Indicateur agrégé du 27 avril 2012, indicateur des reports de voix et derniers sondages BVA, Harris et IFOP quotidien: Sarkozy peut-il s’effondrer ?

 

BVA
RTL, Orange, presse régionale
24-25 avril 2012
échantillon: 2285 inscrits sur un total de 2428

Hollande 54,5 (+1,5)
Sarkozy 45,5 (-1,5)

___________________________

Harris Interactive
VSD, LCP-Assemblé Nationale
25-26 avril 2012
échantillon: 1032

Hollande 55 (+1)
Sarkozy 45 (-1)

___________________________

IFOP quotidien
Paris Match, Europe 1
24-27 avril 2012
échantillon: 963

Hollande 55 (+0,5)
Sarkozy 45 (-0,5)

1. Tous les clignotants sont brutalement au rouge pour Sarkozy et mes craintes (;)) sous-jacentes d’hier semblent se confirmer aujourd’hui:

il baisse partout et est désormais plus à 45 qu’à 46;

– les reports de voix se dégradent spectaculairement dans l’IFOP quotidien: 85/4/11 chez Mélenchon (donc un déplacement de 9 points de l’abstention vers Hollande), 33/31/36 chez Bayrou (donc un transfert de 6 points de Sarkozy vers l’abstention); en revanche, c’est stable chez Le Pen (23/45/32), mais c’est en soi une mauvaise nouvelle pour Sarkozy.

On voit très bien les transferts, qui ne sont pas du tout directs d’un candidat à l’autre, comme attendu, mais qui utilisent le vote blanc ou l’abstention comme solution de repli ou comme base de départ pour rejeter un candidat:

remobilisation supplémentaire à gauche (et on peut supposer que le même phénomène se produit chez Joly, Poutou et même Arthaud, bien que nous n’ayons plus de chiffres actualisés), où les très sceptiques à l’égard du social-traître Hollande sont tellement opposés à Sarkozy qu’un vote bourgeois anti-Sarkozy s’impose…

perte d’électeurs de centre et centre-droit très modérés, qui, sans aller jusqu’à se compromettre à gauche, considèrent qu’ils sont politiquement « tenus » de ne pas s’associer à un Sarkozy trop déporté à droite; de ce point de vue, les prises de position de Bayrou et Villepin n’y changent probablement rien, les électeurs étant suffisamment mûrs pour se prononcer eux-mêmes; mais on voit bien, à travers les humeurs du jour de Villepin ou même Etienne Pinte (très proche de Fillon), que la prise de position de Bayrou jeudi prochain va parasiter totalement la fin de la campagne de Sarkozy, qui risque le sort du taureau dans une arène espagnole, ployant sous l’acharnement des banderilles…;

incapacité à progresser chez les lepénistes car il a déjà regagné l’électorat populaire naturellement à droite (commerçants, artisans, petits paysans,…) et que sa nouvelle rhétorique ne peut plus grignoter l’électorat populaire-populaire, qui risque même de finir par rejoindre Hollande, par rejet de la « drague » et des ficelles sarkozystes.

BVA et Harris nous donnent également des reports de voix similaires et sans espoir pour Sarkozy:
– chez Mélenchon, 89/5/6 et 92/2/6, c’est-à-dire un retour sur les 85-90, alors que la première moitié de la semaine était plutôt inférieure à 85;
– chez Bayrou, 38/41/21 et 41/36/23, d’autant plus mauvais pour Sarkozy dans Harris que ce dernier sondage est plus récent;
– chez Le Pen, 26/47/27 et 21/48/31, avec un Hollande loin d’être ridicule dans cet électorat.

Bien entendu, Sarkozy n’implosera pas complètement, surtout qu’il a semblé, dès ce soir, modérer son discours à Dijon. Il garde un électorat où le réflexe de « grognard » (bonapartiste ou gaulliste) est encore fort. En outre, la perspective d’une forte victoire de la gauche peut inciter à une remobilsiation à droite afin d ‘éviter un trop fort raz-de-marée. Mais il s’est fragilisé et risque la désaffection sur son flanc gauche, tandis que Hollande n’a toujours pas pris le moindre risque, même sur l’immigration…et a poursuivi son équilibrisme habituel (« …et en même temps… »).

