Après des législatives devenues des élections subsidiaires, bipolarisation asymétrique, difficulté de stratégie pour la droite et difficulté d’incarnation pour la gauche

1. Le record d’abstention est évidemment le premier enseignement à tirer de ces élections. Il y a une tendance lourde à l’abstention, qui est socio-psychologique et qui tient à l’individualisme, au relativisme et au matérialisme grandissants, ainsi qu’à une décrue du civisme, en particulier chez les jeunes. Non, la pratique politique n’est pas seule responsable de cette tendance de fond !

Celle-ci est cependant accentuée par le trop-plein électoral clairement induit par l’accumulation des scrutins: primaire, présidentielle, législatives. Comme la primaire sera désormais quasi-institutionnalisée, soit dans l’un des deux grands partis, soit dans les deux, il convient effectivement de revoir le calendrier des législatives, qui pourraient être couplées avec la présidentielle (deux semaiens entre les deux tours, ce n’est pas gênant).

Les résultats montrent que, globalement, les événements d’entre-deux-tours ont peu d’influence sur les scores finaux. Certes, en 2007, il y avait eu une réelle différence d’un tour à l’autre pour la droite, mais Borloo n’avait pas eu la prudence des Hollande, Ayrault, Moscovici, Sapin, celle de se taire et de maintenir les véritables intentions du gouvernement dans le flou…

2. Globalement, en voix, 2012 se rapproche davantage de 2002 que de 2007. Toutefois, la droite avait été très forte au 1er tour en 2007, ce qui lui avait permis de prendre un peu d’avance. Cela explique que, en sièges, 2012 soit plus proche de 2007 que de 2002. 2012 est évidemment éloigné de 1997, comme je le pensais, car l’effet « présidentielle », le refus d’une cohabitation et le souhait de donner une majorité au Président, quel qu’il soit, sont désormais des données fondamentales du fonctionnement de la Ve République. Ce qui rend un peu « secondaires » les législatives, dans l’esprit des électeurs.

3. Dans ce paysage global, l’ancrage local compte fortement, soit pour se sauver d’un flux général défavorable (Mancel dans l’Oise, Bertrand dans l’Aisne ou Lagarde en Seine-Saint-Denis, par exemple) ou gagner en tranquillité (Wauquiez en Haute-Loire, avec un score très élevé, ou même Copé en Seine-et-Marne). A l’inverse, les parachutages trop « grossiers » ou perçus comme tels (Lang, Royal, Guéant) ne réussissent pas, même si la règle est loin d’être universelle (Hamon, Hammadi, Ferrand ne sont-ils pas des parachutés, sans parler de nombreux Verts et de Solère, lui-même ancien parachuté ?). Soyons donc prudents sur le soi-disant bon sens des électeurs…

De même, si l’usure a sûrement eu raison de Lang, d’Hervé de Charette ou de certains candidats communistes, le contexte à la fois local et national défavorable explique la défaite de MAM  ou la victoire étriquée de Laffineur.

4. Ainsi que je l’écrivais précédemment, la droite a des soucis géographiques et sociologiques à se faire. L’Ouest est décidément en recul constant: après les sénatoriales, les législatives sont dramatiques dans le Morbihan. La Sarthe, la Vendée, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Calvados, l’Orne, la Manche recèlent tous de très mauvaises surprises pour la droite. Le problème, c’est que ces électeurs se sont tellement éloignés des préoccupations du peuple de droite tel qu’il existe au Nord, au Nord-Est et au Sud-Est, que l’on peut se demander si les évolutions sont de nouveau conciliables…

L’outre-mer est évidemment une faiblesse pour la droite, car cela assure désormais un petit contingent minimal à la gauche dans l’Indien et l’Atlantique, tandis que les victoires de DVD dissidents et/ou autonomistes dans le Pacifique se font au détriment de la droite officielle, avec une fiabilité des votes, pendant la législature qui suit, assez aléatoire.

En outre, la droite est devenue très faible dans les grandes villes, même bourgeoises: plus aucune circonscription à Bordeaux et à Nancy, une seule à Lyon, des reculs à Orléans, Metz, Perpignan ou Marseille. Paris est évidemment emblématique, avec des réélections correctes de Lellouche et Fillon, mais sans plus.

Plus largement, l’Ile-de-France semble globalement résister car elle est favorablement découpée et très polarisée, mais la droite y est affaiblie: reculs dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne (avec la perte symbolique la circo de Vincennes), résistance seulement dans la 3e voire la 4e couronne et défense de justesse de plusieurs circos (Albarello en Seine-et-Marne et Chartier dans le Val-d’Oise, par exemple).

A ces constats urbains peuvent être associés les mauvais résultats chez les Français de l’étranger, où, comme à Neuilly, Boulogne-Billancourt et chez Guaino, les DVD ont été fortement présents, signe d’une volonté d’un électorat CSP+ de la droite de se voir proposer un profil plus Reinfeldt que CSU… plus Boris Johnson que Mariano Rajoy…

5. Cela pose globalement la question des rapports entre FN et UMP.

Là, les choses ne sont pas aussi claires que les médias commencent de vouloir nous le dire. Certes, la Droite populaire a été largement décimée, perdant la moitié de ses effectifs. Mais la situation des députés est territoriale et personnelle et n’a pas forcément à voir avec leur positionnement stratégique. Les contingents du Var, des Alpes-Maritimes, d’une partie de l’Alsace, de l’Ain, de l’Oise ou de la Loire compensent largement les échecs de Raoult, Barèges, Joissains, Lefebvre et autres Morano.

Des modérés sortent aussi affaiblis de ces élections (NKM, Bertrand, Chartier, Devedjian, Juppé et Fillon indirectement), d’autres ont perdu (Goulard, MAM, Montchamp), tandis que les copéistes se sont bien débrouillés (Copé, Riester, Courtial, Chatel, Tabarot). Comme on peut aussi souligner les victoires nettes d’autres modérés (Wauquiez, Pécresse, Baroin même si ce n’est pas pharaonique, Le Maire) et le sort contrasté des libéraux (Novelli battu, Briand élu) comme des centristes extérieurs (victoires de Lagarde, Jégo, Borloo, mais défaite de Charette) rendent en réalité le paysage assez confus.

Structurellement, les modérés souffrent de plusieurs faiblesses:

– leur division interne (que va faire Juppé ? que va faire Raffarin ? Wauquiez, Baroin, Pécresse, voire Le Maire semblent vouloir faire monter les enchères, ce qui ne peut que ralentir et encombrer Fillon, même s’il a un poste de vice-président et un poste de SG à offrir); ainsi, les ralliements à Fillon en sont pas assurés: il est perçu comme trop « personnel » et son passage à Matignon a refroidi ses relations avec nombre de soutiens potentiels (Juppé, Pécresse, Le Maire, Baroin, Borloo en externe, même Woerth, qui semble plutôt du côté de Copé a priori); en outre, chez les modérés, les « chefs » sont nombreux et les troupes moins puissantes, ce qui est le contraire chez les populo-sarkozo-copéistes, même après l’amaigrissement de la Droite populaire;

– les résultats député par député ne semblent pas dramatiques, mais la géographie électorale, elle, l’est davantage et ne permettra pas aussi facilement que cela de revenir à une ligne de « front républicain » ou, en tout cas, de fermeture plus nette à l’égard du FN: en effet, l’UMP a mieux résisté là où le FN est fort et peut la soutenir: c’est spectaculaire dans la Drôme et l’Oise, mais c’est aussi vrai dans le Territoire-de-Belfort, la Loire, l’Ain, l’Eure-et-Loir, quelque peu en Isère, dans la Marne et dans la Somme, et même dans la Seine-et-Marne, la Haute-Loire ou le Jura; bien sûr, là où le FN est vraiment plus « populaire », l’équation reste difficile (Aisne, Pas-de-Calais, Nord, Gard, Hérault, Meurthe-et-Moselle, des parties de l’Isère et de la Somme, voire une partie de la Moselle). Les reports du FN, c’est ce qui fait la différence, en 2012, entre une défaite (« à la 2007 ») et une déroute (« à la 2002 », voire « à la 1993 »). Même les modérés ne peuvent (malheureusement) l’ignorer: même dans l’Aube et la Haute-Marne, bastions du conservatisme et du gaullisme réunis, les triangulaires auraient pu être dangereuses… Baroin le sait bien…

– enfin, n’écartons pas la capacité de Copé à jouer au caméléon le plus basique. Il tente déjà d’arrondir son image, fait preuve d' »ouverture » sur les « mouvements » ou sur la ligne à suivre, envoie Dati prôner une droite moderne et ouverte et presque recentrée… Même si cela n’abuse personne et n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’UMP, car mieux vaut un duel clair et net, avec une victoire d’un camp et d’une ligne, pour en tirer les conséquences ensuite et pour, même, jouer ensuite sur la complémentarité d’un Copé battu avec un Fillon vainqueur, ou inversement… Bon, évidemment, cela n’a historiquement jamais marché à droite…

6. Plus fondamentalement, ce « grand écart » de la droite entre l’Ouest et l’Est, entre villes et zones rurbaines et rurales, entre durs-populaires et modérés-bourgeois, devrait conduire, au-delà même des questions de conflits entre chefs, à une réflexion sur le meilleur moyen de (er)créer une « grande maison commune », comme les Tories ou le GOP parvinrent à le faire dans le passé.

Il n’est cependant pas dit que cela soit possible: quel parti moderne parvient encore à le faire dans un régime démocratique normal ? (je ne parle pas du Japon, du Mexique, de Berlusconi, voire de la Hongrie…) Le GOP est en crise; les Tories sont en difficulté, tiraillés en interne et concurrencés en externe; le PP espagnol n’a gagné que par défaut.  Les « mouvements » au sein de l’UMP y suffiront-ils ? Leurs conditions statutaires actuelles de création sont draconiennes (c’était le souhait d’éviter la balkanisation à la socialiste…) et il n’est pas sûr que ce soit tellement compatible avec la culture du chef qui continue de dominer à l’UMP, qui est largement un RPR étendu.

Le modèle serait alors davantage celui d’une diversité de structures, comme dans beaucoup de pays d’Europe: Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, voire Pologne et à l’avenir Italie. La difficulté réside alors dans la délimitation des nouvelles frontières: on nous rebat les oreilles des centristes et du pôle centriste, mais Borloo est un échec ambulant et personne n’est en mesure de le remplacer, même si je répète tout le temps que Jean-Christophe Lagarde est prometteur. Ce n’est pas là le problème. Au contraire, il vaudrait mieux que NC et PR rejoignent les Juppé, Fillon, Pécresse, Raffarin, Baroin, Wauquiez, dans une sorte de parti de centre-droit ou central de droite (ou les deux !), tandis que les libéraux, Copé, les sarkozystes, la Droite populaire, constitueraient un parti de droite dure, à même de concurrencer le FN, de l’absorber en partie, de s’allier avec lui au besoin localement pour le « normaliser ». Il faudrait en effet que le parti de centre-droit, comme celui de droite dure, restent, chacun ou alternativement, plus fort que le FN ou, à tout le moins, que le parti modéré et le parti dur s’engagent à n’avoir qu’un candidat à la présidentielle, afin d’éviter une qualification du FN au second tour de la présidentielle. Cela n’empêcherait d’ailleurs pas un petit parti centriste croupion, comme un MoDem de centre-droit ou un petit réduit à la Arthuis.

Tout cela est fort théorique mais il n’y a pas quantité de modèles possibles. Adopter une attitude trop modérée, à la Reinfeldt, ne fera pas regagner suffisamment de terrain sur le PS social-démocratisé, sauf dans les très bonnes années, et renforcera encore le FN. Adopter une attitude trop dure et trop proche du FN (en dehors des problèmes philosophiques) éloignera définitivement les électeurs centristes ou flottants et condamnera l’UMP à subir le sort qui semble désormais coller au GOP « tea-partisé ».

L’UMP va-t-elle réussir à régler ce problème d’écartèlement permanent ? Va-t-elle se déchirer sous l’effet de cet écartèlement ? Ce ne serait pas en soi dramatique si c’est bien pensé et bien mené… 😛 Tout est dit…

7. Ces problèmes stratégiques de la droite, déclinés en problèmes de positionnement, d’organisation partisane et de leadership, sont plus importants que ceux que rencontrent la gauche. Celle-ci est dominante partout, Hollande a remporté la présidentielle et a pris soin de ne prendre aucun engagement pendant la campagne législative (si tant est qu’il en ait pris pendant la présidentielle…), son gouvernement se retrouve donc avec les mains à peu près libres.

