Après des législatives devenues des élections subsidiaires, bipolarisation asymétrique, difficulté de stratégie pour la droite et difficulté d’incarnation pour la gauche

1. Le record d’abstention est évidemment le premier enseignement à tirer de ces élections. Il y a une tendance lourde à l’abstention, qui est socio-psychologique et qui tient à l’individualisme, au relativisme et au matérialisme grandissants, ainsi qu’à une décrue du civisme, en particulier chez les jeunes. Non, la pratique politique n’est pas seule responsable de cette tendance de fond !

Celle-ci est cependant accentuée par le trop-plein électoral clairement induit par l’accumulation des scrutins: primaire, présidentielle, législatives. Comme la primaire sera désormais quasi-institutionnalisée, soit dans l’un des deux grands partis, soit dans les deux, il convient effectivement de revoir le calendrier des législatives, qui pourraient être couplées avec la présidentielle (deux semaiens entre les deux tours, ce n’est pas gênant).

Les résultats montrent que, globalement, les événements d’entre-deux-tours ont peu d’influence sur les scores finaux. Certes, en 2007, il y avait eu une réelle différence d’un tour à l’autre pour la droite, mais Borloo n’avait pas eu la prudence des Hollande, Ayrault, Moscovici, Sapin, celle de se taire et de maintenir les véritables intentions du gouvernement dans le flou…

2. Globalement, en voix, 2012 se rapproche davantage de 2002 que de 2007. Toutefois, la droite avait été très forte au 1er tour en 2007, ce qui lui avait permis de prendre un peu d’avance. Cela explique que, en sièges, 2012 soit plus proche de 2007 que de 2002. 2012 est évidemment éloigné de 1997, comme je le pensais, car l’effet « présidentielle », le refus d’une cohabitation et le souhait de donner une majorité au Président, quel qu’il soit, sont désormais des données fondamentales du fonctionnement de la Ve République. Ce qui rend un peu « secondaires » les législatives, dans l’esprit des électeurs.

3. Dans ce paysage global, l’ancrage local compte fortement, soit pour se sauver d’un flux général défavorable (Mancel dans l’Oise, Bertrand dans l’Aisne ou Lagarde en Seine-Saint-Denis, par exemple) ou gagner en tranquillité (Wauquiez en Haute-Loire, avec un score très élevé, ou même Copé en Seine-et-Marne). A l’inverse, les parachutages trop « grossiers » ou perçus comme tels (Lang, Royal, Guéant) ne réussissent pas, même si la règle est loin d’être universelle (Hamon, Hammadi, Ferrand ne sont-ils pas des parachutés, sans parler de nombreux Verts et de Solère, lui-même ancien parachuté ?). Soyons donc prudents sur le soi-disant bon sens des électeurs…

De même, si l’usure a sûrement eu raison de Lang, d’Hervé de Charette ou de certains candidats communistes, le contexte à la fois local et national défavorable explique la défaite de MAM  ou la victoire étriquée de Laffineur.

4. Ainsi que je l’écrivais précédemment, la droite a des soucis géographiques et sociologiques à se faire. L’Ouest est décidément en recul constant: après les sénatoriales, les législatives sont dramatiques dans le Morbihan. La Sarthe, la Vendée, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Calvados, l’Orne, la Manche recèlent tous de très mauvaises surprises pour la droite. Le problème, c’est que ces électeurs se sont tellement éloignés des préoccupations du peuple de droite tel qu’il existe au Nord, au Nord-Est et au Sud-Est, que l’on peut se demander si les évolutions sont de nouveau conciliables…

L’outre-mer est évidemment une faiblesse pour la droite, car cela assure désormais un petit contingent minimal à la gauche dans l’Indien et l’Atlantique, tandis que les victoires de DVD dissidents et/ou autonomistes dans le Pacifique se font au détriment de la droite officielle, avec une fiabilité des votes, pendant la législature qui suit, assez aléatoire.

En outre, la droite est devenue très faible dans les grandes villes, même bourgeoises: plus aucune circonscription à Bordeaux et à Nancy, une seule à Lyon, des reculs à Orléans, Metz, Perpignan ou Marseille. Paris est évidemment emblématique, avec des réélections correctes de Lellouche et Fillon, mais sans plus.

Plus largement, l’Ile-de-France semble globalement résister car elle est favorablement découpée et très polarisée, mais la droite y est affaiblie: reculs dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne (avec la perte symbolique la circo de Vincennes), résistance seulement dans la 3e voire la 4e couronne et défense de justesse de plusieurs circos (Albarello en Seine-et-Marne et Chartier dans le Val-d’Oise, par exemple).

A ces constats urbains peuvent être associés les mauvais résultats chez les Français de l’étranger, où, comme à Neuilly, Boulogne-Billancourt et chez Guaino, les DVD ont été fortement présents, signe d’une volonté d’un électorat CSP+ de la droite de se voir proposer un profil plus Reinfeldt que CSU… plus Boris Johnson que Mariano Rajoy…

5. Cela pose globalement la question des rapports entre FN et UMP.

Là, les choses ne sont pas aussi claires que les médias commencent de vouloir nous le dire. Certes, la Droite populaire a été largement décimée, perdant la moitié de ses effectifs. Mais la situation des députés est territoriale et personnelle et n’a pas forcément à voir avec leur positionnement stratégique. Les contingents du Var, des Alpes-Maritimes, d’une partie de l’Alsace, de l’Ain, de l’Oise ou de la Loire compensent largement les échecs de Raoult, Barèges, Joissains, Lefebvre et autres Morano.

Des modérés sortent aussi affaiblis de ces élections (NKM, Bertrand, Chartier, Devedjian, Juppé et Fillon indirectement), d’autres ont perdu (Goulard, MAM, Montchamp), tandis que les copéistes se sont bien débrouillés (Copé, Riester, Courtial, Chatel, Tabarot). Comme on peut aussi souligner les victoires nettes d’autres modérés (Wauquiez, Pécresse, Baroin même si ce n’est pas pharaonique, Le Maire) et le sort contrasté des libéraux (Novelli battu, Briand élu) comme des centristes extérieurs (victoires de Lagarde, Jégo, Borloo, mais défaite de Charette) rendent en réalité le paysage assez confus.

Structurellement, les modérés souffrent de plusieurs faiblesses:

– leur division interne (que va faire Juppé ? que va faire Raffarin ? Wauquiez, Baroin, Pécresse, voire Le Maire semblent vouloir faire monter les enchères, ce qui ne peut que ralentir et encombrer Fillon, même s’il a un poste de vice-président et un poste de SG à offrir); ainsi, les ralliements à Fillon en sont pas assurés: il est perçu comme trop « personnel » et son passage à Matignon a refroidi ses relations avec nombre de soutiens potentiels (Juppé, Pécresse, Le Maire, Baroin, Borloo en externe, même Woerth, qui semble plutôt du côté de Copé a priori); en outre, chez les modérés, les « chefs » sont nombreux et les troupes moins puissantes, ce qui est le contraire chez les populo-sarkozo-copéistes, même après l’amaigrissement de la Droite populaire;

– les résultats député par député ne semblent pas dramatiques, mais la géographie électorale, elle, l’est davantage et ne permettra pas aussi facilement que cela de revenir à une ligne de « front républicain » ou, en tout cas, de fermeture plus nette à l’égard du FN: en effet, l’UMP a mieux résisté là où le FN est fort et peut la soutenir: c’est spectaculaire dans la Drôme et l’Oise, mais c’est aussi vrai dans le Territoire-de-Belfort, la Loire, l’Ain, l’Eure-et-Loir, quelque peu en Isère, dans la Marne et dans la Somme, et même dans la Seine-et-Marne, la Haute-Loire ou le Jura; bien sûr, là où le FN est vraiment plus « populaire », l’équation reste difficile (Aisne, Pas-de-Calais, Nord, Gard, Hérault, Meurthe-et-Moselle, des parties de l’Isère et de la Somme, voire une partie de la Moselle). Les reports du FN, c’est ce qui fait la différence, en 2012, entre une défaite (« à la 2007 ») et une déroute (« à la 2002 », voire « à la 1993 »). Même les modérés ne peuvent (malheureusement) l’ignorer: même dans l’Aube et la Haute-Marne, bastions du conservatisme et du gaullisme réunis, les triangulaires auraient pu être dangereuses… Baroin le sait bien…

– enfin, n’écartons pas la capacité de Copé à jouer au caméléon le plus basique. Il tente déjà d’arrondir son image, fait preuve d' »ouverture » sur les « mouvements » ou sur la ligne à suivre, envoie Dati prôner une droite moderne et ouverte et presque recentrée… Même si cela n’abuse personne et n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’UMP, car mieux vaut un duel clair et net, avec une victoire d’un camp et d’une ligne, pour en tirer les conséquences ensuite et pour, même, jouer ensuite sur la complémentarité d’un Copé battu avec un Fillon vainqueur, ou inversement… Bon, évidemment, cela n’a historiquement jamais marché à droite…

6. Plus fondamentalement, ce « grand écart » de la droite entre l’Ouest et l’Est, entre villes et zones rurbaines et rurales, entre durs-populaires et modérés-bourgeois, devrait conduire, au-delà même des questions de conflits entre chefs, à une réflexion sur le meilleur moyen de (er)créer une « grande maison commune », comme les Tories ou le GOP parvinrent à le faire dans le passé.

Il n’est cependant pas dit que cela soit possible: quel parti moderne parvient encore à le faire dans un régime démocratique normal ? (je ne parle pas du Japon, du Mexique, de Berlusconi, voire de la Hongrie…) Le GOP est en crise; les Tories sont en difficulté, tiraillés en interne et concurrencés en externe; le PP espagnol n’a gagné que par défaut.  Les « mouvements » au sein de l’UMP y suffiront-ils ? Leurs conditions statutaires actuelles de création sont draconiennes (c’était le souhait d’éviter la balkanisation à la socialiste…) et il n’est pas sûr que ce soit tellement compatible avec la culture du chef qui continue de dominer à l’UMP, qui est largement un RPR étendu.

Le modèle serait alors davantage celui d’une diversité de structures, comme dans beaucoup de pays d’Europe: Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, voire Pologne et à l’avenir Italie. La difficulté réside alors dans la délimitation des nouvelles frontières: on nous rebat les oreilles des centristes et du pôle centriste, mais Borloo est un échec ambulant et personne n’est en mesure de le remplacer, même si je répète tout le temps que Jean-Christophe Lagarde est prometteur. Ce n’est pas là le problème. Au contraire, il vaudrait mieux que NC et PR rejoignent les Juppé, Fillon, Pécresse, Raffarin, Baroin, Wauquiez, dans une sorte de parti de centre-droit ou central de droite (ou les deux !), tandis que les libéraux, Copé, les sarkozystes, la Droite populaire, constitueraient un parti de droite dure, à même de concurrencer le FN, de l’absorber en partie, de s’allier avec lui au besoin localement pour le « normaliser ». Il faudrait en effet que le parti de centre-droit, comme celui de droite dure, restent, chacun ou alternativement, plus fort que le FN ou, à tout le moins, que le parti modéré et le parti dur s’engagent à n’avoir qu’un candidat à la présidentielle, afin d’éviter une qualification du FN au second tour de la présidentielle. Cela n’empêcherait d’ailleurs pas un petit parti centriste croupion, comme un MoDem de centre-droit ou un petit réduit à la Arthuis.

