Derniers sondages CSA, BVA et IFOP (circo) pour les législatives: des situations locales qui semblent confirmer une majorité plus proche du scénario 2007 que du scénario 1997

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
29-30 mai 2012
échantillon: 852 inscrits sur un total de 1006
(évolution par rapport à la précédente livraison du même institut)

LO 1 (=)
NPA 0 (-0,5)
FG 10 (=)
PS 30 (-2)
EE-LV 5 (+1)
(soit PS+EE-LV 35 (-1))
MoDem 3 (-1)
UMP 31,5 (-1,5)
DLR 0,5 (=)
FN 14 (+2)
autre 5 (+2)

BVA
Orange, RTL, presse régionale
30-31 mai 2012
échantillon: 1139 inscrits sur un total de 1169
(évolution par rapport à la précédente livraison du même institut)

LO 0,5 (+0,5)
NPA 0,5 (=)
FG 9 (-1,5)
PS-PRG 33 (+3)
EE-LV 4 (-0,5)
(soit PS+PRG+EE-LV 37 (+2,5))
MoDem 4,5 (-0,5)
UMP 32 (-0,5)
DLR 0,5 (-0,5)
FN 16 (=)

1. Ces sondages ne nous apportent que peu de nouveautés, même s’il y a des variations importantes, mais par rapport à des sondages réalisés aussi anciennement que le jour du 2nd tour de la présidentielle pour CSA. Et puis, c’est CSA, qui nous a habitués à un certaine erratisme.

CSA voit le FG un peu plus haut que les autres sondeurs et se « rattrape » un peu sur le FN, qu’il voyait plus bas. Globalement, la situation est celle d’une victoire « tranquille » ou « normale » pour la gauche. Les évolutions sont quasi-contraires entre CSA et BVA, mais les scores sont proches. Le fait pour BVA de ne pas offrir de rubrique « autre » induit évidemment des écarts non complètement négligeables.

Une variable qui peut permettre à la droite de « limiter la casse » et notamment de contenir le FN, ce sont les « enjeux locaux » et les « personnalités » en lice, facteur quand même dominant pour 35% des répondants selon CSA (contre 56% souhaitant voter « pour choisir la future majorité »). Les deux facteurs sont équilibrés chez les anciens électeurs de Le Pen (41-41) et de Bayrou (49-49). Chez BVA, la répartition entre priorité aux enjeux nationaux et priorité aux enjeux locaux est de 76/22.

Toujours est-il que les sondagiers et les médias ne cessent de nous répéter que la gauche est gagnante, mais sans vague rose ni majorité absolue pour le PS seul.
Et pourtant, on ne nous donne pas systématiquement une estimation de l’abstention: si elle est similaire à 2007, il faut près de 21% des exprimés pour se maintenir au second tour; si elle est similaire à 1997, un peu moins de 18,5%. La différence est évidemment importante et déterminera le nombre de triangulaires. Je pense que nous pouvons tabler sur une abstention d’environ 38% et donc sur un minimum de 20% des exprimés pour se maintenir.
En outre, nos grands analystes oublient les multiples candidats dissidents du PS et vrais divers gauche, qui s’apparenteront au groupe socialiste après l’élection, voire regagneront ses rangs discrètement, et suffiront à franchir les 289.
Enfin, les chiffres bruts nationaux, avec toutes leurs limites (beaucoup d’électeurs prennent en compte les facteurs locaux et personnels), sont plus proches d’une majorité de type 2007 que de type 1997.

Les sondages par circonscription, dont l’IFOP se fait maintenant une spécialité, nous montrent une situation contrastée, mais probablement sans grande surprise sur une victoire suffisante du PS et de ses supplétifs immédiats (Bayrou n’est qu’un supplétif lent et de second rang :P).

Ces sondages sont également à prendre avec des pincettes énormes, car:
– leur échantillon reste plus limité qu’à l’accoutumée (environ 600 sur le continent et 500 en Corse);
– la constitution de l’échantillon, en si peu de temps et sur un territoire limité, ne peut être totalement fiable et peut présenter des écarts importants par rapport à la réalité sociologique de chaque circonscription;
– les électeurs connaissent parfois leur candidat de vue, lisent davantage les professions de foi qu’à la présidentielle et, interrogés dans le cadre d’un sondage, ne sont pas forcément en mesure d’identifier leur vote final réel; ils peuvent donc avoir tendance à se porter sur le candidat idéologiquement le plus proche;
– la dynamique nationale de campagne et, surtout, les niveaux relatifs de mobilisation produisent un effet de manière marginale, subsidiaire, mais qui peut faire basculer une situation, tant au premier qu’au second tour.

