L’après-législatives: le PS a tous les pouvoirs et tous les problèmes, l’UMP entame son opposition de la plus mauvaise des manières

La « décompression » après l’intense période électorale et quelques soucis personnels malheureusement persistants espacent l’activité de ce blog… La fréquentation est revenue au « noyau dur » de la fin d’année 2011 😉 Voici de quoi relancer quelques réflexions et discussions:

1. Les groupes à l’Assemblée sont formés (http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/xml/effectifs_groupes.asp) et donnent finalement lieu à peu de surprises, même si les groupes RRDP et UDI raviront les « amateurs »:
– le FG n’a trouvé que les plus à gauche des députés d’outre-mer pour atteindre tout juste le seuil des 15 députés,
– le MRC reste dans la mouvance socialiste et la quasi-totalité des DVG sont au sein du groupe socialiste,
– le PRG a réussi à constituer un groupe en ralliant le seul député du MUP (le parti de Hue) et un MoDem de la Réunion,
– ce qui montre bien, alors que Jean Lassalle reste sur le banc des non-inscrits, que le MoDem est en voie de dissolution totale,
– l’UDI ne comporte que 5 des 12 radicaux et agrège les différentes sous-tendances du NC et des égarés de la droite plus dure (CNI, DLR, DVD), même si les MPF et Dupont-Aignan restent non-inscrits,
– l’UMP subit peu de « déchets », seul le très modéré Favennec de Mayenne et l’inclassable Plagnol rejoignant l’UDI.

Les suppléants des ministres se substitueront à ces derniers, mais cela ne devrait pas menacer le groupe RDDP, un PRG suppléant pouvant remplacer Sylvia Pinel, ni le groupe écologiste, qui a une marge de 3 députés.

Les contentieux sont désormais connus (http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/elections-legislatives-2012/contentieux/contentieux-des-elections-legislatives-2012-tableau-general.114818.html) et pourraient se révéler intéressants.

Les plus anciens se souviennent des 4 partielles organisées en janvier 1982 et qui avaient vu le retour à droite assez net des 4 circonscriptions, avec des candidats « emblématiques » (Peyrefitte, Dominati, Bénouville, Bourg-Broc). Cela avait porté un premier coup à l’état de grâce de l’époque. Aujourd’hui, probablement rien de semblable car l’état de grâce sera probablement déjà totalement dissipé au moment où le Conseil constitutionnel aura terminé son examen des saisines (à la fin de l’année). En outre, la droite est menacée de manière égale à la gauche et, même avec un fort mécontentement, pourrait très bien ne pas être en mesure de conserver certains sièges.

En effet, comme le montre la liste établie par Antonio (http://uselectionatlas.org/FORUM/index.php?topic=152693.345), sur 19 contestations portant sur des victoires à moins de 51%, 11 concernent des élus de gauche et 8 des élus de droite. Mais, si l’on se contente des élections à moins de 50,5%, la répartition est de 7 partout. En ce qui concerne les triangulaires emportées avec moins de 1% d’écart, c’est équilibré (3-3 et même 1-1 pour les triangulaires emportées avec moins de 0,5% d’écart).

Qui plus est, l’UMP compte des « vedettes » ou des « semi-vedettes » parmi ses élus menacés: Devedjian, Greff, Chartier, Gorges, Scellier, Mancel (dans le cas de Devedjian et Chartier, ce serait un mauvais coup pour Fillon d’ailleurs), alors que le PS n’est menacé de défaite médiatique que face au FN (Kemel-Le Pen bien entendu et Andrieux-Ravier): qu’il perde et il aura de toute façon eu l’occasion de remuer de nouveau le couteau FN dans la plaie UMP; qu’il gagne (et c’est le plus probable car partielle implique abstention encore plus forte, ce qui affectera logiquement davantage l’électorat FN) et cela éclipsera d’autres défaites.

En outre, pour le PS, la majorité à lui seul n’est pas sérieusement menacée: 2 des plus susceptibles de chuter en cas de partielle sont des Verts… (Doubs et Hérault). 4 PS peuvent chuter (Eure, Loiret, Vosges, 6e de l’Hérault où il n’y aura alors pas de triangulaire et où l’UMP peut l’emporter), car je doute qu’au-delà d’un demi-point d’écart, il y ait invalidation. Si c’était le cas, au pire, les deux triangulaires des Bouches-du-Rhône pourraient se transformer en duels et l’UMP l’emporter; mais est-elle si sûre de devancer le FN à chaque fois ? De plus, Ferrand est déjà mort et évitera au PS une défaite plus médiatique.

Au final, le gouvernement peut espérer éviter que ces partielles ne deviennent une défaite nationale fort embarrassante (ce qui fut le cas à plusieurs reprises dans le passé: les législatives partielles de janvier 1982, la municipale de Dreux fin 1982, les partielles « provoquées » par Noir et Barzach en 1991, ou même la défaite de l’UMP à Rambouillet lors de la dernière législature même si ce ne fut pas un cataclysme…), grâce à un certain équilibre des risques et au battage de Le Pen, qui s’assurera de frapper autant une UMP à feu et à sang que le PS.

2. Le PS a donc désormais tous les pouvoirs, mais aussi tous les problèmes et chacun peut déjà voir les hésitations et reniements sur des promesses pourtant peu ambitieuses, ainsi que l’absence de rapport de forces favorable au niveau économique et international et la difficulté à trancher même sur des questions mineures (ça, c’est une caractéristique moderne générale, mais elle semble amplifiée par la prudence naturelle de Hollande et par ce mécanisme compliqué dans lequel tout passe par Ayrault avant d’aller à l’Elysée, simplement pour l’apparence d’un Président ne se mêlant pas du quotidien – sauf qu’il est intervenu à La Rochelle ou pour l’élection à la présidence de l’Assemblée et que son conseiller parlementaire est à Matignon chaque semaine pour la réunion de la majorité…). De très importantes désillusions sont donc à prévoir.

Sans compter que si, les places ayant été nombreuses à distribuer, peu de socialistes importants et d’avenir se retrouvent frustrés, l’équilibre reste celui de la primaire socialiste. La direction du pays est assurée par ceux qui ont gagné le premier tour de la primaire et par ceux qui les ont ralliés. Les hollandais sont dominants aux postes d’importance (Moscovici, Sapin, Touraine, Le Drian, Le Roux, Rebsamen), de même que les « ralliés » (Valls, Batho, Cahuzac, Montebourg), appuyés par les barons locaux. Les oppositions internes potentielles sont affaiblies: Royal est politiquement morte, Fabius est « casé » pour la fin de sa carrière, Delanoë s’est fait dépouiller, l’élection très nette du fabiusio-aubryste Bartolone à la présidence de l’Assemblée permet finalement, à peu de frais, au tandem Hollande-Ayrault de ne pas paraître trop écrasant et de conserver la possibilité de pousser à l’inverse Rebsamen à la tête du PS.

Seule Martine Aubry reste l’adversaire interne potentielle, pour peu qu’elle reste première secrétaire, ce que j’ai vraiment du mal à exclure.

3. Le PS ne sera pas gêné à gauche en matière de fonctionnement politique et institutionnel:
– la majorité absolue du PS est une garantie minimale de tranquillité, au moins au départ,
– EE-LV se retrouve « radical de gauchisé »: quelques ministres, des groupes parlementaires, mais une dépendance électorale totale à l’égard du PS, aucune capacité d’influence réelle au coeur du pouvoir et des responsables nationaux notabilisés,
– Mélenchon affaibli à défaut d’être totalement assagi.

Toutefois, ce repos devrait être de courte durée car il va se poser un réel problème de représentation de l’inévitable « colère sociale »:
– l’extrême-gauche trotskyste est laminée: elle n’aura pas de financement public, tant son score aux législatives a été faible; ses ténors ont quitté la scène (Laguiller, Besancenot),
– le PCF ressort affaibli de l’expérience FG et Mélenchon s’est « abîmé » tout seul, les deux protagonistes se faisant désormais des reproches mutuels assez durs,
– Montebourg et Hamon sont devenus des ministres bien sages,
– la CGT se divise et les syndicats contestataires sont plus dispersés que jamais.

La fonction tribunicienne, l’incarnation de la contestation populaire sont donc à prendre… Il est fort possible que, par défaut, Mélenchon reste la figure emblématique de la gauche de la gauche, tant les médias ont besoin d’un visage et d’une voix pour remplir émissions, reportages et interviews. Mais Marine Le Pen peut évidemment tenter d’en profiter, même à la marge.

Si la déception à l’égard de Franz-im-Glück devient très, très élevée, ce ne serait d’ailleurs pas si dramatique pour le PS car la montée du FN assurerait de belles divisions persistantes à droite et une réélection plus aisée en 2017 avec une Marine Le Pen au second tour… On joue là avec le feu, mais le PS sait faire !

4. Le FN s’est sorti correctement d’une séquence électorale qui aurait pu être négative pour son avenir. Après tout, la présidentielle n’a pas été aussi bonne que prévu et les législatives ont montré une capacité de nuisance réduite (à peine 30 triangulaires réellement problématiques pour la droite) et une difficulté à s’imposer au second tour, même si l’étiage s’est élevé (de ce point de vue, les résultats des candidats FN opposés à Vauzelle et Andrieux dans les Bouches-du-Rhône ou celui de Philippot en Moselle ou de la présidente elle-même sont édifiants, bien davantage que les victoires par défaut de Collard et Marion Maréchal-Le Pen).

Le FN reste également dépendant de l’avenir de l’UMP et de la manière dont la droite va se recomposer ou se décomposer. Quelles que soient les objurgations morales de la gauche, le « cordon sanitaire » autour du FN a été bien plus résistant que, par exemple, en 1988, quand des accords locaux avaient été conclus dans les Bouches-du-Rhône et le Var (on l’oublie vite…). Le FN n’a donc pas réussi à se mettre en position dynamique de décideur de l’avenir de la droite.

En outre, la percée médiatique de la nièce pourrait, à terme, faire de l’ombre à la tante… mais serait une bonne nouvelle pour la droite, tant la nièce semble être surtout la petite fille et l’héritière du vieux FN, celui de l’Algérie française, de la poigne et du poujadisme isolationniste.

5. Au centre et à droite, le paysage est évidemment proche du champ de ruines.

– Certes, la nuisance Bayrou semble désormais définitivement éteinte. Mais ce n’est pas pour autant que Borloo parviendra à recréer une UDF digne de ce nom. Le centre-droit manque d’abord d’un chef. Borloo est une illusion et n’a jamais concrétisé les espoirs placés en lui, en raison de sa personnalité désorganisée et velléitaire. Lagarde tarde à percer. Hénart a été battu. Tous les autres sont des notables locaux sans avenir. Le groupe UDI est un patchwork qui montre les limites de l’élargissement: tous les centristes (notamment Daubresse, pourtant inscrit à l’URCID, le vecteur de financement du centre-droit) et la plupart des radicaux de l’UMP (en tous les cas ceux élus dans le Sud-Est ou l’Est, dans des circos très à droite…) restent « bien au chaud » à l’UMP. C’est donc un rassemblement par défaut et il est difficile d’imaginer que l’UDI ou sa concrétisation dans un nouveau parti puisse réussir là où l’ARES a échoué il n’y a même pas un an…

– En outre, le débat est déjà bien monopolisé par l’UMP, qui comporte une expression très modérée (NKM, Jouanno,…) qui préempte en partie le centre-droit et fait de l’ombre à ceux qui se tiennent hors de l’UMP.

Mais c’est bien la seule force de l’UMP que d’être le réceptacle naturel de la droite et du centre-droit, fonctionnellement, car c’est là que va l’argent public et c’est là que s’organisent les primaires: je le répète, dans un système américanisé, l’important, ce sont les finances et les primaires…

A part celà, l’UMP est extrêmement affaiblie car elle engage sa recomposition-décomposition de la plus mauvaise des manières. Elle n’a probablement pas assez perdu à la présidentielle et même aux législatives, ce qui donne l’illusion d’une santé pas si défaillante et alimente ceux qui ne veulent pas remettre à plat la stratégie.

