Etude des écarts entre sondeurs: des convergences dans les tendances malgré des derniers sondages TNS-Sofres et surtout CSA atypiques

 

CSA
20 Minutes, BFM TV, RMC
10-11 avril 2012
échantillon: 1013 électeurs inscrits sur un échantillon total de 1123

Sarkozy 26
Hollande 27

Le Pen 15
Bayrou 11
Mélenchon 17
Joly 1,5
Arthaud 0,5
Poutou 0,5
Dupont-Aignan 1
Cheminade 0,5

Hollande 57
Sarkozy 43

_________________

TNS-SOFRES-Sopra Group
i-Télé
11-12 avril 2012
échantillon: 1000

Sarkozy 26
Hollande 28

Le Pen 16
Bayrou 9
Mélenchon 16
Joly 2,5
Arthaud 1
Poutou 0,5
Dupont-Aignan 1
Cheminade 0

Hollande 56
Sarkozy 44

1. A rebours des autres sondeurs, dont les enquêtes ont été publiées hier, CSA, mais aussi TNS-Sofres, voient Mélenchon à un maximum jamais atteint, Hollande en baisse pour CSA (alors qu’il remonte plutôt par ailleurs), Sarkozy en forte baisse (alors qu’il est plutôt dans un léger effritement ailleurs), Bayrou toujours en baisse pour TNS-Sofres (alors qu’il remonte ou se stabilsie pour les autres) et un second tour revenu un mois et demi en arrière pour CSA (certes d’autres sondeurs voient Hollande à la hausse, mais pas à 57%).

Toutes les hypothèses sont ouvertes: « coup » de CSA, qui n’en avait pas encore fait en 2012 (en mars 2007, ils avaient annoncé Bayrou devant Royal et avaient assuré leur publicité…); erreurs d’interrrogation (alors même que, pour une fois, CSA est passé à un échnatillon de plus de 1000, au lieu des habituels 900 ou moins); manipulation à force de corrections et d’arrondis (mais que rechercherait l’institut, honni de la bien-pensance anti-sondagière car appartenant au groupe Bolloré, en « dégradant » autant Sarkozy tout en promouvant Mélenchon ? ce n’est pas très cohérent, sauf à être vraiment très machiavélique: attention électeurs de droite, les rouges reviennent et votre candidat bat de l’aile, mobilisez-vous !).

Je pencherais plutôt pour l’explication malheureusement habituelle avec CSA: ils ne sont pas bons ! Certes, TNS-Sofres est plutôt sur la même ligne, mais il n’a pas assez sondé ces dernières années (2010-2012) pour que l’on puisse sérieusement juger. Et, depuis fin 2011, il s’est plutôt écarté assez nettement de la moyenne.

Ce ne serait pas les seuls outliers de l’année ceci étant dit, un LH2 ayant placé Bayrou à 15 début mars.

2. Bien au contraire, les graphiques par institut montrent que les tendances reprérées hier se sont bel et bien amorcées:
– effritement de Sarkozy, qui est plutôt vers 28 que vers 29-30,
– légère reprise de Hollande probablement au niveau de Sarkozy, plutôt que vers 26-27,
– plafonnement de Mélenchon autour de 13,
– résistance de Le Pen, aux environs de 16,
– arrêt de la décrue de Bayrou, qui se hisse au-dessus de 10.

J’ai placé des courbes de tendance polynomiales d’ordre 3 ou 4, ce qui rend les choses visuellement un tantinet plus désordonnées (surtout à cause de la faible « production » de TNS-Sofres), mais qui met bien en exergue ces nouvelles tendances correctrices des évolutions précédentes (léger rebond de Bayrou, Hollande et Le Pen, plafonnement, voire début de retournement, de Mélenchon et de Sarkozy).

En ce qui concerne Hollande, le rebond existe pour presque tous les instituts. Pour CSA, même si la courbe de tendance indique le contraire, il baisse au contraire: c’est l’effet de résultats très variables de l’institut lui-même qui lisse la courbe de tendance. Même Harris a perçu un rebond, même si la configuration chronologique ne le fait pas apparaître sur la courbe de tendance.

Les instituts se répartissent toujours entre ceux qui voient Hollande dans le haut de la fourchette (LH2, BVA, IPSOS, TNS-Sofres sauf récemment) et ceux qui le voient dans le bas (Harris, IFOP, OpinionWay), CSA le voyant alternativement en haut et en bas.

L’écart s’est réouvert, jusqu’à 3 points (27-30), mais devrait se refermer vers les 28,5.

En ce qui concerne Sarkozy, tous les instituts ont remarqué son retournement sous 29%. Même IFOP et OpinionWay, même si le grand nombre d’enquêtes du premier et la chronologie du second ne permettent pas à la courbe de tendance d’enregistrer ce retournement.

