Indicateur agrégé du 27 avril 2012, indicateur des reports de voix et derniers sondages BVA, Harris et IFOP quotidien: Sarkozy peut-il s’effondrer ?

 

BVA
RTL, Orange, presse régionale
24-25 avril 2012
échantillon: 2285 inscrits sur un total de 2428

Hollande 54,5 (+1,5)
Sarkozy 45,5 (-1,5)

___________________________

Harris Interactive
VSD, LCP-Assemblé Nationale
25-26 avril 2012
échantillon: 1032

Hollande 55 (+1)
Sarkozy 45 (-1)

___________________________

IFOP quotidien
Paris Match, Europe 1
24-27 avril 2012
échantillon: 963

Hollande 55 (+0,5)
Sarkozy 45 (-0,5)

1. Tous les clignotants sont brutalement au rouge pour Sarkozy et mes craintes (;)) sous-jacentes d’hier semblent se confirmer aujourd’hui:

il baisse partout et est désormais plus à 45 qu’à 46;

– les reports de voix se dégradent spectaculairement dans l’IFOP quotidien: 85/4/11 chez Mélenchon (donc un déplacement de 9 points de l’abstention vers Hollande), 33/31/36 chez Bayrou (donc un transfert de 6 points de Sarkozy vers l’abstention); en revanche, c’est stable chez Le Pen (23/45/32), mais c’est en soi une mauvaise nouvelle pour Sarkozy.

On voit très bien les transferts, qui ne sont pas du tout directs d’un candidat à l’autre, comme attendu, mais qui utilisent le vote blanc ou l’abstention comme solution de repli ou comme base de départ pour rejeter un candidat:

remobilisation supplémentaire à gauche (et on peut supposer que le même phénomène se produit chez Joly, Poutou et même Arthaud, bien que nous n’ayons plus de chiffres actualisés), où les très sceptiques à l’égard du social-traître Hollande sont tellement opposés à Sarkozy qu’un vote bourgeois anti-Sarkozy s’impose…

perte d’électeurs de centre et centre-droit très modérés, qui, sans aller jusqu’à se compromettre à gauche, considèrent qu’ils sont politiquement « tenus » de ne pas s’associer à un Sarkozy trop déporté à droite; de ce point de vue, les prises de position de Bayrou et Villepin n’y changent probablement rien, les électeurs étant suffisamment mûrs pour se prononcer eux-mêmes; mais on voit bien, à travers les humeurs du jour de Villepin ou même Etienne Pinte (très proche de Fillon), que la prise de position de Bayrou jeudi prochain va parasiter totalement la fin de la campagne de Sarkozy, qui risque le sort du taureau dans une arène espagnole, ployant sous l’acharnement des banderilles…;

incapacité à progresser chez les lepénistes car il a déjà regagné l’électorat populaire naturellement à droite (commerçants, artisans, petits paysans,…) et que sa nouvelle rhétorique ne peut plus grignoter l’électorat populaire-populaire, qui risque même de finir par rejoindre Hollande, par rejet de la « drague » et des ficelles sarkozystes.

BVA et Harris nous donnent également des reports de voix similaires et sans espoir pour Sarkozy:
– chez Mélenchon, 89/5/6 et 92/2/6, c’est-à-dire un retour sur les 85-90, alors que la première moitié de la semaine était plutôt inférieure à 85;
– chez Bayrou, 38/41/21 et 41/36/23, d’autant plus mauvais pour Sarkozy dans Harris que ce dernier sondage est plus récent;
– chez Le Pen, 26/47/27 et 21/48/31, avec un Hollande loin d’être ridicule dans cet électorat.

Bien entendu, Sarkozy n’implosera pas complètement, surtout qu’il a semblé, dès ce soir, modérer son discours à Dijon. Il garde un électorat où le réflexe de « grognard » (bonapartiste ou gaulliste) est encore fort. En outre, la perspective d’une forte victoire de la gauche peut inciter à une remobilsiation à droite afin d ‘éviter un trop fort raz-de-marée. Mais il s’est fragilisé et risque la désaffection sur son flanc gauche, tandis que Hollande n’a toujours pas pris le moindre risque, même sur l’immigration…et a poursuivi son équilibrisme habituel (« …et en même temps… »).