Sarkozy n’a pas assez perdu. Cela signifie que son ombre personnelle (le futur rôle qu’il pourrait jouer, une autre candidature) est toujours là et que, malgré les ennuis judiciaires qui l’useront sur le moyen terme, l’UMP n’est pas dégagée à 100% de la possibilité d’une nouvelle candidature, surtout que les affrontements actuels montrent que son leadership assurait une solidarité minimale (même s’il n’était pas du tout un despote faisant taire toutes les dissensions, ni non plus un bon mécanicien de l’ombre…).

Cela signifie aussi que la question de la « droitisation » reste entière. A-t-elle évité une 3e place au 1er tour ? A-t-elle assuré de meilleurs reports à la présidentielle ou aux législatives ? Au contraire, a-t-elle empêché de grignoter les quelques points manquants au centre ? A-t-elle définitivement éloigné des contingents centristes et modérés, dans l’Ouest, en Ile-de-France et dans les grandes villes ?

De ce point de vue, je dirais que quasiment tous les dirigeants de l’UMP ont tort:
– il est faux de considérer que les triangulaires ont été un problème pour la droite: à peine 30 et, sur ce total, peut-être une petite quinzaine réellement fatale à la droite; cela a peut être permis au PS d’avoir sa majorité absolue seul, mais cela n’a pas décidé de l’issue des élections;
– on ne peut pas non plus inférer un quelconque positionnement des électeurs sur le débat interne de l’UMP en fonction des résultats individuels: Morano devait de toute façon perdre dans une circo « à bascule »; Bertrand a gagné moins nettement que prévu; Hénart a bien été battu; Guéant n’a pas perdu en raison de son attitude à l’égard du FN, etc.
la résistance de l’UMP aux législatives s’explique par les fortes positions FN dans l’électorat boutiquier voire conservateur et par un report correct vers l’UMP: Ain, Jura, Alsace, Lyonnais, Oise, même Drôme, Vaucluse; dans les zones d’électorat FN populaire, l’UMP s’en sort évidemment moins bien, mais sans que cela soit non plus dramatique (Somme, Ardennes, Territoire-de-Belfort, Loire), même si c’est bien sûr mauvais dans le Gard et l’Hérault; et ce alors même que, répétons-le, il n’y a pas eud ‘accord équivalent à celui de 1988 et pas de désistements réciproques « sauvages » sauf dans un cas pour l’UMP (et un pour le FN);
mais il n’est pas non plus certain que le « ni ni » ait quelque chose à voir là-dedans: les électeurs ne sont pas forcément sensibles à ces subtils positionnements entre partis et ils rallient tout simplement leur camp naturel au second tour. Dans le sens inverse, les préventions de nombreux électeurs UMP à l’égard du FN ou leur disparition, selon les cas, créent, hors de toute consigne d’appareil, une réalité qui n’est pas aisée à gérer, mais qui reste sur le plan tactique et électoral.

Le problème n’est donc pas si essentiel que cela (au sens de « touchant à l’essence de la droite »). Il tient davantage à une stratégie de long terme, pas forcément à une question d’idéologie (l’UMP ne peut être qu’une « grande maison » si elle veut rester unie et donc laisser cohabiter NKM et Longuet ou Méhaignerie et Mariani). De ce point de vue, un positionnement rigoureux sur le plan budgétaire et économique et ferme sur les questions sociétales et sécuritaires est largement suffisant. Nul n’est besoin d’en « rajouter »… La prudence est probablement recommandée sur l’Europe. A l’inverse, les relations avec le FN n’ont aucune raison de changer: pas de contact avec ce parti et attitude « décontractée » car simple, claire et ferme sur le sujet. Ce n’est pas évident étant donné la cacophonie interne à l’UMP et la pression médiatique, mais ce serait probablement la voie idéale.

Mais l’UMP ne résiste déjà pas aux délices habituels des divisions de la droite. Ce n’est pas anormal de s’écharper; le problème, c’est que tout devient immédiatement personnel et « total » à droite. L’extrême division, au sein même de chacun des grands ensembles, prend une tournure « barons du gaullisme »,  giscardo-chiraquienne ou chiraco-balladurienne qui ne peut manquer d’inquiéter profondément l’électeur de droite. L’éventuel retour de Villepin (:P), l’omniprésence médiatique de personnalités aux propos incontrôlables (Dati, Moreno, Bachelot, Jouanno, Estrosi,…) ne facilitent pas les choses et contribuent à cette guerre « totale » qui s’amorce.

Surtout que la bataille se déroule « à tous les étages ». Les batailles à l’intérieur de la bataille, pour les postes subalternes (SG, vice-président délégué, secrétariats nationaux, chefs de « mouvements ») expliquent les désaccords NKM-Pécresse d’un côté, les divergences Raffarin-Hortefeux de l’autre, ou l’apparente autonomisation de Bertrand à l’égard de Fillon ou de Baroin à l’égard de Copé. Les articles 26 et 27 des statuts de l’UMP prévoient bien des « tickets » Président-Vice-Président délégué-Secrétaire Général, à élire en même temps au scrutin majoritaire à deux tours (avec qualification des 2 tickets arrivés en tête, sans possibilité de pananchage, nous dit l’article 25 du règlement intérieur).

Wauquiez jusqu’à la semaine dernière, NKM, même Bertrand menacent de « se compter », mais c’est pour tenter de mieux se « vendre » à Fillon. Il en est de même de l’autre côté pour Baroin ou Raffarin, Le Maire pouvant apparemment se rallier à chaque camp et Chatel essayant d’abord de structurer son courant, tandis qu’Apparu joue la carte Juppé et que Pécresse, en étant la première d’importance à se positionner ouvertement, joue la récompense à venir si Fillon l’emporte (un peu comme certains hollandais historiques, comme Valls entre les deux tours de la primaire ou comme Fillon en 2005 auprès de Sarkozy). D’ailleurs, certains ralliés (Wauquiez d’un côté, Chatel ou Baroin de l’autre, Le Maire au milieu) pourraient très bien présenter quand même une motion au Congrès, afin d’avoir un mouvement, soit pour mieux peser sur leur leader, vainqueur, soit pour pouvoir se retourner en cas de défaite du leader et… prendre déjà sa place.

L’atomisation pourrait cependant être plus limitée que redouté: certains auront du mal à mettre à exécution leur menace de se présenter. En effet, il ne faut pas oublier que, pour être candidat, il faut réunir la signature de 3% des adhérents, ce qui représente 7500 à 7800 personnes à convaincre dans au moins 10 département différents… Sachant que les candidatures devront être déposées au plus tard mi-septembre (2 mois avant le Congrès)… De même, il n’y aura pas autant de mouvements que ce qui nous est annoncé: l’article 16 des statuts de l’UMP prévoit qu' »un mouvement peut être constitué dès lors que sa déclaration de principe a été parrainée par un nombre minimum de 10 parlementaires de l’Union, représentant au moins dix fédérations départementales, et a recueilli au moins 10% des suffrages exprimés au Congrès« . NKM, Baroin, Karoutchi pourraient avoir quelques soucis à atteindre l’un ou l’autre de ces critères, a fortiori Le Maire. Le courant libéral (Chatel, Longuet, Novelli, Tabarot,…), la Droite moderne, ne devrait pas avoir de difficulté, ni ceux de la Droite sociale (Wauquiez) et de la Droite populaire (Mariani). J’ignore si la Droite humaniste se recomposera pour tenir compte de NKM d’un côté, de Raffarin de l’autre, voire de Bertrand. Quant aux gaullistes et chiraquiens, la cohérence entre Karoutchi, MAM, Baroin, Le Maire n’apparaît pas clairement.

J’ai déjà spéculé sur les différents courants et nous aurons l’occasion d’y revenir, mais si les principaux protagonistes ne se lancent pas (Copé, Fillon, Juppé n’ont aucune obligation d’appartenir à un mouvement) et si les pré-requis pour simplement se présenter aux suffrages du Congrès sont trop difficiles à réunir, le nombre final de mouvements risque d’être un peu décevant pour le « fanatique » de cuisine interne des partis 😉
L’absence d’obligation de rallier une motion, contrairement à ce qui se passe au PS, risque aussi d’empêcher de bien mesurer les équilibres internes (un peu comme lorsqu’existe au PS une motion de la direction regroupant les principaux courants) et de survaloriser des mouvements minoritaires, les adhérents pensant qu’il faut forcément en soutenir un ou en soutenant un tout simplement pour qu’il puisse s’exprimer mais sans adhérer à toutes ses propositions.

Sur le plan de l’affrontement majeur, Copé-Fillon, à ce jour, Fillon a probablement perdu du terrain par rapport à la situation pré-législatives:
– Bertrand n’a pas sérieusement inquiété Jacob,
– le flux de sondages s’est tari et ne « porte » plus l’ancien Premier ministre,
– son attitude très personnelle et peu chaleureuse à l’égard de ceux qui peuvent le rallier (Bertrand, Le Maire,…) n’est pas de nature à élargir ses minces réseaux internes,
– dans un paysage trop atomisé, c’est davantage Juppé que Fillon qui pourrait s’imposer comme un recours et un « pape de transition », en attendant le vrai combat de la primaire de 2016.

Mais Copé n’est pas entièrement solide:
– la fragmentation atteint aussi son propre camp: Chatel, Longuet et Novelli à la manoeuvre et pas forcément uniquement pour le compte de Copé; Baroin et Le Maire non contrôlés; Raffarin en désaccord sur le fond même si toujours allié objectif; Morano et Dati plutôt contre-productives; structuration des sarkozystes; Droite populaire grincheuse, frustrée et risquant de « bouder » à force d’être stigmatisée;
– le ralliement de Ciotti à Fillon, même s’il ne remet pas en cause, à ce jour, le probable tropisme des Alpes-Maritimes vers Copé (Estrosi n’aime ni Copé ni Fillon mais déteste probablement encore davantage ce dernier), est intéressant car il montre une capacité « attrape-tout » de Fillon que Copé ne possèdera jamais et qui avait fait, en son temps, l’attrait de DSK puis de Hollande;
– même s’il bénéficie d’une forme de soutien indirect (et objectif) de médias de gauche (certains articles du Monde ou de Libération sont édifiants) qui accentuent les faiblesses de Fillon (adversaire plus gênant pour la gauche que Copé, évidemment…), l’ambiance générale reste favorable à ce dernier, surtout avec les ralliements médiatisés et échelonnés de Pécresse et Wauquiez;
– le caractère désordonné du débat (Pécresse défendant Sarkozy et même Buisson mais ralliant Fillon; Raffarin critiquant le « ni ni » et revendiquant le droit d’inventaire mais restant objectivement copéiste; Bertrand détestant Copé mais hésitant à l’égard de Fillon; Bachelot qui défend Sarkozy contre Sarkozy ou qui critique 2012 en s’appuyant sur 2007; ceux qui critiquent Sarkozy mais refusent l' »inventaire » et ceux qui veulent l' »inventaire » mais encensent Sarkozy;…) ne plaide pour le moment pas pour sa maîtrise de l’appareil et l’agitation autour des « mouvements » pourrait l’avoir quelque peu dépassé.

On s’oriente donc vers une bataille entre la popularité extérieure et « généraliste » de Fillon et la combativité interne et mieux ciblée de Copé. Au PS, Royal avait triomphé de Fabius et Hollande a battu Aubry. Pourtant, Copé reste fort, appuyé sur l’appareil et sur des inimitiés fortes qui existent à l’égard de Fillon chez de nombreux apparatchiki; quant à la personnalité, il est certain que Fillon n’est pas le mieux armé, même si, après tout, le candidat « normal » a longtemps été décrié et sous-estimé…

Dans ce jeu, Juppé a probablement « loupé le coche », car il est intervenu trop tôt tout en n’allant pas jusqu’au bout: Fillon l’a « grillé ». Or, pour que Juppé prospérât, il aurait fallu qu’il attendît sur l’Aventin une guerre civile totale. Là, il s’est dévalorisé tout en ne préemptant pas l’aile modérée de l’UMP. En outre, l’idée d’un président-sage ou arbitre est totalement antinomique de toute l’histoire de la droite depuis Pompidou. La droite a toujours voulu un vrai chef qui soit aussi son candidat et le RPR -le véritable ancêtre de l’UMP- en a toujours eu un; même l’UDF fut créée en ce sens.