Il y a d’abord les circonscriptions sans surprise, avec une situation solide du PS et de ses alliés, confirmant leur implantation là où ils sont sortants et progressant dans les circonscriptions « à bascule »:

– dans la 3e des Pyrénées-Orientales:
PS 32 / UMP 30 / FN 19 (probablement insuffisant dans un département où l’on s’abstient beaucoup) / FG 12 / EE-LV 4 / NPA 1 / MRC 1 / SE 1 / trois divers 0
PS 54 / UMP 46 ou, en cas de triangulaire, PS 49 / UMP 32 / FN 19
Aucune surprise donc, mais une information, malheureusement partielle, sur les reports en cas de duel: les électeurs du FN se reportent à 18/82 (mais, vous l’avez compris, on ne sait pas combien s’abstiennent…), ceux du FG à 97/3 et ceux d’EE-LV à 68/32 (ce qui est un moyen pour un PS conquérant).

– dans la 4e des Pyrénées-Orientales:
PS 35 / UMP 28,5 / FN 19 / FG 14 / EE-LV 2,5 / AEI 0,5 / NPA 0,5 / cinq divers 0
PS 56 / UMP 44 ou, en cas de traingulaire, PS 50 / UMP 33 / FN 17
Les reports en cas de duel: depuis le FN, 26/74; depuis le FG 90/10.

– dans la 2e de Haute-Corse:
PRG 32 / UMP 30 / nationaliste 11 / FN 10 / nationaliste 9 / LO 0,5
PRG 54 / UMP 46.

– dans la 1e de Charente-Maritime:
PS 33 / DVG 26 / UMP 19,5 / FN 9 / EE-LV 4 / FG 3 / MoDem 3 / PR 2,5 (j’ai adopté cette horrible pratique des médias d’abréger le parti radical -valoisien- en PR, alors qu’il s’agissait du parti républicain et que le parti radical s’est toujours abrégé « Rad. »; mais autant faciliter la lecture)/ six divers 0
Ce sondage est extraordinaire à plus d’un titre:
le second tour n’a pas été testé, en tous les cas pas publié ! A-t-on eu peur de trouver Royal perdante face au dissident Falorni ? Est-elle en fait réellement menacée ?
il n’est pas sûr, vu ces chiffres, que l’UMP parvienne au second tour ! Imaginez la grande surprise, y compris des socialistes, qui seraient bien embêtés, car alors, les électeurs de gauche seraient « libres » de leurs mouvements ! Ce serait peut-être l’électorat UMP qui déciderait du sort de Royal: je doute qu’ils votent pour elle, alors qu’ils auraient intérêt à assurer qu’elle devienne présidente de l’Assemblée et qu’elle devienne une deuxième opposition interne au PS, après Aubry, et une opposition à « la Présidente » (la vraie ;D).
Toujours est-il que cette circonscription est évidemment loin d’échapper à la gauche…

Il y a également les circonscriptions, il faut l’admettre, qui atténuent le tableau positif pour le PS:

– dans la 1e de Corse-du-Sud:
UMP 32 / DVG 26 / nationaliste 13 / FN 11,5 / FG 9 / nationaliste 4,5 / PR 2 / GE-PRG 1 / SE 1 / un divers 0
UMP 51,5 / DVG 48,5
Le sortant Renucci serait donc battu. Il est vrai que la Corse-du-Sud a longtemps été à droite, avant de s’atténuer, mais de redevenir bleue et même plus que bleue aux élections nationales récemment. En outre, il faut constater que l’écart est faible et que la situation corse est toujours un peu difficile à estimer, notamment en raison du vote nationaliste et autonomiste, dont le report est difficile à saisir.

– dans la 1e de Haute-Corse:
UMP 32 / PRG 22,5 / nationaliste 21,5 (la Corse est extrêmement abstentionniste: il est douteux que ce soit suffisant pour se maintenir) / FG 10,5 / FN 9 / nationaliste 4 / SE 0,5 / un divers 0
UMP 54 / PRG 46 ou, en cas de triangulaire, UMP 38,5 / PRG 34,5 / nationaliste 27
Là, il faut bien reconnaître qu’une défaite du (petit-)fils Zuccarelli, même en duel, serait une surprise, même si elle confirmerait la droitisation de la Corse, même dans le nord.

Mais, si l’on considère que les contre-exemples sont corses et si l’on se souvient des autres sondages locaux, montrant des menaces pour Bayrou et NKM, une victoire de Le Foll, des victoires amples mais pas staliniennes de Fillon et Guéant, il me semble que le tableau est quand même là: le PS est parti pour accrocher la majorité absolue.

Je ne mets qu’un « bémol » (certes important): l’éventuelle correction entre les deux tours, par une remobilisation à droite ou par une démobilisation à gauche (ou les deux), en fonction des résultats de 1er tour.

Demain, je publierai ici ma carte de pronostics.

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