Géographie électorale du duel Fillon-Copé: « résistance » contre « raison » dans la mosaïque habituelle des élections internes ?

(MISE A JOUR LIMINAIRE DU 23 NOVEMBRE: étant donné les rebondissements quotidiens de la situation à l’UMP, je conseille à ceux qui sont à la recherche d’informations ou qui souhaitent poser des questions factuelles de se rendre directement dans les commentaires du présent article)

Voici de nouveau cette carte qui reste provisoire (merci à Yves-Marie Cann pour la compilation de tous les résultats épars ! voilà une preuve qu’Internet et même Twitter peuvent être utiles !):

 

1. Beaucoup de situations locales reçoivent bien entendu une explication relativement aisée:

– Les départements d’origine des candidats forment, comme d’habitude, leur meilleur score: Seine-et-Marne et Sarthe, avec des zones d’influence limitrophes (Orne, Mayenne, Maine-et-Loire; Oise et Seine-Saint-Denis en partie).

– Les départements encore sensibles aux orientations originelles des candidats ou à leurs filiations sont peu nombreux et se situent surtout du côté de l’ex-séguiniste Fillon: Vosges, Ariège, Nord-Ouest, voire Moselle du côté filloniste, mais aussi Corrèze, voire Gironde du côté de l’ex-chiraco-juppéiste Copé.
Les orientations idéologiques actuelles des candidats épousent en revanche facilement les sociologies de l’électorat: Languedoc-Roussillon et Provence pour Copé, Nord-Ouest et ouest francilien pour Fillon. Je ne m’étendrai pas sur cet élément le plus évident.

– De manière secondaire, les fiefs des autres membres des tickets ont suivi: Yvelines, Haute-Loire, Haute-Marne; les Alpes-Maritimes, trop « encombrées », faisant bien sûr exception.

Il y a ensuite l’influence des barons locaux qui, comme au PS, au PCF ou au FN, est très forte et explique largement le caractère de mosaïque des géographies électorales des scrutins internes. Une distinction entre départements peut être tracée:

– Les départements où le baron est réellement maître de ses troupes, quelle que soit leur sociologie: l’exemple le plus éclatant est la continuité géographique de deux départements fort similaires: Aube (Baroin) et Haute-Marne (Chatel), qui sont même inversés, d’une certaine manière, si l’on se basait sur la sociologie respective et si l’on devait accentuer les quelques petites différences (Haute-Marne plus rurale, Aube plus urbaine, voire très lointaine banlieue aux alentours de Nogent-sur-Seine); c’est d’autant plus frappant que, en 1999, la Haute-Marne était un des points forts du gaulliste social Fillon.
De même, la proximité et, malgré tout, la divergence de résultat entre Loiret et Eure-et-Loir est frappante.

Il y a donc les départements où les barons sont en accord avec la sociologie: Bouches-du-Rhône ou Nord côté copéiste, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Savoie ou Yvelines côté filloniste.
Il y a les départements où les barons peuvent prévaloir sur la sociologie: les Alpes-Maritimes sont un exemple frappant; le Territoire-de-Belfort est lui aussi une grande surprise… tout à fait logique de ce point de vue: Meslot soutenait Bertrand et donc Fillon et ce département de tendance « droite pop » a suivi. Longuet a probablement fait basculer la Meuse et Barèges le Tarn-et-Garonne.
Evidemment, l’influence de Bertrand dans l’Aisne, voire dans les Ardennes ou la Somme, a été décisive dans des départements plutôt de droite dure. De même, l’influence de Raffarin suffit à faire basculer la Vienne et même toute la région Poitou-Charentes. Peltier a probablement gagné l’Indre-et-Loire à Copé et Fromion le Cher.

– Les départements où le baron ne peut aller contre la sociologie: Hubert Falco et beaucoup d’autres élus varois n’ont ainsi pas pu empêcher que le Var ne reste, logiquement, copéiste, même si de peu; d’une certaine manière, l’appareil sarkozo-balkanyste n’a pu empêcher les Haut-de-Seine des cadres supérieurs et retraités aisés de soutenir majoritairement Fillon.

– Les départements où la concurrence de barons se résout à l’avantage du plus important ou de celui ayant un « rayonnement » plus large: les Alpes-Maritimes (Estrosi, appuyé sur Ciotti et Léonetti, prévalant sur Tabarot ou Luca), les Côtes-d’Armor (Le Fur contre Cadec) ou la Charente-Maritime (Bussereau étant battu par le lointain Raffarin et par Quentin) illustrent bien ce cas de figure. A Paris, c’est Fillon lui-même qui a pu emporter la décision (appuyé sur des troupes quand même nombreuses: Goujon, Legaret, Lamour, Debré, Lellouche,.., et une sociologie favorable), face aux seconds couteaux Goasguen, Dati, Lecoq ou Küster.
La concurrence peut aussi être tranchée par la sociologie: dans l’Oise, la division a été forte, entre les Dassault et Courtial d’un côté, Woerth et Cayeux de l’autre, mais la sociologie a prévalu; la Manche offre un exemple similaire, même si le résultat est inverse.

2. Il y a cependant de vraies surprises, plus ou moins difficiles à anticiper: le Pas-de-Calais, la Moselle ou la Drôme pour Fillon, les Hautes-Pyrénées, les Landes ou le Bas-Rhin pour Copé, par exemple.

Le chiraquisme et le sarkozysme ne sont pas des facteurs explicatifs, ce qui est d’ailleurs fort intéressant en soi (le sarkozysme n’existe peut-être pas; attendons les scores des mouvements – encore que, beaucoup d’adhérents n’ont pas voté pour un mouvement !): les Alpes-Maritimes, la Marne, l’Aube ou les Hauts-de-Seine ne sont pas copéistes malgré leur sarkozysme et l’Alsace est divisée; en matière de terres chiraquiennes, l’écart est fort entre Cantal et Creuse d’un côté, Corrèze et Haute-Vienne de l’autre.
Cela tient au fait que les leaders s’effacent vite et au fait que Copé et Fillon ne sont pas, à titre personnel et hors du jeu médiatico-électoral de Copé, si éloignés fondamentalement l’un de l’autre.

Il faut donc chercher autre chose: il y a peut-être des éléments d’explication conjoncturels, d’autres plus profonds.

Conjoncturellement, la faiblesse de Fillon dans le Sud-Ouest, probablement une des plus grandes surprises, peut être liée au fait que sa campagne « perturbée » a principalement délaissé le quart sud-ouest; je comptais publier une carte des déplacements, mais je ne les ai pas recensés assez tôt; toutefois, il est clair que Fillon ne s’est pas attardé à l’ouest et au sud d’une ligne Arcachon-Tulle-Foix.

Plus fondamentalement, les forces relatives des autres partis de droite et du centre peuvent aboutir à des surprises, en ce que l’électorat UMP « résiduel » (en quelque sorte) se retrouve en décalage avec la sociologie globale de la droite dans le département concerné. La forte présence UDI dans le Loir-et-Cher ou la Côte d’Or a peut-être favorisé la victoire de Copé; de même, l’implantation croissante du FN a pu contribuer à pousser la Moselle du côté de Fillon, comme la persistance d’un villiérisme croupion en Vendée laisse une UMP un tantinet plus modérée. Mais, bien sûr, on peut trouver quantité de contre-exemples. Ce facteur explicatif est très local.

