Sociologie électorale simplifiée de la présidentielle et composition du gouvernement Ayrault I: les difficultés et la faiblesse de Hollande seront apparentes plus rapidement qu’envisagé

1. Je commence en recommandant une fois de plus la lecture des blogs de Gael L’Hermine. Il vient de publier sa propre analyse politique, sociologique et cartographique du second tour, avec des constats qui ne surprendront pas les lecteurs du présent blog mais qui rentrent dans un détail cantonal et communal sans égal et absolument passionnant (http://welections.wordpress.com/2012/05/16/france-2012-runof/). L’anglais n’est pas insurmontable, je pense, et cela vaut vraiment la peine de faire un petit effort pour ceux qui n’auraient pas un niveau fluent 😉

2. Les premiers temps de la présidence Hollande et la composition du premier gouvernement Ayrault sont pour moi l’occasion de souligner les faiblesses et les difficultés auxquelles cette présidence va se heurter et ce, beaucoup plus vite que prévu.

Je n’aborderai que les aspects purement politiques: je ne reviens pas sur la conjoncture, qui est mauvaise, ce qui était loin d’être le cas en 1988 et 1997, où la gauche a bénéficié à chaque fois d’une « chance » incroyable en matière de croissance (dilapidée, surtout en 1997-2000, par les excellents Jospin, DSK et Aubry…).

Nous avions déjà vu que la victoire de Hollande, qui entrait dans la catégorie « étriquée » selon la classification effectuée par l’intéressé lui-même, pouvait être porteuse de déception à gauche. Construite essentiellement sur l’anti-sarkozysme (très habilement sur le plan tactique à travers la « normalité », comme je l’ai souligné à moult reprises, mais avec un net essoufflement avec le temps), elle ne fut pas large et, à juste raison, d’aucuns ont pu se demander si, à droite, un candidat plus consensuel, tout en étant capable d’attirer sur ses deux ailes (j’ai dit Fillon ?), n’aurait pas pu lui souffler la victoire. Même si je n’y crois pas car le dynamisme de campagne de Sarkozy a dû aussi jouer, grâce à un effet GOTV (get out the vote), ou de mobilisation si vous préférez, qu’un autre (j’ai dit Fillon ?) n’aurait peut-être pas été capable de mettre en oeuvre aussi efficacement. Mais, bémol au bémol, il est vrai que la campagne de Sarkozy a été un joyeux bazar, avec finalement peu de relais locaux, si ce n’est le travail « classique » effectué par l’UMP sur ordre de Copé.

Dès le lendemain de l’élection, Martine Aubry est venue contrecarrer tout enthousiasme hollandais. Elle a fermement confirmé que Bayrou serait confronté à une candidate socialiste. Aujourd’hui, elle annonce qu’une candidate aubryste est investie dans la 1e circonscription de la Somme, au détriment de Faouzi Lamdaoui, l’un des lieutenants les plus proches de Hollande, déjà éconduit à l’automne dernier d’une circonsciption des Français de l’étranger au profit de l’aubryste Pouria Amirshahi. La guerre de positions a donc repris comme avant et les courants sont plus que jamais là (au moins, l’UMP sait ce qui l’attend désormais…).

Et voilà qu’Aubry n’est pas du premier gouvernement Ayrault. Marion « Marine » Le Pen y voit un règlement de comptes de la part de Hollande et je crois qu’elle se trompe lourdement. Nous verrons bien si, dans les jours qui viennent, des « offs » paraissent dans la presse disant qu’on avait tout propsoé à Aubry, mais qu’elle a refusé et qu’elle est « infernale »: peut-être, là, pourra-t-on y voir une manoeuvre hollandaise.

Mais je pense plutôt qu’Aubry a refusé. Plutôt que d’avoir un titre ronflant, mais aucun ministère régalien ou économico-financier, plutôt, donc, que d’être ligotée à un poste secondaire dans le gouvernement de Sa Majesté, elle préfère clairement être son opposition intérieure, en quelque sorte, libre de ses mouvements.

Certes, elle a dit dans le passé qu’elle ne voulait pas « rempiler » à la tête du PS. Mais si elle change d’avis, qui pourra lui contester la place ? Seul Delanoë serait en mesure de le faire, mais serait-il vraiment un allié de Hollande ? Comme Hollande a par avance dit qu’il n’y aurait plus de « courroie de transmission » systématique entre Elysée et parti, voici venu le temps de la « cohabitation » entre majorité présidentielle, majorité parlementaire et parti majoritaire de mêmes bords… (je suis assez énervé que Copé ait dit peu ou prou cela aujourd’hui car j’avais pensé à l’expression avant)

On peut comprendre le ressentiment de Martine Aubry, qui voit lui échapper et l’Elysée et Matignon, alors qu’elle se pensait meilleure pour battre Sarkozy et qu’elle voit deux personnages apparemment falots, toujours dans la synthèse et le compromis et jamais ministres lui passer devant. La partie sera très rude pour Hollande,
– parce qu’Aubry garde son alliance avec Fabius et qu’elle bénéficiera du soutien de la gauche du PS,
– parce qu’elle contrôle relativement bien l’appareil du PS (Lamy, Borgel, Bartolone, Cambadélis, Hamon, Hammadi, Bachelay, Paul etc., tous aubrystes anciens ou ralliés et peu représentés au gouvernement; seul Harlem Désir peut se « rebeller » au sein de l’appareil, peut-être),
– parce que Mélenchon est affaibli et le sera encore davantage après sa défaite aux législatives et qu’elle pourra donc plus facilement prendre la place du héraut des classes populaires,
– parce qu’elle est en bons termes avec les appareils PCF et Verts.

