51,67% sans les Français de l’étranger: sur fond de fiabilité globale des sondages et de notre indicateur, la victoire de Hollande est incontestable mais loin d’être massive

A 12h, participation de 30,66%.

Pour mémoire, 30,2 en 1981, 28,5 en 1988, 29,6 en 1995, 26,2 en 2002, 34 en 2007. Et 28,3 au premier tour de cette année (sachant que le premier tour de 2007 avait donné 30,9).

1,4 point d’amélioration d’un tour à l’autre, ce n’est pas exceptionnel (c’est dans le schéma de 1995). Et, à ce niveau, vu ce que nous avons dit jusque là, ce n’est pas un indice de mouvement vers l’un ou vers l’autre.

MISE A JOUR A 17h15:
Participation à 17h de 71,96%. Pour mémoire, à la même heure, nous étions à 72,1 en 1981, 70,1 en 1988, 66,8 en 1995, 67,6 en 2002, 75 en 2007 et à 70,6 au premier tour de 2012.

1,3 point de plus par rapport au 1er tour (1,4 à midi), cela signifie a priori qu’il ne devrait pas y avoir de mouvement majeur vers un candidat ou un autre. Mais, bien entendu, cela peut permettre à Sarkozy de se rattraper ou à Hollande de creuser suffisamment l’écart pour être tranquille.

MISE A JOUR A 18h30:
Les instituts donnent entre 18 et 19,5% d’abstention pour 20h. Pour mémoire, l’abstention finale se situait à 12,7% en 1974, 14,1 en 1981, 15,9 en 1988, 20,3 en 1995, 20,3 en 2002 et 16 en 2007.. Au premier tour de 2012, l’abstention s’est située à 20,52%.

Reste à voir si, comme le pronostiquaient les sondages d’avant élection, le surcroît de participation s’est ventilé de manière équilibrée, ou s’il y a eu mobilisation de crainte à gauche ou remobilisation d’espoir à droite. La cartographie des résultats nous sera utile.

MISE A JOUR A 21h45:
Avec des estimations des sondeurs comprises entre 51,8 et 52%, la victoire de François Hollande est suffisante mais elle est « juste » sur le plan politique. Vendredi, Hollande avait lui-même fixé ce seuil de 52% (en le sous-évaluant évidemment). Symboliquement, Hollande a fait moins bien que Sarkozy en 2007. Reste à voir le nombre de voix et notamment sa comparaison avec le très haut total de Royal.

Selon TNS-SOFRES, Sarkozy est majoritaire chez les 18-24 ans et les salariés du secteur privé.
En outre, les reports de voix seraient les suivants: dans l’électorat Bayrou, 28/40/32; dans l’électorat Le Pen, 14/58/28; dans l’électorat Mélenchon, 74/5/21.

Dans un contexte de crise, d’anti-sarkozysme, de « droitisation » stigmatisée régulièrement, de basculement personnel de Bayrou,
le score global de Sarkozy est donc respectable. Alors que Hollande avait atteint des niveaux très élevés, semblait promis aux 57 puis aux 54%, qu’il bénéficiait du rejet du président sortant et d’une dynamique médiatique évidente, il gagne clairement mais sans éclat particulier.
En outre, il semble y avoir eu une certaine déperdition dans l’électorat de gauche, comme le montrent les queqlues chiffres ci-dessus.
De plus, Sarkozy n’a pas tant perdu dans l’électorat MoDem en raison de sa campagne droitière ou de la décision de Bayrou. Il a en revanche fini par plafonner dans l’électorat Le Pen, même s’il a réussi à « gratter » dans l’entre-deux tours une dizaine de points.

Bref, Fillon ;), ferme, compétent, responsable, compatible avec les centristes comme la droite dure, peu clivant, a là une situation intéressante et paraît bien positionné pour tenter de relever la droite. Reste que l’affrontement risque d’être dur avec Copé, sur le fond, voire Juppé, sur la forme. Surtout, Marion « Marine » Le Pen commence déjà à « taper » dur sur l’UMP.