Peut-être que le critère majeur est finalement une combinaison entre passé et avenir, entre tradition politique et combats récents ou futurs: je veux dire par là que la culture politique locale doit être croisée avec la réalité de la situation électorale actuelle de la droite et des futures batailles politiques à mener afin de tenter de comprendre ces surprises.
Ainsi, la gauche est tellement forte dans le Gers, les Hautes-Pyrénées ou le Lot que les quelques adhérents UMP veulent surtout « cogner »; au surplus, ces terres totalement sécularisées et de tradition ruralo-boutiquière expliquent que la posture « populaire » de Copé ait pris. Plus largement, le succès de Copé dans le Sud-Ouest, mais aussi ses scores tout à fait honorables dans le Finistère, le Calvados ou les Deux-Sèvres, terres encore conservatrices naguère mais totalement « rosies » désormais, s’expliquent aussi par cette volonté de « résistance » dure face à la gauche.
A l’inverse, le Nord-Est intérieur, à la fois très conservateur et peu menacé par l’implantation de la gauche, se rallie davantage à Fillon que prévu. Et, bien logiquement, Vendée, Maine-et-Loire, Loiret, Hauts-de-Seine, Marne ou Haut-Rhin, sans trop de crainte d’une vague « rose », peuvent voter « raisonnablement » pour Fillon, tout en confirmant leur tradition de « modération ».
La différence entre Moselle et Meurthe-et-Moselle peut certes s’expliquer par l’action des barons (des baronnes, en l’occurrence !), mais peut aussi découler d’une situation de « résistance » (le grand mot de Copé, qui a sûrement fait mouche) plus ancienne en Meurthe-et-Moselle. La différence entre Côtes-d’Armor (depuis longtemps à gauche) et Morbihan également.

Même si le Lyonnais et les Savoies, notamment, perturbent un peu l’analyse, le trait le plus synthétique des deux candidats serait, de manière vraiment grossière, que Copé est fort dans les départements de gauche des années 70 et 80 et Fillon dans les départements de droite quasi-pompidolienne. Les experts de cartographie électorale sont els bienvenus 😉

Mais, après tout, le message de la différence entre « résistance » et reconquête d’un côté, « establishment » et barons de l’autre, tout simpliste qu’il soit, a probablement porté et Copé n’a fait qu’appliquer la vieille recette du (pseudo-)rebelle contre l’ordre établi. Ou la différence entre « démagogie » et posture d’un côté, responsabilité et « raison » de l’autre, si l’on se place d’un point de vue filloniste.

Il sera intéressant d’analyser les résultats des mouvements, afin de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses, en espérant que l’UMP veuille bien publier TOUS les résultats, département par département, y compris en outre-mer et à l’étranger…. Prions Sainte COCOE et surtout Saint Jean-François, qui ne va pas vouloir étaler le détail des turpitudes, peut-être…

Election à la présidence de l’UMP: victoire « à la Aubry » de Copé, renoncement « à la Séguin » de Fillon

LUNDI APRES-MIDI: En attendant une éventuelle conclusion de la COCOE, sûrement plutôt mardi voire mercredi (et peut-être pas du tout si le blocage est complet), le journaliste Yves-Marie Cann a effectué une totalisation à partir des données de la presse régionale: 171 803 votants, Fillon 50,03% et Copé 49,97%, soit 93 voix d’écart…Cela signifierait aussi une participation correcte (mais sans plus, à mon sens) au-dessus de 60%.

Par rapport à la carte publiée cette nuit, sont venus s’ajouter le Val-de-Marne et la Corse-du-Sud pour Copé, les Ardennes pour Fillon. Je publierai ce soir une carte actualisée et un commentaire rapide des « surprises » et des confirmations. Etant donné les résultats surprenants de Copé en Aquitaine et dans les Charentes, Juppé aurait pu faire basculer les choses. Il est quelque peu ironique de le retrouver aujourd’hui dans une position de médiateur ultime.

Notons simplement à ce stade que
Sarkozy, le FN, l’UDI, Hollande et le PS peuvent se réjouir (idéal pour le retour du sauveur Sarkozy; idéal pour élargir le pseudo-rassemblement bleu marine; idéal pour grappiller des élus et des cadres et densifier le réseau local de l’UDI et pour engranger de futurs électeurs modérés; idéal pour envisager un second tour Hollande-Le Pen; idéal pour minimiser les défaites européennes et locales du PS en 2014 et surtout 2015),
Fillon ne pourra être le candidat en 2017 que s’il y a des primaires ouvertes (ce qui signifie qu’il faut qu’il soit président aujourd’hui… car Copé ne semble pas clair sur ce point, ce qui serait scandaleux pour les adhérents et dangereux pour la droite, tant la légitimité du candidat socialiste a bénéficié des primaires ouvertes de 2011); sinon, il sera bloqué par Copé ou submergé par Sarkozy,
Copé serait lui-même affaibli et devrait se lancer dans un duel d’éclopés avec Sarkozy, finalement plus ouvert que prévu, pour peu que Sarkozy ne soit pas trop embêté par les juges,
– pour 2022, Copé s’est déjà créé de solides et profondes inimitiés (Wauquiez, Pécresse) ou des préventions extrêmement méfiantes (NKM, Le Maire, Apparu, voire Chatel lui-même qui a peut-être été surpris par ses collègues en copéisme… et qui sait qu’il pourra être « débarqué » à tout moment) sur sa capacité à imposer n’importe quoi et n’importe qui et à s’imposer tout court (Bertrand le savait déjà, mais je parle de 2022: lui sera déjà « out »),
– même s’il n’y a pas de résultats pour les mouvements, la Droite forte aura réussi le plus scandaleurs des coups marketing, en débarquant de nulle part et en gagnant uniquement sur un nom propre (Sarkozy), deux noms communs (sarkozysme, sarkozyste) et un adjectif (forte): ma foi, à l’heure d’une société googlisée, 4 mots-clefs, c’est déjà beaucoup ::( ; on appréciera aussi la capacité d’anticipation de Wauquiez, qui a désormais une assurance-vie en cas de défaite de Fillon, avec sa petite chapelle qui sera financée (enfin, si l’UMP n’est pas en redressement judiciaire d’ici 6 mois…); on appréciera l’habileté des Raffarin, Chatel et Daubresse qui auront détourné une partie des modérés vers Copé, tout cela pour continuer d’exister eux-mêmes ou se créer une future base pour l’avenir (Chatel)
– Juppé aurait mieux fait de concourir, il aurait rendu service à tout le monde et aurait très bien pu se retrouver faiseur de rois ou roi lui-même,
– l’idée d’une co-présidence paraît impossible, mais pourtant… elle vient d’être lancée par le président de la fédération du Pas-de-Calais et Juppé lui-même a appelé à être imaginatif (même si lui-même ne ferait le « bouche-trou » que quelques semaines au plus),
les discours cataclysmiques (malgré ma propre « dépression » politique avancée :P) doivent être relativisés, au regard du parcours socialiste entre 1990-94 et 1997 ou entre 2008 et 2010-12 ou au regard du parcours de la droite entre 1995-99 et 2002 ou entre 2004-06 et 2007; en outre, on ne crée pas un parti comme cela: n’oublions jamais les structures existantes (ne serait-ce que tous les locaux et les équipes, à Paris et dans tout le pays; les groupes parlementaires; les fichiers d’adhérents), mais surtout les financements publics… la scission reste toujours la moins probable des éventualités, même si elle n’est pas impossible;
et puis, les médias oublient vite, les Français oublient vite, tout le monde passe à autre chose en 5 minutes (l’état de grâce de Hollande a duré le temps des départs en vacances; Chirac devient populaire le temps d’une nuit en 2007; Hollande redevient presque présidentiel après quelques blagues à ses potes journalistes l’espace d’une fin d’après-midi; Sarkozy manque déjà aux éditeurs et aux patrons de presse; Audrey Pulvar… euh, bon, y faut bien rigoler un peu 😉 je suis un peu sur les nerfs depuis hier…).

