Après des législatives devenues des élections subsidiaires, bipolarisation asymétrique, difficulté de stratégie pour la droite et difficulté d’incarnation pour la gauche

1. Le record d’abstention est évidemment le premier enseignement à tirer de ces élections. Il y a une tendance lourde à l’abstention, qui est socio-psychologique et qui tient à l’individualisme, au relativisme et au matérialisme grandissants, ainsi qu’à une décrue du civisme, en particulier chez les jeunes. Non, la pratique politique n’est pas seule responsable de cette tendance de fond !

Celle-ci est cependant accentuée par le trop-plein électoral clairement induit par l’accumulation des scrutins: primaire, présidentielle, législatives. Comme la primaire sera désormais quasi-institutionnalisée, soit dans l’un des deux grands partis, soit dans les deux, il convient effectivement de revoir le calendrier des législatives, qui pourraient être couplées avec la présidentielle (deux semaiens entre les deux tours, ce n’est pas gênant).

Les résultats montrent que, globalement, les événements d’entre-deux-tours ont peu d’influence sur les scores finaux. Certes, en 2007, il y avait eu une réelle différence d’un tour à l’autre pour la droite, mais Borloo n’avait pas eu la prudence des Hollande, Ayrault, Moscovici, Sapin, celle de se taire et de maintenir les véritables intentions du gouvernement dans le flou…

2. Globalement, en voix, 2012 se rapproche davantage de 2002 que de 2007. Toutefois, la droite avait été très forte au 1er tour en 2007, ce qui lui avait permis de prendre un peu d’avance. Cela explique que, en sièges, 2012 soit plus proche de 2007 que de 2002. 2012 est évidemment éloigné de 1997, comme je le pensais, car l’effet « présidentielle », le refus d’une cohabitation et le souhait de donner une majorité au Président, quel qu’il soit, sont désormais des données fondamentales du fonctionnement de la Ve République. Ce qui rend un peu « secondaires » les législatives, dans l’esprit des électeurs.

3. Dans ce paysage global, l’ancrage local compte fortement, soit pour se sauver d’un flux général défavorable (Mancel dans l’Oise, Bertrand dans l’Aisne ou Lagarde en Seine-Saint-Denis, par exemple) ou gagner en tranquillité (Wauquiez en Haute-Loire, avec un score très élevé, ou même Copé en Seine-et-Marne). A l’inverse, les parachutages trop « grossiers » ou perçus comme tels (Lang, Royal, Guéant) ne réussissent pas, même si la règle est loin d’être universelle (Hamon, Hammadi, Ferrand ne sont-ils pas des parachutés, sans parler de nombreux Verts et de Solère, lui-même ancien parachuté ?). Soyons donc prudents sur le soi-disant bon sens des électeurs…

De même, si l’usure a sûrement eu raison de Lang, d’Hervé de Charette ou de certains candidats communistes, le contexte à la fois local et national défavorable explique la défaite de MAM  ou la victoire étriquée de Laffineur.

4. Ainsi que je l’écrivais précédemment, la droite a des soucis géographiques et sociologiques à se faire. L’Ouest est décidément en recul constant: après les sénatoriales, les législatives sont dramatiques dans le Morbihan. La Sarthe, la Vendée, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Calvados, l’Orne, la Manche recèlent tous de très mauvaises surprises pour la droite. Le problème, c’est que ces électeurs se sont tellement éloignés des préoccupations du peuple de droite tel qu’il existe au Nord, au Nord-Est et au Sud-Est, que l’on peut se demander si les évolutions sont de nouveau conciliables…

L’outre-mer est évidemment une faiblesse pour la droite, car cela assure désormais un petit contingent minimal à la gauche dans l’Indien et l’Atlantique, tandis que les victoires de DVD dissidents et/ou autonomistes dans le Pacifique se font au détriment de la droite officielle, avec une fiabilité des votes, pendant la législature qui suit, assez aléatoire.

En outre, la droite est devenue très faible dans les grandes villes, même bourgeoises: plus aucune circonscription à Bordeaux et à Nancy, une seule à Lyon, des reculs à Orléans, Metz, Perpignan ou Marseille. Paris est évidemment emblématique, avec des réélections correctes de Lellouche et Fillon, mais sans plus.

Plus largement, l’Ile-de-France semble globalement résister car elle est favorablement découpée et très polarisée, mais la droite y est affaiblie: reculs dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne (avec la perte symbolique la circo de Vincennes), résistance seulement dans la 3e voire la 4e couronne et défense de justesse de plusieurs circos (Albarello en Seine-et-Marne et Chartier dans le Val-d’Oise, par exemple).

A ces constats urbains peuvent être associés les mauvais résultats chez les Français de l’étranger, où, comme à Neuilly, Boulogne-Billancourt et chez Guaino, les DVD ont été fortement présents, signe d’une volonté d’un électorat CSP+ de la droite de se voir proposer un profil plus Reinfeldt que CSU… plus Boris Johnson que Mariano Rajoy…

5. Cela pose globalement la question des rapports entre FN et UMP.

Là, les choses ne sont pas aussi claires que les médias commencent de vouloir nous le dire. Certes, la Droite populaire a été largement décimée, perdant la moitié de ses effectifs. Mais la situation des députés est territoriale et personnelle et n’a pas forcément à voir avec leur positionnement stratégique. Les contingents du Var, des Alpes-Maritimes, d’une partie de l’Alsace, de l’Ain, de l’Oise ou de la Loire compensent largement les échecs de Raoult, Barèges, Joissains, Lefebvre et autres Morano.

Des modérés sortent aussi affaiblis de ces élections (NKM, Bertrand, Chartier, Devedjian, Juppé et Fillon indirectement), d’autres ont perdu (Goulard, MAM, Montchamp), tandis que les copéistes se sont bien débrouillés (Copé, Riester, Courtial, Chatel, Tabarot). Comme on peut aussi souligner les victoires nettes d’autres modérés (Wauquiez, Pécresse, Baroin même si ce n’est pas pharaonique, Le Maire) et le sort contrasté des libéraux (Novelli battu, Briand élu) comme des centristes extérieurs (victoires de Lagarde, Jégo, Borloo, mais défaite de Charette) rendent en réalité le paysage assez confus.

