Palmarès des sondeurs pour le 1er tour: Harris surprenant vainqueur, mais l’indicateur agrégé est bien le meilleur moyen d’approcher les résultats réels

1. Suivre les sondages implique, au final, d’émettre un jugement sur leur fiabilité.

Ce jugement est forcément tronqué et une critique fondamentale adressée au système des sondages persistera toujours: nous sommes incapables d’assurer que les évolutions intermédiaires entre le premier et le tout dernier sondages ont été réelles ou non. L’influence auto-réalisatrice des sondages n’est pas inexistante et les comportements électoraux sont forcément modifiés, même à la marge, par les perspectives données par les sondages: le vote « utile » peut être important et désavantager ainsi des petits candidats (surtout depuis l’expérience cuisante de la gauche en 2002); les « dynamiques » (positives ou négatives) perçues à travers les sondages peuvent s’amplifier au travers du battage médiatique, d’un effet « boule de neige » ou d’effets de mode. Indirectement, les sondages peuvent être essentiels pour expliquer des résultats d’élections primaires: la désignation de Ségolène Royal lors des primaires 2006 du PS en est une bonne illustration, comme, probablement, le bon score de second tour de Hollande en 2011 (désigner le candidat censé avoir le plus de chances face à l’ennemi). Enfin, les sondages influencent les comportements et les campagnes des politiciens eux-mêmes.

Néanmoins, c’est bien l’utlisation, l' »interprétation » ou plus simplement la présentation faites des sondages par les médias qui posent problème. Certes, il y a eu 2002, mais je suis persuadé qu’un indicateur agrégé correctement prolongé en 2002 aurait bien montré que la possibilité d’un dépassement de Jospin par Le Pen était réelle.

Plus largement, il n’y a pas eu, pour les élections présidentielles, d’erreur fondamentale. La dernière édition ne fait pas exception, malgré toutes les gloseries dans les médias et sur Internet. Evidemment, ce que l’on pense que révèlent les sondages est une autre chose que les chiffres réels: lundi, dans le poste, Jean Plantu critiquait les sondeurs parce qu’ils avaient placé Mélenchon troisième (et qu’ils avaient donné de faux espoirs… on rêve… surtout à l’égard de ceux qui précisément ont toujours rejeté les sondages et ont dit vouloir les faire mentir) et la journaliste de France Info de l’appuyer en disant que les sondeurs plaçaient Le Pen à 13-14… Tous ceux qui lisent ce blog, qui a publié TOUS les sondages et a fourni un indicateur agrégé depuis le début de la vraie campagne, savent ce qu’il en est. En réécrivant l’histoire au fur et à mesure qu’elle se fait (une spécialité française…) ou ne faisant dire aux sondages que ce que l’on veut qu’ils disent, évidemment, les sondages auront toujours tort.

Les titres des journaux, qui ont désormais une vocation purement politique et commerciale, et non une vocation de synthèse la plus intelligente et ramassée possible d’informations contenues dans l’article ou le reportage, et la reprise de ces titres ou d’informations fournies sous une forme de plus en plus minimaliste (bandeaux des chaînes d’information continue, chapôs d’articles sur Internet, twits, messages Internet de toutes sortes, etc) sont les principaux responsables de ce phénomène.

Quand une intention de vote évolue, est-ce par rapport au sondage précédent du même sondeur (même si c’est 1 mois plus tôt ?), au sondage précédent paru dans le même média (même si c’est 6 mois plus tôt ?) ou au tout dernier sondage paru (même s’il porte sur des dates d’enquête plus anciennes qu’un autre ou plus récentes que celui dont on parle ?). Mais on n’a pas le temps de s’arrêter à ces détails… En revanche, on a le temps de gloser, de « polémiquer » (le grand mot à la mode…), d' »analyser » pendant de longues minutes sur les erreurs des sondeurs…

Au contraire, en retenant le dernier sondage de chaque institut, 2012 aura été un bon crû, contrairement à ce que je pensais dimanche soir, sur la foi d’estimations de votes qui, elles, ne furent pas brillantes (mais c’est la faute à l’absence de sondages « sortie des urnes », un véritable attentat sociologique et scientifique, car cette élection ne pourra pas être analysée correctement…

Aucun sondeur ne s’est trompé dans l’ordre d’arrivée des 5 grands candidats, certains plaçant simplement des candidats à égalité. Il a pu y avoir quelques inversions de classement mais seulement pour les petits candidats et encore, jamais plus d’une par institut.

