Election à la présidence de l’UMP: constance sondagière pour Fillon, dynamique de campagne et géographie favorables pour Copé et enseignements de l’élection de 1999 à la tête du RPR

1. Un sondage IFOP pour Atlantico, réalisé du 27 au 30 août 2012, auprès de 409 sympathisants UMP, extraits d’un échantillon total de 2010 personnes, confirme la prédominance de Fillon lorsque la question désormais adoptée par l’IFOP est posée (souhait sur le dirigeant de l’UMP pour les prochaines années, ce qui, soit dit en passant, constitue une question conforme aux desiderata affichés de Copé, qui jure ses grands dieux qu’il ne s’agit pas d’une pré-primaire):

Fillon 62 (+14)
Copé 21 (-3)
NKM 4 (-3)
Le Maire 2 (=)
Bertrand 1 (-4)
Estrosi 1 (=)
aucun 9 (-4)

Les évolutions très fortes du score de Fillon entre les 3 derniers sondages IFOP doivent nous inciter à la prudence. Il est vrai que dans l’antépénultième, seuls les noms de Copé et Fillon figuraient, ce qui expliquait la baisse de Fillon entre juillet et la mi-août. Ici, tous sont présents, des candidats déclarés mais sans aucune chance de l’être (NKM, Le Maire), au candidat non déclaré ayant une chance de l’être (Bertrand), en passant par le candidat non ou à demi déclaré mais sans chance de l’être (Estrosi). Malgré cela, Fillon reste très dominant et le seul en mesure de le gêner (Bertrand) est totalement marginalisé. Pour une fois, Fillon n’est pas gêné par la dispersion des candidatures potentielles: est-ce une tendance nouvelle, après les petites « bulles » médiatiques dont ont bénéficié successivement Bertrand, Le Maire, NKM, voire Estrosi ? L’avenir le dira.

Malheureusement, l’IFOP ne détaille pas les chiffres en fonction du vote à la présidentielle, ce qui aurait permis de confirmer, comme dans le sondage précédent, que plus on se rapproche du coeur de l’UMP, plus l’affrontement se réduit exclusivement au duel Copé-Fillon.

C’est un enseignement qui paraît toutefois relativement sûr. Dans le même temps, cela relativise beaucoup le poids des ralliements des derniers non-ralliés. Les médias et « analystes » ont évidemment en tête ces résultats (comme les acteurs eux-mêmes) et l’influence de Bertrand, NKM, Le Maire ou, plus largement, d’un Baroin sera limitée. C’est un peu différent pour Estrosi étant donné l’importance de la fédération des Alpes-Maritimes et du combat qui s’y déroule, Ciotti-Léonetti d’un côté, Tabarot-Luca de l’autre, avec Estrosi encore en balance.

En réalité, seul Juppé peut donner un réel bonus (même si pas forcément décisif) à l’un ou à l’autre. Sur le fond, il semble donner quelques signaux à Fillon, mais sur les aspects de procédure, il distille aussi quelques signes qui pourraient passer pour pro-Copé. S’il continue trop longtemps à faire le sphinx, il pourrait bien se marginaliser complètement, surtout lorsque les candidatures seront confirmées, à la fin septembre, et que le(s) débat(s) télévisé(s) aura(auront) eu lieu. Mais il peut constituer un « événement » de campagne substantiel à lui tout seul. N’oublions pas non plus que, si Copé a déjà révélé son ticket, ses porte-parole et quelques autres hochets (et s’apprête à compléter la liste), Fillon ne l’a pas encore fait et peut encore réserver une place à Juppé (comme Copé l’a fait pour Fillon).

Par ailleurs, le sondage se révèle étonnant sur les chiffres détaillés, avec un Fillon étrangement faible sur les plus de 65 ans, alors qu’il avait jusque là un soutien proportionnel à l’âge de manière très nette. De même, il est très homogène sur les CSP à l’exception des seuls employés (parmi lesquels il est plus faible). Il apparaît faible dans le nord-est (53) mais pas sur le sud-est (62); il est également le plus faible dans les communes rurales alors que Copé y est au-dessus de sa moyenne (49/26). Avec ces résultats contre-intuitifs, nous atteignons clairement les limites d’échantillons trop faibles.