Certes, le président de l’UMP ne sera élu que pour 3 ans (curieux…) et, en 2015, il faudra peut-être tout remettre sur le métier, surtout si Copé perd. Mais de bonnes élections locales et européennes en 2014 devraient conforter le vainqueur de cet automne et lui éviter le retour de… Sarkozy.

Après des législatives devenues des élections subsidiaires, bipolarisation asymétrique, difficulté de stratégie pour la droite et difficulté d’incarnation pour la gauche

1. Le record d’abstention est évidemment le premier enseignement à tirer de ces élections. Il y a une tendance lourde à l’abstention, qui est socio-psychologique et qui tient à l’individualisme, au relativisme et au matérialisme grandissants, ainsi qu’à une décrue du civisme, en particulier chez les jeunes. Non, la pratique politique n’est pas seule responsable de cette tendance de fond !

Celle-ci est cependant accentuée par le trop-plein électoral clairement induit par l’accumulation des scrutins: primaire, présidentielle, législatives. Comme la primaire sera désormais quasi-institutionnalisée, soit dans l’un des deux grands partis, soit dans les deux, il convient effectivement de revoir le calendrier des législatives, qui pourraient être couplées avec la présidentielle (deux semaiens entre les deux tours, ce n’est pas gênant).

Les résultats montrent que, globalement, les événements d’entre-deux-tours ont peu d’influence sur les scores finaux. Certes, en 2007, il y avait eu une réelle différence d’un tour à l’autre pour la droite, mais Borloo n’avait pas eu la prudence des Hollande, Ayrault, Moscovici, Sapin, celle de se taire et de maintenir les véritables intentions du gouvernement dans le flou…

2. Globalement, en voix, 2012 se rapproche davantage de 2002 que de 2007. Toutefois, la droite avait été très forte au 1er tour en 2007, ce qui lui avait permis de prendre un peu d’avance. Cela explique que, en sièges, 2012 soit plus proche de 2007 que de 2002. 2012 est évidemment éloigné de 1997, comme je le pensais, car l’effet « présidentielle », le refus d’une cohabitation et le souhait de donner une majorité au Président, quel qu’il soit, sont désormais des données fondamentales du fonctionnement de la Ve République. Ce qui rend un peu « secondaires » les législatives, dans l’esprit des électeurs.

3. Dans ce paysage global, l’ancrage local compte fortement, soit pour se sauver d’un flux général défavorable (Mancel dans l’Oise, Bertrand dans l’Aisne ou Lagarde en Seine-Saint-Denis, par exemple) ou gagner en tranquillité (Wauquiez en Haute-Loire, avec un score très élevé, ou même Copé en Seine-et-Marne). A l’inverse, les parachutages trop « grossiers » ou perçus comme tels (Lang, Royal, Guéant) ne réussissent pas, même si la règle est loin d’être universelle (Hamon, Hammadi, Ferrand ne sont-ils pas des parachutés, sans parler de nombreux Verts et de Solère, lui-même ancien parachuté ?). Soyons donc prudents sur le soi-disant bon sens des électeurs…

De même, si l’usure a sûrement eu raison de Lang, d’Hervé de Charette ou de certains candidats communistes, le contexte à la fois local et national défavorable explique la défaite de MAM  ou la victoire étriquée de Laffineur.

4. Ainsi que je l’écrivais précédemment, la droite a des soucis géographiques et sociologiques à se faire. L’Ouest est décidément en recul constant: après les sénatoriales, les législatives sont dramatiques dans le Morbihan. La Sarthe, la Vendée, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Calvados, l’Orne, la Manche recèlent tous de très mauvaises surprises pour la droite. Le problème, c’est que ces électeurs se sont tellement éloignés des préoccupations du peuple de droite tel qu’il existe au Nord, au Nord-Est et au Sud-Est, que l’on peut se demander si les évolutions sont de nouveau conciliables…

L’outre-mer est évidemment une faiblesse pour la droite, car cela assure désormais un petit contingent minimal à la gauche dans l’Indien et l’Atlantique, tandis que les victoires de DVD dissidents et/ou autonomistes dans le Pacifique se font au détriment de la droite officielle, avec une fiabilité des votes, pendant la législature qui suit, assez aléatoire.

En outre, la droite est devenue très faible dans les grandes villes, même bourgeoises: plus aucune circonscription à Bordeaux et à Nancy, une seule à Lyon, des reculs à Orléans, Metz, Perpignan ou Marseille. Paris est évidemment emblématique, avec des réélections correctes de Lellouche et Fillon, mais sans plus.

Plus largement, l’Ile-de-France semble globalement résister car elle est favorablement découpée et très polarisée, mais la droite y est affaiblie: reculs dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne (avec la perte symbolique la circo de Vincennes), résistance seulement dans la 3e voire la 4e couronne et défense de justesse de plusieurs circos (Albarello en Seine-et-Marne et Chartier dans le Val-d’Oise, par exemple).

A ces constats urbains peuvent être associés les mauvais résultats chez les Français de l’étranger, où, comme à Neuilly, Boulogne-Billancourt et chez Guaino, les DVD ont été fortement présents, signe d’une volonté d’un électorat CSP+ de la droite de se voir proposer un profil plus Reinfeldt que CSU… plus Boris Johnson que Mariano Rajoy…

5. Cela pose globalement la question des rapports entre FN et UMP.

Là, les choses ne sont pas aussi claires que les médias commencent de vouloir nous le dire. Certes, la Droite populaire a été largement décimée, perdant la moitié de ses effectifs. Mais la situation des députés est territoriale et personnelle et n’a pas forcément à voir avec leur positionnement stratégique. Les contingents du Var, des Alpes-Maritimes, d’une partie de l’Alsace, de l’Ain, de l’Oise ou de la Loire compensent largement les échecs de Raoult, Barèges, Joissains, Lefebvre et autres Morano.

Des modérés sortent aussi affaiblis de ces élections (NKM, Bertrand, Chartier, Devedjian, Juppé et Fillon indirectement), d’autres ont perdu (Goulard, MAM, Montchamp), tandis que les copéistes se sont bien débrouillés (Copé, Riester, Courtial, Chatel, Tabarot). Comme on peut aussi souligner les victoires nettes d’autres modérés (Wauquiez, Pécresse, Baroin même si ce n’est pas pharaonique, Le Maire) et le sort contrasté des libéraux (Novelli battu, Briand élu) comme des centristes extérieurs (victoires de Lagarde, Jégo, Borloo, mais défaite de Charette) rendent en réalité le paysage assez confus.

Structurellement, les modérés souffrent de plusieurs faiblesses:

– leur division interne (que va faire Juppé ? que va faire Raffarin ? Wauquiez, Baroin, Pécresse, voire Le Maire semblent vouloir faire monter les enchères, ce qui ne peut que ralentir et encombrer Fillon, même s’il a un poste de vice-président et un poste de SG à offrir); ainsi, les ralliements à Fillon en sont pas assurés: il est perçu comme trop « personnel » et son passage à Matignon a refroidi ses relations avec nombre de soutiens potentiels (Juppé, Pécresse, Le Maire, Baroin, Borloo en externe, même Woerth, qui semble plutôt du côté de Copé a priori); en outre, chez les modérés, les « chefs » sont nombreux et les troupes moins puissantes, ce qui est le contraire chez les populo-sarkozo-copéistes, même après l’amaigrissement de la Droite populaire;

– les résultats député par député ne semblent pas dramatiques, mais la géographie électorale, elle, l’est davantage et ne permettra pas aussi facilement que cela de revenir à une ligne de « front républicain » ou, en tout cas, de fermeture plus nette à l’égard du FN: en effet, l’UMP a mieux résisté là où le FN est fort et peut la soutenir: c’est spectaculaire dans la Drôme et l’Oise, mais c’est aussi vrai dans le Territoire-de-Belfort, la Loire, l’Ain, l’Eure-et-Loir, quelque peu en Isère, dans la Marne et dans la Somme, et même dans la Seine-et-Marne, la Haute-Loire ou le Jura; bien sûr, là où le FN est vraiment plus « populaire », l’équation reste difficile (Aisne, Pas-de-Calais, Nord, Gard, Hérault, Meurthe-et-Moselle, des parties de l’Isère et de la Somme, voire une partie de la Moselle). Les reports du FN, c’est ce qui fait la différence, en 2012, entre une défaite (« à la 2007 ») et une déroute (« à la 2002 », voire « à la 1993 »). Même les modérés ne peuvent (malheureusement) l’ignorer: même dans l’Aube et la Haute-Marne, bastions du conservatisme et du gaullisme réunis, les triangulaires auraient pu être dangereuses… Baroin le sait bien…

– enfin, n’écartons pas la capacité de Copé à jouer au caméléon le plus basique. Il tente déjà d’arrondir son image, fait preuve d' »ouverture » sur les « mouvements » ou sur la ligne à suivre, envoie Dati prôner une droite moderne et ouverte et presque recentrée… Même si cela n’abuse personne et n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’UMP, car mieux vaut un duel clair et net, avec une victoire d’un camp et d’une ligne, pour en tirer les conséquences ensuite et pour, même, jouer ensuite sur la complémentarité d’un Copé battu avec un Fillon vainqueur, ou inversement… Bon, évidemment, cela n’a historiquement jamais marché à droite…

6. Plus fondamentalement, ce « grand écart » de la droite entre l’Ouest et l’Est, entre villes et zones rurbaines et rurales, entre durs-populaires et modérés-bourgeois, devrait conduire, au-delà même des questions de conflits entre chefs, à une réflexion sur le meilleur moyen de (er)créer une « grande maison commune », comme les Tories ou le GOP parvinrent à le faire dans le passé.

Il n’est cependant pas dit que cela soit possible: quel parti moderne parvient encore à le faire dans un régime démocratique normal ? (je ne parle pas du Japon, du Mexique, de Berlusconi, voire de la Hongrie…) Le GOP est en crise; les Tories sont en difficulté, tiraillés en interne et concurrencés en externe; le PP espagnol n’a gagné que par défaut.  Les « mouvements » au sein de l’UMP y suffiront-ils ? Leurs conditions statutaires actuelles de création sont draconiennes (c’était le souhait d’éviter la balkanisation à la socialiste…) et il n’est pas sûr que ce soit tellement compatible avec la culture du chef qui continue de dominer à l’UMP, qui est largement un RPR étendu.

Le modèle serait alors davantage celui d’une diversité de structures, comme dans beaucoup de pays d’Europe: Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, voire Pologne et à l’avenir Italie. La difficulté réside alors dans la délimitation des nouvelles frontières: on nous rebat les oreilles des centristes et du pôle centriste, mais Borloo est un échec ambulant et personne n’est en mesure de le remplacer, même si je répète tout le temps que Jean-Christophe Lagarde est prometteur. Ce n’est pas là le problème. Au contraire, il vaudrait mieux que NC et PR rejoignent les Juppé, Fillon, Pécresse, Raffarin, Baroin, Wauquiez, dans une sorte de parti de centre-droit ou central de droite (ou les deux !), tandis que les libéraux, Copé, les sarkozystes, la Droite populaire, constitueraient un parti de droite dure, à même de concurrencer le FN, de l’absorber en partie, de s’allier avec lui au besoin localement pour le « normaliser ». Il faudrait en effet que le parti de centre-droit, comme celui de droite dure, restent, chacun ou alternativement, plus fort que le FN ou, à tout le moins, que le parti modéré et le parti dur s’engagent à n’avoir qu’un candidat à la présidentielle, afin d’éviter une qualification du FN au second tour de la présidentielle. Cela n’empêcherait d’ailleurs pas un petit parti centriste croupion, comme un MoDem de centre-droit ou un petit réduit à la Arthuis.

Tout cela est fort théorique mais il n’y a pas quantité de modèles possibles. Adopter une attitude trop modérée, à la Reinfeldt, ne fera pas regagner suffisamment de terrain sur le PS social-démocratisé, sauf dans les très bonnes années, et renforcera encore le FN. Adopter une attitude trop dure et trop proche du FN (en dehors des problèmes philosophiques) éloignera définitivement les électeurs centristes ou flottants et condamnera l’UMP à subir le sort qui semble désormais coller au GOP « tea-partisé ».