Toutefois, les questions sur l’autorité de Hollande ne manqueront pas de resurgir, même si l’élimination de Royal, l’effacement d’Aubry et la faiblesse des rébellions sporadiques à attendre des caciques recalés (Cambadélis, Bartolone, Assouline, Dray,…) semblent dégager l’horizon. Hollande n’a laissé dehors que les strauss-kahniens trop compromis car trop proches de l’ancien chef (Camba, Le Guen, Dray), les trop vieux jospinistes et les aubrystes les plus fidèles. Mais on sait bien que c’est lors des périodes de domination trop forte que les divisions sont les plus vives (1993-95 ou 2002-2007 pour la droite). Les comportements d’un Peillon ou d’un Valls montrent bien que les germes sont là.

Cela reste cependant, à court terme, gérable et Trierweiler saura sûrement se calmer pour quelques temps. En revanche, l’échec de Mélenchon et le recul surprise du PCF, dans un énième soubresaut, doublés de la disparition politique de Laguiller et Besancenot, vont poser un problème d’incarnation de la protestation à gauche. Avec en plus des syndicats qui ont envie de retourner à leur ron-ron traditionnel après 5 ans de sarkozysme, le risque est que la protestation soit désordonnée et donc incontrôlable ou qu’elle se porte encore davantage sur une Marine Le Pen toujours positionnée dans son « ni droite ni gauche » (la rejetonne de Samuel Maréchal ne risque pas de remettre en cause cette ligne, tout en veillant paradoxalement à plus de respect du vieil extrêmisme du grand-père, la fille étant peut-être plus encline à trahir le père, dès sa mort physique).

Bien entendu, il serait cyniquement possible de considérer, pour la gauche, qu’un FN encore plus haut ne fera qu’handicaper la droite et rejeter encore davantage le centre, voire le centre-droit, vers le social-démocrate Hollande, qui serait probablement ravi de se faire réélire contre… Marine Le Pen au second tour de 2017. Mais c’est jouer avec le feu.

8. En attendant la solution à ces problèmes, les groupes à l’Assemblée sont l’occasion de jeux politiques passionnants.

D’abord, voici les résultats selon mes propres décomptes, effectués député par député:
FG 10
Rég./ind. 10 (2 MIM, 1 ex-PCR, 1 UDB)
EE-LV 17
PS 278
DVG 22 (3 MRC, 1 MUP -le parti de Hue-, 12 PS diss., 5 DVG d’outre-mer modérés, 1 DVG d’outre-mer proche de l’EXG)
PRG 12
MoDem 2
NC 16
PR 11
DVD 20 (7 DVD modérés, 2 PCD, 1 CNI, 2 DLR, 2 MPF, 7 autonomistes du Pacifique)
UMP 182
EXD 1
FN 2

Cela signifie d’ailleurs que mon erreur globale cumulée (écarts sur les résultats de chaque sous-ensemble) est finalement de 26, soit 95,5% de réussite.
Mes erreurs locales sont finalement de 46, soit 92,2% de réussite.
Avec des bonheurs variables: 100% en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne; 97% en Nord-Pas-de-Calais, 96,3% en Bretagne (Fougères !), 95,2% en Lorraine (Lang ! :D), 94,9% en Ile-de-France (satanée Seine-et-Marne !), 94,1% en Picardie, 93,3% en Alsace et en Haute-Normandie, 92,9% en PACA, 92,3% en Midi-Pyrénées, 91,7% en Franche-Comté et en Auvergne, 91,3% dans le Centre et le Languedoc-Roussillon, 90,9% à l’étranger, 90,4% en Rhône-Alpes (Bérézina dans la Drôme), 88,9% en outre-mer, 83,3% dans les Pays de la Loire (un vrai échec en Vendée et dans la Sarthe), 76,9% en Basse-Normandie (échec généralisé), 73,3% en Bourgogne (surtout en Saône-et-Loire), 50% en Corse. Tirez-en les conséquences que vous voulez 😉

Au total, c’est correct, mais sans plus à ce niveau, très franchement. Mais bon, l’essentiel, c’est le chemin, c’est le divertissement ;).

Voici, de nouveau, la carte définitive, mais corrigée des erreurs de la nuit de dimanche à lundi (Morbihan et Seine-et-Marne, avec des fausses joies dans les deux sens).

Les groupes, donc.
– Le PS peut ajouter à ses 278 députés un groupe de 10, voire 11 (avec Sylvie Andrieux), dissidents. Le PS peut les remercier d’avoir battu les Verts… Seul Falorni est apparemment pestiféré (pour combien de temps ?). Ainsi, même sans les 5 DVG d’outre-mer qui, logiquement, devraient s’apparenter à son groupe, le PS a la majorité absolue seul.
Si Le Roux devrait battre Martin sans problème pour le groupe, l’exécutif arrivera bien à imposer Lebranchu à l’Assemblée (plus facile de recaser Guigou au gouvernement; Bartolone et Glavany grossiront les rangs des frustrés, avec Cambadélis déjà tellement peu sûr de son étoile qu’il tente de s’accrocher à Désir; mais c’est sans grande importance car tous ces apparatchiki n’auront de capacité de nuisance que temporaire et n’ont plus vraiment de leader…).
Quant au PS, ce sera sûrement entre Désir et Rebsamen (au pire, ce dernier est déjà correctement « casé » au Sénat et les remaniements arriveront sûrement plus vite que prévu…). C’est indécent de voir tous les « grands » du PS dire que Royal doit faire autre chose, qu’elle peut rebondir, etc. alors que tous sont ravis de son échec et ne lui souhaitent qu’une chose: d’échouer encore une fois à prendre la tête du PS…
A moins qu’Aubry, prétextant de la crise, de je ne sais quel argument, ne se dise que, finalement, elle doit ravaler son exaspération et sa lassitude et doit conserver une base de pouvoir si un jour… A ce moment-là, il est évident que ni Désir, ni Rebsamen, ni un Delanoë dépouillé de ses troupes ne pourront lui contester la possibilité de rester.

– Le PRG peut également guigner des DVG ou rallier les MRC pour constituer son groupe.

– Même en perdant Duflot, les Verts peuvent compter sur l’UDB élu dans le Morbihan (et que j’ai rangé dans les « régionalistes » dans mes décomptes). L’équilibre des votes Mamère (gauche du parti)-de Rugy (« réalistes »)-Baupin (ex-hulotiste) sera intéressant.

– Le FG va devoir vraiment « travailler » pour avoir ses 15 députés (car n’imaginons pas que le seuil passe à 10: le Conseil constitutionnel avait jugé que 10, c’était le minimum pour le Sénat; or, avec 577 députés, la même proportion nous mène à 15,3…). Je n’arrive pas à penser que les 3 MRC le rejoignent, ni même le MUP. En revanche, les 2 MIM, l’ex-PCR, le DVG martiniquais plus proche de l’EXG et… Falorni (;)) un autre DVG d’outre-mer peuvent suffire.

– La recomposition du NC et du PR va être magnifique à suivre. Les lagardistes se rapprochent des radicaux-Borloo pendant que les morinistes prennent langue avec les MoDem. Mais que feront les radicaux-Léonetti et les centristes de l’UMP ? Je doute qu’ils rejoignent le mouvement. L’explosion de l’UMP n’est pas pour tout de suite. Si les lagardo-borloïstes doivent pouvoir constituer un groupe sans difficulté, les morinistes pourraient y parvenir avec quelques DVD modérés ou des autonomistes du Pacifique.

MISE A JOUR (mon article a été rdigé hier soir…): Borloo a réussi à réunir 17 députés dans l’UDI, union des démocrates et des indépendants, avec des radicaux hors UMP, les lagardistes du NC (Sauvadet sera vice-président), des DVD (Fromatin) et même des radicaux de l’UMP (Plagnol, Pancher). Des radicaux de l’UMP resteront au groupe UMP (Léonetti). On cherche désormais des radicaux hors UMP qui s’apparenteront au groupe UMP et des radicaux qui s’apparenteront à l’éventuel autre groupe centriste ou seront non inscrits 😛
Même les morinistes de NC devraient suivre.
Finalement, ce sera peu ou prou  le groupe de l’ARES, sauf que l’ARES ne semble déjà plus véritablement exister. Le centre, ce n’est pas « combien de divisions ? » mais « combien de coquilles vides ? »: UDF qui existe toujours, MoDem (avec des nuances), AC, NC (avec des nuances), PR (avec des nuances), URCID, ARES, CD de Charette, GM de Bockel,… je n’inclus pas les Humanistes de l’UMP et ce qui reste peut-être de Besson… Je suis un peu méchant car, à chaque fois, cela représente quand même un positionnement et une stratégie différentes. Surtout, évidemment, c’est un ravissement de passionné de la politique… on se croirait revenu sur les bancs des députés pednant la IIIe République 😀
A ce propos, je recommande le blog de Laurent de Boissieu, http://www.ipolitique.fr/, spécialisé dans les centres.

Sur le fond, il faut leur souhaiter bon courage, car Borloo n’aura en réalité aucune ambition pour le centre-droit: il a sa « petite entreprise » et cela lui suffit… Vivement Lagarde !

– Les 2 PCD et le CNI devraient s’apparenter à l’UMP. Les MPF et les DLR devraient se retrouver chez les non-inscrits avec Bompard, Collard et Panzermiss, éventuellement Falorni et quelques « ultra-marins ».

On le voit, s’il reste des petits bacs à sable au centre (en attendant la Grande Rupture de l’UMP ?), la bipolarisation dont nous parlent tous les analystes depuis 15 jours est réelle.

Mais c’est une  bipolarisation asymétrique et instable:
– asymétrique car la droite n’est pas hégémonique à droite, en raison de la présence de ce FN, hybride d’extrême-droite et de gauche et grignotant sur la droite, et avec lequel elle peut agréger ses forces;
– instable car la concurrence à gauche renaîtra et que l’UMP ne survivra peut-être pas.

Ce blog n’est donc pas mort, mais il se concentrera désormais essentiellement sur l’affrontement Fillon-Copé, en espérant que les sondages seront nombreux ! 😉

Derniers sondages OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres, Harris (projections), BVA et IFOP (circo): confirmation des pronostics et préparation des batailles à venir

 1. Pour mémoire, le premier institut (IFOP) à avoir actualsié ses projections en sièges depuis le soir du 1er tour a produit avant-hier les chiffres suivants:

FG 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 297-332
EE-LV 13-20
MoDem 1-2
UMP+NC+PR+DVD 210-247
FN 0-3
autres 2-5

Aujourd’hui, OpinionWay, IPSOS, CSA, TNS-Sofres et Harris Interactive fournissent les chiffres suivants:

FG 8-12 / 12-13 / 8-11 / 10-12 / 8-10
PS+PRG+MRC+DVG 295-330 / 300-331 / 287-330 / 300-330 / 287-325
(IPSOS donne un détail: PS+DVG 284-313, PRG 11-13, MRC 3-5)
EE-LV 12-18 / 14-20 / 13-17 / 14-18 / 11-17
MoDem 0-2 / 1-3 / 1-2 / 0-2 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 215-252 / 210-250 / 225-255 / 201-240 / 202-263
(IPSOS donne un détail: UMP+DVD 192-226, NC 14-18, PR 4-6)
FN+EXD 0-4 / 0-3 / 1-4 / 0-3 / 0-3
autres 0-3 / 0-2 / – / – / 0-4
(CSA et TNS-Sofres ne donnent rien, OpinionWay les classe en régionalistes, IPSOS en autres)

Toutes ces fourchettes se recoupent. Elles ne nous apportent rien de bien intéressant (comme tous les 5 ans…), car elles sont trop larges. Elles arrivent en outre bien tardivement. Il est surprenant, avec tous les moyens humains, informatiques et matériels dont disposent ces instituts, que de telles projections, aujourd’hui beaucoup plus en adéquation avec les résultats réels du 1er tour, n’aient pas pu être produites dès dimanche soir. Certes, à 20h piles, il faut absolument afficher un demi-camembert, mais c’est globalement assez médiocre… Je défends habituellement les sondeurs, mais ma nuit raccourcie de dimanche à lundi m’a permis d’arriver à un pronostic dont les sondeurs se rapprochent seulement en 2e moitié de semaine…

Simplement, la majorité absolue pour le PS est confirmée (éventuellement avec quelques futurs ex-dissidents et des « compagnons de route » habituels), le groupe Vert se précise, les difficultés du FG également, la marginalité du MoDem et du FN aussi.