Aucun sondeur ne s’est trompé au-delà de la marge d’erreur affichée d’environ 3% et ce pour l’ensemble des candidats.

Les seules « surprises » n’en ont pas été:
– souvenons-nous que j’avais plusieurs fois écrit qu’à environ 16% (et combien de sondages sont sortis à ce niveau en avril ! cf. mes courbes par sondeur), Le Pen était très haute (et, à titre personnel, je pensais de manière erronée qu’elle était surévaluée, alors que les sondeurs étaient dans le vrai); de surcroît, elle rebondissait quelque peu:

– souvenons-nous que j’avais plusieurs fois écrit (sous quelques huées ;)) que Mélenchon plafonnait et se retournait et la tendance s’est simplement prolongée et accélérée pour lui:

En revanche, on a moins parlé d’une sorte de rechute de Bayrou, probablement victime d’un vote « utile » vers Hollande:

Hollande a peut-être bénéficié de votes « utiles », sur sa droite et sur sa gauche, mais il est globalement très bien évalué:

Sarkozy est plutôt dans le haut de sa fourchette; il « surperforme » mais beaucoup moins qu’en 2007 et il est correctement évalué:

Au final, le paysage est donc satisfaisant sur la fiabilité globale. Qu’en est-il de la fiabilité comparée ?

2. Dans le détail, plusieurs critères peuvent permettre de juger de la fiabilité comparée des sondeurs (cette échelle est totalement subjective et imparfaite… et n’hésitez pas à la critiquer):

l’ordre d’arrivée des candidats dans le dernier sondage par rapport à l’ordre d’arrivée réel, pondéré pour 15% de la note finale, en comptant comme suit sur 15: perte de 3 points en cas d’inversion entre deux « grands » candidats, de 1,5 points en cas d’égalité entre « grands » candidats, de 0,75 point en cas d’inversion entre « petits » candidats, de 0,25 point en cas d’égalité entre « petits » candidats;

la tendance de chaque sondeur pour les 5 « grands » candidats, pondérée pour 5% de la note finale: j’ai pris en compte les deux derniers sondages de chaque institut et ai retiré, sur 5 points, 0,5 point s’il stagnait et ne se rapprochait pas du résultat réel du candidat, 1 point s’il s’éloignait de ce résultat réel (à la hausse ou à la baisse); ce critère permet de relativiser le précédent et de « récompenser » un peu une tendance bien perçue, à défaut du niveau réel;

les valeurs absolues des écarts entre le dernier sondage et les résultats réels, pondérées pour 50% de la note finale: j’ai fait la somme des valeurs absolues des écarts calculés pour chaque candidat, « petits » compris, que j’ai ensuite déduite de 50;

l’ampleur des écarts entre le dernier sondage et les résultats réels, pondérée pour 30% de la note finale: j’ai fait le rapport entre l’écart constaté pour chaque candidat et le niveau de son résultat réel, puis j’ai additionné ces rapports et j’ai déduit le total de 10 puis ramené le tout sur 30; cela permet de prendre en compte l’importance relative de l’écart (il est plus ennuyeux de se tromper de 2 points sur Bayrou que sur Hollande, pour faire court) et de compléter le critère précédent, un peu trop brutal.

J’ai intégré les 8 sondeurs ayant publié des intentions de vote, l’indicateur agrégé publié sur ce blog et la tendance de l’indicateur agrégé, c’est-à-dire ce qu’aurait donné l’indicateur le 22 avril en prolongeant les évolutions en cours, telles qu’elles apparaissaient dans le graphique du 20 avril: Hollande 28,2 / Sarkozy 26,4 / Le Pen 16,0 / Mélenchon 13,3 / Bayrou 10,5 / Joly 2,3 / Dupont-Aignan 1,5 / Poutou 1,2 / Arthaud 0,4 / Cheminade 0,1.