Une belle carte un peu plus tard, donc.

NUIT DE LUNDI A MARDI: voilà, ce qui devait arriver arriva.

Tout le monde dit que c’est une lourde défaite pour Fillon. Je trouve plutôt, vu ce que j’écrivais en début d’année 2012, avant même la défaite de Sarkozy (à savoir qu’il n’y aurait aucun suspense et que Copé serait le nouveau chef de l’UMP), que Fillon s’en sort bien.
87388 (50,03%) contre 87290 (49,97%), soit 98 voix d’écart sur 174678 exprimés… il y a 50 personnes et un Juppé qui devraient mal dormir ce soir… 😛
La participation est difficile à calculer, car nous ne connaissons pas le corps électoral. Il est situé entre les 264137 adhérents à jour au 30 juin et les 300257 à jour au 26 octobre, soit, avec 176608 votants, de 58,8% à 66,9% de participation.

Mais il n’empêche que la vie politique est ainsi faite que Fillon est désormais « grillé » pour l’avenir. Sa déclaration à la manière de Séguin, principielle et ombrageuse, très personnelle voire solitaire, va lui faire perdre, progressivement, la plupart de ses soutiens:
– il y aura les fidèles qui quitteront peut-être l’UMP (Chartier ?),
– il y aura les ralliés de fraîche date qui ont suffisamment d’assise locale et de proximité idéologique avec la nouvelle direction pour se ressaisir et poursuivre leur route (Ciotti, Estrosi),
– il y a ceux qui n’avaient plus rien à perdre ou dont la carrière est derrière eux (Ollier, Gaymard),
– il y aura les ralliés tardifs et discrets qui reprendront les choses là où ils les avaient laissées (Bertrand, Apparu),
– il y aura ceux qui ont trop misé et qui subiront la rancoeur personnelle de Copé (Pécresse et Baroin, les deux grands perdants de la soirée avec Fillon lui-même),
– il y aura enfin celui qui va tenter de reprendre le flambeau de l’aile plus modérée de l’UMP, avec son mouvement apparemment deuxième (Wauquiez), même s’il devra éviter que les « neutres » NKM et Le Maire et que l’anguille Bertrand ne tentent de lui disputer ce rôle de chef de l’opposition interne à Copé.

Et puis, nécessité fait loi, tout le monde rentrera dans le rang. Comme je l’écrivais, on ne crée pas aussi facilement que cela un parti (Michel Noir en sait quelque chose…).

Je tiendrai ma promesse à moitié: voici la carte, mais sans les commentaires ! Oh, elle aprle d’elle-même, non ?

Non justement, il y a quelques subtilités sympathiques (et de magnifiques erreurs de ma part, même si beaucoup de départements sont quand même « bons »). Mais cela attendra quelques jours, je préfère dormir un peu et continuer de retenir mes larmes, comme Fillon et Pécresse 😉

Que l’on me permette en effet ce regret personnel de voir de nouveau disparaître quelqu’un d’intègre, de dévoué et de rigoureux de la scène politique: après Barre, Rocard et Juppé, je suis vraiment déçu :(. Voir Tabarot, Morano, Rosso-Debord, Courtial, Hortefeux, Didier, Karoutchi, Daubresse, Gaudin, Riester, Dati, etc. diriger ce parti ne peut, pour le moment que me laisser quelque peu dépité… Vivement que les Wauquiez, Le Maire, Pécresse, Apparu parviennent à redresser tout cela… 😛
Charles, reviens…

Et maintenant, vivement les primaires de 2016… Mais seront-elles ouvertes ?… Copé est un malin… on peut douter, même s’il aura intérêt, alors, à ne pas trop se droitiser et donc à ouvrir les primaires: les Bertrand, NKM, voire Le Maire, Baroin, Wauquiez se neutraliseront ou « émergeront », comme Montebourg et Valls, tandis que Copé affrontera -peut-être- Sarkozy et le vaincra. Après tout, Sarkozy sera le vieux, le perdant et Copé contrôlera l’appareil, les « petits jeunes » et aura retourné les « puissances » économiques et médiatiques de la drotie à son avantage…

P.S.: le congrès de Reims du PS en 2008 justement… avec tous les soutiens de Royal (ou presque) qui l’ont ensuite abandonnée, notamment Valls, Peillon et Rebsamen… et ce vote truqué et contrôlé par les apparatchiki… et cette marge encore plus faible à l’UMP, puisque Aubry avait (soi-disant) obtenu 102 voix de plus que Royal, sur un total de 134800, soit 50,04% contre 49,96%. Copé encore plus étriqué qu’Aubry !

Election à la présidence de l’UMP: quelle importance de la « dernière ligne droite » ?

1. Alors que la campagne commençait de sérieusement se tendre, avec des « petites phrases » plus directes, sur le caractère clivant d’un cîté, le caractère taiseux de l’autre, voilà que Fillon a de nouveau des ennuis de santé…
Est-ce qu’une tendance ultime, différente, peut se mettre en place et déjouer des pronostics trop faciles d’une victoire de Fillon ? C’est bien possible.

En tous les cas, cet ennui de santé va apparemment l’empêcher de faire campagne jusqu’à vendredi.
En termes de dynamique, ce n’est évidemment pas favorable, même si Wauquiez, Ciotti et Pécresse se démultiplient. Du point de vue du flux de l’actualité médiatique, l’âpreté du moment à gauche (compétitivité et TVA renforcent une sourde tension) et l’élévation du degré d’affrontement sur le projet d’accorder la possibilité du mariage aux homosexuels peuvent créer un élan polarisant et donc plus favorable à Copé, arc-bouté sur la nécessité de « dire les choses ».

Déjà, il a « loupé » (en partie) l’Indre et (totalement) l’Allier (pas de grosses fédérations, mais probablement des lieux typiques d’indécision persistante) aujourd’hui. Demain, il manque Loire (un morceau important et a priori peu favorable) et Haute-Loire (moins grave, tant le fief de Wauquiez semle acquis). Après-demain, il manquera Vaucluse et Gard, deux départements assez significatifs et terres de mission pour Fillon… Espérons pour lui qu’il puisse effectivement aller dans l’Hérault et la Drôme samedi et en Corse dimanche, puis qu’il puisse réellement se rendre dans les départements « frustrés ».

En termes de présence de terrain, Copé peut ainsi prendre un avantage inespéré. Mais est-il si sûr que les efforts de dernière heure portent vraiment ? Romney est là pour dire que cela peut être fort illusoire… même si, bien sûr, les proportions et les circonstances sont fort éloignées.

En termes d’image, après l’accident de scooter, ces calculs rénaux récurrents peuvent affaiblir un Fillon qui avait eu quelque difficulté à imposer l’idée qu’il n’était pas un mou. Copé pourra continuer de filer la métaphore aisément… Mais la « victime » Fillon ne sera-t-elle pas d’autant plus appréciée qu’il semble seulement que ce soit son engagement total qui soit en cause… Nous sommes là dans des catégories psychologiques qui sont totalement imprévisibles.

