Election à la présidence de l’UMP: Copé va-t-il reprendre le dessus sur Fillon ?

Comme Ségolène Royal, ce blog n’est pas mort, mais il est un fait qu’il est quelque peu en retrait😉. C’est ce que j’avais annoncé, me rendant toutefois face à l’amicale pression (moyennement) générale pour continuer jusqu’aux législatives (bonne idée, les cartes nous ont permis de nous amuser et de nous « griser » pour quelques semaines) et, désormais, jusqu’à la présidence de l’UMP, mais en ne postant qu’épisodiquement, en fonction de l’actualité sondagière. Celle-ci est malheureusement peu intense à propos de l’UMP…

Dans mon article précédent, j’avais indiqué que l’après-législatives n’apparaissait pas spécialement favorable à Fillon, même si, en réalité, il conservait beaucoup de raisons d’espérer. Malgré les sondages, le consensus majoritaire semble plutôt être à un retour en force de Copé, fondé sur la mobilisation de la base. Fillon va-t-il se faire doubler ?

1. Le sondage CSA pour les Echos, réalisé les 26 et 27 juin (échantillon de 1005), montrait que son image auprès des électeurs de droite s’effritait, même si elle restait largement positive (respectivement image positive/négative/ne sait pas):
Fillon 84 / 14 / 2 (-10)
Juppé 80 / 16 / 4 (-5)
Bertrand 69 / 23 / 8 (=)
Copé 68 / 27 /5 (-1)
NKM 61 / 31 / 8 (-1)

Par ailleurs, des candidatures ou, plus largement, des possibilités de candidatures émergent en grand nombre à mesure que l’été avance:
– Dominique Dord est officiellement candidat, même si cela a reçu peu d’échos;
– Le Maire, Baroin, Bertrand, NKM, Dati, Estrosi n’excluent rien, comme l’on dit en pareille circonstance, même s’ils se cachent tous derrière la nécessité que leurs idées « soient reprises » d’ici la fin août ou le début septembre.

Nous l’avions déjà souligné, le phénomène tient largement à la volonté de se placer auprès des 2 (ou 3, du temps où Juppé avait encore une chance) poids lourds. Mais Pécresse, suivie -probablement plus tôt qu’il ne le pensait- par Wauquiez, a un peu brisé l’intérêt de cette technique. Au contraire, elle a relativement bien joué, en pouvant, plus tard, faire valoir son antériorité dans le ralliement (comme Fillon l’avait fait dès 2005 à l’égard de Sarkozy, après son « renvoi » par Chirac et Villepin); évidemment, si Fillon perd, comme elle n’a pas de base propre (contrairement à Wauquiez ou Bertrand), elle sera grande perdante…

L’autre facteur contraignant, c’est le caractère restreint du ticket que chaque candidat à la présidence devra composer: seulement un vice-président et un SG à ses côtés, cela réduit fortement le champ des possibles, surtout s’il faut envisager d’intégrer un ancien UDF (je ne parle même pas de la volonté de voir apparaître à la fois du centriste, du libéral et du radical…), espérer ne mécontenter personne dans les différentes tendances de l’ex-RPR, tenter d’équilibrer géographiquement ou parvenir à représenter les différentes générations. Ce ticket réduit n’offre pas assez de perspectives et crée au contraire beaucoup de mécontents: une vraie difficulté à gérer…

Alors même que Copé va, peu ou prou, être contraint de reprendre Raffarin comme vice-président, il ne lui restera plus que la place de SG à offrir. Que privilégier ? L’efficacité technocratique et organisationnelle, réelle (Le Maire) ou supposée (Baroin – oui, Baroin est probablement plus proche de Borloo que de Juppé, de ce point de vue…) ? Le poids d’une grosse fédération ou même de plusieurs (avec Estrosi, même si le ralliement de Ciotti à Fillon est un coup dur pour Estrosi et Copé) ? Une femme (Dati, mais elle est totalement incontrôlable; NKM est trop éloignée idéologiquement) et/ou de la « jeunesse » (Baroin et Le Maire sont-ils si « jeunes » ?…) ? Un élargissement idéologique (Daubresse) ? Aucune solution n’est réellement bonne et un choix « chasse » les autres.

