Indicateur agrégé du 23 avril 2012 et nouvel indicateur des reports de voix: l’écart Hollande-Sarkozy, même s’il doit se resserrer, paraît trop important

L’indicateur du second tour bouge à peine ce lundi. Bien entendu, il devrait enregistrer un resserrement lundi prochain. Les sondages d’hier soir, même s’ils marquent déjà une diminution chez les sondeurs les plus favorables à Sarkozy, montrent aussi que, chez les autres, l’écart persiste voire s’élargit un petit peu chez IFOP, avec 55/45 dans le premier IFOP quotidien de cette semaine, qui repart sur des « bases neuves », avec un échantillon de 865 interrogé hier et aujourd’hui), de manière fort ironique. Même les 53-47 semblent encore loin.

1. Hollande est désormais en position de force:
– arrivé en tête, il a l’avantage de la dynamique et d’une certaine ambiance médiatique d’inéluctabilité,
– il n’a même pas besoin de changer de positionnement et peut continuer la même campagne,
– le scénario de 1988 est bien à l’oeuvre et, ainsi que je l’avais dit dès le début, cette élection devrait être gagnée « au centre » et non « au peuple »,
– la magie n’agit plus pour Sarkozy, qui ne parvient plus réellement à convaincre et qui se retrouve de nouveau déporté sur la droite,
– les reports de voix, déjà évoqués dans l’article précédent, restent largement suffisants, tant ils sont élevés à gauche, équilibrés au centre et encore trop limités à l’extrême-droite pour Sarkozy,
– Sarkozy est, lui, pris en étau depuis le début entre le centre et le FN et ce dilemme reste entier aujourd’hui et probablement insoluble,
-il peut même compter sur un probable « vote révolutionnaire » des hiérarques et de militants du FN, qui voteront pour lui pour briser la droite, comme Marchais avait voté Giscard le 10 mai 1981 et Chirac avait peut-être voté Mitterrand,
– les pouvoirs en place, surtout depuis 10 ans, perdent tous en Europe dans le climat de crise.

Mais, évidemment, il peut toujours exister une petite voie de salut pour Sarkozy.
Reste son énergie personnelle, qui est indéniable.
Reste le resserrement inévitable lié à l’égalité de temps de parole et à la volonté médiatique d’avoir du suspense.
Reste la stature de chef de l’Etat, qui peut quand même convaincre des électeurs de Bayrou et de Le Pen de faire le choix du « moindre mal », le choix de la raison face à une gauche qu’ils ne peuvent imaginer de laisser passer seulement parce qu’ils n’aiment pas Sarkozy ou qu’il les a déçus.
Reste l’amélioration en cours des reports de voix de l’électorat Le Pen et peut-être même de l’électorat Bayrou.
Reste la possibilité d’une bonne performance en débat singulier (Sarkozy avait largement battu Royal; Hollande avait juste surnagé face à Aubry), même si Hollande sera plus serein et n’aura pas à prendre de risque face à Sarkozy.

2. Pour faciliter les calculs, je vous soumets également un indicateur agrégé et pondéré de la même manière que notre indicateur principal, mais portant sur les reports de voix, toujours selon l’ordre « vers Hollande / vers Sarkozy / vers l’abstention »:

électorat Poutou: 49,00 / 25,00 / 26,00 (l’échantillon est faible, mais cela correspond assez classiquement aux chiffres de l’ultra-gauche)

électorat Mélenchon: 82,94 / 4,69 / 12,36

électorat Joly: 78,41 / 3,59 / 18,00

électorat Bayrou: 35,34 / 32,21 / 32,45

électorat Dupont-Aignan: 24,00 / 45,00 / 31,00 (un seul sondeur, BVA, et ce n’est pas le meilleur, comme nous le verrons bientôt… mais cela ne paraît pas indécent comme matrice de report)

électorat Le Pen: 22,19 / 46,67 / 31,15

abstentionnistes: 17,54 / 12,00 / 70,46 (fortement déformé par un sondage CSA douteux; c’est la matrice la plus difficile à discerner: il peut y avoir démobilisation dans l’un comme dans l’autre camp et mobilisation dans l’un comme dans l’autre; à défaut, on peut imaginer un effet équilibré)

En utilisant ces données, en considérant que l’électorat Arthaud se comporte comme celui de Poutou, que l’électorat Cheminade est négligé et que les deux qualifiés retrouvent tout leur électorat du 1er tour (ce qui n’est jamais vérifié, mais reste globalement bon), cela donne un rapport de force de:
54,59 pour Hollande et
45,41 pour Sarkozy.