Nous restons désormais dans l’incertitude principale, c’est-à-dire le détail de l’abstention et de la participation:
– démobilisation à gauche en général en raison d’une victoire déjà acquise ?
– démobilisation marginale en raison des premiers « cafouillages » présidentiels et gouvernementaux ?
– remobilisation par peur d’un effet « tweet » favorable à la droite ?
– démobilisation au FG en raison de premiers signaux de politique économique et financière assez austère ? (bon, la poudre aux yeux de la « croissance européenne » doit normalement réduire ce risque)
– démobilisation à droite en général en raison d’une défaite déjà intégrée ?
– remobilisation par peur d’une trop forte majorité ?
– démobilisation au FN en raison d’une attitude jugée frustrante de l’UMP, même localement ? (alors que certains s’attendaient à beaucoup plus de dérapages locaux que la seule circo d’Arles)

En fin de compte, tous ces effets devraient s’annuler peu ou prou. En tous les cas, comme il est difficile de les estimer (comme toujours), il n’est pas possible de les prendre en comtpe dans les pronostics.

Je maintiens bien entendu ceux que j’ai effectués, y compris alors qu’un sondage local ne va pas dans mon sens.

2. Autant la campagne du 1er tour fut riche en sondages par circonscription, autant celle du 2nd tour se révèle décevante. La focalisation sur La Rochelle (alors que l’enjeu n’est presque pas l’anticipation du résultat, mais le désordre déjà créé) a manifestement phagocyté d’autres enquêtes qui auraient pu/dû être réalisées, dans tant de circonscriptions passionnantes. Mais évidemment, aller sonder dans le Tarn, la Somme, le Morbihan ou l’Isère, cela n’intéresse pas les médias…

Bien entendu, il y a une autre livraison sur la 1e de Charente-Maritime, BVA cette fois:
DVG 55 / PS 45
Plus réaliste que le 58/42 de l’IFOP et montrant peut-être un léger effet « victime » favorable à Royal. Tout duel aussi passionné et disputé conduit d’ailleurs de totue façon à un resserrement de l’écart.

Un sondage IFOP sur la 4e de l’Essonne est passé inaperçu hier (et je ne parviens toujours pas à en avoir le détail):
UMP 51,5 / PS 48,5
Bien entendu, c’est dans la marge d’erreur, mais cela devrait rassurer NKM et cela ne me surprend nullement. Les reports du FN sont tout à fait classiques: 53% pour NKM et 18% pour le PS.

Enfin, l’IFOP a également été sollicité pour la 3e du Vaucluse:
FN 36,5 / UMP 34,5 / DVG 29
Cela montre que le FN plafonne (je le dis pour les autres circonscriptions, notamment celle de Marine Le Pen et celle de Collard) et qu’il ne peut gagner que si son opposition est divisée. Maintenant, il y a effectivement un risque réel d’élection de Marion Maréchal-Le Pen, le plus élevé (si l’on exclut le cas de Bompard, qui n’est plus FN depuis longtemps). Toutefois, ce sondage (publié dans Vaucluse Matin et le Dauphiné Libéré), comme l’appel du suppléant de la candidate ex-PS (le soutien national lui a été retiré) à voter UMP, comme, peut-être, l’agression de la suppléante de Mourrut dans le Gard, peuvent conduire à un « vote utile » au centre et à gauche afin de battre le FN.
J’avais déjà évoqué cette possibilité dans le cas de Mélenchon et, effectivement, Kemel l’a « coiffé » et a accédé au 2nd tour en partie pour cette raison (meilleure efficacité contre le FN). Après tout, c’est comme cela que Royal et Hollande sont devenus les candidats du PS et que Fillon… euh, bon, on verra… 😉
Le problème dans le Vaucluse, c’est bien que Ferrand est un très mauvais candidat de l’UMP, complètement usé et has been. Le renouvellement, même factice (le QI de Panzermiss ne doit pas tellement dépasser son score du 1er tour), cela marche toujours un peu, de même que l’aspect « star montante à la télé »…

3. D’ores et déjà, les batailles des futures semaines sont enclenchées.

Royal n’est pas encore morte que, déjà, on a roulé sur son cadavre.
Outre Jack Lang (encore faut-il qu’il soit élu et, de toute façon, il est désormais marginalisé), Glavany, Bartolone et Guigou semblent sur les rangs. Plus surprenant, Lebranchu serait en piste et pourrait être soutenue par Hollande. Je suis surpris que Le Roux semble se contenter du groupe socialiste, mais il est vrai que, parfois, le président de groupe peut être plus important que le président de l’Assemblée nationale, ce que Hollande et Ayrault savent très bien. Je n’exclus pas non plus des velléités du côté de Vallini.

Mais évidemment, Lebranchu aurait l’avantage de libérer une place au sein du gouvernement (voire deux si les collectivités territoriales et la fonction publique sont de nouveau séparés, ce qui est bien possible vu les réactions dubitatives ayant accueilli le portefeuille quelque peu novateur de Lebranchu). N’oublions pas non plus que la consommation n’a pas été attribuée explicitement au niveau des maroquins ministériels. Les quelques frustrés du premier gouvernement Ayrault (Vallini, Rousset, Paul, Hazan ou d’autres, ou même Guigou ou Le Roux si les plans changent) pourront trouver une place, de même qu’un ex-MoDem (Rochefort ou Bennahmias) ou un communiste en rupture de ban (comme Braouezec ou Hue).

Le contingent de candidats pour la direction du PS est, semble-t-il, assez distinct de celui des apsirants au perchoir, ce qui en fait une bataille spécifique: Désir, Cambadélis, Rebsamen, Gorce. Mais je reste très dubitatif sur le retrait d’Aubry. Peut-être en aura-t-elle marre, réellement, et se dira-t-elle que, même en étant « seulement » à Lille, elle pourra quand même incarner un recours ? Peut-être a-t-elle déjà intégré que son tour était passé ? Je continue de me poser des questions, cependant.

La défaite de Royal comme l’éventuel mise en réserve d’Aubry risquent bien de « libérer » deux paroles discordantes, dans des styles et sur des thémtiques différentes, mais également problématiques pour un pouvoir déjà un peu affaibli dans son autorité (le tweet de la Présidente s’ajoutant en fait à l’activisme de Peillon et de Valls, au lyrisme de Montebourg et aux déclarations intempestives de Taubira ou Duflot pour déjà donner une impression d’une certaine cacophonie gouvernementale).

Même si ce n’est pas équivalent aux éventuels règlements de comptes de la part de Royal, à droite, les ennuis judiciaires de l’ancien Président pourraient empoisonner le climat pour quelques temps, soit directement si d’autres leaders sont mis en cause (Sarkozy favorisant même éventuellement cette mise en cause…), soit indirectement en remettant le Grand Leader pas encore enterré et potentiel rival en 2016-17 sur le devant de la scène, même très négativement.

La bataille pour le groupe UMP à l’Assemblée pourrait être décevante, faute de trop de candidats ou si un affrontement majeur ne se produit pas, soit que Xavier Bertrand soit battu dimanche, soit qu’il renonce à se présenter, malgré les rumeurs montantes. Si Jacob n’est pas seul en lice, le choix, alors, de privilégier un candidat de compromis reste, je le répète, une vraie possibilité: Accoyer, Ollier, Dord (Carrez se positionnera plutôt comme président de la commission des finances). A moins que Baroin ne se lance; mais on sent du Borloo en lui… du point de vue de la détermination…

Mais la mère de toutes les batailles, ce sera bien entendu la présidence de l’UMP, avec un Fillon qui continue d’engranger des bons sondages et qui, s’il a rallié le « ni ni » en stratégie électorale, a plutôt bien géré son positionnement depuis dimanche (fermeté à l’égard de Chassain mais « loyauté » aux candidats, même Morano, ce qui est bien la preuve de la détermination de Fillon…), en tous les cas à l’égard des militants.

Le baromètre de popularité de l’IFOP pour Paris-Match de ce mois de juin pose aussi une question sur la « personnalité préférée », entre Fillon et Copé. Les réponses sont claires, pour l’ensemble du panel comme pour les sympathisants UMP:
Fillon 76 / 79
Copé 19 / 21
ni l’un ni l’autre 5 / 0 (non suggéré)
ne se prononce pas 0 / 0
Parmi les électeurs de Sarkozy, c’est 80/20. Parmi les sympathisants FN ou les électeurs de Le Pen, c’est 69/26, logiquement plus serré mais pas tant que cela. Parmi les électeurs de Bayrou, c’est 79/20 et parmi les sympathisants du MoDem 85/14, logiquement plus net.

En outre, des ralliements se précisent, comme celui de Pécresse, qui pourrait préfigurer ceux de Le Maire ou d’autres chiraqueins d’origine. Les cas de Baroin et, surtout, de Juppé sont évidemment plus lourds car, si ralliement il doit y avoir, il dépendra aussi de considérations strictement personnelles et Fillon ne s’est pas fait que des amis pendant qu’il était à Matignon, loin de là.

Reste son propre score à Paris, qui pourrait être décevant. Reste la perte de son ancienne circonscription dans la Sarthe (mais cela devrait être noyé dans le flot de basculements).

Reste surtout que le combat risque d’être en même temps stratégique, car le cirque Morano a brillé de mille feux cette semaine et a remis, alors même que le « ni ni » assurait une tranquillité de court terme et que les défections ont été fort peu nombreuses, la question du FN au centre de tout. Or, c’est tellement clivant pour l’UMP que celui-ci risque bien de traîner cela comme un boulet pour longtemps, un peu comme la question européenne chez les Tories.

Si Copé l’emporte, ce sera à droite toute et le risque de scission est majeur (pas seulement de la part des centristes, comme le disent les médias, mais jusque dans le coeur de l’UMP, du côté des gaullistes historiques, des chiraquiens, des gaullistes sociaux, voire de certains libéraux). Si Fillon l’emporte, il sera soumis à une guérilla interne permanente de la Droite populaire et de Copé.

Je crois vraiment, même si le 2nd tour de la présidentielle a pu le masquer temporairement, que la droite se porterait mieux avec deux partis, même si la génération Juppé-Fillon a le souvenir des divisions RPR-UDF. Mais, en fait, c’étaient des divisions au sein de l’UDF et du RPR: le fait d’avoir un ou deux partis ne change rien à cela. En revanche, le fait d’avoir deux partis permet de tenir compte des électorats différents, de la diversité régionale et de « reprendre » la nébuleuse centriste, incapable de s’organiser seule, mais disposant encore d’un certain poids électoral (AC d’Arthuis, NC-Morin, NC-Lagarde-Sauvadet-Leroy, PR-Borloo, PR-Léonetti, voire quelques barons locaux encore au MoDem). L’essentiel, c’est d’avoir alors une primaire ouverte avant la présidentielle.

Ou alors, que la droite change carrément le système et fasse adopter une VIe République parlementaire, en associant, à un moment donné, le FN à la majorité (selon une formule danoise ou néerlandaise) pour le siphonner, le décrédibiliser ou le couper d’une partie de son électorat, afin d’en réduire l’effet électoral néfaste. Mais cela nous amène trop loin…

4. Comme je l’ai déjà indiqué, ce blog se poursuivra jusqu’à la mi-novembre, avec la reprise de tous les sondages sur la présidence de l’UMP, que j’espère nombreux et permettant de créer un inndicateur. Sinon, on se contentera de quelques courbes…

Mais je posterai de manière beaucoup plus épisodique, car la vie est aussi ailleurs et mes soirées (et quelquefois nuits) en ont trop souffert. Cela n’empêche pas ceux qui souhaiteraient continuer à discuter dans les commentaires de le faire, bien entendu. Néanmoins, n’étant pas (du tout) un insider, j’aurais peu d’informations à soumettre aux lecteurs de ce blog pendant les phases « de croisière » de la vie politique française, c’est-à-dire hors élections. Quant à mes analyses, elles ne sont pas d’une transcendance et d’un intérêt tels qu’elles doivent être absolument rendues publiques…

En outre, par rapport à la période octobre-décembre, pourtant peu lue alors qu’elle était la plus « rigoureuse », l’ensemble tend à se « relâcher » quand même un peu avec le temps et je n’ai pas résisté à la tentation d’exprimer çà et là une opinion hors du coeur de notre sujet ou d’adopter un ton définitivement ironique après la présidentielle.