Aussi, le bal des prétendants aux seconds rôles semble tellement nourri, que les volontés de ceux-ci s’annihilent entre elles. Or, c’est parmi les soutiens potentiels de Copé que le trop-plein se manifeste le plus nettement: Estrosi, Dati, Baroin, Le Maire, sur le papier, devraient être derrière Copé, même si, dans le cas de Le Maire et de Baroin, la proximité idéologique est davantage avec Fillon.

Certes, certains se positionnent davantage sur le créneau de la motion et du « mouvement » que de la candidature à la présidence (libéraux de Chatel-Novelli-Longuet, certains gaullistes avec Karoutchi, « humanistes » et giscardiens autour de Raffarin et/ou Léonetti, voire les sarkozystes historiques avec Hortefeux), mais l’éparpillement se manifeste là encore davantage du côté de Copé.

Ce bourgeonnement de candidatures potentielles doit aussi au fait que l’UMP n’est pas habituée aux courants comme le PS, qui les pratique depuis 40 ans. Au PS, tous les seconds et troisièmes couteaux savent désormais estimer a priori s’ils ont des chances ou pas et savent « jauger » de la nécessité de se rallier, de s’allier ou de se taire provisoirement. A l’UMP, ils pensent tous pouvoir concourir, alors que beaucoup ne franchiront même pas l’étape des parrainages et des signatures (cf. mon article précédent) et que ceux qui y parviendront courent le risque d’un score à la Bockel.

A cet égard, précisons qu’au 30 juin 2012, il y avait 264 137 adhérents à jour de cotisation à l’UMP. Pour pouvoir postuler à la présidence, il faut donc rassembler 3% de signatures, soit 7 924, dans 10 départements différents (même Fillon ne semble pas avoir commencé la collecte).

Certaines candidatures sont enfin poussées par l’un ou l’autre poids lourd pour tenter de déstabiliser l’autre, notamment, aujourd’hui, le seul vrai candidat déclaré, Fillon. Il est peu douteux que Copé voit effectivement d’un bon oeil ce « parasitage » supposé, voire l’encourage. Un « pacte » avec Baroin ou Le Maire (du type DSK-Aubry, c’est-à-dire plus implicite qu’autre chose, plutôt que du type Blair-Brown) n’est pas à exclure, ni, bien entendu, une opération plus directement téléguidée dans le cas de Dati ou d’Estrosi.
De manière similaire, il n’est pas impossible que NKM, voire Le Maire, « roulent » en partie pour préparer une éventuelle opération Juppé de « sortie par le haut ». C’est toutefois beaucoup moins probable et la candidature anticipée de Fillon a clairement court-circuité Juppé et nettement affaibli ce dernier.

Au final, le foisonnement des déclarations d’intention n’est en réalité pas si favorable à Copé car, si même des éléments a priori fidèles comme Baroin, Estrosi ou Dati songent à se lancer, c’est bien que son propre contrôle de l’UMP est loin d’être total et que sa candidature n’est pas si évidente que cela. Si trop de ralliements s’opèrent ensuite en considération d’une soi-disant « reprise des idées », cela aura toute l’apparence de l’artifice et de la manipulation, ce qui serait également défavorable pour Copé. Il s’agit bien de candidatures potentielles et non d’appels à la candidature de Copé avec, à défaut, une candidature personnelle à la clef, ce qui aurait été, formellement, plus favorable à ce dernier.

Plus généralement, trop de parasitage contre Fillon tue le parasitage: pour les médias (qui ignorent le pauvre Dord), Fillon est le seul candidat et tout le reste, c’est le « bruit » ambiant; ces faux candidats se transforment un peu en Sept Nains et certains commencent probablement à se dévaloriser à force de tortiller leur positionnement (en particulier Bertrand, NKM et Baroin; Le Maire, au moins, a le mérite de mettre réellement en avant des idées, même si elles sont le copié-collé du petit bréviaire filloniste).