En outre, Hollande n’est pas Mitterrand, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Pour avoir la maîtrise manoeuvrière de l’ancien Président, il faut un peu plus de « bouteille » ou de maestria personnelle. Certes, Hollande a essayé de joeur au sphinx les derniers temps, mais Aubry vient de lui dire « zut » comme Rocard n’a jamais été en mesure de le faire entre 1980 et 1995.

Rocard « grillé » pour la candidature fin 1980 ? Mitterrand le musèle ensuite en le prenant à l’intérieur du gouvernement, comme ministre d’Etat mais seulement du plan, et en veillant à ne pas lui laisser de contre-pouvoir.
Rocard en premier-ministrable « raisonnable » en 1984 ? Mitterrand promeut un jeune converti à la modération et au profil encore plus technocratique et « expert » que Rocard (Fabius), tout en gardant Rocard au gouvernement (ministre de l’Agriculture), celui-ci ne pouvant trouver mieux que le prétexte de la proportionnelle (même s’il avait entièrement raison, car Mitterrand a mis le FN à l’Assemblée) pour se sortir de ce guêpier.
Rocard envisagé comme candidat de rechange en 1987 et une majorité législative non assurée en 1988 ? Mitterrand s’en sert comme Premier ministre et tente de le pressurer au maximum (malheureusement pour Mitterrand, Rocard reste populaire et il doit le « débarquer » sans raison en 1991), tout en veillant, encore, à ne pas le laisser prendre le parti.
Rocard en futur recours pour 1995 et, finalement, premier secrétaire par défaut du parti ? Mitterrand active Fabius en interne au PS, Mélenchon sur la liste Rocard des Européennes et Tapie en externe aux mêmes Européennes de 1994 pour le torpiller définitivement.

Hollande est bien loin de cette méthode face à sa rivale. J’ai eu l’occasion d’écrire qu’il ne fallait à aucun prix laisser Martine Aubry à l’extérieur du gouvernement. Certes, il a peut-être été trop gourmande, mais, quitte à sacrifier des fidèles, pourquoi ne pas lui donner quelque chose de satisfaisant pour elle ?

3. Ensuite et plus largement, Hollande rate le rassemblement de tous les socialistes, comme Mitterrand l’avait fait en 1981 en nommant Mauroy Premier ministre, Defferre, Chevènement, Delors, Rocard au gouvernement. Ayrault n’est que la copie de Hollande à Matignon ou, en tous les cas, un… « collaborateur » (mais oui, Hollande fait du Sarkozy, ici… ou, à la  rigueur, pour Matignon seulement, comme Chirac en 1995: on a vu avec quel succès électoral), quelqu’un qui ne lui fera pas d’ombre mais qui n’apporte aucun complément politique réel (et la vaste plaisanterie de l’allemand ne tient pas: jamais aucun Premier ministre, hors cohabitation, n’a jamais négocié avec les chanceliers allemands… on rêve… et toute la presse, même de droite, de reprendre le cliché…).

Bien sûr, Hollande a réussi, dès octobre 2011, le ralliement de Montebourg, mais c’est davantage ce dernier, par rejet d’Aubry, qui l’a rejoint, que le contraire.
Mais peut-il réellement compter sur la gauche du parti ? C’est évidemment douteux, car Montebourg n’en est pas du tout le porte-parole.
A-t-il rallié tout le camp delanoïste ? Le positionnement réel de Delanoë reste une énigme à ce jour. Il n’est pas sûr que l’ambitieux Delanoë n’ait pas d’autres visées et son échec de 2008 doit encore lui peser, lui qui doit penser qu’il aurait pu être la « surprise » de 2012. Quant à Harlem Désir, sa patience a des limites. Et si Hollande ne veut pas laisser échapper le PS, il fera forcément des déçus chez les delanoïstes; il est vrai qu’il ne lui reste plus de grosse pointure hollandaise à imposer… sauf… Rebsamen ! Et même si c’est Aubry qui reste, ni Delanoë, ni Désir ne pourront être satisfaits.
A-t-il suffisamment gagné sur l’ancienne troupe strauss-kahnienne ? Valls n’est que l’aile droite, Moscovici apparaît bien isolé, Cambadélis, Le Guen, Dray ne se sont jamais véritablement convertis et ils ont un pouvoir de nuisance. Même une Sandrine Mazetier n’est pas retenue (plus « à gauche » qu’à « droite », justement).
Contrôle-t-il suffisamment les quadras-quinquas Valls, Moscovici, Peillon, Montebourg ?
Aux aubrystes frustrés, cités plus haut (Paul, Borgel, Bartolone, Cambadélis, Hammadi, Bachelay), il faut ajouter Guigou, Rossignol, Hazan, pourtant femmes mais retoquées du gouvernement, ainsi que Destot, « grillé » par Fioraso.

