Election à la présidence de l’UMP: dernier sondage BVA équivalent aux précédents et favorable à Fillon

1. J’espère tout de même que nous ne devrons pas nous contenter de ce seul sondage BVA pour Orange, France Inter et l’Express, réalisé les 7 et 8 novembre 2012 aurpsè d’un échantillon total de 1115 personnes.

A la question du souhait pour la direction de l’UMP, les réponses respectives de l’ensemble des Français, des sympathisants de droite et des sympathisants UMP (avec variation par rapport à octobre) est la suivante:
Fillon 71 (=) / 60 (-6) / 65 (-1)
Copé 19 (-2) / 34 (+2) / 33 (=)
ne sait pas 10 (+2) / 6 (+4) / 2 (+1).

Celui d’OpinionWay pour Metro, réalisé entre les 2 et 7 novembre 2012 auprès d’un échantillon total de 1007 personnes, est moins net dans son questionnement, puisqu’il interroge sur le plus à même de s’opposer au gouvernement (or, le président de l’UMP a vocation à s’opposer d’abord au Président de la République), mais donne un résultat équivalent (respectivement auprès de l’ensemble et auprès des sympathisants de droite):
Fillon 40 / 56
Copé 18 / 30
aucun 41 / 14
ne sait pas 1 / 0.

L’avantage de Fillon (2/3-1/3) reste donc grosso modo le même, ce que traduit notre graphique actualisé:

Le principal atout de Fillon, son caractère attrape-tout, est également confirmé par BVA. Dans un duel de préférence avec Hollande, il est en effet gagnant parmi l’ensemble des Français: 48/45. Son avantage est net parmi les sympathisants du FN (80/10) comme parmi ceux du MoDem (62/28). Copé, lui, est nettement perdant face à Hollande (40/51), ne parvenant pas au niveau de Fillon auprès des sympathisants du FN (71/17) et concédant beaucoup parmi ceux du MoDem (47/44).

Le dernier « baromètre » IFOP donne des résultats encore plus nets:
Fillon bat Hollande 53/45, grâce à sa force au centre (62/35 chez les électeurs Bayrou et 56/41 chez les sympathisants MoDem), à son hégémonie au centre-droit (76/23 chez les sympathisants UDI), à sa réussite (qui reste étonnante même si elle ne cesse de se confirmer) à l’extrême-droite (78/21 parmi les électeurs Le Pen, nettement mieux que Sarkozy, et 75/23 parmi les sympathisants FN) et à sa capacité à s’imposer chez les sans-parti (53/34);
Copé perd nettement face à Hollande (42/55), en raison de sa faiblesse au centre (44/52 chez les électeurs Bayrou, 35/62 chez les sympathisants MoDem), au centre-droit (un très décevant 48/47 chez les sympathisants UDI, qui rappelle els mauvais reports de Borloo vers Sarkozy de l’automne 2011) et chez les sans-parti (19/67). Son score à l’extrême-droite est bon mais insuffisant pour compenser ces faiblesses (69/25 chez les électeurs Le Pen, 70/25 chez les sympathisants FN).

Il faut bien sûr y voir là la conséquence de la campagne plus dure de Copé et du positionnement plus large de Fillon, mais aussi celle du rejet de Hollande chez les électeurs FN, qui bénéficie mécaniquement à toute la droite, au point que Fillon comme Copé font mieux que Sarkozy…

AJOUT DU 16 NOVEMBRE: la campagne Fillon envoie aujourd’hui des mails avec une illustration du sondage de l’IFOP, avec de (vilaines) photos d’un petit Hollande et d’un grand Fillon d’un côté, d’un grand Hollande et d’un petit Copé de l’autre… Excellent ! Une primaire avant l’heure… 🙂

2. Malgré ces bons chiffres qui se confirment et n’ont pas fondamentalement bougé depuis cet été, il reste quelques points d’inquiétude pour Fillon:
– « sympathisant » n’est pas « adhérent », on ne cessera de le dire. Le précédent Hulot-Joly de 2011 est cependant démenti par les précédents Royal/DSK-Fabius de 2006 et Pécresse/Karoutchi de 2010. Mais…
– ce sondage est, une fois de plus, antérieur aux calculs rénaux et à la contre-offensive tous azimuts de Fillon, dont nous ne connaissons donc pas l’impact sur l’opinion;
– dans les sondages de popularité brute de chaque leader (que je ne reprends jamais), Fillon stagne, voire s’effrite, alors que Copé progresse un peu; toutefois, il est vrai que Fillon est stratosphérique (avec Valls ou quelques personnalités du passé), alors que Copé est coincé dans le marais central des seconds couteaux et des leaders sans avenir de partis extrémistes, ce qui modère un peu l’interprétation qui peut être faite de ces cotes de popularité, toujours un peu suspectes…

Vraiment, cette campagne aura été bien trop longue et met les nerfs à rude épreuve…

Election à la présidence de l’UMP: les chiffres toujours rassurants de Fillon ?

Les articles de ce blog se délitent à la même vitesse que la campagne interne de l’UMP elle-même… Difficile de rester froid analyste lorsque les données se raréfient et que l’on a choisi un camp… 😛 De nouveau, me voici submergé par le pessimisme. Essayons de nous soigner:

1. Lundi soir, lors de son grand meeting parisien, Fillon a continué d’attaquer Copé de manière assez virulente, même si de manière en réalité ramassée. Mais il n’ignore pas que les médias ne se repaissent que des quelques piques prononcées…
Hier soir, Copé a répliqué comme attendu, à fronts renversés: une douceur hypocrite pour tenter de se présenter comme victime (un comble pour le culotté Copé… reprendre la technique victimaire de la gauche moralisatrice… etvoilà que Fillon utilise le mot de « victime » aujourd’hui, pour lui-même… vivement la quille…. 😦 ), avant de contre-attaquer bien plus durement et bien plus longuement. Il a beau jeu de trouver Fillon « agressif » et « méconnaissable », en substance. Sa mauvaise foi est totale, notamment sur la soi-disant attaque de Fillon sur ses origines (qui l’empêcheraient, Copé, de faire alliance avec le FN): c’est tout simplement du même accabit que lorsque Sarkozy se présentait en 2007 comme un « sang-mêlé »… Je ne sache pas que Copé ait, à l’époque, protesté en quoi que ce soit (encore qu’il était tout sauf sarkozyste à l’époque… :P).
Et, comme je m’y attendais, Copé a bien insisté sur les paroles positives de Bayrou sur Fillon, pensant là lui accrocher un poids terrible aux pieds, aux yeux des adhérents de l’UMP (et il faut bien reconnaître, là, que c’est bien dur pour Fillon…).

On aura compris que la compétition s’est brusquement tendue et que, si le dépouillement est problématique ou le résultat serré, tout cela peut partir assez vite « en vrille ».

Pourquoi Fillon a-t-il ainsi tendu le jeu ?
Certes, ce n’est pas « lui qui a commencé ». Il en avait apparemment assez de toutes les difficultés faites par le SG Copé pour l’organisation de la campagne interne, assez également du stump speech fort négatif de Copé à son endroit (alors que Fillon est resté assez « propre » lors de ses rencontres, je peux en témoigner).
Il peut aussi avoir ressenti la nécessité de montrer de la « force » juste après ses calculs rénaux et alors que Copé feignait un apitoiement sirupeux et bourré de sous-entendus sur un Fillon à la santé fragile…
Il peut enfin se dire qu’en faisant se lâcher Copé dans la dernière semaine, il l’amènerait à uin dérapage rédhibitoire.

