Derniers sondages LH2, OpinionWay, CSA et IFOP quotidien: le regain sondagier de Sarkozy noyé dans le flux médiatique favorable à Hollande, malgré l’absence d’impact du débat et la fin de la carrière politique de Bayrou

 

LH2
Yahoo!
27 avril-2 mai 2012
échantillon: 1565

Hollande 53 (-1)
Sarkozy 47 (+1)

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OpinionWay
LCI, Le Figaro
2-3 mai 2012
échantillon: 2009 inscrits sur un total de 2101

Hollande 52,5 (-1,5)
Sarkozy 47,5 (+1,5)

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CSA
BFM TV, RMC, 20 Minutes, CSC
3 mai 2012
échantillon: 1002 inscrits sur un total de 1123

Hollande 53 (-1)
Sarkozy 47 (+1)

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IFOP-Fiducial quotidien
Paris-Match, Europe 1
30 avril-3 mai 2012
échantillons: 968

Hollande 53 (=)
Sarkozy 47 (=)

1. Le consensus sondagier est net vers les 53-47, qu’il s’agisse de sondages pré- ou post-débat. Sarkozy est donc moins distancé et Hollande s’érode, même si cela reste insuffisant. Mais le « bruit » médiatique n’est pas favorable au Président-candidat, alors que, sortant en temps de crise et pâtissant d’une impopularité historique, s’il parvient à passer au-dessus des 47%, il n’aura finalement pas démérité (tactiquement, s’entend), au regard du tombereau de critiques, tant sur le fond que sur sa tactique électorale.

Le débat a été finalement perçu médiatiquement comme favorable à Hollande, ce qui se retrouve globalement dans le jugement des sondés, mais tient en réalité à un simple décalque du paysage politique existant. Hollande n’est gagnant du débat que parce que la gauche est plus forte que la droite, tout simplement.

Pour IFOP, Hollande a gagné par 42-34, mais seulement par 32-30 chez les bayrouïstes et a perdu chez les lepénistes par 23-45.
Pour LH2, il a gagné globalement par 45-41, mais seulement par 39-37 chez les bayrouïstes et a perdu chez les lepénistes par 22-55.
Pour CSA, il a gagné globalement par 44-38, mais a perdu chez les bayrouïstes par 23-59 et chez les lepénistes par 20-59.
Grossièrement, les rapports de force et même les reports de voix se retrouvent ici.

Pourtant, le bruit médiatique est pro-Hollande. D’ailleurs, selon CSA, ceux qui n’ont pas écouté ou regardé le débat donnent Hollande gagnant par 31-18…

Comme je l’avais dit, les deux derniers jours de Sarkozy sont « pollués » par le bruit médiatique et par Bayrou. Comme je l’avais dit également (ah, en cette fin de campagne, il faut bien se remonter le moral…), le débat n’aura aucun impact profond sur les intentions de vote (même si, à échéance très courte, il peut y avoir un léger artefact; à moins qu’il ne soit insensible et ne se manifeste que par une érosion freinée de Hollande). Ainsi, selon LH2, parmi ceux qui ont regardé ou écouté le débat (plus vieux et donc plus sarkozystes que la moyenne), les intentions de vote sont restées étales à 52-48. Selon IFOP, 3% des interrogés ont dit avoir changé d’avis à l’issue du débat, dont 1% des électeurs de Mélenchon, 8% de ceux de Bayrou et 8% de ceux de Le Pen: ces mouvements semblent s’être équilibrés ou avoir concerné des échanges avec l’abstention.

Comme d’habitude (sauf, peut-être pour 1974), le débat n’aura donc fait qu’entériner la situation pré-existante. Bien entendu, le débat peut créer une inflexion de dynamqiue pour Hollande, qui ne serait visible que dimanche. Mais c’est peu probable:
– ceux qui ont regardé le débat (finalement pas si nombreux) étaient probablement déjà sûrs de leur vote,
– la pugnacité de Hollande peut remobiliser aussi une partie de l’électorat sarkozyste,
– la longueur et l’aspect « fatiguant » du débat ont probablement altéré l’impression générale.

2. Vient le suicide politique de Bayrou. Ou le « coup de poignard en plastique dans le dos »😉

Je me permets de m’interroger sur ses motivations:
Hollande n’a pas besoin de lui (ils doivent vraiment se gausser au PS ce soir…), il ne demandait rien et Bayrou vient se livrer pieds et poings liés… où est l’intérêt tactique ? Mélenchon a lui aussi soutenu Hollande sans conditions, mais ce sont ses propres électeurs qu’il a livrés, pas lui-même; ici, Bayrou se livre lui, mais pas son électorat, davantage de centre-droit en 2012, mais en partie exaspéré par Sarkozy et donc plus équilibré dans les reports; à moyen terme, toutefois, cet électorat reviendra plus facilement vers les Juppé, Borloo, NKM, Fillon, etc.;
– il a bien sûr intérêt, comme Le Pen, à la défaite de Sarkozy, mais comment peut-il maintenant se recycler au centre-droit ? Certes, les réactions des Morin et Juppé ont été moins hostiles que d’autres, mais ce n’est plus possible de passer sur une telle traîtrise politique; il a donc brûlé les vaisseaux du retour au port UDF;
– ah oui, les convictions… (rire étouffé)

Non, vraiment, je ne vois pas. Les deux seules explications que je puisse trouver sont majeures et stratégico-historiques:
– la circonscription de Bayrou est tout à fait gagnable par le PS en juin: alors, peut-être cherche-t-il à préserver sa source personnelle de revenus (oui, la terre, faut pas rigoler, hein, c’est dur, c’est lourd, à travailler…),
les derniers fidèles et les petits apparatchiks du MoDem étaient majoritairement pour le vote Hollande: alors, peut-être cherche-t-il à conserver sa petite cour personnelle, sa « petite entreprise » (comme Le Pen père pendant longtemps), pour rester dans l’illusion de la persistance d’un destin national toujours intact (« miroir, miroir, dis-moi… »).

Bien entendu, les médias majoritairement de gauche se repaissent ce soir de cette « divine surprise » (oui, je l’écris exprès cet adjectif galvaudé…). Mais il est peu probable que les électeurs du MoDem se laissent influencer. Les sondages montraient que, majoritairement, ils préféraient que Bayrou ne donne pas de direction de vote. La subtile distinction entre « avis personnel » et « consigne de vote », déjà utilisée par d’excellentes références centristes (Montebourg et Le Pen), ne trompera personne.

Au contraire, il se rend en rase campagne, incapable de peser sur le programme et l’orientation hollandaises: les vrais centristes avaient bien davantage obtenu de Rocard (et Mitterrand) en 1988… A moyen terme, Hollande pourrait avoir besoin, lorsqu’il pressurera les fonctionnaires et les collectivités locales, de jouer le MoDem contre le FG et la gauche du PS (surtout qu’EE-LV a du plomb dans l’aile). Mais que sera le MoDem en juin ? Jean Lassalle et peut-être le député de Mayotte et peut-être Bayrou lui-même (sans oublier Jacqueline Gourault au Sénat) ? Le MoDem, combien de divisions ?

