Derniers sondages Harris, BVA, IPSOS, TNS-Sofres et IFOP quotidien: après un débat pour rien mais avant un Bayrou de dernière minute, l’écart continue de se resserrer

 

Harris Interactive
VSD, LCP Assemblée Nationale
2-3 mai 2012
échantillon: 1072

Hollande 53 (-2)
Sarkozy 47 (+2)

___________________________

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui
3 mai 2012
échantillon: 2161

Hollande 52,5 (-1)
Sarkozy 47,5 (+1)

___________________________

IPSOS-Logica Business Consulting
France Télévisions, Radio France, Le Monde
3 mai 2012
échantillon: 1018

Hollande 53 (-0,5)
Sarkozy 47 (+0,5)

___________________________

TNS-Sofres-SOPRA Group
i-Télé
3 mai 2012
échantillon: 1000

Hollande 53,5 (-1,5)
Sarkozy 46,5 (+1,5)

___________________________

IFOP-Fiducial quotidien
Paris-Match, Europe 1
1-4 mai 2012
échantillon: 1225

Hollande 52 (-1)
Sarkozy 48 (+1)

1. Comme je l’écrivais déjà hier, les sondages du jour confirment l’absence d’influence réelle du débat sur les intentions de vote, malgré la présentation médiatique d’une victoire hollandaise.

Il faut d’abord remarquer que beaucoup de personnes interrogées voient un match nul ou ne se prononcent pas.
Ensuite, l’écart entre les deux candidats est faible: 31-29 pour Harris, 40-31 pour BVA, 29-28 pour IPSOS.
En outre, ceux qui ont vu le débat en entier sont d’un avis inverse: 35-42 selon Harris  (contre 32-27 pour ceux l’ayant vu en partie et… 21-12 pour ceux ne l’ayant pas vu). C’est toutefois à relativiser puisque l’électorat âgé et sarkozyste était le plus assidu.
Enfin et surtout, parmi les électorats à surveiller, la performance de Sarkozy est plutôt correcte:
– dans l’électorat Bayrou, Hollande n’est qu’à 40-45 pour BVA et 16-25 pour IPSOS,
– dans l’électorat Le Pen, il est distancé à 28-47 pour BVA et 12-34 pour IPSOS,
– chez les indécis de tous bords, il est seulement à 38-47.

Je redis donc que le jugement sur le vainqueur du débat (le plus convaincant) est finalement un décalque du paysage politique existant.

Sarkozy est même plutôt performant chez les bayrouïstes, notamment pour CSA, BVA et IPSOS. Peut-être cela lui permettra-t-il d’amortir l’effet de l’annonce de Bayrou.

« Séisme » ou… faille (pour rester dans le tectonique), cette annonce ne devrait modifier les rapports de force qu’à la base. Généralement, les électeurs sont peu sensibles aux consignes de vote qui, en réalité, ont surtout un effet indirect par le bruit médiatique qu’elles déclenchent. En l’occurrence, il est difficile d’être affirmatif, mais l’étonnement et/ou l’énervement d’une partie de l’électorat de Bayrou qui aurait préféré un vote blance, voire la mobilisation plus forte à droite devant la « trahison », devraient annuler les éventuels transferts vers Hollande d’électeurs modérés mais très anti-sarkozystes et qui verraient les vannes s’ouvrir devant eux.

Bref, comme pour la suite (Bayrou est définitivement seul, même s’il a réussi à ne pas perdre Bennahmias et Rochefort, grande victoire…), il est peu probable que cette annonce ait un effet quelconque sur le second tour, sauf peut-être un léger frein à la tendance du moment pour Hollande, qui est à l’érosion.

2. Les sondages du jour confirment en effet unanimement que l’écart se resserre. Et tous pointent vers un 53% avec tendance baissière (nous verrons tout à l’heure notre indicateur).

Sarkozy devrait donc parvenir à inverser les intentions de vote dans une dizaine de jours. Oups.
Plaisanterie mise à part, c’est bien le pronostic désormais très largement favorable à Hollande qui impressionne, car, dans le même temps, l’écart n’est plus si élevé (sans parler des pointes à 60%, le niveau de 57% a longtemps été celui de Hollande) et le souhait de victoire n’a pas vraiment progressé en sa faveur.

Les reports de voix se sont en effet améliorés pour Sarkozy au sein de l’électorat Le Pen (ce qu’il pourra utiliser comme légitimation de sa tactique d’entre-deux-tours, qui est aussi celle qui lui vaut ses ennuis médiatiques et MoDemesques): 20/58/22 pour Harris, 22/57/21 pour BVA, 15/54/31 pour IPSOS, 7/52/41 pour TNS-Sofres, 19/55/26 pour IFOP. Mais il n’en est pas encore à 60%, encore moins aux 2/3, qui serait le seuil réellement intéressant.