Notre courbe s’enrichit un peu:

2. Comment évolue la campagne ?

Manifestement, Copé poursuit sur sa lancée en termes d’organisation et de combativité:
– il enchaîne les déplacements et sait « remplir les salles » et mobiliser les troupes en nombre,
– il s’appuie essentiellement sur les cadres du parti et les apparatchiki, contrairement à un Fillon adossé aux notables et aux élus (cf. son déplacement en Alsace),
– en vieux briscard de la rhétorique politique et du combat politicien, il accuse son adversaire de ce qu’il fait lui-même (dureté de l’entourage, focalisation sur 2017, trahison de Sarkozy,…),
– il attaque frontalement en accusant implicitement Fillon d’être un Hollande de droite (ce qui montre bien, d’ailleurs, que Copé est strictement dans l’optique de 2017),
– il a nommé comme  codirecteurs de campagne deux attack dogs particulièrement virulents et habitués des pires coups bas: Karoutchi et Courtial; si l’on ajoute Dati, Goasguen, Peltier, Riester, Rosso-Debord comme porte-parole, on voit tout de suite comment va se terminer la campagne: à l’avantage de Hollande…

Fillon est handicapé dans tous les sens du terme (physique, électoral, mais aussi peut-être affectif: sa mère est décédée  la mi-août. RIP 😦 ) et les ralliements variés de son début de campagne (le trio Wauquiez-Pécresse-Ciotti présentait effectivement très bien) s’essoufflent clairement, même si les élus d’Alsace qu’il a rassemblés sont effectivement nombreux et si Falco semble clairement dans son camp désormais (le Var est un département essentiel).
En outre, comme l’ont fait remarquer ceux d’entre vous qui ont commenté l’article précédent, l’avantage de Fillon dans une élection générale est forcément amoindri par les déboires d’Hollande-Ayrault, critiqués même par la presse de gauche, affaiblis par l’intérêt éditorial persistant pour le trio François-Valérie-Ségolène et empêtrés -surtout- dans une crise qui s’approfondit en Europe, sans aucun signal positif sur quelque front que ce soit. Dans ces conditions, choisir un autre Sarkozy (Copé) aurait plus d’attrait.

Une autre faiblesse de Fillon tient à la géographie de l’électorat des adhérents de l’UMP. Copé est fort dans la plupart des grosses fédérations, soit que les dirigeants locaux lui soient acquis, soit que la sociologie électorale lui soit favorable. Tentons un petit pronostic:

Ceci est assez provisoire et assez subjectif, mais, en fonction des ralliements de poids et de la sociologie de l’électorat, cette carte provisoire est la moins mauvaise approche que je puisse réaliser. Il y a des surprises: le Maine-et-Loire devrait être acquis à Fillon, mais Laffineur peut faire du dégât; je fais le pari d’un ralliement de Marleix à Copé (Cantal); Marc Le Fur rend les Côtes d’Armor incertaines; Paris devrait être copéiste mais reste très incertain et volatil; le poids de Tron et d’un possible ralliement de NKM devraient assurer l’Essonne pour Copé.
Reste de toute façon l’ampleur des écarts dans chaque fédération: même dominé dans le sud-est et en Ile-de-France, en difficulté dans le nord-est, Fillon peut gagner s’il est hégémonique à l’ouest et limite la casse ailleurs.

A plus de 20 000 adhérents, on trouve Paris, qui est un peu à part. Ensuite, entre 10 et 15 000, Copé est fort dans les Bouches-du-Rhône et les Hauts-de-Seine, tandis que les Alpes-Maritimes vont être plus disputées, bien que Copé y soit théoriquement à l’aise. Entre 7 et 9 000, Fillon devrait se défendre dans le Var et bien sûr les Yvelines mais sera en difficulté dans le Rhône. Entre 5 500 et 6 500, Fillon n’aura peut-être que la Gironde (si Juppé reste au moins neutre) à opposer au Val-de-Marne, au Nord et à la Seine-et-Marne. Entre 4 000 et 4 500, Copé prend l’avantage sur Fillon, avec l’Essone, l’Hérault et peut-être la Haute-Garonne, voire le Val-d’Oise (qui sera disputé), alors que Fillon se contentera de la Loire-Atlantique. Entre 3 000 et 3 500, Oise, Isère, Gard, Pyrénées-Orientales, Seine-Saint-Denis pourraient bien être acquis à Copé, alors que Fillon ne peut qu’espérer le Bas-Rhin, tandis que la Seine-Maritime et les Français de l’étranger restent encore énigmatiques.

En matière géographique, l’élection à la présidence du RPR en décembre 1999 ne nous est pas forcément d’un grand secours, mais l’évocation de son souvenir et la confection de quelques cartes ne peuvent que constituer des intermèdes qui raviront les plus political geeks d’entre vous :).

Je précise que les cartes ci-dessous ne sont pas totalement orthodoxes, puisque j’ai constitué 6 groupes de départements en découpant des catégories ad hoc, en retenant les écarts les plus larges entre deux départements comme césures pour constituer des groupes à peu près équivalents mais sans oublier le score brut… D’aucuns pourront hurler (n’est-ce pas, Gaël ? ;)), mais il s’agit surtout de faire apparaître les vraies zones de force.