En fin de compte, il n’aura vraiment rien gagné dans l’histoire et il n’est pas impossible que ses électeurs même le passent par pertes et profits: ceux qui étaient déjà décidés pour Sarkozy le trouveront traître, ceux qui étaient déjà décidés pour Hollande n’y prêteront pas attention, ceux qui n’étaient pas décidés ou préfèrent voter blanc considèreront peut-être qu’il aurait mieux fait de ne rien dire ou de rallier franchement Hollande. Mais peut-être que Bayrou s’est reconnu dans une certaine pusillanimité et un certain comportement velléitaire dans notre futur Président😀 Au moins, Villepin aurait fait cela avec panache (oh, c’est vrai, il reste encore toute la journée de demain😉 ).

L’échec politique de l’aventure de Bayrou est maintenant consommé, dix ans après le début de sa rébellion anti-UMP. DSK, Sarkozy, Bayrou, la liste des morts s’allonge dans cette campagne…

3. Les reports de voix confirment le peu d’influence probable des deux événements du débat et de la trahison molle de Bayrou. Voyez, respectivement, LH2, IFOP (quotidien), OpinionWay et CSA:
– dans l’électorat Mélenchon: 93/2/5, 86/5/9, 77/9/14 et 81/7/12, globalement stable et solide pour Hollande,
– dans l’électorat Le Pen: 22/50/28, 18/50/32, 19/50/31, 17/57/26, toujours en amélioration pour Sarkozy (désormais à la moitié ou plus) ce qui explique ses gains globaux de la dernière semaine, mais toujours insuffisant,
– dans l’électorat Bayrou: 39/31/30, 32/34/34, 35/39/26 et 25/38/37, toujours divergents entre instituts, mais globalement équilibrés pour les deux candidats.

OpinionWay et CSA nous indiquent aussi que les abstentionnistes du premier tour se répartiraient respectivement à 28/28/44 et 25/25/50. Disons surtout qu’ils surévaluent leur propre participation, mais relevons que, de nouveau, les flux sont équilibrés entre les deux candidats.

Demain, je pourrai publier:
– un indicateur agrégé classique,
– un indicateur intégrant les matrices de reports de voix,
– des courbes de reports de voix,
– un graphique par sondeur, même si les biais sont maintenant réduits à leur plus simple expression.

Ce sera un peu le feu d’artifice final😉

MISE A JOUR: Harris donne aussi 53 (-2) – 47 (+2) ce soir, avec un Hollande gagnant du débat par 31-29. Mais, je n’ai aps encore les chiffres détailéls du sondage: je le publierai donc proprement demain. Avec le dernier IFOP quotidien et peut-être avec un TNS-Sofres et un nouvel IPSOS ? On peut toujours espérer !

47 réflexions sur “Derniers sondages LH2, OpinionWay, CSA et IFOP quotidien: le regain sondagier de Sarkozy noyé dans le flux médiatique favorable à Hollande, malgré l’absence d’impact du débat et la fin de la carrière politique de Bayrou

  1. Quel que soit le résultat, Bayrou vient de choisir le camp du centre et son camp.
    La droite se résume désormais à l’UMP et au FN. Soit.
    Il ne faudra pas pleurer dans 5 ans…
    La droite va redevenir la droite, une vraie droite, fière et dure, plus soumise aux dictats de la gauche communiste qui pèse de son influence depuis 30 ans.
    Ca va se jouer valeurs contre valeurs.

    • En 2007, après avoir fait 18,6%, le MoDem a sombré, tant aux législatives qu’aux élections locales.
      Il n’a existé que par la volonté présidentielle personnelle de Bayrou et parce qu’il était presque le plus anti-sarkozyste (à l’époque, le PS, en 2007-2009, était assez inaudible, tant qu’il n’avait pas réglé le processus des primaires).
      Aujourd’hui, il va se retrouver projeté sur sa gauche, petit parti croupion dont personne n’aura besoin (Sarkozy sera écarté d’une part; le PS sera dominant d’uatre part).
      Franchement, c’est la fin.
      Je sais bien qu’on nous parle d »‘Histoire » et de « séisme politique », mais, justement, lorsque les médias et les grands analystes nous disent cela, méfions-nous…
      Non, politiquement, structurellement, c’est fini.

      • Bayrou mise sur l’éclatement de l’UMP entre les partisans de l’alliance avec le FN et les centristes. C’est objectivement son seul espoir, même s’il est mince. De toute façon, il lui était difficile d’un point de vue politique de cautionner, même par défaut, la dérive de Sarkozy à l’extrême droite.

  2. Le choix de Bayrou est assez cohérent, notamment avec celui des cadres du Modem (tous ceux qui penchaient à droite sont partis depuis longtemps). Un suicide politique peut-être mais un choix courageux…

  3. En tout cas, Bayrou aura réussi à parasiter la fin de campagne de Sarkozy. Au delà de son avenir politique, j’ai un peu l’impression qu’il s’est dit, à me tirer une balle dans le pied, autant entraîner Sarkozy avec moi.

    A mon avis, Bayrou va être inclus dans la stratégie du PS pour les législatives. Dans de nombreuses régions, il y a des alliances PS-Modem, et la situation du Modem n’étant plus la même qu’en 2007, Bayrou espère peut-être que le PS aidera dans certaines circonscriptions pour qu’il ait des sièges dans l’hémicyle. Concernant Villepin, je doute qu’il n’appelle pas à voter Sarkozy. Il est pieds et poings liés à l’UMP.

    • Le PS a déjà concédé trop de place à EE-LV.
      Pourquoi faudrait-il qu’il s’embête encore avec le MoDem ?
      Avec le FN qui va handicaper très lourdement l’UMP, le PS n’aura pas besoin du MoDem, qui va se « Cap 21-iser »…

  4. Il n’y a pas forcément que du calcul politique dans son choix.
    L’antisarkozysme est présent jusque dans la droite (au moins du côté des dirigeants qui ont tous subi les humiliations de Sarkozy).

    Après, l’avenir du centre et la reconstruction de la droite sont un autre débat.

    Lorsque tous les pontes de l’UMP condamnent le rapprochement de Longuet vis-à-vis du FN (alors que Longuet était en service commandé de Sarkozy), ça prouve que l’UMP prend ses distances avec Sarkozy. La place du centre dans les ruines de l’UMP dépendra de beaucoup d’alternatives stratégiques.

    Quoiqu’en disent les dirigeants UMP, j’ai le sentiment qu’ils se satisfont en interne de la position de Bayrou.
    Lorsqu’il faudra reconstruire la droite, on saura gré à tous ceux qui auront marqué leur désaccord à Sarkozy, responsable de tous leurs malheurs.

  5. Beaucoup de dirigeants UMP se sont salis dans la surenchère sarkozyste, ça va être très dur de maintenir un UMP monolithique. Bayrou fait sans doute le constat que les ex-gaullistes et autres humanistes de droite et du centre ont un avenir hors de ce parti à la dérive. Ceux qui comme Borloo ont fait un autre choix que Bayrou devront bien se demander ce qu’ils font à côté de Longuet… Il est sans doute prématuré de conclure au suicide. Et Bayrou est logique dans sa position centrale qui lui permet d’espérer ceci comme de pouvoir continuer de passer des accords locaux. Il ne pouvait en aucun cas appeler à voter Sarkozy au vu des derniers développements (voir les 2 clips de campagne! celui de Sarkozy est à faire palir d’angoisse…).