En termes de débat sur les différences Fillon-Copé, il avorte alors qu’il commençait juste de se tendre, voire de déraper, et c’est finalement une bonne chose que cet événement oblige quelque peu à « décrisper » la situation, avant qu’elle ne s’envenime trop. Le raccommodage sera plus aisé ensuite et les médias de gauche auront plus de difficulté à « souffler sur la braise ». En l’occurrence, cela semble plutôt favorable à Fillon.

En termes de ralliement, les faux « nouveaux » soutiens s’équilibrent et il n’est pas sûr que l’officialisation du ralliement de Peltier à Copé soit si positive, tant ce jeune trop pressé agace à l’intérieur de l’UMP. A l’inverse, les quelques millimétriques mouvements de Juppé vers Fillon ne seront sûrement pas suffisants; mais là encore, le soutien de celui qui s’est un peu démonétisé lui-même et dont la modération  politique, économique et sociétale actuelle l’éloigne plutôt du coeur de l’UMP n’est peut-être plus aussi important qu’avant.

En termes de mobilisation, il semble que le numéro spécial du « magazine de l’Union » soit arrivé aujourd’hui chez tous les adhérents à jour de cotisation. Mieux qu’au PS (non, je ne plaisante pas, le congrès de Toulouse a été tellement « rétrograde » que, franchement, l’UMP offre, en interne, une ouverture de bon aloi), il comprend tous les textes des motions, les professions de foi des deux candidats, la charte des valeurs, les instructions très pratiques de vote sur place et de procuration et surtout la liste de tous les bureaux de vote: quasiment un par circonscription ! De ce point de vue, la publicité est assurée et les conditions sont réunies pour une forte participation, comme le souhaitait Fillon.
En revanche, moins le département est peuplé, plus la distance au bureau de vote s’allonge et beaucoup d’électeurs potentiels de Fillon risquent bien d’être un peu découragés de voter.
Ici encore, difficile de faire la part des choses.

En termes de scénario, Copé fait évidemment le coup de la « surprise », la « grosses surprise », mais le succès absolu des sondages et surtout des agrégations de sondages aux Etats-Unis (que ce soit pour la présidence, les sénatoriales, les élections à la chambre ou aux gouvernorats) tendrait plutôt à se reposer sur les tencances déjà établies.
Mais, une fois de plus, nous sommes sur des échantillons non concordants avec le corps électoral du 18 novembre. En outre, la raréfaction déjà relevée des enquêtes sur cette élection rend dangereux pour Fillon tout sondage isolé qui le donnerait moins gagnant que la vague de juillet-septembre. Il y a là un vrai risque de sur-interprétation et de sur-utilisation médiatique et copéiste de ce qui serait alors vu comme le signe avant-coureur d’un resserrement et donc d’un possible retournement.
La fable contée avant l’élection américaine devrait en revanche rassurer Fillon: si les fondamentaux sont bons, foin de l’écume médiatique… Mais justement, les fondamentaux ne sont pas si sûrs….

Bref, le suspense est bien là et tant mieux pour les passionnés, mais je crains aussi que l’incertitude n’aboutisse à un résultat étriqué et porteur de futures divisions et guérillas sourdes pour l’UMP.

2. Peut-être est-il temps de se mouiller et de publier une carte sans « toss-ups« , sans incertitudes géographiques:

Si c’est aussi réussi que mon pronostic floridien, vous pourrez bientôt vous gausser. Mais comme je n’ai vu personne d’autres, dans tout notre beau pays, tenter ouvertement l’exercice, j’aurai au moins la petite vanité d’avoir été le seul (ou le premier). Comme j’aimerais, surtout, voir fleurir d’autres tentatives du même accabit… 🙂

Je rappelle néanmoins qu’il faut voir dans cette carte un échelonnement de forces relatives, une hiérarchie entre départements, davantage qu’un pronostic brut du vainqueur par département. Peut-être que Fillon gagnera du bleu clair, mais s’il le fait par des marges moindres que dans le rouge clair, alors ma carte sera bonne, et inversement.

Je m’apprêtais à faire basculer les Hauts-de-Seine pour Fillon, mais sa relative absence d’Ile-de-France les derniers temps et le mini-battage autour de Jean Sarkozy m’en ont dissuadé.
Je prends en revanche le risque de situer la Marne et les Ardennes dans la colonne Fillon, en me disant que le Nord-Est est conservateur et « moral », mais pas forcément -au niveau de l’UMP- aussi sécuritaire et populiste que le Sud-Est. Et les influences d’Apparu, de Poletti et de Bertrand peuvent jouer.

Certains départements modérés (Loire-et-Cher, Côte-d’Or) peuvent surprendre en bleu. Mais, justement, les militants plus modérés sont déjà partis à l’UDI.
D’autres choix sont davantage liés à l’histoire (jusqu’à l’élection de 1999 à la présidence du RPR d’ailleurs) qu’à des éléments très récents d’analyse, il faut bien l’admettre (Ariège, Indre, Creuse, Ardèche), mais l’étroitese des corps électoraux potentiels dans ces départements rend de toute façon le pronostic fort aléatoire.

Au final, cette carte reste peu encourageante pour Fillon, car il a peu progressé dans les grosses fédérations, sauf dans le Var et les Alpes-Maritimes, mais il doit absolument espérer être haut partout pour compenser les « machines » locales qui joueront à plein pour Copé (Gaudin, les Dassault, Daubresse, etc.).

Que les adhérents de l’UMP ne peuvent-ils méditer le lourd échec du candidat républician à la sénatoriale de l’Indiana, Richard Mourdock, un tea-partier qui avait délogé le grand modéré Richard Lugar dans la primaire républicaine et qui se fait étriller dans cet Hoosier State par un démocrate habile et pourtant pas initialement favori. Un cas presque caricatural de ce qu’il ne faut pas faire… Le Montana (sénatoriale et gouvernoriale) est aussi à méditer.
Vous voulez gagner en 2017 ? Votez Fillon, voyons ! 😉

Election à la présidence de l’UMP: que nous apprend la répartition des adhérents de l’UMP sur le territoire ?

1. Peu de Français sont syndiqués et peu de Français sont membres d’un parti politique. Le phénomène est général dans les pays industrialisés, mais il a toujours été plus marqué dans les pays occidentaux et en France en particulier.

L’UMP n’échappe pas à cette situation. Globalement, les adhérents de l’UMP représentent 0,3942% de la population française (en tous les cas, ceux à jour de cotisation au 30 juin 2012). Certes, il peut être factice de prendre en compte les Français âgés de moins de 18 ans, mais il n’y a pas d’âge légal minimum pour adhérer à un parti et aucune limitation ne figure dans les statuts de l’UMP (le PS indique 15 ans); d’ailleurs, dès l’instant où le représentant légal du mineur l’autoriserait, il n’y aurait de totue façon aucune limite, dans la mesure où il s’agit de la liberté d’association. Bref, les proportions retenues ici le sont par rapport à l’ensemble de la population.

Les regroupements en tranches « irrégulières » ont été effectués pour associer des départements plus similaires: j’ai scindé là où apparaissait un écart conséquent entre deux départements.