En 1999, Chirac tentait d’imposer Delevoye, afin d’avoir une courroie de transmission à disposition. Le RPR, traversé depuis les années 1990 de révoltes souverainistes (Pasqua-Séguin) et générationnelles (Noir-Carignon), divisé en son coeur « traditionnelle » entre balladuriens et chiraquiens, venait de perdre les législatives puis les européennes, ainsi que le « meilleur d’entre nous » (Juppé), sans souhaiter rallier les exilés balladuriens (Sarkozy au premier chef). Séguin, aidé de Sarkozy, échoue, comme d’habitude, dans son projet de reprendre durablement le RPR. Et l’élection à la présidence auprès de tous les adhérents « libère » la parole et le vote. La participation est forte (les organisateurs sont dépassés au 1er tour, avec des queues dans la rue devant les insignifiants locaux prévus comme bureaux de vote), Delevoye est en difficulté dès le premier tour, Fillon fait un score correct et MAM, en non-alignée (avec Perben et Roussin) de la guerre Balladur-Chirac et en femme (au son, alors de la chanson Michelle des Beatles… mais oui, le RPR avait alors tranché dans la grande division de l’Univers Beatles-Rolling Stones… :P), avait reçu le soutien des autres candidats du 1er tour et d’une forte majorité d’adhérents.

La « rébellion » portant MAM n’ira bien entendu pas jusqu’à remettre en cause le leadership chiraquien, face à un Sarkozy encore marginalisé, à un Balladur enterré, à un Juppé affaibli et toujours fidèle et à un Séguin éternel perdant. Mais l’élection fut un succès et ringardisa pour quelques… mois le PS, qui n’avait jamais osé aller jusque là.

Notons qu’à l’époque Fillon était séguiniste (gaulliste social) et avait probablement réuni un certain nombre de voix souverainistes. Copé soutenait… Devedjian, tous deux représentants alors le courant libéral du RPR: c’était même un ticket Devedjian-Copé qui était mis en avant. De fait, MAM se retrouvait soutenue par les balladuriens, mais sans qu’elle soit ouvertement opposée à Chirac.

Le 1er tour donna seulement 35,26% à Delevoye, talonné par MAM (31,19%), tandis que Fillon se défendait bien (24,62%) et que Devedjian décevait sans être totalement marginal (8,92%). Voici les candidats en tête au 1er tour:

Il est certain qu’à l’époque, Fillon avait rassemblé localement (Pays-de-la-Loire) ou auprès des séguinistes (Lorraine), voire avec quelques relents « rénovateurs » (Rhône, Isère, Savoie, dans le sillage des Noir, Carignon, Barnier).

Sa carte ne montre malheureusement pas de forces qui pourraient aujourd’hui l’avantager au sein de l’UMP, tant sa base locale historique (Sarthe et Pays-de-la-Loire) ne fournit pas de gros bataillons, tant sa nouvelle base (Paris) est récente et contestée (Lamour vient d’abandonner la présidence du groupe UMP au Conseil de Paris, las des combinazione des Charon, Dati, Goasguen et auters enfants de choeur…). Même le nord-est intérieur va être miné par les Chatel et Baroin, qui devraient rouler pour Copé.

La carte de Devedjian, même soutenu à l’époque par Copé, ne donne que peu d’indices en faveur de ce dernier, si ce n’est confirmer les Hauts-de-Seine (malgré le fait que Devedjian est aujourd’hui « filloniste »…) et la Seine-et-Marne. Le score de DEvedjian fut trop faible dans nombre de départements pour en tirer une quelconque conclusion:

La carte de MAM du 1er tour ressemble quelque peu à celle de la gauche… Cela montrait qu’à l’époque les adhérents du RPR confrontés à une situation minoritaire comprenaient qu’il fallait autre chose que le soumis Delevoye pour reconquérir le terrain. Bien sûr, le tropisme sud-occidental de MAM a joué, de même que le bastion d’alors de POM (Ollier) dans les Hautes-Alpes.

De cette carte, Fillon peut peut-être déduire une capacité à convaincre dans les départements de l’ouest et du centre, pour les électeurs desquels son electability peut convaincre.

Mais, paradoxalement, c’est la carte de Delevoye qui pourrait fournir le plus de ressources à Fillon. Car il s’agit là des départements modérés, attirés par la personnalité de Delevoye (Bretagne, Normandie, Savoies), et de la France rurale et des petites villes.

Surtout, si des bastions historiques, voire archaïques, du chiraquisme subsistent, peut-être le néo-sarkozysme de Copé les fera-t-il basculer vers Fillon, dans un paradoxe absolu: Fillon, jamais en odeur de sinateté chez Chirac, dès 1981, fidèle de Séguin et grand révolté de 2005, face à Copé, juppéiste initial, « conforme » sous les gouvernements Raffarin et Villepin, mais désormais dépositaire d’une forme de sarkozysme.
Certes, Marleix et Baroin peuvent contrecarrer cette possibilité dans le Cantal et l’Aube, voire Le Maire dans l’Eure et Edouard Philippe en Seine-Maritime. Mais si les « esprits » de Jean-Louis Debré (Eure), de Rufenacht (Seine-Maritime), de Godfrain (Aveyron), de Galley (Aube), de Lipkowski (Charente-Maritime), de Perben (Saône-et-Loire), etc., pouvaient appuyer Gaymard (Savoie), Favennec (Mayenne), voire Accoyer (Haute-Savoie), ce serait bon pour Fillon.