Nous avons dépassé les 250 000 visites (dont celle du directeur du département « opinion » d’Harris ;)) et il y a désormais près de 120 abonnés (en dehors de ceux qui ne le sont pas mais viennent régulièrement, je le sais). Ce n’est pas complètement négligeable et je remercie tous les lecteurs, fidèles ou ponctuels, de ce blog.

Après le mois de novembre et avant les primaires de l’UMP de 2016, quelles échéances pourraient justifier de réactiver ce blog ?
Si les régionales sont rétablies selon le calendrier initial, elles devraient de dérouler au printemps 2016: ce sera déjà la bonne période pour entamer le suivi de la présidentielle (si j’avais débuté ce blog en décembre 2010, je serais passé pour un visionnaire en pronostiquant la victoire de Hollande au sein du PS; mais je serais aussi passé pour un loser, en voyant, le 15 mai 2011, Aubry future présidente :P), donc cela ne devrait pas poser de difficulté de s’amuser à des pronostics par région.
Il y aura aussi les européennes de 2014, mais les antécédents sondagiers ne sont pas probants: le découpage territorial « bizarre » des grandes circonscriptions ne permet pas réellement de réaliser des enquêtes pertinentes. Il n’y a, de même, pas assez de sondages nationaux pour justifier de suivre un indicateur.
Si l’envie est toujours là et si Dieu me prête vie, sondages2012 deviendra donc, alors, sondages2016.

Nous n’en sommes pas là. D’ici là, une belle soirée et une belle nuit nous attendent dimanche, avec les résultats circonscription par circonscription et, ensuite, je l’espère, un beau suspense au sein de l’UMP…

Derniers sondages IPSOS, BVA, CSA (circo), OpinionWay (circo) et IFOP (circo) pour les législatives: stabilité graphique et ajustements marginaux dans les pronostics

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde
6-7 juin 2012
échantillon: 1017
(évolution par rapport à la dernière livraison du même institut)

EXG 1,5 (=)
FG 8 (+1)
PS+PRG+MRC+DVG 31,5 (-1)
EE-LV 5 (-1)
(soit PS+PRG+EE-LV 36,5 (-2))
MoDem 2 (-1)
UMP+NC+PR+DVD 34,5 (+0,5)
FN 15,5 (+1,5)
Divers 2 (=)

BVA
RTL, Orange, presse régionale
6-7 juin 2012
échantillon: 1020 inscrits sur un total de 1035

LO 1
NPA 1
FG 8
PS+PRG+DVG 32,5
EE-LV 4
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 4
NC 1
UMP 32,5
DLR 1
(soit UMP+DLR 3″,5)
FN 15,5
autres 0,5

1. La projection en sièges d’IPSOS, basée sur l’hypothèse d’une abstention de 42% (IPSOS pense que la participation serait de 57 à 60%, en baisse), se rapproche marginalement de mes pronostics, mais maintient des fourchettes très larges:
FG 23-26
PS-DVG 243-285
PRG 12-15
EE-LV 12-16
UMP 214-262
NC 13-16
PR 4-7
MoDem 0-3
FN 0-3

2. En pourcentages, aucune évolution majeure ne s’est produite depuis le 6 mai: le MoDem s’est peut-être un peu marginalisé et le PS et ses alliés directs PRG et DVG ont peut-être un peu grignoté sur le reste de la gauche. Globalement, c’est la stabilité qui a prévalu:

3. Les derniers sondages par circonscription apportent quelques éléments sur des batailles emblématiques, mais n’infirment pas mes pronostics globaux.

OpinionWay 11e du Pas-de-Calais:
FN 32 / PS 25 / FG 24 / MoDem-UMP 15 / LO 3 / EE-LV 1 / huit autres 0
PS 53 / FN 47 (reports 55/20/25 du FG, pas si brillants pour le PS; reports 22/25/53 de l’UMP)
FG 51 / FN 49 (reports 47/3/50 du PS, moins déséquilibrés; reports 12/26/62 de l’UMP, moins bons même si pas totalement catastrophiques)
Ainsi donc, j’aurais dû suivre ma première intuition et persister à penser que Mélenchon en a trop fait et que les parachutages ratent ou ne réussissent qu’à moyen terme. Ce sondage confirme en effet la tendance des IFOP précédents: le PS semble en mesure de prendre le pas sur Mélenchon.

IFOP 2e du Gard:
PS 29,5 / UMP 29,5 / FN 29,5 / FG 8 / DLR 1,5 / div.écol. 1 / div.écol. 0,5 / div. 0,5 / trois autres 0
PS 37 / FN 32 / UMP 31
La meilleure chance du FN, Gilbert Collard, est donc battue: le FN n’aura probablement pas de député, ainsi que je le pensais depuis le début. Mais l’usure de Mourrut et le haut score du FN, même et surtout au 2nd tour, font chuter l’UMP: je ne le pensais pas et il faut corriger le pronostic.

CSA 5e de l’Ain:
NC-UMP 28 / PS 27 / FN 19 / PR 10 / FG 8 / LO 2 / div.écol. 2 / POI 1 / AEI 1 / MEI 1 / MPF 1 / deux autres 0
NC-UMP 51 / PS 49 ou, en cas de triangulaire, PS 43 / NC-UMP 39 / FN 18
La triangulaire est toutefois peu probable.

BVA 3e de Haute-Garonne:
UMP 38 / EE-LV 22 / DVG 17 / FG 10 / FN 7 /LO 1 / PR 1 / DVD 1 / div. 1 / div. 1 / div. 0,5 / AEI 0,5
EE-LV 50,5 / UMP 49,5
DVG 53 / UMP 47
Le sondage date un peu: le dissident socialiste Fillola est donc peut-être en mesure de prendre le pas sur le Vert adoubé par le PS. En revanche, Moudenc, comme on pouvait s’y attendre, a peu de chances sauf si la gauche se divisait pour créer une triangulaire, ce qui est fort peu probable (nous ne sommes pas à Lyon ! Là-bas, rien n’est sûr dans la 1e…).
Le commanditaire de ce sondage n’est pas explicite, même si la Dépêche du Midi le cite: il faut donc se méfier que ce ne soit pas un sondage commandé par un parti ou un candidat.

4. Mes pronostics doivent faire l’objet de quelques ajustements.

– D’abord, tenir compte des sondages locaux, qui permettent d’orienter différemment des affrontements extrêmement incertains:
j’acte la perte de la 2e du Gard pour l’UMP, mais pense qu’elle conserve toutes ses chances dans la 2e des Pyrénées-Orientales, pour des raisons opposées (présence et absence du FN);
je reprends mon intuition initiale et voit Kemel battre et Mélenchon et Le Pen; en revanche, le communiste Hénin devrait prévaloir dans la circonscription de Calais;
à la Réunion, la gauche devrait l’emporter partout;
dans les Yvelines, mon pronostic d’une défaite de Douillet était trop hardi et je reviens dessus;
en Haute-Corse, la 1e semble effectivement hors de portée du PRG;
dans la Loire, le PCD Cinieri devrait chuter, mais je conserve en revanche la prévision d’une victoire socialiste à Roanne;
à l’étranger, je suis bien obligé de donner l’Amérique du Nord, le Bénélux et la péninsule ibérique au PS et, horreur, l’Amérique du Sud au Vert-rouge Coronado, mais je pense que l’UMP devrait parvenir à conserver les circonscriptions Suisse et Italie-Grèce-Turquie-Israël, même si ce sera difficile;
après avoir longuement hésité, je maintiens la défaite de Morano, la prédominance du FG sur le PS dans la 3e de l’Ardèche et mes pronostics « curieux » en Ille-et-Vilaine (prise de Fougères par la gauche, mais pas de Saint-Malo).

– Ensuite, intégrer les résultats du 1er tour à l’étranger et en Polynésie.

– Enfin, tenir compte de la « confrontation » d’idées et de pronostics avec les « illuminés » de la France électorale :).

Au final, beaucoup de risques particuliers (mais si « j’ai bon », je pourrai arguer d’une préscience faisant autorité :P), mais un équilibre général que j’estime correct:
PS 271
PRG-DVG 40
PS+PRG+DVG 311
EE-LV 11
FG 20
rég. ind. 3
FG+rég.+ind. 23
gauches 345
MoDem 1
EXD
1
UMP 191
NC-PR-DVD 39
UMP+NC+PR+DVD 230
droites 232

Je sais bien que les chiffres nationaux des sondages ressemblent furieusement à ceux de 1997. Je sais aussi que l’abstention s’annonce forte, ce qui, a priori, est plus favorable à la droite, en raison de l’abaissement du nombre de triangulaires. Je sais que mes pronostics sont pourtant plutôt proches d’une situation 2007 à l’envers.

Mais n’oublions pas que les circonscriptions ont été modifiées et que, même si elles sont « subtiles » dans beaucoup de cas afin de ne pas trop handicaper l’UMP face au FN, elles sont globalement plus équilibrées entre droite et gauche au niveau national que les précédentes et, surtout, la gauche a nettement progressé en outre-mer et se retrouve finalement en tête dans les nouvelles circonscriptions de l’étranger (7 sur 11, voire jusqu’à 9). En outre, la mobilisation respective de la droite et de la gauche devrait être plus favorable à cette dernière, malgré le haut niveau d’abstention. Ce critère sera en réalité l’élément décisif pour décider de la majorité absolue ou non pour le PS.

Voici donc la nouvelle carte:

Derniers sondages IFOP, OpinionWay, TNS-Sofres, BVA, CSA, LH2 (circo), OpinionWay (circo), IPSOS (circo) et IFOP (circo) pour les législatives: la convergence des sondages incite à maintenir les pronostics d’une absence de groupe Vert et de députés FN et d’une majorité absolue radicalo-socialiste

IFOP-Fiducial
Paris Match, Europe 1
31 mai-1er juin 2012
échantillon: 874 inscrits sur un total de 1005

EXG 1,5
FG 8
PS+PRG+DVG 33
EE-LV 4
(soit PS+PRG+EE-LV 37)
MoDem 3
UMP+NC+PR 30,5
DVD 3,5
(soit UMP+NC+PR+DVD 34)
FN 15
EXD 0,5
Divers 1

TNS-Sofres-Sopra Group
Le Nouvel Observateur

1-3 juin 2012
échantillon: 1000

EXG 1,5
FG 7,5
PS+PRG+DVG 31,5
EE-LV 5
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 2
UMP+NC+PR+DVD 35
FN 15
Divers 2,5

OpinionWay-Fiducial
Le Figaro, LCI
4-5 juin 2012
échantillon: 1697 inscrits sur un total de 1821
(évolution par rapport à la précédente livraison du même sondeur)

EXG 1 (=)
FG 8,5 (+0,5)
PS+PRG+DVG 31 (-1)
EE-LV 5,5 (+1,5)
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 2 (-2)
AEI 1 (=)
UMP+NC+DVD 35 (+4)
FN 15 (-1)
Divers 1 (-2)

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui en France
5-6 juin 2012
échantillon: 1182

LO 1
NPA 0,5
FG 9
PS+PRG 32
EE-LV 4,5
(soit PS+PRG+EE-LV 36,5)
MoDem 3,5
AEI 1
UMP 32
DLR 1
(soit UMP+DLR 33)
FN 15,5

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
5-6 juin 2012
échantillon: 875 inscrits sur un total de 1003
(évolution par rapport à la précédente livraison du même sondeur)

LO 1 (=)
NPA 0,5 (+0,5)
FG 8 (-2)
PS+PRG+MRC 32,5 (+2,5)
EE-LV 5 (=)
(soit PS+PRG+MRC+EE-LV 37,5)
MoDem 3 (=)
UMP+NC+PR 32,5 (+1)
DLR 0,5 (=)
(soit UMP+NC+PR+DLR 33)
FN 14 (=)
autres 3 (-2)

1. S’il subsiste quelques écarts, les sondeurs sont désormais très convergents.

TNS-Sofres et OpinionWay nous gratifient de ces projections en sièges toujours aussi inutiles car trop dépendantes des chiffres nationaux. Selon TNS-Sofres, voici les fourchettes prévisibles, qui sont les plus proches de mes propres pronostics, en voyant un PS plus dominant à gauche que les autres projections: FG 13-18 (un peu « rude »)/ PS+PRG+DVG 280-310 (le 289 serait quasi-assuré)/ EE-LV 12-17 (on rappelle qu’un groupe se forme à 15) / MoDem 0-2 (voilà qui est réaliste, même si peu audacieux) / UMP+NC+PR+DVG 235-265 / FN 0-5 (c’est déjà optimiste).
Pour OpinionWay, les résultats prévisibles sont plus « classiques » par rapport au discours ambiant depuis le début de la campagne: FG 20-24 / MRC 1-3 (original, tant les députés MRC sotn désormais totalement dépendants du PS) / (PS+PRG+DVG 271-296 / EE-LV 18-24 (comment y croire ?) / MoDem 0-2 / UMP+NC+DVD 230-267 / FN 0-2 (voilà qui est raisonnable).