Structurellement, les modérés souffrent de plusieurs faiblesses:

– leur division interne (que va faire Juppé ? que va faire Raffarin ? Wauquiez, Baroin, Pécresse, voire Le Maire semblent vouloir faire monter les enchères, ce qui ne peut que ralentir et encombrer Fillon, même s’il a un poste de vice-président et un poste de SG à offrir); ainsi, les ralliements à Fillon en sont pas assurés: il est perçu comme trop « personnel » et son passage à Matignon a refroidi ses relations avec nombre de soutiens potentiels (Juppé, Pécresse, Le Maire, Baroin, Borloo en externe, même Woerth, qui semble plutôt du côté de Copé a priori); en outre, chez les modérés, les « chefs » sont nombreux et les troupes moins puissantes, ce qui est le contraire chez les populo-sarkozo-copéistes, même après l’amaigrissement de la Droite populaire;

– les résultats député par député ne semblent pas dramatiques, mais la géographie électorale, elle, l’est davantage et ne permettra pas aussi facilement que cela de revenir à une ligne de « front républicain » ou, en tout cas, de fermeture plus nette à l’égard du FN: en effet, l’UMP a mieux résisté là où le FN est fort et peut la soutenir: c’est spectaculaire dans la Drôme et l’Oise, mais c’est aussi vrai dans le Territoire-de-Belfort, la Loire, l’Ain, l’Eure-et-Loir, quelque peu en Isère, dans la Marne et dans la Somme, et même dans la Seine-et-Marne, la Haute-Loire ou le Jura; bien sûr, là où le FN est vraiment plus « populaire », l’équation reste difficile (Aisne, Pas-de-Calais, Nord, Gard, Hérault, Meurthe-et-Moselle, des parties de l’Isère et de la Somme, voire une partie de la Moselle). Les reports du FN, c’est ce qui fait la différence, en 2012, entre une défaite (« à la 2007 ») et une déroute (« à la 2002 », voire « à la 1993 »). Même les modérés ne peuvent (malheureusement) l’ignorer: même dans l’Aube et la Haute-Marne, bastions du conservatisme et du gaullisme réunis, les triangulaires auraient pu être dangereuses… Baroin le sait bien…

– enfin, n’écartons pas la capacité de Copé à jouer au caméléon le plus basique. Il tente déjà d’arrondir son image, fait preuve d' »ouverture » sur les « mouvements » ou sur la ligne à suivre, envoie Dati prôner une droite moderne et ouverte et presque recentrée… Même si cela n’abuse personne et n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’UMP, car mieux vaut un duel clair et net, avec une victoire d’un camp et d’une ligne, pour en tirer les conséquences ensuite et pour, même, jouer ensuite sur la complémentarité d’un Copé battu avec un Fillon vainqueur, ou inversement… Bon, évidemment, cela n’a historiquement jamais marché à droite…

6. Plus fondamentalement, ce « grand écart » de la droite entre l’Ouest et l’Est, entre villes et zones rurbaines et rurales, entre durs-populaires et modérés-bourgeois, devrait conduire, au-delà même des questions de conflits entre chefs, à une réflexion sur le meilleur moyen de (er)créer une « grande maison commune », comme les Tories ou le GOP parvinrent à le faire dans le passé.

Il n’est cependant pas dit que cela soit possible: quel parti moderne parvient encore à le faire dans un régime démocratique normal ? (je ne parle pas du Japon, du Mexique, de Berlusconi, voire de la Hongrie…) Le GOP est en crise; les Tories sont en difficulté, tiraillés en interne et concurrencés en externe; le PP espagnol n’a gagné que par défaut.  Les « mouvements » au sein de l’UMP y suffiront-ils ? Leurs conditions statutaires actuelles de création sont draconiennes (c’était le souhait d’éviter la balkanisation à la socialiste…) et il n’est pas sûr que ce soit tellement compatible avec la culture du chef qui continue de dominer à l’UMP, qui est largement un RPR étendu.

Le modèle serait alors davantage celui d’une diversité de structures, comme dans beaucoup de pays d’Europe: Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, voire Pologne et à l’avenir Italie. La difficulté réside alors dans la délimitation des nouvelles frontières: on nous rebat les oreilles des centristes et du pôle centriste, mais Borloo est un échec ambulant et personne n’est en mesure de le remplacer, même si je répète tout le temps que Jean-Christophe Lagarde est prometteur. Ce n’est pas là le problème. Au contraire, il vaudrait mieux que NC et PR rejoignent les Juppé, Fillon, Pécresse, Raffarin, Baroin, Wauquiez, dans une sorte de parti de centre-droit ou central de droite (ou les deux !), tandis que les libéraux, Copé, les sarkozystes, la Droite populaire, constitueraient un parti de droite dure, à même de concurrencer le FN, de l’absorber en partie, de s’allier avec lui au besoin localement pour le « normaliser ». Il faudrait en effet que le parti de centre-droit, comme celui de droite dure, restent, chacun ou alternativement, plus fort que le FN ou, à tout le moins, que le parti modéré et le parti dur s’engagent à n’avoir qu’un candidat à la présidentielle, afin d’éviter une qualification du FN au second tour de la présidentielle. Cela n’empêcherait d’ailleurs pas un petit parti centriste croupion, comme un MoDem de centre-droit ou un petit réduit à la Arthuis.

Tout cela est fort théorique mais il n’y a pas quantité de modèles possibles. Adopter une attitude trop modérée, à la Reinfeldt, ne fera pas regagner suffisamment de terrain sur le PS social-démocratisé, sauf dans les très bonnes années, et renforcera encore le FN. Adopter une attitude trop dure et trop proche du FN (en dehors des problèmes philosophiques) éloignera définitivement les électeurs centristes ou flottants et condamnera l’UMP à subir le sort qui semble désormais coller au GOP « tea-partisé ».