Depuis 1999 et le RPR, la population des adhérents a, en outre, changé: elle est plus sarkozyste, moins chiraquienne, plus droitiste, moins « traditionnelle », et évidemment mâtinée d’ex-DL (mais aussi de quelques ex-CDS).
Il reste que les fidélités locales aux dirigeants apparaissent fortes: la répartition Delevoye/MAM au 1er tour, comme au 2e tour, ne révèle pas autre chose, tant la cohabitation de certains résultats géographiquement incohérents est frappante.

Ce n’est pas un point positif pour Fillon, qui est le candidat de l’opinion, pas celui de l’appareil.
Un département comme la Marne, plus bourgeois et âgé, devrait être filloniste: pourtant, l’influence de Vautrin pourrait suffire pour Copé, surtout si Apparu reste non-aligné comme Juppé. Un département comme l’Oise devrait être équilibré, avec une tendance Copé, alors qu’il risque d’être massivement copéiste, à la suite de Courtial, Marini, Woerth. Commele Cantal, le Cher pourrait devenir copéiste à la suite de Fromion et la Haute-Saône à la suite de Joyandet, alors que ces départements ruraux devraient être fillonistes.

Autre élément peu encourageant pour Fillon, parmi les RPR de l’époque, c’est le bonapartisme qui l’a emporté, plutôt que la rigueur conservatrice. Même si cela peut paraître quelque peu hardi à ceux qui n’auraient pas la mémoire de l’annus horribilis 1999 (l’explosion en vol de Séguin à la tête du RPR, l’échec de la liste Sarkozy-Madelin aux européennes, reléguée par la liste Pasqua-Villiers), c’est bien MAM qui, à l’époque, constituait la candidate du « mouvement », celle de la « révolte » face à un chiraquisme déboussolé et (déjà) impotent et qui tentait d’imposer le falot Delevoye à la tête d’un parti agacé d’accumuler les défaites électorales.

Aujourd’hui, on voit bien que chacun veut à tout prix se présenter comme le challenger, l’underdog. C’est évidemment quelque peu risible, tant Copé est l’homme en place et d’appareil. C’est un peu moins sûr pour Fillon, puisque les sondages ne sont pas réalisés auprès des adhérents; mais il est difficile, pour lui également, Premier ministre pendant 5 ans, de parler de challenger.

Personne ne réussira peut-être à jouer ce rôle mais, par nature et -en partie seulement- par idéologie, Copé est bien entendu plus proche du bonapartiste que Fillon. Evidemment, on n’en est pas à un revirement près quand on repense, encore une fois, à 2005: Copé encore fidèle chiraco-villepiniste, Fillon premier néo-sarkozyste…

3. Après cette digression quelque peu décousue dans un passé encore frais à ma mémoire, je veux quand même garder quelque espoir pour Fillon.

Sa domination sondagière, même faussée, est, en elle-même, un point d’appui:
– d’abord, elle crée une force auprès des médias, des commentateurs et même des acteurs internes qui, par sa répétition, permet au moins à Fillon de ne pas perdre… pied (désolé :P), voire crée une dynamique médiatique favorable; on sait que cela est très important; c’est cependant fragile, car l’affrontement en débat sera rude (toutefois, si l’on se souvient, début 2012, de la bonne prestation de Fillon face à Aubry et de la prestation moyenne voire décevante de Copé face à Hollande, rien n’est perdu) et risque, au moins, d’égaliser le duel;
– elle s’inscrit dans une tradition d’anticipations sondagières pas si mauvaise que cela en matière d’élections partisanes internes:
la primaire socialiste de 2011, pour la présidentielle 2012, était évidemment ouverte et il était clairement plus facile de la sonder, mais elle a quand même montré une performance correcte des instituts,
la primaire socialiste (fermée) de 2006, pour la présidentielle 2007, a même accentué l’avance de Royal, bien mesurée dans les sondages,
la primaire UMP pour les régionales de 2010 en Ile-de-France (Pécresse-Karoutchi, déjà…) a confirmé assez précisément les sondages antérieurs,
la primaire UMP de 2006 pour les municipales (finalement repoussées à 2008) à Paris a confirmé le statut de Panafieu, même si le sondage lui-même fut douteux et sur un échantillon peu fiable.
Pourtant, à chaque fois, les échantillons étaient restreints et pas forcément en adéquation avec le périmètre (géographique et/ou d’électorat) réduit de l’élection réelle.
(je n’ai recherché si des sondages avaient été effectués fin 1994-début 1995 pour la primaire interne Jospin-Emmanuelli, mais les résultats éventuels auraient été là aussi conforme au verdict final)

Bien sûr, il y a la primaire écologiste de 2011, mais j’ai déjà pu exprimer tout ce que je pensais de la difficulté d’établir un parallèle et de faire de ce pseudo-échec des sondages (pas si nombreux et pas forcément de bonne qualité et largement détournés par les médias eux-mêmes) un précédent valide.