En revanche, CSA, après avoir été le seul à placer Sarkozy à 30% à trois reprises et depuis la mi-mars, le fait retomber plus lourdement. Là encore, CSA se distingue par son erratisme. Les écarts entre instituts sont moins nets sur le moyen terme: certes, IFOP et CSA semblent plus « généreux », mais ce n’est pas constant, de même que la sous-évaluation partielle par LH2, BVA et Harris. IPSOS et OpinionWay sont les plus proches de la moyenne sur le moyen terme. TNS-Sofres apparaît très fluctuant.

L’écart global s’est plutôt amoindri (environ 2 points) et pointe vers les 27. La dynamique Sarkozy au premier tour est bel et bien interrompue et il s’effrite de nouveau.

En ce qui concerne Le Pen, tous relèvent une stabilisation ou un léger rebond. C’est même étonnant de voir que la candidate la plus difficile à apprécier d’habitude, se retrouve très « sage », alors même que CSA et TNS-Sofres se distinguent fortement sur d’autres candidats aux scores d’ordinaire plus cohérents (Mélenchon, Sarkozy et Bayrou).

Il y a même un resserrement des écarts, désormais plus proches des 2 points, ce qui pourrait signifier une solidification de son électorat et une meilleure appréciation de son niveau. Elle pointe clairement vers les 15-16.

Les tropismes restent toutefois assez clairs: haute pour IFOP, Harris et, plus récemment, OpinionWay, elle est basse pour LH2, BVA et CSA, et basse puis haute chez TNS-Sofres. IPSOS est dans la moyenne.

En ce qui concerne Mélenchon, CSA et TNS-Sofres se distinguent évidemment par son dernier sondage, alors que tous les autres instituts perçoivent le plafonnement, voire le retournement, de Mélenchon.

C’est d’autant plus étonnant que, jusque là, les instituts étaient assez cohérents sur Mélenchon, avec des écarts globaux assez limités. Désormais, celui-ci semble pointer vers les 13%. Certes, il existe de légers tropismes (haut chez IPSOS, TNS-Sofres et CSA; bas chez OpinionWay et IFOP), mais ce n’est pas majeur.

En ce qui concerne Bayrou, les courbes de tendance ne lui font pas grâce d’une apparente tendance toute récente à un mini-rebond, sur un plus bas en dessous des 10. TNS-Sofres est cependant en désaccord avec cette tendance apparente. Mais, comme TNS-Sofres est favorable à Mélenchon, il est traditionnellement défavorable à Bayrou.

Les écarts globaux se sont toutefois plutôt resserrés et montrent un Bayrou de retour sur les 10,5-11. Des tropismes subsistent, mais ils sont limités: Bayrou est haut chez OpinionWay et LH2, bas chez IFOP et TNS-Sofres. Les autres instituts sont dans la moyenne on ont « changé » de tropisme.

En ce qui concerne le second tour, le rebond de Hollande sur le niveau des 53 est globalement confirmé, même si l’erratisme (l’errance ?) de CSA se poursuit. Seul institut à voir Hollande à 60% fin janvier-début février, il avait rallié le bas de la fourchette, pour maintenant revenir à 57…

En dehors de ce cas particulier, rejoint par LH2 (pourtant « pro-« socialiste, mais surtout le seul autre institut à être aussi erratique que CSA ou presque), les sondeurs respectent leur positionnement plus ou moins traditionnel:
– Hollande est haut chez IPSOS (qui, en 2007, était plutôt à placer Sarkozy haut), BVA (toujours « pro-« socialiste), TNS-Sofres (plutôt « pro-« socialiste depuis fort longtemps);
– Sarkzoy est haut chez IFOP (ce n’est pas aussi ancien que l’on croit, mais c’est établi), OpinionWay (l’institut est jeune mais a toujours été « pro-« Sarkozy) et Harris (pas d’histoire suffisante).

Ce retour vers les 55-56 n’est cependant pas, à ce jour, décisif, dans la mesure où, désormais, c’est le premier tour qui compte. Les sondages de second tour redeviendront intéressants dans 10 jours. Bien entendu, la structure fondamentale de l’élection n’est pas modifiée.