Le classement sur les différents critères est le suivant:

– ordre d’arrivée:
1ers ex aequo: Indicateur brut, Indicateur en tendance, Harris
4èmes ex aequo: CSA, LH2
6ème: IPSOS
7èmes ex aequo: IFOP, TNS-Sofres
9ème: OpinionWay
10ème: BVA

– tendance:
1ers ex aequo: Indicateur brut, Indicateur en tendance, IFOP
4èmes ex aequo: IPSOS, OpinionWay
6èmes ex aequo: Harris, TNS-Sofres
8èmes ex aequo: CSA, LH2
10ème: BVA

– valeur absolue des écarts:
1er: Indicateur en tendance (7,3)
2ème: TNS-Sofres (7,5)
3ème: OpinionWay (7,9)
4ème: Indicateur brut (8)
5ème: Harris (8,1)
6ème: IFOP (9,1)
7ème: IPSOS (9,5)
8ème: LH2 (10,9)
9ème: CSA (11,1)
10ème: BVA (11,5)

– ampleur relative des écarts:
1er: Indicateur en tendance (1,61)
2ème: Indicateur brut (1,72)
3ème: Harris (2,29)
4ème: IFOP (2,34)
5ème: OpinionWay (2,56)
6ème: LH2 (2,75)
7ème: IPSOS (2,76)
8ème: CSA (2,86)
9ème: TNS-Sofres (2,97)
10ème: BVA (3,14)

Enfin, la note globale finale est la suivante:
1er: Indicateur en tendance 84,37
2ème: Indicateur brut 83,34
3ème: Harris 80,53
4ème: IFOP 79,13
5ème: OpinionWay 78,34
6ème: TNS-Sofres 77,63
7ème: IPSOS 77,39
8ème: LH2 75,64
9ème: CSA 75,05
10ème: BVA 71,41

Mon échelle étant quelque peu artificielle (un peu « dure » pour TNS-Sofres notamment et un peu « généreuse » pour IFOP peut-être), il faut surtout retenir que:
l’indicateur était une vraie bonne idée😀

Harris est clairement le meilleur sur ses tout derniers sondages, ce qui ne peut manquer de surprendre après les critiques dont il a fait l’objet à la fin de l’hiver 2011 en plaçant Marion « Marine » Le Pen en tête (refaisant même un sondage devant le tohu-bohu médiatique) et étant donné ses méthodes de sondage par Internet et non par téléphone,
IFOP, OpinionWay, TNS-Sofres et IPSOS constituent un groupe tout à fait satisfaisant, OpinionWay faisant l’objet de critiques similaires à celles adressées à Harris,
LH2 et CSA sont en retrait et assez moyens,
BVA n’a pas été bon.

Comme pour la primaire du PS, les « nouveaux arrivants » Harris et OpinionWay se sont donc très bien débrouillés et rejoignent, voire dépassent dans le cas d’Harris, le trio traditionnel IPSOS-IFOP-TNS Sofres. CSA, LH2, BVA confirment leur performance médiocre de 2007.

Devrais-je pondérer l’indicateur agrégé de ce nouveau facteur: la fiabilité relative des instituts ? Ma foi, la faible différence entre sondeurs, à ce jour, pour le second tour, comme le fait que les « gros » contingents de l’IFOP compensent les (faibles) contingents de CSA et LH2 et les (récemment plus gros) contingents de BVA, ne m’incitent pas à le faire. En outre, l’historique est trop faible (même si ce premier tour confirme les tendances de 2007-2011, y compris celles des élections locales et de la primaire du PS) pour pouvoir affecter une pondération intelligente à chaque institut.