Plusieurs éléments paraissent régir la répartition territoriale des adhérents de l’UMP:

– comme élément modérateur, la présence d’un centre-droit fortement incarné sur le plan local semble avoir freiné l’implantation de l’UMP: Sauvadet en Côte d’Or, Leroy dans le Loir-et-Cher, Loos, Zeller, Bockel ou quantité de « divers droite », radicaux et centristes en Alsace; la Bretagne, le Nord-Ouest en général, mais aussi l’Eure-et-Loir, les Deux-Sèvres ou l’Aveyron (malgré la longue présence de l’atypique RPR Godfrain) ont des traditions UDF ancrées et qui ont probablement limité la progression de l’UMP;

– le gaullo-chiraquisme de jadis conserve encore quelques traces: franges occidentales du Massif Central, Périgord, façade atlantique du Sud-Ouest, Paris et les banlieues riches ou moyennes de la capitale. L’influence de quelque baron local du passé peut également constituer un élément d’explication possible: Lipkowski en Charente-Maritime, Ollier dans les Hautes-Alpes, Mancel et les vieux Dassault dans l’Oise, Galley dans l’Aube;

– de ce point de vue, des héritages ont pu se faire et de nouveaux barons prolonger l’influence de leurs aînés: Bussereau en Charente-Maritime, Marini, Woerth, Courtial et Dassault dans l’Oise, Copé en Seine-et-Marne (après Peyrefitte et Larché), Novelli et Peltier en Indre-et-Loire (après Royer), Baroin dans l’Aube, même Raffarin dans la Vienne (après Monory);

– l’influence de barons locaux plus « récents » n’est pas à exclure: Bertrand dans l’Aisne est l’exemple le plus frappant; mais aussi peut-être Chatel en Haute-Marne (bien que le sanctuaire du gaullisme puisse à lui seul expliquer cette situation);

– la politisation plus grande liée à l’urbanisation peut en partie expliquer les pourcentages élevés d’adhésion en Ile-de-France, dans le Rhône ou même en Loire-Atlantique (en comparaison de son environnement, dans ce dernier cas); à l’inverse, la faible implication politique dans des départements traditionnellement abstentionnistes (Nord-Pas-de-Calais, Moselle ou même Loire) se retrouve peut-être, aussi, dans la carte de l’UMP;

– mais c’est évidemment la droitisation du Sud-Est qui est extrêmement lisible, avec un arc Menton-Arles très puissant, mais aussi des terres plus à gauche où l’appartenance à l’UMP est forte: Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales, Vaucluse, en raison d’une prédominance RPR (ou DL « dure ») suivie d’un quasi-monopole UMP à droite. Le contraste avec l’Alsace-Moselle ou l’Orléanais, pourtant fortes terres de droite est frappant: c’est bien une droite boutiquière et industrieuse, mâtinée d’une droite de retraités héliotropiques, qui a investi en masse l’UMP.

Il faut bien sûr garder à l’esprit quelques précautions et nuances dans l’interprétation de ces chiffres. Le caractère restreint du nombre d’adhérents dans certains départements peut rendre le pourcentage fort variable (Saint-Pierre-et-Miquelon est largement en tête…). Dans les DOM et les COM, le manque de fiabilité de certains recensements peut altérer celle dudit pourcentage. En ce qui concerne les Français de l’étranger, l’inertie dans l’actualisation de l’immatriculation peut également conduire à fausser ledit pourcentage.

2. Tout cela reste cependant fort peu encourageant pour Fillon.

La forte présence provençale, azuréenne et languedocienne, représentative de la droitisation de l’UMP ne peut le favoriser, même s’il bénéficie là de ralliements de poids (Estrosi, Ciotti, Falco, Léonetti). Les contingents importants d’Ile-de-France, même dans des départements plus à gauche, sont loin d’être seulement le fait de cadres, professions libérales et professions intellectuelles plus fortement engagés; il y a bien une composante populaire « vindicative » qui tire vers la droite et sera plus attirée par la candidature Copé, d’ailleurs ouvertement revendiquée comme « populaire » et ancrée dans des terres « difficiles » (sous-entendu, de gauche et FN). Copé, en outre, est un voisin et cela peut encore renforcer ses probables bons scores en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, voire dans le Val-d’Oise.

Qu’il s’agisse de la droite boutiquière, des artisans-commerçants, ou de celle des retraités conservateurs et sécuritaires, cette « droite dure » se tournera plus naturellement vers Copé, même si Fillon peut rassurer le grand âge.
Qu’il s’agisse de la droite industrieuse, celle des entrepreneurs, dont le libéralisme la fera suivre des Chatel, Novelli et Mariton chez Copé, ou celle d’exploitants agricoles, pour qui la présence de Jacob chez Copé comptera, la tâche de Fillon sera rude.

Certes, Fillon peut espérer réaliser quelques percées chez les cadres supérieurs et entrepreneurs, plutôt en Ile-de-France ou dans le Lyonnais. Mais cela ne contrebalancera pas forcément les gros contingents dont il vient d’être question.

De plus, la faiblesse du nord-ouest, de l’ouest du grand bassin parisien, mais aussi de terres plus raisonnables et/ou plus traditionnelles du nord-est (Alsace, Bourgogne historique), ne peut que réduire la base de départ de Fillon, plus modérée.

Même dans des fédérations plus « mélangées » et équilibrées, Fillon risque de pâtir de ralliements nombreux du côté de Copé, soit de barons locaux (Oise, Indre-et-Loire), soit de l’appareil local (Rhône), ou de ralliements quasiment « contre nature » (Daubresse dans le Nord, Raffarin en Poitou-Charentes).

Certes, Fillon continue de rallier:
– Devedjian l’a bien entendu rejoint, mais c’est plutôt une… mauvaise nouvelle, tant Devedjian est un marginal dans son propre département,
Morano a créé une grande surprise en ralliant Fillon: là, en revanche, le jeu est peut-être réouvert en Meurthe-et-Moselle, même si Rosso-Debord est, elle, derrière Copé et même si un certain nombre d’adhérents modérés ont dû suivre Hénart dans l' »aventure » d’un parti radical indépendant de l’UMP,
– Teissier, à Marseille, ne se rallie que parce qu’il est l’ennemi des ennemis de Fillon (Gaudin, Deflesselles,…). Avec Valérie Boyer (que l’on a tort de résumer à une représentante supplémentaire de la Droite populaire et qui prend ici date, alors qu’elle aurait très bien pu être une solution habile de Gaudin pour le remplacer), il apporte toutefois une petit bouffée d’oxygène à Fillon dans les Bouches-du-Rhône, ce qui « libèrera » sûrement le vote de quelques militants.

Il reste des ralliements à venir qui pourraient continuer de le favoriser:
– Bussereau n’a, à ma connaissance, pas fait connaître sa préférence et, même si ce serait là aussi une petite surprise, il pourrait opter pour Fillon, même si Quentin, à Royan, semble davantage destiné à soutenir Copé; la Charente-Maritime est une fédération numériquement non négligeable,
– Carrez ne veut finalement pas s’aligner et c’est plutôt un recul pour Copé,
– Accoyer pourrait sortir de son non-alignement et assurer un bon score en Haute-Savoie,
– logiquement, Le Maire devrait le rejoindre et garantir le département de l’Eure et un peu au-delà (Seine-Maritime et Eure-et-Loir),
Juppé, bien entendu, aurait un poids significatif dans toutes les fédérations d’Aquitaine (avec, de manière accessoire, MAM dans les Pyrénées-Atlantiques) et au-delà (Edouard Philippe, le maire du Havre, suivrait alors probablement vers Fillon si à la fois Juppé et Le Maire le soutiennent; idem pour Apparu qui rééquilibrerait le combat dans la Marne); mais les copéistes ont vu quelques signaux de Juppé en faveur de Copé (insistance sur les « mouvements », par exemple),
Bertrand assurerait l’Aisne, fédération non négligeable, comme nous pouvons le constater sur la carte, mais aussi de bons scores en Picardie et un peu plus au nord.