L’UMP va-t-elle réussir à régler ce problème d’écartèlement permanent ? Va-t-elle se déchirer sous l’effet de cet écartèlement ? Ce ne serait pas en soi dramatique si c’est bien pensé et bien mené…😛 Tout est dit…

7. Ces problèmes stratégiques de la droite, déclinés en problèmes de positionnement, d’organisation partisane et de leadership, sont plus importants que ceux que rencontrent la gauche. Celle-ci est dominante partout, Hollande a remporté la présidentielle et a pris soin de ne prendre aucun engagement pendant la campagne législative (si tant est qu’il en ait pris pendant la présidentielle…), son gouvernement se retrouve donc avec les mains à peu près libres.

Toutefois, les questions sur l’autorité de Hollande ne manqueront pas de resurgir, même si l’élimination de Royal, l’effacement d’Aubry et la faiblesse des rébellions sporadiques à attendre des caciques recalés (Cambadélis, Bartolone, Assouline, Dray,…) semblent dégager l’horizon. Hollande n’a laissé dehors que les strauss-kahniens trop compromis car trop proches de l’ancien chef (Camba, Le Guen, Dray), les trop vieux jospinistes et les aubrystes les plus fidèles. Mais on sait bien que c’est lors des périodes de domination trop forte que les divisions sont les plus vives (1993-95 ou 2002-2007 pour la droite). Les comportements d’un Peillon ou d’un Valls montrent bien que les germes sont là.

Cela reste cependant, à court terme, gérable et Trierweiler saura sûrement se calmer pour quelques temps. En revanche, l’échec de Mélenchon et le recul surprise du PCF, dans un énième soubresaut, doublés de la disparition politique de Laguiller et Besancenot, vont poser un problème d’incarnation de la protestation à gauche. Avec en plus des syndicats qui ont envie de retourner à leur ron-ron traditionnel après 5 ans de sarkozysme, le risque est que la protestation soit désordonnée et donc incontrôlable ou qu’elle se porte encore davantage sur une Marine Le Pen toujours positionnée dans son « ni droite ni gauche » (la rejetonne de Samuel Maréchal ne risque pas de remettre en cause cette ligne, tout en veillant paradoxalement à plus de respect du vieil extrêmisme du grand-père, la fille étant peut-être plus encline à trahir le père, dès sa mort physique).

Bien entendu, il serait cyniquement possible de considérer, pour la gauche, qu’un FN encore plus haut ne fera qu’handicaper la droite et rejeter encore davantage le centre, voire le centre-droit, vers le social-démocrate Hollande, qui serait probablement ravi de se faire réélire contre… Marine Le Pen au second tour de 2017. Mais c’est jouer avec le feu.

8. En attendant la solution à ces problèmes, les groupes à l’Assemblée sont l’occasion de jeux politiques passionnants.

D’abord, voici les résultats selon mes propres décomptes, effectués député par député:
FG 10
Rég./ind. 10 (2 MIM, 1 ex-PCR, 1 UDB)
EE-LV 17
PS 278
DVG 22 (3 MRC, 1 MUP -le parti de Hue-, 12 PS diss., 5 DVG d’outre-mer modérés, 1 DVG d’outre-mer proche de l’EXG)
PRG 12
MoDem 2
NC 16
PR 11
DVD 20 (7 DVD modérés, 2 PCD, 1 CNI, 2 DLR, 2 MPF, 7 autonomistes du Pacifique)
UMP 182
EXD 1
FN 2

Cela signifie d’ailleurs que mon erreur globale cumulée (écarts sur les résultats de chaque sous-ensemble) est finalement de 26, soit 95,5% de réussite.
Mes erreurs locales sont finalement de 46, soit 92,2% de réussite.
Avec des bonheurs variables: 100% en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne; 97% en Nord-Pas-de-Calais, 96,3% en Bretagne (Fougères !), 95,2% en Lorraine (Lang ! :D), 94,9% en Ile-de-France (satanée Seine-et-Marne !), 94,1% en Picardie, 93,3% en Alsace et en Haute-Normandie, 92,9% en PACA, 92,3% en Midi-Pyrénées, 91,7% en Franche-Comté et en Auvergne, 91,3% dans le Centre et le Languedoc-Roussillon, 90,9% à l’étranger, 90,4% en Rhône-Alpes (Bérézina dans la Drôme), 88,9% en outre-mer, 83,3% dans les Pays de la Loire (un vrai échec en Vendée et dans la Sarthe), 76,9% en Basse-Normandie (échec généralisé), 73,3% en Bourgogne (surtout en Saône-et-Loire), 50% en Corse. Tirez-en les conséquences que vous voulez😉

Au total, c’est correct, mais sans plus à ce niveau, très franchement. Mais bon, l’essentiel, c’est le chemin, c’est le divertissement😉.

Voici, de nouveau, la carte définitive, mais corrigée des erreurs de la nuit de dimanche à lundi (Morbihan et Seine-et-Marne, avec des fausses joies dans les deux sens).

Les groupes, donc.
– Le PS peut ajouter à ses 278 députés un groupe de 10, voire 11 (avec Sylvie Andrieux), dissidents. Le PS peut les remercier d’avoir battu les Verts… Seul Falorni est apparemment pestiféré (pour combien de temps ?). Ainsi, même sans les 5 DVG d’outre-mer qui, logiquement, devraient s’apparenter à son groupe, le PS a la majorité absolue seul.
Si Le Roux devrait battre Martin sans problème pour le groupe, l’exécutif arrivera bien à imposer Lebranchu à l’Assemblée (plus facile de recaser Guigou au gouvernement; Bartolone et Glavany grossiront les rangs des frustrés, avec Cambadélis déjà tellement peu sûr de son étoile qu’il tente de s’accrocher à Désir; mais c’est sans grande importance car tous ces apparatchiki n’auront de capacité de nuisance que temporaire et n’ont plus vraiment de leader…).
Quant au PS, ce sera sûrement entre Désir et Rebsamen (au pire, ce dernier est déjà correctement « casé » au Sénat et les remaniements arriveront sûrement plus vite que prévu…). C’est indécent de voir tous les « grands » du PS dire que Royal doit faire autre chose, qu’elle peut rebondir, etc. alors que tous sont ravis de son échec et ne lui souhaitent qu’une chose: d’échouer encore une fois à prendre la tête du PS…
A moins qu’Aubry, prétextant de la crise, de je ne sais quel argument, ne se dise que, finalement, elle doit ravaler son exaspération et sa lassitude et doit conserver une base de pouvoir si un jour… A ce moment-là, il est évident que ni Désir, ni Rebsamen, ni un Delanoë dépouillé de ses troupes ne pourront lui contester la possibilité de rester.

