Géographie électorale simplifiée du 2e tour: les faiblesses structurelles de la droite, sous pression du FN, et l’avenir de la gauche, sans nécessité populaire

1. Comme pour le 1er tour, je ne reviendrai pas sur les cartes par niveaux et seuils de résultats, plus ou moins bien choisis, disponibles partout. J’avais d’ailleurs fourni une première carte la nuit de l’élection.

En revanche, j’ai confectionné rapidement quelques cartes répartissant en 6 blocs égaux tous les départements métropolitains (donc 6 groupes de 16 à chaque fois), afin de faire apparaître les zones de force (et de faiblesse) de chaque candidat. Cela permet de repérer plus facilement les évolutions géographiques et sociologiques des électorats des candidats (ou l’absence d’évolution). Je me contente de la maille départementale, mais je ne doute pas que les sites « World Elections », « Elections France » (deux blogs de l’excellent Gael L’Hermine, cités dans le blogroll ci-contre) et « Dave Leip’s Atlas Forum », produiront de belles cartes par circonscription législative, par canton, voire par commune.

Attention, n’interprétons pas les couleurs foncées ci-dessous comme indiquant forcément un niveau de votes élevé dans l’absolu, mais simplement comme une force relative, en comparaison du score national du candidat concerné. Mes catégories ont des limites évidentes, puisqu’il peut y avoir un écart significatif entre deux départements appartenant à la même catégorie ou faible entre deux départements appartenant à deux catégories différentes. Je le signalerai en tant que de besoin. Les conclusions restent robustes.

J’ai également confectionné des cartes répartissant en 6 blocs égaux les départements selon la progression ou la régression brute de chaque candidat de 2007 à 2012. La comparaison peut avoir plus de sens avec 1995 ou, bien entendu, avant, c’est-à-dire avec des élections gauche-droite « normales ». Mais je suis ici dans une optique de court terme et surtout davantage tournée vers l’avenir que dans l’analyse des séries longues. Plus le département est de couleur foncée, plus le candidat progresse ou moins il régresse.

2. En ce qui concerne Sarkozy, la carte du second tour, en comparaison d’un premier tour plus « classiquement de droite » (je renvoie à mon article correspondant sur le premier tour), retrouve une coloration lepéniste forte.

L’évolution d’un tour à l’autre est très proche de la carte de Le Pen, même si les zones populaires « de gauche » sont évidemment moins concernées (Pas-de-Calais, Aisne, Ardennes), tandis que Sarkozy progresse dans l’électorat de centre-droit traditionnel (Mayenne, Vendée).
En comparaison de 2007, le bilan est plus « équilibré ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La situation de 2012 n’est, en termes relatifs, pas foncièrement différente de celle de 2007, si ce n’est une légèrement meilleure résistance dans l’ouest du grand Bassin Parisien, alors que Cantal et Haute-Loire (et l’inexplicable Manche) connaissent une vraie décrue.

La variation 2007-2012, qu’il faut replacer dans un contexte de recul généralisé, nous montre toutefois que Sarkozy résiste dans les vieux bastions de droite, soit qu’ils lui restent fidèles à des niveaux corrects (Alsace-Moselle, Ain-Haute-Savoie, extrême Sud-Est), soit qu’il maîtrise la descente (Lorraine, Corse, voire est du Rhône), soit enfin qu’il ait de toute façon atteint un étiage (Nord-Ouest).

Mais toutes ces données montrent la dépendance de la droite à l’égard du FN. Celui-ci ne constitue nullement un réservoir de voix au-delà de l’électorat traditionnel de droite (ainsi que le montrent les résultats contrastés de la Picardie: l’électorat populaire-populaire ne va de toute façon pas vers Sarkozy; seul l’électorat populaire-boutiquier et rural y va, mais seulement éventuellement, pas de manière automatique). Il peut en revanche durement sanctionner la droite.

Enfin, une autre faiblesse vient de l’évolution catastrophique de l’Ile-de-France, qu’il s’agisse de Paris même, mais aussi de la banlieue ouest, tandis que les banlieues nord, sud et est se vident de la droite (la Seine-et-Marne connaît une évolution rapide: après avoir été longtemps une « anomalie » rurale et conservatrice en Ile-de-France, elle s’était urbanisée et lepénisée dans les années 80 et 90, tandis que, désormais, elle se « pavillonarise » et se teinte de rosepâle). Cette évolution est une vraie difficulté pour la droite, alors qu’il s’agit là de la région la plus peuplée et dont les bordures extérieures continuent de croître fortement. La perte complète de la Seine-Saint-Denis n’a jamais été un problème. L’éloignement, semble-t-il profond, de Paris, des Hauts-de-Seine, de l’Essonne, du Val-d’Oise et, en partie, de la Seine-et-Marne et des Yveline est beaucoup plus inquiétant.