Tout cela est fort théorique mais il n’y a pas quantité de modèles possibles. Adopter une attitude trop modérée, à la Reinfeldt, ne fera pas regagner suffisamment de terrain sur le PS social-démocratisé, sauf dans les très bonnes années, et renforcera encore le FN. Adopter une attitude trop dure et trop proche du FN (en dehors des problèmes philosophiques) éloignera définitivement les électeurs centristes ou flottants et condamnera l’UMP à subir le sort qui semble désormais coller au GOP « tea-partisé ».

L’UMP va-t-elle réussir à régler ce problème d’écartèlement permanent ? Va-t-elle se déchirer sous l’effet de cet écartèlement ? Ce ne serait pas en soi dramatique si c’est bien pensé et bien mené… 😛 Tout est dit…

7. Ces problèmes stratégiques de la droite, déclinés en problèmes de positionnement, d’organisation partisane et de leadership, sont plus importants que ceux que rencontrent la gauche. Celle-ci est dominante partout, Hollande a remporté la présidentielle et a pris soin de ne prendre aucun engagement pendant la campagne législative (si tant est qu’il en ait pris pendant la présidentielle…), son gouvernement se retrouve donc avec les mains à peu près libres.

Toutefois, les questions sur l’autorité de Hollande ne manqueront pas de resurgir, même si l’élimination de Royal, l’effacement d’Aubry et la faiblesse des rébellions sporadiques à attendre des caciques recalés (Cambadélis, Bartolone, Assouline, Dray,…) semblent dégager l’horizon. Hollande n’a laissé dehors que les strauss-kahniens trop compromis car trop proches de l’ancien chef (Camba, Le Guen, Dray), les trop vieux jospinistes et les aubrystes les plus fidèles. Mais on sait bien que c’est lors des périodes de domination trop forte que les divisions sont les plus vives (1993-95 ou 2002-2007 pour la droite). Les comportements d’un Peillon ou d’un Valls montrent bien que les germes sont là.

Cela reste cependant, à court terme, gérable et Trierweiler saura sûrement se calmer pour quelques temps. En revanche, l’échec de Mélenchon et le recul surprise du PCF, dans un énième soubresaut, doublés de la disparition politique de Laguiller et Besancenot, vont poser un problème d’incarnation de la protestation à gauche. Avec en plus des syndicats qui ont envie de retourner à leur ron-ron traditionnel après 5 ans de sarkozysme, le risque est que la protestation soit désordonnée et donc incontrôlable ou qu’elle se porte encore davantage sur une Marine Le Pen toujours positionnée dans son « ni droite ni gauche » (la rejetonne de Samuel Maréchal ne risque pas de remettre en cause cette ligne, tout en veillant paradoxalement à plus de respect du vieil extrêmisme du grand-père, la fille étant peut-être plus encline à trahir le père, dès sa mort physique).

Bien entendu, il serait cyniquement possible de considérer, pour la gauche, qu’un FN encore plus haut ne fera qu’handicaper la droite et rejeter encore davantage le centre, voire le centre-droit, vers le social-démocrate Hollande, qui serait probablement ravi de se faire réélire contre… Marine Le Pen au second tour de 2017. Mais c’est jouer avec le feu.

8. En attendant la solution à ces problèmes, les groupes à l’Assemblée sont l’occasion de jeux politiques passionnants.

D’abord, voici les résultats selon mes propres décomptes, effectués député par député:
FG 10
Rég./ind. 10 (2 MIM, 1 ex-PCR, 1 UDB)
EE-LV 17
PS 278
DVG 22 (3 MRC, 1 MUP -le parti de Hue-, 12 PS diss., 5 DVG d’outre-mer modérés, 1 DVG d’outre-mer proche de l’EXG)
PRG 12
MoDem 2
NC 16
PR 11
DVD 20 (7 DVD modérés, 2 PCD, 1 CNI, 2 DLR, 2 MPF, 7 autonomistes du Pacifique)
UMP 182
EXD 1
FN 2

Cela signifie d’ailleurs que mon erreur globale cumulée (écarts sur les résultats de chaque sous-ensemble) est finalement de 26, soit 95,5% de réussite.
Mes erreurs locales sont finalement de 46, soit 92,2% de réussite.
Avec des bonheurs variables: 100% en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne; 97% en Nord-Pas-de-Calais, 96,3% en Bretagne (Fougères !), 95,2% en Lorraine (Lang ! :D), 94,9% en Ile-de-France (satanée Seine-et-Marne !), 94,1% en Picardie, 93,3% en Alsace et en Haute-Normandie, 92,9% en PACA, 92,3% en Midi-Pyrénées, 91,7% en Franche-Comté et en Auvergne, 91,3% dans le Centre et le Languedoc-Roussillon, 90,9% à l’étranger, 90,4% en Rhône-Alpes (Bérézina dans la Drôme), 88,9% en outre-mer, 83,3% dans les Pays de la Loire (un vrai échec en Vendée et dans la Sarthe), 76,9% en Basse-Normandie (échec généralisé), 73,3% en Bourgogne (surtout en Saône-et-Loire), 50% en Corse. Tirez-en les conséquences que vous voulez 😉

Au total, c’est correct, mais sans plus à ce niveau, très franchement. Mais bon, l’essentiel, c’est le chemin, c’est le divertissement ;).

Voici, de nouveau, la carte définitive, mais corrigée des erreurs de la nuit de dimanche à lundi (Morbihan et Seine-et-Marne, avec des fausses joies dans les deux sens).

Les groupes, donc.
– Le PS peut ajouter à ses 278 députés un groupe de 10, voire 11 (avec Sylvie Andrieux), dissidents. Le PS peut les remercier d’avoir battu les Verts… Seul Falorni est apparemment pestiféré (pour combien de temps ?). Ainsi, même sans les 5 DVG d’outre-mer qui, logiquement, devraient s’apparenter à son groupe, le PS a la majorité absolue seul.
Si Le Roux devrait battre Martin sans problème pour le groupe, l’exécutif arrivera bien à imposer Lebranchu à l’Assemblée (plus facile de recaser Guigou au gouvernement; Bartolone et Glavany grossiront les rangs des frustrés, avec Cambadélis déjà tellement peu sûr de son étoile qu’il tente de s’accrocher à Désir; mais c’est sans grande importance car tous ces apparatchiki n’auront de capacité de nuisance que temporaire et n’ont plus vraiment de leader…).
Quant au PS, ce sera sûrement entre Désir et Rebsamen (au pire, ce dernier est déjà correctement « casé » au Sénat et les remaniements arriveront sûrement plus vite que prévu…). C’est indécent de voir tous les « grands » du PS dire que Royal doit faire autre chose, qu’elle peut rebondir, etc. alors que tous sont ravis de son échec et ne lui souhaitent qu’une chose: d’échouer encore une fois à prendre la tête du PS…
A moins qu’Aubry, prétextant de la crise, de je ne sais quel argument, ne se dise que, finalement, elle doit ravaler son exaspération et sa lassitude et doit conserver une base de pouvoir si un jour… A ce moment-là, il est évident que ni Désir, ni Rebsamen, ni un Delanoë dépouillé de ses troupes ne pourront lui contester la possibilité de rester.

– Le PRG peut également guigner des DVG ou rallier les MRC pour constituer son groupe.

– Même en perdant Duflot, les Verts peuvent compter sur l’UDB élu dans le Morbihan (et que j’ai rangé dans les « régionalistes » dans mes décomptes). L’équilibre des votes Mamère (gauche du parti)-de Rugy (« réalistes »)-Baupin (ex-hulotiste) sera intéressant.

– Le FG va devoir vraiment « travailler » pour avoir ses 15 députés (car n’imaginons pas que le seuil passe à 10: le Conseil constitutionnel avait jugé que 10, c’était le minimum pour le Sénat; or, avec 577 députés, la même proportion nous mène à 15,3…). Je n’arrive pas à penser que les 3 MRC le rejoignent, ni même le MUP. En revanche, les 2 MIM, l’ex-PCR, le DVG martiniquais plus proche de l’EXG et… Falorni (;)) un autre DVG d’outre-mer peuvent suffire.

– La recomposition du NC et du PR va être magnifique à suivre. Les lagardistes se rapprochent des radicaux-Borloo pendant que les morinistes prennent langue avec les MoDem. Mais que feront les radicaux-Léonetti et les centristes de l’UMP ? Je doute qu’ils rejoignent le mouvement. L’explosion de l’UMP n’est pas pour tout de suite. Si les lagardo-borloïstes doivent pouvoir constituer un groupe sans difficulté, les morinistes pourraient y parvenir avec quelques DVD modérés ou des autonomistes du Pacifique.

MISE A JOUR (mon article a été rdigé hier soir…): Borloo a réussi à réunir 17 députés dans l’UDI, union des démocrates et des indépendants, avec des radicaux hors UMP, les lagardistes du NC (Sauvadet sera vice-président), des DVD (Fromatin) et même des radicaux de l’UMP (Plagnol, Pancher). Des radicaux de l’UMP resteront au groupe UMP (Léonetti). On cherche désormais des radicaux hors UMP qui s’apparenteront au groupe UMP et des radicaux qui s’apparenteront à l’éventuel autre groupe centriste ou seront non inscrits 😛
Même les morinistes de NC devraient suivre.
Finalement, ce sera peu ou prou  le groupe de l’ARES, sauf que l’ARES ne semble déjà plus véritablement exister. Le centre, ce n’est pas « combien de divisions ? » mais « combien de coquilles vides ? »: UDF qui existe toujours, MoDem (avec des nuances), AC, NC (avec des nuances), PR (avec des nuances), URCID, ARES, CD de Charette, GM de Bockel,… je n’inclus pas les Humanistes de l’UMP et ce qui reste peut-être de Besson… Je suis un peu méchant car, à chaque fois, cela représente quand même un positionnement et une stratégie différentes. Surtout, évidemment, c’est un ravissement de passionné de la politique… on se croirait revenu sur les bancs des députés pednant la IIIe République 😀
A ce propos, je recommande le blog de Laurent de Boissieu, http://www.ipolitique.fr/, spécialisé dans les centres.

Sur le fond, il faut leur souhaiter bon courage, car Borloo n’aura en réalité aucune ambition pour le centre-droit: il a sa « petite entreprise » et cela lui suffit… Vivement Lagarde !

– Les 2 PCD et le CNI devraient s’apparenter à l’UMP. Les MPF et les DLR devraient se retrouver chez les non-inscrits avec Bompard, Collard et Panzermiss, éventuellement Falorni et quelques « ultra-marins ».

On le voit, s’il reste des petits bacs à sable au centre (en attendant la Grande Rupture de l’UMP ?), la bipolarisation dont nous parlent tous les analystes depuis 15 jours est réelle.

Mais c’est une  bipolarisation asymétrique et instable:
– asymétrique car la droite n’est pas hégémonique à droite, en raison de la présence de ce FN, hybride d’extrême-droite et de gauche et grignotant sur la droite, et avec lequel elle peut agréger ses forces;
– instable car la concurrence à gauche renaîtra et que l’UMP ne survivra peut-être pas.