L’UMP va-t-elle réussir à régler ce problème d’écartèlement permanent ? Va-t-elle se déchirer sous l’effet de cet écartèlement ? Ce ne serait pas en soi dramatique si c’est bien pensé et bien mené… 😛 Tout est dit…

7. Ces problèmes stratégiques de la droite, déclinés en problèmes de positionnement, d’organisation partisane et de leadership, sont plus importants que ceux que rencontrent la gauche. Celle-ci est dominante partout, Hollande a remporté la présidentielle et a pris soin de ne prendre aucun engagement pendant la campagne législative (si tant est qu’il en ait pris pendant la présidentielle…), son gouvernement se retrouve donc avec les mains à peu près libres.

Toutefois, les questions sur l’autorité de Hollande ne manqueront pas de resurgir, même si l’élimination de Royal, l’effacement d’Aubry et la faiblesse des rébellions sporadiques à attendre des caciques recalés (Cambadélis, Bartolone, Assouline, Dray,…) semblent dégager l’horizon. Hollande n’a laissé dehors que les strauss-kahniens trop compromis car trop proches de l’ancien chef (Camba, Le Guen, Dray), les trop vieux jospinistes et les aubrystes les plus fidèles. Mais on sait bien que c’est lors des périodes de domination trop forte que les divisions sont les plus vives (1993-95 ou 2002-2007 pour la droite). Les comportements d’un Peillon ou d’un Valls montrent bien que les germes sont là.

Cela reste cependant, à court terme, gérable et Trierweiler saura sûrement se calmer pour quelques temps. En revanche, l’échec de Mélenchon et le recul surprise du PCF, dans un énième soubresaut, doublés de la disparition politique de Laguiller et Besancenot, vont poser un problème d’incarnation de la protestation à gauche. Avec en plus des syndicats qui ont envie de retourner à leur ron-ron traditionnel après 5 ans de sarkozysme, le risque est que la protestation soit désordonnée et donc incontrôlable ou qu’elle se porte encore davantage sur une Marine Le Pen toujours positionnée dans son « ni droite ni gauche » (la rejetonne de Samuel Maréchal ne risque pas de remettre en cause cette ligne, tout en veillant paradoxalement à plus de respect du vieil extrêmisme du grand-père, la fille étant peut-être plus encline à trahir le père, dès sa mort physique).

Bien entendu, il serait cyniquement possible de considérer, pour la gauche, qu’un FN encore plus haut ne fera qu’handicaper la droite et rejeter encore davantage le centre, voire le centre-droit, vers le social-démocrate Hollande, qui serait probablement ravi de se faire réélire contre… Marine Le Pen au second tour de 2017. Mais c’est jouer avec le feu.

8. En attendant la solution à ces problèmes, les groupes à l’Assemblée sont l’occasion de jeux politiques passionnants.

D’abord, voici les résultats selon mes propres décomptes, effectués député par député:
FG 10
Rég./ind. 10 (2 MIM, 1 ex-PCR, 1 UDB)
EE-LV 17
PS 278
DVG 22 (3 MRC, 1 MUP -le parti de Hue-, 12 PS diss., 5 DVG d’outre-mer modérés, 1 DVG d’outre-mer proche de l’EXG)
PRG 12
MoDem 2
NC 16
PR 11
DVD 20 (7 DVD modérés, 2 PCD, 1 CNI, 2 DLR, 2 MPF, 7 autonomistes du Pacifique)
UMP 182
EXD 1
FN 2

Cela signifie d’ailleurs que mon erreur globale cumulée (écarts sur les résultats de chaque sous-ensemble) est finalement de 26, soit 95,5% de réussite.
Mes erreurs locales sont finalement de 46, soit 92,2% de réussite.
Avec des bonheurs variables: 100% en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne; 97% en Nord-Pas-de-Calais, 96,3% en Bretagne (Fougères !), 95,2% en Lorraine (Lang ! :D), 94,9% en Ile-de-France (satanée Seine-et-Marne !), 94,1% en Picardie, 93,3% en Alsace et en Haute-Normandie, 92,9% en PACA, 92,3% en Midi-Pyrénées, 91,7% en Franche-Comté et en Auvergne, 91,3% dans le Centre et le Languedoc-Roussillon, 90,9% à l’étranger, 90,4% en Rhône-Alpes (Bérézina dans la Drôme), 88,9% en outre-mer, 83,3% dans les Pays de la Loire (un vrai échec en Vendée et dans la Sarthe), 76,9% en Basse-Normandie (échec généralisé), 73,3% en Bourgogne (surtout en Saône-et-Loire), 50% en Corse. Tirez-en les conséquences que vous voulez 😉

Au total, c’est correct, mais sans plus à ce niveau, très franchement. Mais bon, l’essentiel, c’est le chemin, c’est le divertissement ;).

Voici, de nouveau, la carte définitive, mais corrigée des erreurs de la nuit de dimanche à lundi (Morbihan et Seine-et-Marne, avec des fausses joies dans les deux sens).

Les groupes, donc.
– Le PS peut ajouter à ses 278 députés un groupe de 10, voire 11 (avec Sylvie Andrieux), dissidents. Le PS peut les remercier d’avoir battu les Verts… Seul Falorni est apparemment pestiféré (pour combien de temps ?). Ainsi, même sans les 5 DVG d’outre-mer qui, logiquement, devraient s’apparenter à son groupe, le PS a la majorité absolue seul.
Si Le Roux devrait battre Martin sans problème pour le groupe, l’exécutif arrivera bien à imposer Lebranchu à l’Assemblée (plus facile de recaser Guigou au gouvernement; Bartolone et Glavany grossiront les rangs des frustrés, avec Cambadélis déjà tellement peu sûr de son étoile qu’il tente de s’accrocher à Désir; mais c’est sans grande importance car tous ces apparatchiki n’auront de capacité de nuisance que temporaire et n’ont plus vraiment de leader…).
Quant au PS, ce sera sûrement entre Désir et Rebsamen (au pire, ce dernier est déjà correctement « casé » au Sénat et les remaniements arriveront sûrement plus vite que prévu…). C’est indécent de voir tous les « grands » du PS dire que Royal doit faire autre chose, qu’elle peut rebondir, etc. alors que tous sont ravis de son échec et ne lui souhaitent qu’une chose: d’échouer encore une fois à prendre la tête du PS…
A moins qu’Aubry, prétextant de la crise, de je ne sais quel argument, ne se dise que, finalement, elle doit ravaler son exaspération et sa lassitude et doit conserver une base de pouvoir si un jour… A ce moment-là, il est évident que ni Désir, ni Rebsamen, ni un Delanoë dépouillé de ses troupes ne pourront lui contester la possibilité de rester.

– Le PRG peut également guigner des DVG ou rallier les MRC pour constituer son groupe.

– Même en perdant Duflot, les Verts peuvent compter sur l’UDB élu dans le Morbihan (et que j’ai rangé dans les « régionalistes » dans mes décomptes). L’équilibre des votes Mamère (gauche du parti)-de Rugy (« réalistes »)-Baupin (ex-hulotiste) sera intéressant.

– Le FG va devoir vraiment « travailler » pour avoir ses 15 députés (car n’imaginons pas que le seuil passe à 10: le Conseil constitutionnel avait jugé que 10, c’était le minimum pour le Sénat; or, avec 577 députés, la même proportion nous mène à 15,3…). Je n’arrive pas à penser que les 3 MRC le rejoignent, ni même le MUP. En revanche, les 2 MIM, l’ex-PCR, le DVG martiniquais plus proche de l’EXG et… Falorni (;)) un autre DVG d’outre-mer peuvent suffire.

– La recomposition du NC et du PR va être magnifique à suivre. Les lagardistes se rapprochent des radicaux-Borloo pendant que les morinistes prennent langue avec les MoDem. Mais que feront les radicaux-Léonetti et les centristes de l’UMP ? Je doute qu’ils rejoignent le mouvement. L’explosion de l’UMP n’est pas pour tout de suite. Si les lagardo-borloïstes doivent pouvoir constituer un groupe sans difficulté, les morinistes pourraient y parvenir avec quelques DVD modérés ou des autonomistes du Pacifique.

MISE A JOUR (mon article a été rdigé hier soir…): Borloo a réussi à réunir 17 députés dans l’UDI, union des démocrates et des indépendants, avec des radicaux hors UMP, les lagardistes du NC (Sauvadet sera vice-président), des DVD (Fromatin) et même des radicaux de l’UMP (Plagnol, Pancher). Des radicaux de l’UMP resteront au groupe UMP (Léonetti). On cherche désormais des radicaux hors UMP qui s’apparenteront au groupe UMP et des radicaux qui s’apparenteront à l’éventuel autre groupe centriste ou seront non inscrits 😛
Même les morinistes de NC devraient suivre.
Finalement, ce sera peu ou prou  le groupe de l’ARES, sauf que l’ARES ne semble déjà plus véritablement exister. Le centre, ce n’est pas « combien de divisions ? » mais « combien de coquilles vides ? »: UDF qui existe toujours, MoDem (avec des nuances), AC, NC (avec des nuances), PR (avec des nuances), URCID, ARES, CD de Charette, GM de Bockel,… je n’inclus pas les Humanistes de l’UMP et ce qui reste peut-être de Besson… Je suis un peu méchant car, à chaque fois, cela représente quand même un positionnement et une stratégie différentes. Surtout, évidemment, c’est un ravissement de passionné de la politique… on se croirait revenu sur les bancs des députés pednant la IIIe République 😀
A ce propos, je recommande le blog de Laurent de Boissieu, http://www.ipolitique.fr/, spécialisé dans les centres.

Sur le fond, il faut leur souhaiter bon courage, car Borloo n’aura en réalité aucune ambition pour le centre-droit: il a sa « petite entreprise » et cela lui suffit… Vivement Lagarde !

– Les 2 PCD et le CNI devraient s’apparenter à l’UMP. Les MPF et les DLR devraient se retrouver chez les non-inscrits avec Bompard, Collard et Panzermiss, éventuellement Falorni et quelques « ultra-marins ».

On le voit, s’il reste des petits bacs à sable au centre (en attendant la Grande Rupture de l’UMP ?), la bipolarisation dont nous parlent tous les analystes depuis 15 jours est réelle.

Mais c’est une  bipolarisation asymétrique et instable:
– asymétrique car la droite n’est pas hégémonique à droite, en raison de la présence de ce FN, hybride d’extrême-droite et de gauche et grignotant sur la droite, et avec lequel elle peut agréger ses forces;
– instable car la concurrence à gauche renaîtra et que l’UMP ne survivra peut-être pas.

Ce blog n’est donc pas mort, mais il se concentrera désormais essentiellement sur l’affrontement Fillon-Copé, en espérant que les sondages seront nombreux ! 😉

Pronostics nationalement satisfaisants, localement insuffisants

1. Si je ne me suis pas trompé dans mon décompte définitif, voici le comparatif entre mes pronostics d’entre-deux-tours et les résultats finaux:

FG 10 / 10 (ce n’était pas très difficile de ne pas se tromper et les fourchettes donénes par les instituts étaient ridicules)

régionalistes+indépendantistes 3 / 4 (sachant que l’ex-PCR Bello y est incluse et que cela inclut l’UDB élu sous étiquette EE-LV et que je reclasse donc: ce n’est ainsi pas une erreur de ma part)

EE-LV 21 / 17 (après avoir été trop pessimiste avant le 1er tour, j’ai trop « compensé » au second)

PS 286 / 279 (étant donné le chiffre global, c’est honorable)

DVG 25 / 21 (la motié des erreurs étant due à la Corse et à l’outre-mer, je considère ne pas trop mal m’en sortir :P)

PRG 12 / 12 (comme pour le FG, ce n’est pas un exploit, en réalité)

soit un total gauches 357 / 343

MoDem 2 / 2 (idem)

NC 15 / 16 (en réalité, cela amsque 2 erreurs et 1 reclassement, Folliot, qui ne s’apparentera peut-être aps au NC, mais est clairement au centre)

PR-DVD 26 / 31 (je n’avais pas distingué les deux: le PR obtient 11 sièges, les DVD, surtout MPF, PCD, CNI ou anciens de ces partis, 20; clairement, je me suis bien trompé sur cette catégorie de députés)

UMP 176 / 182 (le symétrique du PS)

FN 0 / 2 (là, de nouveau, erreur de ma part, même si je sentais bien, sur ces 2 cas-là, que j’allais me tromper… :P)

EXD 1 / 1 (normal)

soit un total droites 220 / 234

En chiffres globaux, mon score est de 96% de réussite.