Mais comment concilier l’électorat modéré de Bretagne, bobo de Paris ou Issy-les-Moulineaux, anti-immigrés de l’Oise, rural en difficulté de la Meuse, boutiquier du Vaucluse, parvenu du Var ou vieux bourgeois du Rhône ? C’est un peu la quadrature du cercle pour la droite.

3. Les cartes de Hollande présentent de bonnes nouvelles pour le PS, au-delà même de la progression générale de son score, visible dans la grande proximité des cartes socialistes de 2007 et 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-delà de cette similitude, l’évolution quinquennale montre évidemment le « localisme » à l’oeuvre en Limousin, Périgord, Auvergne, jusqu’au Larzac. Mais, comme cela avait pu être noté au 1er tour, la gauche revient dans le sud du triangle Le Havre-Dunkerque-Charleville-Mézières, qu’elle avait un peu déserté. Certes, cette région est en déclin, mais elle compte encore beaucoup de réservoir de voix. Surtout, la progresion est intéressante dans des régions plus dynamiques, de Paris jusqu’à la 4e couronne parisienne.

Plus localement, la progression dans la Manche, déjà avérée, mais accélérée, reste un mystère: le nucléaire, Cazeneuve, la lointaine influence de Caen et de Rennes, la droite ridiculement divisée ?

D’un tour à l’autre de 2012, aucune surprise: c’est, massivement, l’électorat mélenchono-communiste qui a accru la performance de Hollande (celui-ci ayant déjà capté tout ce qu’il pouvait en Corrèze dès le 1er tour…). Jusqu’aux particularités du Jura, du sud des Alpes, de la Meurthe-et-Moselle, c’est un fidèle décalque de la carte Mélenchon.

A une grosse exception près: les Pyrénées-Atlantiques où, manifestement, l’électorat bayrouïste a suivi son chef (probablement à contre-courant du reste du pays). Mais, depuis 2007, le phénomèn est clair: il ne s’agit pas seulement d’anciens électeurs de gauche déçus par Royal et égarés sur Bayrou; localement, ce dernier a bel et bien « recyclé » des électeurs de droite au profit de la gauche, de manière apparemment durable… Ce département traditionnellement conservateur se retrouve désormais plus « rose » que les places fortes historiques du socialisme mitterrandien qu’étaient les Landes et le Gers !

En restant dans le Sud-Ouest, le tassement socialiste autour de la vallée de la Garonne se confirme, coupant en deux la traditionnelle zone d’influence de la gauche, qui est maintenant plus concentrée sur le Massif Central et les Pyrénées. Tant que Toulouse reste acquise, cela ne pose pas de difficulté particulière pour la gauche, qui attire simplement moins les rurbains, les péri-urbains en difficulté, ceux qui sont en 2e ou 3e couronnes des grandes agglomérations de manière contrainte.

3. L’étude des abstentions montre une grande stabilité entre 2007 et 2012 et l’influence forte de tous les électeurs modestes du FN, qu’ils soient populaires ou ruraux: ce sont bien le Nord et le Nord-Est qui s’abstiennent massivement, en dehors des foyers traditionnels d’abstention: Corse, Charentes, Cher, banlieues nord-est de Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au premier tour, l’abstention était évidemment plus « classique » (Nord, Ardennes, Moselle), avec de vrais abstentionnistes récurrents et forte dans l’Ile-de-France « surbookée », dépolitisée, active, je-m’en-foutiste ou en week-end, comme on voudra… Au 2e tour, le phénomène se modifie et est évidemment fortement influencé, come on l’a vu, par la carte lepéniste, dans le Nord-Est et le Nord intérieurs.

4. La carte des blancs et nuls, qui ont certes progressé partout et ne présentent pas un écart national très ample, révèle cependant une caractéristique intéressante: le vote blanc est un vote rural bien plus qu’urbain. Dans les villes, si on refuse, si on s’oppose, on s’abstient (Ile-de-France, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Rhône, Nord, Bas-Rhin); dans les campagnes, on va déposer une enveloppe dans l’urne, même sans exprimer de suffrage, ce qui explique la faiblesse relative des blancs et nuls dans la plupart des départements urbains (Ile-de-France, Nord, Bas-Rhin, Rhône, Isère, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Gironde,…).

La carte ressemble ainsi à un « mix » du FN (Est intérieur, Pîcardie) et du PCF traditionnels (Berry, Bourbonnais, Nord ouvrier, Midi). La Corse reste, elle, une énigme de ce point de vue…

Tandis que la Bretagne se distingue par son intégration politique absolue au système: non seulement on vote, mais en plus on exprime un suffrage, comme si on trouvait l’offre politique tout à fait satisfaisante. Le Poitou et la Vendée peuvent être rangés dans la même catégorie, le cas de la Corrèze étant… particulier.

5. Ainsi, les faiblesses structurelles de la droite, affaiblie dans des régions dynamiques et dépendante des suffrages qui tendent à s’égarer sur le FN alors que le centre-droit voit sa géographie s’étioler, se confirment d’un tour à l’autre. La situation de l’Ile-de-France apparaît inquiétante.