3. Antonio me réclame une explication des deux « surprises », Le Pen et Mélenchon. Je tenterais quelques explications, que seuls des sondages sorties des urnes auraient pu confirmer (satané pays…. parce que certains sont des nuls et ne peuvent attendre une heure de plus pour publier des chiffres, on a tué l’étude sociologique de l’électorat du 22 avril 2012…. quelle honte !):

Le Pen a bel et bien gagné sur un électorat populaire qui se déclarait pour Mélenchon dans les sondages (1 point serait suffisant): sa force relative dans les zones semi-urbaines ou urbaines du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie et dans certaines zones de l’Est (Meuse du nord, Vosges, certaines parties non rurales de Moselle et Meurthe-et-Moselle) pourrait expliquer la faiblesse relative de Mélenchon dans ces régions alors que par ailleurs, sa répartition géographique est largement celle du PCF (nord et ouest du Massif Central, Midi languedocien et bas-Rhône, certains contreforts pyérénéns) et du « vieux » PS (sud des Alpes et intérieur de la Provence, Midi toulousain, centre des Pyrénées, Auvergne);

Le Pen a bien été légèrement sous-estimée, par une subsistance de « vote honteux » (jusqu’à 1 point ?), qui a peut-être été moins « redressé » par les instituts, car n’oublions pas que, après avoir été sous-estimé en 1988, 1995 et 2002, Le Pen prèe avait été sur-estimé en 2007; en outre, avec une base de référence lepéniste réduite en 2007, l’évaluation du FN était peut-être un peu plus difficile en 2012;

Mélenchon a pâti d’un vote « utile » pour Hollande pouvant aller jusqu’à 1 point: il a servi de défouloir dans les sondages, pour tenter de retenir Hollande sur la gauche, mais un certain nombre d’électeurs ont probablement rallié Hollande le jour du vote, par souvenir du traumatisme de 2002 et par véritable raisonnement « utilitariste » consistant à se dire qu’il fallait absolument que Hollande soit en tête (raisonnement que n’ont pas eu les stupides😉 électeurs de droite qui se sont dispersés sur Dupont-Aignan et Le Pen);

Mélenchon a pu perdre jusqu’à 0,5 point (et à ce niveau, cela compte) au profit de Poutou et, marginalement, d’Arthaud;

les sondeurs (à part CSA, mais il ne fait pas au bon moment :P) sont peut-être portés à « freiner » les tendances qu’ils décèlent et donc, les deux tendances fortes précédant immédiatement le premier tour, le retournement de Mélenchon et la reprise de Le Pen, ont été sous-estimées;

– enfin, la « cristallisation », pour beaucoup de Français (environ 10% disent-ils), se fait le dernier week-end, voire le dernier dimanche; ceux-là sont peut-être plus enclins à exprimer un vote de « ras-le-bol », d’inquiétude et de « rejet du système », ce qui avait favorisé Le Pen père en 2002, Bayrou en 2007 (qui avait fini plus fort que les derniers sondages) et Le Pen fille aujourd’hui (car son vote n’est pas majoritairement raciste et sécuritaire, ce serait une erreur de le penser; il est social, nous y reviendrons).

Cela suffit bien à expliquer 2 points en plus ici et 2 points en moins là. De là à évaluer chacun des facteurs…

________________________________

IFOP quotidien
Paris Match, Europe 1
22-25 avril 2012
échantillon: 1507

Hollande 55 (=)
Sarkozy 45 (=)

N’oublions pas l’IFOP du jour, surtout qu’il intègre désormais une matrice de report des voix chaque jour ! Ils se rattrapent aujourd’hui:

électorat Mélenchon: 82/2/16 le 23 avril, 82/3/15 le 24 avril, 81/3/16 le 25 avril, bref une situation légèrement moins favorable à Hollande que dans les autres sondages immédiatement après le vote,
électorat Bayrou: 44/35/21 le 23 avril, 43/34/23 le 24 avril, 40/35/25 le 25 avril, bref une situation bien moins favorable à Sarkozy que dans les autres sondages; troublant…
électorat Le Pen: 22/42/36 le 23 avril, 21/43/36 le 24 avril, 21/44/35 le 25 avril, bref quelque chose d’équivalent aux autres sondages, c’est-à-dire de bien insuffisant pour Sarkozy.