OpinionWay nous montre que le fait de voter d’abord pour un « courant politique proche de ses idées » séduit 75% des électeurs (+5), contre 24% (-5) qui privilégieraient « une personnalité appréciée ». Cette évolution est plutôt favorable à la majorité souhaitée par le pouvoir socialiste. De même, le rapport intérêt/désintérêt pour la campagne et les législatives est meilleur chez les anciens électeurs de 2e tour de Hollande (51/48) que chez les anciens électeurs de Sarkozy (45/55), ce qui peut alimenter une abstention différentielle et un écart de mobilisation défavorables à la droite.

Toutefois, la participation pas meilleure qu’en 2007 (60% selon OpinionWay) et la légère décrue du FN (même si j’ai pu la relativiser en estimant qu’elle serait peut-être plus forte à l’Ouest qu’à l’Est et n’influerait donc pas tant que cela sur les triangulaires prévisibles) pourraient limiter les effets dévastateurs pour la droite de la présence de candidats FN au second tour.

2. Les sondages par circonscription restent plus intéressants et continuent de me conforter dans mes pronostics, même si j’effectuerai probablement quelques ajustements, demain ou samedi, sur l’outre-mer et l’étranger, voire sur quelques circonscriptions aux prédictions trop « audacieuses » (Loire principalement; en général, cependant, seulement au sein d’un même camp: Ardèche, Pas-de-Calais, Morbihan par exemple).

En tous les cas, nous sommes gâtés, même si beaucoup de sondages locaux restent sur des circonscriptions assez « sûres ».

Parmi les circonscriptions sondées, il y a les confirmations pour la gauche, malgré l’incertitude en interne sur le candidat en tête:

IFOP 1e de Charente-Maritime:
PS 36 (+3) / DVG 22 (-4) / UMP 21,5 (+2) / FN 7 (-2) / FG 4,5 (+1,5) / EE-LV 3 (-1) / MoDem 2,5 (-0,5) / PR 2 (-0,5) / LO 0,5 (+0,5) / MRC 0,5 (+0,5) / div.écol. 0,5 (+0,5) / deux autres 0
PS 58 / UMP 42
PS 51 / DVG 49
PS 43 / UMP 30 / DVG 27
Royal est donc confortée et le réflexe légitimiste semble fonctionner en sa faveur. Les effets de la division sont toutefois forts, car, en cas de duel PS-UMP, les électeurs de Falorni qui s’expriment se répartissent à 51-49 en faveur de l’UMP… A l’inverse, les électeurs de l’UMP qui s’expriment optent à 88-12 en faveur de Falorni si celui-ci est seul face à Royal.

IFOP 2e de l’Aude:
UMP 27 / PS 25 / DVG 20 / FN 17 / FG 9 / NC 1 / AEI 1 / six autres 0
PS 49 / UMP 31 / FN 20
DVG 50 / UMP 32 / FN 18
PS 55 / UMP 45 (avec un report FN 20-80 chez ceux qui s’expriment)
DVG 57 / UMP 43 (avec un report FN 22-78)
Codorniou serait donc distancé, sans grande surprise. Le FN serait là encore distancé au 1er tour et ne pourrait pas se maintenir.

IFOP 11e du Pas-de-Calais:
FN 37 (+3) / FG 25 (-4) / PS 21,5 (+3,5) / MoDem-UMP 13 (-3) / EE-LV 2,5 (=) / NPA 0,5 (+0,5) / div.écol. 0,5 (+0,5) / sept autres 0
FG 52 / FN 48
PS 57 / FN 43
Ce sondage pourrait accélérer la tendance au vote « utile » dans la circonscription la plus médiatisée de France: le raisonnable candidat socialiste est manifestement plus efficace face à Le Pen que le tonitruant Mélenchon. Je suis presque tenté de prolonger la tendance et de voir la circonscription acquise au PS. Encore un jour de réflexion… 😉

OpinionWay 2e du Rhône:
PS 35 / UMP 32 / EE-LV 9 / FG 8 / FN  5 / PR-MoDem 5 / DVD 3 / LO 1 / NPA 1 / DLR 1 / huit autres 0
PS 55 / UMP 45
Les reports vers le PS, l’UMP et l’abstention sont les suivants: 77/7/16 chez les électeurs EE-LV, 26/59/15 chez les électeurs PR-MoDem (décevant pour l’UMP), 10/54/36 chez les électeurs FN.
IPSOS 2e du Rhône:
PS 34 / UMP 27 / FG 10 / DVD 9 / EE-LV 7 / FN 5 / PR 1 / LO 1 / NPA 1 / MPF 1 / autres 4
PS 56 / UMP 44
On voit ici que les sondages locaux sont quand même assez divergents, en particulier en ce qui concerne les petits candidats et donc aussi leur ordre d’arrivée et l’éventuelle qualification au 2nd tour de candidats moyens. 

Il y a aussi les gains ou les progrès pour la gauche, que la droite ne paraît pas en mesure ou qu’il lui sera difficile de contrecarrer:

IFOP 1e des Pyrénées-Orientales:
UMP 29,5 / FN 23 / PS 20 / FG 18 / MoDem 3 / EE-LV 2,5 / NPA 1 / PF 0,5 / LO 0,5 / AEI 0,5 / GE 0,5 / PRG 0,5 / SE 0,5 / trois autres 0
FG 40 / UMP 36 / FN 24
PS 41 / UMP 35 / FN 24
Voilà une vraie manipulation médiatique et/ou sondagière: car « on » conclut à un avantage pour la gauche… ! Or, avec ces résultats de 1er tour et l’abstention habituelle à Perpignan, ni le PS, ni le FG ne seraient au 2nd tour ! Et c’est l’UMP qui battrait évidemment Louis Aliot, dont la capacité de nuisance est, sinon, très forte à l’égard de l’UMP (c’était d’ailleurs le sens de mon pronostic dans cette circonscription, que je maintiendrai évidemment !).
L’hypothèse n’est même pas envisagée, ni celle d’un duel UMP-gauche, car, même à 23, le FN n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise pour lui, si un candidat de gauche le dépasse.
C’est un réel scandale car, localement, l’Indépendant est évidemment très lu et ce sondage arrive trop tard pour être contrecarré dans l’effet possible sur les électeurs…

LH2-DOM 4e de la Réunion:
Impossible d’avoir mieux qu’un score de 54 pour le PS dès le 1er tour.
LH2-DOM 5e de la Réunion:
Simplement un PS à 39, un NC à 22 et un PCR à 20.
En fait, il existe aussi des sondages LH2 dans les 6e et 7e, mais sans que je réussisse à en récupérer le détail, LH2 semblant avoir un mode de fonctionnement colonial, qui empêche de savoir ce qui se passe depuis la métropole 😛

IFOP 1e de l’Aveyron:
UMP 40,5 / PS 25,5 / PRG 13 / FN 9 / FG 8,5 / EE-LV 3 / AEI 0,5 / LO 0
UMP 50,5 / PS 49,5
Les reports seraient de 87-13 chez les électeurs FN s’exprimant, de 16-84 chez les électeurs PRG (un peu décevant pour le PS) et de 17-83 chez les électeurs EE-LV.
Comme prévu, ce sera très dur pour l’UMP Yves Censi, même s’il semble pouvoir résister. Globalement, l’Aveyron pourrait continuer d’envoyer deux députés de droite, mais à chaque fois dans un mouchoir de poche. Comme l’Yonne, la Lozère, la Meuse, le Jura, le Lot-et-Garonne, voilà un département rural qui n’intéresse pas beaucoup de monde, mais qu’il faudra bien suivre les 10 et 17 juin, car c’est aussi là que le PS va bâtir -ou non- sa majorité absolue.

OpinionWay 1e du Rhône:
EE-LV 24 / PRG 21 / UMP 30 / FN 9 / FG 8 / MoDem 3 / PCD 2 / LO 1 / DLR 1 / AEI 0,5 / Cap21 0,5 / trois autres 0
EE-LV 52 / UMP 48 (les PRG se reportent alors à 72/12/15 vers Meirieu, l’UMP et l’abstention; les FN se reportent à 18/66/16)
PRG 54 / UMP 46 (reports EE-LV 78/9/13 et reports FN 20/51/23)
Comme c’est une excellente idée d’avoir sondé cette circonscription, ne critiquons pas trop, mais, quand même, envisager une triangulaire (étant donné la virulence du combat Meirieu/Collomb par Braillard interposé) aurait été subtil, avec une petite chance pour le PRG d’éviter une victoire par défaut de l’UMP.
Quoi qu’il en soit, je me doutais qu’il serait difficile à Collomb de combattre le boboïsme de 2e génération… Mais tout espoir n’est pas perdu pour Braillard… Si seulement les électeurs de droite comprenaient l’enjeu et la nécessité d’un vote utile… 😉
IPSOS 1e du Rhône:
EE-LV 22 / PRG 20 / UMP 33 / FN 10 / FG 8 / MoDem 3 / autres 4
EE-LV 53 / UMP 47
PRG 53 / UMP 47
Les divergences entre sondeurs sont moindres que sur la 2e du Rhône, alors que la situation est moins classique. Tout cela doit renforcer notre prudence à l’égard des sondages locaux, même si le foisonnement actuel est tout à fait « excitant »…

Il y a aussi les victoires de la droite qui sont autant de non-événements:

OpinionWay 3e des Alpes-Maritimes:
NC-UMP 40 / PS 22 / FN 18 / FG 6 / EXD 4 / MoDem 2 / LO 1 / AEI 1 / DLR 1 / PCD 1 / EXG 1 / PRG 1 / RPF 1 / divers 1 / trois autres 0
UMP 62 / PS 38 (avec un report du FN à 0/44/56 si l’on garde l’ordre de la présidentielle) ou, en cas de triangulaire, UMP 47 / PS 34 / FN 19

OpinionWay 7e du Var:
UMP 40 / MRC-PS 22 / FN 15 / FG 8 / DVD 6 / div.écol. 2 /AEI 1 / AC 1 / DVD 1 / NPA 1 / DLR 1 / EXD 1 / div.écol. 1 / deux autres 0
UMP 49 / MRC-PS 34 / FN 17
UMP 62 / MRC-PS 38 (avec alors un report FN à 13/56/31, quelconque pour l’UMP, et un report DVD 7/64/29 plutôt décevant)

Il y a également les victoires plus délicates pour l’UMP, qui assure toutefois l’essentiel:

OpinionWay 6e de Seine-et-Marne:
UMP 42 / EE-LV-PS 29 / FN 16 / FG 8 / MoDem 2 / AEI 2 / DLR 1 / deux autres 0
UMP 55 / EE-LV-PS 45 ou, en cas de triangulaire, UMP 46 / PS 40 / FN 14
Même s’il est moins écrasant que dans le sondage BVA, Copé n’est donc pas particulièrement menacé.
En cas de duel, relevons que le report du FN est mauvais pour Copé: 17/31/52 si l’on garde l’ordre de la présidentielle. Un syndrôme Chirac-Juppé ? Un effet des attques ciblées d’Arnautu ?La volonté de couper la tête de l’UMP ?