Si besoin est, j’actualiserai l’indicateur agrégé des intentions de vote et celui des reports de voix plus souvent que prévu…😀 (cf. page sur le « Mode de calcul »)
En attendant, à vos calculettes !

23 réflexions sur “Indicateur agrégé du 23 avril 2012 et nouvel indicateur des reports de voix: l’écart Hollande-Sarkozy, même s’il doit se resserrer, paraît trop important

  1. Bonsoir et bravo pour votre site.
    Juste un commentaire pour dire que si j’avais été un votant pour J-L Mélenchon, j’aurais été dégouté de sa prise de position au soir du premier tour.
    J’aurais esperé un vote affirmé ayant une influence sur la position de François Hollande.
    Au lieu de cela, Melenchon se rallie sans conditions au candidat du sytème contre lequel j’aurai voté.
    C’est pourquoi je considère la position de Melenchon comme une rédition et j’aurais plutôt tendance à m’abstenir au second tour.
    Abstention de l’electorat Melenchon est certainement sous-estimé.

    Laurent

    • Il n’a pas exactement dit ça… Il a appelé à voter contre Sarkozy, et il a envoyé plein de piques contre les socialistes : « honte à ceux qui nous ont tiré dessus plutôt que nous aider »
      Je pense que la majorité des électeurs de Mélenchon est farouchement anti-sarkozyste. (d’autant plus si ce dernier fait mine de s’allier avec le FN). Je pense que les estimations ne se trompent pas.

  2. On peut aussi souligner que Sarkozy a fait une nette remontée avec son entrée en campagne et ses prises de paroles avant d’être freiné puis stoppé avec l’égalité du temps de paroles entre les candidats.
    Cela peut avoir une effet inverse avec un retour à l’égalité et la seule présence des 2 vainqueurs du 1er tour.

    Une question, pourquoi s’évertue t on à dire dans les médias que Sarkozy a un retard de 10 points pour un 55/45 par exemple alors que ce n’est qu’un retard de 5 points puisque toute hausse de l’un baissera l’autre de manière équivalente ?

      • 2 voitures distantes de 10 km se dirigent l’une vers l’autre à vitesse constante.
        Elles se croiseront dans 5 km mais sont quand même espacées de 10 km.

        L’erreur est de juxtaposer dans une même analyse l’aspect statique (distance à un instant « t » entre les candidats/véhicules) et l’aspect dynamique (variation de l’écart dépendant du temps).
        Depuis la Grèce Antique, les paradoxes de Zénon alimentent cette ambiguïté.

  3. Il y en effet une petite chance pour NS de rattraper son retard qui a mon sens n’est pas si insurmontable:
    54%/46%, ne donne pas une si enorme difference comme semblent le dire les medias. Il suffirait sur cette base de donner 2 points a NS et de les enlever a FH pour voir qu’au final ils sont plus ou moins au meme niveau: 52% / 48%… Et on sait bien que 2,3 voire 4 points peuvent evoluer en 2 semaines de campagne.

    La ou je ne suis pas forcement d’accord avec certaines analyses, c’est concernant le coup de mou de NS les deux dernieres semaines du premier tour, ou l’on incrimine a tort selon moi, le « temps de parole pour tous ».