Enfin, Ayrault semble prendre l’ascendant sur Aubry, à moins que Moscovici ou Valls aient regagné et gagné, respectivement, un peu de terrain…

MISE A JOUR A 1h15:
Beaucoup de choses pourront être analysées: d’abord, « comme un certain air de victoire à la Pyrrhus »:
– la victoire de Hollande est en partie « étriquée », selon ses propres termes, en particulier auprès de la France populaire; les lendemains qui déchantent vont vite arriver; d’autant que son discours de Tulle paraissait à contretemps (il était encore en campagne…) et que son discours de la Bastille était totalement creux et probablement refroidissant pour le bon peuple de gauche… Il est sûrement fatigué, mais, semble-t-il, déjà un peu déboussolé;
– décidément, les sondages sont globalement fiables et notre indicateur l’était, du coup, aussi, mais pas autant que l’on pensait en début de soirée: il fallait encore accentuer la tendance perçue, un peu comme au premier tour… C’est finalement la même chose presque à chaque fois pour la présidentielle;
– les sondages sorties des urnes semblent montrer une bonne tenue de Sarkozy dans l’électorat Bayrou et un niveau intéressant chez les électeurs de Le Pen, même si pas massif; la mobilisation à gauche n’a peut-être pas été aussi forte que prévu;
– les intentions de vote pour les législatives ne sont pas miraculeux pour la gauche et semblent un ton en-dessous du 22 avril (mais c’est à confirmer; en outre, le score -faible- du MoDem est difficile à interpréter: s’agit-il encore de centre-droit ou du « croupion » rose pâle et vert pâle ?);
– le choix du Premier ministre s’avère plus délicat que prévu: Ayrault est-il suffisamment charismatique pour mener la campagne des législatives ? ou alors, Hollande va-t-il finalement être obligé de faire du Sarkozy et s’impliquer truès fortement dans la campagne et dans la gestion des affaires pour le mois et demi qui vient ?

ensuite, des fondamentaux quand même lourds pour la droite:
– Le Pen a commencé le pilonnage dès ce soir;
– la carte de Sarkozy est très lepénisée, « trop » dirais-je car le même problème qu’en 1997 risque de se poser, voire pire; et l’UMP sera enfermé dans le piège mitterrandien de la diabolisation du FN (qui s’est lui-même de nouveau durci depuis l’affaire Merah, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre tactique à la droite);
– la sociologie de la droite est très rurale, rurbaine, populaire, vieillie; même si cela donne quand même plus de 48%, ce n’est pas encourageant pour l’avenir;
– le combat des chefs à droite risque bien d’être inévitable, même s’il est repoussé à l’automne (ce qui est loin d’être sûr); en outre, Sarkozy semble vouloir s’en mêler: va-t-il se venger des états d’âme de Fillon, Juppé, Raffarin ? va-t-il pousser Copé ? la gauche lui dira peut-être « merci » finalement, comme la droite avait intérêt à ce que Royal devançât les éléphants en 2006.

Voici une première carte « classique », avec des niveaux absolus, parmi lesquels j’ai introduit les moyennes des deux candidats. Les tendances lourdes à l’oeuvre se poursuivent: progression de la gauche dans le Nord-Ouest (Morbihan, Calvados, Manche, Maine-et-Loire sont frappants), sur les marges du Massif Central (avec un effet hollandais supplémentaire: Corrèze, Cantal, Aveyron notamment) et dans les zones urbaines « bobos » ou bourgeoises modérées (Hauts-de-Seine, Yvelines et Paris évidemment en témoignent), bonne résistance de la droite dans les marges de l’Est et du Nord qui sont aussi zones de force du FN (Bourgogne, Champagne, vallée du Rhône) et dans l’Est bourgeois (Savoies, Lyonnais, Alsace, Côte d’Azur), mais aussi dans le Midi plus boutiquier ou rurbain (vallée de la Garonne intérieure, Languedoc).

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51 réflexions sur “51,67% sans les Français de l’étranger: sur fond de fiabilité globale des sondages et de notre indicateur, la victoire de Hollande est incontestable mais loin d’être massive

  1. D’après mes estimations à mi journée…………………………………..

    je devrais être disponible pour aller voter autour de 17h, 17h30 🙂

  2. Perso, il me semble qu’il n’y a aucun suspense. Le seul suspense c’est est-ce que le candidat perdant peut resserrer l’écart pour se sauver la face un peu? Et va t-il réellement arrêter la politique après? Je suis curieux d’entendre son discours de défaite.

  3. Bravo pour votre excellent travail passionnant ! Je n’ai pas manqué de vous suivre pendant toute la campagne.
    Félicitations !