Je ne crois pas qu’il y ait véritablement de calcul de la part de Fillon.
En revanche, je doute fortement du résultat de cette attitude: il brouille son image de rassembleur, il descend au niveau du combat interne alors même que Hollande tente péniblement de s’élever au niveau de sa fonction et qu’il faudrait lui répondre au même niveau (enfin, au-dessus, en fait :P).
Pour corser le tout, Fillon affiche une assurance de façade sur la victoire qui peut toujours faire mauvais effet, tant le Poulidor de la compétition est toujours préféré au favori.
Enfin, de manière fort connexe, Fillon se raidit et change un peu de pied (si je puis dire… ;)) justement au moment où la compétition interne de l’UMP (re)commence à intéresser. Si ce blog peut être un quelconque outil de mesure, il a doublé sa fréquentation depuis ce week-end, sans raison particulière si ce n’est que nous sommes à une semaine de l’élection. Or, quand vous utilisez les mots-clés « sondage(s) »/ »président(ce) »/ »UMP », vous avez de fortes chances d’arriver ici…

2. Heureusement, la sortie de Valls et, surtout, la conférence de presse de Hollande monopolisent l’attention médiatique et marginalisent en partie le duel devenu bisbilles de l’UMP. Déjà le meeting du Cannet de Copé s’est retrouvé nettement moins médiatisé que celui de Fillon à Paris.

La fausse nouvelle présidentialité de Hollande rappelle peut-être aussi aux adhérents de l’UMP qu’ils ont peut-être intérêt à élire le plus présidentiable, l’attrape-tout, celui qui est le plus immédiatement à la hauteur.

Hollande n’a rien décidé de plus; il n’a même rien décidé du tout: la situation s’impose désormais à lui, comme en Italie voire en Espagne.
Hollande n’a pas précisé l’essentiel: où va-t-il faire les économies gigantesques dont il reconnaît maintenant la nécessité dans son »socialisme de l’offre » et alors même que la droite n’a pas réussi à les faire ? Il est vrai que la bienveillance des syndicats de la fonction publique et des élus locaux – qui criaient tous à l’égorgement et au fascisme pendant presque chaque jour du quinquennat précédent – est quasiment sans limite… alors même que c’est Hollande (comme je l’avais prévu bien avant l’élection :)) qui sera l’égorgeur des collectivités territoriales et des fonctionnaires… on n’assassine jamais mieux que son propre électorat !
Hollande s’est aussi résolu à un cadeau indistinct, trop général et finalement coûteux et inefficace au patronat.
Et pourtant, les commentateurs s’extasieraient presque. Les bobos (qui se disent: « chouette, mon assurance-vie va être sauvegardée et en même temps, mon fils pourra se shooter tranquille et se marier avec son voisin »… :D), je comprends, mais les autres ? Curieux.
La droite n’est vraiment pas bonne: ce n’est surtout pas l’inaction qu’il fallait critiquer car, quand il agit, cet exécutif est fort mauvais… Mieux vaut qu’il reste attentiste 😉

Bref, alors même que la curée contre Ayrault était ridicule et exagérée (il sera viré après les européennes, on vous dit et on vous répète ;)), alors même que le Hollande bashing devenait fatiguant et injustifié au regard de l’absence totale d’illusion qu’il aurait convenu d’adopter dès l’origine, le charme de la conférence de presse d’hier est tout aussi ridicule.
Hollande a beaucoup renoncé et renié. Il a beaucoup annoncé et promis, sans rien préciser. Il a fait beaucoup de dialectique et de pirouettes, as usual. Rien là d’extraordinaire. La chute sera d’autant plus rude que les médias repartent, dans une nouvelle embardée de l’immédiateté, dans l’autre sens, en élevant presque Hollande au rang de vrai Président…

Tout cela devrait, à tout le moins, mobiliser les adhérents de l’UMP pour voter en masse et soutenir l’adversaire naturel de Hollande, c’est-à-dire Fillon.

3. L’autre élément favorable à Fillon reste cette bonne image dans l’opinion en général et dans l’opinion de droite en particulier.

Nous voici mercredi soir et toujours aucun nouveau sondage spécifique à l’élection à la présidence de l’UMP. Alors, il nous faut bien nous rabattre sur les horribles « cotes de popualrité » et « cotes d’avenir »…

Le dernier « baromètre » IPSOS-Le Point donne Fillon au niveau de Sarkozy parmi les sympathisants UMP, alors que Copé est plutôt dans les 3èmes catégories, derrière Lagarde et Juppé.

Le sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, réalisé du 6 au 8 novembre auprès de 2023 personnes, mesure les souhaits d’un « rôle important ou pas au cours des prochaines années« , respectivement auprès de l’ensemble des Français, auprès des sympathisants UMP, des sympathisants UDI et des sympathisants FN:
Fillon 49 / 90 / 90 / 42
Copé 32 / 76 / 49 / 34
Bertrand 23 / 56 / 38 / 14 (seul autre leader UMP testé).

Dans le détail, la ventilation entre rôle « très » important et rôle « assez » important est toujours à l’avantage de Fillon, dans tous les électorats, notamment UMP: 45/45 contre 24/52 à Copé.
Les zones de force de Fillon sont toujours les mêmes: il progresse avec l’âge et le diplôme, a une bonne répartition géographique et une meilleure répartition socio-professionnelle.
Fillon reste aussi nettement au-dessus au centre-droit et meilleur à l’extrême-droite.

Apparemment, peu de changements et une situation sondagière toujours en faveur de Fillon.
Néanmoins, ce n’est qu’un sondage de popularité. Ses dates de réalisation sont antérieures au souci de santé de Fillon et au durcissement de l’affrontement.
La prudence reste donc de mise.

Il nous reste à espérer qu’au moins 2 sondages seront publiés d’ici samedi, mais rien n’est moins sûr…
On avance vraiment dans le brouillard. Je me dis que mon engagement personnel et mon inquiétude du moment parasitent mon analyse et mon jugement, mais il semble bien que les cadres de l’UMP n’aient pas tellement plus de clefs pour pronostiquer le résultat final…
Au moins, le suspense est là ! Mais il faut espérer que l’UMP de 2012 ne sera pas le PS de 2008… car Hollande 2017 ne fera pas le « cadeau » de Sarkozy 2012 et Le Pen sera de nouveau là, plus que jamais.

Election à la présidence de l’UMP: « vivement dimanche ? » ou le mauvais pressentiment…

1. Nous voici donc frustrés du moindre sondage depuis la mi-octobre…

Je publie donc de nouveau mon « vieux » graphique, évidemment favorable à Fillon, mais concernant les sympathisants, énorme bémol qui ne sera jamais assez souligné:

Le risque que je soulignais déjà il y a quelques temps pourrait bien se concrétiser: celui de n’avoir qu’un seul sondage en dernière semaine, avec un resserrement de l’écart, et un bruit médiatique très important sur la base de ce seul sondage, avec un effet de loupe tel que la dynamique s’inverserait et permettrait un retour sur le fil de l’underdog, de l’outsider Copé.

Déjà, le flux médiatique note une certaine fébrilité des fillonistes, le Figaro se fait légèrement plus pro-Copé (alors qu’il avait étonnamment conservé une réelle neutralité depuis le début), de même que, sous réserve, Atlantico.fr.