19 réflexions sur “Palmarès des sondeurs pour le 1er tour: Harris surprenant vainqueur, mais l’indicateur agrégé est bien le meilleur moyen d’approcher les résultats réels

  1. J’ajoute que Clément Delorme a réalisé une évaluation statistique sur les sondages de tous les instituts entre le 17 octobre et le 1er tour:
    http://clementdelorme.over-blog.fr/
    Il met TNS-Sofres (qui a cependant peu sondé) devant Harris, OW, IPSOS, IFOP, CSA, BVA, LH2 (qui avait « commis » quelques outliers manifestes).
    C’est intéressant, même si tout reprendre est peut-être excessif et pénalise ceux qui se sont davantage « risqués » à sonder.
    Je vous conseille la lecture de son article et de son propre graphique « glissant », qui montre les mêmes écarts que notre indicateur agrégé.

  2. Je propose que l’auteur de ce blog soit l’expert es-sondages sur les plateaux télé lors de la prochaine présidentielle. Je trouve hallucinant qu’aucune télé/radio n’ait jamais pris la peine de faire la moyenne de l’ensemble des sondages publiés ni des estimations de 20h dont certaines étaient assez décalées (Ipsos Logica sur France mettant MLP à 20 %…. peut-être pour attirer des téléspectateurs ????). Il doit y avoir des règles d’exclusivité… mais heureusement que ce site existe donc !
    Pour le deuxième tour RAS tout est logiquement stable : plus que 10 jours pour rattraper 5 points pour NS = mission impossible !

    • Chaque média commande des sondages aux différents instituts. Il est normal que ces médias ne fassent pas la publicité d’autres instituts de sondage, à fortiori lorsque ceux de la concurrence sont meilleurs que les leurs.
      Je suis sûr qu’ils Ils ont totalement conscience des biais de chacun des sondeurs mails ne peuvent pas le dire : c’est leur fonds de commerce.

    • 120 000 connexions depuis le 25 février (pas de stats avant de la part de WordPress). En revanche, WordPress ne fournit pas les stats de visiteurs uniques. Je ne sais donc pas.
      En rythme de croisière, il y a à peu près 3500 connexions par jour (un pic à 12 000 pour le premier tour).

      Un bon indice est que je suis assez haut dans Google quand on tape « sondages 2012 », « sondages présidentielle », « sondages france », « reports de voix », etc.
      Pas si mal… mais mon niveau statistique et mathématique est bien trop faible pour légitimer davantage de « succès »: il est temps que l’élection s’achève et que j’arrête moi-même😉

  3. Il y a une question que je me suis souvent pose et j’aimerais bien avoir votre avis. Lorsqu’on voit « l’acharnement » de la plupart des medias sur NS et la droite en general et leur « relative complaisance » vis a vis « des » gauches en general,
    Est ce que l’on serait dans le meme cas de figure si la gauche etait au pouvoir?
    Autrement dit, la presse en generale travaille elle plutot en mode anti-systeme ou est-elle fermement portee sur la gauche?

    • La presse est un contre-pouvoir.
      Mais comme la droite est plus souvent au pouvoir que la gauche, la presse de gauche fleurit depuis quelques temps.
      Si FH est élu, beaucoup de journaux de gauche s’éteindront, faute de public friand de critiques à l’encontre du pouvoir en place.
      Libération, le Monde, le Nouvel Obs… deviendront beaucoup plus critiques vis-à-vis de la gauche.
      Le Canard Enchaîné tapera sur la gauche au moins autant qu’ils ne tapent sur la droite actuellement (et l’UMP s’en servira sans état d’âme).

      Il faut dire aussi que NS est un cas particulier : on n’a jamais vu autant de maladresses de la part d’un chef d’Etat : il donne toujours le bâton pour se faire battre.

      • J’ai oublié Médiapart qui sera très violent contre le PS et qui traitera les « affaires sarkozystes » avec beaucoup plus de détachement.