L’UMP aurait peut-être dû désigner Martine Aubry comme candidate… Oui, mon moral est à zéro…😛

2. J’ai donc calculé un indicateur agrégé intermédiaire (et vous allez aussitôt me dire que c’était une mauvaise idée :D), sur la base habituelle des intentions de vote, depuis dimanche dernier inclus, soit un indicateur purement « second tour »:

Hollande 54,51
Sarkozy45,49

Quant à l’indicateur des reports de voix, il donne
Hollande 53,51
Sarkozy 46,49
Cet indicateur est évidemment trop favorable à Sarkozy, mais il rend compte de l’amélioration qu’il avait connue ce dimanche et en début de semaine dans les électorats bayrouïste et lepéniste et de l’effritement de Hollande à gauche après une dernière semaine de premier tour d’effervescence et, peut-être, une déception grognonne chez certains électeurs mélenchonistes.
Aujourd’hui, Sarkozy semble réaliser la France unie…. mais contre lui…

En outre, cet indicateur des reports de voix surévalue probablement les abstentionnistes du premier tour qui pourraient se déplacer le 6 mai (enfin, ce sont les électeurs eux-mêmes qui surévaluent leur propension à aller voter) et il n’est pas actualisé sur Poutou-Arthaud-Joly et même Dupont-Aignan, puisque les sondeurs n’ont rien publié de neuf sur eux.

Donc, ne blâmez pas cet indicateur intermédiaire: il sera au contraire très intéressant de le voir évoluer lundi puis vendredi prochains. Je travaille là pour la postérité en quelque sorte😛

Voici le graphique, qu’il faut interpréter comme ce qu’aurait pu être une campagne de second tour réussie pour Sarkozy: un resserrement et une défaite dans l’honneur… un potentiel qu’il est peut-être en train de dilpaider tout seul… décidément, Hollande n’aura pas fait grand-chose dans cette campagne: DSK et Sarkozy se seront obligeamment auto-détruits pour le laisser accéder à l’Elysée…😛 Ce ne sera pas une victoire « au centre » ou « au peuple », mais « coup(s) de bol » !

Attendons-nous à une forte dégradation de ces courbes pour Sarkozy la prochaine fois:

54 réflexions sur “Indicateur agrégé du 27 avril 2012, indicateur des reports de voix et derniers sondages BVA, Harris et IFOP quotidien: Sarkozy peut-il s’effondrer ?

  1. J’imagine, quand vous parlez de l' »équilibrisme habituel » de Hollande, que c’est une terrible critique. Personnellement je pense le contraire. Pendant plusieurs mois, j’ai expliqué autour de moi que Hollande n’était pas ma tasse de thé (politique) et que je voterais Mélenchon qui incarnait à peu près mes idées. Mais au 2nd tour, bien entendu, je voterais Hollande… pour nous débarrasser de qui vous savez. Le déroulement de la campagne de Mélenchon m’a fait changer d’avis. Il a tapé sur Le Pen (bien) et sur Hollande (ah ?). On l’a peu entendu sur Sarkozy. D’où en mars mon changement de fusil d’épaule (pour la gauche il n’y a qu’un ennemi – je ne dis pas adversaire – et c’est celui-là qu’il faut bouter. J’ai décidé de voter Hollande au 1er tour et j’ai réussi à convaincre quelques amis d’opérer le même changement. Quoi qu’on pense de Hollande, je trouve qu’il a remarquablement mené sa barque jusqu’à aujourd’hui. Le vrai stratège, c’est lui. Pas l’autre. Il surfe sur les vagues hystériques du fourbe que c’en est un délice !
    Cela dit, bravo et merci pour votre travail remarquable – et même pour vos analyses un tantinet tendancieuses.

    • bovary, oui Horos n’a pas le moral, ses commentaires de ce soir s’en ressentent .
      apparemment peu de personnes comprennent l’attitude de F.Hollande (nommée ici  » équilibrisme habituel  » ) qui n’est autre qu’une attitude saine afin de ne froisser personne et d’avancer dans le débat sereinement . Pour l’immigration il a déjà tout dit par exemple, il suffit de l’écouter et de lire la proposition 50🙂
      je vous souhaite une bonne soirée bovary et merci à Horos pour toutes ces heures passées pour faire vivre ce blog🙂

      • Merci pour cette prise en compte du temps passé😛
        D’autant que cette campagne aura été un échec annoncé de bout en bout et que j’ai, pardonnez cet excès d’orgueil, d’autant plus de mérites…

    • J’ai reconnu à plusieurs reprises l’excellent positionnement de Hollande dès le départ (surtout sur cette « normalité » qui a pourtant été largement raillée). J’ai aussi reconnu son grand sens tactique. Mais on ne peut pas non plus considérer qu’il a absolument dominé ses adversaires. Ce sont ses adversaires qui ont été gentils (Mélenchon, Aubry car elle s’est « lâchée » trop tard)) ou qui n’ont pas été bons (Sarkozy, Bayrou; quant à Le Pen, c’est plutôt une alliée objective).