En ce qui concerne les instituts, pour le premier tour, IPSOS semble le plus « moyen » et demande toujours à être suivi de près. L’IFOP n’est à retenir que parce qu’il enquête si souvent. Au second tour, on peut y ajouter, bizarrement, LH2 et, plus récemment, OpinionWay. Mais c’est encore l’indicateur agrégé qui paraît le plus « engageant », finalement…😉

PS: juste après sa publication, cet article a été actualisé du TNS-Sofres de ce jour. Les vacances sont là, en effet, et je préfère prendre un peu d’avance, car, malheureusement, ma production risque d’être moins régulière et surtout moins diserte dans la semaine qui vient. Je sais, cela tombe mal… mais nous sommes Français que diable, les vacances avant tout !😉

13 réflexions sur “Etude des écarts entre sondeurs: des convergences dans les tendances malgré des derniers sondages TNS-Sofres et surtout CSA atypiques

  1. Le sondage de CSA est certes étrange, mais l’interprétation de l’auteur sur l’incompétence de l’institut me semble infondée. Les équipes ne sont plus du tout les mêmes, en 2007, Roland Cayrol était à la tête de l’institut, désormais, il s’agit de Jérôme Sainte-Marie, ex BVA 2007. Donc, comment tirer des conclusions hâtives sur un institut alors que les équipes tournent régulièrement (cf Teinturier à Ipsos, Lévy à Harris etc..). Equipes différentes, techniques différentes.

    • Je l’ai en effet signalé dès l’automne 2011 et je le sais bien.
      Force est de constater toutefois que, pour beaucoup d’instituts, les tropismes restent à peu près les mêmes.
      Par ailleurs, Sainte-Marie vient bien de BVA qui, en 2007, ne fut pas fameux, c’est le moins que l’on puisse dire.
      Même si son patronyme tendrait plutôt à appeler mon… indulgence😉

      Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’un « directeur opinion » arrivant dans un nouvel institut adopte les méthodes de cet institut. Cela dépend un peu de la hiérarchie au sein des sondeurs: quelquefois, le propriétaire est lui-même sondeur de profession (cf. IPSOS); d’autres fois, le « directeur opinion » (ou quel que soit son titre) est plus libre de ses mouvements.

      Malheureusement, on peut aussi constater que les commanditaires influent sur les sondeurs: comment expliquer autrement que Harris soit à l’origine des sondages plaçant Le Pen en tête à la fin de l’hiver 2011 pour le compte du Parisien et sonde maintenant pour VSD ? que CSA, spécialiste du grand écart, sonde pour BFM-TV et RMC, les médias généralistes les plus « trash » ? que TNS-Sofres sonde pour i-Télé qui, depuis un an et demi, ne cherche qu’à imiter BFM-TV (ah, la défunte chronique internationale de Patricia Loison, quels regrets… c’est LCI la mieux maintenant, c’est dire ! à part France 24, bien sûr) ?

      Nous verrons bien au soir du 22 avril. Au moins, nous aurons 2 motifs de vrai suspense:
      quel est le meilleur sondeur ?
      quelle sera la carte détaillée des différents candidats ? (à vrai dire, une élection ne sert véritablement qu’à cela: produire des cartes ;D)

  2. Oh là là, ça m’inquiète quand tu parles de vacances comme ça… S’il te plait, fais un petit effort pour publier les sondages en temps voulu.😦

    Et dire que, alors ou je suis submergé de boulot, je trouve le temps de lire ton blog quotidiennement !

  3. Il ne faut surtout pas oublier que les sondages se trompent sur le premier tour régulièrement: en 2007, ils donnaient Sarkozy à 28-29 et Le Pen à 13-14, en 2002 tout le monde se souvient dans quel sens ils se sont fourvoyés, en 1995, ils voyaient à la veille du premier tour Chirac en tête à 24% et Jospin éliminé, en 1988, il surestimaient pareillement Chirac, et ne voyaient pas Le Pen aussi haut, en 1981 ils n’ont pas vu venir la chute de Marchais et le haut niveau de Mitterrand au premier tour..BVA ne sont pas nécessairement en tort parce qu’ils contredisent les autres instituts. La réalité, c’est qu’au regard des élections passées et des erreurs des sondeurs, on a Hollande en 25 et 32%, Sarkozy entre 24 et 31%, Le Pen entre 11,5 et 18,5%, Mélenchon entre 11 et 17%, Bayrou entre 8 et 14%.
    Par contre, là où l’erreur est en général faible, c’est le second tour, et la la tendance de ces dernièrs jours est clairement à un renforcement de Hollande(même l’IFOP quotidien le note)

    • Je pense exactement la même chose : l’histoire nous montre que les sondages du second tour sont les plus fiables, car les plus simples en terme de choix.

  4. Hé mec essaie de séparer les instituts en deux groupes : ceux qui sondent par téléphone et ceux qui sondent par internet, si tu ne l’as pas encore fait tu trouveras quelque chose de bien surprenant !

  5. Faut dire que devant la déculottée annoncée de son poulain et de la montée à des sommets qu’il disait impossible de Melenchon, on comprend que le besoin de vacances se fasse sentir. A moins que ce soit une émigration en terres libérales plus accueillantes.

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