De surcroît, la médiatisation, à partir des sondages et des débats, devrait permettre, malgré les freins de la direction de l’UMP, d’assurer une forte mobilisation des électeurs potentiels, forcément favorable à Fillon.
L’IFOP semble parti pour assurer un suivi sondagier très régulier. Les chaînes de télévision se battent déjà pour organiser des débats (même si le simple duel qui s’annonce en réduira probablement le nombre). Les sollicitations de tous les candidats, y compris de Copé, auprès des adhérents et militants ne feront qu’accroître le niveau général de participation.
De plus, les primaires fortements médiatisées que nous venons de citer, comme l’élection interne de 1999 au RPR, ont toutes montré une participation élevée.
La longueur même de la campagne (près de 3 mois depuis la fin août) contribuera également à élever la participation. De même que l’absence probable de suspense pour la tête du PS, avec un duel Cambadélis-Désir qui va être réglé en coulisses, après l’élimination de Rebsamen par Aubry puis le retrait de celle-ci: cette situation va frustrer les médias, qui auront tendance à se concentrer d’autant plus sur l’UMP, même si l’automne rugueux du gouvernement et du Président sera lui aussi très suivi.

En outre, l’electability de Fillon reste, à mon avis, entière.
Certes, le Fillon de gauche est en difficulté. Mais attention, il s’agit bien là de Jean-Marc Ayrault, non du Président en exercice. Hollande est en difficulté parce qu’il fait du Chirac, non parce qu’il ne fait pas de Sarkozy.
Au contraire, on pourrait aisément considérer qu’un Fillon plus proche de Barre (le « père la rigueur » qui assène la vérité), de Pompidou (l’héritier forcé, au bon bilan sous un sortant finissant, qui est capable de réformes et de politiques qui ne sont pas forcément celles de son camp) ou de Rocard (le Premier ministre prêt à beaucoup d’initiatives mais corseté par son Président et nanti d’une nouvelle de revanche) est bien l’homme de la situation, face à une crise majeure et durable.

Ce n’est pas parce que les médias ont brûlé Sarkozy et idolâtré (par défaut, parce qu’il faut toujours encenser la nouveauté) le Mou qu’il faut de nouveau aduler une copie de Sarkozy. Il convient de se méfier des emballements médiatiques, qui précèdent, amplifient ou caricaturent des mouvements d’opinion mais ne les reflètent pas forcément à un instant « t ».
Bref, le rejet du style Sarkozy me semble une donnée de fond qui n’a pu être oubliée en un été. Après tout, c’est bien cela qui l’a fait perdre ou qui a fait basculer l’équilibre 50-50 qui aurait sûrement pu être sinon atteint. Comme je l’ai déjà écrit, la défaite de Sarkozy a été suffisante pour le renvoyer en marge de la scène politique pour un moment, voire définitivement (entendons-nous une fois de plus: cela ne veut pas dire qu’il n’essaiera pas de revenir), mais elle n’a pas été telle qu’elle aurait aussi emporté toute son action et celle de son gouvernement. Fillon est le bon candidat pour « traduire » le résultat de la présidentielle.

4. Reste qu’il est difficile de savoir si les adhérents de l’UMP feront ces raisonnements ou adopteront une analyse de fond de l’intérêt du parti.
Beaucoup peuvent même considérer que Sarkozy a perdu de peu (mais ce n’est pas un score à la 1974, attention) et que Copé a donc toutes ses chances en 2017. Ou être sensibles à l’argument de la combativité aux élections locales: après tout, Hollande en 2002-2005 ou Aubry en 2008-2011 ont bénéficié et étaient appréciés en fonction de la réussite locale.

En fin de compte, le jeu reste ouvert, même si mon pessimisme naturel me fait penser que les gros contingents des fédérations largement « beaufisées » suffiront à tuer les espoirs de Fillon. Le suspense est toujours une excellente chose… 😉

Cela me console au moins de mes déboires personnels… Eh oui, je viens d’apprendre que le PCD n’a pas signé cette année de convention avec l’UMP sur la bi-appartenance et que je ne pourrai donc parrainer personne (vous avez compris qui se cache derrière ce « personne »); je vais même être contraint d’adhérer dare-dare à l’UMP directement si je ne veux pas subir la même horreur que pour le référendum de 1988 sur la Nouvelle-Calédonie: être rejeté dans l’abstention pour une basse raison matérielle (à l’époque, les grèves de La Poste avaient empêché ma procuration d’arriver dans les temps et je n’avais pu soutenir mon héros du moment, Rocard, alors à son éphémère firmament 😦 ).
L’abstention… vous vous rendez compte pour les fanatiques de politique et d’élections… C’est l’abomination !!!
Foutu pays, foutu parti 😡

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Election à la présidence de l’UMP: Fillon plus proche du modèle Hollande que du modèle Hulot, mais la fusée Copé pourrait dissiper l’illusion Fillon

1. Un été chaud pour l’UMP…

Le sondage IFOP pour Le Figaro, réalisé entre les 10 et 19 juillet auprès de 609 sympathisants UMP (extraits d’un échantillon total de 2983), a d’abord confirmé les tendances évoquées dans les précédents articles publiés ici.