Si Hollande n’a pas commis l’erreur de Sarkozy en 2007, qui avait vraiment sacrifié les sarkozystes (pour ne promouvoir que les moins bons d’entre eux ensuite: Morano, Lefebvre), il a au contraire très lourdement favorisé les hollandais, historiques comme ralliés. Les royalistes sont largement présents et ceux des strauss-kahniens qui sont là sont plutôt ceux « de droite » (« Mosco » et non « Camba »). Enfin, les delanoïstes intégrés ne sont que des seconds couteaux ou des soutiens de circonstance.
– Sur 34 membres, je compte 30 socialistes. Sur ces 30, 23 sont des hollandais, historiques ou ralliés.
– Parmi les hollandais ralliés, on compte 6 ex-royalistes, « superficiels » (Peillon, Filippetti; Valls était aussi dans cette catégorie, mais il y a prescription…) ou plus « profonds » (Vallaud-Belkacem, Batho, Bertinotti, Delaunay), 6 strauss-kahniens de droite (Valls , Moscovici, Touraine, Bricq, Cahuzac, Cazeneuve), 6 delanoïstes « estampillés » (Pau-Langevin, Benguigui) ou « de circonstance » (Fioraso, plutôt rocardienne car grenobloise, dans la tradition de Mendès et Dubedout; Carlotti, « multi-appartenante »; Lurel, épisodiquement royaliste; Cuvillier, surtout baron local). Ce qui laisse 5 hollandais historiques (Sapin, Le Drian, Le Foll, Arif -delano-compatible pendant longtemps, Pellerin -bien que d’histoire très récente…).
– On ne compte donc que 7 représentants de la gauche du PS, dont 2 aubrystes fidèles (Lebranchu et Lamy, probablement là pour espionner, davantage que pour compenser l’absence de la patronne…), 1 montebourgeois (Montebourg lui-même !), 2 fabiusiens (Fabius, Fourneyron), 2 gauchistes (Hamon, Vidalies).
– Certes, Taubira peut être comptée parmi les montebourgeois; mais Duflot est probablement prête à tout, Pinel est l’âme damnée de Baylet et donc acquise à Hollande. En outre, Montebourg lui-même ne sera-t-il pas plus hollandais que gauchiste ?

Au final, on peut dire qu’il s’agit d’un gouvernement de… primaire socialiste !!! Et on peut prévoir des temps difficiles dans la famille socialiste. En termes politiques.

Car, techniquement, le gouvernement est correct. Certes, il y a cette horreur des intitulés ridicules: de ce point de vue, je vous conseille la lecture du Journal Officiel dans les jours qui viennent, car la réalité d’un portefeuille ministériel, ce n’est pas le soir de la nomination, mais deux ou trois jours plus tard, quand les décrets affectant les directions des ministères à tel ou tel ministre (parfois en binôme, voire plus…) sont sortis; c’est là que l’on voit qui s’est imposé ou non. Ainsi, la « réussite éducative », ce doit être tout simplement l’apprentissage, la formation professionnelle et, peut-être l’enseignement technique; le « redressement productif », c’est juste l’industrie, les PME, le commerce et l’artisanat (c’est-à-dire pas grand-chose administrativement); l' »égalité des territoires », c’est juste l’aménagement du territoire (peanuts) et la ville; le « dialogue social », c’est juste pour faire chic, car le travail inclut déjà le dialogue social. En revanche, je suis abasourdi (et ravi) que le terme stupide de « solidarité(s) » ait été omis et qu’il ne reste que les bonnes vieilles « affaires sociales »: un oubli indigne d’un gouvernement socialiste !

Certains conflits de compétences sont à prévoir: Fioraso contre Montebourg-Pellerin sur recherche et innovation; Le Foll contre Bricq-Cuvillier sur la pêche et contre Bricq et Touraine sur l’alimentation; Montebourg contre Bricq sur l’énergie; Valls contre Batho sur les prisons; Lebranchu contre Duflot… Mais rien là que de très classique…

J’en profite pour me décerner quelques fleurs: Mosco à Bercy et Sapin au travail, je l’envisageais dès le mois de mars comme solution alternative et je l’avais adoptée récemment; tous les commentateurs ont semblé surpris… bingo! 😉 Lebranchu était bien vue également de ma part, car peu évoquée à cette place
J’avais bien intégré les Carlotti, Pau-Langevin, Bricq, Pellerin, qui n’étaient pas évidentes, même si, avec Vallaud-Belkacem, il faut un peu faire les chaises musicales. Je n’aurais pas dû renoncer à Cahuzac.
Je suis déçu d’avoir négligé les Lamy, Arif, Vidalies, Bertinotti, mais il fallait bien trancher.
Je n’avais en revanche pas du tout envisagé Fioraso (probablement un très bon choix de fond, une excellente surprise), Delaunay (une catastrophe intégrale: j’avais refusé de l’imaginer) et Pinel (malgré le fait que ce n’est qu’une apparatchik PRG, protégée de Baylet et pas vraiment grande technicienne, sa nomination est une grande subtilité politique, que je m’en veux de ne pas avoir vu: enfin un choix digne de Mitterrand ! :P).
Mais, Pinel, avec Cuvillier, Benguigui et Canfin, qui les avait envisagés ?!? Cuvillier, cela aurait dû être devinable par d’excellents experts du PS, mais, évidemment, j’avais opté pour Poignant (une grosse déception :().