Ce blog n’est donc pas mort, mais il se concentrera désormais essentiellement sur l’affrontement Fillon-Copé, en espérant que les sondages seront nombreux ! 😉

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Pronostics nationalement satisfaisants, localement insuffisants

1. Si je ne me suis pas trompé dans mon décompte définitif, voici le comparatif entre mes pronostics d’entre-deux-tours et les résultats finaux:

FG 10 / 10 (ce n’était pas très difficile de ne pas se tromper et les fourchettes donénes par les instituts étaient ridicules)

régionalistes+indépendantistes 3 / 4 (sachant que l’ex-PCR Bello y est incluse et que cela inclut l’UDB élu sous étiquette EE-LV et que je reclasse donc: ce n’est ainsi pas une erreur de ma part)

EE-LV 21 / 17 (après avoir été trop pessimiste avant le 1er tour, j’ai trop « compensé » au second)

PS 286 / 279 (étant donné le chiffre global, c’est honorable)

DVG 25 / 21 (la motié des erreurs étant due à la Corse et à l’outre-mer, je considère ne pas trop mal m’en sortir :P)

PRG 12 / 12 (comme pour le FG, ce n’est pas un exploit, en réalité)

soit un total gauches 357 / 343

MoDem 2 / 2 (idem)

NC 15 / 16 (en réalité, cela amsque 2 erreurs et 1 reclassement, Folliot, qui ne s’apparentera peut-être aps au NC, mais est clairement au centre)

PR-DVD 26 / 31 (je n’avais pas distingué les deux: le PR obtient 11 sièges, les DVD, surtout MPF, PCD, CNI ou anciens de ces partis, 20; clairement, je me suis bien trompé sur cette catégorie de députés)

UMP 176 / 182 (le symétrique du PS)

FN 0 / 2 (là, de nouveau, erreur de ma part, même si je sentais bien, sur ces 2 cas-là, que j’allais me tromper… :P)

EXD 1 / 1 (normal)

soit un total droites 220 / 234

En chiffres globaux, mon score est de 96% de réussite.

En revanche, pour ce qui est des chiffres locaux, en décomptant toutes les erreurs (réelles) par circo (sachant que j’ai rectifié 3 mauvais étiquetages dans mes pronostics -Morbihan, Vendée, Tarn)), on aboutit à un taux de réussite de 92%, avec 46 erreurs réelles (dont 6 en Corse, outre-mer et étranger). IPSOS voyait 50 circos indécises…

Sur mes pronostics d’avant le 1er tour, on compte 75 erreurs locales, soit une réussite de 87%, qui est finalement assez honorable. En chiffres globaux, le taux de réussite est de 91%. En résumant les pronostics d’avant 1er tour, d’entre-deux tours et les résultats finaux, on obtient:
FG 20 / 10 / 10
rég.+ind. 3 / 3 / 4
EE-LV 11/ 21 /17
PS 271 / 286 / 279
PRG+DVG 40 / 37 / 33
MoDem 1 / 2 / 2
NC+PR+DVD 39 / 41 / 47
UMP 191 / 176 / 182
FN 0 / 0 / 2
EXD 1 / 1 / 1

2. Mon pronostic était évidemment bien plus fiable que les fourchettes des instituts, qui étaient d’au moins 30 sièges sur chacun des deux grands ensembles… Mais je reste insatisfait au niveau local, avec deux sources d’erreurs:
– les classiques duels droite-gauche très serrés: Sarthe, Yonne, Seine-et-Marne, Saône-et-Loire, Loiret, Indre-et-Loire… rien là d’étonnant, mais cela aurait pu être mieux, notamment dans le Loiret et la Sarthe (où mes tripes parlaient différemment…);
– les zones de FN fort et plutôt populaire, où la droite résiste mieux que prévu: Oise, Territoire-de-Belfort, Vaucluse, mais surtout Isère et Drôme, ce dernier département donnant 3 erreurs à lui seul, sur 4 circos ! Je reconnais là une difficulté intrinsèque à prévoir et, probablement, une vraie incompréhension de ces départements. D’ailleurs, le grand Sud-Est (Rhône-Alpes, PACA, Corse, Languedoc-Roussillon) explique 12 de mes 46 erreurs.

Je n’ai commis aucune erreur dans 4 régions (Limousin, Aquitaine, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, ce qui combine la facilité globale de ces circos et ma « familiarité » avec le Sud-Ouest) et une seule erreur dans 6 régions (Auvergne, Picardie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, ce que j’attribue davantage à un découpage polarisé et à une plus grande facilité de prédiction qu’à une réelle maîtrise du Nord et de l’Est de ma part :P)).

Mes 5 erreurs en Pays-de-la-Loire, 2 erreurs en Bretagne et 3 erreurs en Basse-Normandie témoignent d’un refus freudien de ma part de la totale irrécupérabilité de ce fichu Nord-Ouest pour la droite :P, même si mes erreurs bretonnes sont en réalité de sens inverse des autres.
Mon pessimisme pour la droite peut aussi se voir dans mes pronostics d’entre-deux-tours, même si les calculs m’ont aidé à « rationaliser ».

Même si mes pronostics d’avant-1er tour comprotaient beaucoup d’erreurs locales, je suis assez content d’avoir vu, dès l’origine, que le scénario gagnant serait un 2007 à l’envers et non un simple 1997, comme beaucoup d’analystes et de sondeurs le disaient…

Voici la carte définitive:

Remarquons ici que le groupe EE-LV sera immédiatement amputé de Cécile Duflot mais qu’il réussira quand même à se constituer. Le FG pourrait y parvenir avec le MIM, l’ex-PCR et deux DVG quelconques (mais qui voudra de Falorni ? ;)). Avec quelques DVG, le PRG constituera sans problème son groupe.
Dans l’autre camp, le NC y arrive sur le papier, mais la guerre nucléaire Morin/Lagarde devrait acvoir raison du NC. En revanche, la recomposition avec le PR, Borloo et plusieurs dVD devrait permettre de constituer au moins un groupe centriste. Les DVD « durs », avec quelques députés de l’UMP pourraient en théorie constituer un groupe, mais c’est très peu probable.

Même si mes écrits dans l’article précédent donnent déjà beaucoup de clés de lecture (en particulier dans les rapports FN-UMP), je posterai bientôt une analyse des enseignements électoraux de ces législatives.

MISE A JOUR: je découvre ce matin que Goulard a bien été battu dans le Morbihan… voilà une mauvaise nouvelle qui améliore mon taux de réussite 😛
La 1e de Seine-et-Marne n’a pas non plus basculé.

Bon, il faudra que je vérifie de nouveau l’ensemble car la carte interactive de l’AFP comportait des erreurs (une évidente avec une victoire longtemps annoncée de l’UMP Patriarche avec 57% dans les Pyrénées-Atlantiques 😀 On veut bien des surprises, mais là, c’était le 1er avril !).

Résultats du second tour des législatives: pronostics satisfaisants depuis avant le 1er tour, victoire nette des socialistes et de la gauche, difficultés en vue pour l’UMP sur la stratégie à l’égard du FN

A 12h , la participation est de 21,42%, contre 21,06% au 1er tour.

Dans les élections précédentes, l’évolution de la participation d’un tour à l’autre à 12h n’indiquait pas l’évolution finale à 20h. Depuis 1997, la participation à 12h a toujours légèrement progressé (de moins en moins: +1,34% en 1997, +1,09% en 2002 et +0,34% en 2007), mais, à 20h, il y avait +3,59% en 1997, -3,66% en 2002 et -0,55% en 2007.

En revanche, la participation à 17h a progressé de manière identique à la progression finale en 1997 et 2002. Mais, en 2007, la particpation à 17h avait progressé de 0,3%, pour finalement diminuer à 20h.

Pour le moment, il est donc difficile de dire si la stabilité vaut aussi pour les différents partis. D’ailleurs, la stabilité de 2007 en participation avait caché une baisse de participation à droite et une hausse à gauche… à moins qu’il se soit agi d’une même participation mais de transferts directs de droite à gauche… comme d’habitude, on ne peut rien dire, finalement 😀

Aujourd’hui, quels seront les effets des événements de l’entre-deux-tours ?
– majorité assurée à gauche démobilisant à gauche et remobilisant à droite ? ou démobilisant à droite et encourageant à gauche ?
– dérapages moranesques et battage médiatique associé remobilisant à gauche ? ou mobilisant à l’extrême-droite en faveur de la droite (les effets de la bêtise et de la vulgarité ne sont pas toujours ceux que l’on croit…) ?
– interventionnisme trierweilesque démobilisant à gauche et remobilisant à droite ? ou battage médiatique associé incitant à l’abstention ?
– sévérité merkelienne et agitation ayro-hollandienne remobilisant à gauche par « petit patriotisme » ou démobilisant à gauche par démonstration de la prochaine impuissance française ? ou démobilisant à l’extrême-droite par souverainisme boudeur ?
– défaite de droite cachée au 1er tour entraînant une remobilsiation à gauche ? et absence de conscience d’un risque d’une majorité de 3/5 au Congrès ne remobilisant pas à droite ?

Voilà, c’est ce que l’on appelle les spéculations d’avant-résultats: on parle et on écrit en vain… Attendons la participation à 17h…

En attendant, n’oublions pas les grands équilibres de 2nd tour:
– en 1997, FN à 5,6%, droite à 46% et gauche à 48,2%
– en 2002, FN à 1,9%, droite à 52,7%, gauche à 45,2%
– en 2007, FN à 0,1%, droite à 50%, gauche à 49,1%
Aujourd’hui, la gauche fera nettement mieux que la droite en 2007 (car, en 2007, la droite avait été excellente au 1er tour et très mauvaise au 2nd), mais ne gagnera pas plus de sièges pour autant en raison de cet écart fort entre 1er et 2nd tours. En revanche, si la gauche réédite le bon score de la droite en 2002, cela risque d’être fort mauvais pour cette dernière. A priori, nous devrions nous situer entre les deux, mais les estimations de 20h (si elles viennent en voix et pas seulement en fourchettes de sièges inutilisables) nous donneront déjà un avant-goût du résultat final.

MISE A JOUR A 18h20:
La participation à 17h est de 46,16%, soit -2,15%. Un scénario à la 2002 en faveur de la gauche ? Avec de très mauvais reports du FN vers l’UMP ? Ou une démobilisation à gauche devant la victoire annoncée, en raison de déceptions précoces post-tweet et, peut-être, au FG devant l’extrême prudence du gouvernement sur les questions économiques et financières ? Mon pessimisme me porterait à envisager la première solution…

Les instituts semblent placer l’abstention à 44 (CSA, IPSOS) ou 44,5% (TNS-Sofres), soit une participation de 56-56,5% (57,22% au 1er tour). Ce serait, comme prévu, un intermédiaire entre les scénarios de 2002 (60,76, soit -3,66) et 2007 (59,99, soit -0,55), mais évidemment inversé entre gauche et droite. J’espère que l’on ne dépassera pas trop le sécnario de 2007 😛

MISE A JOUR A 20h15:
Manifestement, il y a une légère amplification du score de la gauche et mes pronostics devraient être légèrement au-dessous de la réalité (Bertrand réélu de justesse, la circo de Bayeux bascule, toute la Sarthe va être à gauche,…).