L’UMP aurait peut-être dû désigner Martine Aubry comme candidate… Oui, mon moral est à zéro… 😛

2. J’ai donc calculé un indicateur agrégé intermédiaire (et vous allez aussitôt me dire que c’était une mauvaise idée :D), sur la base habituelle des intentions de vote, depuis dimanche dernier inclus, soit un indicateur purement « second tour »:

Hollande 54,51
Sarkozy45,49

Quant à l’indicateur des reports de voix, il donne
Hollande 53,51
Sarkozy 46,49
Cet indicateur est évidemment trop favorable à Sarkozy, mais il rend compte de l’amélioration qu’il avait connue ce dimanche et en début de semaine dans les électorats bayrouïste et lepéniste et de l’effritement de Hollande à gauche après une dernière semaine de premier tour d’effervescence et, peut-être, une déception grognonne chez certains électeurs mélenchonistes.
Aujourd’hui, Sarkozy semble réaliser la France unie…. mais contre lui…

En outre, cet indicateur des reports de voix surévalue probablement les abstentionnistes du premier tour qui pourraient se déplacer le 6 mai (enfin, ce sont les électeurs eux-mêmes qui surévaluent leur propension à aller voter) et il n’est pas actualisé sur Poutou-Arthaud-Joly et même Dupont-Aignan, puisque les sondeurs n’ont rien publié de neuf sur eux.

Donc, ne blâmez pas cet indicateur intermédiaire: il sera au contraire très intéressant de le voir évoluer lundi puis vendredi prochains. Je travaille là pour la postérité en quelque sorte 😛

Voici le graphique, qu’il faut interpréter comme ce qu’aurait pu être une campagne de second tour réussie pour Sarkozy: un resserrement et une défaite dans l’honneur… un potentiel qu’il est peut-être en train de dilpaider tout seul… décidément, Hollande n’aura pas fait grand-chose dans cette campagne: DSK et Sarkozy se seront obligeamment auto-détruits pour le laisser accéder à l’Elysée… 😛 Ce ne sera pas une victoire « au centre » ou « au peuple », mais « coup(s) de bol » !

Attendons-nous à une forte dégradation de ces courbes pour Sarkozy la prochaine fois:

Indicateur agrégé du 23 avril 2012 et nouvel indicateur des reports de voix: l’écart Hollande-Sarkozy, même s’il doit se resserrer, paraît trop important

L’indicateur du second tour bouge à peine ce lundi. Bien entendu, il devrait enregistrer un resserrement lundi prochain. Les sondages d’hier soir, même s’ils marquent déjà une diminution chez les sondeurs les plus favorables à Sarkozy, montrent aussi que, chez les autres, l’écart persiste voire s’élargit un petit peu chez IFOP, avec 55/45 dans le premier IFOP quotidien de cette semaine, qui repart sur des « bases neuves », avec un échantillon de 865 interrogé hier et aujourd’hui), de manière fort ironique. Même les 53-47 semblent encore loin.

1. Hollande est désormais en position de force:
– arrivé en tête, il a l’avantage de la dynamique et d’une certaine ambiance médiatique d’inéluctabilité,
– il n’a même pas besoin de changer de positionnement et peut continuer la même campagne,
– le scénario de 1988 est bien à l’oeuvre et, ainsi que je l’avais dit dès le début, cette élection devrait être gagnée « au centre » et non « au peuple »,
– la magie n’agit plus pour Sarkozy, qui ne parvient plus réellement à convaincre et qui se retrouve de nouveau déporté sur la droite,
– les reports de voix, déjà évoqués dans l’article précédent, restent largement suffisants, tant ils sont élevés à gauche, équilibrés au centre et encore trop limités à l’extrême-droite pour Sarkozy,
– Sarkozy est, lui, pris en étau depuis le début entre le centre et le FN et ce dilemme reste entier aujourd’hui et probablement insoluble,
-il peut même compter sur un probable « vote révolutionnaire » des hiérarques et de militants du FN, qui voteront pour lui pour briser la droite, comme Marchais avait voté Giscard le 10 mai 1981 et Chirac avait peut-être voté Mitterrand,
– les pouvoirs en place, surtout depuis 10 ans, perdent tous en Europe dans le climat de crise.

Mais, évidemment, il peut toujours exister une petite voie de salut pour Sarkozy.
Reste son énergie personnelle, qui est indéniable.
Reste le resserrement inévitable lié à l’égalité de temps de parole et à la volonté médiatique d’avoir du suspense.
Reste la stature de chef de l’Etat, qui peut quand même convaincre des électeurs de Bayrou et de Le Pen de faire le choix du « moindre mal », le choix de la raison face à une gauche qu’ils ne peuvent imaginer de laisser passer seulement parce qu’ils n’aiment pas Sarkozy ou qu’il les a déçus.
Reste l’amélioration en cours des reports de voix de l’électorat Le Pen et peut-être même de l’électorat Bayrou.
Reste la possibilité d’une bonne performance en débat singulier (Sarkozy avait largement battu Royal; Hollande avait juste surnagé face à Aubry), même si Hollande sera plus serein et n’aura pas à prendre de risque face à Sarkozy.