N’oublions pas qu’il n’y a pas de secrétaires d’Etat (à la différence des ministres délégués, ils n’assistent pas à tous les conseils des ministres). Encore une chance de rattraper quelques socialistes. Mais en même temps, s’il faut caser les communistes et le PG seulement sur des secrétariats d’Etat, cela va faire grincer quelques dents… Et il ne restera plus grand-chose pour les aubrystes et la gauche du PS…

4. Enfin, sur la forme, que ce soit à l’égard de Sarkozy ou à l’égard de Merkel, la première journée de Hollande a été un peu « dure », un peu « cassante » et ne place pas sa présidence sous le signe du rassemblement ou de l’assurance tranquille face à l’adversité. On sent, soit comme une difficulté à sortir de la campagne (peut-être parce qu’il est trop « politique » et que c’était « son » moment), soit comme une volonté de contrebalancer l’image de mou et d’indécis et l’absence criante d’expérience ministérielle et internationale en en rajoutant dans le côté ferme. Mais cela donne l’impression soit d’une « gauchisation » surprenante, soit d’une peur sourde de la suite. L’anti-sarkozysme continuera de fonctionner jusqu’aux législatives, c’est vrai et c’est sûrement utile de profiter encore de l’effet d’entraînement de la présidentielle, mais le sillage va bientôt se dissoudre et cette écume ne pourra longtemps porter le skieur nautique Hollande…

Son discours sur Jules Ferry (personne ne l’a forcé à le faire), avec tous ces bémols stupides sur la « faute morale » et les « égarements politiques » du grand républicain (c’est de l’Histoire dont on parle, coco, pas un jugement sur un personnage que toi-même tu nous donnes comme symbole…), tout cela pour faire plaisir aux polémistes gauchisants et à la bien-pensance médiatique, montrent une surprenante anticipation de toute attaque qui pourrait surgir. Ce n’est franchement pas une preuve de grande force intérieure, ni de grande force politique.

Il rate donc l’aspect « rassemblement », aussi au gouvernement: 30 socialistes, 2 radicaux de gauche et 2 Verts. Pour ces deux derniers, c’est la portion congrue: Duflot est à peine plus puissante que Boutin en 2007…
Même si c’est plutôt une onne idée sur le fond, personne de la société civile.
Pas de communistes ou d’ex-communistes (Hue, Braouezec,…).
Pas de centristes, même de « faux » centristes (Robert Rochefort avait l’air déçu ce soir, pas forcément pour lui-même mais pour tout le MoDem).
C’est très monocolore et cela va finir par se voir, même si le combat législatif peut justifier un pack resserré. Ou pas, car on pourrait argumenter qu’il aurait mieux valu mobiliser tout le monde et balayer large.

5. Il y a justement le risque des législatives, ou plus exactement de la future Assemblée.

Bien entendu, des éléments viennent au renfort indirect de Hollande:
la déception mélenchonienne a un avantage de court terme: le PG se raidit et pollue les discussions PCF-PS, ce qui devrait réduire le nombre de candidatures uniques de premier tour,
Bayrou, désormais supplétif de Hollande et manifestement inquiet pour sa propre réélection, appelle à rejeter la cohabitation et trouve que Hollande est en mesure de pratiquer l’élargissement nécessaire,
– il fait peu de doute que la droite se sortira mal des législatives, parce que l’actualité européenne n’aura pas le temps de la « porter » (élection en Grèce le 17 juin seulement, sommet européen quelque peu différé), parce que les Français ne veulent pas d’une cohabitation et parce que, comme je l’ai écrit, son aile modérée risque de perdre davantage que son aile dure, permettant par la suite à Hollande à la fois de remobiliser sur sa gauche et de récupérer sur la forme le discours centriste,
– l’unité de l’UMP est un combat de tous les instants jusqu’au 17 juin à 20h01 et la bataille de l’automne entre Fillon et Copé s’annonce sanglante,
– le choix d’Ayrault a un avantage: celui d’avoir à disposition un (autre) expert de la synthèse et du compromis et un vrai connaisseur du Parlement et des parlementaires, en même temps qu’un orateur et rhétoricien expérimenté (le contact de Jean Poperen a servi à quelque chose…).

En revanche, tout n’est pas favorable au nouveau Président.

J’ai déjà pu me « lâcher » sur la stupidité de l’accord avec EE-LV. Il est clair qu’il risque bien de coûter la majorité absolue au PS.
Il n’y a pas non plus d’enthousiasme particulier pour Hollande à gauche et, s’il a gagné « au centre », c’est peut-être seulement par défaut. Car, avec une campagne « au peuple », Sarkozy n’était pas très loin de l’exploit. Ma classification un peu artificielle et mon pronostic d’une victoire « au centre », comme en 1988, doivent être relativisés, car la question de la France du « non » reste entière.
Le FN devrait de nouveau faire un bon score, malgré un tassement probable, ce qui sera négatif pour l’UMP mais ne peut réjouir le PS, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, les Ardennes, le Languedoc-Roussillon, les Bouches-du-Rhône, voire la vallée de la Garonne, la Haute-Normandie ou la Lorraine.