Quel(s) leader(s) pourrai(en)t-il(s) lui permettre de se redresser ? Faut-il qu’elle régionalise son action ? Nous essaierons d’en discuter prochainement.

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23 réactions sur “Géographie électorale simplifiée du 2e tour: les faiblesses structurelles de la droite, sous pression du FN, et l’avenir de la gauche, sans nécessité populaire

  1. Je comprends mal la « gauchisation » de Paris et de l’Ile-de-France en général.Le bobos se multiplieraient-ils si vite?

    • Ce sont les CSP+, les cadres intermédiaires et les employés de bureau qui comptent ici (certains évidemment représentants éminents du boboisme). Et puis il y a la « déformation » structurelle liée à toute zone urbaine qui fait, pour le moment, que la gauche est devant. Mélange de déchristianisation, d’individualisation, de plus grande sensibilité aux problématiques environnementales, de moindre rejet de l’Europe, etc. plus favorable à la gauche modérée qu’à la droite dans son ensemble.

  2. Je ne vois pas en quoi le constat que tu dresses serait si négatif pour la droite. Comme 2012 l’a montré, un candidat de droite, même lorsque son bilan n’a absolument rien pour plaire à un électorat populaire, parvient toujours à rafler trois cinquièmes de l’électoral lepéniste. Si, comme tu dis, le centre-doit est en miettes, c’est largement compensé par la montée de la « droite populaire ». Bref, tout nous prépare à une alliance « à la néerlandaise » pour d’ici à 2017. Les dernières barrières sont petit à petit en train de tomber, il suffit de voir ce que l’électorat UMP pense du FN… Il n’y aura peut-être pas d’accords le mois prochain, mais ça viendra, peut-être en 2014, peut-être en 2017…

    Hélas, ce n’est pas la droite qui doit s’inquiéter, mais plutôt ceux qui tiennent aux valeurs démocratiques et humanistes.

    • Il peut y avoir des démocrates ailleurs qu’à gauche…
      Et puis, je ne vais pas être banal, mais si le FN menace la démocratie, il faut l’interdire.
      Je pense d’ailleurs qu’il aurait pu l’être au début, mais c’était au début des années 1980 et Mitterrand, alors, préférait insister pour que Le Pen père soit invité sur les plateaux de télé (publique à l’époque), entre les printemps 83 et 84, au moment de l’émergence du FN (municipales de 83, partielle de Dreux à l’automne 83, puis, enfin, européennes de 84).
      Toute la xénophobie, dispersée depuis les chocs pétroliers un peu partout, de Poniatowski jusqu’au PCF (je me répète, mais il faut entendre Marchais en 79-80…), s’est alors cristallisée sur le seul nom de Le Pen, grand bateleur, apparu avec un bâillon pendant la campagne officielle des européennes de 84.
      Un petit coup de SOS Racisme (Dray-Mélenchon à la manoeuvre, déjà) et le tour était joué.
      Plus la proportionnelle de 86 et un gros groupe FN à l’époque: c’était bien Mitterrand qui a donné la première (et la seule significative à ce jour) représentation parlementaire au FN.
      Tout cela ne justifierait pas une alliance programmatique avec le FN aujourd’hui, mais c’est bien de s’en souvenir.

      • Oui, bien sûr, je sais tout ça. Si je ne m’abuse on en avait déja discuté il y a quelque temps, d’ailleurs. Je disais que le calcul de Mitterrand était bien un calcul de court terme, et que le piège qu’il a créé pour handicaper la droite est aujourd’hui en passe de se refermer sur la gauche…

        Mais fondamentalement, l’émergence d’une droite populiste, xénophobe, antieuropéenne et antimondialiste est une tendance forte qui touche l’ensemble de l’Europe (voire l’ensemble du monde occidental ?) et même si Mitterrand n’avait pas nourri le FN, lui ou un autre parti auraient émergé, tout au plus une décennie plus tard. C’est un mouvement de fond dû au malaise que la mondialisation selon des logiques néolibérales a créé dans les sociétés, à l’impuissance grandissante du politique à remplir ce qui est son rôle (garantir bien-être et prospérité) et à l’avenir qui semble s’assombrir de plus en plus). Le pire est que la droite néolibérale a appris à tirer profit de ce malaise grandissant, en combinant des alliances d’intérêt avec les mouvements populistes qui prétendent l’incarner. ça s’est passé en Autriche, en Italie, au Danemark, aux Pays-Bas, en Grèce il y a peu. ça se passera sans doute ailleurs, partout où la droite considèrera que c’est nécessaire à son succès politique – donc France comprise.