– Le PRG peut également guigner des DVG ou rallier les MRC pour constituer son groupe.

– Même en perdant Duflot, les Verts peuvent compter sur l’UDB élu dans le Morbihan (et que j’ai rangé dans les « régionalistes » dans mes décomptes). L’équilibre des votes Mamère (gauche du parti)-de Rugy (« réalistes »)-Baupin (ex-hulotiste) sera intéressant.

– Le FG va devoir vraiment « travailler » pour avoir ses 15 députés (car n’imaginons pas que le seuil passe à 10: le Conseil constitutionnel avait jugé que 10, c’était le minimum pour le Sénat; or, avec 577 députés, la même proportion nous mène à 15,3…). Je n’arrive pas à penser que les 3 MRC le rejoignent, ni même le MUP. En revanche, les 2 MIM, l’ex-PCR, le DVG martiniquais plus proche de l’EXG et… Falorni (;)) un autre DVG d’outre-mer peuvent suffire.

– La recomposition du NC et du PR va être magnifique à suivre. Les lagardistes se rapprochent des radicaux-Borloo pendant que les morinistes prennent langue avec les MoDem. Mais que feront les radicaux-Léonetti et les centristes de l’UMP ? Je doute qu’ils rejoignent le mouvement. L’explosion de l’UMP n’est pas pour tout de suite. Si les lagardo-borloïstes doivent pouvoir constituer un groupe sans difficulté, les morinistes pourraient y parvenir avec quelques DVD modérés ou des autonomistes du Pacifique.

MISE A JOUR (mon article a été rdigé hier soir…): Borloo a réussi à réunir 17 députés dans l’UDI, union des démocrates et des indépendants, avec des radicaux hors UMP, les lagardistes du NC (Sauvadet sera vice-président), des DVD (Fromatin) et même des radicaux de l’UMP (Plagnol, Pancher). Des radicaux de l’UMP resteront au groupe UMP (Léonetti). On cherche désormais des radicaux hors UMP qui s’apparenteront au groupe UMP et des radicaux qui s’apparenteront à l’éventuel autre groupe centriste ou seront non inscrits😛
Même les morinistes de NC devraient suivre.
Finalement, ce sera peu ou prou  le groupe de l’ARES, sauf que l’ARES ne semble déjà plus véritablement exister. Le centre, ce n’est pas « combien de divisions ? » mais « combien de coquilles vides ? »: UDF qui existe toujours, MoDem (avec des nuances), AC, NC (avec des nuances), PR (avec des nuances), URCID, ARES, CD de Charette, GM de Bockel,… je n’inclus pas les Humanistes de l’UMP et ce qui reste peut-être de Besson… Je suis un peu méchant car, à chaque fois, cela représente quand même un positionnement et une stratégie différentes. Surtout, évidemment, c’est un ravissement de passionné de la politique… on se croirait revenu sur les bancs des députés pednant la IIIe République😀
A ce propos, je recommande le blog de Laurent de Boissieu, http://www.ipolitique.fr/, spécialisé dans les centres.

Sur le fond, il faut leur souhaiter bon courage, car Borloo n’aura en réalité aucune ambition pour le centre-droit: il a sa « petite entreprise » et cela lui suffit… Vivement Lagarde !

– Les 2 PCD et le CNI devraient s’apparenter à l’UMP. Les MPF et les DLR devraient se retrouver chez les non-inscrits avec Bompard, Collard et Panzermiss, éventuellement Falorni et quelques « ultra-marins ».

On le voit, s’il reste des petits bacs à sable au centre (en attendant la Grande Rupture de l’UMP ?), la bipolarisation dont nous parlent tous les analystes depuis 15 jours est réelle.

Mais c’est une  bipolarisation asymétrique et instable:
– asymétrique car la droite n’est pas hégémonique à droite, en raison de la présence de ce FN, hybride d’extrême-droite et de gauche et grignotant sur la droite, et avec lequel elle peut agréger ses forces;
– instable car la concurrence à gauche renaîtra et que l’UMP ne survivra peut-être pas.

Ce blog n’est donc pas mort, mais il se concentrera désormais essentiellement sur l’affrontement Fillon-Copé, en espérant que les sondages seront nombreux !😉

27 réflexions sur “Après des législatives devenues des élections subsidiaires, bipolarisation asymétrique, difficulté de stratégie pour la droite et difficulté d’incarnation pour la gauche

  1. Cet acharnement des barons du PS envers Falorni est vraiment ridicule. Que Ségogo haïsse à mort le félon qui l’a privée du perchoir qui lui revenait de droit divin, je le comprends aisément. Mais qu’Aubry et compagnia la secondent aussi caricaturalement (alors que la réintégration des 11 autres dissidents ne fait aucun doute) c’est incompréhensible. Enfin, avec un peu de chance tout va rentrer dans l’ordre et Ségo sera mise devant le fait accompli. Espérons.