2. En réalité, Fillon possède les avantages de ses faiblesses:

– il est moins « marqué », au point que certains pourraient s’étonner qu’un gaulliste social tienne un discours d’austérité euro-réaliste et ne renie pas la fermeté sarkozyste en matière de sécurité ?
Justement, par sa simple personne, il rassemble déjà plus largement qu’un Copé droitisé, « sarkozysé » sur la forme (amour de l’argent, ambition, arrivisme, activisme) comme sur le fond (identité nationale, bienveillance à l’égard du FN) et y ajoutant même des facteurs défavorables aux yeux de l’électorat (c’est un énarque, il a une image technocratique, il est bien plus libéral en économie que le colberto-opportuniste Sarkozy, il est réellement intelligent);

–  il a moins de réseaux et de soutiens que Copé, voire apparaît seul ?
Justement, il a moins de monde à récompenser et il peut se permettre de présenter un ticket renouvelé (Wauquiez et Pécresse ont l’avantage de la jeunesse et de représenter, peu ou prou pour le premier, l’ancienne UDF et, pour la deuxième, le RPR chiraquien); il n’a pas trop à se soucier de ménager l’un tout en promettant à l’autre et en nommant quand même un troisième;

– il ne contrôle pas l’appareil et ne compte pas de majorité dans les grosses fédérations ?
Justement, il peut apparaître plus libre, peut faire campagne de manière plus souple et « légère » et peut se concentrer sur ce qui, désormais, entre largement en ligne de compte pour les électeurs, que ce soient dans des élections internes ou dans des élections générales: le positionnement personnel. Fillon est plus proche de la situation d’un Hollande que de celle d’une Aubry (à laquelle Copé pourrait être davantage comparé, seulement en termes de positionnement interne, bien entendu);
par ailleurs, désigner Ciotti comme directeur de campagne indique qu’il ne néglige pas l’efficacité organisationnelle et qu’il ne sous-estime pas la dureté du combat;

– il n’est pas perçu comme fiable et fidèle et n’attire pas les soutiens ?
Justement, il lui suffit de ne pas être Copé pour être sûr, au final, de récupérer les Bertrand, NKM, Jouanno, Apparu, voire Accoyer, MAM, Ollier. En attendant, que Bertrand fasse semblant d’hésiter lui libère la nécessité de composer avec une équipe trop composite et trop divisée; c’est peut-être encore plus vrai avec l’égotiste NKM, toujours délicate à cornaquer.

Le sondage TNS-Sofres-Sopra Group pour i-Télé, réalisé le 5 juillet dernier (échantillon total de 1010), confirme la prééminence de Fillon (dans l’ensemble des interviewés / parmi les sympathisants UMP) pour ce qui est de la personne « qui incarne le mieux l’opposition face au gouvernement aujourd’hui« :
Fillon 29 / 49
Copé 12 / 24
Juppé 16 / 22
Le Pen 23 / 14
aucun 14 / 5
Borloo 5 / 4
Bayrou 3 / 1
ne sait pas 13 / 4

Le rapport de force est équivalent en ce qui concerne la personnalité qui a « le plus de potentiel pour incarner l’opposition à l’avenir« :
Fillon 30 / 48
Sarkozy 11 / 25
Copé 10 / 20
Juppé 17 / 18
NKM 5 / 5
Le Maire 3 / 4
Baroin 5 / 3
Bertrand 2 / 2
Wauquiez 1 / 2
Pécresse 1 / 1
aucun 13 / 0
ne sait pas 19 / 6