Enfin, les députés PS seront peut-être dominés par les aubrystes, fabiusiens, hamoniens, strauss-kahniens de gauche, etc. N’oublions pas que Aubry, Lamy et Borgel ont veillé aux investitures… Cela se verra avec la présidence du groupe, que Bruno Le Roux va peut-être avoir du mal à reprendre.

6. Les difficultés électorales vont peut-être commencer assez rapidement, pas tellement par poussée de la droite, mais par progressive déception de l’électorat anti-sarkozyste. C’est un peu ce que suggère la sociologie électorale du second tour de la présidentielle, à travers les sondages « jour du vote » ou « sorties des urnes » (ou même « dernier week-end » dans le cas d’IPSOS…).

Ces sondages ne fournissent aucune surprise majeure, tant en matière de clivages gauche-droite que d’évolutions « à contrepied » déjà remarquées en réalité depuis 2005, voire depuis 1995. La géographie nous donnait déjà une image similaire à 2007, tout en étant plus classique, avec l’effacement de Bayrou (dont les électeurs sont, pour une partie, revenus à gauche au 1er tour et, pour une autre partie, retombés à droite au 2nd, le reste retrouvant l’abstention habituelle tout au long du processus).

Hollande peut trouver une satisfaction, tant dans son score « décevant » que dans la géographie que nous avons vue: la droite n’a pas réglé le problème du FN et la stratégie Buisson-Hortefeux n’a pas été invalidée. D’une certaine manière, le score de Sarkozy peut être embarrassant et « trop » élevé… même si Raffarin tente de faire du judo et de dire que, justement, c’est Sarkozy qui a fait perdre les 2 points qui manquaient…

Hollande peut aussi se réjouir de sa force en Ile-de-France, dans les zones urbaines dynamiques, bref dans les zones et parmi les électorats qui « font » les médias et la pensée dominante, ainsi que dans beaucoup de zones démographiquement dynamiques (Nord-Ouest, Sud-Ouest).

Mais ses motifs de satisfaction sont fragiles et le « peuple » n’est manifestement pas emballé. Qu’on en juge.

– Selon le sexe, peu de différence, même si les femmes sont légèrement moins à gauche… Selon l’âge, le tableau est plus flou: les plus de 65 ans sont fortement sarkozystes, sans surprise (41/59 pour TNS-Sofres, 45/55 pour IFOP – IPSOS ne donne que les plus de 60 ans: 41/59); les « baby-boomers » sont logiquement soixante-huitards et hollandais (62/38 chez les 50-64 pour TNS-Sofres et 56/44 pour IFOP; 55/45 chez les 45-55 ans pour IPSOS), ce qui est une vraie force à terme, dans la mesure où les « vieux » se mobilisent davantage, mais qui peut s’amenuiser avec la « dérive » conservatrice observée avec l’âge. C’est moins favorable pour Hollande chez les électeurs d’âge moyen, ce qui constitue une vraie faiblesse pour l’avenir: 49/51 chez les 35-49 ans pour TNS-Sofres et 50/50 pour IFOP ou 53/47 chez les 35-44 pour IPSOS. Les jeunes, souvent étudiants ou chômeurs, n’ont pas suivi Sarkozy: 56/44 chez TNS-Sofres, 57/43 chez IFOP et même 62/38 chez IPSOS. En revanche, c’est incertain pour les plus jeunes: 47/53 chez les 18-24 pour TNS-Sofres, 54/46 pour IFOP et 57/43 pour IPSOS.

Selon le revenu et selon la pratique religieuse, rien de plus banal: plus on est riche, plus on vote à droite; plus on pratique sa religion (sauf pour les musulmans et avec une absence de données pour les protestants), plus on est à droite. Les sans religion votent à gauche, même si pas autant que par le passé (la sécularisation est passée par là, détruisant la France catholique mais rendant aussi plus « moyens » les sans religion).

– Selon la CSP, les résultats sont peu surprenants mais méritent d’être pris avec précaution (car les instituts ne ventilent pas suffisamment précisément et n’ont pas les mêmes références) et mériteraient d’être fouillés davantage.
Les commerçants-artisans-chefs d’entreprise sont l’électorat fort de Sarkozy: 20/80 chez TNS-Sofres, 33/67 chez IFOP (mais apparemment sans les chefs d’entreprise), 30/70 chez IPSOS.
Les professions libérales et cadres supérieurs sont à 56/44 chez IFOP, 52/48 chez IPSOS (mais ce sont les cadres « tout court ») et les cadres et professions intellectuelles sont à 51/49 chez TNS-Sofres. Ici, il faudrait évidemment pouvoir distinguer les professions libérales des autres, les cadres supérieurs et cadres moyens et, surtout, les salariés du public des salariés du privé. Les profs, chercheurs, journalistes restent de gauche; les cadres supérieurs sont devenus plus à gauche que les cadres moyens; les professions libérales restent à droite, malgré des infidélités chez les médecins (et la particularité des praticiens hospitaliers).
Les professions intermédiaires ont basculé à gauche nettement et c’est là la faiblesse majeure de la droite: Wauquiez l’a bien diagnostiqué, l’UMP a perdu ce coeur des classes moyennes: 58/42 chez TNS-Sofres, 57/43 chez IFOP, 61/39 chez IPSOS. C’est la bonne nouvelle pour Hollande mais elle est fragile car il sera difficile de les satisfaire.
Les employés sont à 54/46 chez TNS-Sofres, 52/48 chez IFOP et 57/43 chez IPSOS: ce n’est pas aussi massif que cela pourrait l’être pour la gauche, qui a donc du pain sur la planche, car le FN peut ici progresser, comme l’abstention, voire, un peu, la droite, en ricochet.
Le constat est similaire chez les ouvriers: 56/44 chez TNS-Sofres, 57/43 chez IFOP, 58/42 chez IPSOS: c’est évidemment net pour Hollande, mais cela ne devrait-il pas être « soviétique » comme score ? Là encore, attention au FN et à l’abstention en 2017…
Les retraités sont à 48/52 chez IFOP et 43/57 chez IPSOS, mais seulement à 51/49 chez TNS-Sofres qui les regroupe avec les autres inactifs (chômeurs, étudiants), ce qui fausse le résultat. Sinon, c’est une catégorie forte pour l’UMP, mais pas aussi écrasante que prévu, ce qui explique aussi l’échec de Sarkozy.