    Je commence à aimer ce Lagarde. D’une part parce que je méprise Morin, mais surtout parce que la France a besoin d’un véritable centre droit pour empêcher la dérive de la droite vers le populisme national-réactionnaire (à moins que ce ne soit déja trop tard). Bref, pour une fois nous sommes d’accord sur ce qui serait souhaitable pour la droite. D’autant plus que tu te trompes sur un point : l’extrême-droitisation de l’UMP est une très bonne affaire, et dans l’avenir ce sera pour elle un atout majeur. Ce qu’elle a perdu et perdra dans l’Ouest, elle est en passe de le compenser dans l’Est. Il suffira ensuite de DFPiser le FN (ceux-ci s’y plieront plus aisément qu’on le pense, alléchés par l’idée d’exercer le pouvoir) et une véritable machine de guerre réactionaro-néolibérale sera sur pied.

    La suite des évènements sera sûrement palpitante : présidence de l’Assemblée, formation des groupes, présidence des groupes, congrès de l’UMP et du PS, premières passes d’armes législatives. Je ne doute pas que tu auras beaucoup à dire sur tout ça !🙂

    • Le problème pour la droite dure ou en voie de durcissement, c’est qu’elle perd aussi l’Ile-de-France et les grandes villes, même de l’Est: le Jura profond et le plateau de Langres, même renforcés du Diois, du Minervois ou, un jour, des Ardennes profondes, cela ne suffit pas à compenser la perte de Lyon, Metz, Nancy, Strasbourg, Reims, Marseille, etc.

      • Imagine un instant que le FN s’accorde avec la droite de gouvernement (ce qui, j’en suis persuadé, arrivera plus tôt qu’on ne le pense). Désistements automatiques, reports de voix de l’ordre de ceux entre le PS et le FG… Ce serait la panacée pour la droite. Dans un tel scénario, la « vague rose » de 2012 devient soudain une égalité gauche-droite. Imagine alors ce que ça signifierait structurellement pour la droite : les gains potentiels sont énormes, au vu de la quantité de circonscriptions remportées par la gauche à l’occasion de triangulaires ou de duels avec le FN.

        Je sais que c’est une conjecture un peu exagérée, et qu’une bonne partie du vote FN ne se reportera jamais sur la droite traditionnelle. Mais je suis sûr qu’en fin de compte la droite y gagne bien plus qu’elle n’y perd. On peut déja voir le début d’un « vote tactique », à la fois des électeurs FN vers la droite (le pourcentage du FN a généralement baissé d’un tour sur l’autre lorqu’il était en troisième position), mais aussi inversement. Il n’y a qu’à voir les 20 points gangnés par Philippot entre les 2 tours : l’époque du « plafond de verre » FN semble bien révolue… Une dynamique est enclenchée, qui est en train de faire sauter toutes les barrières entre droite traditionnelle et extrême droite.

        • Ce seraient des gains de courte durée, car la cassure avec l’électorat de centre-droit serait irréversible. En outre, le FN reperdrait ses électeurs populaires et rebelles, au moins en partie. Enfin -mais j’y reviendrai-, l’UMP n’a que très peu perdu de sièges en raison des triangulaires… Elle ferait mieux de trouver le « bon » candidat, capable de fermeté, mais sans complaisance avec le FN, de sérieux budgétaire, mais sans la mollesse centriste, histoire de gagner des 2 côtés.

          J’essaierai d’écrire quelques lignes maintenant que Ayrault II est enfin en place et que l’Assemblée se stabilise… Le paysage est désormais fixé…

          • Je n’en suis pas si sûr, hélas… Souviens-toi, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, tu étais convaincu (et moi de même) que Sarkozy creusait sa propre tombe en adoptant une ligne « à droite toute ». Résultat, il a gagné 3 points en une semaine, remportant une majorité des reports de Bayrou… Je pense que, fondamentalement, le centre-droit modéré se résignera à cet état de fait, d’autant plus que ses notables seront de toute façon affaiblis par la transformation de la démographie de la droite. Mais il en restera assez pour apporter une petite caution « humaniste » à une droite depuis longtemps devenue populo-réac.

            PS : Après ces législatives, il semble que la gauche soit soudain prise d’affection pour les français de l’étranger !😀

            • Qu’est-ce qu’on n’avait pas dit sur la démagogie électoraliste de Sarkozy quand il avait créé un secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger…

              En fait, en parlant des électeurs centristes et de centre-droit, je pensais surtout à ce petit troupeau dont j’ai longuement parlé et dont nous avons suivi les tribulations de DSK à Borloo, de Borloo à Hollande, de Hollande à Bayrou, finalement de Bayrou à Hollande. Ceux-là, la droite ne les a pas revus… Et ce sont eux qui donnent les 2% qui manquent…

              En disant centre-droit, je suis un peu excessif ou un peu « daté ». Eux-mêmes ou leurs parents l’étaient, au sens où ils votaient Lecanuet ou VGE. Mais il s’agit de ce centre flottant, désormais parfaitement à l’aise avec Hollande et même davantage qu’avec n’importe qui à droite, même Juppé.

              • Cet électorat est en effet probablement perdu pour la droite, mais il ne pèse pas lourd face à ce que pourrait rapporter un rapprochement durable avec le FN. Même si une frange d’hyper-protestataires (mais qui représente une part de l’électorat FN plus petite que ce que l’on a cru) se détournera d’une telle alliance, cela reste une très bonne affaire électorale.

                Quant aux deux points qui ont manqué à Sarkozy, ils sont très probablement dus au rejet de sa personne et non à un basculement massif des centristes à gauche (il y a certainement un nombre significatif de centristes qui ont voté Hollande, mais rien de suffisant pour remporter l’élection).

  2. Le trop-plein électoral est-il une cause majeure de la trop forte abstention ? J’en ai bien peur !
    Cependant, je suis résolument hostile à coupler les élections présidentielles et législatives.
    Avoir aligné le mandat présidentiel sur le quinquennat legislatif a contribué à inféoder le pouvoir législatif au pouvoir exécutif. A présent, les élections législatives servent à nommer le premier ministre, chef de l’exécutif.
    Actuellement, un peu moins de 10% des lois sont d’origine parlementaire. Le gouvernement a le pouvoir d’imposer ses priorités à l’ordre du jour de l’assemblée.
    Le pouvoir judiciaire n’est pas en reste puisque le parquet dépend staturairement du garde des Sceaux, donc une fois de plus de l’exécutif.