        Quand je dis démocrate (au sens fort du terme : la démocratie n’est pas faite que d’élections, c’est avant tout une façon de considérer l’autre), je m’adresse précisément aux personnes de droite qui ont une conscience et qui ne considèrenet pas leur vision du monde « compatible » avec celle que véhicule le FN. Ce n’est hélas, admettons-le, pas le cas de beacoup de dirigeants de l’UMP aujourd’hui. Il suffit d’écouter leurs propos en lisant un peu entre les lignes. Tout cela m’inquiète beaucoup. Mais je ne sais pas ce que toi, tu en penses…

        • Vaste débat que la démocratie.

          Etymologiquement, cela veut dire « le pouvoir du peuple ».
          Si le peuple souhaite, par des élections, qu’il faut ramener l’âge de la responsabilité pénale à 5 ans et qu’on doive mettre en prison tous les voleurs de pommes, ce sera une décision démocratique. Le propos est certes exagéré mais où mettre la limite « morale » ?

          Sans rapport avec votre discussion, je considère que la démocratie est en recul en France.
          La sacro-sainte séparation des pouvoirs est clairement mise à mal car le pouvoir exécutif phagocyte de plus en plus les pouvoirs législatif et judiciaire.
          Sur le plan législatif, un projet de loi émane du gouvernement alors qu’une proposition de loi est le fruit d’un parlementaire.
          Or, 85% des lois présentées sont des projets de loi issus du gouvernement. Les 2 assemblées sont devenues de fait des annexes du pouvoir exécutif.
          Le débat démocratique devrait trouver sa place dans des assemblées parlementaires or nos élections législatives ne servent plus qu’à nommer des ministres.

          Quant au pouvoir judiciaire, il est lui aussi sous la coupe de l’exécutif puisque le parquet dépend statutairement du Garde des Sceaux.
          De plus, N. Sarkozy a tenté de supprimer le juge d’instruction, dont les pouvoirs devaient être confiés au parquet, celui-ci restant malgré tout soumis à l’autorité hiérarchique du Ministère de la Justice.
          Régulièrement, la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamne la France en soulignant qu’en France, le procureur n’est pas une autorité judiciaire indépendante.

          Ceci a peu de rapport avec votre débat, mais ça m’irrite tellement. Ca rejoint la discussion qu’on a eue sur la corruption : les gens s’accommodent de ces dérives. Je ne serais pas contre mettre la terroriste Joly à la Justice pour recadrer tout ça !!!!!

        • Désolé de m’incruster encore dans votre conversation mais j’ai du mal à me retenir. La démocratie serait « une façon de considérer l’autre »? C’est bizarre, je pensais que c’était un régime politique où le peuple légitime est souverain par le biais d’élections. Outre le fait que ta définition fantaisiste est vague au possible, il me semble que tu confonds démocratie avec une forme d’humanisme bisounours – un humanisme qui étrangement déconsidère ceux qui ne votent pas comme toi parce qu’eux font face à des difficultés dont ces humanistes de gauche s’en fichent. Depuis quand souhaiter la réduction de l’immigration ou défendre une « identité nationale » (puisque je suppose que c’est à ça que tu fais référence) est antidémocrate? Le Japon serait-il antidémocrate? L’Arabie Saoudite serait-elle une référence de « démocratie » puisqu’elle accueille tant de travailleurs immigrés? Pour être plus démocrate il faudrait soutenir l’immigration massive et le multikulti? Ainsi au lieu des 200 000 entrées légales annuelles sous Sarko, on a cas en accueillir 500 000, ou un million? Et pourquoi pas un milliard, ce serait encore plus « démocrate »?

          Cette tendance de la gauche en particulier à procéder à de l’abus de langage, à redéfinir ce qui est démocrate, ou ce qui est républicain, de ce qui ne le serait pas, est très réminiscente d’une novlangue orwellienne. C’est incroyable. Peut être qu’il faudrait interdire l’expression d’idées politiquement incorrectes, et donner des permis de vote qu’à ceux qui votent bien, on serait alors plus « démocrates »…

          Je m’énerve un peu, je m’excuse, mais cette façon typique de déconsidérer, d’humilier, des inquiétudes légitimes de la part de millions d’électeurs me fait bouillir de rage, surtout lorsque ces apparatchiks ont ensuite le culot de donner des leçons de démocratie.

          • Je peux vous comprendre sur l’énervement extrême face aux leçons de morale de la bien-pensance dite humaniste. Quand je vois l’indécence de la « vadrouille » électorale de Mélenchon et du « bal des prétendants » verts, alors que nous avons là la fine fleur du Progrès humain, cela me fait rire. Jaune car, au quotidien, à l’école, dans les relations humaines professionnelles, ce sont bien leurs conceptions, leur novlangue (en effet) et leur pensée unique qui s’imposent.
            Mais je m’arrête là, car je vais encore tomber dans la réaction et la contre-révolution 😉

            • Tout-à-fait d’accord avec vous 2 concernant l’exaspérante appropriation par la gauche des valeurs démocratiques ou humanistes. Et pourtant je suis de gauche !