      • horos, je me permets de vous répondre ici, je suis tout a fait consciente de toutes ces heures et de votre volonté tout au long de cette campagne de tenir le cap, je vous en remercie et vous félicite, le 7 mai nous appartient alors haut les coeurs 🙂 il n’ y a pas d’échec il n’ y a que des maths n’est ce pas ?🙂

  2. Donc récapitulons : L’indicateur de vendredi dernier prenait en compte les sondages parus depuis lundi 16 (à valeur 100%) et ceux entre le 9 et le 15 (à valeur 50%). Celui de lundi prenait en compte seulement les sondages depuis le 16. Celui-ci prend en compte ceux parus depuis le 22. Celui de lundi prochain prendra en compte ceux parus depuis lundi 23. Enfin celui de vendredi prochain prendra en compte ceux à partir de lundi 30. C’est ça ?

    • Tu as tout compris, malgré une certaine « instabilité » de l’auteur de ce blog.
      En réalité, je maintiens les indicateurs « normaux » le lundi. Je ne fais qu’introduire 3 indicateurs le vendredi (le 20 avril because le 1er tour, le 4 mai because le 2nd tour, le 27 avril because… la période est dure et il faut bien se distraire du naufrage en cours :P).

  3. « Sarkozy, qui risque le sort du taureau dans une arène espagnole, ployant sous l’acharnement des banderilles »

    La différence entre Sarko et le taureau, c’est que Sarko n’a pas besoin de chiffon rouge pour foncer droit dans le mur ! ;D

  4. Puisque Horos zigzague entre la numérologie et la victimologie, je n’ai plus qu’à lui proposer de résoudre cette question qui n’a pas de rapport avec les sondages mais t’façon c’est fini ils ne nous servent plus :

    La stratégie droitière Buisson / Sarkozy / Copé serait-elle destinée au long-terme ?
    Après tout cela fait longtemps que l’UMP a accepté sa défaite : crise économique, impopularité, etc., pendant qu’elle se prépare au niveau local. Donc la stratégie ne peut pas être pour MAI, mais pour JUIN et encore, pour DANS PLUSIEURS ANNÉES.

    Il est possible qu’en juin le PS soit amené, dans quelques circonscriptions très à droite ou disputées par le FDG, au « désistement républicain » en faveur de l’UMP contre le FN. Or ces deux-là proposent désormais la même chose, d’un point de vue social le discours raciste de l’UMP est tout aussi nocif que celui du FN, plus d’ailleurs, car le pouvoir l’a légitimé !

    En quelque sorte, l’UMP se vautrerait dans la fange raciste uniquement pour vider de son sens le pacte républicain, écœurer les gens de gauche, et au final légitimer une pragmatique union des droites.

    Qu’en pensez-vous de cette hypothèse ?

    • Je ne crois pas une seconde à Sarkozy travaillant pour un après-6 mai.
      Il est prêt à détruire l’UMP pour sa réélection (cf. sa déclaration ouverte à Juppé).
      C’est un sportif compétiteur avec un ego surdimensionné qui n’a pas vraiment de conviction politique. La seule conviction que je lui vois est le libéralisme/colbertisme.

      Il voit cette élection comme un match sportif et n’a AUCUNE préoccupation sur l’état de la Nation ou de l’UMP.
      Il considère que l’UMP n’existe que pour lui servir. La chute de l’UMP a commencé depuis qu’il en a pris la direction en 2006. L’UMP a perdu un quart de ses adhérents depuis 2007.

      Je persiste à croire que NS est un des plus grands talents de l’histoire récente : un volontarisme et une énergie jamais vus, une perception très fine des problèmes de société, un réel talent tactique. Mais surtout une énorme capacité de destruction (et d’auto-destruction). En ce sens, il me fait peine.

      Cette élection présidentielle a été happée par l’ego de Nicolas Sarkozy et personne n’a réussi à imposer des débats d’idée. C’est triste à dire mais NS ne sait que provoquer de la frustation.

      Tout ça pour dire que je suis persuadé qu’il n’y a aucun calcul stratégique sur l’avenir de l’UMP.