  4. humhum, Horos tu avais dit a 20H les insultes, alors je viens a 21H18 … glurp
    une pensée pour toi, sincerement
    gros poutoux du sud ouest

  5. Je viens de participer au dépouillement en tant que scrutateur.
    Quelques bulletins « Marine Le Pen ». Ils ont probablement été récupérés au premier tour.
    De nombreuses enveloppes (40 sur 1000) avec 2 ou 3 bulletins « Nicolas Sarkozy » par enveloppe. Pour info, on ne garde qu’un seul bulletin en cas de doublon. Bien essayé !

    • Perso, le bulletin « Marine Le Pen » que j’ai placé aujoud’hui je l’ai récupéré de la lettre reçue peu avant le premier tour. Je n’allais pas prendre deux bulletins Le Pen au bureau de vote au premier tour, surtout lorsqu’on sait qu’ils disparaissent rapidement et que certains bureaux se retrouvent sans bulletin Le Pen en fin de journée.. 🙂

  6. Comme disait Raffarin, après le 6 mai viendra le temps de l’analyse.

    Nous voilà le 7 mai et j’aurai le triomphe modeste.
    J’ai pronostiqué 51,5 et les derniers résultats donnent 51,59.

    Le mérite en revient à votre indicateur dont j’ai prolongé (un peu au pifomètre) la tendance sur quelques jours. J’avais cru comprendre au soir du premier tour que c’était l’enseignement qu’il fallait retirer de l’écart entre les résultats et votre indicateur agrégé. On en avait même déduit que les sondages faisaient apparaître une anticipation de la tendance.

    Peut-être serait-il intéressant de déterminer le nombre de jours anticipés entre le dernier indicateur et le score final ?

    • Non, pas du tout.
      Tu veux la vérité ? J’ai pleuré à 20h.

      Pour le reste, je ne suis pas aveugle: avec un FN à 16-18% dans les intentions de vote aux législatives, Hollande aura sa majorité, même si, à titre personnel, son score n’est pas fameux au regard du contexte général.
      Et puis, je vois bien que l’UMP est toute prête à se déchirer, à la manière du PS de naguère.

      En même temps, si Juppé perd aux législatives (le score bordelais de Sarkozy n’est vraiment pas bon), il sera peut-être plus facile d’unir les anti-Copé. Mais cela va être rude.

      • Tu es donc encore plus sentimental que moi ? Wow, je n’aurais jamais imaginé…

        Mais enfin, le chemin pour la reprise à droite est déja tout tracé : avec un président Hollande élu de justesse et sans état de grâce, dans la situation de crise qu’on connaît, avec peut-être une majorité étriquée à l’Assemblée et dépendante du bon vouloir du FG et des Verts, la Présidence de Hollande démarre au plus mal. Alors, prépare toi à un raz de marée en 2014 et à un nouveau président de droite en 2017… Quant à moi, il ne me reste plus qu’espérer que ce ne soit pas Copé.

      • Vraiment ? Wow, alors tu es encore plus sentimental que moi…

        Mais, enfin, la droite a maintenant un boulevard pour revenir en 2017, que ce soit Fillon, Copé ou Morano. On risque déja de se retrouver avec une majorité étriquée à l’Assemblée, donc à la merci du FG et des verts. Si ça se confirme, c’est la chronique d’un échec annoncé…

        • Que Hollande échoue sur le moyen terme, c’est bien possible. Les tiraillements à gauche, Panzergirl à l’affût certes des divisions de la droite mais aussi des espoirs déçus à gauche, la crise renouvelée (je pense davantage à la Grèce, à l’Espagne, à l’Italie et à l’effet domino, toujours potentiellement présent), tout cela devrait appeler en 2017 un profil sérieux, ferme et rassurant comme Fillon.

          Mais, aux législatives, le FN va faire très, très mal à l’UMP.
          La droite va bientôt devenir la plus faroiuche partisane de la proportionnelle ! 😉
          Certes, là, ce ne serait pas favorable, mais si le FG faisait son Die Linke, si le FN avait des élus, mais « notabilisables » et « divisables », alors, à terme, une UMP, même minoritaire, pourrait diriger des gouvernements de coalition et se faire soutenir de l’extérieur.
          Vive le modèle suédois ! 😀

          • Oui, je crois bien que ce que tu annonces va arriver. De toute façon, mener une campagne basée sur la peur, la xénophobie, les instincts les plus primaires de l’Homme n’empêche pas d’obtenir plus de 48% (et nul doute que, si Sarko n’était pas le sortant, il aurait fait bien plus que ça). La France est bien un pays de droite, et même si on peut gagner quand le président est trop mauvais, sur le long terme, structurellement et idéologiquement, la droite domine de plus en plus.