Bien entendu, TNS-Sofres ne nous dit pas combien de réponses étaient possibles (manifestement plus d’une…) et quels « électorats » ont fait deux choix (Sarkozy-Copé ?), ni quelle était la taille de l’échantillon des « sympathisants UMP ». Toutefois, les proportions se ressemblent d’un sondage à l’autre et Fillon est le seul à réellement battre… Sarkozy et donc la nostalgie de victoires passées (pourtant bien réduites si l’on excepte 2007 !). Fillon est comme Merkel: pas vraiment charismatique mais de plus en plus incontournable et central pour son partiJuppé est un peu le Giuliani de 2008: populaire, pronostiqué haut, jamais vraiment écrasé dans les sondages mais jamais au bon endroit au bon moment, « pschitt » comme aurait dit Chirac (celui-ci avait au moins raison sur une chose: Juppé était bien « le meilleur d’entre nous », mais, en France, ce n’est jamais le meilleur -dans ce sens- qui gagne…😦 ). Copé ne progresse pas et fait penser à ces Huckabee 2008, Gingrich 2012, Santorum 2012, censés électriser la base et prévaloir sur McCain ou Romney, mais finalement incapables de l’emporter sur le candidat considéré comme le mieux placé pour gagner les élections « générales ».

Le dernier baromètre IFOP pour Paris-Match, réalisé les 12-13 juillet (échantillon total de 1008), comprenait, comme en juin, un « duel » Copé-Fillon, avec simplement l’expression d’une « préférence entre personnalités » (dans l’ensemble de l’échantillon/parmi les sympathisants UMP)
Fillon 73 (-3) / 81 (+2)
Copé 22 (+3) / 18 (-3)
aucun 5 (=) / 1 (+1)

La baisse de Fillon dans la population générale tient essentiellement à son recul dans les électorats FN et FG… Rien de bien grave à cette heure, donc😛
Dans le détail, le score de Fillon augmente avec l’âge, ce qui est toujours une bonne nouvelle dans le cadre d’un scrutin interne, de « spécialistes » et attirant des personnes motivées. Les scores sont plus uniformes en matière de diplômes jusqu’au niveau bac; en revanche, pour les diplômés du supérieur, l’avance de Fillon est plus nette.
Si Fillon est largement dominant chez les professions libérales et les cadres supérieurs (84/13), il est très fort chez les retraités (79/15) et les artisans-commerçants (75/25), éléments importants dans l’électorat UMP. Il n’est pas ridicule dans les professions intermédiaires (68/27) et n’est « faible » que dans l’électorat populaire-populaire, moins représenté à l’UMP (65/30 chez les employés et 68/31 chez les ouvriers).
Logiquement, il est dominant dans l’électorat MoDem (86/14) et Bayrou (84/16), dans l’électorat PS (78/19) et dans l’électorat Sarkozy (77/21). Il n’est pas si élevé dans l’électorat EE-LV (71/24), mais l’échantillon est peut-être faible. Le plus drôle est bien entendu le bon niveau relatif de Copé, le libéral, l’associé d’un grand cabinet d’avocats, l’énarque triomphant, dans l’électorat FG (59/33), LO-NPA (63/26, même si l’échantillon est infime) et FN (60/33), étant posé que Fillon est meilleur dans l’électorat Le Pen large (68/28), probablement une bonne nouvelle pour lui au regard des électeurs potentiels, même au sein des adhérents, de la côte méditerranéenne.