En réalité, Fillon était trop dominateur, ce qui finit par se retourner contre le bénéficiaire: tout événement, toute évolution ne venant pas confirmer cette domination est interprétable comme un revers.
Pourtant, Copé n’a réussi ni l’entrée en campagne, ni la phase des parrainages, ni celle des sondages et n’a pas réussi à prendre le dessus sur les programmes, la campagne de terrain (même si, en réalité, il semble bien qu’il y ait été plus fort) ou le débat.
Mais le fait que le débat ait simplement montré une certaine équivalence entre les deux hommes se retrouve être une quasi-victoire pour Copé, tellement décrié et situé bas dans les médias avant ledit débat.

Il y a donc un vrai risque que la base UMP se dise finalement que Copé est décidément plus courageux et tonique que Fillon et que c’est ce qu’il faut:
si c’est le « meilleur ennemi » de la (presse de) gauche, n’est-ce pas finalement le meilleur pour présider l’UMP ? (ne comprenant pas que, justement, la gauche se mobilise parce qu’elle a des Sarkozy et des Copé en face d’elle… et qu’Obama a d’abord et surtout gagné en mobilisant son électorat naturel; un Fillon n’effraie pas et peut donc encore gagner dans notre France post-moderne, relativiste, matérialiste et libertaire…)
si Fillon a des soucis de santé et se fait agressif seulement en fin de parcours, n’est-ce pas qu’il n’est pas capable de tenir le long terme et une campagne dure ? (la critique est ici plus forte, mais elle oublie que la crédibilité se construit sur le long terme, que Hollande a démontré qu’il n’y avait pas forcément besoin d’être le meilleur campaigner pour l’emporter et que Fillon sort de 5 ans de Matignon sous Sarkozy, pas vraiment une promenade de santé…).

L’image de Fillon pourrait donc bien avoir été récemment écornée:
– confirmation d’un moindre dynamisme par les soucis de santé, voire d’une perte d’electability, principal avantage de Fillon,
– brouillage de l’image de rassembleur par l’interview inopportune au Parisien. Voilà qui ne peut manquer d’étonner, sauf si est pris en compte le pilonnage permanent et très dur auquel se livre Copé lors de la campagne de terrain, pilonnage moins visible dans les médias, mais réel et que Fillon a peut-être voulu contrer mais de manière malhabile.
Il se pourrait bien que Copé ait bien segmenté ses interventions: discours à vocation interne et indirectement anti-Fillon lors des meetings, discours anti-gauche et à vocation externe dans les médias nationaux (destiné à toucher ceux qui ne vont pas dans les meetings et à exciter les médias de gauche, qui font ainsi indirectement la campagne de Copé). Alors que Fillon a pu utiliser des interventions médiatiques plus rares pour parler aux adhérents, tout en continuant un discous de niveau quasi-gaullien dans des réunions « intimistes »…
Nous n’aurons bien sûr la réponse que dans la nuit de dimanche à lundi et les jugements les plus sentencieux sur les erreurs de l’un ou de l’autre pourront alors être prononcés…

Si Hollande avait, dès la fin 2010, adopté le vrai bon positionnement en vue de la présidentielle (la normalité), Copé aura peut-être adopté le vrai bon positionnement pour la présidence de l’UMP, celui du mécanicien électoral fier de parler haut et fort, pas celui du futur successeur de de Gaulle et Pompidou.

En tous les cas, le bruit de fond médiatique n’est pas favorable à Fillon depuis la semaine dernière. Or, les adhérents sont souvent plus attentifs à la vie de la petite sphère médiatico-politique que les autres; ils peuvent davantage s’en inspirer ou y réagir.
Les dernières sorties de Bachelot et Bernard Debré, même s’il s’agit de marginaux de l’UMP et du courant filloniste, ne sont pas faciles à porter pour Fillon car bien trop anti-sarkozystes.
Ne parlons même pas des lauriers tressés à Fillon par… Bayrou aujourd’hui. Là, c’est carrément la poisse et Copé à 73% !

2. Comment tenter de mettre des chiffres sur cette inquiétude sourde ? C’est quasi-impossible, mais nous aimons tous la spéculation pure, ici, alors ne nous retenons pas…

Sur la base de mes pronostics départementaux, je me suis livré à un calcul extrêmement rudimentaire, en affectant un rapport de force brut 55-45 pour les départements « possibles », 65-35 pour ceux qui sont « probables » et 75-25 pour ceux qui sont « solides », puis en affinant département par département, en fonction de mon ressenti personnel… C’est évidemment totalement artificiel et très peu scientifique… Il pourrait aussi y avoir des écarts quasisoviétiques, avec Fillon à 90% dans la Sarthe ou la Haute-Loire ou Copé à 90% en Haute-Marne. En outre, dans les « petits » départements (Ariège, Nièvre ou même Finistère), les surprises seront légion et les votes risquent de dépendre largement de facteurs locaux tout à fait bizarroïdes. Enfin, je base mes calculs sur le nombre d’adhérents au 30 juin 2012. Depuis, il y a eu quelques renouvellements et probablement quelques milliers d’adhérents supplémentaires.
Ajoutons que je place Fillon vainqueur dans le Pacifique, sauf en Nouvelle-Calédonie, et dans les Antilles-Guyane (même si faiblement à Saint-Barthélémy et Saint-Martin), ainsi que nettement à Saint-Pierre-et-Miquelon. Copé gagnerait de manière courte parmi les Français de l’étranger, ainsi que dans l’Océan Indien.

Toujours est-il que j’obtiens une très courte victoire de Fillon… 132 554 voix sur 264 137 électeurs potentiels, soit 50,18 %. Non, je n’ai pas fait exprès ! 😀

Encore ai-je été généreux en donnant la Marne, les Ardennes ou les Deux-Sèvres à Fillon (sans parler du Var ou des Alpes-Maritimes…), en le faisant gagner nettement dans le Loiret ou en ne le faisant perdre que faiblement dans le Rhône ou le Val-d’Oise.

Bref, cela n’est nullement rassurant pour Fillon.
Mais peut-être négligé-je le poids des médias et des sondages globaux. Après tout, Royal avait largement, très largement gagné la primaire de 2006… et Pécresse avait battu Karoutchi dans les sondages et dans les urnes (oui, on se répète beaucoup depuis 3 mois… :P).

3. Quel événement peut encore influencer le cours des choses en cette dernière semaine ?

Une prise de position d’un Juppé est peu probable et ne changerait probablement pas grand-chose (voire aggraverait le cas de Fillon, notable modéré, soutenu par un autre notable de plus en plus modéré…). Quoi qu’il en soit, Copé met désormais un soin particulier à jouer les vierges effarouchées devant l’interview « si violente » de Fillon et ne commettra donc pas l’erreur de « déraper » au point de faire basculer Juppé (ou NKM) chez Fillon.

Tout nouvel incident de parcours de l’exécutif molletiste socialiste ne peut qu’alimenter une meilleure participation au scrutin de dimanche, mais sans modifier sensiblement les rapports de force existants, quels qu’ils soient.

Un événement international (y compris une guerre Iran-Israël) n’aurait évidemment aucune influence sur cette élection interne à un parti.