    • Certes, Bayrou ne pouvait appeler à voter Sarkozy, mais soutenir Hollande, cela devrait le « griller » avec le NC, le parti radical, même l’AC, la Gauche moderne et la Convention démocrate.
      Comment peut-il espérer reconstruire le centre et le centre-droit dans ses conditions ?
      Sa chance, c’était qu’il n’y a pas de leader qui s’impose vraiment: il aurait pu, au moins transitoirement, pour quelques années, être accepté par ses anciens amis.
      Là, c’était vraiment très, très compromis.

  6. Je n’irais sans doute pas jusqu’à parler de « convictions » pour Bayrou, mais force est de constater qu’il s’est montré cohérent avec lui-même. Après avoir passé 5 ans à fustiger Sarkozy pour ses dérive, comment pouvait-il le rejoindre au moment même où il franchit une nouvelle étape dans la surenchère xénophobe et populiste ? Je suis également surpris par son choix, car c’est effectivement un suicide politique. Mais ayons l’honnêteté de l’admettre : il a fait preuve d’un grand courage. Et tu sais bien que je n’ai aucune estime pour Bayrou.

    Pour ce qui est des nouveaux sondages, c’est vraiment inconcevable ce resserrement soudain. J’attends toujours que quelqu’un m’explique comment Sarkozy a pu gagner des voix avec une stratégie aussi nulle (tu en convenais toi-même, n’est-ce pas ?).

    • Les écarts étaient de toute façon trop élevés.

      Mais la peur d’une sanction des marchés d’un côté, l’agacement face au « moralisme » permanent du monde médiatico-politique sur le « fascisme qui vient » de l’autre, ont pu faire que Sarkozy a lui aussi bénéficié d’une certaine mécanique par défaut: le rejet, non pas de Hollande, mais de ceux et de ce qu’il charrie derrière lui: Mélenchon, les syndicats d’enseignants et la FCPE dépensiers d’un côté, Meirieu, Noah, Axel Kahn et maintenant Bayrou donneurs de leçons de l’autre.

      Et puis, il y a son énergie personnelle de Sarkozy, le fait que, tous comptes faits, face à la crise, il a fait ce qu’il a pu. Quant à Hollande, à force de vouloir contenter tout le monde, il n’enthousiasme personne.

      Ne jugeons pas les hommes à travers une campagne électorale (c’est bien l’erreur commise sur Sarkozy en 2007, non ? :D). Hollande n’est pas l’homme vu dans le débat l’autre jour. Hollande, comme Sarkozy avant lui, reviendra à son naturel: l’indécision, la synthèse à tout prix, une forme d’immobilisme de commentateur et d’observateur mais pas l’implication d’un acteur.
      L’énergie et l’action comptent donc peut-être. Et, malgré le débat, la « présidentialité » de Hollande n’est manifestement pas acquise. Les traits d’image, dont je n’ai jamais parlé car ils sont subjectifs, apportent quand même, sur ce point, une certitude: Hollande n’est pas estimé avoir réellement la carrure.
      L’échéance se rapprochant, ce critère joue peut-être davantage.

      Mais il est certain que, si la tendance se poursuivait et si Sarkozy se rapprochait des 52, ce serait une vraie surprise !

      • Bah, je ne vois rien de très nouveau dans tes critiques. Au contraire, elles devraient avoir moins de poids maintenant que Hollande (quoi qu’on en pense) semble les démentir. Et, franchement, chaque jour qui passe nous révèle un Sarkozy de moins en moins présidentiel, de plus en plus négatif dans sa campagne (il n’y a qu’à voir son dernier clip, exemple flagrant de « fearmongering » éhonté). Non, décidément, je ne peux adhérer à ton analyse.

        • J’essaie de trouver une explication… mais je n’en ai pas davantage.
          Peut-être après tout que nos idées et fréquentations de privilégiés culturels nous empêchent de voir que beaucoup d’électeurs se retrouvent dans le côté désormais « underdog » de Sarkozy et dans sa « victimisation » à l’égard d’une pensée unique que le soutien de Bayrou parachève d’une certaine manière ?
          Je ne dis pas que j’adhère à cette idée, car je suis moi-même en grande partie « pensée unique » malgré mes valeurs quasi-ultramontaines.
          Mais je cherche toujours une explication…

          Je peux imaginer ta sourde inquiétude et une certaine exaspération à l’égard d’un électorat qui a décidément du mal à comprendre. Mais que veux-tu…
          Ou alors peut-être qu’il faudrait dissoudre le peuple ?😉

      • Sapristi : Mélenchon, les syndicats d’enseignants dépensiers, la didactique (Meirieu), la recherche (Axel Kahn) : mais c’est de moi qu’il est question !
        Par contre j’ai un problème avec votre texte : je peux pas encadrer la musique de Noah, ni ce qu’il représente. Mais je pense que les trucs que j’écoute sont encore pires : Dominique A, Bertrand Belin, Florent Marchet pour les français…. Sinon, du rock indépendant anglais (genre Radiohead, PJ Harvey…) C’est grave docteur ?

        • Boarf, vous savez, moi, sorti de Beethoven, Dvorak, ABBA et Depeche Mode, j’y connais pas grand-chose😉
          Et, dans mon cas, en revanche, vu ce que je viens de vous citer, c’est très grave, je sais.

      • Eh bien oui, je continue d’être surpris qu’un peuple qui, à un premier ministre au bilan exemplaire, a préféré un président menteur et corrompu et un vieux poujadiste rabougri, fasse preuve de stupidité et d’immaturité politique. Peut-être que c’est moi le plus bête de l’histoire, en fin de compte…

    • Sur Bayrou, je ne parlerais pas de courage, car il n’en a JAMAIS fait preuve. Juste de l’aveuglement et de l’orgueil.
      Le Monde nous raconte que, manifestement, encore hier matin, il penchait pour le vote blanc… Que de convictions profondes…
      Sarnez et, en l’absence du vrai centre-droit, les ex-Verts, les « modernes » et les frustrés ont manifestement emporté la décision.
      La présence de Bernard Bosson jusqu’au bout me surprend et me déçoit, en revanche. Les autres (Douste, Lambert, Bennahmias, Rochefort, Sarnez, Gourault,…), ils me font penser aux Soisson, Stirn, Durafour, Pelletier, Schwartzenberg qui avaient rejoint Mitterrand en 1988… (ce qui était bien différent de l’attitude du groupe du CDS, qui avait collaboré avec Rocard sur des bases programmatiques et pragmatiques).

      Non, je crois que ce qui m’agace vraiment dans tout cela, ce n’est pas la destinée de Bayrou (certes, c’est globalement du gâchis: en 2007, il était fort et avait les moyens de casser une partie du PS et de tenter de prendre le flambeau de l’opposition à Sarkozy: là, cela avait un sens et de la gueule, là ç’aurait été courageux). C’est plutôt les qualificatifs de Rubicon, de séisme, de moment « historique ». Mais voyons, après les législatives, il n’y aura plus de MoDem, c’est tout simple.
      Le PCF aura un groupe, lui. Peut-être même les Verts (qui en ont déjà un au Sénat). Mélenchon, même décevant, a quand même fait mieux que Bayrou et avec des vrais électeurs de gauche.
      Bayrou n’est encore là que parce que l’élection présidentielle lui a permis de survivre jusqu’en 2011 et que, cette année-là, Sarkozy n’a pas voulu que Borloo tente de lui voler le centre-droit.