MISE A JOUR A 22h00:
Je regrette de ne pas avoir laissé parlé mon intuition dans quelques cas (Orne 1e, Jack Lang ou Cineri dans la Loire :P). Globalement, mes pronostics sont bons et les écarts entre mes pronostics d’avant 1er tour et ceux d’après 1er tour expliquent beaucoup de choses…

Sur le fond, il faudra étudier les choses dans le détail mais, au-delà des défaites de « durs » à droite (Morano, Guéant, Joissains,…), la droite résiste mieux dans les départements de « droite populaire » ou de progrès récents de la droite grâce à l’extrême-droite: Drôme, Isère, Ain, Loire, Territoire-de-Belfort (j’irais même jusqu’à y ajouter le Jura). En outre, Copé fait un très bon score personnel, tandis que Bertrand passe de justesse, que Charette est battu et qu’un fidèle de Fillon (Chriqui) est battu dans l’Isère et Le Foll remporte largement l’ancienne circo de Fillon.
Certes, Wauquiez fait un score impressionnant, Jégo, Devedjian et NKM sont réélus, mais la partie va être difficile pour Fillon, d’autant que Juppé semble déjà se positionner. En outre, le fait que des FN soient élus sur leur étiquette, même si c’est en triangulaire, avec un apport manifeste de certains UMP ne peut que relancer le débat dans le mauvais sens pour l’UMP.

Quant au PS, il aurait pu écraser les Verts, dont beaucoup sont élus de justesse. Bizarrement, on nous promet que Royal pourrait se présenter à la tête du PS. Humiliée comme elle l’a été, elle est bien entendu finie, mais elle sera probablement remuante…

MISE A JOUR A 22h30:
Une bonne nouvelle pour Fillon: Chartier est réélu d’extrême justesse. Une mauvaise: il n’obitent que 56,46%… Je m’attendais même à pire pour être honnête. Mais, ce soir, seul le 16e est vraiment « sûr » pour la droite…. Argh.

La victoire du couple Hollande-Ayrault est entte, avec des ministres élus sans difficulté, y compris Carlotti, qui va se positionner pour succéder à Gaudin. Franz-im-Glück Hollande a d’ailleurs la chance de voir la droite l’emporter en Grèce, avec l’appoint du PASOK: certes, cela peut être un point d’appui pour Merkel, mais, quand même, la surenchère du SYIRZA aurait été trop importante et l’Allemagne aurait durci sa position. Là, Monti comme Rajoy peuvent être plus « modérés » à l’égard de l’Allemagne.

La seule Verte qui aurait mérité d’être élue (Buchmann) a été battue dans le Bas-Rhin 😛

La droite confirme ses grandes difficultés en Ile-de-France: Aeschlimann est nettement battu, ainsi que Raoult; Lellouche, Myard et Guillet n’ont pas des réélections de maréchal.
Certes, on pourrait dire que ce sont les « durs » qui piétinent car Devedjian est réélu et Brunel est battue. Mais ce sont surtout les zones les plus urbaines qui se refusent à la droite classique, car la Seine-et-Marne la plus lointaine est nettement acquise à la droite et Rambouillet repasse à droite (le seul basculement dans ce sens, ce soir, puisque la Saône-et-Loire n’élit pas Danjean ?). Ah, les deux élus PCD sont élus (Poisson et Cinieri): un petit rayon de soleil dans une bien triste soirée… 😛

MISE A JOUR A 23h15:
Les difficultés de la droite en Ile-de-France, bis: Bénisti réélu de grande justesse, la Verte élue à Vincennes (hallucinant si on l’avait dit il y a ne serait-ce que 10 ans).

Une exception et, quelle exception: J.C.Lagarde réélu en Seine-Saint-Denis avec… 56,73% ! Mieux que Morin ! Celui-ci va devoir bien se tenir, je crois… Une belle bataile en perspective au NC !

Derniers sondages OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres, Harris (projections), BVA et IFOP (circo): confirmation des pronostics et préparation des batailles à venir

 1. Pour mémoire, le premier institut (IFOP) à avoir actualsié ses projections en sièges depuis le soir du 1er tour a produit avant-hier les chiffres suivants:

FG 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 297-332
EE-LV 13-20
MoDem 1-2
UMP+NC+PR+DVD 210-247
FN 0-3
autres 2-5

Aujourd’hui, OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres et Harris Interactive fournissent les chiffres suivants:

FG 8-12 / 12-13 / 8-11 / 10-12 / 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 295-330 / 300-331 / 287-330 / 300-330 / 287-325
(IPSOS donne un détail: PS+DVG 284-313, PRG 11-13, MRC 3-5)
EE-LV 12-18 / 14-20 / 13-17 / 14-18 / 11-17
MoDem 0-2 / 1-3 / 1-2 / 0-2 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 215-252 / 210-250 / 225-255 / 201-240 / 202-263
(IPSOS donne un détail: UMP+DVD 192-226, NC 14-18, PR 4-6)
FN+EXD 0-4 / 0-3 / 1-4 / 0-3 / 0-3
autres 0-3 / 0-2 / – / – / 0-4
(CSA et TNS-Sofres ne donnent rien, OpinionWay les classe en régionalistes, IPSOS en autres)

Toutes ces fourchettes se recoupent. Elles ne nous apportent rien de bien intéressant (comme tous les 5 ans…), car elles sont trop larges. Elles arrivent en outre bien tardivement. Il est surprenant, avec tous les moyens humains, informatiques et matériels dont disposent ces instituts, que de telles projections, aujourd’hui beaucoup plus en adéquation avec les résultats réels du 1er tour, n’aient pas pu être produites dès dimanche soir. Certes, à 20h piles, il faut absolument afficher un demi-camembert, mais c’est globalement assez médiocre… Je défends habituellement les sondeurs, mais ma nuit raccourcie de dimanche à lundi m’a permis d’arriver à un pronostic dont les sondeurs se rapprochent seulement en 2e moitié de semaine…

Simplement, la majorité absolue pour le PS est confirmée (éventuellement avec quelques futurs ex-dissidents et des « compagnons de route » habituels), le groupe Vert se précise, les difficultés du FG également, la marginalité du MoDem et du FN aussi.

Nous restons désormais dans l’incertitude principale, c’est-à-dire le détail de l’abstention et de la participation:
– démobilisation à gauche en général en raison d’une victoire déjà acquise ?
– démobilisation marginale en raison des premiers « cafouillages » présidentiels et gouvernementaux ?
– remobilisation par peur d’un effet « tweet » favorable à la droite ?
– démobilisation au FG en raison de premiers signaux de politique économique et financière assez austère ? (bon, la poudre aux yeux de la « croissance européenne » doit normalement réduire ce risque)
– démobilisation à droite en général en raison d’une défaite déjà intégrée ?
– remobilisation par peur d’une trop forte majorité ?
– démobilisation au FN en raison d’une attitude jugée frustrante de l’UMP, même localement ? (alors que certains s’attendaient à beaucoup plus de dérapages locaux que la seule circo d’Arles)

En fin de compte, tous ces effets devraient s’annuler peu ou prou. En tous les cas, comme il est difficile de les estimer (comme toujours), il n’est pas possible de les prendre en comtpe dans les pronostics.

Je maintiens bien entendu ceux que j’ai effectués, y compris alors qu’un sondage local ne va pas dans mon sens.

2. Autant la campagne du 1er tour fut riche en sondages par circonscription, autant celle du 2nd tour se révèle décevante. La focalisation sur La Rochelle (alors que l’enjeu n’est presque pas l’anticipation du résultat, mais le désordre déjà créé) a manifestement phagocyté d’autres enquêtes qui auraient pu/dû être réalisées, dans tant de circonscriptions passionnantes. Mais évidemment, aller sonder dans le Tarn, la Somme, le Morbihan ou l’Isère, cela n’intéresse pas les médias…

Bien entendu, il y a une autre livraison sur la 1e de Charente-Maritime, BVA cette fois:
DVG 55 / PS 45
Plus réaliste que le 58/42 de l’IFOP et montrant peut-être un léger effet « victime » favorable à Royal. Tout duel aussi passionné et disputé conduit d’ailleurs de totue façon à un resserrement de l’écart.

Un sondage IFOP sur la 4e de l’Essonne est passé inaperçu hier (et je ne parviens toujours pas à en avoir le détail):
UMP 51,5 / PS 48,5
Bien entendu, c’est dans la marge d’erreur, mais cela devrait rassurer NKM et cela ne me surprend nullement. Les reports du FN sont tout à fait classiques: 53% pour NKM et 18% pour le PS.

Enfin, l’IFOP a également été sollicité pour la 3e du Vaucluse:
FN 36,5 / UMP 34,5 / DVG 29
Cela montre que le FN plafonne (je le dis pour les autres circonscriptions, notamment celle de Marine Le Pen et celle de Collard) et qu’il ne peut gagner que si son opposition est divisée. Maintenant, il y a effectivement un risque réel d’élection de Marion Maréchal-Le Pen, le plus élevé (si l’on exclut le cas de Bompard, qui n’est plus FN depuis longtemps). Toutefois, ce sondage (publié dans Vaucluse Matin et le Dauphiné Libéré), comme l’appel du suppléant de la candidate ex-PS (le soutien national lui a été retiré) à voter UMP, comme, peut-être, l’agression de la suppléante de Mourrut dans le Gard, peuvent conduire à un « vote utile » au centre et à gauche afin de battre le FN.
J’avais déjà évoqué cette possibilité dans le cas de Mélenchon et, effectivement, Kemel l’a « coiffé » et a accédé au 2nd tour en partie pour cette raison (meilleure efficacité contre le FN). Après tout, c’est comme cela que Royal et Hollande sont devenus les candidats du PS et que Fillon… euh, bon, on verra… 😉
Le problème dans le Vaucluse, c’est bien que Ferrand est un très mauvais candidat de l’UMP, complètement usé et has been. Le renouvellement, même factice (le QI de Panzermiss ne doit pas tellement dépasser son score du 1er tour), cela marche toujours un peu, de même que l’aspect « star montante à la télé »…

3. D’ores et déjà, les batailles des futures semaines sont enclenchées.

Royal n’est pas encore morte que, déjà, on a roulé sur son cadavre.
Outre Jack Lang (encore faut-il qu’il soit élu et, de toute façon, il est désormais marginalisé), Glavany, Bartolone et Guigou semblent sur les rangs. Plus surprenant, Lebranchu serait en piste et pourrait être soutenue par Hollande. Je suis surpris que Le Roux semble se contenter du groupe socialiste, mais il est vrai que, parfois, le président de groupe peut être plus important que le président de l’Assemblée nationale, ce que Hollande et Ayrault savent très bien. Je n’exclus pas non plus des velléités du côté de Vallini.