  4. J’ai calculé les variations par rapport aux résultats réels des derniers sondages publiés par chaque institut. Voilà ce que ça donne :
    – TNS-Sofres : 7,3 points
    – OpinionWay : 7,9 points
    – Harris : 8,1 points
    – IFOP : 8,9 points
    – IPSOS : 9,7 points
    – LH2 : 10,7 points
    – CSA : 11,1 points
    – BVA : 11,5 points

    Quant à ton indicateur du 20 avril, il avait une précision de 7,9, ce qui est moins bien que TNS et aussi bien qu’OpinionWay.

    • Par rapport à quels sondages as-tu comparé ? Le dernier de chaque institut ?
      Tu as comparé aux résultats totaux ou seulement à ceux de métropole, comme l’IFOP vient de le faire, histoire de se classer au-dessus de TNS-Sofres et d’Harris😉 ?
      As-tu fait la somme des écarts en valeur absolue ?

      • Pour compléter cette question (les instituts sont-ils évalués sur leur dernier sondage) :
        Si c’est le cas, peut-être est-ce un effet de hasard ?
        Je suppose qu’il n’y a pas la possibilité de valider qu’un sondage intermédiaire était correct, sauf à vérifier sur l’indicateur agrégé que le sondeur est assez médian.

    • Oh, je vois sur l’Atlas Forum.
      Je pense que ce critère seul est insuffisant et qu’il peut beaucoup pénaliser ceux qui ont bien prévu les 5 gros (Harris) et ceux qui ont surtout réussi sur les petits.
      Or, ce que nous voulions, c’était les 5 gros.

      • En ne comptant que les « 5 gros » :

        – TNS-Sofres : 5,5 points
        – OpinionWay : 6,1 points
        – Harris : 6,5 points
        – IFOP : 7,5 points
        – IPSOS : 7,8 points
        – LH2 : 9,5 points
        – CSA : 9,5 points
        – BVA : 9,8 points

        La hiérarchie ne change absolument pas (excepté CSA qui égalise avec LH2).

  5. Je n »ai pas écris grand chose sur ce blog ( si j’y suis venu chaque jour ) mais maintenant que l’après 6 mai commence d’y être évoqué, je veux remercier horos2012 et dire l’intérêt que j’ai pu trouver aux commentaires que j’y ai lu et remercier leurs auteurs. Ici encore jusqu’au prochain vote et bonne chance à chacun avant et après.

  6. Merci à l’auteur de cet article. Le directeur du département politique opinion d’Harris Interactive que je suis ne peut que se réjouir de sa teneur et de son contenu. Je me permets – au regard notamment du titre – d’apporter quelques éléments d’informations complémentaires. Tout d’abord même si nous nous réjouissons d’apparaitre comme « surprenants vainqueurs », nous n’inscrivons pas nos travaux dans un contexte de compétition. Nous cherchons, déjà, à bien « mesurer » l’opinion. Pour ce faire nos processus d’enquêtes s’appuient sur une politique de recherche et d’innovations constantes.
    S’agit-il de nos premières enquêtes menées de la sorte ? Non. Au niveau national Harris, à l’époque dénommé Novatris, avait ainsi en 2002 suivi avec succès – pour Le Monde – un panel des indécis. En 2007, nous avions en continu mesuré pour nousles intentions de vote des Français et affiné nos méthodes de travail.
    Ces travaux sont complétés par des échanges étroits au niveau international, notamment avec la « maison mère » américaine.

    Vous référez au sondage de l’an dernier (situant Marine Le Pen au dessus de 20%). Vous vous souvenez sans doute que cette tendance avait été relevée et confirmée par tous les instituts de sondage à l’époque. Harris Interactive, qui cherche à être un institut sérieux et responsable, accompagne chaque production de sondage d’une note. Celle relatif au sondage en question cherchait à situer les résultats en perspective. On peut le trouver ici : http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/CP_HIFR_intentionvote2012_07032011.pdf