Au sein de l’électorat Bayrou, cela reste moins clair, mais l’équilibre semble se maintenir (là aussi, nous verrons tout à l’heure avec l’indicateur), alors même que de plus en plus de ces électeurs expriment une opinion: 42/41/17 pour Harris, 36/40/24 pour BVA, 30/38/32 pour IPSOS, 37/32/31 pour TNS-Sofres, 31/37/32 pour IFOP. Peut-être y a-t-il dans cette instabilité une petite inquiétude pour Sarkozy après le… tremblement Bayrou.

Enfin, au sein de l’électorat Mélenchon, Hollande reste dominateur, même si, bizarrement, les sondeurs divergent plus fortement depuis deux jours, à la hausse comme à la baisse: 91/4/5 chez Harris, 87/4/9 chez BVA, 76/6/18 chez IPSOS, 85/2/13 chez TNS-Sofres, 84/4/12 chez IFOP.

BVA ajoute les abstentionnistes du 1er tour: 34/35/31, ce qui permet d’avoir un autre sondeur confirmant que l’arrivée de nouveaux électeurs ne devrait pas changer fondamentalement les rapports de force même si, au total, Sarkozy devrait en profiter pour rattraper très légèrement une partie de son retard.

3. Plus largement, sur la participation, je ne publie pas les chiffres des sondeurs, car les notions sont différentes (abstention, indécision, non-expression d’une intention de vote). En outre, les électeurs eux-mêmes ne déclarent pas forcément la réalité de leur déplacement (si tant est que tous la connaissent réellement eux-mêmes…).

Mais il apparaît que la participation devrait tourner autour de 80-82%, pas fondamentalement différente du premier tour. Une stabilité ou une progression modérée de la participation pourront permettre de conclure à une basence de surprise par rapport aux dernières prévisions. En revanche, si la mobilisation reculait, ce serait délicat à interpréter avant 18 ou 19h (et des chiffres par départements), car la victoire annoncée ou la défaite annoncée peuvent démobiliser dans un camp et dans l’autre, mais le sursaut « d’honneur » à droite ou l’inquiétude du dernier moment à gauche peuvent garantir une bonne participation dans l’un ou l’autre camp.

Rendez-vous un peu plus tard pour toutes les données utiles à un pronostic !

15 réflexions sur “Derniers sondages Harris, BVA, IPSOS, TNS-Sofres et IFOP quotidien: après un débat pour rien mais avant un Bayrou de dernière minute, l’écart continue de se resserrer

  1. Une question :

    Il y avait une petite explication/confrontation sur le site du nouvel observateur concernant, dans un cas comme celui-ci de second tour, ou deux candidats restent en présence, visant la façon selon laquelle devait être entendue la notion de marge d’erreur.

    Pour exemple, un institut annonçant une marge d’erreur de 3%, s’agissant d’un sondage. Doit on comprendre que cette incertitude est applicable à chaque candidat ? Et donc pour une évaluation à 48/52, par exemple, que le plus haut se ballade entre entre 49 et 55, et symétriquement, par report, l’autre entre 45 et 51 ? Ou comme je le pense au final après quelque réflexion, que ces 3% se divisent entre chaque candidat, les positionnant à respectivement,50.5/53.5 pour le premier et 46.5/49.5 pour l’autre ?

    • la marge est de + 3 – 3 pour chaque candidat patrice,
      donc N.Sarkozy peut très bien gagner Dimanche et F.Hollande peut très bien perdre malgré les apparences sondagières
      je vous laisse espérer ou stresser ( comme c’est mon cas ) et vous souhaite une bonne fin de soirée

      • Mon indicateur n’a que ce but: stresser les électeurs de gauche au point qu’ils ne sortiront pas dimanche (d’ailleurs, il doit pleuvoir, restez bien au chaud ! :P)

      • Merci Rose, mais j’attends d’avoir un avis très documenté. A priori, oui, ça parait simple, mais les explications, confirmées par d’autres sur le site du Nouvel Observateur et par le contenu d’une page du Monde mis en lien quant à la façon dont devait être « lue » cette notion de marge d’erreur semble aller dans une approche moins immédiate, et en l’occurence, celle que je décris en second.