    • Pour moi le resserrement est logique, au contraire. On voit une convergence entre 53 et 52,5 par remontée des transferts de voix de Le Pen vers Sarkozy. Ce qui est normal, vu la campagne de second tour de Sarkozy.
      En cas de victoire de Hollande (qui n’est plus certaine aujourd’hui), la droite va devoir se poser la question de son futur positionnement politique, car cette stratégie politique très à droite est un vrai succès !
      Sarkozy va probablement perdre, mais c’est c’est uniquement à cause de son impopularité, et certainement pas à cause de son positionnement droitier. C’est pour cela que je partage votre opinion : même en cas de victoire de Hollande par 54 % (ce qui est, à mon avis, une limite maximale qu’il n’atteindra pas) l’élection est déjà perdue pour tous les français de gauche et de droite qui ne partagent pas la stratégie politique de Buisson, qui vise, à terme, l’union de l’extrême droite avec la frange dure de l’UMP, et la prise en otage de la droite modérée.
      Les grands vainqueurs de 2012 resteront donc la droite populaire et le FN, notamment sur le plan du lobbying : leurs idées ont progressé comme jamais sous la 5ième république et les idées de gauche ont régressé, même si, paradoxalement, nous sommes moins minoritaires qu’avant (autour de 45%, selon moi, en comptant la frange centre gauche du MODEM).

      L’avenir, en 2017, est donc à la droite. Mais laquelle ?
      Reverrons-nous la droite gaulliste républicaine classique qui a gouverné la France 75% du temps depuis 58, ou la probable courte défaite de Sarkozy (score le plus probable, selon moi : entre 52% et 52,5% pour Hollande) sera-t-elle, paradoxalement, la continuation du Sarkozysme, la continuation d’une droite populiste draguant en permanence ses extrêmes, avec un soupçon de césarisme de droite (Sylla, pour les latinistes distingués).
      Personnellement, si j’étais de droite, c’est le moment que je choisirais pour m’engager résolument derrière, au choix, Bayrou, Borloo, Villepin, Juppé, Fillon, Dupont-Aignan, ou un autre, pour contrer cette tendance sarkoziste d’entre deux tours qui risque de continuer de prendre en otage la droite modérée, à travers des figures d’ambitieux sans scrupules comme Copé.

      Pour finir, un mot à destination du rédacteur de ce blog : vous envisagiez, en vue des législatives, des alliances stratégiques avec le FN, mais, bien sûr, sans alliance programmatique. Dans cet entre deux tour, vous avez eu exactement le contraire : reprise du programme du FN, sans aucune alliance stratégique. Comme vous le savez, depuis le temps, je suis loin d’être de votre bord politique. Cependant, en ces jours gris, je ne peux que regretter cette désolante situation : à tout prendre, j’aurais encore préféré votre première hypothèse, celle qui a tant fait couler de commentaires indignés naguère.

      • En réalité, étant donné que nous aurons « tout » eu (le mauvais score de Sarkozy au 1er tour, la « performance » de « Panzergirl », la poursuite de la stratégie droitière mais dans le chaos barnumesque, les dérapages de quelques-uns, la morale à deux sous de Bayrou), je crains qu’il n’y ait plus le choix pour l’UMP: rester calfeutrés et isolés, en priant pour que la tempête passe…
        Une fois de plus, c’est un coche loupé. Après des législatives qui renforceront encore le FN, l’UMP va se déchirer et, ensuite, je ne sais plus (j’aimerais tant que Fillon et Juppé puissent rester unis afin que Copé ne prenne pas le dessus…).
        Il faudrait 2 partis, voire 3, pour à la fois marginaliser le FN et recycler ses électeurs d’un côté, ne pas laisser échapper les électeurs centristes de l’autre.

        Pour ce qui est des idées, mais aussi pour ce qui est de la soi-disant « majorité sociologique de droite en France » ou de la « France pays de droite », poncifs souvent répétés, ici ou ailleurs, j’en profite pour dire que je suis loin d’être d’accord car la gauche est majoritaire et dominante:

        – les médias, les universités, les intellectuels, les « experts » sont, de près ou de loin, très largement à gauche (y compris caviar, peu m’importe)

        – l’école (au sens des programmes et, surtout, des méthodes et de la pédagogie) est de gauche

        – le droit de la famille et la bioéthique sont progressivement gauchisés

        – la libéralisation des moeurs et la destruction de la famille, soutenues partout et « pratiquées » partout certes, découlent pour moi (et pour faire très simpliste) d’une conception de gauche du monde (les « libertariens » de droite, cela n’existe pas en France: donc, les social liberals sont forcément de gauche; c’est réducteur mais notre paysage idéologique est ainsi fait)

        – la manière dont les Français voient l’Europe et l’économie les classent très nettement à gauche parmi tous les peuples de l’OCDE et même en comparaison des Indiens ou des Brésiliens

        – la priorité à l’égalité sur la liberté, comme la confusion (le gender), le relativisme des valeurs, tout cela vient d’une prédominance des idées de la gauche.

        Oh bien sûr, nombre de ces évolutions sont très largement partagées. Mais justement, la gauche a réellement triomphé sur le plan des idées, en partie parce que la vraie droite (une gestion à la Juppé et une morale à la Boutin😉 un gaullisme actualisé, quoi) n’existe pas.

        La gauche n’est simplement pas capable de gagner les élections nationales, malgré le soutien d’une majorité d’employés, de fonctionnaires, de CSP+, de jeunes. Mais cela va changer dimanche…😦😉

      • Sans m’attarder sur tes commentaires paranoiaques habituels sur la libéralisation des moeurs, ni sur le conspirationnisme tout aussi convenu sur les soi-disant médias de gauche (même si tout ça mérite d’être combattu avec force), permets-moi juste de noter que si pour toi Boutin (cette pitoyable égocentrique réussissant l’exploit d’être à la fois dogmatique et opportuniste) constitue la référence suprême en matière de « morale », ça n’augure rien de bon…

      • Bon, je voudrais m’expliquer sur ce que signifie, sous ma plume, la locution « sociologiquement de droite ». Fidèle à ma ligne de conduite, je ne m’exprimerai pas sur le terrain des idées.
        Je saisis à peu près bien ce que vous pensez, il me semble, et j’écris ici sous votre contrôle. Vous semblez penser : « majoritairement, les idées des français sont des idées de gauche ». Si je me place à l’endroit où vous parlez et si j’essaie de me mettre à penser comme vous, je ne peux qu’être d’accord (si tant est que, par expérience de pensée, je puisse me projeter de manière pertinente sur l’autre rive politique).
        Mais, le problème, c’est que je ne me place pas sur ce terrain quand j’écris que la France penche à droite. Je vais donc reformuler ma pensée de façon plus précise : les français votent majoritairement à droite (au sens où la majorité des français votent pour des partis qui affirment être de droite), selon une proportion d’environ 60% à 40%. Je ne dis que ça, pas plus.
        Mais pas moins non plus, et cette affirmation, je l’étaye par des faits : sous la 5ième république, la droite a gagné 6 élections présidentielles sur 8, 10 législatives sur 13 et toutes les élections sénatoriales, sauf les dernières. Évidemment, en ce qui concerne les scrutins locaux ou européens, la situation est un peu différente, mais vous conviendrez avec moi que ce ne sont pas des élections les plus importantes.