En revanche, pour ce qui est des chiffres locaux, en décomptant toutes les erreurs (réelles) par circo (sachant que j’ai rectifié 3 mauvais étiquetages dans mes pronostics -Morbihan, Vendée, Tarn)), on aboutit à un taux de réussite de 92%, avec 46 erreurs réelles (dont 6 en Corse, outre-mer et étranger). IPSOS voyait 50 circos indécises…

Sur mes pronostics d’avant le 1er tour, on compte 75 erreurs locales, soit une réussite de 87%, qui est finalement assez honorable. En chiffres globaux, le taux de réussite est de 91%. En résumant les pronostics d’avant 1er tour, d’entre-deux tours et les résultats finaux, on obtient:
FG 20 / 10 / 10
rég.+ind. 3 / 3 / 4
EE-LV 11/ 21 /17
PS 271 / 286 / 279
PRG+DVG 40 / 37 / 33
MoDem 1 / 2 / 2
NC+PR+DVD 39 / 41 / 47
UMP 191 / 176 / 182
FN 0 / 0 / 2
EXD 1 / 1 / 1

2. Mon pronostic était évidemment bien plus fiable que les fourchettes des instituts, qui étaient d’au moins 30 sièges sur chacun des deux grands ensembles… Mais je reste insatisfait au niveau local, avec deux sources d’erreurs:
– les classiques duels droite-gauche très serrés: Sarthe, Yonne, Seine-et-Marne, Saône-et-Loire, Loiret, Indre-et-Loire… rien là d’étonnant, mais cela aurait pu être mieux, notamment dans le Loiret et la Sarthe (où mes tripes parlaient différemment…);
– les zones de FN fort et plutôt populaire, où la droite résiste mieux que prévu: Oise, Territoire-de-Belfort, Vaucluse, mais surtout Isère et Drôme, ce dernier département donnant 3 erreurs à lui seul, sur 4 circos ! Je reconnais là une difficulté intrinsèque à prévoir et, probablement, une vraie incompréhension de ces départements. D’ailleurs, le grand Sud-Est (Rhône-Alpes, PACA, Corse, Languedoc-Roussillon) explique 12 de mes 46 erreurs.

Je n’ai commis aucune erreur dans 4 régions (Limousin, Aquitaine, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, ce qui combine la facilité globale de ces circos et ma « familiarité » avec le Sud-Ouest) et une seule erreur dans 6 régions (Auvergne, Picardie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, ce que j’attribue davantage à un découpage polarisé et à une plus grande facilité de prédiction qu’à une réelle maîtrise du Nord et de l’Est de ma part :P)).

Mes 5 erreurs en Pays-de-la-Loire, 2 erreurs en Bretagne et 3 erreurs en Basse-Normandie témoignent d’un refus freudien de ma part de la totale irrécupérabilité de ce fichu Nord-Ouest pour la droite :P, même si mes erreurs bretonnes sont en réalité de sens inverse des autres.
Mon pessimisme pour la droite peut aussi se voir dans mes pronostics d’entre-deux-tours, même si les calculs m’ont aidé à « rationaliser ».

Même si mes pronostics d’avant-1er tour comprotaient beaucoup d’erreurs locales, je suis assez content d’avoir vu, dès l’origine, que le scénario gagnant serait un 2007 à l’envers et non un simple 1997, comme beaucoup d’analystes et de sondeurs le disaient…

Voici la carte définitive:

Remarquons ici que le groupe EE-LV sera immédiatement amputé de Cécile Duflot mais qu’il réussira quand même à se constituer. Le FG pourrait y parvenir avec le MIM, l’ex-PCR et deux DVG quelconques (mais qui voudra de Falorni ? ;)). Avec quelques DVG, le PRG constituera sans problème son groupe.
Dans l’autre camp, le NC y arrive sur le papier, mais la guerre nucléaire Morin/Lagarde devrait acvoir raison du NC. En revanche, la recomposition avec le PR, Borloo et plusieurs dVD devrait permettre de constituer au moins un groupe centriste. Les DVD « durs », avec quelques députés de l’UMP pourraient en théorie constituer un groupe, mais c’est très peu probable.

Même si mes écrits dans l’article précédent donnent déjà beaucoup de clés de lecture (en particulier dans les rapports FN-UMP), je posterai bientôt une analyse des enseignements électoraux de ces législatives.

MISE A JOUR: je découvre ce matin que Goulard a bien été battu dans le Morbihan… voilà une mauvaise nouvelle qui améliore mon taux de réussite 😛
La 1e de Seine-et-Marne n’a pas non plus basculé.

Bon, il faudra que je vérifie de nouveau l’ensemble car la carte interactive de l’AFP comportait des erreurs (une évidente avec une victoire longtemps annoncée de l’UMP Patriarche avec 57% dans les Pyrénées-Atlantiques 😀 On veut bien des surprises, mais là, c’était le 1er avril !).

Derniers sondages OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres, Harris (projections), BVA et IFOP (circo): confirmation des pronostics et préparation des batailles à venir

 1. Pour mémoire, le premier institut (IFOP) à avoir actualsié ses projections en sièges depuis le soir du 1er tour a produit avant-hier les chiffres suivants:

FG 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 297-332
EE-LV 13-20
MoDem 1-2
UMP+NC+PR+DVD 210-247
FN 0-3
autres 2-5

Aujourd’hui, OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres et Harris Interactive fournissent les chiffres suivants:

FG 8-12 / 12-13 / 8-11 / 10-12 / 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 295-330 / 300-331 / 287-330 / 300-330 / 287-325
(IPSOS donne un détail: PS+DVG 284-313, PRG 11-13, MRC 3-5)
EE-LV 12-18 / 14-20 / 13-17 / 14-18 / 11-17
MoDem 0-2 / 1-3 / 1-2 / 0-2 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 215-252 / 210-250 / 225-255 / 201-240 / 202-263
(IPSOS donne un détail: UMP+DVD 192-226, NC 14-18, PR 4-6)
FN+EXD 0-4 / 0-3 / 1-4 / 0-3 / 0-3
autres 0-3 / 0-2 / – / – / 0-4
(CSA et TNS-Sofres ne donnent rien, OpinionWay les classe en régionalistes, IPSOS en autres)

Toutes ces fourchettes se recoupent. Elles ne nous apportent rien de bien intéressant (comme tous les 5 ans…), car elles sont trop larges. Elles arrivent en outre bien tardivement. Il est surprenant, avec tous les moyens humains, informatiques et matériels dont disposent ces instituts, que de telles projections, aujourd’hui beaucoup plus en adéquation avec les résultats réels du 1er tour, n’aient pas pu être produites dès dimanche soir. Certes, à 20h piles, il faut absolument afficher un demi-camembert, mais c’est globalement assez médiocre… Je défends habituellement les sondeurs, mais ma nuit raccourcie de dimanche à lundi m’a permis d’arriver à un pronostic dont les sondeurs se rapprochent seulement en 2e moitié de semaine…

Simplement, la majorité absolue pour le PS est confirmée (éventuellement avec quelques futurs ex-dissidents et des « compagnons de route » habituels), le groupe Vert se précise, les difficultés du FG également, la marginalité du MoDem et du FN aussi.

Nous restons désormais dans l’incertitude principale, c’est-à-dire le détail de l’abstention et de la participation:
– démobilisation à gauche en général en raison d’une victoire déjà acquise ?
– démobilisation marginale en raison des premiers « cafouillages » présidentiels et gouvernementaux ?
– remobilisation par peur d’un effet « tweet » favorable à la droite ?
– démobilisation au FG en raison de premiers signaux de politique économique et financière assez austère ? (bon, la poudre aux yeux de la « croissance européenne » doit normalement réduire ce risque)
– démobilisation à droite en général en raison d’une défaite déjà intégrée ?
– remobilisation par peur d’une trop forte majorité ?
– démobilisation au FN en raison d’une attitude jugée frustrante de l’UMP, même localement ? (alors que certains s’attendaient à beaucoup plus de dérapages locaux que la seule circo d’Arles)

En fin de compte, tous ces effets devraient s’annuler peu ou prou. En tous les cas, comme il est difficile de les estimer (comme toujours), il n’est pas possible de les prendre en comtpe dans les pronostics.

Je maintiens bien entendu ceux que j’ai effectués, y compris alors qu’un sondage local ne va pas dans mon sens.

2. Autant la campagne du 1er tour fut riche en sondages par circonscription, autant celle du 2nd tour se révèle décevante. La focalisation sur La Rochelle (alors que l’enjeu n’est presque pas l’anticipation du résultat, mais le désordre déjà créé) a manifestement phagocyté d’autres enquêtes qui auraient pu/dû être réalisées, dans tant de circonscriptions passionnantes. Mais évidemment, aller sonder dans le Tarn, la Somme, le Morbihan ou l’Isère, cela n’intéresse pas les médias…

Bien entendu, il y a une autre livraison sur la 1e de Charente-Maritime, BVA cette fois:
DVG 55 / PS 45
Plus réaliste que le 58/42 de l’IFOP et montrant peut-être un léger effet « victime » favorable à Royal. Tout duel aussi passionné et disputé conduit d’ailleurs de totue façon à un resserrement de l’écart.

Un sondage IFOP sur la 4e de l’Essonne est passé inaperçu hier (et je ne parviens toujours pas à en avoir le détail):
UMP 51,5 / PS 48,5
Bien entendu, c’est dans la marge d’erreur, mais cela devrait rassurer NKM et cela ne me surprend nullement. Les reports du FN sont tout à fait classiques: 53% pour NKM et 18% pour le PS.

Enfin, l’IFOP a également été sollicité pour la 3e du Vaucluse:
FN 36,5 / UMP 34,5 / DVG 29
Cela montre que le FN plafonne (je le dis pour les autres circonscriptions, notamment celle de Marine Le Pen et celle de Collard) et qu’il ne peut gagner que si son opposition est divisée. Maintenant, il y a effectivement un risque réel d’élection de Marion Maréchal-Le Pen, le plus élevé (si l’on exclut le cas de Bompard, qui n’est plus FN depuis longtemps). Toutefois, ce sondage (publié dans Vaucluse Matin et le Dauphiné Libéré), comme l’appel du suppléant de la candidate ex-PS (le soutien national lui a été retiré) à voter UMP, comme, peut-être, l’agression de la suppléante de Mourrut dans le Gard, peuvent conduire à un « vote utile » au centre et à gauche afin de battre le FN.
J’avais déjà évoqué cette possibilité dans le cas de Mélenchon et, effectivement, Kemel l’a « coiffé » et a accédé au 2nd tour en partie pour cette raison (meilleure efficacité contre le FN). Après tout, c’est comme cela que Royal et Hollande sont devenus les candidats du PS et que Fillon… euh, bon, on verra… 😉
Le problème dans le Vaucluse, c’est bien que Ferrand est un très mauvais candidat de l’UMP, complètement usé et has been. Le renouvellement, même factice (le QI de Panzermiss ne doit pas tellement dépasser son score du 1er tour), cela marche toujours un peu, de même que l’aspect « star montante à la télé »…

3. D’ores et déjà, les batailles des futures semaines sont enclenchées.

Royal n’est pas encore morte que, déjà, on a roulé sur son cadavre.
Outre Jack Lang (encore faut-il qu’il soit élu et, de toute façon, il est désormais marginalisé), Glavany, Bartolone et Guigou semblent sur les rangs. Plus surprenant, Lebranchu serait en piste et pourrait être soutenue par Hollande. Je suis surpris que Le Roux semble se contenter du groupe socialiste, mais il est vrai que, parfois, le président de groupe peut être plus important que le président de l’Assemblée nationale, ce que Hollande et Ayrault savent très bien. Je n’exclus pas non plus des velléités du côté de Vallini.

Mais évidemment, Lebranchu aurait l’avantage de libérer une place au sein du gouvernement (voire deux si les collectivités territoriales et la fonction publique sont de nouveau séparés, ce qui est bien possible vu les réactions dubitatives ayant accueilli le portefeuille quelque peu novateur de Lebranchu). N’oublions pas non plus que la consommation n’a pas été attribuée explicitement au niveau des maroquins ministériels. Les quelques frustrés du premier gouvernement Ayrault (Vallini, Rousset, Paul, Hazan ou d’autres, ou même Guigou ou Le Roux si les plans changent) pourront trouver une place, de même qu’un ex-MoDem (Rochefort ou Bennahmias) ou un communiste en rupture de ban (comme Braouezec ou Hue).