    A mon avis, je pense plutot que cela vient d’une certaine « lassitude » des francais envers la personnalite/le charisme de NS. A force de l’entendre et de le voir depuis 5 ans, on s’est habitue au style NS et il n’y a plus vraiment la surprise/ferveur qu’il y avait eu en 2007 ou son charisme et son energie lui avaient permis de remporter l’election. Le comble a mon avis est que cette qualite semble lui deservir aujourd’hui. Les gens semblent lui « reprocher » d’etre « pas mauvais politique ». Dans une societe ou tout doit changer tout le temps, etre nouveau different sinon on zappe, je pense que NS est « trop » connu et ne fait plus rever. A l’inverse, on « decouvre » FH qui, en etant tres clairement en dessous de NS en terme de « personnalite/charisme » reste toutefois favori… car il beneficie selon moi de l’effet TIC TAC! (la Fraicheur!)

    Concernant le ou les debats, je pense aussi que (a moins qu’il y ait un gros choc surviolent et que FH n’arrive plus a se contenir et craque, mais je le pense trop « smart » pour ca et il a l’experience des tactiques/coups bas politiciens) cela ne changera pas grand chose: Comme tout le monde s’attend a ce que NS defonce litteralement FH, cela paraitrait du coup normal qu’il gagne le debat et on verra des medias qui finalement diront: « FH s’en est finalement pas trop mal tire » ou « NS a gagne mais on le savait » et du coup il n’y aurait pas non plus de « surprise » a ce niveau. D’ou des intentions de vote qui ne devraient finalement pas trop changer…

    Et comme ca ne devrait pas changer, « on » va donc continuer a voire des gros titres annoncant la « defaite » de NS…

    Cela devient d’ailleurs navrant et deprimant de voir toute cette presse tellement politique, aucune liberte d’esprit chez ces journalistes qui ne font plus du tout leur boulot theorique qui est d’informer l’opinion de maniere impartiale… A part Les Echos qui me paraissent plus pragmatique, et dans une certaine limite, C dans l’air, difficile de s’informer avec des « vrais » articles/reportages…

    Heureusement qu’il y a ce blog! Bravo encore pour le travail realise et la qualite des commentaires!

    • Je ne crois pas que ce soit une lassitude vis à vis du charisme de Sarkozy, mais plutôt la conséquence de l’exercice du pouvoir. Sarkozy est très fort dans l’incantation, dans la dénonciation, mais lorsqu’on est en responsabilité, ce n’est simplement plus possible de tenir ce genre de discours s’il n’est pas suivi d’effets et de résultats. C’est cela qui est rejeté et condamné, en plus de la tendance de Sarkozy à user et abuser de son pouvoir, pour se prendre du bon temps(il s’est fait plus discret quand même) ou pour rabrouer ceux qui osent lui résister (là, il a vraiment de la peine à se retenir comme avec Claire Chazal récemment).
      Quant aux possibilités de retournements entre les deux tours, je n’y crois guère. On n’a pas vraiment d’exemple d’un tel écart qui s’évapore. D’autant plus que beaucoup d’électeurs ont déjà fait leur choixs.
      Avec Ségolène Royal candidate dont on pouvait très légitimement douter qu’elle avait le niveau, la gauche a fait 47% au second tour, et ce alors que Sarkozy était au sommet de sa popularité. Comment Hollande, qui a évité habilement toutes les grosses fautes, pourrait-il perdre face à ce président dévalué?

  4. Les 25% de reports de voix Poutou -> Sarkozy me semblent assez surprenants. L’anti-Sarkozysme est très présent à l’extrême gauche.
    Je vois l’électorat Poutou assez semblable à celui de Mélenchon, mais avec plus de reports vers l’abstension et moins vers Hollande. Un des motifs de désaccord entre le NPA et le Front de Gauche a été que le NPA soupçonnaient le Front de Gauche de vouloir gouverner avec les socialistes.

    • De tous temps, la vraie extrême-gauche trotskysante, de LO au PCI-MPPT-PT-POI, mais aussi une partie de la LCR, ne s’est jamais bien reportée sur la gauche et une petite partie se reporte sur la droite, soit par incongruité du raisonnement, soit par « vote (réellement) révolutionnaire » et anarchisant, soit par utilitarisme (plus facile de faire fructifier la boutique face à un gouvernement « ploutocratique »).

      Ces chiffres ne me choquent pas tant que cela (même si, je vous l’accorde, 25%, c’est élevé), dans la mesure où, à moins de 1,8%, nous avons là la vraie extrême-gauche idéologique (même sur Poutou), la fausse étant chez Mélenchon.