      • C’est peut-être pourquoi Juppé vient d’annoncer qu’il ne se présenterait pas aux législatives ? Risque d’un échec qui le handicaperait pour la suite ?

        • En effet. C’est à la fois prudent (ce qui montre qu’il veut préserver ses chances nationales) et fuyant (on pourrait lui reprocher).
          Je n’ai pas regardé la circonscription de Copé, mais elle pourrait être difficile.
          Quant à Fillon, j’ose espérer que les électeurs de droite ne se disperseront pas trop sur Dati…

  7. L’élection étant finie, je vais enfin me permettre un petit commentaire sur le fond.
    Pour moi, le principal enseignement de cette élection restera, avant tout, la terrible et sans précédent défaite morale de la droite modérée, qui nous aura surtout montré sa capacité à s’aplatir sans aucun état d’âme, sans aucune résistance, ni réelle protestation, devant la stratégie droitière de Buisson. Pensée spéciale à mon anorexique blafarde préférée, NKM, qui aura renié tous ses semblants de conviction « humanistes » pour terminer en plus par une défaite electorale.
    A part Bayrou, Villepin et Dupont Aignan, qui, peut être pour des mauvaise raisons, auront eu le courage de dénoncer cette dérive droitière populiste honteuse, tous les autres seront venu manger dans la main de l’extrême droite. Moi, je préférerai toujours un type qui fait les bons choix pour les mauvaises raisons, plutôt qu’un type qui fait les mauvais choix pour les bonnes raisons.
    La défaite morale est aussi terrible pour les 48% d’électeurs de Sarkozy, qui auront préféré l’extrême droite de Buisson, et un candidat qui divise et qui insulte le camp d’en face (pas vraiment le Sarkozy de 2007) au centre mou de Hollande. Il ne faudra ensuite venir nous dire qu’on rejette le racisme et l’extrémisme, bref, qu’on fait parti d’un courant « humaniste », comme ce brave Raffarin, quand on a cautionné, par son vote, la stratégie de Buisson, qui fonctionne visiblement. Finalement, on est en droit de se demander, après l’hystérie de cette campagne d’entre deux tour de la droite, s’il existe même encore une droite modérée dans ce pays.

    Cette élection laisse donc la France coupée en deux comme jamais : la droite, désormais dominée par ses extrêmes, et la gauche, dominée par son centre. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle.
    En particulier, je ne suis pas certain que les vrais gaullistes, ceux qui ont dit non à l’extrémisme, ne se sentent pas, aujourd’hui, très seuls : encore une nouvelle traversée du bac à sable en perspective pour la droite républicaine et respectable.

    Finalement, cette victoire étriquée à un avantage : nous, la gauche, ne devons donc rien aux électeurs du FN, ou si peu, puisque leur voix se sont largement reportées sur Sarkozy. Nous pouvons donc gagner sans eux, sans avoir à donner donner de gages honteux à ce parti extrémiste : mieux vaut donc une petite victoire, en terme d’écart, lorsque cette victoire est acquise sans transiger sur nos valeurs les plus fondamentales.

    La bonne nouvelle, aujourd’hui, vient plutôt de Grèce, qui commence, elle aussi à bégayer le scénario sud américain : Brésil, Chili, Argentine, Bolivie. Faudra-t-il que nous en passions, nous aussi, par là où en est passé la Grèce, pour porter au pouvoir la vraie gauche ? La réponse est dans la question.

    • Ce qui est notable, selon moi, c’est à quel point les militants de droite sont énervés vis à vis des journalistes, qu’il perçoivent, à raison, majoritairement à gauche. C’est évident que la droite « molle » actuelle se radicalise, et ça ne va qu’augmenter avec 5 ans de gouvernement de gauche. Sinon, au passage, De Gaulle serait considéré « d’extrême droite » (terme qui ne veut plus dire grand chose de nos jours) s’il était là aujourd’hui, donc ça me fait un peu marrer tous ces gens qui se renvoient au gaullisme.