    Depuis, deux moments électoraux ont permis, nous le croyons, de démontrer la justesse des diagnostics posés par Harris Interactive.
    Premier moment, les élections cantonales. Nous avons été le seul institut à proposer une intention de vote nationale. Celle-ci s’appuyait sur une méthode innovante et, à une semaine du scrutin, a proposé une lecture fine des rapports de force. Sur toutes les forces politiques et surtout, au vu du contexte « sondagier » de l’époque, le Front National. On pourra trouver le rapport ici: http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/Results_HIFR_cantonales_15032011.pdf

    Deuxième moment, la primaire citoyenne (appelée parfois socialiste). Harris Interactive a été le seul institut à mesurer le net décrochage de Ségolène Royal et – hormis Arnaud Montebourg dont la dynamique a été repérée sans que nous ne mesurions précisément « le score » – a permis aux observateurs de savoir au point près ce que pouvait espérer réaliser chacun des candidats.
    http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/Results_HIFR_debatPS_07102011.pdf

    Même si ceci n’a méthodologiquement rien à voir, nous avons remarqué que nos travaux d’estimation à 20h00 des résultats (lors du premier tour de l’élection présidentielle) avaient été salués par les observateurs extérieurs. Ceci s’inscrit dans la politique globale de notre institut. http://opinionpublique.wordpress.com/category/election-presidentielle-2012/

    Merci donc pour cet article. Merci d’avoir été surpris. A nous, dessolais, de faire en sorte que la surprise soit remplacée par l’habitude.

    Jean-Daniel Lévy

    • Merci pour votre commentaire, qui montre que ce modeste blog est aussi suivi dans certains instituts.
      J’ai déjà écrit qu’Harris avait été, globalement, le meilleur sur la primaire ouverte du PS (en effet, vous aviez été ceux qui avaient le mieux repéré l’émergence de Montebourg et le décrochage de Royal).
      J’écris « surprenant » au regard effectivement des remarques sur votre sondage ayant placé Le Pen en tête, de votre usage de l’Internet et du scepticisme ambiant à votre égard. A titre personnel, mes « souvenirs » de 2007 et d’avant m’avaient rendu très sceptique sur LH2 et CSA, aussi sur BVA et même sur TNS-Sofres. OW n’avait pas ét extraordinaire mais, comme vous, a été convaincant sur la primaire du PS.
      Je n’avais donc pas d’a priori négatif sur Harris.

      A titre personnel, d’ailleurs, peu m’importe: en matière d’intentions de vote, peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris😉.

      D’autres calculs plus simples (juste la valeur absolue des écarts, que j’ai également publiée) placent le dernier sondage de TNS-Sofres, mais je ne suis pas d’accord, car placer les deux premiers candidats à égalité à 27 n’est pas correctement anticiper le résutlat de l’élection: la position a de l’importance. En outre, les évolutions de TNS-Sofres ont été parfois étonnantes et, surtout, il a été trop peu sollicité en 2011-2012 pour avoir vraiment effectué un travail de moyen terme convaincant.
      Mais je reconnais aussi que TNS-Sofres s’est bien débrouillé (comme IFOP, IPSOS et OW, d’ailleurs, seuls CSA , LH2 et BVA étant un ton en dessous).

      IFOP s’est aussi débrouillé à trouver l’un de ses multiples sondages qui aurait été le meilleur😉. Mais, normalement, son rolling quotidien aurait dû être le plus fiable, ce qui n’a pas été le cas. Mais je reste reconnaissant à IFOP de cet effort très louable de mesure continue.

      Bref, l’année fut plutôt bonne pour les instituts et Harris, effectivement, a probablement assis une bonne réputation, désormais.

      Merci encore pour votre commentaire, qui intéressera sûrement tous nos lecteurs !
      Surtout, continuez à sonder, tant et plus😉 !
      Et espérons que 2017 soit plus palpitante !

  7. Bonjour,
    Je vous félicite pour votre travail. Je regarde votre blog chaque jour depuis un mois; date à laquelle je me suis posé la question : « mais pourquoi aucun journaliste n’agrège pas tous ces sondages ? »
    Encore bravo et merci pour ce traitement objectif de l’information.
    Francis.

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