Mais évidemment, Lebranchu aurait l’avantage de libérer une place au sein du gouvernement (voire deux si les collectivités territoriales et la fonction publique sont de nouveau séparés, ce qui est bien possible vu les réactions dubitatives ayant accueilli le portefeuille quelque peu novateur de Lebranchu). N’oublions pas non plus que la consommation n’a pas été attribuée explicitement au niveau des maroquins ministériels. Les quelques frustrés du premier gouvernement Ayrault (Vallini, Rousset, Paul, Hazan ou d’autres, ou même Guigou ou Le Roux si les plans changent) pourront trouver une place, de même qu’un ex-MoDem (Rochefort ou Bennahmias) ou un communiste en rupture de ban (comme Braouezec ou Hue).

Le contingent de candidats pour la direction du PS est, semble-t-il, assez distinct de celui des apsirants au perchoir, ce qui en fait une bataille spécifique: Désir, Cambadélis, Rebsamen, Gorce. Mais je reste très dubitatif sur le retrait d’Aubry. Peut-être en aura-t-elle marre, réellement, et se dira-t-elle que, même en étant « seulement » à Lille, elle pourra quand même incarner un recours ? Peut-être a-t-elle déjà intégré que son tour était passé ? Je continue de me poser des questions, cependant.

La défaite de Royal comme l’éventuel mise en réserve d’Aubry risquent bien de « libérer » deux paroles discordantes, dans des styles et sur des thémtiques différentes, mais également problématiques pour un pouvoir déjà un peu affaibli dans son autorité (le tweet de la Présidente s’ajoutant en fait à l’activisme de Peillon et de Valls, au lyrisme de Montebourg et aux déclarations intempestives de Taubira ou Duflot pour déjà donner une impression d’une certaine cacophonie gouvernementale).

Même si ce n’est pas équivalent aux éventuels règlements de comptes de la part de Royal, à droite, les ennuis judiciaires de l’ancien Président pourraient empoisonner le climat pour quelques temps, soit directement si d’autres leaders sont mis en cause (Sarkozy favorisant même éventuellement cette mise en cause…), soit indirectement en remettant le Grand Leader pas encore enterré et potentiel rival en 2016-17 sur le devant de la scène, même très négativement.

La bataille pour le groupe UMP à l’Assemblée pourrait être décevante, faute de trop de candidats ou si un affrontement majeur ne se produit pas, soit que Xavier Bertrand soit battu dimanche, soit qu’il renonce à se présenter, malgré les rumeurs montantes. Si Jacob n’est pas seul en lice, le choix, alors, de privilégier un candidat de compromis reste, je le répète, une vraie possibilité: Accoyer, Ollier, Dord (Carrez se positionnera plutôt comme président de la commission des finances). A moins que Baroin ne se lance; mais on sent du Borloo en lui… du point de vue de la détermination…

Mais la mère de toutes les batailles, ce sera bien entendu la présidence de l’UMP, avec un Fillon qui continue d’engranger des bons sondages et qui, s’il a rallié le « ni ni » en stratégie électorale, a plutôt bien géré son positionnement depuis dimanche (fermeté à l’égard de Chassain mais « loyauté » aux candidats, même Morano, ce qui est bien la preuve de la détermination de Fillon…), en tous les cas à l’égard des militants.

Le baromètre de popularité de l’IFOP pour Paris-Match de ce mois de juin pose aussi une question sur la « personnalité préférée », entre Fillon et Copé. Les réponses sont claires, pour l’ensemble du panel comme pour les sympathisants UMP:
Fillon 76 / 79
Copé 19 / 21
ni l’un ni l’autre 5 / 0 (non suggéré)
ne se prononce pas 0 / 0
Parmi les électeurs de Sarkozy, c’est 80/20. Parmi les sympathisants FN ou les électeurs de Le Pen, c’est 69/26, logiquement plus serré mais pas tant que cela. Parmi les électeurs de Bayrou, c’est 79/20 et parmi les sympathisants du MoDem 85/14, logiquement plus net.

En outre, des ralliements se précisent, comme celui de Pécresse, qui pourrait préfigurer ceux de Le Maire ou d’autres chiraqueins d’origine. Les cas de Baroin et, surtout, de Juppé sont évidemment plus lourds car, si ralliement il doit y avoir, il dépendra aussi de considérations strictement personnelles et Fillon ne s’est pas fait que des amis pendant qu’il était à Matignon, loin de là.

Reste son propre score à Paris, qui pourrait être décevant. Reste la perte de son ancienne circonscription dans la Sarthe (mais cela devrait être noyé dans le flot de basculements).

Reste surtout que le combat risque d’être en même temps stratégique, car le cirque Morano a brillé de mille feux cette semaine et a remis, alors même que le « ni ni » assurait une tranquillité de court terme et que les défections ont été fort peu nombreuses, la question du FN au centre de tout. Or, c’est tellement clivant pour l’UMP que celui-ci risque bien de traîner cela comme un boulet pour longtemps, un peu comme la question européenne chez les Tories.

Si Copé l’emporte, ce sera à droite toute et le risque de scission est majeur (pas seulement de la part des centristes, comme le disent les médias, mais jusque dans le coeur de l’UMP, du côté des gaullistes historiques, des chiraquiens, des gaullistes sociaux, voire de certains libéraux). Si Fillon l’emporte, il sera soumis à une guérilla interne permanente de la Droite populaire et de Copé.

Je crois vraiment, même si le 2nd tour de la présidentielle a pu le masquer temporairement, que la droite se porterait mieux avec deux partis, même si la génération Juppé-Fillon a le souvenir des divisions RPR-UDF. Mais, en fait, c’étaient des divisions au sein de l’UDF et du RPR: le fait d’avoir un ou deux partis ne change rien à cela. En revanche, le fait d’avoir deux partis permet de tenir compte des électorats différents, de la diversité régionale et de « reprendre » la nébuleuse centriste, incapable de s’organiser seule, mais disposant encore d’un certain poids électoral (AC d’Arthuis, NC-Morin, NC-Lagarde-Sauvadet-Leroy, PR-Borloo, PR-Léonetti, voire quelques barons locaux encore au MoDem). L’essentiel, c’est d’avoir alors une primaire ouverte avant la présidentielle.

Ou alors, que la droite change carrément le système et fasse adopter une VIe République parlementaire, en associant, à un moment donné, le FN à la majorité (selon une formule danoise ou néerlandaise) pour le siphonner, le décrédibiliser ou le couper d’une partie de son électorat, afin d’en réduire l’effet électoral néfaste. Mais cela nous amène trop loin…

4. Comme je l’ai déjà indiqué, ce blog se poursuivra jusqu’à la mi-novembre, avec la reprise de tous les sondages sur la présidence de l’UMP, que j’espère nombreux et permettant de créer un inndicateur. Sinon, on se contentera de quelques courbes…

Mais je posterai de manière beaucoup plus épisodique, car la vie est aussi ailleurs et mes soirées (et quelquefois nuits) en ont trop souffert. Cela n’empêche pas ceux qui souhaiteraient continuer à discuter dans les commentaires de le faire, bien entendu. Néanmoins, n’étant pas (du tout) un insider, j’aurais peu d’informations à soumettre aux lecteurs de ce blog pendant les phases « de croisière » de la vie politique française, c’est-à-dire hors élections. Quant à mes analyses, elles ne sont pas d’une transcendance et d’un intérêt tels qu’elles doivent être absolument rendues publiques…

En outre, par rapport à la période octobre-décembre, pourtant peu lue alors qu’elle était la plus « rigoureuse », l’ensemble tend à se « relâcher » quand même un peu avec le temps et je n’ai pas résisté à la tentation d’exprimer çà et là une opinion hors du coeur de notre sujet ou d’adopter un ton définitivement ironique après la présidentielle.

Nous avons dépassé les 250 000 visites (dont celle du directeur du département « opinion » d’Harris ;)) et il y a désormais près de 120 abonnés (en dehors de ceux qui ne le sont pas mais viennent régulièrement, je le sais). Ce n’est pas complètement négligeable et je remercie tous les lecteurs, fidèles ou ponctuels, de ce blog.

Après le mois de novembre et avant les primaires de l’UMP de 2016, quelles échéances pourraient justifier de réactiver ce blog ?
Si les régionales sont rétablies selon le calendrier initial, elles devraient de dérouler au printemps 2016: ce sera déjà la bonne période pour entamer le suivi de la présidentielle (si j’avais débuté ce blog en décembre 2010, je serais passé pour un visionnaire en pronostiquant la victoire de Hollande au sein du PS; mais je serais aussi passé pour un loser, en voyant, le 15 mai 2011, Aubry future présidente :P), donc cela ne devrait pas poser de difficulté de s’amuser à des pronostics par région.
Il y aura aussi les européennes de 2014, mais les antécédents sondagiers ne sont pas probants: le découpage territorial « bizarre » des grandes circonscriptions ne permet pas réellement de réaliser des enquêtes pertinentes. Il n’y a, de même, pas assez de sondages nationaux pour justifier de suivre un indicateur.
Si l’envie est toujours là et si Dieu me prête vie, sondages2012 deviendra donc, alors, sondages2016.

Nous n’en sommes pas là. D’ici là, une belle soirée et une belle nuit nous attendent dimanche, avec les résultats circonscription par circonscription et, ensuite, je l’espère, un beau suspense au sein de l’UMP…

Derniers sondages IFOP (projections et circo) et pronostics affinés: victoire en partie gâchée pour le PS, simple report des difficultés pour l’UMP

 1. Il y a deux jours, je publiais les projections en sièges faites le soir du 1er tour par TNS-Sofres, CSA, IPSOS et OpinionWay, ce dernier ayant la particularité d’avoir interrogé 7090 personnes pour son sondage sortie des urnes:

FG 13-18 / 13-19 / 12-17 / 13-18
PS+PRG+MRC+DVG 285-320 / 283-329 / 288-324 / 293-323
(à noter qu’IPSOS donne un détail: PS-DVG 275-305, PRG 10-14, MRC 3-5
EE-LV 14-20 / 12-18 / 10-15 / 15-20
MoDem 0-3 / 0-3 / 0-3 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 220-260 / 210-263 / 224-261 / 218-248
(IPSOS donne le détail UMP+DVD 205-235, NC-AC 15-19, PR 4-7)
FN 0-3 / 0-3 / 0-2 / 0-2

Aujourd’hui, voici les projections de l’IFOP:

FG 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 297-332
EE-LV 13-20
MoDem 1-2
UMP+NC+PR+DVD 210-247
FN 0-3
autres 2-5

On le voit, ils sont plus « malins » que les autres et ils ont clairement fait intervenir un examen « manuel » et circo par circo, plutôt que de faire tourner plusieurs algorithmes… Le FG se retrouve de manière réaliste à moins de 10; le MoDem n’est pas à 0-3, ce qui est ridicule; les « autres » entrent en ligne de compte (mes « régionalistes-indépendantistes » et probablement des DVD et DVG du Pacifique).
Et, plus important, l’IFOP est plus proche de mes pronostics, avec un PS et alliés directs plus haut et une droite parlementaire plus basse.