Mais Copé peut encore compter sur quelques ralliements tardifs mais pouvant avoir un certain retentissement:
Baroin, même si, comme je l’ai dit, plus il attend, moins il comptera,
– d’autres barons locaux comme Warsmann dans les Ardennes, Fromion dans le Cher ou Marleix en Auvergne (surtout avec Hortefeux en plus) peuvent encore le rejoindre.

Bref, rien n’est joué, loin de là. Il est vrai que le fait que Copé éprouve le besoin de déclarer qu’il « sen[tait] une dynamique » tendrait plutôt à prouver qu’il ressent quelques difficultés. Mais l’échéance est lointaine.

L’actualisation de ma carte de pronostics, en prenant en compte les ralliements récents (y compris Béchu dans le Maine-et-Loire, par exemple), montre que la faiblesse de Fillon en Ile-de-France, dans le Suid-Est et dans le Nord-Est pourrait suffire à Copé à refaire son retard.

Pronostics nationalement satisfaisants, localement insuffisants

1. Si je ne me suis pas trompé dans mon décompte définitif, voici le comparatif entre mes pronostics d’entre-deux-tours et les résultats finaux:

FG 10 / 10 (ce n’était pas très difficile de ne pas se tromper et les fourchettes donénes par les instituts étaient ridicules)

régionalistes+indépendantistes 3 / 4 (sachant que l’ex-PCR Bello y est incluse et que cela inclut l’UDB élu sous étiquette EE-LV et que je reclasse donc: ce n’est ainsi pas une erreur de ma part)

EE-LV 21 / 17 (après avoir été trop pessimiste avant le 1er tour, j’ai trop « compensé » au second)

PS 286 / 279 (étant donné le chiffre global, c’est honorable)

DVG 25 / 21 (la motié des erreurs étant due à la Corse et à l’outre-mer, je considère ne pas trop mal m’en sortir :P)

PRG 12 / 12 (comme pour le FG, ce n’est pas un exploit, en réalité)

soit un total gauches 357 / 343

MoDem 2 / 2 (idem)

NC 15 / 16 (en réalité, cela amsque 2 erreurs et 1 reclassement, Folliot, qui ne s’apparentera peut-être aps au NC, mais est clairement au centre)

PR-DVD 26 / 31 (je n’avais pas distingué les deux: le PR obtient 11 sièges, les DVD, surtout MPF, PCD, CNI ou anciens de ces partis, 20; clairement, je me suis bien trompé sur cette catégorie de députés)

UMP 176 / 182 (le symétrique du PS)

FN 0 / 2 (là, de nouveau, erreur de ma part, même si je sentais bien, sur ces 2 cas-là, que j’allais me tromper… :P)

EXD 1 / 1 (normal)

soit un total droites 220 / 234

En chiffres globaux, mon score est de 96% de réussite.

En revanche, pour ce qui est des chiffres locaux, en décomptant toutes les erreurs (réelles) par circo (sachant que j’ai rectifié 3 mauvais étiquetages dans mes pronostics -Morbihan, Vendée, Tarn)), on aboutit à un taux de réussite de 92%, avec 46 erreurs réelles (dont 6 en Corse, outre-mer et étranger). IPSOS voyait 50 circos indécises…

Sur mes pronostics d’avant le 1er tour, on compte 75 erreurs locales, soit une réussite de 87%, qui est finalement assez honorable. En chiffres globaux, le taux de réussite est de 91%. En résumant les pronostics d’avant 1er tour, d’entre-deux tours et les résultats finaux, on obtient:
FG 20 / 10 / 10
rég.+ind. 3 / 3 / 4
EE-LV 11/ 21 /17
PS 271 / 286 / 279
PRG+DVG 40 / 37 / 33
MoDem 1 / 2 / 2
NC+PR+DVD 39 / 41 / 47
UMP 191 / 176 / 182
FN 0 / 0 / 2
EXD 1 / 1 / 1

2. Mon pronostic était évidemment bien plus fiable que les fourchettes des instituts, qui étaient d’au moins 30 sièges sur chacun des deux grands ensembles… Mais je reste insatisfait au niveau local, avec deux sources d’erreurs:
– les classiques duels droite-gauche très serrés: Sarthe, Yonne, Seine-et-Marne, Saône-et-Loire, Loiret, Indre-et-Loire… rien là d’étonnant, mais cela aurait pu être mieux, notamment dans le Loiret et la Sarthe (où mes tripes parlaient différemment…);
– les zones de FN fort et plutôt populaire, où la droite résiste mieux que prévu: Oise, Territoire-de-Belfort, Vaucluse, mais surtout Isère et Drôme, ce dernier département donnant 3 erreurs à lui seul, sur 4 circos ! Je reconnais là une difficulté intrinsèque à prévoir et, probablement, une vraie incompréhension de ces départements. D’ailleurs, le grand Sud-Est (Rhône-Alpes, PACA, Corse, Languedoc-Roussillon) explique 12 de mes 46 erreurs.

Je n’ai commis aucune erreur dans 4 régions (Limousin, Aquitaine, Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, ce qui combine la facilité globale de ces circos et ma « familiarité » avec le Sud-Ouest) et une seule erreur dans 6 régions (Auvergne, Picardie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, ce que j’attribue davantage à un découpage polarisé et à une plus grande facilité de prédiction qu’à une réelle maîtrise du Nord et de l’Est de ma part :P)).

Mes 5 erreurs en Pays-de-la-Loire, 2 erreurs en Bretagne et 3 erreurs en Basse-Normandie témoignent d’un refus freudien de ma part de la totale irrécupérabilité de ce fichu Nord-Ouest pour la droite :P, même si mes erreurs bretonnes sont en réalité de sens inverse des autres.
Mon pessimisme pour la droite peut aussi se voir dans mes pronostics d’entre-deux-tours, même si les calculs m’ont aidé à « rationaliser ».

Même si mes pronostics d’avant-1er tour comprotaient beaucoup d’erreurs locales, je suis assez content d’avoir vu, dès l’origine, que le scénario gagnant serait un 2007 à l’envers et non un simple 1997, comme beaucoup d’analystes et de sondeurs le disaient…

Voici la carte définitive:

Remarquons ici que le groupe EE-LV sera immédiatement amputé de Cécile Duflot mais qu’il réussira quand même à se constituer. Le FG pourrait y parvenir avec le MIM, l’ex-PCR et deux DVG quelconques (mais qui voudra de Falorni ? ;)). Avec quelques DVG, le PRG constituera sans problème son groupe.
Dans l’autre camp, le NC y arrive sur le papier, mais la guerre nucléaire Morin/Lagarde devrait acvoir raison du NC. En revanche, la recomposition avec le PR, Borloo et plusieurs dVD devrait permettre de constituer au moins un groupe centriste. Les DVD « durs », avec quelques députés de l’UMP pourraient en théorie constituer un groupe, mais c’est très peu probable.