      • Je craisn fort que vous n’ayiez raison dans les grandes lignes. Come je le disais récemment, j’en voulais à Villepin d’avoir quasiment détruit la droite en 2005-2006 mais, finalement, c’est Sarkozy qui l’aura presque réussi….

    • Sans aller jusqu’aux excès bien-pensants de vos jugements sur la droite et l’extrême-droite (au bout d’un moment, que le PS interise le FN et la Droite populaire si vraiment…), la question du long terme peut être posée, en effet. Même si pas tout à fait dans les termes que vous posez.
      Car une union de toutes les droites est impossible. On le voit bien en ce moment, où Sarkozy a quasiment réussi à faire exploser la droite parlementaire, à une semaine du second tour….

      Donc, je ne pense pas, « malheureusement » d’une certaine manière (attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit: je parle uniquement sur le plan TACTIQUE). Après tout, si Sarkozy et Copé fondaient un parti « à droite toute », prêt aux désistements dans le Sud-Est et dans certaines criconscriptions du Nord et de l’Est, histoire d’en finir avec le FN (par notabilisation, division, dilution, embourgeoisement, tout ce que vous voulez), alors, au moins, ils auraient servi à quelque chose.
      Mais j’en doute. Surtout, Copé ne cherchera qu’à maintenir l’UMP unie sous sa coupe et dans une optique droitière mais n’allant pas jusqu’au bout.
      On peut rêver de 3 partis (Bayrou-Borloo, Juppé-Fillon-Baroin-NKM, Copé-Mariani, pour faire court, ou Bayrou, Borloo-Juppé-Fillon, Copé-Mariani) ou même de 2 (Borloo-Juppé-Fillon, Copé-Mariani, Bayrou ayant fait pschitt), mais le problème, c’est que les vrais leaders d’un centre-droit reconstruit (Juppé et/ou Fillon, avec Baroin, NKM, Pécresse derrière) sont des… ex-RPR et qu’il leur sera difficile d’abandonner l’UMP ou de se faire accepter par tous les ex-UDF.
      De même, on n’imagine pas Sarkozy et Copé se sacrifiant pour créer un parti croupion, juste destiné à diluer et diviser le FN pour que, après les primaires de 2016, Fillon, NKM ou Wauquiez puissent ramasser la mise.

      Hollande 2017…

      • Il y a tellement de mèches qui n’attendent qu’à être allumées au sein de l’UMP que je n’arrive pas à avoir une idée simple de ce qui pourrait arriver. Tellement de scénarios sont possibles.
        D’autant plus que tous les pouvoirs seront à gauche.

        En tout cas, je vois quand même Copé tenir un rôle central.
        Je ne vois pas l’UMP perdurer sans prendre un virage très marqué à droite piloté par la droite populaire.
        Si la droite sociale arrive à avaler ses couleuvres (auront-ils le choix ?) , ils pourront intégrer cette nouvelle droite.
        Je ne vois pas le Centre faire partie de cette tendance très droitière. De toutes façons, je ne vois pas un grand avenir au centre dans la Vème République.

        On est en droit d’espérer que la crise s’atténuera dans 5 ans; et dans un climat plus apaisé, une droite dure sera moins sollicitée.

        Sombre avenir pour l’UMP. Et sans vouloir faire de polémiques, je pense que c’est Sarkozy qui l’a détruite.

  5. C’est quand même pas gentil de reprocher au FN de se radicaliser en envisageant une alliance avec l’UMP aux législatives.
    Si le FN reste un parti d’extrême droite, il se place depuis peu légèrement plus à gauche que l’UMP sur l’échiquier politique. C’est d’ailleurs en partie pour cela que les reports de voix sont mauvais du FN vers Sarkozy, la frange gauchiste du FN refusant catégoriquement de voter pour un candidat aussi à droite.

  6. Depuis cinquante ans, la présidence de la République se gagne au centre…DE De Gaulle à Chirac, tout les présidents (y compris Mitterrand) l’ont bien compris et ont fait campagne en ce sens! Hollande a retenu la leçon.
    Sarko, lui, est persusadé que la France a glissé à droite: réponse dans huit jours…