Car mon total actualisé est le suivant:

FG 10
rég. / ind. 3
EE-LV 21

PS 286
DVG 25
PRG 12
(soit PS+DVG+PRG 323)

MoDem 2

NC 15
PR-DVD 26
UMP 176
(soit UMP+NC+PR+DVD 217)

FN 0
EXD 1

J’espère ne pas avoir à regretter mes pronostics d’avant 1er tour.
Certes pas sur le FG (20), ni sur EE-LV (11), ni sur ce qui est « juste » ou presque (régionalistes 3, EXD 1, MoDem 1), mais sur le PS et ses alliés (311) et sur l’UMP et ses alliés (230).

Je commets peut-être une erreur en considérant que le FN a déjà fait le plein des voix, qu’il y aura un réflexe de vote utile de certains électeurs FN vers l’UMP, qu’en cas de quasi-égalité, une légère sur-mobilisation de la droite devrait lui permettre de sauver quelques sièges menacés, qu’il y a un peu de déperdition dans les reports des DVD vers l’UMP.
Mais je pense avoir bien modulé les reports FN vers l’UMP, sur la base des reports de la présidentielle, mais en les arrondissant à la hausse ou à la baisse (meilleurs en PACA, Roussillon, Alsace et Est en général; moins bons en Languedoc, dans le NPdC, en Picardie, dans les Ardennes et dans le nord de la Lorraine; meilleurs aussi en cas de duel UMP-EE-LV). J’ai aussi veillé à intégrer des porosités fortes entre FN et nationalistes corses, entre gauche et nationalistes basques (mais Lassalle est également attractif pour eux), à intégrer un tropisme de droite chez les électeurs de beaucoup de « divers écologistes » en particulier dans le Sud. J’ai repris des reports du MoDem proches de la présidentielle, mais là aussi modulés (plus favorables à la gauche dans le Sud-Ouest, l’Ile-de-France, voire en Bretagne; davantage pour la droite dans l’intérieur rural du Nord, de l’Est et du Centre, dans le Sud-Est et le Massif Central). J’ai intégré un petit facteur défavorable en cas de forte division de 1er tour et un petit facteur favorable pour le sortant. En cas de quasi-égalité, l' »histoire » de la circonscription depuis 1988 a pu compter, de même que le « bonus » personnel de certains candidats (manifeste pour J.C.Lagarde ou Wauquiez, par exemple).

J’ai donc effectué quelques ajustements, en donnant à la gauche des circonscriptions décidément peu favorables à la droite: Somme 2e, Seine-Maritime 10e, Sarthe 5e, Bouches-du-Rhône 12e.

L’influence du FN est faible: je fais le pari d’un « plafond de verre » infranchissable, même pour Panzergirl, Panzermiss et Collard. C’est risqué car le maintien de la socialiste dans le Vaucluse crée une vraie chance pour Maréchal-Le Pen et, dans le Gard, un vote utile de certains électeurs UMP peut porter Collard. Je ne crois en revanche pas aux chances de Marine Le Pen. Dans l’autre sens, le retrait de la candidate FN dans la 5e du Vaucluse ne change rien; en revanche, dans la 2e des Pyrénées-Orientales, la victoire de l’UMP est désormais possible.

Le seul sondage local publié à ce jour est un IFOP pour la 1e de Charente-Maritime:
DVG 58 / PS 42, avec des reports de l’UMP vers Falorni/Royal/l’abstention de 82/6/12, des anciens électeurs de Le Pen de 55/29/16, des anciens électeurs de Sarkozy de 83/9/8, des anciens électeurs de Mélenchon de 42/47/11 et des anciens électeurs de Hollande de 36/57/7. Je ne pense pas que la victoire sera aussi ample, car l’effet « victime » rééquilibrera un peu les choses, mais la prime au « local » devrait assurer la défaite de Royal.

2. La majorité absolue de Hollande va s’avérer un peu gâchée par les interventions intempestives de la Présidente et le silence un peu ennuyé et ennuyeux du « petit François ». Où est l’autorité dans tout cela ?

Au surplus, avec la victoire de Falorni, c’est tout l’appareil socialiste qui se retrouve handicapé. Ce sont aussi les rébellions internes au PS qui risquent de se réveiller (Aubry; les « frustrés » Bartolone, Dray ou Cambadélis; tout ministre important qui se dira que l’on peut résister au « Président en titre »).

Les événements se chargeront de relativiser l' »affaire du tweet » rapidement, mais c’est l’impression qui restera et l’on sait depuis Sarkozy comme les premières semaines d’un quinquennat peuvent être décisives. Et il semble que Trierweiler soit en situation de récidiver…

Tout cela ne fait les affaires de la droite que très temporairement, ceci étant dit. Certes, il faut relativiser la question de la « collusion » avec le FN à court terme. Qui se souvient qu’en 1988 (avec un FN dirigé par le père Le Pen et encore largement idéologisé par Stirbois), Gaudin avait négocié des accords régionaux de désistement réciproque, à assez grande échelle, donc ? Est-ce que la droite s’est pour autant « fascisée » ensuite ? Non, bien entendu.

Mais il est intéressant de rappeler le contexte de 1988, que j’avais déjà comparé à 2012 pour la droite, avec un Président « à bas », des divisions de tous ordres, des tentatives de jeunes Turcs, et finalement un retour du vieux chef et une victoire de l’appareil du parti. Tout cela pour imaginer un retour de Sarkozy (raté toutefois, à mon sens), un échec des NKM, Wauquiez ou Baroin (provisoire pour certains, cependant; définitif pour d’autres, comme ce fut le cas pour Noir) et une prédominance de Copé.

Je pourrais continuer de filer la comparaison. Gaudin avait profité d’un Chirac déprimé et affaibli après la présidentielle et, déjà, d’un discours assez droitier (Pasqua ou Pons, mais aussi Chirac lui-même) avant même la présidentielle. De la même manière, la droite s’était empêtrée dans des divisions (« rénovateurs », quadras puis solo de Noir; « bande à Léo »; souverainisme Pasqua-Séguin) et dans une stratégie désordonnée à l’égard du FN, allant jusqu’aux alliances locales aux régionales de 1992 (et la fuite en avant de Millon, notamment).

Les mêmes éléments pourraient se mettre en place aujourd’hui. La stratégie du « ni ni » n’est que temporaire pour l’UMP. L’affrontement Fillon-Copé réouvrira la question. Mais chacun va chercher à jouer le rôle du couple Chirac-Juppé de 1988-92: rester fermement à droite et garder l’appareil, mais sans s’allier avec le FN et sans perdre les modérés.

Copé est dans une position plus délicate, paradoxalement, surtout si la défaite de l’UMP est moins forte que je ne l’anticipe: d’abord, il y aura davantage de députés modérés; ensuite, la stratégie Buisson sera de nouveau désavouée. Mais Copé doit à la fois tenir la Droite populaire et ne pas s’aliéner les chiraquiens (Baroin, Pécresse, Le Maire) et les ex-DL (Raffarin, Bussereau), qui n’ont pas encore choisi leur camp et peuvent représenter un impact médiatique non négligeable (même si les militants ne se réfèrent plus à cette catégorie). Or, les chiraquiens, sur le FN, sont plus proches de Fillon, à l’évidence.

Certes, Fillon a lui-même des faiblesses: son score parisien ne s’annonce pas extraordinaire et des fidèles vont perdre (Chartier); certains soutiens (Wauquiez) vont se faire prier et ne sont pas forcément totalement anti-FN; il manque de structures derrière lui; il manque de charisme. Mais il peut quand même se prévaloir de sondages qui ne cessent d’être bons. C’est l’occasion de publier les livraisons de BVA et de ViaVoice en date des 31 mai et 1er juin, que j’avais négligées en raison des législatives.

BVA avait demandé « qui souhaitez-vous voir diriger l’UMP? » et les sondés ont répondu (ensemble/droite/gauche):
Fillon 48 / 51 / 42
Juppé 33 / 28 / 41
Copé 12 / 19 / 7
ne sait pas 7 / 2 /10

Certes, la base UMP est plus à droite que l’ensemble des électeurs de droite ou même que les « sympathisants » UMP. Mais la primaire du PS de 2006 a montré aussi un alignement des militants sur les sondages « externes ». Et puis les électeurs de Juppé sont majoritairement pour Fillon:
Fillon 76 / 72 / 76
Copé 17 / 27 / 11
ne sait pas 7 / 1 / 13
Le duel est sans appel.

Dans une configuration plus large, ViaVoice voyait, pour le « souhait pour principal leader de la droite (hors FN) », respectivement dans l’ensemble des sondés et chez les euls sympathisants UMP:
Fillon 19 / 32
Sarkozy 12 / 22
Juppé 16 / 18
Copé 5 / 14
Villepin 8 / 2
Bertrand 2/ 2
Yade 7 / 1
Borloo 5 / 1
NKM 3 / 1
Morin 1 / 0
Guéant 1 / 0
Pécresse 0 / 0
ne se prononce pas 21 / 7
Certes, il y a des noms ridicules à sonder sur cette question (Yade, Guéant, même Villepin et Morin), alors que Baroin ne figure pas. Il y a aussi des échecs épiques (Borloo en particulier, mais ausi NKM et Pécresse). Mais, malgré la présence de Sarkozy, Fillon l’emporte et, additionné à Juppé, NKM, Bertrand, même Villepin, il maintient là encore Copé à distance.

Selon BVA, Fillon arrive en tête sur les items « sympathique », « proche des gens », « courageux », « rassurant », « ferait un bon Président de la République », tandis que Juppé arrive en tête pour « rasembleur » (et « bon Président », mais pas chez les électeurs de droite). Copé n’arrive en tête que sur le vocable de « dynamique ». Rien là de très surprenant.

A n’en pas douter, la bataille sera rude, car elle portera aussi sur l’héritage de Sarkozy et sur la question du FN. Mais Fillon semble accumuler progressivement quelques atouts, surtout si les sondages continuent de le porter et que les équilibres se modifient, que ce soit autour des centristes et des libéraux, mais aussi chez les chiraquiens.

A l’extérieur du parti lui-même, la bataille du centre pourrait favoriser Fillon, en se soldant par la défaite de Morin et la victoire de Lagarde et des barons locaux, plus proches de Fillon que de Copé. Même si Morin a la majorité au sein du NC, celui-ci explosera et un centre plus favorable à Fillon peut émerger (car Borloo semble marginalisé et aura donc moins de capacité de nuisance à l’égard de son ennemi intime…).
Quant à la bataille de la présidence du groupe UMP à l’Assemblée, si elle a lieu, elle nous renseignera rapidement sur l’équilibre des forces dans ce qui aurait été le corps électoral si nous avions été au sein du Parti conservateur britannique ! Je doute qu’un filloniste fidèle tente sa chance, mais un candidat de compromis (Ollier, Accoyer,…) pourrait émerger.

Certes, Copé garde l’appareil et Jacob reste favori à la tête du groupe. Mais rien n’est plus sûr, désormais… Et face à un pouvoir un peu frivole, malgré les déclarations orthodoxes d’Ayrault et de Moscovici, Fillon peut jouer la carte de l’opposant… « normal » ! Quant au « sérieux », alors que Bayrou a disparu et que Hollande est bien obligé de mettre désormais les mains dans le cambouis, il pourrait être repris par Fillon qui, par petites touches, a su se démarquer de Sarkozy et, désormais, de Copé, sans affrontement majeur mais tant qu’il en était encore temps.