        Petites données statistiques, pour étayer mon propos. Pour les premiers tours des élections présidentielles, j’ai fait la somme de voix des candidats qui se disaient de gauche – droite, ou qui avaient appartenu à un gouvernement de gauche – droite (exemple : Lalonde à gauche, Waechter nulle part, Lepage à droite). J’exclue le Bayrou de 2007 – 2012 du comptage, car il s’affirme et est perçu comme réellement centriste. Ces valeurs ne sont que des additions hétéroclites, mais elles donnent, à mon avis une bonne idée des rapports de force (exprimées en % sous la forme Gauche – Droite – Centre ou apolitique) :

        1965 : 34,6 – 65,4
        1969 : 32,2 – 67,8
        1974 : 48 – 51,8 – 0,2
        1981 : 50,7 – 49,3
        1988 : 45,3 – 50,9 – 3,8 (Waechter)
        1995 : 40,6 – 59,2 – 0,2
        2002 : 42,9 – 57,1
        2007 : 36,4 – 45 – 18,6 (Bayrou) et si on divise l’électorat Bayrou en 2 : 45,7 – 54,3
        2012 : 44 – 46,9 – 9,1 (Bayrou) et si on divise l’électorat Bayrou en 2 : 48,5 – 51,5

        Donc, même en étant large, et en prenant Lalonde, Dumont et d’autres zazous bizarres avec nous, la gauche fait, au premier tour des scores entre 32% et 51%, la droite, elle, ne descend jamais en dessous de 49%, si on lui ajoute la moitié de l’électorat de Bayrou aux dernières élections !
        Et si on fait une moyenne de tous les scores de la gauche depuis 65, ça donne : 43,4%. Ca n’est pas une vérité absolue, mais ça donne quand même un certain ordre de grandeur des rapports de force électoraux.

        Donc, pour finir, je reformule, mais je maintiens : sociologiquement, les français votent en majorité pour des partis qui se revendiquent comme étant « à droite » !

        • C’est plus clair et précis en effet.
          Toutefois, la période 1965-1981 n’est pas pertinente. Je pense qu’il ne faut retenir que depuis l’émergence du FN. Et encore.

          Mais, idéologiquement, je maintiens (car, pour moi, le MoDem est de gauche et le FN n’est pas entièrement de droite).

          La dernière vraie victoire de la droite était en 1995… Depuis, elle n’a bénéficié que de l’incapacité de la gauche à gagenr nationalement…

  7. D’abord merci pour vos analyses, que j’ai pu suivre tout au long de la campagne. Pour comprendre Bayrou, je crois qu’il faut se souvenir qu’il est catholique pratiquant, qu’il croit en un destin… en son destin. S’il n’a fait 9%, c’est qu’il n’a pas été appelé (par Dieu?) cette fois, c’est ainsi qu’il voit en partie les choses. Mais il est convaincu qu’un jour, il sera appelé, tel Jeanne d’Arc, que la situation fera de lui un Prodi, qu’on le suppliera, parce qu’il avait annoncé ce qui allait se produire tel un devin, de venir former un gouvernement d’union nationale pour contrer les tentations extrémistes des masses excédées par les crises. Bayrou est un hybride, à la fois politicien standard et héros missionnaire, du moins c’est ainsi, je pense, qu’il se conçoit. Le plus étonnant, c’est que concernant ses prédictions et son rôle de roue de secours, il n’a peut-être pas tout à fait tort. Un jour il sera peut-être l’ultime rempart face à Le Pen… Je pense qu’il a ces éléments en tête et qu’il se voit ainsi.

  8. Pour ma part, iil me semble normal qu’il y est un resserement dans les derniers sondages à quellques heures du scrutin. Si on considère la composition politique donnée par le résultat du 1er tour, l’issue d’une fourchette entre 51,5 et 53 pour Hollande me semble plus cohérente qu’un 54 ou plus. En revanche, je n’ai pas de doute sur l’identité du vainqueur. La défaite de NS me semble inscrite dans des processus d’opinion assez profonds et qu’on ne peut modifier en 15 jours, même avec une suractivité médiatique dans les derniers jours de campagne

    Quand à BAYROU, le seul effet possible de sa position sur le résultat pourra être de conforter la part de son électorat déjà décider à voter Hollande voir blanc, ce qui reste non négligeable pour FH quand on connait le caractère incertain des reports du MODEM. Ceci dit, il ne faut pas sous-estimer l’attachement de ses électeurs pour F. BAYROU; Il est finalement le premier « vrai » centriste à exister électoralement dans une présidentielle et cela avec un appareil politique insignifiant.

    Pour autant, ce n’est pas parce-que Hollande va gagner que Bayrou sortira vainqueur de l’affaire. Ne doutons pas que les reports du MODEM vont être scrutés par la droite (NC entre autres). S’ils ne progressent pas significativement suite à son annonce, voir s’ils sont plutôt favorables à NS dans les actuelles proportions, il n’en restera pas moins en difficulté sur un plan politique. C’est donc un risque important qi’il a pris même s’il mise sur le fait sa posture lui permet de se différencier des autres leader de la droite déclarés comme centirstes. L’illusion qu’il a joué un rôle déterminent dans la nouvelle situation politique que le pays connaitra lundi matin, peut effectivement persister un temps.

  9. « Les médias majoritairement de gauche » est-ce un poncif ou une réalité ?
    Si tu as le temps j’aimerai que tu précises ta pensée ? Majoritairement cela voudrait dire que plus de 50% sont de gauche en terme d’audience ou de diffusion ?
    Parmi les chaînes généralistes (TF1, A2, FR3, C+, 5, Arte), les chaînes d’infos (LCI, iTélé, BFM, France24) lesquelles sont « de gauche » ?
    Parmi les grandes radios (RTL, Europe1, RMC, France Inter) lesquelles sont « de gauche » ?
    Parmi les journaux de la PQR (Ouest-France, Sud-Ouest, DNA, Dauphiné Libéré, La Dépêche du Midi, L’Est Républicain, Midi Libre, La Montagne, Nice Matin, Nord Eclair, etc) lesquels sont « de gauche » ?
    Parmi les titres de la presse nationale (Le Figaro, Libé, Le Monde, Le Parisien, La Croix, Le JDD, Les Echos, La Tribune, L’Huma) lesquels sont « de gauche » ?
    Parmi les titres de la presse magazine (Le Point, L’Express, VSD, Causeur, Paris Match, Valeurs Actuelles, l’Obs, Marianne, La Vie,…) lesquels sont de gauche ?
    Ensuite si on considère des émissions de débat (que je regarde » : « Choisissez votre camp » sur LCI, on ne peut pas dire que la liste des intervenants réguliers ne sont pas « de gauche », idem pour « C dans l’air » !
    Merci !

    • Correction : si on considère des émissions de débat (que je regarde) : “Choisissez votre camp” sur LCI, on ne peut pas dire que la majorité des intervenants réguliers sont “de gauche”, idem pour “C dans l’air” !

    • Eu égard aux commentaires pertinents ou du moins fouillés qui sont échangés ici, je n’ai pas réagi à cette affirmation sur les medias « majoritairement de gauche » mais de même, je suis tellement convaincu du contraire que ça m’a beaucoup surpris. Etant donné la diversité apparente des commentateurs de ces pages de Horos2012, ce serait intéressant de voir ce que nous en pensons tous, en effet… J’ai vu un sondage passer récemment sur l’inclination politique des lecteurs et auditeurs des grands medias, je tente de le retrouver et diffuser. D’accord, cela ne donne pas nécessairement celle des journalistes, mais cela a probablement un lien assez fort.