Le contingent de candidats pour la direction du PS est, semble-t-il, assez distinct de celui des apsirants au perchoir, ce qui en fait une bataille spécifique: Désir, Cambadélis, Rebsamen, Gorce. Mais je reste très dubitatif sur le retrait d’Aubry. Peut-être en aura-t-elle marre, réellement, et se dira-t-elle que, même en étant « seulement » à Lille, elle pourra quand même incarner un recours ? Peut-être a-t-elle déjà intégré que son tour était passé ? Je continue de me poser des questions, cependant.

La défaite de Royal comme l’éventuel mise en réserve d’Aubry risquent bien de « libérer » deux paroles discordantes, dans des styles et sur des thémtiques différentes, mais également problématiques pour un pouvoir déjà un peu affaibli dans son autorité (le tweet de la Présidente s’ajoutant en fait à l’activisme de Peillon et de Valls, au lyrisme de Montebourg et aux déclarations intempestives de Taubira ou Duflot pour déjà donner une impression d’une certaine cacophonie gouvernementale).

Même si ce n’est pas équivalent aux éventuels règlements de comptes de la part de Royal, à droite, les ennuis judiciaires de l’ancien Président pourraient empoisonner le climat pour quelques temps, soit directement si d’autres leaders sont mis en cause (Sarkozy favorisant même éventuellement cette mise en cause…), soit indirectement en remettant le Grand Leader pas encore enterré et potentiel rival en 2016-17 sur le devant de la scène, même très négativement.

La bataille pour le groupe UMP à l’Assemblée pourrait être décevante, faute de trop de candidats ou si un affrontement majeur ne se produit pas, soit que Xavier Bertrand soit battu dimanche, soit qu’il renonce à se présenter, malgré les rumeurs montantes. Si Jacob n’est pas seul en lice, le choix, alors, de privilégier un candidat de compromis reste, je le répète, une vraie possibilité: Accoyer, Ollier, Dord (Carrez se positionnera plutôt comme président de la commission des finances). A moins que Baroin ne se lance; mais on sent du Borloo en lui… du point de vue de la détermination…

Mais la mère de toutes les batailles, ce sera bien entendu la présidence de l’UMP, avec un Fillon qui continue d’engranger des bons sondages et qui, s’il a rallié le « ni ni » en stratégie électorale, a plutôt bien géré son positionnement depuis dimanche (fermeté à l’égard de Chassain mais « loyauté » aux candidats, même Morano, ce qui est bien la preuve de la détermination de Fillon…), en tous les cas à l’égard des militants.

Le baromètre de popularité de l’IFOP pour Paris-Match de ce mois de juin pose aussi une question sur la « personnalité préférée », entre Fillon et Copé. Les réponses sont claires, pour l’ensemble du panel comme pour les sympathisants UMP:
Fillon 76 / 79
Copé 19 / 21
ni l’un ni l’autre 5 / 0 (non suggéré)
ne se prononce pas 0 / 0
Parmi les électeurs de Sarkozy, c’est 80/20. Parmi les sympathisants FN ou les électeurs de Le Pen, c’est 69/26, logiquement plus serré mais pas tant que cela. Parmi les électeurs de Bayrou, c’est 79/20 et parmi les sympathisants du MoDem 85/14, logiquement plus net.

En outre, des ralliements se précisent, comme celui de Pécresse, qui pourrait préfigurer ceux de Le Maire ou d’autres chiraqueins d’origine. Les cas de Baroin et, surtout, de Juppé sont évidemment plus lourds car, si ralliement il doit y avoir, il dépendra aussi de considérations strictement personnelles et Fillon ne s’est pas fait que des amis pendant qu’il était à Matignon, loin de là.

Reste son propre score à Paris, qui pourrait être décevant. Reste la perte de son ancienne circonscription dans la Sarthe (mais cela devrait être noyé dans le flot de basculements).

Reste surtout que le combat risque d’être en même temps stratégique, car le cirque Morano a brillé de mille feux cette semaine et a remis, alors même que le « ni ni » assurait une tranquillité de court terme et que les défections ont été fort peu nombreuses, la question du FN au centre de tout. Or, c’est tellement clivant pour l’UMP que celui-ci risque bien de traîner cela comme un boulet pour longtemps, un peu comme la question européenne chez les Tories.

Si Copé l’emporte, ce sera à droite toute et le risque de scission est majeur (pas seulement de la part des centristes, comme le disent les médias, mais jusque dans le coeur de l’UMP, du côté des gaullistes historiques, des chiraquiens, des gaullistes sociaux, voire de certains libéraux). Si Fillon l’emporte, il sera soumis à une guérilla interne permanente de la Droite populaire et de Copé.

Je crois vraiment, même si le 2nd tour de la présidentielle a pu le masquer temporairement, que la droite se porterait mieux avec deux partis, même si la génération Juppé-Fillon a le souvenir des divisions RPR-UDF. Mais, en fait, c’étaient des divisions au sein de l’UDF et du RPR: le fait d’avoir un ou deux partis ne change rien à cela. En revanche, le fait d’avoir deux partis permet de tenir compte des électorats différents, de la diversité régionale et de « reprendre » la nébuleuse centriste, incapable de s’organiser seule, mais disposant encore d’un certain poids électoral (AC d’Arthuis, NC-Morin, NC-Lagarde-Sauvadet-Leroy, PR-Borloo, PR-Léonetti, voire quelques barons locaux encore au MoDem). L’essentiel, c’est d’avoir alors une primaire ouverte avant la présidentielle.

Ou alors, que la droite change carrément le système et fasse adopter une VIe République parlementaire, en associant, à un moment donné, le FN à la majorité (selon une formule danoise ou néerlandaise) pour le siphonner, le décrédibiliser ou le couper d’une partie de son électorat, afin d’en réduire l’effet électoral néfaste. Mais cela nous amène trop loin…

4. Comme je l’ai déjà indiqué, ce blog se poursuivra jusqu’à la mi-novembre, avec la reprise de tous les sondages sur la présidence de l’UMP, que j’espère nombreux et permettant de créer un inndicateur. Sinon, on se contentera de quelques courbes…

Mais je posterai de manière beaucoup plus épisodique, car la vie est aussi ailleurs et mes soirées (et quelquefois nuits) en ont trop souffert. Cela n’empêche pas ceux qui souhaiteraient continuer à discuter dans les commentaires de le faire, bien entendu. Néanmoins, n’étant pas (du tout) un insider, j’aurais peu d’informations à soumettre aux lecteurs de ce blog pendant les phases « de croisière » de la vie politique française, c’est-à-dire hors élections. Quant à mes analyses, elles ne sont pas d’une transcendance et d’un intérêt tels qu’elles doivent être absolument rendues publiques…

En outre, par rapport à la période octobre-décembre, pourtant peu lue alors qu’elle était la plus « rigoureuse », l’ensemble tend à se « relâcher » quand même un peu avec le temps et je n’ai pas résisté à la tentation d’exprimer çà et là une opinion hors du coeur de notre sujet ou d’adopter un ton définitivement ironique après la présidentielle.

Nous avons dépassé les 250 000 visites (dont celle du directeur du département « opinion » d’Harris ;)) et il y a désormais près de 120 abonnés (en dehors de ceux qui ne le sont pas mais viennent régulièrement, je le sais). Ce n’est pas complètement négligeable et je remercie tous les lecteurs, fidèles ou ponctuels, de ce blog.

Après le mois de novembre et avant les primaires de l’UMP de 2016, quelles échéances pourraient justifier de réactiver ce blog ?
Si les régionales sont rétablies selon le calendrier initial, elles devraient de dérouler au printemps 2016: ce sera déjà la bonne période pour entamer le suivi de la présidentielle (si j’avais débuté ce blog en décembre 2010, je serais passé pour un visionnaire en pronostiquant la victoire de Hollande au sein du PS; mais je serais aussi passé pour un loser, en voyant, le 15 mai 2011, Aubry future présidente :P), donc cela ne devrait pas poser de difficulté de s’amuser à des pronostics par région.
Il y aura aussi les européennes de 2014, mais les antécédents sondagiers ne sont pas probants: le découpage territorial « bizarre » des grandes circonscriptions ne permet pas réellement de réaliser des enquêtes pertinentes. Il n’y a, de même, pas assez de sondages nationaux pour justifier de suivre un indicateur.
Si l’envie est toujours là et si Dieu me prête vie, sondages2012 deviendra donc, alors, sondages2016.

Nous n’en sommes pas là. D’ici là, une belle soirée et une belle nuit nous attendent dimanche, avec les résultats circonscription par circonscription et, ensuite, je l’espère, un beau suspense au sein de l’UMP…

Après l’annonce des candidatures et des soutiens, actualisation des pronostics, en Charente-Maritime et ailleurs

1. Le paysage est désormais stabilisé. Enfin, celui des candidatures…! 😉

Cela permettra à la droite de conserver une circonscription dans le Morbihan (mais elle pourrait bien perdre 4 députés, après avoir perdu 3 sénateurs d’un coup en septembre dernier… mais le non-renouvellement à droite a entraîné ce craquement subit…), mais aussi de s’imposer dans la 2e des Pyrénées-Orientales (avec le retrait du FN), de conserver à l’UMP la 3e des Yvelines (Guaino se retrouvant seul en lice). Quant à la circonscription de Guéant père (Hauts-de-Seine), je pense finalement que Solère peut l’emporter, grâce aux reports centristes et DVD et à une faiblesse des réserves FN, même si le réflexe légitimiste peut avantager Guéant (et puis, Solère lui-même était un parachuté il n’y a pas si longtemps…).

A l’inverse, le maintien de triangulaires devrait assurer la victoire du PS dans les 2e et 3e du Gard (non, Collard devrait se heurter à un « plafond de verre ») et du DVG à Wallis-et-Futuna. Dans le Vaucluse, le retrait de la candidate FN (ex-MPF) dans la 5e ne suffira probablement pas à l’UMP pour rattraper son retard (et puis, la « libération » des électeurs du FN donne aussi un petit chouïa au PS). En revanche, le maintien de la socialiste dans la 3e rend celle-ci gagnable par Marion II, Panzermiss, la petite-fille du Menhir (à distinguer de Marion I, Panzergirl, la fille du Menhir et sa tante). Je pense toutefois qu’au vu de la médiatisation, d’un plein de voix probablement déjà fait par Marion Maréchal-Le Pen et d’un report important de centristes, de divers et même de socialistes sur l’UMP, son candidat devrait pouvoir arracher la victoire.

Je ne reviens pas sur Roubaix (Nord) ou sur la Seine-Saint-Denis, où les duels de gauche ne changeront rien.

Enfin, je dois rectifier une erreur de teinte de rose à Saint-Pierre-et-Miquelon (bien sûr, c’est PRG et non PS) et une erreur entre rose et vert (merci Zanas) dans l’Indre-et-Loire (2e).

En partie grâce aux propres estimations de Zanas, qui m’obligent à refaire des calculs que j’avais hâtivement effectués dans la nuit de dimanche à lundi, je reviens sur un pronostic dans la 5e de la Sarthe, que j’attribue finalement au PS, au regard de l’historique de cette circonscription. En revanche, je maintiens la 1e pour l’UMP. Les profils ne sont pas exactement similaires et tout va être très serré. Je fais également basculer la 12e des Bouches-du-Rhône car, malgré un probable vote utile du FN (qui se maintient) vers l’UMP, le retard est trop important à rattraper. Je ne me résous pas à considérer que l’UMP a perdu la 1e d’Eure-et-Loir, mais c’est plus un « sentiment » qu’autre chose, car tout pointe vers une victoire de gauche. En Seine-Maritime, je pense que les reports de voix, le mauvais choix de candidat à gauche et la sociologie doivent aider l’UMP dans la 2e; mais, dans la 10e, c’est vraiment trop court pour l’UMP et je bascule donc vers le PS.