A suivre…

Après l’annonce des candidatures et des soutiens, actualisation des pronostics, en Charente-Maritime et ailleurs

1. Le paysage est désormais stabilisé. Enfin, celui des candidatures…! 😉

Cela permettra à la droite de conserver une circonscription dans le Morbihan (mais elle pourrait bien perdre 4 députés, après avoir perdu 3 sénateurs d’un coup en septembre dernier… mais le non-renouvellement à droite a entraîné ce craquement subit…), mais aussi de s’imposer dans la 2e des Pyrénées-Orientales (avec le retrait du FN), de conserver à l’UMP la 3e des Yvelines (Guaino se retrouvant seul en lice). Quant à la circonscription de Guéant père (Hauts-de-Seine), je pense finalement que Solère peut l’emporter, grâce aux reports centristes et DVD et à une faiblesse des réserves FN, même si le réflexe légitimiste peut avantager Guéant (et puis, Solère lui-même était un parachuté il n’y a pas si longtemps…).

A l’inverse, le maintien de triangulaires devrait assurer la victoire du PS dans les 2e et 3e du Gard (non, Collard devrait se heurter à un « plafond de verre ») et du DVG à Wallis-et-Futuna. Dans le Vaucluse, le retrait de la candidate FN (ex-MPF) dans la 5e ne suffira probablement pas à l’UMP pour rattraper son retard (et puis, la « libération » des électeurs du FN donne aussi un petit chouïa au PS). En revanche, le maintien de la socialiste dans la 3e rend celle-ci gagnable par Marion II, Panzermiss, la petite-fille du Menhir (à distinguer de Marion I, Panzergirl, la fille du Menhir et sa tante). Je pense toutefois qu’au vu de la médiatisation, d’un plein de voix probablement déjà fait par Marion Maréchal-Le Pen et d’un report important de centristes, de divers et même de socialistes sur l’UMP, son candidat devrait pouvoir arracher la victoire.

Je ne reviens pas sur Roubaix (Nord) ou sur la Seine-Saint-Denis, où les duels de gauche ne changeront rien.

Enfin, je dois rectifier une erreur de teinte de rose à Saint-Pierre-et-Miquelon (bien sûr, c’est PRG et non PS) et une erreur entre rose et vert (merci Zanas) dans l’Indre-et-Loire (2e).

En partie grâce aux propres estimations de Zanas, qui m’obligent à refaire des calculs que j’avais hâtivement effectués dans la nuit de dimanche à lundi, je reviens sur un pronostic dans la 5e de la Sarthe, que j’attribue finalement au PS, au regard de l’historique de cette circonscription. En revanche, je maintiens la 1e pour l’UMP. Les profils ne sont pas exactement similaires et tout va être très serré. Je fais également basculer la 12e des Bouches-du-Rhône car, malgré un probable vote utile du FN (qui se maintient) vers l’UMP, le retard est trop important à rattraper. Je ne me résous pas à considérer que l’UMP a perdu la 1e d’Eure-et-Loir, mais c’est plus un « sentiment » qu’autre chose, car tout pointe vers une victoire de gauche. En Seine-Maritime, je pense que les reports de voix, le mauvais choix de candidat à gauche et la sociologie doivent aider l’UMP dans la 2e; mais, dans la 10e, c’est vraiment trop court pour l’UMP et je bascule donc vers le PS.

Je ne m’interdis pas d’autres changements d’ici samedi, après avoir réétudié quelques cas limites (Vendée, Nord, Loiret notamment me font encore hésiter…) et, peut-être, avoir pris connaissance de quelques sondages: espérons !

2. Et puis, il y a la Charente-Maritime.

La Présidente a parlé et le soutien du « petit François » à la candidate officielle n’y fera probablement rien: je pense que Falorni devrait l’emporter. Il a la tranquille assurance de ceux qui parlent (probablement assez faussement dans son cas) au nom de la France d’en bas. Quel paradoxe pour Royal, celle de la démocratie participative et de la région « Charentes-Poitou » que d’être ainsi remise en cause…

Autant la droite, dimanche dernier, devait en réalité rallier Royal, pour pousser celle par qui le désordre arrive généralement, autant, aujourd’hui, les choses se sont inversées et Bussereau a eu raison, tactiquement, de soutenir Falorni…

Grâce à l’intervention de la « Première concubine », le mauvais score de Fillon, les dérapages de Dati et Morano (dans des genres différents), les incartades de la base provençale et languedocienne de l’UMP, tout cela passe au second plan et on peut en être fort aise à droite. Cette « affaire du tweet » est totalement sans intérêt et artificielle, mais quand même la presse « officielle » en fait ses choux gras, que voulez-vous, il faut faire avec ;). Les problèmes stratégiques et de directiond e l’UMP restent entiers, mais cela permet au moins de remettre la séance de psychothérapie de groupe et d’étripage maison à l’après-2nd tour. C’est toujorus appréciable et les quelques dixièmes voire points de mobilisation nécessaires pour sauver quelques députés de plus, peut-être Trierweiler les a-t-elle donnés à la droite.

Le problème de fond pour Hollande, maintenant, c’est que son autorité même, si tant est qu’il en avait une, pourrait se retrouver dangereusement fragilisée:

– quel est le statut de Mme Trierweiler ? Voilà bien une situation parangonesque de la confusion personnelle voire morale de la société moderne: on veut tout et son contraire (que sa propre « liberté » soit absolument respectée, mais quand même se mêler de tout et surtout des affaires des autres; ne pas se marier mais profiter de tous les avantages d’un couple juridiquement fondé; concubiner mais pas payer l’ISF :P… oups…). Un banal et prosaïque incident nous révèle que, oui, lorsque l’on est faible et confus dans sa vie privée, alors on a aussi des problèmes en matière de vie professionnelle et publique. C’est l’autorité personnelle de Hollande qui est évidemment atteinte (surtout si ce que dit ce soir David Revault d’Allonnes est vrai -et il n’a pas l’habitude de raconter des fadaises et ne peut être considéré comme un agent dormant de l’UMP…- à savoir que c’est en réaction au soutien de Hollande à Royal que Trierweiler a réagi…

le résultat d’une seule circonscription acquise à la gauche, où l’UMP n’a même pas été capable de se qualifier pour le second tour, revêt désormais une importance capitale pour la stabilité de la présidence Hollande. Ou Falorni gagne et le Président sera évidemment affaibli (même s’il s’enlève en réalité l’épine Royal du pied pour longtemps, comme je l’ai déjà dit). Ou Royal gagne et la vie de Hollande va devenir un enfer: ne va-t-elle pas recommencer ? va-t-elle rester, la « femme de ma vie » ? Cela rappelle un peu la « dépendance » de Sarkozy à l’égard de Cécilia en 2004-2007…

– la faiblesse, au moins apparente, de Hollande et l’absence de bonne solution de sortie de cet imbroglio imprévu ne pourront qu’aiguiser les appétits en interne. Aubry, humiliée malgré elle ce matin (contrainte d’aller soutenir son ennemie intime et, en plus, de réagir seule en première ligne aux dérapages de « l’autre »… mazette… elle devait être un brin énervée au retour de La Rochelle), pourrait bien vouloir ruer dans les brancards. Je ne parviens toujours pas à croire qu’elle quittera la tête du PS. En interne au gouvernement, les « trierweileristes » (Valls, Moscovici, voire Ayrault) pourraient bien s’opposer aux vieux hollandais ! J’exagère un peu, mais, en tous les cas, le climat est d’emblée un peu plombé.

– cela montre globalement que les grands principes ne peuvent tenir longtemps: notre régime est présidentialisé et médiatisé. Vouloir jouer au lointain sphinx à la Mitterrand (qui intervenait en réalité tout le temps…), cela n’est plus possible. Quant au mélange vie privée/vie publique, critiquer Sarkozy est également insuffisant…

Je ne pense pas que l’effet de cet incident se fasse sentir tout de suite, mais il colorera progressivement le climat et la perception du pouvoir et, assez rapidement, l’impuissance et le manque de contrôle et de prise sur les événements seront probablement ressentis. Ou Hollande voudra compenser en jouant la rigueur et l’austérité et là, ce sera la question sociale qui prendra le dessus. Bref, en soi, ce tweet n’est évidemment qu’un instant d’agitation, mais il marque déjà une fin d’état de grâce.

Projections pour le second tour: majorité socialiste absolue, groupe Vert, absence d’élus FN, possibilité de plusieurs solutions centristes, situation de l’UMP difficile pour l’avenir

1. En refaisant mes calculs avec l’esprit clair, voici les totaux auxquels je parviens:

PS 285
DVG 23
PRG 11
soit PS+DVG+PRG 319

EE-LV 19
FG 10
rég./ind. 3

MoDem 2

NC 16
PR-DVD 24
UMP 178
soit UMP+NC+PR+DVD 218

EXD 1

en attente 5
(en réalité, nous savons désormais que Guaino sera élu puisque le DVD Delaporte se désiste dans les Yvelines; qu’un DVD l’emportera dans le Morbihan; que Falorni pourrait bien battre Royal en Charente-Maritime puisqu’il a déposé sa candidature; reste la circo de Collard (2e Gard), probablement gagnée par le PS dans tous les cas de figure, même si l’UMP se retirait et même si je dois encore « re-triturer » les chiffres, et Wallis-et-Futuna, en balance entre un DVG et un PRG, avec avantage au premier;
certes, il y a aussi le candidat socialiste qui ne veut pas se désister face à Dosière dans l’Aisne, mais le PS national le désavoue;
et, dans le Vaucluse, face à la mini-Marion, la victoire de l’UMP reste probable malgré le maintien de la candidate PS, mais il y a désormais un vrai risque d’élection du FN -ce serait ironique de penser que le seul siège FN serait dû à une mauvaise volonté socialiste… nous verrons quel écho les médias, dans leur grande impartialité, en donneront…; il faut espérer que le PS national saura convaincre localement d’appliquer réellement le « front républicain » qu’ils manient tant pour mettre le bazar à droite…;
quant à la circo de Vauzelle, où le candidat UMP se retire, il n’y a aucun suspense sur la victoire du socialiste;
je pourrais en revanche ajouter l’incertitude dans la circo de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), mais je maintiens le pronostic d’une victoire à l’arraché de Guéant).

J’actualiserai la carte et les totaux demain, une fois connus de manière certaine les candidatures.

Je suis fort aise que, progressivement, les projections en sièges des instituts se rapprochent de mon estimation de départ 😀 (en fait, je devrais plutôt m’en inquiéter…). 4 instituts ont réalisé des projections ce dimanche 10 juin. Voici, dans l’ordre, TNS-Sofres, CSA, IPSOS et OpinionWay, ce derneir ayant la particularité d’avoir interrogé 7090 personnes pour son sondage sortie des urnes !