    Tous les pouvoirs sont donc concentrés au gouvernement, ce qui explique que les places y soient si chères.
    Où est le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs ?

    Même si un risque de cohabitation est possible, j’estime qu’il faut redonner le respect au parlement, là où le débat démocratique a sa place.

    • Le Parlement a bénéficié de nouveaux pouvoirs tout à fait réels en 2008, quoi que l’on pense de Sarkozy par ailleurs. Le premier problème des députés et sénateurs, c’est qu’ils ne se servent pas de ces pouvoirs…

      Le quinquennat et l’alignement des élections nous placent définitivement dans une logique présidentielle. Soit il faut aller jusqu’au bout (suppression du droit de dissolution et élection d’un vice-président), soit il faut revenir au parlementarisme rationalisé d’origine.

      Mais la médiatisation et la personnalisation vont plutôt dans le sens présidentiel américain… Et le soi-disant non-interventionnisme de l’Elysée actuel n’abuse personne… Les lignes téléphoniques Hollande-Ayrault doivent chauffer…😉

      • Je pense aussi que le couplage des présidentielles et législatives. Le système actuel fait des législatives une simple formalité, tandis qu’institutionnellement elles sont en réalité bien plus importantes que la présidentielle. En organisant les élections au même moment, au moins peut-on espérer que la mobilisation pour la présidentielle déteidra sur les législatives (un peu comme aux Etats-Unis, où la participation aux élections du congrès est beaucoup plus forte dans les années présidentielles que dans celles de « midterms »).

        Autrement, Jacob réélu aisément à la tête du groupe UMP. Premier échec de Fillon ?

        Et Lebranchu n’est pas candidate au perchoir, donc ça se jouera entre Bartolone, Glavany et Guigou. Qui va l’emporter à ton avis ?

        • Vaillant est également candidat, probablement pour prendre des voix à Bartolone (mais il prendra surtout à Glavany). Par défaut, ce devrait être Guigou, qui bénéficiera de l’appui de nouveaux députés.
          Mais une révolte à bulletins secrets (contre l’exécutif, s’entend) n’est pas impossible et pourrait pousser Bartolone.
          Je mise sur Guigou (je vais encore me planter ;)).

          • Je vais croiser les doigts pour Guigou. Pourquoi ? Parce que j’imagine la rage de Ségolène apprenant que la présidence revient à une femme… qui n’est pas elle !😀

            • Bon, ben, évidemment, j’avais tout faux: Guigou écrasée, même derrière le vieux grigou Glavany ! Incroyable.
              Guigou est sûrement glaciale et hautaine, mais franchement, elle les dépasse tous intellectuellement… Mais, c’est ainsi, dans ce beau pays, il y a une caractéristique majeure: on HAIT les gens dont le QI est trop élevé…

              Bon, ceci étant dit, au-delà de ma réaction personnelle, je ne peux que me réjouir de voir un fabiusio-aubryste prendre la tête de l’Assemblée, même si je crains que ses crocs soient bien élimés et qu’il ne fasse pas d’ombre à Hollandayrault.

              Mais on peut se dire aussi: tant mieux, maintenant que Hollande est à 100% en charge de tout et commence déjà à se déliter de partout (voir Ayrault dans Die Zeit, Vava dans Paris-Match et dans le monde de l’édition, Franz-im-Glûck lui-même paraissant ignorer les pistes de coupes bdugétaires étudiées par Bercy et Matignon…), il sera seul responsable et sera battu lourdement…
              Mais je commence à craindre que la droite soit totalement incapable d’en tirer profit, car tout part très mal, avec une scissiparité exponentielle…

              • « Mais, c’est ainsi, dans ce beau pays, il y a une caractéristique majeure: on HAIT les gens dont le QI est trop élevé… »

                Ce n’est malheureusement pas une spécificité française.😛

                Dommage en tout cas. Je connais peu Bartolone, mais il m’a tout l’air d’un apparatchik opportuniste et sans grande substance. Enfin, le perchoir est de toute façon un poste purement honorifique qui ne requiert pas vraiment une personalité charismatique.

      • Sur l’apport de Sarkozy aux pouvoirs de l’Assemblée, je suis très moyennement d’accord : les prérogatives de contrôle accordées à l’Assemblée ne seront pas exploitées par des députés totalement acquis à la cause de l’exécutif qui les a fait élire.
        Par ailleurs, Sarkozy a amendé la Constitution d’un certain nombre de droits de veto à disposition du gouvernement.
        Exemples :
        « Deux semaines de séance sur quatre sont réservées par priorité, et dans l’ordre que le gouvernement a fixé, à l’examen des textes et aux débats dont il demande l’inscription à l’ordre du jour. »
        « Le gouvernement peut inscrire à l’ordre du jour, par priorité, l’examen des projets de loi de finances, des projets de loi de financement de la sécurité sociale, … »

        Je ne veux pas faire de l’antisarkozysme (et surtout pas primaire) puisque tous les exécutifs font la même chose; mais accorder des pouvoirs à un partenaire dont on sait qu’il ne les utilisera pas, et s’accorder d’autres pouvoirs en contrepartie, la ficelle est un peu grosse !

        Coupler les 2 élections reviendrait à donner à l’Assemblée le rôle d’annexe du gouvernement, ce qui est déjà pratiquement le cas.

        Quant à Hollande, personne n’est dupe : il a déjà commencé à profiter d’un système qu’il condamnait.

        Ceci dit, je suis sans doute trop idéaliste sur le rôle parlementaire d’une démocratie. Et peut-être je me trompe complètement !

        Va savoir, Charles !

  3. Bonne nouvelle que tu continues ce blog sur l’affrontement sanglant qui se prepare a droite!

    quelques questions:
    – quel avenir/potentiel pour 2017 pour Borloo et son groupe/futur parti UDI?
    Quoiqu’on dise du personnage et de son image « d’ecran de fumee » ou de « retournage de veste », en creant un groupe et possiblement un parti, Borloo semble en mesure de rassembler pas mal de sensibilites au centre. En etant dans l’opposition pendant 5 ans, ce nouveau parti n’aurait-il pas beaucoup plus de possibilites d’exister/de peser plutot qu’en etant « force » de suivre l’UMP quand il etait en mode gouvernance?