Il n’y aurait donc qu’un faux pas d’un côté ou de l’autre. Malheureusement (oui, désolé, mais il y a tellement peu à dire que mes opinions ne cessent désormais de polluer mes articles ;D mais vous savez maintenant faire la part des choses 😉 ), on l’imagine davantage du côté de Fillon…

Le mauvais pressentiment… Celui qui fait se dire que mon opinion d’avril va se concrétiser et qu’il n’y a jamais eu d’autre possibilité qu’une victoire de Copé… Celui qui fait regretter d’avoir fini par penser que les sondages de sympathisants ont vu juste et que les ralliements d’un Baroin ou d’un Bertrand indiquaient avec fiabilité la vraie direction du vent…
Aussi, que l’on me permette cette supplique à l’adhérent de l’UMP:

« Adhérent, mon ami, songe à la nécessité de vaincre aux élections nationales comme aux élections locales.
Ne songe pas à te faire plaisir aujourd’hui, dans l’immédiat, en criant plus fort, quel que soit ton profond agacement du politiquement correct et de la chappe médiatique post-moderne, libertaire et repentante.
Songe aux futurs campagnes médiatiques sur l’énarque arrogant et bling-bling, sur l’associé grassement payé et relais de lobbyistes du cabinet Gide-Loyrette.
Songe à cet excès de place laissé à Borloo et cet étouffement entre ce dernier et Le Pen, permettant à celle-ci d’accéder au second tour.
Et si tu as un peu de temps, étudie un peu l’éviction de Richard Lugar, vieux baron modéré de « province » en quelque sorte et la perte subséquente d’un siège de sénateur dans l’Indiana par le GOP 😛 »

4. Pour ce qui est de l’après, j’ai déjà pu en dire quelque chose et je me contenterai de quelques remarques.

Ne croyons pas les sondages et les commentaires sur « Sarkozy, seul vainqueur du duel Fillon-Copé ».
Sarkozy est loin et donc populaire (que l’on songe à Chirac, gagnant 50 points en un jour…). Sarkozy n’est pas encore allé voir les quelques juges d’instruction qui l’ont ou vont le convoquer. Sarkozy ne contrôlera plus la machine UMP quoi qu’il arrive.
L’excessive longueur de la campagne pour la présidence de l’UMP explique aussi probablement cette situation. D’autant qu’en réalité, le duel aura au contraire assis le statut de présidentiable et d' »éléphant » des deux duettistes.

Malgré cet écrasement de la scène par Copé et Fillon (notamment au détriment des « anciens », Juppé, MAM ou Raffarin; mais aussi des « grenouilles » trop impatientes de concurrencer les « boeufs »: Bertrand ou NKM), les seconds couteaux sont déjà en embuscade:
Le Maire et NKM (avec moins de cohérence et de réussite) pensant pouvoir faire fructifier leurs parrainages;
Bertrand de même et, en plus, pensant pouvoir faire à Fillon ce que Copé a fait à Sarkozy: loyal pendant la campagne mais pour mieux récupérer ensuite son fonds de commerce…,
Wauquiez prenant date avec son propre mouvement, qui lui permettra de se remettre d’une éventuelle défaite de Fillon,
Chatel se positionnant comme le complément ex-UDF indispensable d’un Copé droitisé voire pasquaïsé.

Encore faut-il que l’UMP ne se déchire pas plus que de raison après le 18 novembre. La nuit de résultats peut mal tourner si les chiffres sont très serrés et les affrontements devenir vite irréductibles.
Même dans ce cas, le pire n’est cependant jamais assuré: en 2008, les « royalistes » menaçaient les aubrystes des tribunaux… et pourtant, l’unité de façade a parfaitement tenu en 2012. Et, une fois de plus, répétons que les structures partisanes existantes sont celles qui reçoivent les financements publics et que la vie « en dehors », surtout par division, séparation, fractionnement, est ô combien difficile. Une UDI ne vivra que parce qu’elle englobe des partis existants recevant quelques subsides (la structure de financement fondant la FED de Lagarde; le reste du NC;…).
Pour l’UMP, l’idéal serait un Fillon président et candidat putatif et un Copé secrétaire général, organisateur en chef et Premier ministre potentiel… Mais il faudrait pour cela accepter de manger son chapeau et de se mettre au service d’un autre pour celui-ci et de confier du pouvoir sans craindre l’avenir et en étant soi-même meilleur pour celui-là. Et de pousser un peu les Wauquiez, Pécresse, Chatel et Tabarot.

Vivement dimanche ? Bof… je ne sais pas…
Vivement samedi, ça, c’est sûr, pour « la manif pour tous » 🙂

Election à la présidence de l’UMP: quelle importance de la « dernière ligne droite » ?

1. Alors que la campagne commençait de sérieusement se tendre, avec des « petites phrases » plus directes, sur le caractère clivant d’un cîté, le caractère taiseux de l’autre, voilà que Fillon a de nouveau des ennuis de santé…
Est-ce qu’une tendance ultime, différente, peut se mettre en place et déjouer des pronostics trop faciles d’une victoire de Fillon ? C’est bien possible.

En tous les cas, cet ennui de santé va apparemment l’empêcher de faire campagne jusqu’à vendredi.
En termes de dynamique, ce n’est évidemment pas favorable, même si Wauquiez, Ciotti et Pécresse se démultiplient. Du point de vue du flux de l’actualité médiatique, l’âpreté du moment à gauche (compétitivité et TVA renforcent une sourde tension) et l’élévation du degré d’affrontement sur le projet d’accorder la possibilité du mariage aux homosexuels peuvent créer un élan polarisant et donc plus favorable à Copé, arc-bouté sur la nécessité de « dire les choses ».

Déjà, il a « loupé » (en partie) l’Indre et (totalement) l’Allier (pas de grosses fédérations, mais probablement des lieux typiques d’indécision persistante) aujourd’hui. Demain, il manque Loire (un morceau important et a priori peu favorable) et Haute-Loire (moins grave, tant le fief de Wauquiez semle acquis). Après-demain, il manquera Vaucluse et Gard, deux départements assez significatifs et terres de mission pour Fillon… Espérons pour lui qu’il puisse effectivement aller dans l’Hérault et la Drôme samedi et en Corse dimanche, puis qu’il puisse réellement se rendre dans les départements « frustrés ».

En termes de présence de terrain, Copé peut ainsi prendre un avantage inespéré. Mais est-il si sûr que les efforts de dernière heure portent vraiment ? Romney est là pour dire que cela peut être fort illusoire… même si, bien sûr, les proportions et les circonstances sont fort éloignées.

En termes d’image, après l’accident de scooter, ces calculs rénaux récurrents peuvent affaiblir un Fillon qui avait eu quelque difficulté à imposer l’idée qu’il n’était pas un mou. Copé pourra continuer de filer la métaphore aisément… Mais la « victime » Fillon ne sera-t-elle pas d’autant plus appréciée qu’il semble seulement que ce soit son engagement total qui soit en cause… Nous sommes là dans des catégories psychologiques qui sont totalement imprévisibles.

En termes de débat sur les différences Fillon-Copé, il avorte alors qu’il commençait juste de se tendre, voire de déraper, et c’est finalement une bonne chose que cet événement oblige quelque peu à « décrisper » la situation, avant qu’elle ne s’envenime trop. Le raccommodage sera plus aisé ensuite et les médias de gauche auront plus de difficulté à « souffler sur la braise ». En l’occurrence, cela semble plutôt favorable à Fillon.

En termes de ralliement, les faux « nouveaux » soutiens s’équilibrent et il n’est pas sûr que l’officialisation du ralliement de Peltier à Copé soit si positive, tant ce jeune trop pressé agace à l’intérieur de l’UMP. A l’inverse, les quelques millimétriques mouvements de Juppé vers Fillon ne seront sûrement pas suffisants; mais là encore, le soutien de celui qui s’est un peu démonétisé lui-même et dont la modération  politique, économique et sociétale actuelle l’éloigne plutôt du coeur de l’UMP n’est peut-être plus aussi important qu’avant.