A la question de la personnalité souhaitée comme « dirigeant de l’UMP pour les prochaines années« , les sympathisants UMP répondent:
Fillon 62 (=)
Copé 21 (+1)
une autre personnalité 11 (-2)
aucun des deux 6 (+1)

Les évolutions se rapportent à un sondage réalisé du 25 au 27 mai 2012, mais dont je ne retrouve strictement aucune trace… Peut-être un internal, ou un sondage non commandé, mais que l’IFOP a réalisé pour disposer d’une base de départ.

Cette domination très nette de Fillon est légèrement plus forte avec l’âge (ce qui est une confirmation), mais ne correspond en revanche pas, sociologiquement, aux résultats évoqués dans mon article précédent, puisque Fillon est ici surtout fort parmi les professions intermédiaires et un peu moins parmi les CSP+. Néanmoins, les écarts ne sont pas énormes. Surtout, nous sommes ici limités aux sympathisants UMP: cela signifierait que les CSP+ favorables à Fillon sont davantage ceux de gauche, ce qui n’est pas illogique. De même, il est ici moins fort en agglomération parisienne, mais là encore, l’écart peut s’expliquer par les différences entre électorat global et électorat UMP.

Un autre sondage IFOP, pour le JDD cette fois-ci, réalisé entre les 9 et 13 août, auprès d’un échantillon total de 2000 personnes (dont 20% de sympathisants UMP nous dit-on, soit 400), donne un tableau différent, quoique toujous favorable à Fillon:
à la même question, il est répondu
Fillon 48
Copé 24
NKM 7
Bertrand 5
Le Maire 2
Estrosi 1
Dord 0
aucun 13

Cela peut apparaître comme une forte érosion pour Fillon (et le camp Copé ne s’est pas privé de le dire), mais nous avons déjà souligné que Fillon est en fait un attrape-tout, qui prend tout ce qui n’est pas Copé: s’il est seul, il est très haut; si des tiers sont ajoutés, ils prennent surtout sur Fillon, que ce soit Juppé, Sarkozy, NKM ou d’autres et qu’ils soient seuls ou en groupe.

La ventilation de détail reste similaire, avec un Fillon plus fort avec l’âge des répondants; un Copé un peu plus fort dans le sud-est (28) et plus faible dans le nord-ouest (19); un Fillon étonnamment fort chez les professions intermédiaires et un Copé plus présent chez les artisans-commerçants-entrepreneurs.
Même si les échantillons sont faibles, il est intéressant de remarquer que,
– parmi les sympathisants UMP ayant voté Sarkozy, Fillon est à 50%, Copé à 27, NKM à 6 et Bertrand à 5;
– parmi ceux ayant voté Bayrou, Fillon n’est qu’à 39 et Copé à… 6, mais NKM est à 18;
– parmi ceux ayant voté Le Pen, Fillon est à 31, Copé à 26, NKM à… 0 et Estrosi à 10.
Ces chiffres peu étonnants nous confirment surtout que c’est bien un duel Fillon-Copé et qu’aucun autre (Juppé s’étant retiré) n’est en mesure de le troubler. L’électorat fondamentalement UMP ne se concentre que sur Fillon et Copé.

Enfin, dans ce même sondage, 53% des sympathisants UMP souhaitent que Sarkozy soit de nouveau candidat en 2017… Glups… Quelle dimension privilégier dans cette réponse: le légitimisme (favorable à Fillon) ou l’activisme (favorable à Copé) ?

2. Un certain nombre d’arguments doivent permettre à l’équipe Fillon de rester optimiste:

ces sondages avec des échantillons de 600 et de 400 rappellent ceux effectués, avec une certaine fiabilité, pour les primaires socialistes de 2006 et 2011 et ceux pour la primaire UMP pour la tête de liste des régionales en Ile-de-France en 2010, Pécresse battant Karoutchi avec le score à peu près anticipé par les sondeurs,

les contingents UMP ne sont pas tous des génies politiques mais, tactiquement parlant, ils sont moins obtus que ceux d’EE-LV préférant Joly à Hulot et sont davantage capables de voir l’intérêt de leur parti,

idéologiquement, Fillon n’est pas aussi « dérangeant » que Hulot pour les Verts… ! Au contraire, cette élection interne ne semble pas tellement située sur le fond et sur l’idéologie (même si elle aura aussi ces conséquences-là), mais, comme c’est de plus en plus la règle dans la politique moderne, sur les personnalités et les positionnements, ce qui ne peut apparemment qu’avantager la force tranquille et rigoureuse de Fillon,

les traits d’image et les positionnements personnels sont plus difficiles à modifier que les clivages d’idées et Copé aura donc du mal à se départir de son côté bull-dog (mais est-ce un désavantage en interne ?)