    En voyant a long terme, 2017, s’il parvient a conserver et etoffer son futur-parti, on voit mal comment Borloo ou un autre qui l’aurait remplace d’ici la ne se presenterait pas pour les presidentielles. Si c’est le cas, son image de « centre-droit » et non plus « centre-centre gauche » qu’avait finalement le Modem, ferait perdre plus de voix a l’UMP et ferait courir un gros risque a la droite de voir le FN lui passer devant au second tour…

    Pour l’UMP,
    Si Cope sort vainqueur, l’UMP devrait se rapprocher du FN: les siphoner comme avait fait Sarkozy mais laisser un boulevard a un parti de centre droit comme l’UDI… Peut-on serieusement imaginer qu’un Sarko bis pourrait gagner en 2017 face a Hollande? Ce scenario pourrait reellement profiter a un changement venu du centre ou un Borloo ou autre profiterait d’une guerre UMP-FN pour leur passer devant?

    Si Fillon gagne, l’UMP serait plus moderee et on aurait un scenario inverse: avec un UDI marginalise et un FN plus fort encore que 2012?
    L’UMP serait en « concurrence » avec l’UDI et ce pourrait etre, ironie du sort, le FN qui sortirait vainqueur entre les 3?

    Question finale: quelle serait la bonne strategie pour:
    – etre devant le FN au premier tour de 2017…
    – gagner contre Hollande au deuxieme tour…

    • C’est tout le problème en effet. Je n’ai pas de solution et l’UMP va avoir du mal à en trouver une, car je crains que la victoire à l’intérieur du parti, quelle qu’elle soit, soit étriquée et pyrrhique.

      Un leader fort, charismatique, centralement de droite (pas trop centriste pour éviter de faire fuir la droite dure, pas suspect non plus d’une quelconque faiblesse à l’égard du FN), voilà ce qu’il faudrait, mais cela n’existe malheureusement pas…
      Fillon est idéalement place, mais côté force et charisme…

      J’essaierai de revenir sur vos questions dans un autre article.
      Mais les commentaires restent ouverts au débat😉

      • Quand on voit ce que Hollande a réussi à faire en moins de 2 ans, je me dis qu’en 5 ans Fillon a de quoi largement améliorer son image et de gagner en force et charisme. A l’occasion de primaires ouvertes à droite, par exemple🙂
        Fillon a su rester 5 ans à Matignon sans voir son image définitivement grillée, ce qui n’est pas un mince exploit.
        S’il est resté dans l’ombre de Sarkozy c’est sûrement aussi par calcul.

        Je ne pense pas qu’il y ait une véritable composante « de gauche » au FN, ou alors très minoritaire. Je pense que les reports de voix vers le PS s’expliquent par l’opposition au « système » vu actuellement comme le gouvernement de droite. Mais en 2017, même si l’UMP reste sur une ligne plutôt centriste, même sans faire d’alliance, il suffira qu’il s’oppose au gouvernement PS et de parler « d’assistanat » pour avoir des reports FN vers UMP probablement plus proche de ceux du FG vers le PS actuellement. Reste la progression du FN au sein de la droite, qui est assez difficile à cerner pour moi. Mais plus il augmente, moins l’UMP a intérêt à se diviser, non ? Qu’il y ait accord FN-UMP ou non, d’ailleurs.

  4. C’est la première fois que je commente ici, mais je voulais bien le faire avant sauf que j’ai jamais eu le temps. Et non, ce n’est pas pour vendre mon 93% sur mes prévisions 2eme tour… enfin peut-être un peu🙂

    Ton scénario, fort intéressant, sur l’avenir des droites me fait penser au scénario de le IIIe, avec un centre-droit style AD qui n’est pas un centre-droit MRP/CDS mais plutôt laïque, social-libéral (même si je doute que l’AD aurait été un des plus grands fans de l’écolo-centrisme-socio libéral borlooiste!), plus européen et libre-échangiste, plus modérée quoi mais clairement un parti de droite au contraire des RadSocs (qui, bien sur, sont devenus les socialistes!); avec en face une droite plus « dure » style FR/Paysan qui est plus nationaliste, moins européen et libéral, plus conservateur et traditionaliste, avec peut-être des liens avec certaines parties de l’extrême-droite. Est ce que j’ai raison sur ce lien historique avec ton scénario (qui ouvre une porte pour un petit scénario ‘alternate history’ du futur…)?

    • C’est une comparaison intéressante et qui tient la route.
      Alors, évidemment, dans ce paysage, Copé « jure » un peu car il est intrinsèquement libéral, au sens économique du terme (encore qu’un énarque réellement libéral, je ne sais pas si cela existe ;)).

      Or, il faudrait que Copé reste dans ce parti plus nationaliste, car Mariani, Myard, Estrosi, Hortefeux, cela ne suffira pas. Il faudrait même y laisser Chatel et Novelli. Car le but serait d’absorber suffisamment de FN, non que l’UMP réduite se fasse absorber par le FN😛

      D’une certaine manière, Méhaignerie, certes ancien CDS, mais assez libre-échangiste et « fiscal conservative », est bien dans la ligne de cette nouvelle droite modérée.

      Oserais-je dire que ce serait un peu du Cameron-Clegg d’un côté et du Thatcher-Duncan-Smith-UKIP de l’autre ? Non, ta comparaison tient mieux.