En termes de mobilisation, il semble que le numéro spécial du « magazine de l’Union » soit arrivé aujourd’hui chez tous les adhérents à jour de cotisation. Mieux qu’au PS (non, je ne plaisante pas, le congrès de Toulouse a été tellement « rétrograde » que, franchement, l’UMP offre, en interne, une ouverture de bon aloi), il comprend tous les textes des motions, les professions de foi des deux candidats, la charte des valeurs, les instructions très pratiques de vote sur place et de procuration et surtout la liste de tous les bureaux de vote: quasiment un par circonscription ! De ce point de vue, la publicité est assurée et les conditions sont réunies pour une forte participation, comme le souhaitait Fillon.
En revanche, moins le département est peuplé, plus la distance au bureau de vote s’allonge et beaucoup d’électeurs potentiels de Fillon risquent bien d’être un peu découragés de voter.
Ici encore, difficile de faire la part des choses.

En termes de scénario, Copé fait évidemment le coup de la « surprise », la « grosses surprise », mais le succès absolu des sondages et surtout des agrégations de sondages aux Etats-Unis (que ce soit pour la présidence, les sénatoriales, les élections à la chambre ou aux gouvernorats) tendrait plutôt à se reposer sur les tencances déjà établies.
Mais, une fois de plus, nous sommes sur des échantillons non concordants avec le corps électoral du 18 novembre. En outre, la raréfaction déjà relevée des enquêtes sur cette élection rend dangereux pour Fillon tout sondage isolé qui le donnerait moins gagnant que la vague de juillet-septembre. Il y a là un vrai risque de sur-interprétation et de sur-utilisation médiatique et copéiste de ce qui serait alors vu comme le signe avant-coureur d’un resserrement et donc d’un possible retournement.
La fable contée avant l’élection américaine devrait en revanche rassurer Fillon: si les fondamentaux sont bons, foin de l’écume médiatique… Mais justement, les fondamentaux ne sont pas si sûrs….

Bref, le suspense est bien là et tant mieux pour les passionnés, mais je crains aussi que l’incertitude n’aboutisse à un résultat étriqué et porteur de futures divisions et guérillas sourdes pour l’UMP.

2. Peut-être est-il temps de se mouiller et de publier une carte sans « toss-ups« , sans incertitudes géographiques:

Si c’est aussi réussi que mon pronostic floridien, vous pourrez bientôt vous gausser. Mais comme je n’ai vu personne d’autres, dans tout notre beau pays, tenter ouvertement l’exercice, j’aurai au moins la petite vanité d’avoir été le seul (ou le premier). Comme j’aimerais, surtout, voir fleurir d’autres tentatives du même accabit… 🙂

Je rappelle néanmoins qu’il faut voir dans cette carte un échelonnement de forces relatives, une hiérarchie entre départements, davantage qu’un pronostic brut du vainqueur par département. Peut-être que Fillon gagnera du bleu clair, mais s’il le fait par des marges moindres que dans le rouge clair, alors ma carte sera bonne, et inversement.

Je m’apprêtais à faire basculer les Hauts-de-Seine pour Fillon, mais sa relative absence d’Ile-de-France les derniers temps et le mini-battage autour de Jean Sarkozy m’en ont dissuadé.
Je prends en revanche le risque de situer la Marne et les Ardennes dans la colonne Fillon, en me disant que le Nord-Est est conservateur et « moral », mais pas forcément -au niveau de l’UMP- aussi sécuritaire et populiste que le Sud-Est. Et les influences d’Apparu, de Poletti et de Bertrand peuvent jouer.

Certains départements modérés (Loire-et-Cher, Côte-d’Or) peuvent surprendre en bleu. Mais, justement, les militants plus modérés sont déjà partis à l’UDI.
D’autres choix sont davantage liés à l’histoire (jusqu’à l’élection de 1999 à la présidence du RPR d’ailleurs) qu’à des éléments très récents d’analyse, il faut bien l’admettre (Ariège, Indre, Creuse, Ardèche), mais l’étroitese des corps électoraux potentiels dans ces départements rend de toute façon le pronostic fort aléatoire.

Au final, cette carte reste peu encourageante pour Fillon, car il a peu progressé dans les grosses fédérations, sauf dans le Var et les Alpes-Maritimes, mais il doit absolument espérer être haut partout pour compenser les « machines » locales qui joueront à plein pour Copé (Gaudin, les Dassault, Daubresse, etc.).

Que les adhérents de l’UMP ne peuvent-ils méditer le lourd échec du candidat républician à la sénatoriale de l’Indiana, Richard Mourdock, un tea-partier qui avait délogé le grand modéré Richard Lugar dans la primaire républicaine et qui se fait étriller dans cet Hoosier State par un démocrate habile et pourtant pas initialement favori. Un cas presque caricatural de ce qu’il ne faut pas faire… Le Montana (sénatoriale et gouvernoriale) est aussi à méditer.
Vous voulez gagner en 2017 ? Votez Fillon, voyons ! 😉

Plus de suspense à l’UMP qu’aux USA…

Au moins, l’élection à la présidence de l’UMP, tout en étant aussi (désespérément) longue que la présidentielle américaine, nous réserve une journée, une soirée et peut-être même une nuit plus palpitantes que celle que nous nous apprêtons à vivre aux Etats-Unis.

Ma foi, ce ne sont pas les sondages nationaux (sans valeur, sauf pour les bêtes médias français et les manipulateurs médias américains – pro-Obama ou pro-Romney et donc à la recherche d’éléments mobilisateurs, ou simplement commerciaux et désireux d’un bon score d’audience ce soir),
l’inutile remontée de Romney en Pennsylvanie et dans le Michigan,
l’insuffisante remontée de Romney dans l’Iowa et peut-être même le New Hampshire,
la reprise par Romney de l’Indiana et probablement de la Caroline du Nord,
qui compenseront le fait massif: l’Ohio reste pour Obama, envers et contre tout.
Ajoutez-y le recul récent de Romney en Virginie et dans le Colorado (désormais quasiment hors de portée), voire son incapacité à conclure en Floride (je parie quand même pour sa victoire de justesse), et vous comprendrez que tout suspense est tué.

Soupir…

Mais bon, l’événement quadriennal est là, le rite doit être respecté et je ne peux qu’inciter même les mauvais locuteurs d’anglais à se brancher sur CNN (Wolf Blitzer est très compréhensible, Candy Crowley et Anderson Cooper aussi, John King parle malheureusement vite mais les cartes parleront d’elles-mêmes, la ravissante Soledad O’Brien, ben, on n’a pas besoin de la comprendre… 😉 ) ou, plus sérieusement, sur la BBC World (la massive correspondante aux USA est évidemment très audible pour un Français et la BBC World a l’avantage de vous communiquer de suite tous les « state calls » de tous les réseaux américains), car les élections américaines fourniront toujours les plus belles soirées électorales du monde…
Bon, vous pouvez aussi surfer sur le Net (CNN, WP, NYT, C-Span, Dave Leip’s Atlas forum,…), mais ne prenez quand même pas trop de bande passante, hein…

Je ne dis pas que le soutien officiel de Jean Sarkozy à Copé (un peu réchauffé quand même, comme les soutiens récents de Douillet ou Myard à Fillon, déjà évidents) change quoi que ce soit, mais, finalement, il reste quand même une vraie incertitude à l’UMP et, même si cela inquiète personnellement votre serviteur, cela ravit le « political geek » 🙂

Bonne nuit, donc. Bonne soirée aux chanceux qui sont de l’autre côté de l’Atlantique, voire bonne journée à ceux qui sont même sur la côte de l’autre grand océan 😉

Election à la présidence de l’UMP: l’avance de Fillon s’effrite-t-elle ?