OpinionWay 2e des Alpes-Maritimes:
UMP 40 / EE-LV-PS 34 / FN 18 / FG 4 / LO 1 / PRG 1 / AEI 1 / divers 1 / NPA 0
UMP 55 / EE-LV-PS 45 mais, en cas de triangulaire, EE-LV-PS 42 / UMP 41 / FN 17
Certes, la circonscription est la moins facile des Alpes-Maritimes et Ginésy est usé, mais c’est une petite surprise de voir que l’hypothèse d’une triangulaire lui est aussi défavorable (d’autant qu’en cas de duel gauche-droite, les reports FN sont bons pour la droite: 12/69/19). Néanmoins, cette hypothsèe reste peu probable, ce qui devrait sauver l’UMP, sur le fil.

Je ne reprends pas les conclusions générales de mon précédent article: elles n’ont pas évolué.
Si j’en ai le temps et le courage, ce qui est peu probable, je réaliserai un petit graphique des intentions nationales. Je veillerai surtout à actualsier ma carte des pronostics avant 1er tour.

Derniers sondages IPSOS, LH2, BVA (circo), OpinionWay (circo) et IFOP (circo) pour les législatives: stabilité, surprises seulement à la marge et pronostics maintenus

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France
1-2 juin 2012
échantillon: 894 inscrits sur un total de 971
(évolution par rapport à la dernière livraison du même institut)

EXG 1,5 (=)
FG 7 (-1)
PS+PRG+MRC+DVG 32,5 (+1,5)
EE-LV 6 (=)
(soit PS+PRG+EE-LV 38,5)
MoDem 3 (+1)
UMP+NC+PR+DVD 34 (-1)
FN 14 (-1)
Divers 2 (+0,5)

LH2
Le Nouvel Observateur

1-2 juin 2012
échantillon: 960

LO 0,5
NPA 1
FG 8
PS 30
PRG+DVG 1,5
(soit PS+PRG+DVG 31,5)
EE-LV 5
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 5
NC 1
UMP 30,5
DVD 3
(soit UMP+NC+DVD 34,5)
FN+EXD 14,5

1. Pour la première fois, nous avons également droit à une projection en sièges, de la part d’IPSOS. Et comme à chaque élection législative, celle-ci n’a aucun sens, car les fourchettes sont trop larges et les instituts ne peuvent s’empêcher d’affecter des sièges aux petites formations en fonction des intentions de vote nationales, qui n’ont rien à voir avec leur implantation locale.

FG 21-23 (admettons)
PS-DVG 249-291 (avec cette ampleur, tout est possible…)
PRG 14-16 (correct)
EE-LV 17-23 (nettement surévalué)
UMP 209-255 (c’est justement sur le PS et l’UMP que l’on attend un peu d’engagement et de précision des sondeurs et ils nous donnent 50 sièges d’écart: de tels rpojections auraient déjà pu être faites il y a 6 mois au moins…)
NC 9-14 (un tel écart sur un si faible nombre de sièges est inacceptable)
PR 2-5 (un peu juste, quand même)
MoDem 0-3 (voilà ce qui s’appelle ne pas se mouiller…)
FN 0-3 (le détail en serait intéressant…)

Ce qui donne des totaux gauche de 303-357 et droite de 220-274, avec une participation estimée à 61%. Voilà bien la seule information un peu intéressante: IPSOS évalue la participation probable à environ 59 à 62%, ce qui paraît crédible.

2. Les sondages par circonscription sont plus intéressants et me confortent dans mes pronostics, même si les résultats chez les Français de l’étranger sont nettement plus favorables à la gauche que tout le monde le prévoyait, moi compris, malgré, déjà, quelques audaces… Mais la faible participation, la force du boboisme, le rejet des candidats « métropolitains », la division de la droite ont manifestement assuré le succès des socialistes et des Verts. J’actualiserai mes pronostics en tenant compte de ces premeirs vrais résultats. En Polynésie, 3 divers droite restent favoris, conformément à mon pronostic.

Réjouissons-nous de tous ces sondages locaux. Je n’ai pas souvenir d’en avoir vu autant en 2007, mais peut-être me trompé-je. Dommage en revanche que la majorité soient dans des circonscriptions en réalité aisées à prévoir. Allez sonder Santini, Devedjian, Morano ou Boyer, allez sonder la Loire, l’Yonne, la Meuse ou le Morbihan, allez sonder Borgel, Hammadi/Brard ou Braillard/Meirieu !
Rien n’est parfait en ce monde…

Parmi les circonscriptions sondées, il y a les confirmations pour la gauche:

IFOP 2e de la Gironde:
UMP 38 / PS 37 / FG 8 / EE-LV 7 / FN 6,5 / NPA 1 / MEI 1 / LO 0,5 / deux divers 0
PS 55 / UMP 45
Pas de surprise dans l’ancienne circonscription de Juppé, où la ministre déléguée Delaunay, pourtant pas très brillante politicienne, devrait être réélue. C’est presque étonnant que la « jeune pousse » de l’UMP ne fasse pas encore moins. Mais il est vrai que, théoriquement, nous sommes là au coeur conservateur de Bordeaux… la vague bobo verte-rose frappe partout…

IPSOS 2e de la Réunion:
DVG (ex-PCR) 67,5 / PCR 12 / PS 7 / DVD 5 / EE-LV 3,5 / FG 2 / FN 1,5 / DLR 1 / LO 0,5 / trois divers 0
Pas de sondage de 2e tour. Huguette Bello a bien fait de quitter le PCR… Elle va vers un score stalinien…

Il y a aussi les gains ou les progrès pour la gauche, que la droite ne paraît pas en mesure ou qu’il lui sera difficile de contrecarrer:

IFOP 5e des Bouches-du-Rhône:
UMP 36 / PS 34 / FN 13,5 / FG 8,5 / EE-LV 3,5 / MoDem 2,5 / DVG 1 / NPA 0,5 / POI 0,5 / sept divers 0
PS 52 / UMP 48
Comme je le pense, Carlotti devrait battre Muselier. Certes, ce sera difficile et nous sommes largement dans la marge d’erreur, mais la tendance est là. Il est intéressant de noter qu’au 2e tour, les électeurs FN s’exprimant (seule donnée disponible) se répartissent 17-83 en faveur de l’UMP: nous sommes bien dans le Sud-Est, pas dans le Nord-Est…

IFOP 2e des Hauts-de-Seine:
PS 36 / UMP 26 / PR-MoDem-NC 19 / FN 5 / FG 5 / EE-LV 3,5 / DLR 1 / DVD 0,5 / NPA 0,5 / AEI 0,5 / trois divers 0
PS 54 / UMP 46 ou, en cas de triangulaire, PS 48 / UMP 34 / PR 18
Pas de surprise non plus ici: Rama Yade échouera, mais elle devrait entraîner dans sa chute Aeschlimann, dans une circonscription difficile, avec un « bon petit soldat » du sarkozysme, symbole des méthodes pas toujours orthodoxes des Hauts-de-Seine…

IPSOS 1e de la Réunion:
PS 38 / MoDem 22 / UMP 20 / EE-LV 5,5 / PCR 4 / DVG 3,5 / DVD 3,5 / FN 2,5 / FG 1 / deux divers 0
Pas de sondage de 2e tour, mais le PS a une bonne dynamique. Comme ailleurs sur l’île, le PCR s’effondre et l’UMP est mal en point. On ne peut pas dire que ce soit la fin d’un système, car les candidats étiquetés MoDem sont les représentants d’une partie de ce système et le PS lui-même a ses propres barons…

IPSOS 3e de la Réunion:
PS 43 / MoDem 30 / DVD 16 / PCR 5 / FN 2,5 / EE-LV 2 / FG 1 / rég. 0,5
Pas de sondage de 2e tour, mais le PS a une excellente dynamique. Je suis surpris par le fait que le vieux Thien Ah Koon parvienne encore à faire 30% et à se retrouver au second tour: je pensais que le DVD, maire du Tampon, quand même, parviendrait à le devancer: voilà un pronostic qui mérite une actualsiation avant le 10 juin 😉
Cela signifierait que la gauche, toutes tendances confondues, pourrait faire le grand chelem dans l’île.

IFOP 2e des Pyrénées-Orientales:
PS 31 / UMP 28 / FN 20 / FG 7 / MoDem 5,5 / EE-LV 3 / SE 1,5 / divers 1,5 / NPA 1 / LO 0,5 / AEI 0,5 / divers 0,5
PS 50 / UMP 50 ou, en cas de triangulaire, PS 42,5 / UMP 36,5 / FN 21
Dans mes pronostics, j’ai fait le pari d’une triangulaire, ce qui condamne l’UMP. Mais, avec une forte abstention et un effritement national du FN, rien n’est assuré.
En cas de duel, l’électorat FN qui s’exprime se ventile 29-71, l’électorat EE-LV 68-32 et l’électorat MoDem 41-59.

IFOP 2e des Pyrénées-Atlantiques:
PS 32 (+1) / MoDem 30 (+1) / UMP 19 (-4) / FN 8,5 (+1,5) / FG 6 (-0,5) / EE-LV 3 (+0,5) / NPA 1 (+0,5) / DLR 0,5 (=) / trois divers 0 (=)
Bayrou est l’objet de toutes les attentions… Déjà trois sondages dans sa circo, dont deux de l’IFOP… L’UMP régresse et pourrait bien être éliminée du 2nd tour. Mais les Pyrénées-Atlantiques sont un département plutôt « civique » avec une bonne participation: à 19%, c’est encore faisable, surtout avec l’agitation médiatique qui va mobiliser nettement dans cette circo, je pense… Bayrou n’est « pas encore mort » comme le disent élégamment certains titres de journaux, mais ce sera difficile. En tous les cas, encore une preuve de la progression du PS (qui ne peut qu’inquiéter MAM non loin de là).
En cas de duel, les électeurs UMP qui s’expriment rejoignent Bayrou à 70% et la candidate PS à 30%.

Il y a aussi les victoires de la droite qui sont autant de non-événements:

OpinionWay 4e des Alpes-Maritimes:
UMP 37 / FN 22 / PS 18 / FG 12 / DVD 7 / LO 1 / AEI 1 / DLR 1 / divers 1 / un divers 0
UMP 70 / FN 30 ou, en cas de triangulaire, UMP 48 / PS 30 / FN 22
Un duel UMP-FN est ici probable et au résultat connu d’avance. A noter qu’en cas d’un tel duel, l’électorat FG se reporte « seulement » à 27% sur l’UMP et à 2% sur le FN, 71% s’abstenant; l’électorat PS à 51%, 3% et 46% respectivement.

OpinionWay 3e du Var:
UMP 43 / FN 23 / PRG 22 / FG 4 / AEI 3 / AC 2 / PCD 2 / EXG 0,5 / DVG 0,5 / un divers 0
UMP 47 / PRG 29 / FN 24
Le sondeur est même généreux de ne pas envisager seulement un duel UMP-FN… Mais, dans tous les cas de figure, il n’y a pas de suspense ici, Gollnisch ou pas !

Il y a également les victoires plus délicates pour l’UMP, qui assure toutefois l’essentiel:

BVA 6e de Seine-et-Marne:
UMP 47 / PS 26 / FN 14 / FG 8,5 / MoDem 3 / AEI 1 / DLR 0,5 / deux divers 0
UMP 60 / PS 40 ou, en cas de triangulaire, UMP 48 / PS 38 / FN 14
Copé n’est donc pas menacé et le FN, comme prévu, n’est pas en mesure de troubler le jeu en Ile-de-France, où il est peu brillant, sauf peut-être aux marges rurbaines et rurales. Cette circonscription ayant été redécoupée favorablement et Copé étant très bien implanté, il y a ici peu de surprises et le pronostic, quoi qu’en disent tous les médias en mal de suspense, est assez sûr.
Notons les reports intéressants, entre PS, UMP et abstention, parmi les électorats FN (19-55-26, assez conformes à la rpésidentielle), MoDem (54-35-11, plus favorables à la gauche, mais nous sommes en Ile-de-France et c’est Copé…) et FG (89-8-3, as usual).

OpinionWay 2e de l’Aisne:
UMP 41 / PS 30 / FN 17 / FG 6 / MoDem 2 / LO 1 / MEI 1 / POI 1 / DVG 1 deux divers 0
UMP 52 / PS 48 ou, en cas de triangulaire, UMP 44 / PS 38 / FN 18
Xavier Bertrand en serait presque à souhaiter une triangulaire ! Mais, ici, l’électorat FN est plus populaire et, soit s’abstient, soit vote moins à droite: les reports, en cas de duel, ne sont que de 17-35-48. On retrouve globalement l’efficacité locale de Bertrand auprès de son électorat, mais son incapacité à élargir et rassembler.
La circonscription est difficile, c’est certain, mais il devrait s’en sortir et je suis content que mon pronostic soit ici conforté.