      D’ailleurs, la carte mélenchonienne que je vous proposerai montre sa force dans le Sud et non dans l' »arc » nordiste traditionnel du trotskysme.

      • J’ai eu la chance (?) d’assister à un débat entre des trotskistes et des staliniens.
        Je peux vous assurer que ce sont les pires ennemis du monde.

        La droite (extrême) n’est pas non plus en reste dans ces confrontations idéologiques.

        Les reports de voix contre nature peuvent être idéologiques ou politiques (Marchais a voté Giscard; Chirac a voté Mitterrand).

        Arthaud et Poutou se sont mis d’accord pour préparer un troisième tour social mais alors que Poutou appelle à voter Hollande, Arthaud dit qu’elle votera blanc.

        J’ai refusé d’essayer de comprendre ces confrontations idéologiques :
        Mélenchon, candidat du PCF (à priori stalinien) mais qui appelle les trotskistes du NPA.
        Poutou, trotskiste assumé.
        Arthaud, communiste déclarée mais dont le parti soutient Mélenchon, socialiste trotskiste.

        Mais combien de leurs électeurs connaissent-ils les fondements idéologiques de la IVème internationale ?
        Je crois plutôt qu’ils choisissent un candidat plus rock&roll ou meilleur tribun !!! C’est la moins médiatique des 3 (Arthaud) qui est passée sous l’échafaud de l’apparence médiatique.

        Certains camarades ici-présents (je pense à Jules Vallès) pourraient-ils m’éclairer ?

  5. Contrairement à la thèse d’une remontée de Sarko avec son « retour » dans les médias, je n’y crois pas du tout. Tout le monde connait NS et a une opinion à son sujet. Nous sommes dans une optique de référendum pour/ contre le sortant. Les lignes ne peuvent pas bouger tant que çà et il sera moins facile à Sarkosy de gagner les 4-5 points qui lui manquent dans ce contexte que dans un premier tour où la diversité de l’offre génère plus de mouvements et d’hésitations chez les électeurs. C’est pourquoi on dit, ici et ailleurs, que les sondages sont plus fiables sur un deuxième tour que sur un premier.
    D’autre part, son virage « encore plus à droite » pour récupérer le vote FN me semble totalement voué à l’échec car il repousse à gauche l’électorat centriste. Tout le monde sait que la Présidentielle se joue au centre… sauf Patrick Buisson !

    • Je suis assez d’accord. En général, l’entre-deux tours ne change pas vraiment la donne pour une élection présidentielle. Les gens ont depuis longtemps eu l’occasion de comparer Hollande et Sarkozy.C’est comme le débat, il peut être décisif en cas de duel serré (comme sans doute en 1974) mais dans un cas comme celui que nous avons, cela ne changera pas fondamentalement la donne.

  6. Quant à ‘honnêteté de C dans l’air, voici un extrait de votre excellent confrère l’Observatoire des sondages :
    « L’émission de télévision C dans l’air sur France5 [1] a pu reprendre son rythme et son format de diffusion habituels de promotion de Nicolas Sarkozy, juste perturbée le 15 février 2012 par l’annonce officielle sur Tf1 de la candidature à la présidentielle du président sortant (cf. Vous avez dit pluralisme). La propagande en l’honneur de Nicolas Sarkozy est repartie en fanfare à l’image de cet échange entre deux compères de l’émission diffusée le 21 février 2012, illustration de la « magnifique » neutralité des sondeurs. »