Même si mes écrits dans l’article précédent donnent déjà beaucoup de clés de lecture (en particulier dans les rapports FN-UMP), je posterai bientôt une analyse des enseignements électoraux de ces législatives.

MISE A JOUR: je découvre ce matin que Goulard a bien été battu dans le Morbihan… voilà une mauvaise nouvelle qui améliore mon taux de réussite 😛
La 1e de Seine-et-Marne n’a pas non plus basculé.

Bon, il faudra que je vérifie de nouveau l’ensemble car la carte interactive de l’AFP comportait des erreurs (une évidente avec une victoire longtemps annoncée de l’UMP Patriarche avec 57% dans les Pyrénées-Atlantiques 😀 On veut bien des surprises, mais là, c’était le 1er avril !).

Après l’annonce des candidatures et des soutiens, actualisation des pronostics, en Charente-Maritime et ailleurs

1. Le paysage est désormais stabilisé. Enfin, celui des candidatures…! 😉

Cela permettra à la droite de conserver une circonscription dans le Morbihan (mais elle pourrait bien perdre 4 députés, après avoir perdu 3 sénateurs d’un coup en septembre dernier… mais le non-renouvellement à droite a entraîné ce craquement subit…), mais aussi de s’imposer dans la 2e des Pyrénées-Orientales (avec le retrait du FN), de conserver à l’UMP la 3e des Yvelines (Guaino se retrouvant seul en lice). Quant à la circonscription de Guéant père (Hauts-de-Seine), je pense finalement que Solère peut l’emporter, grâce aux reports centristes et DVD et à une faiblesse des réserves FN, même si le réflexe légitimiste peut avantager Guéant (et puis, Solère lui-même était un parachuté il n’y a pas si longtemps…).

A l’inverse, le maintien de triangulaires devrait assurer la victoire du PS dans les 2e et 3e du Gard (non, Collard devrait se heurter à un « plafond de verre ») et du DVG à Wallis-et-Futuna. Dans le Vaucluse, le retrait de la candidate FN (ex-MPF) dans la 5e ne suffira probablement pas à l’UMP pour rattraper son retard (et puis, la « libération » des électeurs du FN donne aussi un petit chouïa au PS). En revanche, le maintien de la socialiste dans la 3e rend celle-ci gagnable par Marion II, Panzermiss, la petite-fille du Menhir (à distinguer de Marion I, Panzergirl, la fille du Menhir et sa tante). Je pense toutefois qu’au vu de la médiatisation, d’un plein de voix probablement déjà fait par Marion Maréchal-Le Pen et d’un report important de centristes, de divers et même de socialistes sur l’UMP, son candidat devrait pouvoir arracher la victoire.

Je ne reviens pas sur Roubaix (Nord) ou sur la Seine-Saint-Denis, où les duels de gauche ne changeront rien.

Enfin, je dois rectifier une erreur de teinte de rose à Saint-Pierre-et-Miquelon (bien sûr, c’est PRG et non PS) et une erreur entre rose et vert (merci Zanas) dans l’Indre-et-Loire (2e).

En partie grâce aux propres estimations de Zanas, qui m’obligent à refaire des calculs que j’avais hâtivement effectués dans la nuit de dimanche à lundi, je reviens sur un pronostic dans la 5e de la Sarthe, que j’attribue finalement au PS, au regard de l’historique de cette circonscription. En revanche, je maintiens la 1e pour l’UMP. Les profils ne sont pas exactement similaires et tout va être très serré. Je fais également basculer la 12e des Bouches-du-Rhône car, malgré un probable vote utile du FN (qui se maintient) vers l’UMP, le retard est trop important à rattraper. Je ne me résous pas à considérer que l’UMP a perdu la 1e d’Eure-et-Loir, mais c’est plus un « sentiment » qu’autre chose, car tout pointe vers une victoire de gauche. En Seine-Maritime, je pense que les reports de voix, le mauvais choix de candidat à gauche et la sociologie doivent aider l’UMP dans la 2e; mais, dans la 10e, c’est vraiment trop court pour l’UMP et je bascule donc vers le PS.

Je ne m’interdis pas d’autres changements d’ici samedi, après avoir réétudié quelques cas limites (Vendée, Nord, Loiret notamment me font encore hésiter…) et, peut-être, avoir pris connaissance de quelques sondages: espérons !

2. Et puis, il y a la Charente-Maritime.

La Présidente a parlé et le soutien du « petit François » à la candidate officielle n’y fera probablement rien: je pense que Falorni devrait l’emporter. Il a la tranquille assurance de ceux qui parlent (probablement assez faussement dans son cas) au nom de la France d’en bas. Quel paradoxe pour Royal, celle de la démocratie participative et de la région « Charentes-Poitou » que d’être ainsi remise en cause…

Autant la droite, dimanche dernier, devait en réalité rallier Royal, pour pousser celle par qui le désordre arrive généralement, autant, aujourd’hui, les choses se sont inversées et Bussereau a eu raison, tactiquement, de soutenir Falorni…

Grâce à l’intervention de la « Première concubine », le mauvais score de Fillon, les dérapages de Dati et Morano (dans des genres différents), les incartades de la base provençale et languedocienne de l’UMP, tout cela passe au second plan et on peut en être fort aise à droite. Cette « affaire du tweet » est totalement sans intérêt et artificielle, mais quand même la presse « officielle » en fait ses choux gras, que voulez-vous, il faut faire avec ;). Les problèmes stratégiques et de directiond e l’UMP restent entiers, mais cela permet au moins de remettre la séance de psychothérapie de groupe et d’étripage maison à l’après-2nd tour. C’est toujorus appréciable et les quelques dixièmes voire points de mobilisation nécessaires pour sauver quelques députés de plus, peut-être Trierweiler les a-t-elle donnés à la droite.

Le problème de fond pour Hollande, maintenant, c’est que son autorité même, si tant est qu’il en avait une, pourrait se retrouver dangereusement fragilisée:

– quel est le statut de Mme Trierweiler ? Voilà bien une situation parangonesque de la confusion personnelle voire morale de la société moderne: on veut tout et son contraire (que sa propre « liberté » soit absolument respectée, mais quand même se mêler de tout et surtout des affaires des autres; ne pas se marier mais profiter de tous les avantages d’un couple juridiquement fondé; concubiner mais pas payer l’ISF :P… oups…). Un banal et prosaïque incident nous révèle que, oui, lorsque l’on est faible et confus dans sa vie privée, alors on a aussi des problèmes en matière de vie professionnelle et publique. C’est l’autorité personnelle de Hollande qui est évidemment atteinte (surtout si ce que dit ce soir David Revault d’Allonnes est vrai -et il n’a pas l’habitude de raconter des fadaises et ne peut être considéré comme un agent dormant de l’UMP…- à savoir que c’est en réaction au soutien de Hollande à Royal que Trierweiler a réagi…

le résultat d’une seule circonscription acquise à la gauche, où l’UMP n’a même pas été capable de se qualifier pour le second tour, revêt désormais une importance capitale pour la stabilité de la présidence Hollande. Ou Falorni gagne et le Président sera évidemment affaibli (même s’il s’enlève en réalité l’épine Royal du pied pour longtemps, comme je l’ai déjà dit). Ou Royal gagne et la vie de Hollande va devenir un enfer: ne va-t-elle pas recommencer ? va-t-elle rester, la « femme de ma vie » ? Cela rappelle un peu la « dépendance » de Sarkozy à l’égard de Cécilia en 2004-2007…

– la faiblesse, au moins apparente, de Hollande et l’absence de bonne solution de sortie de cet imbroglio imprévu ne pourront qu’aiguiser les appétits en interne. Aubry, humiliée malgré elle ce matin (contrainte d’aller soutenir son ennemie intime et, en plus, de réagir seule en première ligne aux dérapages de « l’autre »… mazette… elle devait être un brin énervée au retour de La Rochelle), pourrait bien vouloir ruer dans les brancards. Je ne parviens toujours pas à croire qu’elle quittera la tête du PS. En interne au gouvernement, les « trierweileristes » (Valls, Moscovici, voire Ayrault) pourraient bien s’opposer aux vieux hollandais ! J’exagère un peu, mais, en tous les cas, le climat est d’emblée un peu plombé.