      • Je suis d’accord avec vous pour 2007, mais pas pour 95. Parce que je ne considère pas votre axe d’analyse consistant à opposer « au centre » avec « au peuple » comme étant très pertinent, même si je sais que c’est une vision partagée par d’autres que vous, dont notamment bla bla bla…
        Pour moi (mais ce n’est que moi), on gagne « à gauche », « au centre » ou « à droite ». Et, selon moi, on gagne toujours « au peuple ». Cependant on peut gagner, en partant de son camp, en allant chercher les voix soit plutôt du côté du centre, soit plutôt vers les partis plus radicaux de son camp.
        Avec cet axe d’analyse, je pense que en :
        74 : Giscard gagne au centre, Mitterrand perd à gauche ;
        81 : Mitterrand gagne à gauche, Giscard perd au centre (ou à droite ?) ;
        88 : Mitterrand gagne au centre, Chirac perd à droite ;
        95 : Chirac gagne au centre, Balladur perd à droite, Jospin remobilise au centre gauche, mais la gauche est dans les choux depuis 93 ;
        02 : Chirac gagne au centre, Jospin perd au centre (par émiettement des voix de la gauche) ;
        07 : Sarkozy gagne à droite, Royal perd au centre ;
        12 : Sarkozy rejoue à droite, Hollande rejoue au centre.
        [Je laisse de côté 65 et 69, où la droite dominait tellement qu’elle n’avait même pas besoin de faire campagne pour l’emporter]

        En général, on gagne le plus souvent au centre, sauf exception, c’est à dire quand on parvient à siphonner les voix du parti plus radical de son camp (Mitterrand avec le PC en 81), Sarkozy avec le FN en 07.

        Bon, sinon, je suis d’accord avec vous sur un point : c’est presque toujours celui qui fait le plus à l’écoute du peuple qui gagne.
        Chirac est un bon exemple : en 88, il a une image très droitière et assez éloignée du peuple : il perd ; en 95 et 02, il change son image en la recentrant politiquement et en se la jouant proche du peuple : il gagne.

        Mais, il me semble, en tout cas, quasiment impossible de gagner « à gauche » (81 est une exception liée à 23 de pouvoir ininterrompu de la droite et au « vote révolutionnaire »), car la France est sociologiquement de droite. Et il me semble aussi quasiment impossible d’être réélu « à droite », car il vaut mieux jouer le grand rassembleur quand on est président en exercice, plutôt que de continuer à cliver.
        De toute façon, il est aujourd’hui impossible d’être réélu quand on est président et qu’on n’est pas en situation de cohabitation. Car la règle la plus robuste, depuis 1981, c’est, je le redis, je le répète, je le maintiens : celui qui gouverne (et non préside), perd toujours !

        Il est où, sinon, votre article sur les élections gagnées « au peuple » ?

  7. En 95 le candidat de droite,fait campagne sur le thème de la fracture sociale…(il joue donc au centre…)
    En 2002 le même candidat se retrouve contre le FN avec qui il refuse de débattre.
    En 2007, Sarko convoque Jaurès, Blum et Victor Hugo pour argumenter ses positions. Et Guaino joue alors le rôle aujourd’hui dévolu à Buisson…Car le peuple français a toujours rêvé de réconcilier De Gaulle et Petain, a adoré la cohabitation, et est profondément « radical », comme Chirac, Mitterand ou …Hollande.

  8. Je ne comprends pas très bien pourquoi vous dites depuis des mois que 2012 se jouera au centre et non pas au peuple.
    Si vous considérez que le FN et le FDG n’ont pas un électorat populaire et que le peuple est apolitique et ne va pas voter alors, cela veut dire que plus aucune élection ne se jouera au peuple.
    D’autre part, l’électorat de Bayrou à 9% se répartissant à égalité entre Hollande, Sarkozy et abstention, il est difficile d’y voir un rôle d’arbitre. D’autant plus que le Nouveau Centre, avec encore moins de poids que Bayrou est sarkozyste.

    Ou alors, vous considérez Hollande comme centriste. Question de vocabulaire !!!
    Mais politiquement, il n’y aura jamais alliance entre le PS d’une part et les MODEM, Nouveau Centre et UDF recomposée d’autre part.

    • « au centre », cela veut dire en restant dans le système, en ne rejetant pas l’Europe et les institutions actuelles.
      « au peuple », cela veut dire le « non », la fracture sociale, le « travailler plus pour gagner plus », le sécuritaire, le populisme, le « prenez le pouvoir », etc.

      • hum, en reformulant objectivement, ça peut donner
        « gagner au centre » = se compromettre avec son propre parti
        « gagner au peuple » = attirer des gens de l’autre moitié, dont le champion populiste fut défait

      • Donc, Mélenchon, Le Pen et Sarkozy la jouent « au peuple ».
        Ca fait quand même du poids « au peuple » !