              Mais le FN paiera encore longtemps les dérapages volontaires de JMLP qui eux, ne sont ni démocratiques ni républicains.
              Les électeurs du FN ne méritent pas d’en payer le prix.
              L’identité nationale ou le souverainisme sont des valeurs vertueuses et pleinement démocratiques. Elles sont louées dans la bouche de de Gaulle mais villipendées dans le discours du FN.

              De plus, lorsque N. Sarkozy récupère ces valeurs à but électoraliste (démontrant qu’il n’a aucune conviction sur la question), il contribue à diaboliser le débat.

        • Pour être clair, je suis bien embêté.
          Avec le recul, je me demande, de manière « utilitariste » si la droite n’aurait pas mieux fait d’aller jusqu’au bout lors des régionales de 1998 et de laisser, en partie, le FN gouverner dans certaines régions.
          Il se serait déconsidéré, aurait passé quelques marchés truqués, aurait perdu des élus et des cadres qui se seraient notabilisés et peut-être qu’il aurait perdu cette aura facile que donne le strict rôle tribunicien d’éternel contestataire de l’extérieur.
          Avec un peu de chance, cela aurait brisé son élan national.

          Mais il est probablement vrai que Le Pen aurait refusé, comme il l’a toujours fait, de prendre des responsabilités réelles. Son but était seulement, contrairement à Mégret par exemple (pas moins extrême que lui, mais dans une logique de pouvoir bien différente), d’atomiser et d’handicaper la droite.

          Il aurait fallu que ce soit mené par des gens de droite forts et sûrs de ne pas plus déborder, toutefois, ce qui n’était pas le cas de quelques barons locaux pas vraiment… « encadrés ».

          Aujourd’hui, c’est de toute façon trop tard. Et comme Le Pen fille est encore bien loin de ressembler à Wilders, sans parler de Fini, je pense que le problème va hanter la droite pour de nombreuses années…
          Je ne pense d’ailleurs pas que ce sera la droite qui « choisira »: c’est le FN qui en décidera d’une certaine manière. Le grand déclencheur d’une éventuelle alliance, ce sera la mort de Jean-Marie Le Pen. Est-ce qu’alors la fille prendra un tournant « italien » ou non ?
          Ce n’est pas impossible (et ce serait alors très long…), mais j’en doute fort. La direction du FN est très « brune », très sécuritaire, intrinsèquement xénophobe et, effectivement, très peu libérale en économie. Même une situation néerlandaise ou danoise paraît peu probable…
          Electoralement et tactiquement, la gauche peut être tranquille… sauf si elle rate totalement son (ou plutôt ses) quinquennat(s) et qu’elle fait progresser A LA FOIS la droite et le FN. Cela fait beaucoup de « si »…

          • Je te parles d’idéologie, tu me réponds sur le style…

            Mais bon, si tu considères qu’il est envisageable de s’allier au FN, ne serait-ce que par « utilitarisme », je l’ai ma réponse. Tu es au fond dans la majorité de la droite de ce point de vue : le FN ne vous plait peut-être pas, mais vous êtes prêts à vous en accomoder par nécessité électorale. Il n’y a donc pas d’incompatibilité fondamentale entre vous. Décevant, mais soit.

            • Sigh…
              Sur le fond, jamais je ne serai d’accord pour faire alliance avec le FN, évidemment (ni même d’ailleurs des désistements électoraux, à titre personnel – je suis sur la ligne Fillon). Si cela te rassure de me le voir écrire, voilà qui est fait. Mais cela n’est pas très intéressant.

              Ce qui l’est, c’est en termes de politique politicienne (et non simplement de « style »), car c’est là que cela se décide. Dans cette optique, je peux réfléchir, de manière théorique, aux différents scénarios que peuvent porter les gens de droite.

              Mitterrand était probablement très bien placé pour s’allier avec le PCF, signer un programme commun collectiviste et largement marxisé (on l’oublie souvent) et, finalement, étouffer le parti, parce qu’on savait très bien que Mitterrand n’était pas du tout communiste et que son positionnement intrinsèque l’empêcherait toujours de tomber excessivement vers sa gauche.

              Mon propos était ici un peu similaire: la droite réellement anti-FN aurait peut-être dû, localement, faire l’équivalent, pour briser le FN.
              Or, la droite anti-FN, ce n’était pas l’UDF à l’époque: certes, le CDS n’était pas compatible, mais le PR (Parti Républicain), les adhérents directs, le club Perspectives et Réalités et même une partie du Parti Radical l’étaient.
              Au contraire, le RPR, encore largement gaulliste, était bien le pire ennemi historique et idéologique de cette extrême-droite largement issue de l’Algérie française. Peut-être donc, que Chirac, héritier de de Gaulle, aurait pu faire conclure des accords locaux avec le FN, tout en rassurant sur le fait que, jamais, la frontière ne serait franchie nationalement, ni même sur les principes majeurs.

