant d’être au gouvernement pour ensuite critiquer Hollande de ne pas faire ce qu’il refuse de faire lui-même.

      Faites attention au Front de Gauche, vous risquer d’aller au-devant d’amères désillusions !

      Je serai très reconnaissant à Mélenchon de passer devant Le Pen mais ça ne lui donne pas mandat d’exiger tout et n’importe quoi.

      • Merci, c’est cool de me réduire à un stéréotype politique et de me faire comprendre que je suis naïf. Je vous demande d’ailleurs officiellement l’autorisation spéciale de vous citer lorsqu’on me dit, quotidiennement, que je suis cynique, pessimiste et désabusé et violemment ironique. Pour ne rien vous cacher, ça fait des années qu’on me fait plus le genre de reproches que vous venez de ma faire et je commençais à m’en inquiéter sérieusement.
        Mais, je vous répondrai plus longuement sur le font tantôt… en particulier sur les similitudes entre 2012 et 1936, qui sont étonnantes. Je tiens cependant à vous rassurer sur un point : ce que je crois, au plus profond, c’est qu’il ne se passera pas grand chose jusqu’au retour de la droite en 2017 (Copé ? Juppé ? Fillon ? Villepin ?), ce qui pour moi est déjà nettement mieux que ce qui vient de se passer ces 5 dernières années.
        A plus tard.

  5. À la relecture de mon commentaire, je comprends qu’il ait été mal interprété. Pardon.
    Je ne voulais pas écrire un commentaire personnel mais beaucoup de commentateurs voient Hollande lié à Mélenchon et je pense qu’il a suffisamment de latitude (au moins concernant Mélenchon) pour ne pas lui céder.
    De la même façon, lorsque le PS et les verts ont conclu leurs accords électoraux, Hollande a dit que ça ne le concernait pas en tant que candidat et qu’il ne prendrait pas tout de ces accords.

    • Mais je suis d’accord avec vous pour ce qui concerne les élections. Hollande n’a pas et ne doit pas se préoccuper de l’électorat de Mélenchon, s’il veut gagner.
      Après le 6 mai, et après les législatives, par contre, s’il gagne, il devra probablement gouverner en tenant compte de la recomposition des rapports de force à gauche, en cas de protestation populaire (qui n’arrivera probablement pas, mais sait-on jamais)
      En ce qui concerne les commentaire personnels, pas de soucis, je suis sur ce site pour échanger et me marrer, je ne prends pas la mouche facilement.

  6. Que dire ? On retrouve des écarts normaux au second tour, allant de 53 à 56 pour Hollande (ce qui donne tout de même un écart allant du simple au double…). Bref, impossible d’identifier une tendance claire pour Hollande. Et même si par nature je tends à me focaliser sur le 53 plutôt que sur le 56, je pense qu’on peut dire qu’il y a une légère stabilisation. Peut-être le début d’un sursaut pour Hollande ? N’allons pas trop vite, mais on peut toujours rêver.😉

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