l’electability de Fillon semble jusque là correspondre à l’aspiration du moment à l’UMP et au résultat d’une défaite pas humiliante au second tour de la présidentielle: assumer le bilan du quinquennat, tout le bilan, mais sans les outrances du Président sorti,

le ticket que propose Copé (déjà… Sarkozy est vraiment un mou et un lent à côté de Copé… :P) est très libéral et « d’appareil »: Chatel vice-président et Tabarot secrétaire générale. En y ajoutant Raffarin à la présidence du conseil national (pas très valorisant pour lui de ne pas être vice-président, mais bon, il apparaît quand même), cela fait beaucoup d’anciens DL. Cela laisse la possibilité à Fillon, avec une Pécresse vice-présidente (oui, difficile de la mettre SG maintenant :P), un Wauquiez SG et (croisons les doigts) un Juppé président du conseil national (ou même avec un Ciotti SG et Wauquiez ou Pécresse glissant au porte-parolat), de ratisser plus large et de faire plus médiatique et renouvelé.

3. Pourtant, les signaux d’inquiétude me paraissent nombreux, même si pas très surprenants (avant l’élection présidentielle, j’écrivais ma certitude d’un Copé président de l’UMP et candidat battu en 2017 contre un Hollande décidément très chanceux):

ces sondages concernent les « sympathisants » et non les adhérents et Hulot a vu la différence que cela faisait face à Joly; il s’agit bien, en outre, d’une élection interne et non d’une primaire ouverte,

– en termes d’organisation, Copé est clairement au-dessus et au-delà de Fillon. Bien entendu, il a tout l’appareil de l’UMP, mais on ne sent pas, chez Fillon, la mise en oeuvre d’une forte mécanique. Je peux témoigner d’une difficulté particulière à joindre cette équipe: il est vrai que ma volonté de vérifier ma capacité à voter implique d’avoir accès aux fameux fichiers d’adhérents… L’UMP en tant que telle n’est pas plus diserte, mais il faut y voir là la volonté de ne pas étendre à l’excès le corps électoral: plus la participation sera limitée, plus Copé sera favorisé…
Quoi qu’il en soit, même avec l’importance de tout parrainage supplémentaire, aucune des adresses électroniques de l’équipe Fillon ne donne signe de vie…
A n’en pas douter, avec les gros bataillons des Bouches-du-Rhône, du Gard, de l’Hérault, du Rhône, du Nord, de l’Isère, de la petite couronne, du Val-d’Oise, de Seine-et-Marne et même si Fillon arrive à équilibrer les choses dans le Var, les Alpes-Maritimes, en Alsace et à Paris, et à prendre l’avantage dans les Yvelines et dans l’ouest (avec des incertitudes encore fortes en Moselle ou en Haute-Savoie), Copé risque de se présenter, le 18 septembre, avec 15 000 parrainages, alors que Fillon dépassera difficilement les 10 000. Médiatiquement, le coup pourrait être dur.

– plus largement, la géographie n’est pas a priori excellente pour Fillon. Mais j’y reviendrai dans un prochain article avec une petite surprise cartographique.

– en termes de dynamique de campagne, que d’erreurs accumulées par Fillon pendant l’été… Quel besoin d’aller faire le mariole avant une élection d’une telle importance ? Se retrouver dans le plâtre (certes de la jambe… gauche) ne peut que renvoyer à un amateurisme qui n’a plus cours en politique (oui, bon, d’accord, il y a Hollande et le gouvernement Ayrault, mais bon… :P). Quel besoin de s’afficher avec le PDG de Ferrari ? Voilà un bel argument sur les tendances sarko-bling bling de Copé qui tombe… Quel besoin, simplement, de prendre des vacances ?
Copé peut même se payer le luxe, alors même qu’il est dans la place et contrôle tout et que tous les apparatchiki le soutiennent, d’apparaître, au mojns au début et tant que les sondages ne se sont pas resserrés, comme l’underdog face à un Fillon candidat des sondeurs et des élites. Vieux comme la politique, mais toujours efficace (malheureusement).