      Heureux que tu interviennes ici aussi.
      Et certains lecteurs pourront ainsi approcher leur Dieu ;D

      • Pour étendre la petite comparaison, on peut peut-être mettre un tout petit centre-droit, style Arthuis (vu que le MoDem est quasiment mort) et supplétifs du NC avec des racines dans la vieille UDF/CDS, qui serait un peu le PDP de la IIIe, même si je conviens que le PDP était pas mal plus a droite du MRP…

        Enfin, si tu préfères faire avec des comparaisons anglo-saxones; ça serait quasiment comme la droite canadienne entre 93 et 03; avec les PCs et l’Alliance/réformateurs…

        • Ah, la comparaison canadienne me va bien🙂

          Arthuis est lui aussi assez à droite en réalité, mais peut-être différemment du PDP, car davantage sur le plan économique et budgétaire. Là encore, la comparaison est effectivement bonne à filer.

          Il y a sûrement des cas de figure un peu similaires dans certains pays scandinaves, mais c’est un peu différent dans le sens où 2 ou 3 partis de centre, centre-droit et droite peuvent s’y permettre d’être quasiment tous en-dessous du parti populiste (oui, je sais, le mot est galvaudé…), mais le système proportionnel leur permet de gouverner ensemble.

  5. Les parachutages ne fonctionnent pas quand le dissident local reste et qu’il ya une triangulaire.
    Ségolène Royal et Guéant auraient été élus sans cela.
    En ce qui concerne la droite, on voit bien la grande force qui était celle de Sarkozy et qui est évidente depuis son retrait (momentané ?) de la vie politique française : avoir réussi à fédérer une grande droite qui allait d’une partie de l’extrême droite au centre.
    Sans leader les fractures et divisions ressurgissent, avec des bagarres idéologiques mais surtout d’égo. On voit beaucoup de vautours à droite que l’on n’avait pas entendu pendant 5 ans venir se repaitre du cadavre de la droite.
    Le centre droit s’étant fondu dans l’UMP en partie, le centre gauche un peu dans le modem puis finalement dans le PS, le centre a tout simplement disparu.
    Merci Bayrou.
    Cela ne pose pas de problème pour le PS qui peut aussi bien s’allier avec le centre que sans aucune honte avec les communistes du front de gauche, tout en critiquant hypocritement l’UMP dès qu’ils font un pas à droite.
    Le plan de Mitterrand a finalement bien fonctionné.
    L’UMP est prise au piège, soit ils se recentrent et laissent un boulevard au FN, avec qui ils ne peuvent s’allier car la gauchisation des esprits a réussi à faire croire que c’étaient des fachos, même à droite, soit ils se « droitisent » et se font limite traiter de nazis (cf. Libé, l’huma et une bonne partie des gauchistes)
    Sans un grand leader pour tenir tout ça il n’ya que 2 alternatives :
    – Recentrer l’UMP et s’allier avec le FN, peut être payant à court terme mais à long terme sera la fin de l’indépendance de l’UMP à droite, le FN n’ayant pas vocation à s’y fondre.
    – Recréer un grand centre droit type UDF et l’UMP redevenant une vraie droite qui s’assume type RPR, de façon à affaiblir le FN pour ensuite s’allier avec le centre-droit aux élections, laissant les 2 grands courants de droite s’exprimer.
    En suivant les rebelles Jouanno ou Bachelot qui veulent un recentrage de l’UMP sans accord avec le FN, on signe un chèque en blanc pour que la gauche soit au pouvoir pour au moins 10 longues années…
    La France n’est pas passée à gauche, le score à la présidentielle du candidat entrant normal le prouve en étant le plus bas de la 5ème république après Giscard 74, et le fait qu’il n’ait même pas la majorité des voix des gens s’étant déplacés pour voter, 52% des votants n’ont pas voté pour le candidat entrant normal. On est très loin du raz-de-marée qui devait balayer Sarkozy.
    Le courant Bachelot-Jouanno qui tire sur l’ambulance répète à tout va que la stratégie de Sarkozy/Buisson a été mauvaise et a été la cause de sa perte.
    C’est bien entendu entièrement faux.
    Sans cette stratégie Marine LePen faisait 25% et passait au second tour.
    Avec la crise et la propagande médiatique des amis de la gauche Sarkozy ne pouvait pas défendre son bilan économique qui, on le voit bien avec les reniements successifs du candidat entrant normal depuis bientôt 2 mois, était finalement relativement correct.
    Bayrou étant passé à gauche et l’abstention d’une grande partie des électeurs FN ont fait le reste.
    Les législatives ne sont pas surprenantes, avec l’élan présidentiel et l’énorme abstention, surtout à droite, démotivés, ce n’est certainement pas une victoire idéologique de la gauche. Du PS dans la gauche certainement. Les verts et les communistes du FDG sortent à mon avis affaiblis politiquement de ces élections, malgré le joli holdup de la bande à Duflot.
    Je pense que le local est aussi une usure de la droite après 17 ans de présidence à droite et 10 ans de gouvernement.
    Quelque-part ce quinquennat rééquilibrera les choses, en montrant que le PS sera tout aussi impuissant que la droite, et même pire.

  6. Alors, la jeune députée Marion Maréchal-Le Pen, « panzergirl » comme Horos aime si bien l’appeler, se fait bouder par certains députés, dont Copé et NKM, d’autres ont un sens plus noble de la démocratie et de la noblesse et « osent » la saluer. Perso, je pense que Marion aurait gagné à tendre la main à chacun, même si elle se prendrait un vent, elle aurait paru plus noble face à ces vieillards aigris et dépassés. En tous cas, l’image d’un Copé obligé de s’assoir à côté d’un Collard est à mourir de rire. Je vous l’avais dit, on va bien se marrer dans les 5 prochaines années!

    • C’est marrant de voir ceux qui critiquent le côté soit disant non-républicain du FN et qui ne respectent pas une élue de cette même république, élue par le peuple.

    • En fait, Panzergirl, c’est pour la tante: juste une blague sur le forum de Dave Leip… Du coup, j’ai décliné en Panzermiss pour MMLP. C’est pas brillant, brillant, mais il faut aussi se détendre…

      J’essaierai d’écrire un petit article d’ambiance d’ici le week-end, mais je ne promets rien. C’est un peu le trou d’air après l’intense activité électorale, il faut bien l’admettre. Certains diraient la gueule de bois !😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s