– cela montre globalement que les grands principes ne peuvent tenir longtemps: notre régime est présidentialisé et médiatisé. Vouloir jouer au lointain sphinx à la Mitterrand (qui intervenait en réalité tout le temps…), cela n’est plus possible. Quant au mélange vie privée/vie publique, critiquer Sarkozy est également insuffisant…

Je ne pense pas que l’effet de cet incident se fasse sentir tout de suite, mais il colorera progressivement le climat et la perception du pouvoir et, assez rapidement, l’impuissance et le manque de contrôle et de prise sur les événements seront probablement ressentis. Ou Hollande voudra compenser en jouant la rigueur et l’austérité et là, ce sera la question sociale qui prendra le dessus. Bref, en soi, ce tweet n’est évidemment qu’un instant d’agitation, mais il marque déjà une fin d’état de grâce.

Victoire de « Franz-im-Glück » Hollande: majorité absolue en vue pour le PS, FN fort, UMP laminé à l’Ouest et résistant à l’Est par défaut, Mélenchon battu, Royal menacée, Bayrou disparu

Contrairement au discours dominant des médias depuis 20h:

– le FN est fort là où il est traditionnellement fort et l’abstention forte ne réduira donc pas suffisamment le nombre de triangulaires ou alors éliminera même des candidats UMP (chez Moscovici, il sera seul au 2nd tour contre le FN); en outre, avec ses voix, le FN va gagner beaucoup d’argent public pour les 5 ans qui viennent, alors que l’UMP va devoir se serrer la ceinture,

– le PS n’aura aucun problème pour avoir la majorité absolue seul: son score outre-mer est massif, il est partout très haut et les Verts commencent d’enregistrer les déconvenues (4e des Côtes-d’Armor).

Ma seule satisfaction est donc une carte qui devrait confirmer mes pronostics.

Sauf si la mobilisation se fait à droite pour le second tour, avec la prise de conscience du risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (Assemblée + Sénat), qui laissera absolument tous les pouvoirs à la gauche…

Je publierai probablement des cartes partielles de pronostics plus tard dans la soirée et la nuit.

MISE A JOUR A 22h45: les Verts, en raison de la faiblesse de l’UMP (et du stupide réflexe légitimiste des électeurs, particulièrement fort cette année), pourraient bien, malgré tout, constituer un groupe… Un véritable échec pour la droite et ses idées, après la majorité absolue assurée pour le PS.

Voilà où j’en suis: c’est très provisoire, mais quelques exemples résument l’échec de la droite ce soir:
– menace de grand chelem de gauche dans le Finistère, la Sarthe et l’Indre-et-Loire, voire le Morbihan…
– équilibre en Savoie et dans les Vosges,
– menaces de la gauche dans la Manche et la Drôme,
– MAM et Morano en voie d’être battues au 2nd tour.

Même les menaces sur Royal (voyons quand même si Falorni ne sera pas jeté sous un pont d’ici mardi…) et Bayrou, ainsi que la fin du barnum mélenchonien, sont évidemment de grandes nouvelles pour le couple Hollande-Ayrault. Après la semi-retraite de Delanoë et les premeirs dérapages écologistes, si Aubry ne reprend pas le dessus, le pouvoir présidentiel sera absolu…

En face, la résistance de droite n’est pour le moment sensible que dans le Doubs, les Ardennes et le Tarn. Wauquiez et Copé font de très bons scores, mais c’est plutôt l’exception.

MISE A JOUR A 1h00: Voyez mon état d’esprit dans les commentaires. Je n’ai pas vécu de soirée électorale aussi terrible depuis 1997. Et la situation pour la droite est pire qu’en 1997. Bien pire. En fait, c’est pour moi la pire de tous les temps, puisqu’en 1981, j’étais un enfant de gauche 😛

Certes, je suis pessimiste et ne compte sur aucun sursaut particulier de participation pour la droite. Mais celle-ci minimise sa défaite ce soir: tout ce qu’il ne faut pas faire ! Remobilisez, bon sang ! Expliquez que la gauche n’a plus d’opposition parlementaire, plus vraiment d’opposition locale (quand Marseille et Bordeaux auront basculé en 2014…), va finir par être aussi le pouvoir constituant.

Si l’on reprend les reports « habituels » du FN et du MoDem de 2012, si l’on compte les dynamiques de 1er tour et les effets toujurs difficiles des divisions, voici où j’en suis: majorité absolue pour le PS, un groupe pour les Verts, 2 FN possibles (Collard et Ravier dans les quartiers Nord de Marseille, mais je n’y crois pas), Fillon faible à Paris et Copé fort en Seine-et-Marne, MAM battue, un raz-de-marée rose dans l’Ouest et le Midi, Royal menacée… Un tsunami de mauvaises nouvelles…

Certes, Mélenchon est battu, mais je vais presque finir par le regretter…

En jaune pâle, figurent les circonscriptions où la situation ne sera éclaircie qu’au mpment du dépôt des candidatures:
– Gard avec Collard: est-ce que le vieil UMP va se retirer ?
– Charente-Maritime: Falorni va-t-il être nommé ambassadeur au Laos pour préserver Royal ? Ou Hollande préfèrera-t-il que l’Assemblée puisse revenir à Guigou, Le Roux ou Vallini ?
– Morbihan à Auray: si la droite peut se réunir, elle peut encore sauver les meubles.
– Yvelines 3e: Delaporte va-t-il tenter de battre Guaino, au risque de faire battre toute la droite ?
– Wallis-et-Futuna: quadrangulaire possible; presque aussi incompréhensible et imprévisible que la Réunion…

MISE A JOUR A 3h15: Je me suis trompé dans mes calculs mais il faut que je dorme un peu… Alors voici mes totaux erronés:
PS: 285
DVG: 23
PRG: 9
EE-LV: 19
FG: 10
rég./ind.: 3 (1 PCR, 1 MIM, 1 Corse)
MoDem: 2 (Lassalle et 1 à la Réunion !)
EXD: 1 (Bompard)
en attente: 5 (voir ci-dessus)
UMP: 178
PR-DVD: 24 (désolé, je ne sais pas s’il y a suffisamment de radicaux là-dedans pour faire un rgoupe, mais je suis presque certain que non)
NC: 17 (ceci étant dit, vu que Lagarde peut gagner, la Grande Division avec Morin va advenir bientôt…)

Pour moi, c’est simple, c’est 2007 inversé… La victoire de la gauche est donc indéniable à ce stade. La droite parviendra-t-elle à mobiliser et limiter l’ampleur de cette victoire d’ici dimanche prochain ?