    • Comme souvent lorsque je me « lâche » (je ne devrais pas, mais les blogs, cela finit toujours comme ça😉 et puis, comme je l’ai déjà dit, l’absence totale de suspense depuis… 2 ans et demi, au bas mot, fait que l’on a envie de faire l’école buissonnière…), je n’ai pas été précis.
      Mon propos était de dire que les « journalistes » sont majoritairement de gauche, pas forcément les médias, au sens des personnes morales, de leurs propriétaires et de leurs directions. La différence est importante, notamment dans l’audiovisuel public, où même des horribles dirigeants à la solde du pouvoir ne font pas une ligne éditoriale de droite.

      Mais si l’on se concentre sur les médias, pris chacun dans sa globalité:
      – F2, F3, Canal + et ARTE sont de gauche (même si la direction de F2 et F3 peut être de droite, cela ne change pas sur le fond); TF1 est de droite; F5 est de gauche mais plus équilibrée; M6 a une base jorunalistique mi-populiste, mi-gauche, même si la direction peut être de droite;
      – i-Télé est de gauche, LCI est de droite, BFM-TV est populiste et commerciale et va donc dans le sens du vent le plus « fructueux » (même si Mazerolle et Elkrief sont de gauche et si Bourdin est, de fait, pro-FN), F24 est globalement de gauche;
      – Radio France est de gauche (cela fait beaucoup: Inter, Culture, les France Bleu mais aussi Info, qui est « à la base » de gauche, même si la direction peut être de droite), RMC suit le modèle BFM-TV, RTL est de droite, Europe 1 compte une majorité de journalistes de gauche, quelle que soit l’orientation de la direction;
      – Rue89, Mediapart, Slate, Huffington Post, Bondy Blog, Yahoo et autres pages d’actualité d’entreprises de médias sont très peu contrebalancés par des médias Internet de droite fort peu nombreux (Atlantico, Causeur et quoi d’autre ?);
      – Libération, Le Monde, l’Humanité écrasent largement le Figaro; les Echos sont de droite mais leur faible impact politique les rend peu importants sur les sujets qui nous occupent (la Tribune est plus « commerciale » et a également peu d’impact politique); le JDD est de droite mais seulement hebdo; le Parisien est surtout populiste, mais, sur le long terme, est de fait à gauche; la Croix, sous ses airs bayrouïstes, est de fait à gauche même si de manière modérée;
      – je ne connais pas toute la PQR mais la Marseillaise, la Dépêche du Midi, la Montagne, Ouest-France, Sud-Ouest, la République des Pyrénées, la Dauphiné, l’un des deux du Nord sont à gauche, même le Télégramme et la Nouvelle République (malgré des éditos plus équilibrés); Nice-Matin et, il me semble, l’Est Républicain et les DNA sont plus à droite; Paris-Normandie, le Midi Libre, sont plus « populistes » mais favorisent la gauche sur le long terme; j’avoue ne pas trop savoir pour le Progrès ou l’autre du Nord;
      – la Canard Enchaîné, le Nouvel Obs, Marianne, la Vie, de fait l’Express dans sa base journalistique (quels que soient les repositionnements de Barbier) sont à gauche; Valeurs Actuelles et le Point sont à droite; VSD est « trash » et va au plus offrant; Paris Match est populiste et est nettement moins de droite: il va désormais au plus « porteur ».

      La différence se fait aussi dans le fait que les médias de gauche sont plus « groupés » et relayent entre eux les infos et « révélations » des uns et des autres; les médias de droite sont plus individualistes et donc probablement moins efficaces. En plus, comme, en presse quotidienne, il n’y a que le Figaro et que celui-ci, après une petite période d’éclaircie sous Beytout, est redevenu nul et encore plus que nul avec Mougeotte, cela fait un vide. Comme, sur Internet, qui a une grosse influence sur les élites et sur les autres médias, la prédiominance est nettement à gauche, c’est plus difficile pour la droite.
      Mais, évidemment, une personne de gauche qui écouterait RTL et regarderait TF1 pourrait avoir un sentiment inverse… mais, justement, ces leaders historiques déclinent constamment…
      Je pense donc qu’en termes d’audience (presse papier, c’est évident; audience radio, c’est assez clair désormais; audiences télé, c’est de plus en plus net; fréquentation Internet, je n’en parle pas), il y a aussi une nette majorité de gauche. En termes d’influence générale, en outre, il est évident que Le Monde (malgré sa chute de qualité lamentable depuis Colombani, plus de 15 ans maintenant… snif…), le Canard, Mediapart, Rue89, France Inter dépassent leur stricte audience.

      Après, en termes d’éditorialistes et d’émissions de débat, cela peut paraître plus équilibré parce que chaque émission essaie d’inviter des personnalités des deux bords (même si, souvent, pour faire le gars de droite, on va chercher un économiste, un « expert », un « consultant » ou un entrepreneur car, au bout d’un moment, les gens du Figaro n’ont pas le don d’ubiquité :P). Mais je parle bien de la ligne éditoriale, des titres, de la teneur des articles, du choix des sujets et de l’orientation donnée.
      Le retentissement des déclarations d’un seul des avocats de l’ancien premier ministre d’un dictateur libyen le montre assez bien, les démentis d’autres Libyens pas pire ou d’un autre des avocats de l’ancien PM ayant reçu nettement moins de couverture. Mais je suis paranoïaque selon Antonio: cela doit donc s’expliquer.
      Encore n’est-ce pas un très bon exemple car, pour moi, l’orientation de gauche se voit dans le traitement des sujets économiques, sociaux, sociétaux, éducatifs et historiques (sur les sujets internationaux, comme c’est surtout l’indigence médiatique française qui est à l’oeuvre, il n’y a pas trop de différence gauche-droite…). Les sujets strictement politiques (campagne, sondages, « affaires »,…) sont naturellement traités plus « politiquement » et c’est moins anormal (et, de ce point de vue, la mauvaise foi du Figaro vaut la fausse boone foi du Canard).

      Nous voilà bien loin de notre indicateur… Je m’y remets!

      • Je vous remercie des précisions que vous avez apporté. Je ne suis pas d’accord avec votre classement « droite – gauche » des rédactions. Notre propre sensibilité doit influer sur le jugement que nous portons sur l’orientation des journalistes. Pour ma part je ne peux m’empêcher de penser que David Pujadas et Yves Calvi sont de droite😉
        Mais je vous laisse travailler sur votre indicateur que nous attendons tous avec impatience !
        Merci !

  10. « ah oui, les convictions… (rire étouffé) »
    Oui, il y a des gens qui ont des convictions.

    Ça vous a peut-être échappé, mais Sarkozy a mis le paquet sur les valeurs d’extrême droite ces derniers temps (j’ai encore du mal à réaliser qu’il a osé les images de fouilles policières dans son clip de campagne; en général, ce genre d’images, c’est pour dénoncer les abus policiers, pas pour s’en vanter). On a bien affaire à un remake du 2e tour de 2002, avec Sarkozy dans le rôle de la bête immonde, et Hollande dans le rôle du sauveur de la dignité de la France. Dans ces conditions, si Bayrou n’avait pas fait savoir qu’il voterait contre Sarkozy il risquait de perdre sa crédibilité d’humaniste, de la même manière que quiconque ne votait pas Chirac en 2002 risquait de passer pour un allié du FN.