2. Pour faciliter les calculs, je vous soumets également un indicateur agrégé et pondéré de la même manière que notre indicateur principal, mais portant sur les reports de voix, toujours selon l’ordre « vers Hollande / vers Sarkozy / vers l’abstention »:

électorat Poutou: 49,00 / 25,00 / 26,00 (l’échantillon est faible, mais cela correspond assez classiquement aux chiffres de l’ultra-gauche)

électorat Mélenchon: 82,94 / 4,69 / 12,36

électorat Joly: 78,41 / 3,59 / 18,00

électorat Bayrou: 35,34 / 32,21 / 32,45

électorat Dupont-Aignan: 24,00 / 45,00 / 31,00 (un seul sondeur, BVA, et ce n’est pas le meilleur, comme nous le verrons bientôt… mais cela ne paraît pas indécent comme matrice de report)

électorat Le Pen: 22,19 / 46,67 / 31,15

abstentionnistes: 17,54 / 12,00 / 70,46 (fortement déformé par un sondage CSA douteux; c’est la matrice la plus difficile à discerner: il peut y avoir démobilisation dans l’un comme dans l’autre camp et mobilisation dans l’un comme dans l’autre; à défaut, on peut imaginer un effet équilibré)

En utilisant ces données, en considérant que l’électorat Arthaud se comporte comme celui de Poutou, que l’électorat Cheminade est négligé et que les deux qualifiés retrouvent tout leur électorat du 1er tour (ce qui n’est jamais vérifié, mais reste globalement bon), cela donne un rapport de force de:
54,59 pour Hollande et
45,41 pour Sarkozy.

Si besoin est, j’actualiserai l’indicateur agrégé des intentions de vote et celui des reports de voix plus souvent que prévu… 😀 (cf. page sur le « Mode de calcul »)
En attendant, à vos calculettes !

Derniers sondages IPSOS, BVA, CSA, Harris et IFOP: Hollande domine toujours un second tour pour lequel Sarkozy améliore les reports de voix

 

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde, Le Point
22 avril 2012
échantillon: 1090 

Hollande 54 (-2)
Sarkozy 46 (+2)

___________________________

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui en France
22 avril 2012
échantillon: 678 inscrits sur un total de 802

Hollande 53 (-4)
Sarkozy 47 (+4)

___________________________

Harris Interactive-Viadeo
M6
22 avril 2012
échantillon: 1088

Hollande 54 (=)
Sarkozy 46 (=)

___________________________

CSA
i-Télé, BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
22 avril 2012
échantillon: 1009

Hollande 56 (-1)
Sarkozy 44 (+1)

___________________________

IFOP-Fiducial
Paris-Match, Europe 1, Public Sénat
22 avril 2012
échantillon: 1004

Hollande 54,5 (+0,5)
Sarkozy 45,5 (-0,5)

1. J’évaluerai les résultats de chaque sondeur prochainement, une fois les résultats complets et définitifs connus, voire validés par le Conseil constitutionnel (a priori, c’est le jeudi qui suit). Je prolongerai mes graphiques par sondeur. Je vois que, déjà, beaucoup de commentaires s’y emploient et relativisent aussi le nouvel échec supposé des sondeurs: ainsi, mon blog n’aura pas été inutile ;). Les tendances de l’indicateur agrégé montraient globalement qu’elles avaient été bien décelées, même si, pour Le Pen et Mélenchon, l’ampleur n’était pas exacte.

Je ne peux également m’empêcher de rire gentiment des commentaires anti-sondages et basés sur l’observation du terrain qui nous prédisaient ces dernières semaines le raz-de-marée mélenchonien.

Cela ne m’empêche pas de reconnaître que mon pronostic personnel était, comme d’habitude, lourdement erroné: Le Pen n’était pas surestimée mais bien sous-estimée; Sarkozy n’a pas du tout rebondi; Hollande n’a pas pâti d’une quelconque démobilisation. J’aurais dû faire mon pronostic à midi, après les chiffres de participation et mon propre vote… 😛

En revanche, l’indicateur agrégé s’est avéré fort utile: il suffisait de le prolonger de manière plus prononcée pour Le Pen et Mélenchon (de même que mes graphiques de sondeurs avec tendances). Globalement, cela rejoint les constats faits aux Etats-Unis et c’est bien ainsi. Les sondeurs ne sont pas la vérité révélée, mais ils éclairent. Il faut toutefois tenir compte de la volatilité du dernier week-end et de leur globale prudence dans les changements de tendance (sauf CSA, mais sans succès…).