      Autrement, ça me fait aussi un peu sourire ces gens qui croient qu’avec Hollande les choses vont changer. Il n’y aura que peu de différence sur le long terme, mais je suppose qu’on verra bien.

      Par contre je vais être très honnête et donner mon point de vu de militant occasionnel de « méchant pas beau d’extrême droite », car ça peut intéresser certains. Je suis sûr d’une chose, et ça n’engage que moi, les mouvements « d’extrême droite » vont proliférer dans les 5 ans à venir. Les gens de gauche sont persuadés que le gouvernement de droite était bienveillant vis à vis des mouvements protestataires d’extrême droite. C’est entièrement faux. ON a prit très cher ces 5 dernières années, plus que dans n’importe quelle période de la 5ème République. Manifs interdites, gardes à vu quasi aléatoires, surveillances oppressantes et j’en passe. Mon frère lors d’une manif s’est fait prendre à parti dans une ruelle par plusieurs flics, étranglé avec sa propre ceinture et laissé agonisant sur le trottoir par des flics qui n’ont pas aimé que de « fachos » contestent le gouvernement de droite Sarkozyste. Par contre, avec une gauche éternellement mollassonne, ça va être une partie de plaisir pour nous, et surtout, je l’avoue volontiers, les flics qui sont majoritairement à droite vont cette fois ci plutôt laisser faire, contents qu’un gouvernement de gauche soit contesté dans la rue, comme l’a été Sarko le jour même de son élection en 2007. En tous cas, d’après les rapports des médias, les policiers se sont fait copieusement insultés et humiliés par les électeurs de gauche après l’annonce de la victoire d’Hollande. Ça contredit donc cette soit disante gauche du rassemblement et de la tolérance, chose évidente depuis longtemps mais apparemment il faut rappeler que le gauche n’est pas très exemplaire dans l’acceptation de ceux qui ne pensent pas comme eux. Bref, tout semble projeter une plus grande division de la société française. Les années à venir risquent d’être quelque peu.. intéressantes.

      • La « gauche de rassemblement » (le « rassemblement » en général, d’ailleurs), c’est de la langue de bois quand on applique ça à l’ensemble de l’électorat. Sauf bouleversement majeur, il ne peut pas y avoir un « rassemblement »: il y aura toujours des gens dont les intérêts seront lésés.
        Pour le comportement de la police, ce n’est pas nouveau: il me semble que la police Française est l’une des plus brutales d’Europe occidentale, et il est bien possible que ça ait empiré sous Sarkozy, ministre de l’intérieur puis président.

      • L’électorat du FN a toujours été une énigme, maintenant plus que jamais.

        On fait des études sociologiques sur les électeurs. On se trompe souvent, ils paraissent insaisissables. On dit le FN dédiabolisé mais beaucoup ont encore honte de leur vote. Certains assument, on les rediabolise. Ils sont révolutionnaires, contre le système ou les castes : des anguilles.

        Maintenant, on apprend qu’ils fustigent l’Etat policier.
        On revit le discours des extrême-gauches trotskiste et maoïste des années 70.

        Franchement, ou alors je ne comprends rien une fois de plus, ou alors vous êtes à l’opposé total de MLP qui réclame la présomption de légitime défense pour les policiers.
        Ce qui est possible, mais je me trompe peut-être, c’est que vous n’adhérez pas aux idées de MLP mais vous avez trouvé le parti qui exprime le plus le rejet de notre société.
        De la même façon que les libertaires se revendiquaient de l’extrême-gauche.

        • Une partie de « l’extrême droite » a toujours fustigé l’état policier à partir du moment où l’état est contre lui, car les policiers ne font qu’obéir aux ordres du gouvernement en place. Le slogan « ACAB », qui provient des hooligans anglais, « All Cops Are Bastards », est populaire dans les milieux d’extrême droite depuis au moins les années 80, donc ce n’est pas nouveau. S’il y a ce sentiment parmi les vrais militants (et pas chez l’électeur lambda, qui compose la majeur partie de l’électorat FN) c’est parce que les militants d’extrême droite sont une cible privilégiée de l’état, de droite comme de gauche, mais surtout lorsque la droite est au pouvoir et en particulier dernièrement sous Sarko.