  7. Bonsoir,
    Un petit message pour signaler à tous que j’ai effectué le pronostic le plus près des résultats du premier tour dans le commentaire 3 de l’article Indicateur agrégé du 20 avril 2012: les données brutes.
    En partant d’une estimation du score de la gauche qui s’est avéré juste (44%), puis de la distribution des voix au sein de chaque camp, j’ai pu m’approcher des résultats réels bien que pêchant comme tout le monde sur Le Pen (un écho du porte-à-porte PS dans les cités HLM m’avait prévenu des réactions très anti-système des gens qui n’hésitaient plus à annoncer même à des voisins qu’ils allaient voter Le Pen). En relisant les commentaires du post Indicateur agrégé du 20 avril 2012: les données brutes, je m’aperçois d’ailleurs que deux bloggeurs voyaient Le Pen a au moins 20%. En fait le seul dont il ne fallait pas prolonger la courbe des sondages était Bayrou (résultat en baisse alors qu’il semblait reprendre du poil de la bête).
    Les instituts de sondages ont quand même fait un excellent travail sur la période janvier 2012-avril 2012 (avant janvier 2012, l’effet primaire et la non-déclaration de tous les candidats relativisaient la qualité des mesures). Par exemple, si on fait simplement la moyenne de Le Pen sur toute la période du rolling (12 janvier-20 avril), on obtient 17,84% ! Elle était à 21,5% en le 12 janvier dans le rolling (peut-être pour attirer l’attention sur l’outil) et autour de 18% à la mi-janvier dans l’indicateur agrégé. Est-elle alors vraiment la surprise de la campagne ? Qu’est-ce qui a bougé pendant la campagne et celle-ci a-t-elle finalement servi à quelque chose ?
    Ce qui a été bien vu par les sondages, au grand déni de la droite depuis dimanche 22 au soir, c’est la poussée de la gauche depuis janvier grâce à la montée de Mélenchon et à la bonne résistance de Hollande, le total gauche (extrême gauche+Mélenchon+Hollande+Joly) passe de 40% mi-janvier à 44% le 22 avril, avec une vraie consolidation. Mélenchon, qui est le seul à avoir gagné une place dans le classement au cours de la campagne, a même parlé de Mélenchonisation des esprits quand Hollande a annoncé sa tranche à 75% et Sarko a répliqué par la taxation des expatriés fiscaux. C’est effectivement ce passage au premier tour de 36,5% en 2007 à 44% en 2012 qui donne le socle de la future victoire de Hollande.
    Ce qui a été également très bien vu par les instituts, c’est le fameux croisement des courbes Hollande/Sarko en mars, puis le décroisement en avril, l’indicateur agrégé a été très utile de ce point de vue alors que le rollling devenait confus sur le mois d’avril.
    Pour le deuxième tour, je maintiens mon pronostic de 53,5 pour Hollande contre 46,5 pour Sarkozy. Traditionnellement, le résultat du deuxième tour se lit dans le résultat du premier tour : les premiers sondages et l’indicateur donnant globalement 54,5/45,5 et sachant qu’il y a très peu de mouvement des électeurs entre les deux tours (pas plus de 1 point alors qu’il en faudrait 5 pour faire basculer l’élection comme cela est très doctement expliqué dans les commentaires précédents), c’est plié de chez plié même si Sarko fait feu de tout bois. J’ai d’ailleurs peur pour lui que la stratégie travail-famille-patrie qui se dessine depuis lundi ne le fasse finalement passer sous les 45, ce qui ne serait que mérité.
    Enfin, j’apprécie les rappels historiques sur les querelles de chapelle du trotskysme et du stalinisme et de leurs avatars français. Chacun a pu observer qu’en fin de campagne Arthaud tapait sur Mélenchon alors que Poutou (avec Besancenot) tapait sur Hollande. J’en profite pour faire une remarque à propos de Cheminade qui bizarrement ne se présente qu’en 1995 et en 2012 alors que l’OCI-MPPT-PCI présente des candidats en 1988 (Boussel, lamberto tête de veau), 2002 (Gluckstein) et 2007 (Schivardi), pour cinq résultats très proches entre 0,25% et 0,47%. Le lambertisme serait-il donc un complot extra-terrestre néonazi comme cela a été relevé par quelques posts ? Si c’est le cas, on y a échappé belle en 2002 !
    A bientôt.