1. Les suites du débat télévisé n’ont manifestement pas fondamentalement changé la donne, comme je l’indiquais précédemment. Reste à savoir où en était la donne…

Sur le plan des soutiens, Fillon continue de confirmer (Myard, souverainiste de la Droite populaire, ce qui ne peut être mauvais, non pas dans le Sud-Est mais chez les « droitistes » plus âgés de l’Ile-de-France) ou d’engranger (Accoyer, ce qui confirme la Haute-Savoie; Apparu, ce qui pourrait signaler une prochaine décision explicite de Juppé, même si c’est peu probable, et relance le suspense dans le département de la Marne).

L’influence des élus et barons locaux est évidemment variable, mais cela ne peut qu’être favorable dans les zones rurales et les départements avec de faibles effectifs d’adhérents. D’où l’incohérence du Nord-Est intérieur (Aube, Meuse, Haute-Marne, Haute-Saône), au gré du ralliement du ténor local.

J’ai revu ma carte de pronostics, avec désormais 7 catégories, pour être plus fin. Je pense que les Hauts-de-Seine (eh oui) et la Marne sont désormais ouverts. Dans les Hauts-de-Seine, certes, il y a la force sarkozyste et les trucages balkanyens, mais quand même, Guéant, Devedjian, Ollier, Myard, Guillet, etc. cela peut finir par pousser Fillon un peu. Surtout, je pense que les entrepreneurs et les cadres supérieurs vont commencer à se lasser d’un Copé qui cherche à cliver et qui est peu présent sur l’économie. Le reste de l’Ile-de-France est plus populaire, mais des Yvelines à Paris, en passant par le 92, je pense que la poussée de Fillon sera réelle. Le 94 est lui-même à surveiller, de même que (dès l’origine) le Val-d’Oise.

Il faudra bien trancher partout d’ici la fin et je me « mouillerai ». Même si je me trompe complètement sur le vainqueur par département (ce n’est pas si grave), j’espère en revanche que la hiérarchie entre départements sera respectée. Mais vu les effectifs concernés, c’est plus que du doigt mouilé… 😉

2. La dynamique de campagne de Fillon semble toutefois s’essouffler quelque peu, car l’effet de répétition commence de se faire sentir dans une campagne décidément prévue très longue par les statuts de l’UMP.

Copé en pâtit moins car il entretient savamment l' »événement », un peu à la Sarkozy, sans toutefois trop en faire (enfin, pas autant qu’un Sarkozy). Il y a ce qui tombe assez mal (des attaques ad hominem sur Ayrault) et ce qui peut davantage séduire à droite (« résistance », appels à manifester). Il réussit en tous les cas à occuper davantage l’espace médiatique.

C’est un peu ce que nous dit le dernier sondage TNS-Sofres pour i-Télé (échantillon de 1013, sondé le 25 octobre 2012) sur l’image comparée des deux campagnes et des deux hommes.

Pour les sympathisants UMP, Fillon est en train de gagner des points à hauteur de 48%, de perdre à hauteur de 13%, ni l’un ni l’autre à hauteur de 27%. Les chiffres sont de 27, 32 et 28% pour Copé, a priori moins favorables. Mais, par rapport à la première quinzaine d’octobre, Fillon recule fortement.

En réalité, cet effritement s’accompagne pour la première fois d’une remontée de Copé (alors que les précédents s’accompagnaient d’une baisse parallèle de Copé, comme dans la deuxième quinzaine de septembre).

Mais, bien sûr, l’objection est contenue dans l’énoncé: malgré l’effritement, Fillon reste nettement au-dessus… (et puis, à force d’avoir toujours plus gagné de points que Copé, il devrait être vraiment haut… 😛 Non, décidément, certains sondages comportent des questions stupides…)

L’objection vient aussi d’un maintien à haut niveau de l’image de l’homme Fillon. Auprès des sympathisants UMP, il est compétent (89 contre 5), sincère (78 contre 12), sympathique (78 contre 14), rassembleur (70 contre 23)) et dynamique (67 contre 25).

Mais Copé recueille également des majorités sur tous ces qualificatifs et est en outre plus dynamqiue (82 contre 18). Il reste moins compétent (78 contre 15), moins sympathique (66 contre 25), moins rassembleur (60 contre 31) et moins sincère (57 contre 31), mais, depuis la fin mai (il est vrai juste après la fin du quinquennat), l’image de Copé progresse nettement et celle de Fillon diminue dans toutes les catégories.

Après avoir dilapidé son avantage fonctionnel (contrôle du parti, légitimité du SG en place et de la campagne présidentielle et législative), Copé revient quand même dans la course. Il était bas et le débat, comme le fait qu’il s’agisse d’un duel, le remettent mécaniquement dans une certaine égalité avec Fillon, un peu comme dans un second tour de présidentielle, dans lequel il est difficile d’écraser son adversaire, sauf si c’est Poher.

Fillon nous a cependant déjà surpris, alors, un ralliement de dernière minute de Juppé ou MAM n’est peut-être pas à exclure… On voit mal Copé sortir un quelconque atout de sa manche, Le Maire étant le moins improbable mais ayant été suffisamment clair, me semble-t-il, dans sa volonté de rester neutre pour ne pas se déjuger. Quant à NKM (dont le poids me paraît plus douteux, même dans l’Essonne), on ne l’imagine pas tombant du côté de Copé si elle devait s’engager.

Restons prudent jusqu’au bout ! Et prions pour que les médias sollicitent davantage les sondeurs… 3 enquêtes d’ici le 18 novembre, ce ne serait pas de trop pour se rassurer ou pour entretenir le suspense…

Le PS de 2012 à 2017 et 2022: un contexte difficile mais une situation centrale et des possibilités réelles de renouvellement du leadership

1. Méfions-nous des modes, tant elles passent vite. L’exécutif socialiste n’est pas forcément déjà et définitivement condamné.

En premier lieu, l’impopularité actuelle tient surtout à un rejet (absolu mais logique) des électeurs de droite et à un fort recul parmi les électeurs du centre-droit ou du FN. Le phénomène tient donc d’abord à une polarisation. Dès l’instant où l’électorat de gauche retrouverait un motif de mobilisation, ce pourrait être suffisant: une présidentielle est mobilisatrice; une présidentielle face à Sarkozy ou, par défaut, face à Copé, serait idéale.

Ensuite, les élections municipales, ainsi que je l’ai expliqué dans l’article précédent, ne seront pas perdues par le PS, en tous les cas pas médiatiquement, car les grandes villes font la tendance, l’impression, et seront conservées par la gauche.

La droite, sur le long terme, reste handicapée par la présence à haut niveau du FN, qui, même en admettant que le problème de la stratégie électorale soit réglée, induit mécaniquement une droitisation de l’UMP (que ce soit Copé ou Fillon). Tant que le PS garde un socle suffisant pour ne pas se retrouver en troisième position d’une présidentielle, rien n’est perdu. Or, Mélenchon ne parviendra pas plus à ses fins en 2017 qu’en 2012 et on ne voit pas qu’un écologiste émerge tellement qu’il menacerait le PS. L’apparition de l’UDI, si elle n’échoue pas lamentablement comme toutes les précédentes tentatives de Borloo, est bien plus problématique pour l’UMP.