          Perso, je n’ai rien contre la police. Je m’amuse régulièrement à débattre politique avec des policiers lorsque je me fais contrôler. Je leur parle avec respect, et donc naturellement ils me renvoient du respect. En général, je blague avec eux, je me moque des gauchistes et je critique Sarko, mais naturellement ils se retiennent un peu puisque ce n’est pas leur place. Je connais plusieurs ex-militants qui sont entrés dans la police, et je sais que beaucoup de policiers finissent pas penser comme nous à force de vécu, voyant par exemple que leur travail d’arrestations de multirécidivistes débouche sur des peines ridicules, en général du sursis, ce qui est humiliant pour eux.

          Sinon, mon vote MLP est un vote d’adhésion, pas de contestation, et ça commence à être lourd d’entendre constamment le contraire de la part de gens et de médias qui ne savent pas de quoi ils parlent.

          • Puisque vous êtes régulièrement contrôlé par la police, je suppose que vous faites des actions très militantes. Peut-être êtes-vous ultranationaliste ?
            Je me pose la question de savoir si MLP condamnerait vos propos (au moins ouvertement) concernant vos slogans du genre ACAB.

            • Je ne sais pas comment le dire autrement, « je n’ai rien contre la police »… Je ne suis pas d’accord avec le slogan ACAB qui est en général tenu par les marginaux des marginaux de l’extrême droite, les hooligans et le peu de skinheads qui restent en France qui sont marginalisés non seulement par le FN, mais également par les mouvements dits « d’extrême droite la plus radicale » comme les Identitaires. Ce n’est pas mon slogan, et je le rejette. J’expliquais simplement que la critique de la police et de la justice n’est pas quelque chose de nouveau dans le milieu, contrairement à ce que certains ont dit ici, croyants à tord que c’est l’apanage des libertariens d’extrême gauche.D’ailleurs, ces gens là, soit disant anti-système, voient leurs concerts financés par les mairies, leurs manifs acceptées avec bienveillance. Pas nous, sous couvert de « trouble à l’ordre public ».

              En ce qui concerne MLP, elle a condamné à plusieurs reprises le harcèlement de patriotes. Le dernier exemple en date concernait le site fdesouche : http://www.youtube.com/watch?v=aWcLVFnbIvE

              • Bon, Messieurs, essayez de rester dans le sujet du blog (désolé d’avoir- moi-même évoqué le blog du Monde). Comme je vais me coucher et que je n’ai pas trop l’intention de me connecter très tôt, merci d’épargner ma boîte mail 😉

                Bonne nuit à tous, même aux défaits d’hier… J’ai encore versé une petite larme ce soir !
                Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder le Moati sur la campagne. Très décevant sur le fond, insupportable de parti-pris sur la forme: comme d’habitude…

      • J’ajoute à l’attention d’odaltyr :
        vous remplacez « droite » par « gauche » et « gauche » par « droite » dans votre commentaire et vous avez exactement le discours de ces fameux libertaires d’extrême-gauche des années 70.

        • Justement, c’est intéressant: peut-être odaltyr représente-t-il un courant « libertarien identitaire » 😉

          Le blog du Monde sur les « droites extrêmes » est fort intéressant lorsqu’il traite des oppositions entre groupuscules: la grande victoire de Le Pen père aura été de savoir fédérer tous ces courants extrêmement divers.

          • « Droites extrêmes » est en général un ramassis de fantasmes proférés par des « experts » auto-proclamés de l’extrême droite. On les connais les gens qui tiennent ce blog, on les voit parfois nous suivre dans nos manifs, on leur fait des petits coucous et remarques sarcastiques, mais en général ils se recroquevillent terrifiés comme si on allait leur faire quoi que ce soit. C’est un peu pathétique.