    • Je profite de votre commentaire pour vous féliciter si vous êtes effectivement le meilleur pronostic et surtout pour me ravir du fait que beaucoup d’entre vous soient convaincus que les sondages ne se sont pas « encore trompé »…

    • Notre amis Boussel – « Lambert », s’il était bien humain, a été un bon apôtre du défaitisme révolutionnaire pendant l’occupation et son camarade de parti Molinier – « Testu » a tenté de faire de l’entrisme chez Déat et les plus zélés des collabos antisémites. Bref, l’attitude de certains trotskistes sous l’occupation n’a pas vraiment été, c’est le moins qu’on puisse dire, dénuée d’ambiguïté. C’est ce qui a permis au PC de les traiter d’hitléro-trotskistes à la libération, alors qu’eux même, pendant le pacte germano soviétique étaient sur une ligne de neutralité jusqu’à fin 41, refusant de choisir entre le fascisme et la « démocratie bourgeoise ».

      On pourrait aussi parler de Guesde, refusant, avant la première guerre mondiale, toute alliance avec la classe bourgeoise, tout ça pour finir par se rallier en 14 à l’union sacrée et pour envoyer des gamins à la boucherie dans les tranchées sous prétexte que la guerre était la mère de la révolution. Ou de Robespierre, partisan de l’abolition de la peine de mort et opposé à la guerre… jusqu’à ce qu’il accède au pouvoir.

      Mais là où vous vous gourez tous, concernant les trotskystes, c’est que ce qu’ils haïssent le plus, ce n’est pas, ni la droite, ni la fausse gauche, ni la vraie gauche, ni même le PC. Non ! Ce qu’ils exècrent au plus haut point ce sont… les autres sectes trotskistes : essayez d’évoquer LO avec un lambertiste, de parler du NPA avec un membre de LO, voire faire une allusion à l’OCI avec les purs et durs de la LCR. Frissons garantis !

      Dernière chose : Mélenchon n’est pas un stal. : c’est un ancien lambertiste (pendant une très courte période de sa jeunesse). Il y a des restes de son éducation trotskiste dans sa posture, mais ses modèles, à part Mitterrand, sont plutôt à chercher du côté de Lafontaine en Allemagne ou des dirigeants sud américains, du meilleur (Michelle Bachelet au Chili, Lula) au pire (Chavez). Son vrai but, c’est l’union de la gauche de gauche, au delà de la stérilité des luttes entre anciennes sectes révolutionnaires. C’est d’ailleurs principalement la concrétisation cette union, au delà de ses indéniables talents d’orateurs, qui lui a permis de faire un score au delà de 10%.

      Je reprécise mon positionnement, pour que ceux qui lisent ce commentaire sachent d' »où » je parle : soutien de Mélenchon, je votais vert de gauche (2002 : Mamère), ou alter-mondialste libertaire (2007 : Bové) avant. J’ai un peu pratiqué les stals. et les trotskistes, surtout au sein du syndicat FO, où les lambertistes font de l’entrisme. Ça m’a très vite vacciné de tous sentiment de tendresse à leurs égards. Personnellement, je vote toujours et, au second tour, je choisis toujours le moins mauvais selon moi, à condition que la différence soit significative : c’est pour ça que j’ai voté Chirac, sans aucun état d’âme, en 2002. D’ailleurs, même en 69, j’aurais voté Poher, rien que pour faire chier Pompidou ! (mais je n’étais pas né). Et je ne peux définitivement pas encadrer les gens de LO, qui prônent le vote blanc au second tour.

      • une remarque à propos des 44% de la gauche. On dit que c’est bien moins qu’en 1981 (47)ou 1988 (45 ou 46) mais pour ces deux dates on additionne aux candidats dits de gauche les écologistes, or, à l’époque, ils n’étaient pas clairement à gauche. Ni Lalonde ni Waechter, sauf erreur, n’ont appelé à voter pour Mitterrand.
        en 2002, ça a été en gros 42 et laissait des chances à Jospin, sauf que Laguiller n’aurait jamais appelé à voter pour lui et les reports n’auraient pas été de même qualité que ceux probables de Mélenchon
        je me souviens en 81 , on disait bien que la gauche n’avait pas la majorité absolue au premier tour et on n’osait guère croire en sa victoire (quand on en était comme moi partisan)
        là on a 44% avec des candidats qui, tous sauf Arthaud (0;6) appellent clairement au vote PS , ça change tout et relativise l’idée de droitisation
        L.P.

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