Dans le même temps, alors que l’UDI est clairement décalée à droite, l’effacement de Bayrou et la gauchisation des Verts ne peuvent que renforcer le positionnement central des socialistes. Un regain du FG, voire de l’extrême-gauche pseudo-trotskyste, ne peut qu’en réalité le favoriser, car il ne sera pas suffisant pour recréer un « 21 avril à l’endroit » (2012 est éclairant, avec le dégonflement de la bulle Mélenchon): de ce point de vue, le parallèle avec le FN ne tient pas, numériquement parlant; mais il sera suffisant pour faire apparaître l’exécutif assez central, surtout avec un Valls à la sécurité, un Moscovici à l’économie et une Touraine à la santé, la gauche du PS étant surtout reportée dans le parti lui-même. Avec du permissif en pagaille sur le plan sociétal et avec quelques mesurettes modérées, les cadres supérieurs, voire les professions libérales (l’éccord sur les dépassements d’honoraires est emblématique de la bienveillance hollandaise à l’égard des médecns…), continueront de voter « social-démocrate ». Et ces catégories-là s’abstiennent peu.

Enfin, la conjoncture économique peut très bien se retourner avant la fin 2016, juste à temps pour la présidentielle.

L’emballement actuel qui consiste à voir Hollande déjà battu et Ayrault déjà congédié doit donc être quelque peu modéré.

2. Il n’empêche que l’affaiblissement de l’exécutif est réel. Mais plutôt pour des raisons intrinsèques: c’est la faiblesse propre de l’individu Hollande qui apparaît en réalité dans toute son ampleur.

– Son incapacité à mettre de l’ordre parmi « ses » femmes a évidemment contribué à affaiblir son autorité. C’est probablement loin d’être fini, si l’on en croit… Libération, qui nous fait part du jugement de Hollande sur la beauté de l’ex et de leur long aparté. Eh bien non, vous avez bien lu: ce n’est pas Voici mais l’une des Pravda de la gauche française qui nous gratifie de ce nouvel épisode.
Mais, plus sérieusement et plus largement, c’est sa personnalité qui est en jeu: Aubry nous avait prévenus ! « P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non », « quand c’est flou, y’a un loup », « la gauche molle »… Mais aussi Royal, en défiant de trouver quelque décision que ce soit en 30 ans de vie politique… Elle était rude: mais, après tout, l’échec du PS sur le référendum de 2005, c’est bien Hollande qui l’a organisé et ce fut la seule décision importante de sa vie politique…

– Ses contradictions très précoces sont d’autant plus fragilisantes qu’elles portent sur le seul terrain où il avait fait des promesses un peu précises et où il faisait vraiment la différence (électorale) avec Sarkozy: la pratique du pouvoir. Aujourd’hui, entre la concubine, l’ex, la récupération médiatique de la mort d’un nouveau-né, la gesticulation autour de faits divers sécuritaires, les pseudo-voyages en train, les sondages élyséens qui reprennent, les cafouillages avec le Parlement et le Conseil constitutionnel, le manque de concertation interne comme le manque de discussion parlementaire, l’interventionnisme caché au sein du gouvernement ou au coeur même du PS (Hollande a fait écarter Cambadélis, contre l’avis d’Aubry notamment, pas moins), la présidence « normale » est bien morte et, avec elle, le seul « plus » de Hollande sur le plan électoral.

– Les rapports avec Ayrault se font sans autorité réelle. De ce point de vue, alors qu’on a comparé Ayrault à Fillon, il est bien plus proche d’un Raffarin, par l’impopularité croissante et (probablement) sans retour, par le positionnement d’une (petite) autonomie par rapport à un Président lui-même affaibli. Hollande aurait probablement souhaité se rapprocher du modèle Mitterrand-Mauroy de 81 ou, plus exactement, de 82-83 (lorsque Mauroy et Delors ont fait le « sale boulot » de la rigueur et du maintien dans le SME), mais il a déjà le Mauroy de 84, démonétisé, incapable de retenir les communistes, submergé par la fin du charbon et de l’acier, déstabilisé par une droite renaissante.
Ayrault n’est pas un fidèle absolu ou un exécutant, à la manière d’un Fabius, d’un Bérégovoy, d’un Juppé ou d’un Fillon (rôles que tiendraient mieux un Sapin, similaire à Fillon, ou un Moscovici, hybride de Fabius et Juppé).
Il n’est évidemment pas non plus le vrai chef comme un Villepin ou un concurrent potentiel comme un Rocard.
Il est davantage un compagnon de route à l’assise propre assez étroite, comme Raffarin, avant de peut-être finir aussi mal en point qu’une Cresson et, comme elle, de ne même plus jouer le rôle de fusible.
Le plus probable reste un « essorage » minutieux et complet d’Ayrault (qui doit servir jusqu’au bout…) pendant encore presque 2 ans.

– L’affaiblissement de l’exécutif vient aussi des libertés prises par un certain nombre de ministres, dont beaucoup jouent des divergences et parasitages avec Ayrault (Peillon, Filippetti, Montebourg, mais aussi Cahuzac ou Sapin, à leur manière).

– Hollande ne contrôle pas non plus réellement le PS, car la réduction du nombre de postes alloué à cette majorité fourre-tout diminue mécaniquement la part des hollandais. En outre, beaucoup de ministres et de hollandais rallié ont renforcé ou créé leurs propres chapelles socialistes: Valls, Peillon, Moscovici sont à la hausse; Delanoë n’est pas complètement parti et Désir n’est pas un hollandais pur jus; Montebourg et Hamon conservent une capacité de nuisance.
Surtout, Aubry sera encore là, d’autant plus qu’elle est partie fâchée et qu’elle pourrait bien revenir en recours incontournable pour Hollande, en 2014, lorsqu’il s’agira de remobiliser l’électorat de gauche (ce que j’écris là, qui date d’avant le congrès, est bien confirmé par la démonstration de force d’Aubry à Toulouse). Mais alors, Hollande sera encore plus affaibli car cela se fera à ses conditions à elle: un peu comme si Rocard avait réussi à s’imposer à un Mitterrand affaibli ! Inimaginable… ce qui montre bien l’écart galactique entre les performances politiques des deux François…

De manière connexe, les troupes parlementaires ne semblent pas aussi tenues que prévu et c’est un peu une surprise, alors que le fidèle Le Roux devrait être à la manoeuvre à l’Assemblée et que le fidèle Rebsamen regimbe et boude. Bartolone, tout à sa joie d’un poste prestigieux, se laisse aller à des libertés qui n’arrangent pas non plus la situation.

– En outre, ceux qui auraient pu constituer une deuxième génération de hollandais, plus fidèle que les éléphants ralliés (Peillon, Valls, Moscovici, voire Montebourg) parce que promue ou sauvée par le seul Hollande, sont en train de se dévaloriser rapidement: Filippetti, brouillonne et rigide, Vallaud-Belkacem grise et inaudible, Batho en porte-à-faux,…
Or, un Sapin ou un Le Foll, cela ne suffit pas à asseoir une présidence forte…

3. Cet affaiblissement prématuré, mais probablement durable car intrinsèque à l’homme et à sa pratique, risque de rendre le chemin de 2017 assez ardu.