– en termes de discours et de positionnement, afficher son « assurance » de gagner est évidemment maladroit: Fillon, en voulant effacer l’impression… d’effacement et de manque de caractère, se retrouve presque arrogant et trop sûr de lui… Encore une critique contre Copé qui tombe. Certes, tout cela a lieu au coeur de l’été et personne n’y prête trop attention, mais quand même…
De l’autre côté, Copé a repris le manteau du sarkozysme, ce qui est évidemment purement démagogique (comment penser qu’il laisserait la place à Sarkozy comme candidat en 2017 ?!? On se moque du monde…), mais est forcément utile.
Copé est également aidé par la mollesse gouvernementale et par l’impatience grandissante (voir les sondages qualitatifs sur le gouvernement « qui n’en fait pas assez ») d’une opinion publique qui vomissait pourtant Sarkozy l’excité… Tout ceci serait drôle si ce n’était quelque peu pathétique…
Bref, le Fillon « normal » et « tranquille » pourrait (déjà) pâtir du désamour pour l’autre « normal » et « tranquille », la base UMP ne fonctionnant que « shootée » au leader survitaminé et omniprésent.
Même si, à ce jour, je trouve les médias plutôt équilibrés dans leur approche du match Copé-Fillon, les plus à gauche devraient rouler bientôt pour l’ennemi préféré du PS, Copé. Cela devrait assurer à ce dernier une dynamique supplémentaire après le 18 septembre.

– en termes de soutiens, Copé engrange fort (Raffarin, Chatel, Gaudin, Karoutchi, Carrez, Goasguen,…) et surtout pourrait réaliser des « coups » auprès des autres candidats potentiels: Bertrand semble prêt à se venger de Fillon, NKM est curieusement proche de Copé. Apparaît d’ailleurs ici toute l’ambiguïté de cette bataille, tant il est vrai qu’idéologiquement, les Bertrand, NKM, Le Maire, Baroin, Raffarin, Daubresse, Laffineur ne devraient nullement se retrouver chez Copé ou simplement hésiter
Certes, il me semble bien avoir aperçu un Olivier Stirn décrépit et chevelu derrière Copé (la poisse, Jean-François ! :P)
Certes, et plus sérieusement, Juppé donne quelques signes infimes qu’il pourrait éventuellement privilégier Fillon, mais rien n’est moins sûr. Estrosi ne tombera pas forcément du côté de Copé, mais reste hautement aléatoire. Le Maire devrait logiquement suivre le programme de Fillon, mais son villepinisme passé risque bien de le faire rentrer dans les rangs copéistes. Avec Bertrand, NKM et Baroin, il y a les 6 noms importants à suivre dans la course aux ralliements.
De l’autre côté, Fillon fait plutôt dans le « second couteau », même important. Un Larcher ne surprend pas; un Dord ne dépare pas (surtout si d’autres candidats avortés se rallient, créant une impression favorable, comme pour Hollande face à Aubry); un Léonetti contrebalance un Raffarin ou un Daubresse, mais seulement visuellement; un Gaymard entretient le chiraquisme, mais ne saurait compenser un Baroin; un Retailleau apporte une touche de souverainisme et complète l’éventail, mais reste un inconnu; un Falco donne un peu d’air parmi les gros bataillons du sud-est, mais reste isolé; un Dallier apporte de la qualité, mais aucune troupe, surtout face à un Raoult en Seine-Saint-Denis.
Ramener un Juppé, une NKM, un Estrosi et un Le Maire permettrait de compenser une « défaite » sur les parrainages…

4. Le seul élément majeur sur lequel repose la force de Fillon, ce sont la popularité et le flux sondagier, avec l’espoir d’une forte participation de membres âgés et conservateurs, voulant d’abord désigner le mieux placé pour les élections générales.

Mais même l’avantage sondagier pourrait se réduire. Comme tous les sondages publiés depuis le second tour de la présidentielle ne prenaient pas en compte les mêmes candidats, je n’ai retenu que les scores de Fillon et Copé et les ai rebasés sur 100. Cela donne la courbe suivante:

Certes, la tendance est à interpréter avec grande circonspection, étant donné la rareté des sondages depuis plus d’un mois et le fait que le seul sondage sur les 6 dernières semaines ait inclus maints autres candidats, ce qui affaiblit surtout Fillon. Néanmoins, ce n’est pas particulièrement encourageant pour la suite.

Fillon connaîtra-t-il donc le sort d’un Delanoë, en tête dans les sondages en 2008 et trop affaibli pour résister à Aubry et Royal ?
N’est-il qu’une illusion sondagière, que les militants les plus actifs et les plus « durs » vont s’empresser de dégonfler, à la suite d’un Copé parti sur les chapeaux de roues ?
Tombera-t-il comme tombent les Républicains qui ont le malheur de ne pas être des Tea Partiers durs, comme l’incroyable cas d’Orrin Hatch nous l’a montré ou, plus récemment, au Texas ?
L’UMP est-elle aussi bonapartiste que le RPR d’avant le grand âge de Chirac ?

Pour tout dire, j’ai un mauvais pressentiment, a bad feeling
J’espère vivement me tromper et que l’utilitarisme électoral ouvrira les yeux des adhérents de l’UMP et leur fera comprendre qu’un Copé 2017 ne serait qu’un chiffon rouge agité devant les électeurs de gauche ayant encore la fraîche mémoire du sarkozysme et assurerait une mobilisation suffisante à une nouvelle victoire par défaut de Hollande.
A suivre…