3. Evidemment, d’aucuns pourront répliquer qu’en sens inverse, Ed Miliband a prévalu sur David (mais, justement, certains s’en mordent les doigts, tant Ed est désormais quasiment la seule incertitude sur le chemin de la reconquête par le Labour…) et que Copé possède encore des avantages importants:
– le contrôle de l’appareil central, de l’accès aux fichiers d’adhérents, des différents courriers et publications qui parviennent aux adhérents; la décision, sous couvert d’économies budgétaires (l’UMP perd 12 millions de financement public par an… glups…), de recourir à un vote papier par circonscription et non à un vote Internet va favoriser les militants les plus mobilisés (potentiellement plus copéistes) et laissera évidemment la porte ouverte à des bourrages d’urnes plus aisés…
– le soutien assez large des grosses fédérations du Sud-Est (Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Gard, Hérault) et une bonne présence dans les autres grosses fédérations françaises, soit directement (Seine-et-Marne, Rhône, Nord), soit indirectement au travers des sarkozystes et de tout ce qui est anti-Fillon (Hauts-de-Seine, Moselle) laissent peu de grosses fédérations à Fillon (Yvelines, Paris à moitié), même si un ralliement de Falco, après le ralliement de Ciotti, pourait entamer la prédominance copéiste dans le Sud-Est et celui d’un Richert de quelques autres barons alsaciens pourrait rééquilibrer le Bas-Rhin et le Haut-Rhin;
– le soutien de beaucoup d’élus, qui commence d’être mis en branle au travers d’appels à sa candidature, qui peut cependant présenter le désavantage de contredire l’axe de campagne initial (Fillon candidat des barons et des élites contre Copé candidat de la base et des militants « d’en bas ») et d’apporter des soutiens peu avantageux (Tron par exemple);
– un engagement personnel fort et une volonté et une ambition très fortes et anciennes, celles qui font les futurs présidents de la République;
– un positionnement plus à droite qui semble davantage correspondre au profil actuel des militants de l’UMP;
– une alliance au moins objective avec des cadres importants du parti, dans beaucoup de sensibilités (Raffarin, Daubresse, Novelli -même s’il semble plus hésitant qu’initialement envisagé-, Hortefeux, Estrosi, Karoutchi,…).

4. Mais Fillon paraît en mesure de faire mentir les pronostics pessimistes:
le « culte du chef » n’est pas forcément aussi systématique que les apparences gaullo-chiraco-sarkozystes ont pu le laisser penser; en 1999, MAM avait réussi à vaincre Delevoye, le candidat (certes lui-même très peu leader dans l’âme…) du « chef » Chirac à la présidence du RPR (n’oublions d’ailleurs pas qu’à cette occasion, Fillon avait fait campagne -Devedjian étant le 4e larron- et avait déjà pu se faire apprécier des militants; certes, c’était il y a 13 ans, mais les jeunes ont simplement vieilli😉 et les vieux sont un peu plus vieux !)
la « normalité » de Fillon, les comparaisons que l’on peut faire avec Hollande ou Ayrault, ne sont pas forcément un handicap dans la mesure où, en tout cas pour le moment, le modèle Sarkozy continue d’être rejeté; en outre, il « suffit » d’être au niveau de Hollande… quand on dirige aujourd’hui l’UMP; bien entendu, les choses pourront changer et l’éloignement présidentiel, avec le quinquennat et le précédent Sarkozy, cela ne marchera peut-être plus (on perçoit déjà des signes d’impatience face à « lou ravi » Hollande…); mais, pour le moment, Fillon combine une certaine stature de sérieux et d’homme d’Etat (que cela soit réel ou non) avec une plus grande tranquillité non-sarkozyenne, et c’est suffisant; Sarkozy a dévalorisé à la fois l’homme providentiel et l’homme de l’action permanente: si le second reviendra sûrement en grâce rapidement, le premier mettra plus longtemps à ressusciter;
Fillon conserve un positionnement central à l’UMP qui n’est pas forcément un handicap, car le renouvellement des adhérents depuis 2002 et surtout depuis le pic 2005-2007 ne s’est pas forcément effectué dans le sens que l’on peut penser; beaucoup de « droitiers » attirés par Sarkozy ont pu quitter l’UMP au fur et à mesure de la déception et des défaites électorales du quinquennat Sarkozy;
ce positionnement central vaut sur le plan idéologique, Copé n’étant central que fonctionnellement (comme Aubry avant lui);
l’electability compte désormais davantage et Fillon est évidemment plus avenant pour l’extérieur que Copé, en raison des caractéristiques de ce dernier, rappelées ci-dessus; en outre, si Borloo arrive enfin au terme de ce qu’il doit faire depuis déjà de nombreuses années (on ne rit pas !), Copé pourrait très bien se retrouver asphyxié entre une Le Pen au zénith après 5 années de descente aux enfers et d’impuissance socialiste face à la crise, propres à désespérer Billancourt mais aussi le bureau A 213 de la caisse locale de Sécu, d’une part, et un Borloo plus modéré et apte à récupérer le centre-droit et les anciens électeurs de Bayrou;
je me répète, mais ce sont bien Royal et Hollande qui ont prévalu en 2006 et 2011, non Fabius ou Aubry; certes, il s’agissait de primaires et, pour la direction d’un parti, la donne peut être différente; sauf qu’il y aura identification chef-candidat, car c’est l’UMP, que le chef du parti d’opposition est le candidat naturel et que les statuts l’impliquent au moins indirectement (le président devenu Président n’étant pas remplacé à cette place);
la cacophonie actuelle à l’UMP ne semble pas maîtrisée par Copé et il apparaît quelque peu usé et moins « brillant » et confiant qu’à l’accoutumée, alors que Fillon met un soin particulier à conserver constance et éloignement (au moins apparent) des petites manoeuvres d’appareil; au-delà du profil plus modeste et moins triomphateur et arrogant que Copé tente probablement de se sculpter, on ne peut pas non plus dire que son mandat de SG a été particulièrement plus réussi que ceux de Devedjian et Bertrand, pourtant bien critiqués et méprisés.