    La mort politique de Bayrou ça aurait été de tergiverser dans la situation actuelle, voire pire de se prononcer en faveur de Sarkozy. Là, en montrant qu’il est capable de mettre de côté ses idées économiques pour faire barrage au candidat de la haine, il préserve ses chances de peser à l’avenir. Les journalistes ont tort d’être étonnés de l’attitude de Bayrou. Elle est logique.

    C’est l’attitude de Sarkozy qui est hallucinante. Il voudrait perdre l’élection qu’il ne s’y prendrait pas autrement. En tant qu’électeur de Mélenchon, j’étais moyennement enthousiaste à l’idée de voter Hollande au 2e tour. Mais vu la brillante manière avec laquelle Sarkozy a résumé en quelques jours tout ce qui avait pu susciter sa détestation depuis qu’il est aux affaires, c’est avec grand plaisir que je vais finalement voter Hollande. Sarkozy est une insulte à l’intelligence, un scandale ambulant. Ce n’est pas pour rien qu’il a battu des records d’impopularité. Si l’UMP voulait gagner les élections, elle aurait dû se trouver quelqu’un d’un minimum respectable, au lieu de bêtement suivre ce chef détestable.

    Désolé pour ces propos un peu outrés, mais Sarkozy a eu un comportement vraiment indigne.

  11. Cette fin de campagne est odieuse. Sarkozy joue à fond la carte de l’extrême droite et j’ai la nette impression que c’est en train de payer. l’Ifop quotidien vient de passer à 52-48. L’écart ne cesse de se réduire. J’espère que ce n’est qu’une manipulation, mais cela fait vraiment peur. une réélection de Sarkozy dans ces conditions serait vraiment une catastrophe au niveau de l’image de notre pays.

  12. Horos, cher confrère blogger, bravo pour ce travail que j’ai découvert trop récemment hélas, et pour vos excellentes analyses. Pour aujourd’hui permettez-moi d’essayer de répondre à votre interrogation majeure du jour sur Bayrou, en commençant par vous citer :
    « – il a bien sûr intérêt, comme Le Pen, à la défaite de Sarkozy, mais comment peut-il maintenant se recycler au centre-droit ? »
    On est d’accord, à droite, c’est fini pour lui. Mais le Modem a depuis longtemps glissé à gauche (en atteste le flirt de l’entre-deux-tours avec Royal 5 ans plus tôt). L’excuse des convictions ne me fait pas rire en revanche, il s’agit certainement d’une démarche politicienne.

    En effet, si Bayrou a intérêt a une défaite de Sarkozy aujourd’hui, je crois que sa démarche est aussi celle de miser à plus long terme sur le pari d’un effondrement de Hollande (il a dit et le redira : « son programme économique [était] inadapté », je vous l’avais dit pourra-t-il encore ajouter). Ainsi, dans 5 ans, il représenterait une alternative de centre-gauche crédible, ravissant à un PS déchu comme la droite avant lui (peut-être dimanche) le droit d’accéder au second tour contre le principal parti de droite. Et en position de force car quand le centre est au second tour, il gagne car il rassemble tout son camp et grignote les indécis (un synonyme : les centristes). Perdu pour perdu, dans ce scénario, c’est sa dernière carte à jouer pour atteindre le destin national qu’il se prête. C’est à présent le seul rôle qu’il peut jouer, et ce sera ensuite une nouvelle traversée du désert jusqu’en 2017.

    Une alternative est néanmoins possible : que Hollande le nomme Premier ministre pour distancer définitivement les Éléphants, quitte à remplacer en seconde partie de mandat Bayrou par l’un d’entre eux, pour mettre en difficulté son principal rival (les Premier ministres sont toujours battus, à l’image de Jospin ou Balladur).

    • La droite, à fortiori les plus de 60 ans, descend pas tant dans la rue. Et est un peu en mal de bloquer par des grèves les entreprises. Si comme attendu, je pense, les choses ne vont pas si bien dans les mois qui viennent en cas de présidence Hollande ( je ne dis pas par là qu’elles puissent aller bien dans le cas contraire et probablement pas mieux, sinon même… ) – et Hollande sait, je crois, le peu de marges de manoeuvre dont il dispose – commencer, ou même finir (?) avec un premier ministre qui serait Bayrou me semble un choix peu probable; et vis à vis de l’ensemble de ce qu’il a annoncé, et vis à vis du profil de l’électorat qui le porterait à la présidence, dont il aura grand besoin pour l’aider à porter le projet de la gauche; du moins à ne pas s’y opposer.

      Mais bon…cette hypothèse ( Bayrou PM ) a peut être quelques ressorts cachés que je n’aperçois pas à cet instant.

  13. Sur François Bayrou, il peut venir à l’idée, au delà de mesquines considérations – telle que sauver son poste de député – qu’il puisse y avoir des hommes qui font passer leurs convictions profondes au dessus de considérations tactiques. Pierre Mendès-France fut de ceux-là.
    F. Bayrou (dont je n’ai pas dit que du bien dans mon http://deblog-notes.over-blog.com/ ) sur le plan économique est sans doute plus proche du sortant que de Hollande, mais pour lui le programme passe après des valeurs humanistes, La surenchère de Sarkozy avec le F-Haine n’est pas supportable. Contrairement aux autres grands humanistes de la majorité sortante – les Méhaignerie, Gaudin, sans oublier Morin ou Santini, ni Mercier – peut-être fait-il passer les valeurs auxquelles il tient avant la soupe qui fait passer les couleuvres qu’ils avalent.
    Hypothèse naïve ?

    • Hypothèse validée pour ma part Jean-François
      Gérer un pays divisé est impossible, à part à coup de matraque , ce que l’homme Bayrou ne peut envisager, et heureusement !
      Pour ma part Bayrou est loin d’être fini bien au contraire , il vient enfin de trouver sa stature aux yeux des français républicains.

      • Rose, il ne faut pas oublier que Bayrou a été lancé en politique par des centristes de droite, et que l’UDF était au centre droit. Bayrou appartenait donc à la famille politique de droite. Pour toute la droite, les élus comme les électeurs, appeler à voter pour le PS est une trahison politique. Je ne me l’explique pas autrement que par un glissement définitif de Bayrou à gauche.
        Donc quand vous dites qu’il vient de trouver sa stature aux yeux des français républicains, cela se limitera aux français républicains de gauche, ce qui laisse moins de marge. Je crois d’ailleurs que cet emploi du terme républicain visait dans votre esprit à bien distinguer a contrario les électeurs FN. Mais c’est oublier qu’ils ne votent pas tous par adhésion, et quand bien même cette stigmatisation d’un extrême et non des extrêmes est très surprenante pour les grands tenants de l’égalitarisme (si on les suit, voter extrême droite c’est mal, voter extrême gauche, c’est normal). Pourtant le poids historique du communisme (avec des dizaines de millions de morts) devrait faire ouvrir les yeux.
        Alors les hommes politiques sont comme les chats, ils ont plusieurs vies. Mais pour le cas de Bayrou, je crains pour lui qu’il vienne de tirer sa dernière cartouche.