Je ne m’interdis pas d’autres changements d’ici samedi, après avoir réétudié quelques cas limites (Vendée, Nord, Loiret notamment me font encore hésiter…) et, peut-être, avoir pris connaissance de quelques sondages: espérons !

2. Et puis, il y a la Charente-Maritime.

La Présidente a parlé et le soutien du « petit François » à la candidate officielle n’y fera probablement rien: je pense que Falorni devrait l’emporter. Il a la tranquille assurance de ceux qui parlent (probablement assez faussement dans son cas) au nom de la France d’en bas. Quel paradoxe pour Royal, celle de la démocratie participative et de la région « Charentes-Poitou » que d’être ainsi remise en cause…

Autant la droite, dimanche dernier, devait en réalité rallier Royal, pour pousser celle par qui le désordre arrive généralement, autant, aujourd’hui, les choses se sont inversées et Bussereau a eu raison, tactiquement, de soutenir Falorni…

Grâce à l’intervention de la « Première concubine », le mauvais score de Fillon, les dérapages de Dati et Morano (dans des genres différents), les incartades de la base provençale et languedocienne de l’UMP, tout cela passe au second plan et on peut en être fort aise à droite. Cette « affaire du tweet » est totalement sans intérêt et artificielle, mais quand même la presse « officielle » en fait ses choux gras, que voulez-vous, il faut faire avec ;). Les problèmes stratégiques et de directiond e l’UMP restent entiers, mais cela permet au moins de remettre la séance de psychothérapie de groupe et d’étripage maison à l’après-2nd tour. C’est toujorus appréciable et les quelques dixièmes voire points de mobilisation nécessaires pour sauver quelques députés de plus, peut-être Trierweiler les a-t-elle donnés à la droite.

Le problème de fond pour Hollande, maintenant, c’est que son autorité même, si tant est qu’il en avait une, pourrait se retrouver dangereusement fragilisée:

– quel est le statut de Mme Trierweiler ? Voilà bien une situation parangonesque de la confusion personnelle voire morale de la société moderne: on veut tout et son contraire (que sa propre « liberté » soit absolument respectée, mais quand même se mêler de tout et surtout des affaires des autres; ne pas se marier mais profiter de tous les avantages d’un couple juridiquement fondé; concubiner mais pas payer l’ISF :P… oups…). Un banal et prosaïque incident nous révèle que, oui, lorsque l’on est faible et confus dans sa vie privée, alors on a aussi des problèmes en matière de vie professionnelle et publique. C’est l’autorité personnelle de Hollande qui est évidemment atteinte (surtout si ce que dit ce soir David Revault d’Allonnes est vrai -et il n’a pas l’habitude de raconter des fadaises et ne peut être considéré comme un agent dormant de l’UMP…- à savoir que c’est en réaction au soutien de Hollande à Royal que Trierweiler a réagi…

le résultat d’une seule circonscription acquise à la gauche, où l’UMP n’a même pas été capable de se qualifier pour le second tour, revêt désormais une importance capitale pour la stabilité de la présidence Hollande. Ou Falorni gagne et le Président sera évidemment affaibli (même s’il s’enlève en réalité l’épine Royal du pied pour longtemps, comme je l’ai déjà dit). Ou Royal gagne et la vie de Hollande va devenir un enfer: ne va-t-elle pas recommencer ? va-t-elle rester, la « femme de ma vie » ? Cela rappelle un peu la « dépendance » de Sarkozy à l’égard de Cécilia en 2004-2007…

– la faiblesse, au moins apparente, de Hollande et l’absence de bonne solution de sortie de cet imbroglio imprévu ne pourront qu’aiguiser les appétits en interne. Aubry, humiliée malgré elle ce matin (contrainte d’aller soutenir son ennemie intime et, en plus, de réagir seule en première ligne aux dérapages de « l’autre »… mazette… elle devait être un brin énervée au retour de La Rochelle), pourrait bien vouloir ruer dans les brancards. Je ne parviens toujours pas à croire qu’elle quittera la tête du PS. En interne au gouvernement, les « trierweileristes » (Valls, Moscovici, voire Ayrault) pourraient bien s’opposer aux vieux hollandais ! J’exagère un peu, mais, en tous les cas, le climat est d’emblée un peu plombé.

– cela montre globalement que les grands principes ne peuvent tenir longtemps: notre régime est présidentialisé et médiatisé. Vouloir jouer au lointain sphinx à la Mitterrand (qui intervenait en réalité tout le temps…), cela n’est plus possible. Quant au mélange vie privée/vie publique, critiquer Sarkozy est également insuffisant…

Je ne pense pas que l’effet de cet incident se fasse sentir tout de suite, mais il colorera progressivement le climat et la perception du pouvoir et, assez rapidement, l’impuissance et le manque de contrôle et de prise sur les événements seront probablement ressentis. Ou Hollande voudra compenser en jouant la rigueur et l’austérité et là, ce sera la question sociale qui prendra le dessus. Bref, en soi, ce tweet n’est évidemment qu’un instant d’agitation, mais il marque déjà une fin d’état de grâce.

Projections pour le second tour: majorité socialiste absolue, groupe Vert, absence d’élus FN, possibilité de plusieurs solutions centristes, situation de l’UMP difficile pour l’avenir

1. En refaisant mes calculs avec l’esprit clair, voici les totaux auxquels je parviens:

PS 285
DVG 23
PRG 11
soit PS+DVG+PRG 319

EE-LV 19
FG 10
rég./ind. 3

MoDem 2

NC 16
PR-DVD 24
UMP 178
soit UMP+NC+PR+DVD 218

EXD 1

en attente 5
(en réalité, nous savons désormais que Guaino sera élu puisque le DVD Delaporte se désiste dans les Yvelines; qu’un DVD l’emportera dans le Morbihan; que Falorni pourrait bien battre Royal en Charente-Maritime puisqu’il a déposé sa candidature; reste la circo de Collard (2e Gard), probablement gagnée par le PS dans tous les cas de figure, même si l’UMP se retirait et même si je dois encore « re-triturer » les chiffres, et Wallis-et-Futuna, en balance entre un DVG et un PRG, avec avantage au premier;
certes, il y a aussi le candidat socialiste qui ne veut pas se désister face à Dosière dans l’Aisne, mais le PS national le désavoue;
et, dans le Vaucluse, face à la mini-Marion, la victoire de l’UMP reste probable malgré le maintien de la candidate PS, mais il y a désormais un vrai risque d’élection du FN -ce serait ironique de penser que le seul siège FN serait dû à une mauvaise volonté socialiste… nous verrons quel écho les médias, dans leur grande impartialité, en donneront…; il faut espérer que le PS national saura convaincre localement d’appliquer réellement le « front républicain » qu’ils manient tant pour mettre le bazar à droite…;
quant à la circo de Vauzelle, où le candidat UMP se retire, il n’y a aucun suspense sur la victoire du socialiste;
je pourrais en revanche ajouter l’incertitude dans la circo de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), mais je maintiens le pronostic d’une victoire à l’arraché de Guéant).

J’actualiserai la carte et les totaux demain, une fois connus de manière certaine les candidatures.

Je suis fort aise que, progressivement, les projections en sièges des instituts se rapprochent de mon estimation de départ 😀 (en fait, je devrais plutôt m’en inquiéter…). 4 instituts ont réalisé des projections ce dimanche 10 juin. Voici, dans l’ordre, TNS-Sofres, CSA, IPSOS et OpinionWay, ce derneir ayant la particularité d’avoir interrogé 7090 personnes pour son sondage sortie des urnes !

FG 13-18 / 13-19 / 12-17 / 13-18
PS+PRG+MRC+DVG 285-320 / 283-329 / 288-324 / 293-323
(à noter qu’IPSOS donne un détail: PS-DVG 275-305, PRG 10-14, MRC 3-5
EE-LV 14-20 / 12-18 / 10-15 / 15-20
MoDem 0-3 / 0-3 / 0-3 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 220-260 / 210-263 / 224-261 / 218-248
(IPSOS donne le détail UMP+DVD 205-235, NC-AC 15-19, PR 4-7)
FN 0-3 / 0-3 / 0-2 / 0-2

Je constate que, après nous avoir farci de projections à 30 ou 35 sièges EE-LV avant le 1er tour, les instituts partent dans la tendance inverse…
Quand je vois MoDem jusqu’à 3, je me dis qu’OpinionWay est le seul fiable… C’est d’ailleurs celui qui a les fourchettes les plus resserrées. Et, incidemment, la plus basse pour la droite: évidemment, comme tout cela correspond mieux à mon propre pronostic, je préfère… 😉

2. Quels enseignements intermédiaires peut-on tirer du 1er tour ?

Le FG subit un revers qui n’était pas prévu. Il continue de se rétracter, perd toute représentation dans le grand Sud-Ouest ou en Rhône-Alpes. Il se maintient uniquement grâce à la banlieue nord de Paris et au Valenciennois… S’il peut espérer rallier deux députés de Martinique et de la Réunion (encore qu’Huguette Bello a quitté le PCR avec fracas), il lui manque quelques troupes pour avoir un groupe. Une alliance avec le MRC est peu probable et très peu de dissidents de gauche constituent des cibles potentielles. De même, le nationaliste corse qui pourrait être élu siègerait probablement chez les non-inscrits. Bien sûr, le PS pourra « donner l’ordre » à quelques DVG de s’apparenter au FG, mais la situation est difficile pour ce dernier, décapité qui plus est; le PS peut aussi accepter de baisser le seuil à 10 députés, mais ce serait proprement grotesque (pourquoi pas 2 au bout d’un moment ?). Le PCF doit souhaiter profondément reprendre une autonomie par rapport à Mélenchon, mais celui-ci lui fournit une aura pour la présidentielle: c’est un couple de perdants, mais les uns ont besoin des autres et réciproquement.
Dans ces conditions, il est peu probable que le FG et même le PCF seul participe au gouvernement: au moins, ils souhaiteront garder leur fonction tribunicienne et attendre l’échec des sociaux-bourgeois.

EE-LV a toutes les chances de pouvoir constituer un groupe, qui sera plus à gauche que ne le souhaiterait probablement la direction du parti et Duflot elle-même. Mais comme elle rend elle-même difficile son bail au gouvernement, ce ne devrait pas être pire, d’une certaine manière. Et comme le PS aura la majorité absolue à lui seul ou avec quelques appoints, cela ne devrait pas poser trop de difficultés. C’est plutôt aux élections intermédiaires que le maintien artificiel de groupes parlementaires et donc d’une visibilité plus importante que le poids réel des Verts fera sentir son effet pour le PS. Comme les Verts n’ont jamais été des gens loyaux et honnêtes, ils n’hésiteront pas à jouer les parasites et à engranger les déçus du hollandisme. Quand le PS assènera-t-il le coup de grâce à ce courant politique inutile et désordonné, qui ne lui apporte que des soucis ?

Le PRG et les DVG seront en revanche bien utiles au PS, qui n’hésitera pas à réintégrer les dissidents, à qui il peut dire merci, tant ils ont limité l’impact des « dons » faits aux Verts. Le PRG ne pourra constituer un groupe seul. Mais peut-être qu’avec les MRC et des « vieux » dissidents comme Dosière, il pourrait s’entendre et éviter d’être noyé dans la masse socialiste. Cela fera cependant peu de différences pour l’équilibre politique à l’Assemblée.