– Sur le secteur d’activité, la césure est nette mais sans surprise: 69/31 chez les salariés du public selon TNS-Sofres, 63/37 pour IFOP, 65/35 pour IPSOS. Avec la rigueur, les désillusions seront peut-être fortes pour la gauche…
Chez les salariés du privé, c’est plus équilibré: 46/54 pour TNS-Sofres, 52/48 pour IFOP, 53/47 pour IPSOS.
La droite se rattrape évidemment chez ceux qui travaillent à leur compte, les indépendants et employeurs: 31/69 selon TNS-Sofres, 40/60 selon IFOP et 39/61 selon IPSOS.

– Selon le diplôme, le constat est plus éclaté mais, grosso modo, la gauche est forte aux deux extrémités, chez les sans diplôme et chez les très diplômés (elle progresse au fur et à mesure du nombre d’années après le bac). Chez les détenteurs de BEP, CAP et du seul Bac, c’est équilibré ou Sarkozy l’emporte.

– Chez les abstentionnistes et ceux qui ont voté blanc ou nul au 1er tour, Sarkozy mène 67/33 selon TNS-Sofres. Chez les « sans parti », il mène 55/45 pour IFOP et IPSOS. Clairement, sa stature l’a servi, au dernier moment. Bien sûr, Hollande aura pu en acquérir une en 2017. Mais face à un Fillon, l’avantage sera annulé.
Parmi les électeurs se déclarant proches du MoDem, Sarkozy, malgré sa « dérive droitière », est à 57/43 pour TNS-Sofres, 52/48 pour IFOP et 61/39 pour IPSOS. Certes, on ne sait plsu trop ce qu’est cet électorat ni s’il existera en 2017, mais il est clair que le choix personnel de Bayrou n’est pas suivi majoritairement et que le centre-droit reviendra dans sa famille d’origine pour peu que Copé de poursuive pas la ligne Hortefeux-Buisson ou qu’un autre le supplante.
Parmi les électeurs se disant proches du FN, Sarkozy est à 82/18 selon TNS-Sofres et IPSOS et 80/20 selon IFOP . Il y a probablement eu de ladésaffection pour sArkozy sur l’électorat Le Pen « élargi », mais sur ceux qui acceptent de se dire « proches du FN » (un noyau plus réduit mais plus fidèle et plus « votant »), Sarkozy était dominant. Un Fillon pourrait-il y garder un tel avantage ?

Ma conclusion personnelle: allez Martine ! Allez Angela ! 😉

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16 réflexions sur “Sociologie électorale simplifiée de la présidentielle et composition du gouvernement Ayrault I: les difficultés et la faiblesse de Hollande seront apparentes plus rapidement qu’envisagé

  1. Je n’arrive toujours pas à m’expliquer les résultats pas si mauvais que ça de Sarkozy chez l’électorat populaire. Ces gens ont-ils sérieusement cru au discours du « candidat du peuple » après toutes les promesses non tenues et les reniements post-2007 ? Ou bien en fin de compte sont-ils tellement obsédés par l’immigration qu’ils en oublient tout le reste ?

    Quant aux « centristes », ils ont perdu toute crédibilité à se faire appeler tels avec cette élection.

    • Il y a une chose que les gens de gauche doivent comprendre. Il faut que vous arrêtez avec votre arrogance extrême, de penser que vos solutions sont indéniablement les meilleures pour les classes populaires. Visiblement, ce n’est pas le sentiment pour tous les électeurs issus de classes populaires, puisqu’un nombre considérable vote à droite. C’est tout de même marrant de noter l’arrogance de la gauche vis à vis des électeurs populaires qui ne votent pas pour eux. Vous les prenez pour des débiles qui ne votent pas pour leurs intérêts, mais au fond vous n’en savez rien, il y en a qui estiment que le sarkozysme leur a bénéficié. Qui êtes-vous pour le contester? C’est d’un paternalisme affligeant.

      • Bah, que veux-tu que je dise d’autre ? Je ne pense pas que la politique menée par Sarkozy ait un tant soit peu profité aux classes populaires. Tu est d’un avis différent, soit, mais cela ne justifie en rien tes élucubrations.