D’abord, j’ai déjà expliqué que les municipales de 2014 ne seraient pas considérées comme perdues par le PS. En revanche, les européennes de 2014 pourraient bien être une débâcle: traditionnellement l’occasion de la dispersion et de la rébellion, ces élections pourraient relancer, même temporairement, EE-LV (comme d’habitude), Mélenchon et Le Pen.
Les régionales et cantonales de 2015 ne devraient pas être aussi catastrophiques, mais ne pourront être bonnes, tant le PS part de haut. On imagine bien la Champagne-Ardenne, la Franche-Comté, la Basse-Normandie, les Pays-de-la-Loire, voire la Bourgogne ou d’autres, enfin rebasculer à droite.
Si les municipales de 2014 pourraient bien être un répit et les européennes de 2014 une défaite du PS sans victoire de l’UMP, les régionales et cantonales de 2015 pourraient bien être une victoire plus classique de l’UMP sur le PS, sans trop de parasitage FN ou de « gauches alternatives » masquant la défaite du PS (parce qu’il y a une prime majoritaire aux régionales et que le scrutin cantonal devrait rester majoritaire, même si c’est pas mini-listes ou par binômes).

Alors, Hollande pourrait-il être menacé lors d’une primaire en 2016 ? Ou tellement affaibli qu’il doive se retirer ? Après tout, en France, comme les primaires ne s’égrènent pas par département ou région (quel dommage… :P), il est plus facile de « faire un coup » contre le sortant.
Cela n’est pas exclu mais reste très peu probable. L’exemple américain nous montre qu’un Carter s’est quand même représenté, que même un Ford a fini par l’emporter sur un Reagan, que les contestations internes ont été limitées (que l’on pense aux adversaires des LBJ, Reagan, Bush Sr, Clinton, Bush Jr, Obama lors des primaires précédant leur campagne de réélection). Le cas de figure Gore-Bradley est un peu différent, même si Gore était un peu le sortant, mais seulement vice-président; et, finalement, Bradley a quand même perdu en n’ayant jamais eu de réelle chance de l’emporter.
En outre, la seule en capacité de contester le droit à se présenter du Président sortant, Martine Aubry, sera probablement Premier ministre, donc tenue à la loyauté, même de façade, et normalement elle-même impopulaire. Il faudrait qu’elle reste en réalité en dehors du pouvoir et qu’elle soit en mesure de phagocyter complètement le FG, ce qui est peu probable.

4. Si 2017 est a priori réglé, qu’en sera-t-il de 2022 ?

Ayrault lui-même aura été cressono-raffarinisé. Il n’a de toute façon aucune base suffisante dans le parti (Olivier Faure… après avoir été lui-même quasiment la seule troupe de Jean Poperen…) et n’est pas assez charismatique.

Aubry sera peut-être un tantinet trop âgée et elle aura elle-même subi (peut-être) l’impopularité de Matignon. Mais elle pourrait quand même vouloir tenter sa chance, même si sa (alors) très longue carrière la desservira fortement. De surcroît, dans une primaire interne en 2021, elle subirait probablement le sort d’un Fabius 2006: le tour est passé…

– Dans la série de ceux qui ont laissé passer leur chance, Delanoë est évidemment à exclure: trop âgé, déjà à moitié retiré, trop nerveux et semblable à Sarkozy…
Je n’évoque pas non plus Fabius, qui finit sa carrière « à la Juppé », et guignera sûrement une place au Conseil constitutionnel.

– Il y a ensuite l’espoir médiatique qui aura « grandi » trop vite et qui est trop incontrôlable et trop peu auto-discipliné pour concourir avec quelque chance de réussite à une primaire: Montebourg. Par son écho médiatique, il sera encore dans le paysage, plus ou moins parasite, mais il est déjà « grillé », impuissant au poste qu’il réclamait, et isolé. Il se sera dévalorisé et ne pourra compter sur une base personnelle et fidèle forte. Mais qui a vraiment cru en lui ?…

– Le nom de Valls vient évidemment à l’esprit ensuite et il est clair qu’il fait partie de cette catégorie de politiciens ambitieux, méthodiques, tournés vers le seul objectif de la présidentielle. C’est clairement un matériau présidentiable. Mais il a une faiblesse majeure, celle d’être totalement déporté à la droite de son parti. Soyons cependant prudents: il peut tout à fait effectuer le parcours habituel en sens inverse: il endort d’abord ses ennemis et courtise déjà le centre, avant de revenir vers son électorat de base, pour le rassurer.
Reste que partir avec des bases internes à peine plus importantes que Bockel risque de lui poser nombre de problèmes sur le long chemin de la présidentielle.

– De ce point de vue, quelqu’un de mieux placé au sein de son camp et qui constitue également un matériau présidentiable (par son ambition, son positionnement personnel fort et, quant à lui, une base interne plus sérieuse – surtout si les aubrystes sont, ensuite, à récupérer), c’est bien Peillon. Ses sorties intempestives l’ont desservi, mais il est difficile de penser qu’il se soit simplement emballé…

Moscovici devrait normalement être rangé dans la catégorie des Valls et Peillon, mais il est trop « technocrate » pour espérer raisonnablement devenir Président (Juppé et Fabius y ont-il réussi ? Copé y réussira-t-il ?). De plus, s’il est ambitieux, voire arriviste, il a également un côté dilettante (bien caché à Bercy, où il réussit plutôt bien) qui ne demande qu’à resurgir. Et son passé strauss-kahnien (y compris, peut-être, sur un plan plus personnel) pourrait également le plomber quelque peu.
Il n’en reste pas moins que, appliqué et incontournable, il réussit mieux que Peillon tout en étant moins gênant pour Hollande que Valls: ce sera peut-être une force pour Mosco que de reprendre le courant hollandais défait en 2017 ou finissant dans un deuxième quinquennat sombre (pour les nostalgiques de leur cours à deux voix de Sciences-Po dans les années 1990, ce serait parfait ! :P).

Dans la génération suivante, les ailes sont vite brûlées, comme celles de Filippetti, décidément peu contrôlable et qui retrouve ses réflexes écolo-gauchistes et contestataires, alors qu’elle s’était bien embourgeoisée et modérée au cours de la campagne de Hollande, se créant une place non négligeable en peu de temps.
Vallaud-Belkacem est étouffée comme porte-parole officielle: ce paradoxe s’explique par le caractère ingrat d’être réduit à « la voix de son maître » et à la langue de bois officielle, creuse et lassante pour les médias et le public.
Hamon lui aussi est un peu étouffé par sa participation gouvernementale et son inclusion dans la Gross majorité du PS, alors qu’il aurait pu probablement dépasser les 35% contre Désir et devenir un vrai pôle d’opposition interne… Cela démontre toutefois son ambition, qui l’a amené à une prudence peut-être excessive.

– Pourtant, il faudra bien une femme… Touraine est trop « techno » et, bien que bonne ministre techniquement, ses talents politiques ne sont pas testés et elle pourrait bien ressembler à un Xavier Bertrand (comparaison certes audacieuse mais… :)) ou à un Bianco. Batho est probablement davantage à surveiller, car assez inflexible et ambitieuse, même si ses capacités intellectuelles propres semblent en retrait par rapport aux autres noms cités et si son expression, quelque peu vulgaire et relâchée méritera un coach…

– D’autres ministres qui pourront réussir techniquement n’ont bien entendu pas d’avenir présidentiel: Sapin, Le Foll, Le Drian (mais cela va devenir difficile pour lui quand les caisses seront vraiment vides et que les militaires en auront vraiment marre…)

Bref, un affrontement Valls-Peillon, avec des tentatives d’Aubry, de Moscovici, de Batho et d’Hamon, pourrait bien être le choix de 2021…