  8. Pour moi ce qu’on peut retenir de cette élection c’est que les sondages se sont lamentablement plantés…
    Au 1er tour ils prévoyaient un grand écart entre Hollande et Sarkozy, et un fort Melenchon. Ils se sont trompés, Hollande et Sarkozy étaient kifkifs 🙂
    Melenchon s’est fait humilier par MLP, qui a quasiment fait le double de son score.
    SEcond tour on parlait de 55/45, au final Hollande gagne avec un misérable 51,5.
    Un sondage iFop donne 48% de gens qui ont voté plus pour dégager Sarkozy que pour Hollande.
    Si les medias n’avaient pas fait une cabale contre Sarkozy pendant 5 ans et une propagande pro-Hollande, la droite serait repassée.
    Les électeurs ont aussi sanctionné Sarkozy car il n’a pas tenus ses promesses de 2007, à savoir une droite bien à droite, et son score le prouve bien.
    Maintenant si un leader n’émerge pas à droite et que Hollande se plante, ce qui est fort probable, Marine Le Pen a un boulevard devant elle pour 2017…

    • Ah cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu le traditionnel « les sondages se sont plantés ». Ben non désolé ils ne sont pas plantés ! Le dernier sondage avant la fermeture de la campagne donnait 52/48 (IFOP rolling), et tous les sondages publiés dans la semaine donnaient FH vainqueur mais avec une érosion lente de son score. Une telle affirmation est donc malhonnête intellectuellement. Les 55/45 étaient des sondages d’il y a 3 semaines dans le contexte du premier tour et donc peu significatifs et réalistes. D’ailleurs nous avons été nombreux à dire ici qu’un tel rapport de force était peu réaliste et que la réalité se situait surement autour de 52/48.

    • Bien sur les gens sont tellement c… que ce sont les médias qui ont élu FH ! 18 000 438 personnes manipulées 😉 Trop facile ! Et je suis certain que NS se serait satisfait d’un score « misérable » de 51,62…

  9. François Hollande réalise le plus mauvais score de second tour après Giscard en 74 :

    Chirac 82,21%
    DeGaulle 78,51%
    Pompidou 58,21%
    DeGaulle 55,20%
    Mitterand 54,02%
    Sarkozy 53,06%
    Chirac 52,64%
    Mitterrand 51,76%
    Hollande 51,60%
    Giscard 50,81%

    Cela montre vraiment qu’il n’y a pas d’adhésion pour l’homme ou le programme et que les médias ont bien réussi leur coup en faisant croire qu’une majorité de français détestaient Sarkozy 🙂

    Les lendemains qui déchantent… la gauche n’a jamais réussi à garder le pouvoir, même Jospin qui a fait une bonne législature, aidé par la croissance, s’est planté… 🙂

    Quant aux sondages ils sont là pour donner une dynamique et au final elle était fausse.

    • Franchement, je suis vraiment pas sure que tu sois venu sur le bon site pour critiquer l’objectivité des sondages…
      Quoi que je sais pas pourquoi je répond… Tu n’as même pas pris le temps de lire les réponses qui ont été données à ton précédent message.

    • « les médias » audiovisuels appartiennent en majorité à des proches de Sarkozy. Il faut arrêter de délirer. Certains journaux, papier comme « marianne », ou virtuel comme « médiapart » ont tapé sur Sarkozy mais d’autres comme Le figaro ou Atlantico l’ont défendu. Rien qui ne soit normal en démocratie.

      • Il est normal d’avoir des journaux de droite ou de gauche.
        Mais rien ne justifie une cabale, un parti pris et un manque de déontologie évident.
        Les couvertures des 5 dernières années, et surtout celles de ces derniers jours ont été honteuses.

  10. J’avais trouvé la semaine passée au sujet de ces sondages « qui se tromperaient » un commentaire, amusant dans la presse:
     » le plus inquiétant, ce n’est pas que les sondages se trompent, c’est que les résultats leur donnent raison ».

    A méditer 🙂

  11. Quoiqu’il en soit, j’espère que ce blog va continuer à vivre et être alimenté avec des commentaires sur les futures tendances politiques et électorales (même si celles-ci risquent d’être nettement moins réjouissantes pour moi). Tu as fait un excellent travail cette année et tes analyses se sont révélées éclairantes. Même si tu ne peux bien sûr pas faire le même travail que pour la présidentielle, j’aimerais quand même que tu nous livres tes pronostics pour les législatives. 😉

  12. Au final, c’est une victoire étriquée pour commencer une présidence difficile. Déjà, Hollande se heurte à l’intransigeance de Merkel, laquelle a sans doute notée que le relativement faible écart.
    Une crise européenne rend plus incertaines encore les législatives.
    Bref, Hollande a du pain sur la planche….