              Tout cela peut être taxé de théorique car « on ne pactise pas avec le diable, même avec une longue cuillère ». Mais il ne faut pas se laisser aveugler par trop de diabolisation du FN: dans le cas de Fini, qui partait pourtant de très loin, il n’est plus question de remettre en cause son ancrage républicain et démocratique.
              Certes, il est difficile d’envisager l’encadrement actuel du FN (aboyeur, assez médiocre intellectuellement, largement vulgaire, très composite sur le plan des idées,…) suivre la même évolution. Mais je ne suis pas non plus devin ni suffisamment fin analyste.

              Ce n’est pas s’en « accommoder », c’est, au bout d’un moment (30 ans…), se dire « comment on s’en débarrasse, d’une manière ou d’une autre ». Je n’ai pas de recette miracle.
              Et, apparemment, la gauche non plus: après tout, Le Pen père a frôlé les 17% en 2002 après 5 années du plus brillant des gouvernements selon tes critères.

              Au final, une fois de plus, je reste sur la ligne Chirac-Juppé-Fillon: aucune alliance et aucun désistement (et même sur l’aspect: « inutile de le répéter entre les deux tours pour faire le malin, comme Jouanno ou NKM »). Mais je suis aussi conscient que la question du FN reste entière.

              • Désolé de ne pas y aller par quatre chemins, mais l’ambiguité que tu as cultivé dans tes commentaires précédents m’a quelque peu exaspéré.

                On peut faire le lien avec Mitterrand et le PCF si tu veux (tu penses bien que le programme commun ne m’aurait pas vraiment enthousiasmé à l’époque…). Enfin, tu m’excuseras mais je considère que le PCF, même « stalinien », ne posait pas la menace fondamentale (j’oserais dire « identitaire ») que pose aujourd’hui le FN. C’était probablement le cas dans les années 50, mais sûrement pas dans les années 70. Malgré la rhétorique marxisante, leur discours n’a jamais véritablement entraîné une dérive extrémiste dans la politique française (à moins que tu ne considères la prodigalité des années 81-83 comme du dangereux marxisme collectiviste en action). Concrètement, il a joué un rôle de parti tribunicien canalisant les frustrations des catégories populaires, et portant des revendications qui n’avaient rien de subversif. Je suppose qu’à droite on ne le voit pas de cette manière, mais enfin, le parallèle me paraît pour le moins excessif.

                Ensuite, quand tu présentes l’alliance avec le FN comme moyen de l’affaiblir, force est de constater que ce n’est pas ce qui se passe dans l’ensemble de l’Europe. Le DFP et le FPÖ ont certes connu de petits revers après leurs alliances, mais ne se sont pas affaiblis sur le long terme. La liste Pim Fortuyn a disparu, mais elle a été remplacée par un PVV plus fort encore, et qui n’a rien à lui envier en termes d’islamophobie. Si tu penses que la « notabilisation » du FN résoudra tous les problèmes, je crains que tu ne soies déçu dans l’avenir.

                De toute façon, toute tentative de résoudre un problème aussi fondamental que l’émergence du FN par de vulgaires manoeuvres politiciennes est vouée à l’échec. Il s’agit d’un mouvement de fond, sociétal et, comme je l’ai dit tout à l’heure, de portée européenne. De même, on peut dire que Mitterrand a contribué à « tuer » le PCF, mais il ne faut pas oublier que la première raison de son déclin est la fragilisation de sa base sociétale, le monde ouvrier, avec la désindustrialisation et la transformation du travail tout au long des années 70-80. Quant au populisme xénophobe, ses racines sont directement liées aux problèmes de notre temps, au malaise face à la perte d’influence du politique et au sentiment de déclin qui frappe l’Europe. Si on veut avoir une chance de se débarasser du FN et de ce qu’il représente, le seul moyen sera de s’attaquer de front à ces problèmes, et de prouver que mondialisation ne signifie pas nécessairement dissolution du politique dans l’anarchie politico-économico-militaire généralisée. J’ai, en ce qui me concerne, quelques idées sur le moyen de relever ce défi, sur lesquelles tu seras certainement en désaccord. Mais quoi qu’il en soit, là est la priorité et non dans des manoeuvres tacticiennes.

                • Complètement d’accord avec le fait que même si Mitterrand a contribué à “tuer” le PCF, la première raison de son déclin est la désindustrialisation et la transformation du travail tout au long des années 70-80.

                  On ne peut pas faire de parallèle PS/PC et UMP/FN en imaginant que l’UMP ou le RPR aurait pu ou dû ingérer le FN.

                  De plus, à mon avis, la xénophobie est loin d’être le moteur principal des électeurs du FN.
                  Dans une France péri-urbaine ou rurale, la disparition des services publics crée une exaspération légitime des gens qui financent un Etat social dont ils ne profitent plus.

                  • Mon but initial, ici, c’est la tactique politique, la politique « politicienne ». Voilà pourquoi j’envisage la question du FN sous cet angle. Mais aussi parce que, en réalité, je pense qu’il ne se règlera pas vraiment autrement, tout simplement parce que les porblèmes de fond qui engendrent sa montée (bien sûr, je les connais et je suis conscient de leur importance tout à fait prédominante) ne seront pas réglés de sitôt, si tant est qu’ils le soient un jour.