5. Si l’élection était une primaire ouverte, il n’y aurait évidemment aucun suspense et l’on pourrait pronostiquer la victoire de Fillon, certes pas à 80/20, mais probablement à 60/40 ou quelque chose d’approchant.

Avec une élection réservée aux adhérents, Copé reste bien entendu compétitif. Toutefois, les militants des partis sont très au fait de la vie politique et ont intégré les grandes leçons de tactique électorale et de marketing politique. Ils ont surtout envie de gagner les prochaines élections générales et, de ce point de vue, Fillon garde l’avantage…

Même si les électeurs de droite ne peuvent que s’inquiéter devant la « guerre à tous les étages » qui est en train de se développer, avec des « étiquetages » et des divisions et rejets personnels aussi puissants et indélébiles que lors des vieux affrontements giscardo-chiraquiens et chiraco-balladuriens, réjouissons-nous du suspense actuel… ce qui nous changera de la présidentielle !

5 réflexions sur “Election à la présidence de l’UMP: Copé va-t-il reprendre le dessus sur Fillon ?

  1. Content de voir que ce blog n’est pas mort ! Parcontre, puisses-tu te tromper sur Royal…🙂

    Toute cette agitation à droite est intéressante (même si ça ne les empêche pas de taper à tout va sur tout ce que fait le gouvernement). En tout cas, c’est amusant de voir comment chacun croit pouvoir être le « sauveur » de l’UMP. D’ailleurs, j’ai appris sur ce blog que Dord (qui est un peu « mon » député, comme Pécresse ;)) est lui aussi candidat. Les médias n’en ont en effet pas touché mot…

    En tout cas, pour une fois que nous soutenons le même candidat, je suis content que tu te montres optimiste !😉

      • Oui, je suis un peu honteux…
        Mais, même en vacances, je suis poursuivi par mes problèmes juridiques…😦
        Il vous faudra attendre fin août pour avoir un nouvel article, chers amis, mais j’y inclurai un joli graphique et j’aurai probablement une petite surprise cartographique.

        La campagne de l’UMP est molle…
        Certes, NKM, Le Maire, Estrosi font leur petit cirque, Bertrand active ses réseaux, Copé est déjà en campagne… mais tout cela est assez artisanal. Je ne parle même pas de l’éclopé Fillon qui, décidément, entre ses déclarations « je n’envisage pas la défaite », censées assurer qu’il est plus ferme qu’on ne dit, mais évidemment interprétées comme de l’arrogance, et son « accident » à Capri, on dirait vraiment l’amateur tombant dans les panneaux les plus évidents…
        Mais, en attendant, quand on interroge sa campagne sur le parrainage, on n’a pas de réponse… Tout cela ne me dit rien qui vaille…
        Je commence à m’inquiéter: c’est peut-être bon signe pour Fillon, après tout😛

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