    • Hollande cumule les records : plus mauvais score d’un candidat au second tour et premier président à ne pas être élu à la majorité des gens ayant voté, 52% des gens s’étant déplacés ayant voté contre lui.
      C’est un formidable échec pour la gauche et le système médiatique, jamais un président n’aura été aussi mal élu… et la mafia médiatique a voulu nous faire croire pendant 5 ans que Sarkozy était détesté, qui a fait bien mieux que Royal en 2007… 🙂
      Pendant des mois on nous disait que Hollande gagnerait avec 10 points d’avance, au final il gagne péniblement avec un 51,6%.

      • patatooor: Vous disiez vous-même que Giscard faisait moins bien en 1974, le score de Hollande n’est donc pas le plus mauvais score d’un candidat élu au second tour.

        Pour ce qui est du pourcentage des votants, mes calculs me disent que Chirac en 1995 n’avait pas non plus la majorité des votants:
        de Gaulle 1965: 53,68%
        Pompidou 1969: 54,47%
        Giscard 1974: 50,13%
        Mitterrand 1981: 50,27%
        Mitterrand 1988: 52,06%
        Chirac 1995: 49,50%
        Chirac 2002: 77,78%
        Sarkozy 2007: 50,84%
        Hollande 2012: 48,64%

        Je suis d’accord pour dire que la victoire de Hollande est étriquée, mais il est faux de dire qu’il est le premier à ne pas être élu par la majorité des votants.

        Par ailleurs, Sarkozy est effectivement détesté. Ce n’est pas une illusion créée par la mafia médiatique, ce sont les cotes de popularité. Le résultat de l’adversaire ne représente pas le pourcentage de gens détestant un candidat. Si un candidat est détesté par 50% des exprimés, il peut encore faire 50% des voix pourvu que tous les autres le préfèrent à son adversaire. Si un candidat est détesté par 25% des exprimés et modérément pas apprécié de 50% des exprimés, il peut faire un score aussi mauvais due 25% alors qu’il est moins détesté que celui précédemment pris comme exemple.

      • Patatoor, le « système médiatique » tel que vous le concevez n’existe que dans votre imagination.
        Quant au fait que Sarkozy était détesté, c’est clairement une réalité, sinon, comment expliquer qu’un candidat aussi peu charismatique que Hollande ait pu être élu?

        • Sarkozy a fait un des meilleurs scores pour un battu au second tour.
          Avec 5 ans de matraquages de pseudos journalistes pour le faire passer de blingbling, amis des riches et seul responsable de la dette et du chômage alors qu’il a fait passer pas mal de réformes et que le pays a mieux résisté que la plupart des pays européens à la crise, les voix qui manquent sont parties dans l’abstention et chez Hollande.
          On nous a chanté une petite musique comme quoi Sarkozy serait balayé (il ne devait même pas être au second tour) et que c’était normal.
          Quand on voit encore un article comme ça sur le site d’un « grand » hebdomadaire français, datant d’il y a 5 jours, ça veut tout dire.
          http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120507.OBS4827/contre-soiree-au-fouquet-s-dans-un-an-ils-sont-dans-la-merde.html
          Le Fouquet’s, soit disant symbole de l’échec de Sarkozy dès son premier soir d’élection, n’est issu que de la monomanie de journalistes.
          Quand JFK chez Marianne avant l’élection de 2007 traite Sarkozy de fou en Une, et qu’il dit dans C dans l’air le soir même que « non évidemment il n’est pas fou… » avec un un petit sourire narquois 🙂
          Quand on voit les Unes des journaux pendant 5 ans et plus particulièrement des jours qui ont précédé les élections, …

  13. Si on comptait les 5% environ de votes blancs et nuls, combien a fait Hollande réellement? Apparemment, ce n’est pas une majorité. Je ne dis pas ça pour contester son élection légitime, mais c’est un fait intéressant tout de même.

    • Avec les blancs il ne fait que 48%.
      Autrement dit 52% des français s’étant déplacés pour voter n’ont pas voté pour Hollande.

      • Les gens qui votent blanc ne votent ni pour Sarkozy, ni pour Hollande, ni contre Sarkozy, ni contre Hollande. Ils votent… blanc.

        Sinon à votre tarif, on peut dire que Sarkozy a eu encore plus d’opposants qui se sont déplacés qu’Hollande.

        • c’est tout à fait ça.
          Cette élection a fait partir Sarkozy à la demande du peuple.
          Mr Hollande est arrivé là un peu par hasard du coup.

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