                    En effet, je ne suis pas loin de penser que le problème sera insoluble pour très longtemps, car il y a une variable que la gauche et même une grande partie de la droite n’ont toujours pas intégrée, malgré les grands discours sur le rétablissement des finances publiques: nous vivons largement au-dessus de nos moyens et ce, depuis les chocs pétroliers, et nous sommes déconnectés de la réalité du travail.

                    Or, on continue à construire des médiathèques dans tous les villages de France, à remodeler les trottoirs et les voiries tous les 4 matins, à embaucher des personnels d’accueil ou « d’accompagnement » partout.
                    Et d’un autre côté à déverser des tonnes de bacheliers dans des universités de mauvais niveau et totalement déconnectées des réalités professionnelles: combien d’artisans recruteraient bien des employés de qualité s’ils le pouvaient, combien d’entreprises françaises recherchent des chaudronniers ou des informaticiens, etc. Il faut lire les bilans régionaux de Pôle Emploi dans le détail, en particulier les offres non satisfaites, c’est édifiant (et ce n’est pas uniquement à la plonge dans les restaurants, à la manutention chez Leclerc ou à la maçonnerie en « gros » chez l’entreprise de TP du coin).
                    Du chômage d’un côté avec des illusions vendues depuis si longtemps aux jeunes et un travail manuel méprise,
                    des dépenses publiques pour « compenser » et tenter de faire oublier le « malheur » de l’autre…

                    La vague Marion a de beaux jours devant elle 😦

                    • Tu as ta lecture du problème, j’ai la mienne. Mais au moins sommes-nous d’accord sur le constat : la montée des populismes provient d’un dysfonctionnement de nos sociétés, et non d’un épiphénomène qu’on peut neutraliser à force de machiavélisme politique. La droite, en tout cas la droite républicaine et humaniste, n’y gagnerait rien et y perdrait définitivement son âme.

          • Qu’appelez-vous le tournant italien que pourrait prendre MLP ?
            Serait-ce une évolution vers une droite beaucoup plus modérée à la Fini ?
            J’en doute, au moins dans un avenir proche. Elle n’est là que depuis un an et a clairement affiché ses orientations.
            Si vous parlez de la mort (physique ?) du père comme déclencheur d’une nouvelle politique, je vous rappelle qu’on vit (et meurt) vieux de nos jours.

            • Je parle bien de la mort physique (la mort politique, ma foi, c’était 2007 pour le « vieux chef » ;)).
              Le FN est un parti ultra-personnalisé: il y a l’aspect « culte du chef » propre à tout populisme (surtout d’extrême-droite mais pas seulement); mais il y a aussi cette spécificité française et lepéniste, Le Pen (je me répète) ayant été le seul à jamais être capable de fédérer toutes les extrêmes-droites et restant ainsi la référence absolue pour le ceour de l’électorat FN et des militants du parti.

              Il faut qu’il meure pour que le cordon soit coupé et que sa fille fasse évoluer le parti (à la Fini, donc, effectivement, en le « modérant »), si c’est ce qu’lle veut vraiment, ce qui est loin d’être certain.
              Tant qu’il est vivant, elle ne peut pas faire ce qu’elle est la mieux placée pour faire (jamais Mégret, Lang ou d’autres n’y seraient parvenus): trahir Le Pen.

              Il est vrai que le vieux a l’air solide physiquement, même si son naufrage intellectuel et langagier ne se dément pas.

    • La ligne politique du FN aujourd’hui n’est ni antidémocratique, ni fasciste, ni antirépublicaine, ni même antisémite, et encore moins « anti-France » comme l’ont dit certains qui souhaitaient absolument sortir une insanité. Ce ne sont pas les militants FN qui veulent constamment empêcher les autres partis de faire des meetings, c’est largement l’inverse.

      Autrement, une clair alliance UMP/FN je la vois mal arriver tant que les partis ne se rejoignent pas plus sur les questions économiques (les questions d’immigration, elles, poseraient moins de problème pour une alliance à mon avis – il y a bien la Droite populaire au sein de l’UMP qui est simplement un peu plus modérée que le FN). La différence entre le FN et les partis dits « d’extrême droite » aux Pays-Bas, en Suisse, en Italie ou ailleurs, c’est que ces partis à l’étranger ont une ligne économique ouvertement libérale, parfois fièrement capitaliste à la limite du libertarianisme économique, et ainsi ils sont plus compatibles en termes de gestion économique avec la droite modérée. Si le FN veut s’aligner avec l’UMP sur les questions économiques, il risque de perdre une partie de son électorat plus à gauche, mais il faut avouer tout de même que la majorité de l’électorat FN (je dirai dans les 60% ou plus) s’en fiche un peu de la gestion économique, leur principale motivation de vote étant simplement l’immigration et l’insécurité, avec également un vote protestataire et antisystème non négligeable, que le FN risque aussi de perdre s’il s’allie à un « parti du système ». La situation me semble donc plutôt difficile.