Il y a enfin la seule vraie surprise et elle est de nouveau… corse. Décidément, tout va à l’envers en Corse cette année: le PRG menacé à Bastia, Renucci en difficulté et maintenant Rocca-Serra… Mettons provisoirement cela sur le compte de la difficulté de sonder… Remarquons aussi une grande porosité d’électorats entre FN et nationalistes.

IFOP 2e de Corse-du-Sud:
UMP 33 / nationaliste 20 / PRG 18 / FG 14 / FN 11 / nationaliste 3,5 / divers 0,5 / un divers 0
UMP 50 / nationaliste 50 ou, en cas de triangulaire, UMP 38 / nationaliste 31 / PRG 31
Encore un élu UMP qui va souhaiter une triangulaire… pourtant très peu probable si les chiffres du 1er tour sont juste, puisque la Corse s’abstient beaucoup et qu’il faudrait nettement plus de 18% au PRG pour se maintenir. La victoire d’un nationaliste, même modéré, ferait ici sensation. En cas de duel le report de l’électorat FN se fait à 70% sur le nationaliste et à 30% seulement sur l’UMP (parmi ceux qui s’expriment, seule donnée disponible).

Je ne reprends pas à mon compte le sondage CSA réalisé pour le compte de l’association de soutien de Thierry Solère, le dissident anti-Guéant, dans la 9e des Hauts-de-Seine. Comme aux Etats-Unis, ce type de sondage, souvent biaisé (on ne connaît pas les questions, notamment…), ne sert qu’à alimenter une campagne. Il donne l’UMP à 29 seulement au premier tour, le DVD à 24 et le PS à 23. Au second tour, ce serait DVD 55 / UMP 45 ou UMP 58 / PS 42 ou UMP 37 / PS 32 / DVD 31. Bref, Solère tente un coup « à la Bayrou »…
Autant je pense que Guaino sera en vraie difficulté, autant Guéant me semble à peu près tranquille. Mais les campagnes sont là pour inverser les tendances, c’est certain.

Au total, nous nous acheminons donc bien vers une victoire assez ample du PS. De ce point de vue, les circonscriptions « canaris » du jour sont bien celles de Carlotti-Muselier, de Bertrand et la 2e des Pyrénées-Orientales. L’outre-mer et l’étranger montrent que la droite part avec un handicap important avant même d’aborder la métropole. Pour le compenser, l’UMP doit compter sur un FN effrité. C’est bien le cas dans les sondages nationaux, mais l’effritement est-il le même partout ? La 2e des Pyrénées-Orientales constitue un point de bascule: à 20%, le FN est exactement au seuil de la qualification… Avec Le Pen, le 22 avril dernier, le FN s’était « nationalisé » (avait progressé aussi dans la moitié Ouest) et s’était ruralisé et, à part l’Ile-de-France et les très grandes villes, avait progressé fortement partout. Aux législatives, sa rétractation pourrait se faire davantage à l’Ouest et moins dans ses zones de force traditionnelles, à la fois plus résistantes et labourées par des candidats qui se sont désormais « fait un nom ». Or, c’est bien dans celles-là que l’UMP est la plus fragile. La 2e des P.-O. montre également que, même sans le FN, ces circonscriptions serrées sont loin d’être acquises, particulièrement dans les départements dont la tradition de gauche subsiste (Gard, Hérault, P.-O., au contraire du Var ou du Vaucluse, très droitisés désormais).

En fin de compte, la capacité de nuisance du FN sera quand même réduite, par rapport aux ridicules centaines évoquées dans les médias lors de la présidentielle, mais elle pourrait quasiment atteindre le niveau de 1997 et sera réelle, de manière ciblée, dans les départements déjà pointés, souvent anciennement de gauche (Aisne, Oise, Gard, Hérault, Meurthe-et-Moselle) ou de droite de plus en plus mal assurée (Moselle, Loire).

Je maintiens donc mon pronostic initial d’une majorité absolue à lui seul pour le PS (avec ses dissidents et les divers gauche habitués à le suivre, bien entendu), même s’il sera peut-être dépendant du PRG. En tous les cas, il pourra probablement s’exonérer du FG et d’EE-LV, contrairement à ce que nous serinent les médias et les sondeurs dans leurs commentaires.

L’UMP va pouvoir se consacrer pleinement à sa guerre interne… Nous y reviendrons, avec le dernier sondage BVA et les positionnements « intéressants » de Juppé et Copé, dans un jeu qui paraît se compliquer et n’est pas aussi clair qu’un Copé triomphant chez les militants ou un Fillon très populaire dans le pays.

Dommage que les choses semblent se calmer au PS, où Aubry paraît réellement sur le départ et où Delanoë prépare ses vieux jours, en jouant probablement un remplacement d’une Taubira gaffeuse et/ou incontrôlable, voire d’une Duflot trop bavarde. Une bataille Désir/Rebsamen/Cambadélis/Gorce n’aura pas des conséquences si fratricides qu’elles soient insurmontables, car une victoire de Désir (le scénario le plus probable à ce jour) ne serait pas une défaite de Hollande, tandis qu’une victoire de Rebsamen ne ferait qu’entériner la prééminence présidentielle, alors qu’Aubry s’efface (temporairement ?), que Fabius ronronne avec son nouveau et probablement ultime jouet et que le tour de Delanoë semble être passé.

Derniers sondages CSA, BVA et IFOP (circo) pour les législatives: des situations locales qui semblent confirmer une majorité plus proche du scénario 2007 que du scénario 1997

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
29-30 mai 2012
échantillon: 852 inscrits sur un total de 1006
(évolution par rapport à la précédente livraison du même institut)

LO 1 (=)
NPA 0 (-0,5)
FG 10 (=)
PS 30 (-2)
EE-LV 5 (+1)
(soit PS+EE-LV 35 (-1))
MoDem 3 (-1)
UMP 31,5 (-1,5)
DLR 0,5 (=)
FN 14 (+2)
autre 5 (+2)

BVA
Orange, RTL, presse régionale
30-31 mai 2012
échantillon: 1139 inscrits sur un total de 1169
(évolution par rapport à la précédente livraison du même institut)

LO 0,5 (+0,5)
NPA 0,5 (=)
FG 9 (-1,5)
PS-PRG 33 (+3)
EE-LV 4 (-0,5)
(soit PS+PRG+EE-LV 37 (+2,5))
MoDem 4,5 (-0,5)
UMP 32 (-0,5)
DLR 0,5 (-0,5)
FN 16 (=)

1. Ces sondages ne nous apportent que peu de nouveautés, même s’il y a des variations importantes, mais par rapport à des sondages réalisés aussi anciennement que le jour du 2nd tour de la présidentielle pour CSA. Et puis, c’est CSA, qui nous a habitués à un certaine erratisme.

CSA voit le FG un peu plus haut que les autres sondeurs et se « rattrape » un peu sur le FN, qu’il voyait plus bas. Globalement, la situation est celle d’une victoire « tranquille » ou « normale » pour la gauche. Les évolutions sont quasi-contraires entre CSA et BVA, mais les scores sont proches. Le fait pour BVA de ne pas offrir de rubrique « autre » induit évidemment des écarts non complètement négligeables.

Une variable qui peut permettre à la droite de « limiter la casse » et notamment de contenir le FN, ce sont les « enjeux locaux » et les « personnalités » en lice, facteur quand même dominant pour 35% des répondants selon CSA (contre 56% souhaitant voter « pour choisir la future majorité »). Les deux facteurs sont équilibrés chez les anciens électeurs de Le Pen (41-41) et de Bayrou (49-49). Chez BVA, la répartition entre priorité aux enjeux nationaux et priorité aux enjeux locaux est de 76/22.

Toujours est-il que les sondagiers et les médias ne cessent de nous répéter que la gauche est gagnante, mais sans vague rose ni majorité absolue pour le PS seul.
Et pourtant, on ne nous donne pas systématiquement une estimation de l’abstention: si elle est similaire à 2007, il faut près de 21% des exprimés pour se maintenir au second tour; si elle est similaire à 1997, un peu moins de 18,5%. La différence est évidemment importante et déterminera le nombre de triangulaires. Je pense que nous pouvons tabler sur une abstention d’environ 38% et donc sur un minimum de 20% des exprimés pour se maintenir.
En outre, nos grands analystes oublient les multiples candidats dissidents du PS et vrais divers gauche, qui s’apparenteront au groupe socialiste après l’élection, voire regagneront ses rangs discrètement, et suffiront à franchir les 289.
Enfin, les chiffres bruts nationaux, avec toutes leurs limites (beaucoup d’électeurs prennent en compte les facteurs locaux et personnels), sont plus proches d’une majorité de type 2007 que de type 1997.

Les sondages par circonscription, dont l’IFOP se fait maintenant une spécialité, nous montrent une situation contrastée, mais probablement sans grande surprise sur une victoire suffisante du PS et de ses supplétifs immédiats (Bayrou n’est qu’un supplétif lent et de second rang :P).

Ces sondages sont également à prendre avec des pincettes énormes, car:
– leur échantillon reste plus limité qu’à l’accoutumée (environ 600 sur le continent et 500 en Corse);
– la constitution de l’échantillon, en si peu de temps et sur un territoire limité, ne peut être totalement fiable et peut présenter des écarts importants par rapport à la réalité sociologique de chaque circonscription;
– les électeurs connaissent parfois leur candidat de vue, lisent davantage les professions de foi qu’à la présidentielle et, interrogés dans le cadre d’un sondage, ne sont pas forcément en mesure d’identifier leur vote final réel; ils peuvent donc avoir tendance à se porter sur le candidat idéologiquement le plus proche;
– la dynamique nationale de campagne et, surtout, les niveaux relatifs de mobilisation produisent un effet de manière marginale, subsidiaire, mais qui peut faire basculer une situation, tant au premier qu’au second tour.

Il y a d’abord les circonscriptions sans surprise, avec une situation solide du PS et de ses alliés, confirmant leur implantation là où ils sont sortants et progressant dans les circonscriptions « à bascule »:

– dans la 3e des Pyrénées-Orientales:
PS 32 / UMP 30 / FN 19 (probablement insuffisant dans un département où l’on s’abstient beaucoup) / FG 12 / EE-LV 4 / NPA 1 / MRC 1 / SE 1 / trois divers 0
PS 54 / UMP 46 ou, en cas de triangulaire, PS 49 / UMP 32 / FN 19
Aucune surprise donc, mais une information, malheureusement partielle, sur les reports en cas de duel: les électeurs du FN se reportent à 18/82 (mais, vous l’avez compris, on ne sait pas combien s’abstiennent…), ceux du FG à 97/3 et ceux d’EE-LV à 68/32 (ce qui est un moyen pour un PS conquérant).

– dans la 4e des Pyrénées-Orientales:
PS 35 / UMP 28,5 / FN 19 / FG 14 / EE-LV 2,5 / AEI 0,5 / NPA 0,5 / cinq divers 0
PS 56 / UMP 44 ou, en cas de traingulaire, PS 50 / UMP 33 / FN 17
Les reports en cas de duel: depuis le FN, 26/74; depuis le FG 90/10.

– dans la 2e de Haute-Corse:
PRG 32 / UMP 30 / nationaliste 11 / FN 10 / nationaliste 9 / LO 0,5
PRG 54 / UMP 46.