FG 13-18 / 13-19 / 12-17 / 13-18
PS+PRG+MRC+DVG 285-320 / 283-329 / 288-324 / 293-323
(à noter qu’IPSOS donne un détail: PS-DVG 275-305, PRG 10-14, MRC 3-5
EE-LV 14-20 / 12-18 / 10-15 / 15-20
MoDem 0-3 / 0-3 / 0-3 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 220-260 / 210-263 / 224-261 / 218-248
(IPSOS donne le détail UMP+DVD 205-235, NC-AC 15-19, PR 4-7)
FN 0-3 / 0-3 / 0-2 / 0-2

Je constate que, après nous avoir farci de projections à 30 ou 35 sièges EE-LV avant le 1er tour, les instituts partent dans la tendance inverse…
Quand je vois MoDem jusqu’à 3, je me dis qu’OpinionWay est le seul fiable… C’est d’ailleurs celui qui a les fourchettes les plus resserrées. Et, incidemment, la plus basse pour la droite: évidemment, comme tout cela correspond mieux à mon propre pronostic, je préfère… 😉

2. Quels enseignements intermédiaires peut-on tirer du 1er tour ?

Le FG subit un revers qui n’était pas prévu. Il continue de se rétracter, perd toute représentation dans le grand Sud-Ouest ou en Rhône-Alpes. Il se maintient uniquement grâce à la banlieue nord de Paris et au Valenciennois… S’il peut espérer rallier deux députés de Martinique et de la Réunion (encore qu’Huguette Bello a quitté le PCR avec fracas), il lui manque quelques troupes pour avoir un groupe. Une alliance avec le MRC est peu probable et très peu de dissidents de gauche constituent des cibles potentielles. De même, le nationaliste corse qui pourrait être élu siègerait probablement chez les non-inscrits. Bien sûr, le PS pourra « donner l’ordre » à quelques DVG de s’apparenter au FG, mais la situation est difficile pour ce dernier, décapité qui plus est; le PS peut aussi accepter de baisser le seuil à 10 députés, mais ce serait proprement grotesque (pourquoi pas 2 au bout d’un moment ?). Le PCF doit souhaiter profondément reprendre une autonomie par rapport à Mélenchon, mais celui-ci lui fournit une aura pour la présidentielle: c’est un couple de perdants, mais les uns ont besoin des autres et réciproquement.
Dans ces conditions, il est peu probable que le FG et même le PCF seul participe au gouvernement: au moins, ils souhaiteront garder leur fonction tribunicienne et attendre l’échec des sociaux-bourgeois.

EE-LV a toutes les chances de pouvoir constituer un groupe, qui sera plus à gauche que ne le souhaiterait probablement la direction du parti et Duflot elle-même. Mais comme elle rend elle-même difficile son bail au gouvernement, ce ne devrait pas être pire, d’une certaine manière. Et comme le PS aura la majorité absolue à lui seul ou avec quelques appoints, cela ne devrait pas poser trop de difficultés. C’est plutôt aux élections intermédiaires que le maintien artificiel de groupes parlementaires et donc d’une visibilité plus importante que le poids réel des Verts fera sentir son effet pour le PS. Comme les Verts n’ont jamais été des gens loyaux et honnêtes, ils n’hésiteront pas à jouer les parasites et à engranger les déçus du hollandisme. Quand le PS assènera-t-il le coup de grâce à ce courant politique inutile et désordonné, qui ne lui apporte que des soucis ?

Le PRG et les DVG seront en revanche bien utiles au PS, qui n’hésitera pas à réintégrer les dissidents, à qui il peut dire merci, tant ils ont limité l’impact des « dons » faits aux Verts. Le PRG ne pourra constituer un groupe seul. Mais peut-être qu’avec les MRC et des « vieux » dissidents comme Dosière, il pourrait s’entendre et éviter d’être noyé dans la masse socialiste. Cela fera cependant peu de différences pour l’équilibre politique à l’Assemblée.

Le PS devrait donc avoir la majorité absolue à lui seul. La gauche ne devrait pas avoir la majorité des 3/5 au Congrès (encore que… il suffit d’un mauvais report FN à droite ou d’une démobilisation de 2 points supplémentaire et l’échec peut se transformer en déroute), mais elle aura, sinon, tous les leviers du pouvoir national et local. C’est agréable pour elle, mais cela peut être dangereux, surtout avec une « grande gueule » comme Mélenchon hors de l’Assemblée, une Aubry volontairement à l’extérieur (mais ne se déporte-t-elle pas trop ?), même un Montebourg affaibli si son ancienne circo de Saône-et-Loire bascule, comme c’est très possible: sans maîtrise de l’opposition de gauche, une évolution inspirée des autres pays méditerranéens pourrait attendre la gauche française.
Quant à la chute possible de la maison Royal, c’est plutôt une bonne nouvelle, car cela laisserait la voix libre à un hollandais marri (Le Roux, Vallini) ou à une Guigou bien sage et éviterait d’avoir une irritante Royal tentant de perturber l’agenda législatif. De ce point de vue, l’épopée de Falorni fait les affaires de Hollande… Certes, Ayrault vient soutenir Royal car il ne peut faire autrement, mais, à l’issue de ce 1er tour, c’est plutôt l’ennemi intime Aubry qui vient tenter de relancer Royal, tant elle sait que celle-ci sera plus « utile » à la tête de l’Assemblée pour affaiblir Hollande et Ayrault… Ah, les bonnes vieilles alliances objectives 😉
Plus largement, Hollande sort aussi renforcé politiquement par la très bonne tenue des ministres (il y a clairement eu une prime au fait d’être ministre: voir les scores de Batho, Cuvillier, Le Foll,… Vallaud-Belkacem a-t-elle eu raison de se dégonfler ?) et ne devrait pas être contraint de trop modifier l’architecture gouvernementale. Il manque toutefois curieusement un intitulé pour un gouvernement de gauche, c’est la Consommation: de manière cosmétique, quelques retouches pourraient ainsi être apportées à la liste des ministres. Les changements de fond, c’est-à-dire virer les incompétents et les inopportuns (Benguigui, Taubira, Duflot, à ce jour), cela ne peut pas déjà venir, car ce serait une atteinte précoce à la parité, à la diversité ou à l’équilibre politique. Quant aux déçus du 1er gouvernement, ils devront attendre et peuvent avoir des perspectives pour « patienter »: Le Roux au groupe à l’Assemblée, voire au perchoir, Vallini au perchoir, Rebsamen à Solférino.

– Au centre, le MoDem est désormais en voie de disparition. Que ce soit Lassalle ou le possible élu « surprise » à la Réunion devraient rejoindre l’un des groupes centristes de la nouvelle Assemblée. Bayrou terminera ainsi sa carrière dans une certaine indifférence.
En revanche, le centre-droit devrait être très « vivant » dans les semaines à venir, avec une absence totale de clarté sur les recompositions possibles. Je n’ai pas fait le tri entre PR, DVD modérés et DVD « durs » (Vendée ou F.X.Villain dans le Nord). Toutefois, le NC, qui est certes au-dessus de 15 seul, est tellement divisé qu’il ne faut pas s’attendre à la reconduction du groupe actuel: en conséquence, le PR pourra probablement jouer la carte d’un groupe ARES, d’autant plus si J.C.Lagarde crée la surprise d’être réélu en Seine-Saint-Denis, ce qui est loin d’être exclu et serait l’exploit politique de cette année, réellement (et cela énerverait tellement Morin que tout un chacun devrait souhaiter cette victoire de Lagarde… ;)).

L’UMP, contrairement à ce que dit la presse, ne limite pas la casse. Elle ne perd certes pas comme la gauche avait perdu en 1993, mais elle perd très nettement. Quelques ténors sont menacés: MAM, Morano, Chartier, Rosso-Debord,… X.Bertrand est un peu moins bien placé que prévu, même si cela devrait passer, et NKM est en position aussi délicate que prévu (même si Le Pen, à mon sens, l’aide en réalité plutôt en la désignant comme cible). L’ancienne circo de Juppé est une catastrophe et, surtout, Fillon fait un mauvais score à Paris, tout en « perdant » très nettement son ancienne circo de la Sarthe, qui s’est trouvé un nouveau fils adoptif (j’ai commis beaucoup d’erreurs localement, mais ce nouvel « effet » ne m’avait pas échappé). Copé (comme Wauquiez) réalise un bon score, à l’inverse. Même s’il n’est pas dit que cela ait un effet majeur en interne à l’UMP, ce sera utilisé par les copéistes (Dati ne s’en est pas privée dès lundi… débranchez-la, par pitié…).
Régionalement, l’UMP résiste mieux que prévu en Picardie, en Franche-Comté, voire en Bourgogne, mais elle dégringole dans le Languedoc-Roussillon, le Dauphiné et, encore, le Nord-Ouest et le Centre-Ouest: des grands chelems ne sont pas impossibles pour la gauche dans la Sarthe et l’Indre-et-Loire et quasi-assuré dans le Finistère; la situation de l’UMP est fâcheuse dans le Morbihan, en Loire-Atlantique, voire dans la Manche. Même dans le Loiret, il pourrait y avoir quelques déconvenues pour la droite. Des départements comme l’Isère, la Drôme, le Gard ou l’Hérault, que l’on pensait un peu plus équilibrés, reviennent à des traditions de gauche. Même le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône sont très difficiles pour l’UMP. Certes, le FN y est pour beaucoup, mais on voit bien la fragilité structurelle de la droite, retrécie sur des bastions insuffisants (Var, Alpes-Maritimes, Alsace, Champagne, Haute-Savoie et Lyonnais rural.
Je me répète aussi en insistant sur l’érosion lente mais continue de l’UMP en Ile-de-France, fort handicapante. Et dans les villes d’importance, que va-t-il lui rester, à part Nice ? Bordeaux, Marseille, Perpignan, Strasbourg, même Orléans… il recule partout

Le FN n’aura probablement pas d’élu, car Le Pen devra faire face à un « plafond de verre » infranchissable pour elle. Quant à Collard, s’il est le mieux placé pour gagner, il reste douteux qu’il y parvienne. D’une certaine manière, après Collard, c’est dans le nord-est de Marseille que le FN a ses meilleures chances, face à une Andrieux entravée par les « affaires ». Au final, seul Bompard devrait être élu pour l’extrême-droite.

– La situation de l’outre-mer montre de grandes situations d’instabilité, notamment à Mayotte et à la Réunion, mais aussi dans le Pacifique. Toutefois, la gauche est ultra-dominante et, dans le Pacifique, c’est le triomphe d’une droite très locale et qui ne dit pas complètement son nom, l’UMP étant affaibli, même en Nouvelle-Calédonie.
La Corse est elle aussi sens dessus dessous et il est bien difficile d’anticiper les scores et reports des nationalistes et autonomistes.

– Reste l’inconnue de la mobilisation du 2nd tour:
une plus forte abstention des électeurs du FN ou un découragement encore supérieur des électeurs de droite et le risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (il faudrait au moins 376 députés à la gauche, en considérant que Bel a été élu avec 179 voix au Sénat) serait réel;
une démobilisation à gauche car tout semble joué (et l’est effectivement en ce qui concerne le rapport global gauche-droite) et le PS peut perdre sa majorité absolue seul.

Néanmoins, les partis et bon nombre d’électeurs sont désormais prévenus de ce type de « mouvements » possibles, et il y a en quelque sorte des phénomènes de « stabilisateurs automatiques ». Pour la dernière fois, vivement dimanche…