        J’ai toutefois l’impression que les aspects « au peuple » et « au centre » coexistent chez beaucoup d’électeurs, la part « au centre » étant le choix de la raison et la part « au peuple » étant la part du fantasme.

  9. Hier soir chez Ruquier, Philippe Tesson a dit qu’un sondage donnait Sarkosy vainqueur à 50,2 %. Euh…. j’ai loupé un épisode ou bien est-ce de la méthode coué à droite pour y croire encore ???

      • Pas forcément bidon ( ils ont eu juste aux élections précédentes ) mais le résultat de 50,2 % a été donné avant l’annonce de la nouvelle montée du chômage … qui justement pour eux est une variable importante .

      • Un « modèle mathématique » qui prévoit le résultat des élections ? N’importe quoi…

        Il faudrait dire à certains que Numb3rs n’est pas la vraie vie.

        • En fait, je crois qu’ils avaient pris les chiffres du chômage et quelques autres grands agrégats et avaient comparé aux résultats français et américains du passé… Mais ils n’intègrent pas l’antisarkozysme et puis, je ne sais pas quels chiffres du chômage ils ont pris: en additionnant toutes les catégories, ce n’est peut-être plus la même chose.
          Ceux que ça intéresse pourront aller sur le site du Figaro, je suppose que cela figure toujours dans les liens sur la bande latérale, car cela y est resté très, très longtemps… On se demande pourquoi !😀

  10. Moi j’ai fait un sondage entre moi et moi et c’est Hollande qui gagne avec 100% de ma voix. L’erreur est de 0% (méthode des quotas auprès d’une personne certaine d’aller voter)

  11. Avant le premier tour, les sondages de second tour donnaient des résultats compris entre 54% et 57% en faveur de Hollande.
    Les résultats du premier tour étant plus favorables que prévus pour Le Pen et moins favorables que prévu pour Mélenchon, la moyenne devait donc logiquement baisser de 1% ou 2% dans les sondages du dimanche soir, les matrices de redressement étant réactualisées pour tenir compte de ces différences.

    Dimanche soir dernier, après les résultats du premier tour, 6 sondages sont effectués par 6 « instituts » différents : les résultats varient entre 53% et 56% pour Hollande. Tiens, un 1% de moins pour le haut et le bas de la fourchette.

    Depuis dimanche, il y a eu 7 nouveaux sondages, publiés par 7 « instituts » différents, dont le dernier, effectué par LH2 les vendredi 27 et samedi 28 : les résultats varient entre 54% et 55%, c’est à dire le milieu de la fourchette de 3% donnée dimanche. Dans tous ces sondages, au moins 80% des gens sont certains de leurs votes.

    Moi, je suis un peu idiot et naïf, j’en déduis que ça ne bouge pas quasiment pas, encore moins que lors des précédentes périodes d’entre deux tours, en 2007, en 1995 ou en 88, où les variations étaient déjà assez faibles. Je rappelle aussi que le fameux effondrement de Royal, à la suite du débat de second tour, entre le 3 et le 4 mai, suivi d’un rétablissement relatif dans les urnes le 6 mai n’existe tout simplement pas ! C’est juste, selon moi, un artefact sondagier visant à anticiper des pseudo-mouvements à 3 jours du scrutin, mouvements quasi inexistants dans les faits.

    Donc, pour moi :
    1. Sarkozy ne s’effondre pas du tout ;
    2. Hollande ne s’effondre pas plus ;
    3. On se dirige tout droit vers le fameux 53 – 47 prévu par beaucoup de monde depuis déjà un bon moment (l’écart réel étant souvent un peu plus réduit que celui donné par les sondages)

    Maintenant, que disent les journaux des derniers jours :
    * Vendredi, Sarkozy s’effondre car le sondage Harris passe de 54 à 55 entre le début et la fin de semaine, et le roulant de l’IFOP retrouve son niveau du mercredi à 55%.
    * Dimanche, Hollande se fait rattraper par Sarkozy car le sondage LH2 passe de 56 à 54 entre vendredi dernier (avant le premier tour et les matrice actualisées) et cette fin de semaine.

    Conclusions :
    1. Les commentaires dans les médias sont encore plus nuls qu’avant, ce qui est le véritable exploit de cette campagne : comment être encore plus nul que la fois précédente ? Comment être encore plus nul que nul ?
    2. Ce site est plus que jamais nécessaire (bien que son rédacteur tombe, lui aussi, un peu parfois dans l’exagération, en dramatisant des mouvements qui sont proches du bruit de fond)
    3. Personnellement, je commencerai à parler d’une légère évolution lorsqu’on aura ne serait-ce qu’un seul sondage au dessus de 56% ou en dessous de 53%.