– dans la 1e de Charente-Maritime:
PS 33 / DVG 26 / UMP 19,5 / FN 9 / EE-LV 4 / FG 3 / MoDem 3 / PR 2,5 (j’ai adopté cette horrible pratique des médias d’abréger le parti radical -valoisien- en PR, alors qu’il s’agissait du parti républicain et que le parti radical s’est toujours abrégé « Rad. »; mais autant faciliter la lecture)/ six divers 0
Ce sondage est extraordinaire à plus d’un titre:
le second tour n’a pas été testé, en tous les cas pas publié ! A-t-on eu peur de trouver Royal perdante face au dissident Falorni ? Est-elle en fait réellement menacée ?
il n’est pas sûr, vu ces chiffres, que l’UMP parvienne au second tour ! Imaginez la grande surprise, y compris des socialistes, qui seraient bien embêtés, car alors, les électeurs de gauche seraient « libres » de leurs mouvements ! Ce serait peut-être l’électorat UMP qui déciderait du sort de Royal: je doute qu’ils votent pour elle, alors qu’ils auraient intérêt à assurer qu’elle devienne présidente de l’Assemblée et qu’elle devienne une deuxième opposition interne au PS, après Aubry, et une opposition à « la Présidente » (la vraie ;D).
Toujours est-il que cette circonscription est évidemment loin d’échapper à la gauche…

Il y a également les circonscriptions, il faut l’admettre, qui atténuent le tableau positif pour le PS:

– dans la 1e de Corse-du-Sud:
UMP 32 / DVG 26 / nationaliste 13 / FN 11,5 / FG 9 / nationaliste 4,5 / PR 2 / GE-PRG 1 / SE 1 / un divers 0
UMP 51,5 / DVG 48,5
Le sortant Renucci serait donc battu. Il est vrai que la Corse-du-Sud a longtemps été à droite, avant de s’atténuer, mais de redevenir bleue et même plus que bleue aux élections nationales récemment. En outre, il faut constater que l’écart est faible et que la situation corse est toujours un peu difficile à estimer, notamment en raison du vote nationaliste et autonomiste, dont le report est difficile à saisir.

– dans la 1e de Haute-Corse:
UMP 32 / PRG 22,5 / nationaliste 21,5 (la Corse est extrêmement abstentionniste: il est douteux que ce soit suffisant pour se maintenir) / FG 10,5 / FN 9 / nationaliste 4 / SE 0,5 / un divers 0
UMP 54 / PRG 46 ou, en cas de triangulaire, UMP 38,5 / PRG 34,5 / nationaliste 27
Là, il faut bien reconnaître qu’une défaite du (petit-)fils Zuccarelli, même en duel, serait une surprise, même si elle confirmerait la droitisation de la Corse, même dans le nord.

Mais, si l’on considère que les contre-exemples sont corses et si l’on se souvient des autres sondages locaux, montrant des menaces pour Bayrou et NKM, une victoire de Le Foll, des victoires amples mais pas staliniennes de Fillon et Guéant, il me semble que le tableau est quand même là: le PS est parti pour accrocher la majorité absolue.

Je ne mets qu’un « bémol » (certes important): l’éventuelle correction entre les deux tours, par une remobilisation à droite ou par une démobilisation à gauche (ou les deux), en fonction des résultats de 1er tour.

Demain, je publierai ici ma carte de pronostics.

Géographie électorale simplifiée du 2e tour: les faiblesses structurelles de la droite, sous pression du FN, et l’avenir de la gauche, sans nécessité populaire

1. Comme pour le 1er tour, je ne reviendrai pas sur les cartes par niveaux et seuils de résultats, plus ou moins bien choisis, disponibles partout. J’avais d’ailleurs fourni une première carte la nuit de l’élection.

En revanche, j’ai confectionné rapidement quelques cartes répartissant en 6 blocs égaux tous les départements métropolitains (donc 6 groupes de 16 à chaque fois), afin de faire apparaître les zones de force (et de faiblesse) de chaque candidat. Cela permet de repérer plus facilement les évolutions géographiques et sociologiques des électorats des candidats (ou l’absence d’évolution). Je me contente de la maille départementale, mais je ne doute pas que les sites « World Elections », « Elections France » (deux blogs de l’excellent Gael L’Hermine, cités dans le blogroll ci-contre) et « Dave Leip’s Atlas Forum », produiront de belles cartes par circonscription législative, par canton, voire par commune.

Attention, n’interprétons pas les couleurs foncées ci-dessous comme indiquant forcément un niveau de votes élevé dans l’absolu, mais simplement comme une force relative, en comparaison du score national du candidat concerné. Mes catégories ont des limites évidentes, puisqu’il peut y avoir un écart significatif entre deux départements appartenant à la même catégorie ou faible entre deux départements appartenant à deux catégories différentes. Je le signalerai en tant que de besoin. Les conclusions restent robustes.

J’ai également confectionné des cartes répartissant en 6 blocs égaux les départements selon la progression ou la régression brute de chaque candidat de 2007 à 2012. La comparaison peut avoir plus de sens avec 1995 ou, bien entendu, avant, c’est-à-dire avec des élections gauche-droite « normales ». Mais je suis ici dans une optique de court terme et surtout davantage tournée vers l’avenir que dans l’analyse des séries longues. Plus le département est de couleur foncée, plus le candidat progresse ou moins il régresse.

2. En ce qui concerne Sarkozy, la carte du second tour, en comparaison d’un premier tour plus « classiquement de droite » (je renvoie à mon article correspondant sur le premier tour), retrouve une coloration lepéniste forte.

L’évolution d’un tour à l’autre est très proche de la carte de Le Pen, même si les zones populaires « de gauche » sont évidemment moins concernées (Pas-de-Calais, Aisne, Ardennes), tandis que Sarkozy progresse dans l’électorat de centre-droit traditionnel (Mayenne, Vendée).
En comparaison de 2007, le bilan est plus « équilibré ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La situation de 2012 n’est, en termes relatifs, pas foncièrement différente de celle de 2007, si ce n’est une légèrement meilleure résistance dans l’ouest du grand Bassin Parisien, alors que Cantal et Haute-Loire (et l’inexplicable Manche) connaissent une vraie décrue.

La variation 2007-2012, qu’il faut replacer dans un contexte de recul généralisé, nous montre toutefois que Sarkozy résiste dans les vieux bastions de droite, soit qu’ils lui restent fidèles à des niveaux corrects (Alsace-Moselle, Ain-Haute-Savoie, extrême Sud-Est), soit qu’il maîtrise la descente (Lorraine, Corse, voire est du Rhône), soit enfin qu’il ait de toute façon atteint un étiage (Nord-Ouest).

Mais toutes ces données montrent la dépendance de la droite à l’égard du FN. Celui-ci ne constitue nullement un réservoir de voix au-delà de l’électorat traditionnel de droite (ainsi que le montrent les résultats contrastés de la Picardie: l’électorat populaire-populaire ne va de toute façon pas vers Sarkozy; seul l’électorat populaire-boutiquier et rural y va, mais seulement éventuellement, pas de manière automatique). Il peut en revanche durement sanctionner la droite.

Enfin, une autre faiblesse vient de l’évolution catastrophique de l’Ile-de-France, qu’il s’agisse de Paris même, mais aussi de la banlieue ouest, tandis que les banlieues nord, sud et est se vident de la droite (la Seine-et-Marne connaît une évolution rapide: après avoir été longtemps une « anomalie » rurale et conservatrice en Ile-de-France, elle s’était urbanisée et lepénisée dans les années 80 et 90, tandis que, désormais, elle se « pavillonarise » et se teinte de rosepâle). Cette évolution est une vraie difficulté pour la droite, alors qu’il s’agit là de la région la plus peuplée et dont les bordures extérieures continuent de croître fortement. La perte complète de la Seine-Saint-Denis n’a jamais été un problème. L’éloignement, semble-t-il profond, de Paris, des Hauts-de-Seine, de l’Essonne, du Val-d’Oise et, en partie, de la Seine-et-Marne et des Yveline est beaucoup plus inquiétant.

Mais comment concilier l’électorat modéré de Bretagne, bobo de Paris ou Issy-les-Moulineaux, anti-immigrés de l’Oise, rural en difficulté de la Meuse, boutiquier du Vaucluse, parvenu du Var ou vieux bourgeois du Rhône ? C’est un peu la quadrature du cercle pour la droite.

3. Les cartes de Hollande présentent de bonnes nouvelles pour le PS, au-delà même de la progression générale de son score, visible dans la grande proximité des cartes socialistes de 2007 et 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-delà de cette similitude, l’évolution quinquennale montre évidemment le « localisme » à l’oeuvre en Limousin, Périgord, Auvergne, jusqu’au Larzac. Mais, comme cela avait pu être noté au 1er tour, la gauche revient dans le sud du triangle Le Havre-Dunkerque-Charleville-Mézières, qu’elle avait un peu déserté. Certes, cette région est en déclin, mais elle compte encore beaucoup de réservoir de voix. Surtout, la progresion est intéressante dans des régions plus dynamiques, de Paris jusqu’à la 4e couronne parisienne.

Plus localement, la progression dans la Manche, déjà avérée, mais accélérée, reste un mystère: le nucléaire, Cazeneuve, la lointaine influence de Caen et de Rennes, la droite ridiculement divisée ?

D’un tour à l’autre de 2012, aucune surprise: c’est, massivement, l’électorat mélenchono-communiste qui a accru la performance de Hollande (celui-ci ayant déjà capté tout ce qu’il pouvait en Corrèze dès le 1er tour…). Jusqu’aux particularités du Jura, du sud des Alpes, de la Meurthe-et-Moselle, c’est un fidèle décalque de la carte Mélenchon.

A une grosse exception près: les Pyrénées-Atlantiques où, manifestement, l’électorat bayrouïste a suivi son chef (probablement à contre-courant du reste du pays). Mais, depuis 2007, le phénomèn est clair: il ne s’agit pas seulement d’anciens électeurs de gauche déçus par Royal et égarés sur Bayrou; localement, ce dernier a bel et bien « recyclé » des électeurs de droite au profit de la gauche, de manière apparemment durable… Ce département traditionnellement conservateur se retrouve désormais plus « rose » que les places fortes historiques du socialisme mitterrandien qu’étaient les Landes et le Gers !

En restant dans le Sud-Ouest, le tassement socialiste autour de la vallée de la Garonne se confirme, coupant en deux la traditionnelle zone d’influence de la gauche, qui est maintenant plus concentrée sur le Massif Central et les Pyrénées. Tant que Toulouse reste acquise, cela ne pose pas de difficulté particulière pour la gauche, qui attire simplement moins les rurbains, les péri-urbains en difficulté, ceux qui sont en 2e ou 3e couronnes des grandes agglomérations de manière contrainte.

3. L’étude des abstentions montre une grande stabilité entre 2007 et 2012 et l’influence forte de tous les électeurs modestes du FN, qu’ils soient populaires ou ruraux: ce sont bien le Nord et le Nord-Est qui s’abstiennent massivement, en dehors des foyers traditionnels d’abstention: Corse, Charentes, Cher, banlieues nord-est de Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au premier tour, l’abstention était évidemment plus « classique » (Nord, Ardennes, Moselle), avec de vrais abstentionnistes récurrents et forte dans l’Ile-de-France « surbookée », dépolitisée, active, je-m’en-foutiste ou en week-end, comme on voudra… Au 2e tour, le phénomène se modifie et est évidemment fortement influencé, come on l’a vu, par la carte lepéniste, dans le Nord-Est et le Nord intérieurs.

4. La carte des blancs et nuls, qui ont certes progressé partout et ne présentent pas un écart national très ample, révèle cependant une caractéristique intéressante: le vote blanc est un vote rural bien plus qu’urbain. Dans les villes, si on refuse, si on s’oppose, on s’abstient (Ile-de-France, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Rhône, Nord, Bas-Rhin); dans les campagnes, on va déposer une enveloppe dans l’urne, même sans exprimer de suffrage, ce qui explique la faiblesse relative des blancs et nuls dans la plupart des départements urbains (Ile-de-France, Nord, Bas-Rhin, Rhône, Isère, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Gironde,…).

La carte ressemble ainsi à un « mix » du FN (Est intérieur, Pîcardie) et du PCF traditionnels (Berry, Bourbonnais, Nord ouvrier, Midi). La Corse reste, elle, une énigme de ce point de vue…

Tandis que la Bretagne se distingue par son intégration politique absolue au système: non seulement on vote, mais en plus on exprime un suffrage, comme si on trouvait l’offre politique tout à fait satisfaisante. Le Poitou et la Vendée peuvent être rangés dans la même catégorie, le cas de la Corrèze étant… particulier.

5. Ainsi, les faiblesses structurelles de la droite, affaiblie dans des régions dynamiques et dépendante des suffrages qui tendent à s’égarer sur le FN alors que le centre-droit voit sa géographie s’étioler, se confirment d’un tour à l’autre. La situation de l’Ile-de-France apparaît inquiétante.

Quel(s) leader(s) pourrai(en)t-il(s) lui permettre de se redresser ? Faut-il qu’elle régionalise son action ? Nous essaierons d’en discuter prochainement.