        Je n’ai pas tout compris mais, en première approche, et dans la mesure ou l’on interroge chacun, sur sa préférence – à moins de je ne sais quelle péréquation – si sur mille personnes, par exemple, la moitié dit préférer l’un, avec une marge d’erreur de 3% retenue pour celle-ci, et l’autre moitié idem, aux hypothèses hautes des marges, j’espère que vous comprenez ce que je veux dire, on n’est plus à 100%. Mais, plus généralement et ceci viens comme une nouvelle interrogation à ce que j’énonce, et peut être le remettre en question: qu’est-ce que cette marge d’erreur. Sur quoi porte t’elle ?

        J’aurais voulu voulu vous mettre en lien la page des commentaires du NO où je viens de retourner mais les commentaires qui concernaient cet échange ont simplement disparu ? Mystère. Font ils du ménage dans cette page de temps en temps pour ne pas trop la surcharger ? Etrange .

        • http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2012.05.04-iv13.pdf
          Allez à l’avant-dernière page du fichier du dernier sondage TNS-Sofres: leur page explicative me paraît claire et sûrement davantage que toutes les explications que je pourrais vous rédiger.

          La marge s’applique bien à chaque candidat. Elle baisse si le pourcentage s’éloigne de 50 (pour être nulle à 0% ou 100% de résultat, c’est logique).

          Donc, oui, théoriquement, Hollande peut encore perdre (sauf pour TNS-Sofres; encore que, même pour eux, il reste 5% de possibilité que l’on soit hors de la marge d’erreur…; « Hollande, t’es foutu, les sondeurs se sont perdus ! »)

      • En même temps la valeur de la marge d’erreur donnée ne s’applique strictement que dans le cas d’une variable aléatoire, ce qui n’est pas le cas ici. Donner une marge de ce type pour ce genre de sondage, c’est de la foutaise pure et simple.

        Si vous voulez un semblant d’estimation, en voilà un, qui vaut ce qu’il vaut (pas grand chose), mais qui, au moins, est basé sur les précédents écarts entre la moyenne des derniers sondages de second tour et les résultats réels.
        Si cet écart a, dans le passé atteint des valeurs de 4,2% pour des scores de premier tour ; pour les sondages de second tour, l’écart entre la moyenne des derniers sondages (ceux réalisés entre le 1er mai et l’élection) et le résultat réel n’a jamais dépassé 0,8% dans le passé.
        Cette années, les 8 « instituts » donnent les valeurs suivantes :
        1 donne 52 (IFOP)
        3 donnent 52,5
        3 donnent 53
        1 donne 53,5
        ce qui fait une moyenne de : 52,75.
        En se basant sur les écarts des élection précédentes, on peut faire l’encadrement suivant pour Hollande : 51,9 – 53,6. C’est un encadrement assez restreint.
        Maintenant, si on veut être plus large, on peut arrondir légèrement par excès, cet écart psssé à 1% et l’appliquer à la hausse au meilleur sondage et à la baisse au plus mauvais. Ça donne un écart compris entre : 51 et 54,5 pour Hollande.
        C’est déjà un intervalle plus probable. Mais il n’a rien de certain, évidemment.

        On peut aussi remarquer que les matrices de report de voix sont meilleures pour Hollande chez l’IFOP d’aujourd’hui, qui est à 52 – 48 que celles d’un autre sondeur (BVA ou CSA, je ne sais plus), qui donne pourtant un résultat à 53. On peut en déduire que la tambouille des redressements est assez obscure et que les résultats donnés sont parfois liés à des stratégies, des anticipations qu’on ne maîtrise pas.

        En tout cas, ce qui est certain, c’est que si Sarkozy est réélu ne serait-ce qu’avec une voix d’avance, TOUS les « instituts », au nombre de 8, se seront trompés avec une erreur d’au moins 2%, et jusqu’à plus de 3,5% sur des sondages de second tour (traditionnellement les plus fiables, selon les données existantes) à 3 – 4 jours du scrutin. Ce qui serait un évènement extraordinaire, au sens premier du terme, et qui remettrai sérieusement en cause la pseudo fiabilité des sondeurs.

        Au delà de ces valeurs, je crois qu’on ne peut rien prévoir de manière robuste. Mais je ne demande quà être convaincu du contraire.

    • En effet:
      Messe à 10h30.
      Vote à 12h00 (non, je ne serai pas dans le taux de participation « de la mi-journée » comme disent en choeur les médias !).
      Vin de Bordeaux à 13h00.
      Stress à 17h00.
      Gueule de bois à 18h30.
      Tentative de suicide à 20h00.
      Insultes à 21h00.
      Excitation sur la future élection du président de l’UMP dès 23h30 !

      Un programme chargé !

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