      • Une fois de plus, je n’arrive pas à comprendre le Front National.
        J’ai toujours cru comprendre que le programme économique du FN était ultra-libéral.
        Jean-Marie Le Pen a toujours (jusqu’à 2007) prôné la suppression de l’impôt sur le revenu pour le remplacer par un impôt sur la consommation et un insignifiant impôt sur le « travail ».
        Je n’ai d’ailleurs jamais compris que des employés ou des ouvriers puissent voter pour un programme qui soit autant à leur désavantage.

        • Le FN sous JMLP était un parti d’opposition qui s’est toujours focalisé presque que sur les questions d’immigration, de nationalisme et d’insécurité, laissant peu de place aux thématiques sociales et économiques, où au fond ils n’avaient aucune ligne officielle. Les fonctionnaires étant majoritairement à gauche, ainsi que les syndicats ouvriers, il s’est toujours opposé à eux.

          La donne a changé aujourd’hui, depuis que le FN veut se placer comme un parti de gouvernement, avec un programme complet, plutôt que d’être focalisé que sur des problèmes de société. Je dirai même que le FN actuel est économiquement plus à gauche que le PS, si l’on considère ses positions protectionnistes, anti-délocalisations, anti-privatisations et j’en passe. Je ne suis pas ouvrier, mais s’ils votent majoritairement FN je dirai que c’est dans un contexte de délocalisations et de concurrence avec les immigrés qui pèsent naturellement à la baisse sur leurs salaires (c’est la base du capitalisme, l’offre et la demande marche également pour les salaires), ils ont l’impression, à raison selon moi, que l’immigration est l’armée de réserve du capitalisme. Ça a toujours été le cas. Il me semble que c’est dans Les Misérables que lors d’une grève les patrons importent des immigrés Belges ce qui casse l’effort des grévistes. Les ouvriers considèrent également que l’UE et la mondialisation participent à la désindustrialisation, donc naturellement ils se rapprochent du parti qui semble s’y opposer le plus.

  3. Je ne vois pas le programme économique du FN marqué à gauche.
    En 2011, leur programme défendait la retraite par capitalisation, une augmentation de 15% des charges sociales salariales pour financer le trou de la sécu, la retraite à 65 ans, …)
    Le virage à 180° pris en quelques semaines vers plus de social (diminution de 200 € de charges sur les petits salaires, retraite par répartition, condamnation de la TVA sociale, …) ne donne pas l’impression d’une conviction de valeurs affichée depuis des dizaines d’années.

    Malgré tout, et même après ce tournant social, le programme économique du FN reste le plus libéral de tous les candidats.

    Je ne juge pas. Je m’interroge juste sur le choix des ouvriers/employés de choisir le parti qui les pénalise le plus. S’en rendent-ils compte ?
    C’est probablement que les aspects identitaires et protectionnistes masquent tout le reste.

    • Dire que le programme de MLP est le plus libéral de tous c’est tout de même très exagéré. Il s’agit de ne pas prendre ses désirs pour des réalités. Mais quand bien même si c’était le cas, le libéralisme n’est pas non plus forcément pénalisant pour la classe ouvrière. D’ailleurs, beaucoup d’ouvriers votent également pour la droite classique. Encore une fois, je ne suis pas ouvrier, mais ils pourraient estimer que le capitalisme permet un meilleur développement des entreprises, face à une gauche qui veut tout taxer et tout réguler, plombant l’embauche, leur salaire et leur pouvoir d’achat. C’est juste une supposition. Certains sont procapitalistes. En ce qui concerne MLP, elle a été conseillée par ces milieux, et certaines de ses propositions sur la formation des jeunes et l’emploi dès 16 ans ont apparemment plu les milieux ruraux et ouvriers. J’emploie des termes vagues puisque tout ça ne me concerne pas, donc je suis très mal renseigné sur les problèmes auxquels ils font face.

      Mais sinon, oui je pense que pour la majorité de l’électorat FN, les questions identitaires et protectionnistes surpassent tout le reste. Selon moi tant que le FN est le seul grand parti dit « nationaliste », et tant que la France reste majoritairement Européenne, il aura toujours au moins 10% aux présidentielles, les points en plus dépendront des qualités de son candidat et de ceux des autres partis à leur rafler des électeurs. Pour ma part c’est presque uniquement la question identitaire qui motive mon vote. S’il n’y avait pas une immigration massive, incontrôlée et irrationnelle, je voterai sans doute à gauche. Je précise que j’ai toujours vécu en région parisienne; Ce n’est pas comme si j’habitais dans un trou perdu sans problèmes où j’aurais « peur de l’autre » à cause des reportages sur TF1, comme on le dit souvent.

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