    • Je n’ai pas dit que Sarkozy s’effondrait, mais je demandais s’il pouvait s’effondrer en continuant sur cette voie. Nuance !😉
      Ceci étant dit, la stupidité de Mediapart (à qui on n’a rien donné sur Karachi ou Bettencourt et qui en est donc à utiliser ce qu’il a reçu sur la Libye: c’est ce qu’on appelle du journalisme d’investigation…) et des profiteurs du cas DSK pourrait bien, justement, lui rendre service, en donnant une base à sa « victimisation » et en remobilisant les électeurs de droite, dans uin réflexe de défense obsidionale.

      • Et moi, je n’ai pas dit que vous aviez dit que Sarkozy s’effondrait.
        Mais, si j’étais un peu espiègle (et je n’ai pas dit que je l’étais), je vous ferais gentiment remarquer que si vous ne l’avez en effet pas dit, au sens où vous ne l’avez pas affirmé par une forme affirmative, vous l’avez subtilement évoqué à travers une tournure interrogative dans le titre de votre article, ce dont vous convenez aisément dans votre réponse, d’ailleurs.
        Un esprit retors, passif agressif et malicieux (et je n’ai pas dit que j’étais un tel esprit) n’aurait, il me semble, probablement pas hésité à évoquer une possible dénégation dans cette (légitime ?) interrogation.

        • Je dois déjà avoir trop passé de temps à faire ce blog: je me médiatise… Mais je vous concède que, lorsque mes articles sont plus « creux », quand il n’y a pas de nouveauté, mes titres « teasent » davantage…
          Nul n’est par fait, décidément😉

  12. J’entends déjà Morano, la semaine prochaine après 20 h, nous dire que Sarkosy a déjoué tous les sondages en faisant un magnifique score de… 48 %. Je m’en délecte à l’avance… mais bon pas gagné les 48 % (52-48 était mon pronostic depuis plusieurs mois).

      • Je disais que si FH gagne avec 52 %, certains à droite viendront nous expliquer que NS a quand même déjoué les sondages et les médias…. avec un score de 48 % alors qu’ils prévoyaient 45 ou 46 %.

      • Oui, bien sûr qu’elle fera ça. Les Mélenchonnistes ont également relativisé leur déception en disant qu’ils ont quand même doublé leur score par rapport aux intentions de vote d’il y a quelques mois. Tous les partis relativisent, voir ils le dressent en victoire. C’est uniquement lorsqu’il n’y aucun moyen de cacher un score minable qu’ils se résignent à accepter leur défaite (comme les centristes ou les verts au premier tour).

  13. J’AI DES SOURCES !
    Sachez que l’hypothèse d’une campagne destinée à préparer l’union UMP-FN de fait ou de droit (l’UMP phagocyte le FN, ou bien dissolution du RBM et de l’UMP en un nouveau), n’est pas

    C’est BUISSON lui-même qui rêve de l’Union de toutes les droites !

    Je me souvenais avoir lu son projet il y a plusieurs années, mais on en reparle :
    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120426.OBS7187/buisson-l-homme-qui-va-faire-perdre-sarkozy.html

    Il veut un « Parti de la France ».
    « Il s‘agit pour l’ex-journaliste de poser les jalons d’un grand projet idéologique, d’un grand dessein culturel qui dépasse, de loin, l’échéance du 6 mai. »

    Mais, comme vous êtes plusieurs, en plus du NouvelObs, à souligner que NON, ça ne se fera pas, alors on est devant un gros problème : on va grosso modo se prendre 2-3 ans simplement à attendre que la bulle FN/RMB grossisse puis s’éclate d’elle-même, avant qu’elle ne regrossise à l’arrivée de 2017…

    pfiou, vivement des changements institutionnels qu’on trouve un moyen d’en finir !

    • Pourquoi la bulle FN/RBM s’éclaterait d’elle même avant de regrossir pour 2017? Parce que le FN fait parler de lui qu’en période électorale?
      Et quels changements institutionnels veux-tu? Et pour en finir avec quoi?

      • Sarkozy disparu l’âme sarkozyste va se chercher un corps. Ça fait toujours ça dans les démocraties de personnalités. Elle essaiera à coup sûr un corps aux cheveux mal teints en blond. Mais une âme politique s’affaiblit forcément même si elle réussit sa métempsychose, voyez De Gaulle.

        L’âme sarkozyste ne se trouvera que des corps de démons.