        • Je ne suis pas d’un avis différent. Je suis d’un avis que n’étant pas au courant de la vie, de la situation, et du parcours de chaque électeur, ce n’est pas à moi ni à personne de considérer qu’ils votent mal. Ce n’est pas à moi de leur dire quels sont leurs intérêts. Ce n’est pas à moi de considérer qu’il y a une seule voie qui avantagerait toute une classe sociale qui aurait par magie des besoins, difficultés et aspirations homogènes.

          Voilà, maintenant j’ai choppé l’Hollandicite aiguë avec mon anaphore..

          • Bien. Je suis de l’avis que toute politique économique a un impact sur la structure d’une société et que, dans le cas qui nous concerne, la politique menée par la droite est généralement favorable à un accroissement des inégalités tandis que celle de la gauche permet dans l’ensemble de limiter cet accroissement, voire, dans le meilleur des cas, de le réduire. Il s’agit d’un avis contestable, mais cependant parfaitement raisonnable et légitime.

  2. « Mais en même temps, s’il faut caser les communistes et le PG seulement sur des secrétariats d’Etat, cela va faire grincer quelques dents… »
    Je réaffirme qu’à moins d’une performance exceptionnelle du FdG aux législatives (qui leur donnerait une réelle influence au parlement), il ne devrait pas y avoir de membres du PC (*) ou du PG au gouvernement: non pas que ce ne serait pas un bon plan pour Hollande, mais simplement que ce serait tuer le FdG dans l’oeuf, et ses membres en sont assez conscients pour ne pas tomber dans le piège.

    (*) Des ex-membres du PC ne participant pas au FdG (comme Hue), peut-être, mais des gens comme Pierre Laurent, très improbable.

  3. Martine Aubry a fait le boulot : elle a reconstruit le PS et a mis un socialiste président de la République. Mauvaise pioche, ce n’est pas elle.
    A présent, elle retourne à sa hargne. On va voir si le président Teflon sera aussi insensible aux mesquineries du PS qu’il l’a été lors de la campagne.
    Au moins, Fabius est muselé au Quai d’Orsay !

  4. En dehors de l’actualité gouvernementale, vous avez encore une fois évoqué une éventuelle candidature de Fillon à la place de Sarkozy.
    Cette fois, je vous ai senti moins assuré d’une bonne conduite de la campagne de la part de Fillon, malgré votre inclination pour lui. Il est vrai qu’on a du mal à imaginer dans les yeux de chien battu de Fillon une dynamique telle que NS a su créer.

    Vous prévoyez une bataille sanglante entre Copé et Fillon pour la présidence de l’UMP. Je n’en crois rien. Copé vient de s’autoproclamer chef de guerre de l’UMP et c’est ce que veulent les électeurs de droite.
    Même topo pour les primaires en 2016 quels que soient les candidats en face de Copé.
    Ce qui veut dire que Copé est un futur président de la République, en 2017 ou 2022 ( sauf à ce qu’il noie dans la piscine de Takieddine).

    • Attention à ne pas croire que « les jeux sont faits » aussi longtemps avant l’échéance : en 2 mois tout peut arriver, alors imaginez 5 ans… Cela dit, j’ai toujours pensé que Copé prendrait la tête de la droite après la chute de Sarkozy. Ce ne serait certainement pas une surprise pour la plupart d’entre nous s’il était candidat en 2017.

  5. Bonjour,
    je me permets de réagir sur trois points que j’ai lus sur votre blog et sur lesquels je m’interroge;

    Le premier concerne le vote anti Sarkosy. Il existe, c’est indéniable mais c’est le propre de toute élection présidentielle ; on vote pour un candidat, contre un candidat ou les deux à la fois ; il me semble qu’il n’y a rien de bien nouveau la dessus et l’élection de Hollande n’apporte pas une grande révolution. Par ailleurs il me semble avoir lu sur un sondage (je ne sais plus quel institut mai publié plusieurs fois dans des canards comme Le Monde ou Libé) qu’il y avait pratiquement autant de vote anti Sakosy (49%) que de vote anti Hollande (48%). De fait, d’un coté comme de l’autre, les deux campagnes ont largement développé les thèses « anti ». Je serais même tenté de dire que du coté Sarkosy l’anti Hollande a été assez privilégié au dépend du programme qu’à ce jour, je ne connais toujours pas.

    Le deuxième concerne la force de nuisance supposée d’Aubry et les divisions elles mêmes aussi supposées dans le PS. Là encore rien de bien nouveau et c’est le propre de la vie politique que de susciter des divisions que l’on peut observer à loisirs depuis l’instauration de la III ème république à nos jours. La vie politique est féodale, que ce soit à droite comme à gauche et on l’observe dans tous les pays. Elle est faite d’intrigues, de luttes, d’alliances et de guerres ultimes. Aucun gouvernement n’y a échappé et ce sera bien sûr le cas sous Hollande : rien de plus normal.

    Par contre, les alliances féodales ont une caractéristiques, c’est qu’elles obéissent toujours à une règle : la majorité se range derrière le plus fort. La dessus Aubry a déjà perdu la première manche. L’avantage est à hollande pour plusieurs raisons qui ne vous ont pas échappées : il est président de la république ; il a nommé un gouvernement composé des principaux seigneurs de guerre du clan socialiste ; il a ensuite l’aval de Jospin (ce qui n’est pas négligeable). L’avantage médiatique est aussi de son coté.