Le PS devrait donc avoir la majorité absolue à lui seul. La gauche ne devrait pas avoir la majorité des 3/5 au Congrès (encore que… il suffit d’un mauvais report FN à droite ou d’une démobilisation de 2 points supplémentaire et l’échec peut se transformer en déroute), mais elle aura, sinon, tous les leviers du pouvoir national et local. C’est agréable pour elle, mais cela peut être dangereux, surtout avec une « grande gueule » comme Mélenchon hors de l’Assemblée, une Aubry volontairement à l’extérieur (mais ne se déporte-t-elle pas trop ?), même un Montebourg affaibli si son ancienne circo de Saône-et-Loire bascule, comme c’est très possible: sans maîtrise de l’opposition de gauche, une évolution inspirée des autres pays méditerranéens pourrait attendre la gauche française.
Quant à la chute possible de la maison Royal, c’est plutôt une bonne nouvelle, car cela laisserait la voix libre à un hollandais marri (Le Roux, Vallini) ou à une Guigou bien sage et éviterait d’avoir une irritante Royal tentant de perturber l’agenda législatif. De ce point de vue, l’épopée de Falorni fait les affaires de Hollande… Certes, Ayrault vient soutenir Royal car il ne peut faire autrement, mais, à l’issue de ce 1er tour, c’est plutôt l’ennemi intime Aubry qui vient tenter de relancer Royal, tant elle sait que celle-ci sera plus « utile » à la tête de l’Assemblée pour affaiblir Hollande et Ayrault… Ah, les bonnes vieilles alliances objectives 😉
Plus largement, Hollande sort aussi renforcé politiquement par la très bonne tenue des ministres (il y a clairement eu une prime au fait d’être ministre: voir les scores de Batho, Cuvillier, Le Foll,… Vallaud-Belkacem a-t-elle eu raison de se dégonfler ?) et ne devrait pas être contraint de trop modifier l’architecture gouvernementale. Il manque toutefois curieusement un intitulé pour un gouvernement de gauche, c’est la Consommation: de manière cosmétique, quelques retouches pourraient ainsi être apportées à la liste des ministres. Les changements de fond, c’est-à-dire virer les incompétents et les inopportuns (Benguigui, Taubira, Duflot, à ce jour), cela ne peut pas déjà venir, car ce serait une atteinte précoce à la parité, à la diversité ou à l’équilibre politique. Quant aux déçus du 1er gouvernement, ils devront attendre et peuvent avoir des perspectives pour « patienter »: Le Roux au groupe à l’Assemblée, voire au perchoir, Vallini au perchoir, Rebsamen à Solférino.

– Au centre, le MoDem est désormais en voie de disparition. Que ce soit Lassalle ou le possible élu « surprise » à la Réunion devraient rejoindre l’un des groupes centristes de la nouvelle Assemblée. Bayrou terminera ainsi sa carrière dans une certaine indifférence.
En revanche, le centre-droit devrait être très « vivant » dans les semaines à venir, avec une absence totale de clarté sur les recompositions possibles. Je n’ai pas fait le tri entre PR, DVD modérés et DVD « durs » (Vendée ou F.X.Villain dans le Nord). Toutefois, le NC, qui est certes au-dessus de 15 seul, est tellement divisé qu’il ne faut pas s’attendre à la reconduction du groupe actuel: en conséquence, le PR pourra probablement jouer la carte d’un groupe ARES, d’autant plus si J.C.Lagarde crée la surprise d’être réélu en Seine-Saint-Denis, ce qui est loin d’être exclu et serait l’exploit politique de cette année, réellement (et cela énerverait tellement Morin que tout un chacun devrait souhaiter cette victoire de Lagarde… ;)).

L’UMP, contrairement à ce que dit la presse, ne limite pas la casse. Elle ne perd certes pas comme la gauche avait perdu en 1993, mais elle perd très nettement. Quelques ténors sont menacés: MAM, Morano, Chartier, Rosso-Debord,… X.Bertrand est un peu moins bien placé que prévu, même si cela devrait passer, et NKM est en position aussi délicate que prévu (même si Le Pen, à mon sens, l’aide en réalité plutôt en la désignant comme cible). L’ancienne circo de Juppé est une catastrophe et, surtout, Fillon fait un mauvais score à Paris, tout en « perdant » très nettement son ancienne circo de la Sarthe, qui s’est trouvé un nouveau fils adoptif (j’ai commis beaucoup d’erreurs localement, mais ce nouvel « effet » ne m’avait pas échappé). Copé (comme Wauquiez) réalise un bon score, à l’inverse. Même s’il n’est pas dit que cela ait un effet majeur en interne à l’UMP, ce sera utilisé par les copéistes (Dati ne s’en est pas privée dès lundi… débranchez-la, par pitié…).
Régionalement, l’UMP résiste mieux que prévu en Picardie, en Franche-Comté, voire en Bourgogne, mais elle dégringole dans le Languedoc-Roussillon, le Dauphiné et, encore, le Nord-Ouest et le Centre-Ouest: des grands chelems ne sont pas impossibles pour la gauche dans la Sarthe et l’Indre-et-Loire et quasi-assuré dans le Finistère; la situation de l’UMP est fâcheuse dans le Morbihan, en Loire-Atlantique, voire dans la Manche. Même dans le Loiret, il pourrait y avoir quelques déconvenues pour la droite. Des départements comme l’Isère, la Drôme, le Gard ou l’Hérault, que l’on pensait un peu plus équilibrés, reviennent à des traditions de gauche. Même le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône sont très difficiles pour l’UMP. Certes, le FN y est pour beaucoup, mais on voit bien la fragilité structurelle de la droite, retrécie sur des bastions insuffisants (Var, Alpes-Maritimes, Alsace, Champagne, Haute-Savoie et Lyonnais rural.
Je me répète aussi en insistant sur l’érosion lente mais continue de l’UMP en Ile-de-France, fort handicapante. Et dans les villes d’importance, que va-t-il lui rester, à part Nice ? Bordeaux, Marseille, Perpignan, Strasbourg, même Orléans… il recule partout

Le FN n’aura probablement pas d’élu, car Le Pen devra faire face à un « plafond de verre » infranchissable pour elle. Quant à Collard, s’il est le mieux placé pour gagner, il reste douteux qu’il y parvienne. D’une certaine manière, après Collard, c’est dans le nord-est de Marseille que le FN a ses meilleures chances, face à une Andrieux entravée par les « affaires ». Au final, seul Bompard devrait être élu pour l’extrême-droite.

– La situation de l’outre-mer montre de grandes situations d’instabilité, notamment à Mayotte et à la Réunion, mais aussi dans le Pacifique. Toutefois, la gauche est ultra-dominante et, dans le Pacifique, c’est le triomphe d’une droite très locale et qui ne dit pas complètement son nom, l’UMP étant affaibli, même en Nouvelle-Calédonie.
La Corse est elle aussi sens dessus dessous et il est bien difficile d’anticiper les scores et reports des nationalistes et autonomistes.

– Reste l’inconnue de la mobilisation du 2nd tour:
une plus forte abstention des électeurs du FN ou un découragement encore supérieur des électeurs de droite et le risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (il faudrait au moins 376 députés à la gauche, en considérant que Bel a été élu avec 179 voix au Sénat) serait réel;
une démobilisation à gauche car tout semble joué (et l’est effectivement en ce qui concerne le rapport global gauche-droite) et le PS peut perdre sa majorité absolue seul.

Néanmoins, les partis et bon nombre d’électeurs sont désormais prévenus de ce type de « mouvements » possibles, et il y a en quelque sorte des phénomènes de « stabilisateurs automatiques ». Pour la dernière fois, vivement dimanche…

Victoire de « Franz-im-Glück » Hollande: majorité absolue en vue pour le PS, FN fort, UMP laminé à l’Ouest et résistant à l’Est par défaut, Mélenchon battu, Royal menacée, Bayrou disparu

Contrairement au discours dominant des médias depuis 20h:

– le FN est fort là où il est traditionnellement fort et l’abstention forte ne réduira donc pas suffisamment le nombre de triangulaires ou alors éliminera même des candidats UMP (chez Moscovici, il sera seul au 2nd tour contre le FN); en outre, avec ses voix, le FN va gagner beaucoup d’argent public pour les 5 ans qui viennent, alors que l’UMP va devoir se serrer la ceinture,

– le PS n’aura aucun problème pour avoir la majorité absolue seul: son score outre-mer est massif, il est partout très haut et les Verts commencent d’enregistrer les déconvenues (4e des Côtes-d’Armor).

Ma seule satisfaction est donc une carte qui devrait confirmer mes pronostics.

Sauf si la mobilisation se fait à droite pour le second tour, avec la prise de conscience du risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (Assemblée + Sénat), qui laissera absolument tous les pouvoirs à la gauche…

Je publierai probablement des cartes partielles de pronostics plus tard dans la soirée et la nuit.

MISE A JOUR A 22h45: les Verts, en raison de la faiblesse de l’UMP (et du stupide réflexe légitimiste des électeurs, particulièrement fort cette année), pourraient bien, malgré tout, constituer un groupe… Un véritable échec pour la droite et ses idées, après la majorité absolue assurée pour le PS.

Voilà où j’en suis: c’est très provisoire, mais quelques exemples résument l’échec de la droite ce soir:
– menace de grand chelem de gauche dans le Finistère, la Sarthe et l’Indre-et-Loire, voire le Morbihan…
– équilibre en Savoie et dans les Vosges,
– menaces de la gauche dans la Manche et la Drôme,
– MAM et Morano en voie d’être battues au 2nd tour.

Même les menaces sur Royal (voyons quand même si Falorni ne sera pas jeté sous un pont d’ici mardi…) et Bayrou, ainsi que la fin du barnum mélenchonien, sont évidemment de grandes nouvelles pour le couple Hollande-Ayrault. Après la semi-retraite de Delanoë et les premeirs dérapages écologistes, si Aubry ne reprend pas le dessus, le pouvoir présidentiel sera absolu…

En face, la résistance de droite n’est pour le moment sensible que dans le Doubs, les Ardennes et le Tarn. Wauquiez et Copé font de très bons scores, mais c’est plutôt l’exception.

MISE A JOUR A 1h00: Voyez mon état d’esprit dans les commentaires. Je n’ai pas vécu de soirée électorale aussi terrible depuis 1997. Et la situation pour la droite est pire qu’en 1997. Bien pire. En fait, c’est pour moi la pire de tous les temps, puisqu’en 1981, j’étais un enfant de gauche 😛

Certes, je suis pessimiste et ne compte sur aucun sursaut particulier de participation pour la droite. Mais celle-ci minimise sa défaite ce soir: tout ce qu’il ne faut pas faire ! Remobilisez, bon sang ! Expliquez que la gauche n’a plus d’opposition parlementaire, plus vraiment d’opposition locale (quand Marseille et Bordeaux auront basculé en 2014…), va finir par être aussi le pouvoir constituant.

Si l’on reprend les reports « habituels » du FN et du MoDem de 2012, si l’on compte les dynamiques de 1er tour et les effets toujurs difficiles des divisions, voici où j’en suis: majorité absolue pour le PS, un groupe pour les Verts, 2 FN possibles (Collard et Ravier dans les quartiers Nord de Marseille, mais je n’y crois pas), Fillon faible à Paris et Copé fort en Seine-et-Marne, MAM battue, un raz-de-marée rose dans l’Ouest et le Midi, Royal menacée… Un tsunami de mauvaises nouvelles…

Certes, Mélenchon est battu, mais je vais presque finir par le regretter…

En jaune pâle, figurent les circonscriptions où la situation ne sera éclaircie qu’au mpment du dépôt des candidatures:
– Gard avec Collard: est-ce que le vieil UMP va se retirer ?
– Charente-Maritime: Falorni va-t-il être nommé ambassadeur au Laos pour préserver Royal ? Ou Hollande préfèrera-t-il que l’Assemblée puisse revenir à Guigou, Le Roux ou Vallini ?
– Morbihan à Auray: si la droite peut se réunir, elle peut encore sauver les meubles.
– Yvelines 3e: Delaporte va-t-il tenter de battre Guaino, au risque de faire battre toute la droite ?
– Wallis-et-Futuna: quadrangulaire possible; presque aussi incompréhensible et imprévisible que la Réunion…

MISE A JOUR A 3h15: Je me suis trompé dans mes calculs mais il faut que je dorme un peu… Alors voici mes totaux erronés:
PS: 285
DVG: 23
PRG: 9
EE-LV: 19
FG: 10
rég./ind.: 3 (1 PCR, 1 MIM, 1 Corse)
MoDem: 2 (Lassalle et 1 à la Réunion !)
EXD: 1 (Bompard)
en attente: 5 (voir ci-dessus)
UMP: 178
PR-DVD: 24 (désolé, je ne sais pas s’il y a suffisamment de radicaux là-dedans pour faire un rgoupe, mais je suis presque certain que non)
NC: 17 (ceci étant dit, vu que Lagarde peut gagner, la Grande Division avec Morin va advenir bientôt…)

Pour moi, c’est simple, c’est 2007 inversé… La victoire de la gauche est donc indéniable à ce stade. La droite parviendra-t-elle à mobiliser et limiter l’ampleur de cette victoire d’ici dimanche prochain ?