        Sinon, oubliez la prédiction, je m’aperçois qu’elle est trop optimiste (d’un point de vue républicain). Après tout l’UMP est capable de faire n’importe quoi au niveau local et d’alimenter encore le FN. Et le PS peut se croire en sécurité alors qu’il y a un combat culturel à mener.

        Changements institutionnels ? Quand le FN se « dédiabolise » cela veut dire se « présidentialise ». Nous avons une monarchie élective et cela correspond très bien à la tradition de l’extrême-droite ; ce régime a fait son temps, un régime parlementaire est bien mieux armé.

        Le FN profite de la présidentielle et de la proportionnelle, hors de ça il n’existe pas.
        Changements électoraux donc : pas de grand FN sans les européennes de 1984 (proportionnelle, facile d’avoir 11%), les législatives de 1986 (proportionnelle, facile d’avoir 10%), les présidentielles depuis 1988 (15% sur un seul nom).
        Ah et j’oubliais : aux régionales et municipales aussi c’est la proportionnelle… on a rajouté un 2e tour pour éviter d’avoir le FN partout mais le boulot n’est fait qu’à moitié…

      • Le FN est républicain et démocrate. Et je dirais qu’il est même plus républicain que la plupart des autres partis qu’on a aujourd’hui, étant donné que c’est un parti souverainiste.
        Tu réalises que c’est malhonnête de vouloir changer le système électoral à chaque fois que le FN monte? C’est le genre de chose qui alimente le vote FN d’ailleurs, parce que les gens trouvent ça, à raison, incroyablement sale. D’ailleurs, elle est où la démocratie si on fait ce genre de chose? Ça m’a toujours fait rire les donneurs de leçon de la démocratie qui sont eux même antidémocrates.

      • Écoute, on a convoqué les meilleurs théoriciens du choix social, et la réponse est qu’il n’y a pas de système intrinsèquement plus ‘démocratique’. Il n’y a que de bas intérêts, entendu toutefois que ces intérêts peuvent être + ou – partagés. Toute l’histoire de France des réformes électorales, c’est l’intérêt de ceux qui la font. Tu sais que si nous avons un 2e tour de scrutin en France, c’est à cause des royalistes qui étaient plombés par leur division en légitimistes orléanistes bonapartistes ? Tu sais que les cantons ont toujours été redessinés pour l’idéologie du gouvernement, jacobinisme inclus ?

        Cela dit, sois prêt à être surpris, mais je pense qu’il est de l’intérêt général, en incluant ceux récemment passés à l’extrême-droite, de ne plus avoir ce parti cul-de-jatte qu’est le FN, ni d’ailleurs l’UMP malade. L’idée de Buisson du « Parti de la France » n’est pas idiote à première vue, mais c’est franchement avilissant de vouloir réconcilier De Gaulle et Pétain, il faut oublier Pétain. Pensons à un parti conservateur à l’anglaise ou à l’allemande, où les politiciens sont clairs sur leurs idées mais tirent leur propre parti vers le haut, ils respectent l’éthique, etc. Et ça permettrait enfin à la droite de se préoccuper des laissés-pour-compte que le FN récupère !

        Donc il faut faire des réformes électorales pour rendre plus facile cette union de la droite, voilà le sens de mon message. Sinon ce que tu dis sur le souverainisme est ridicule, avec une telle confusion je comprends ta position. Être républicain, c’est quoi ? C’est préférer la discussion raisonnée à la violence, donc accepter d’avoir tort, et ne pas s’en remettre à un demi-dieu. En ce sens les non-républicains ont une conception très illusoire de la souveraineté…

  14. 52.2 FH 47.8 NS patrice 29 avril

    « Serait-il possible d’avoir les valeurs avec deux chiffres après la virgule, SVP ? »
    Commentaire par Jules Vallès

    J’avais trouvé ce résultat, il y a une huitaine, à partir d’un site proposant d’estimer, les reports de voix.
    Ca ne vaut que ça. Mais avec les Mélenchonistes qui paraissent faiblir un peu dans le dernier Sofres, même si ce ne semble pas être le cas avec les autres instituts, je me dis que c’est peut être pas loin. Mais si Julien Dray en remet/tient une nouvelle fois couche, alors, évidemment cette juste ( c’est moi qui le dit ) estimation pourrait bien partir en quenouille.

  15. Je renonce à comprendre le sens de ces revirements soudains. Décidément, la psychologie de l’électeur de base a ses raisons que la raison ne connaît point.

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