        • J’aimerais vous rappeler que F Bayrou défend une autre conception de la politique depuis maintenant longtemps, rappelant à qui veut l’entendre que le concept de droite et de gauche est dépassé.
          Nous ne sommes pas dans un monde manichéen et la politique ne fait pas exception à la règle. Il n’y a pas de mur infranchissable entre la droite et la gauche. (sauf pour ceux qui y trouve un intérêt)
          J’en veux pour preuve ce graphique : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/visuel/2011/07/04/la-cartographie-de-la-blogosphere-politique_1544714_1471069.html
          Il s’agit d’une cartographie des blogs politiques français.

          Les liens sont plutôt bien représentés et même si la méthodologie est sans doute discutable, ce graphique met en évidence une chose : la politique ne se résumé pas à une ligne droite divisée en 2 camps. (ou alors, l’élection présidentielle ne serait qu’un simple concours de tir à la corde et nous ne nous fatiguerions pas autant pour analyser les sondages, les reports de voies, etc…)

          Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas si Bayrou a fait le bon choix d’un point de vue stratégique. Seul l’avenir nous le dira.
          Par contre, il n’est ni un traitre, ni en contradiction avec ses principes.

          Je précise que je ne suis pas encarté au modem bien que j’ai une sensibilité de centre-gauche très prononcée.
          Et je ne vois absolument pas où serait l’impossibilité de constituer un grand parti du centre constitué de plusieurs composantes, certaines de centre-gauche et d’autres de centre-droit.
          Est-ce que ca se fera ? Ca je n’en sait rien. Mais déclarer cela impossible sous-pretexte de cette barrière gauche/droite me semble beaucoup trop simpliste et très éloigné de ce que sont réellement les idées.

          Pour finir, j’ai particulièrement aimé les articles de ce blog ainsi que bons nombres de commentaires.
          Néanmoins, je sens les esprits s’échauffer sur la fin de cette campagne et je trouve dommage les accusations partisanes de traitrise à l’égard de Bayrou, tout comme certaines remarques plus que déplacées contre Boutin et même contre Sarkozy. (et pourtant, je ne porte pas ce dernier dans mon coeur)
          Nous sommes ici entre personnes réfléchies et je pense que nous devrions en rester à analyser objectivement les chiffres et surtout à modérer nos critiques personnelles envers tel ou tel candidat.

  14. Raph, j’aime beaucoup votre commentaire.

    2 précisions tout de même :
    – je n’ai pas voulu dire que Bayrou était en contradiction avec ses principes actuels, mais en contradiction avec ceux qui étaient les siens quand il est entré en politique et jusqu’à assez récemment, ses collaborateurs l’ayant quasiment tous abandonné essentiellement pour cette raison au cours des 10 dernières années, à de rares exceptions près ;
    – je n’ai pas dit qu’il était un traître, mais perçu comme tel par la droite (même si honnêtement je comprends ce positionnement ^^).

    Concernant le dépassement du concept gauche vs droite, je ne suis pas certain que le graphique que vous présentez démontre grand chose, on peut le redessiner à plat. Sinon oui ce concept gauche/droite est peut-être dépassé et il faudrait alors prendre le meilleur des idées dans chaque camp. Or Bayrou ne semble pas toujours en mesure d’incarner celui qui serait capable de le faire. Le problème n’est pas cette idée, mais celui qui la porte. L’attaque peut paraitre personnelle. Alors juste un exemple : pourquoi appeler à voter pour un candidat plutôt qu’un autre, surtout en affirmant que son programme économique est dépassé ? Si c’est parce que Sarkozy fait de l’oeil à l’extrême droite, alors c’est que le diptyque traditionnel gauche vs droite n’a pas totalement disparu.

  15. Je suis navré que vous l’ayez pris uniquement pour vous. Je crois ne pas avoir cliqué sur le bon bouton « répondre » du coup, mon message s’est trouvé lié au votre alors que je voulais répondre de manière plus générale. D’autant plus que vous étiez loin d’être le plus violent contradicteur à la position de Bayrou.

    Pour vous répondre, je ne vois pas non-plus de contradiction entre le bayrou de maintenant, et le bayrou pré-modem.
    Bon, je suis assez jeune (petite trentaine) donc je n’ai évidemment pas le souvenir de toutes ses prises de position. Mais par simple principe, passer du centre-droit au centre-gauche ne me semble pas un grand écart, juste une évolution possible et parfaitement justifiable.
    Et si la plupart des membres de l’UDF ne l’ont pas suivi, chacun sait que c’est plus par calcul électoral afin de préserver leurs sièges.😉
    Hormis ce mythe de la barrière gauche/droite, on voit bien qu’ils se rejoignent tous sur de nombreux points.

    Néanmoins, je vous accorde une chose, Bayrou n’a pas encore su incarner ce renouveau du centre. Le pourra t-il jour ? Je n’en sais vraiment rien…

    • À mon avis, Bayrou pourra fédérer le centre une fois que le PS et l’UMP auront éclaté. Je vois bien une recomposition du paysage politique avec une droite « décomplexée » (FN plus les « gros fachos » de l’UMP), une droite républicano-souverainiste, un centre pro-européen reprenant des bouts de la droite modérée, du modem, du PS et de ses alliés (comme certains verts pas encore passés au modem), une gauche centrée autour d’un front de gauche qui aurait rallié un peu plus d’écologistes et de socialistes, une extrême gauche « sectaire ». Tout ça gouvernant sur la base d’alliances entre groupes au parlement, sous l’oeil bienveillant d’un hypo-président apaisé.

    • Pourtant, Raph, je n’en pense pas moins ! ^^
      Le fait que Bayrou passe de (centre) droite à (centre) gauche est forcément mieux admis à gauche (à laquelle il donne sa voix). Mais pour ceux, de droite, qui ont cru en lui, la déception est forte. Et ceux-ci sont définitivement perdus pour Bayrou (ils se sentent trahis et on peut comprendre qu’ils doutent de ses convictions). Et c’est aussi pourquoi je pense que Bayrou mise plus sur un effondrement du PS que de l’UMP (où les cartes sont déjà jouées si Sarkozy part avec un camp Coppé et un camp Fillon voire Juppé, beaucoup moins de monde et d’affrontement en vue qu’au PS) au cours des 5 prochaines années (il a regardé les sondages et son estime personnelle lui fait croire qu’il a un rôle déterminant à jouer pour le second tour qui fera gagner le candidat socialiste).

      Sans être plus ancien que vous, pour avoir bien connu des électeurs et élus UDF je peux quand même dire que le fait de ne l’avoir pas suivi ne tient pas uniquement à un simple calcul électoral. L’image d’éternel indécis qu’il se traine n’est pas tellement un mythe vu ses (changements de ) positions politiques, et son virage à gauche a bien été perçu par une partie de son électorat (la frange droite du centre) comme une trahison. Ajoutez à cela un manque de charisme. Si Hollande traine quelques doux sobriquets, Bayrou a entre autres celui du Béarniais. Chacun se fera un avis à ce sujet. Voilà, vous avez sans doute la réponse à votre dernière question (et puis, pour incarner un renouveau il faut sans doute être nouveau).😉

      • D’accord avec vous.
        Si Bayrou avait eu du courage, c’est en 2007 qu’il fallait tenter le coup. Mais il ne voulait même pas ouvrir la porte de l’immeuble à Ségolène…
        Surtout, après la défaite de Royal, il pouvait réellement espérer une implosion du PS et, lui, devenir l’opposant en chef de Sarkozy.
        S’il fait ce calcul aujourd’hui, c’est foutu d’avance. Il a 5 ans de retard… Mais ce n’est pas très nouveau😀

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