    Il me semble que ce sera difficile, voire très risqué pour Aubry de composer des attaques et elle a déjà commencé à payer ses combines de pendant la présidentielle ; celles ci ont été révélées ; ce n’est donc pas pour rien et il y aura certainement une suite. Par ailleurs, les soutiens possibles d’Aubry ne sont que des individualités qui auront du mal à s’agréger : En politique, on pense d’abord à son avenir ; de fait, le chemin le plus court est encore celui du plus fort. Une fois qu’on s’y est rangé, je le sais d’expérience, il est difficile voire très dansgereux, voire encore fatal, de sécarter du chemin. Tous les politiques français connaisent cette règle élémentaire. C’est même ce qui mine souvent notre démocratie, puisque souvent la volonté du chef impose ses décisions dans les diverses assemblées.

    Si on ajoute à cela le fait qu’Aubry est une femme dans un environnement d’hommes, qu’elle souffre, par ailleurs d’un déficit de popularité dans l’électorat (pas à Lille, je vous l’accorde) ainsi que dans certains cercles du PS, non vraiment, je ne crois pas encore à sa capacité à nuire. Mais l’histoire n’est pas encore écrite…

    Le troisième point concerne la composition du gouvernement. Moi, sans être un « Hollandiste » (ou hollandais) convaincu (mais, par contre anti sarkozy de pure souche) il me rassure. Il me parait équilibré et composé de personnalité plutôt nouvelles et intéressantes ; je ne vois pas dans ce gouvernement de ministres de façade, nommés pour faire du bruit ; il me semble qu’il y a une volonté d’accomplir un travail . Y arriveront-ils ? je pense, par contre, comme vous que ce sera difficile.

    Quelques bémol sur cette composition cependant. Taubira à la justice, d’abord, car elle n’est pas juriste ; il y avait sûrement mieux à faire, d’autant que tous espéraient Vallini. Duflot, ensuite ; avait-on besoin d’elle ? Fabius pour finir, mais, bien sûr, il fallait l’isoler d’Aubry.

    • En effet, le vote anti-Hollande était important. Mais il est différent: moins ancien, par définition, il est en fait un vote « Sarkozy » par double défaut… 😛
      On n’aime pas Sarkozy mais on a encore plus peur de la gauche, alors on fait avec… C’est aussi ce qui a permis à Sarkozy de prendre une part plus importante que prévu par beaucoup dans l’électorat Bayrou et de remonter assez nettement.
      Quand arrive le second tour, tout se resserre.

      Sur Aubry, je n’ai pas dit qu’elle réussirait forcément, mais elle mettra le bazar. Et elle reste un recours (ce qui n’est la cas ni de Fabius, juppéisé, ni de Mosco, trop dilettante et isolé, ni de Valls, trop droitier, ni de Montebourg trop fantasque et coupé de l’appareil).
      C’est comme Sarkozy: il ne parviendra pas à revenir mais je pense qu’il essaiera et mettra son propre bazar 😉

      Pour revenir à Aubry, je pense de toute façon qu’elle reprendra Matignon en 2014 ou, plutôt, 2015, après telles ou telles élections locales et européennes ratées et face à une crise accrue. Il faudra remobiliser l’électorat de gauche en vue de 2017 et elle sera la mieux placée pour le faire. Mais à ses conditions… Nous expérimenterons peut-être alors une nouvelle configuration, un PM plus fort que le PR (un peu comme sous Villepin, sauf que là, Chirac avait lui-même décidé ou avait été physiquement contraint de lever le pied).

      A priori, l’américanisation de notre système fera que Hollande ne devrait pas avoir à affronter des primaires, mais allez savoir…

  6. Une petite réflexion sur les reports des abstentionnistes, sans parti ou Bayrouistes du premier tour :
    Il était prédit un partage équitable des reports sur les deux candidats.
    Or 67/33 pour Sarkozy chez les abstentionnistes,
    55/45 pour Sarkozy chez les sans parti,
    environ 57/43 pour Sarkozy venus du Modem malgré l’appel de Bayrou.

    On ne peut pas parler d’antisarkozysme !

    De plus, vous dites que le centre-droit reviendra dans sa famille d’origine pour peu que Copé ne poursuive pas la ligne Hortefeux-Buisson.
    Force est de constater que le centre-droit est déjà revenu à droite malgré la ligne Buisson.

    Malgré l’explosion annoncée de l’UMP, la droite reste encore forte en France, malgré la totalité des pouvoirs à la gauche.

    Par ailleurs, je sens que vous bouillez de nous présenter des sondages avec Fillon en tête devant Copé pour la tête de l’UMP.
    Eh bien, sachez que je continuerai à voir Copé à la tête de l’UMP en automne.

    • « la totalité des pouvoirs à la gauche ». Il n’y a qu’un seul pouvoir qui compte vraiment, c’est celui de faire les lois. Tout le reste, c’est à 90% du symbolique (Sénat compris puisqu’il ne peut empêcher l’adoption d’un texte). Donc la gauche n’a, jusqu’au 17 juin, pas tant de pouvoir que ça… 😉

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