2. En attendant, la vie sondagière continue et 6 enquêtes ont été effectuées aujourd’hui. Méfions-nous, ces enquêtes sont faites très vite (l’échantillon de BVA est très réduit: TNS-Sofres ne propose que des reports de voix).

Néanmoins, elles confirment la tendance globale des derniers temps, même si Sarkozy semble légèrement à la hausse. Je publierai l’indicateur actualisé ce lundi 23 avril.

En termes de reports de voix, même si certaines données sont curieuses (toujours CSA), les chiffres montrent une amélioration limitée en faveur de Sarkozy (par ordre d’apparition: CSA, IPSOS, Harris, BVA, IFOP et TNS-Sofres, qui a réalisé le 22 avril un sondage auprès de 1515 personnes pour TF1 et Métro, avec SOPRA Group et TriElec):

– dans l’électorat Mélenchon, la situation est encore plus solide pour Hollande: 91/3/6, 86/3/11, 83/2/15, 90/6/4, 83/6/11, 85/4/11. Peut-être s’agit-il d’un simple effet de mobilisation du premier tour, le niveau de 80 étant retrouvé ensuite, ou simplement, l’effet d’une réduction du score de Mélenchon, qui est plus centré sur la gauche et donc se reporte mieux aujourd’hui.

(je précise que j’ai étalé les récents sondages, de manière à garder une certaine lisibilité à la tendance: l’axe chronologique n’est donc pas parfaitement juste en fin de période)

– dans l’électorat Joly, seul CSA nous donne des reports de 84/3/13, qui retrouvent les meilleurs niveaux pour Hollande.

– dans l’électorat Bayrou, la situation est plus contrastée mais confirme que Sarkozy a rattrapé Hollande (ce qui reste toutefois insuffisant et est peut-être seulement lié à la réduction de la base bayrouïste, donc plus au centre-droit): 40/25/35, 33/32/35, 38/32/30, 36/39/25, 32/38/30, 31/34/35. Le déchet reste important.

– dans l’électorat Le Pen, Sarkozy se renforce, mais Hollande quelque peu également, conséquence probable de la « nationalisation » (au sens de sa diffusion et de son étalement dans le pays) du vote de Le Pen, sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir en cartes: 27/52/21, 18/60/22, 17/44/39, 20/57/23, 31/48/21, 29/45/26.

– dans l’électorat qui ne s’est pas prononcé au premier tour, seul CSA donne des chiffres (28/13/59), bien différents des habituels reports fournis par OpinionWay, qui montraient régulièrement que les mouvements étaient équilibrés.

En bonus, voici une carte du vote Le Pen, qui montre la « nationalisation » de son vote: partout au-dessus de 10% sauf à Paris et dans les Hauts-de-Seine et des scores surprenants de 16,27% dans la Creuse ou près de 15% en Mayenne:

Indicateur agrégé du 20 avril 2012 et écarts entre sondeurs: les données graphiques et les pronostics pour le 1er tour de l’élection présidentielle

Demain, enfin, c’est le grand jour, le premier tour de l’élection présidentielle 2012.

Les deux prochaines semaines verront mes calculs allégés, mais j’ajouterai aux outils habituels des cartes électorales, notamment avec les zones de force de chaque candidat (répartition de leurs résultats départementaux en 5 ou 6 blocs égaux ou en tout cas cohérents), afin de nous permettre de mieux anticiper le second tour.
J’actualiserai bien entendu dès lundi l’indicateur agrégé pour le second tour.
J’actualiserai également les graphiques de reports de voix.

L’entre-deux tours est traditionnellement intense, avec les ralliements et consignes de vote (ceux de Mélenchon et Bayrou seront les plus médiatisés, mais des « trahisons » vers Hollande pourraient aussi avoir quelque retentissement), avec le débat en milieu ou fin de deuxième semaine (il est peu probable que Sarkozy en obtienne un second), mais aussi, parfois, un week-end médian agité (en 2007, le débat-rencontre hôtelier Royal-Bayrou avait assuré un spectacle, même si bien piètre), voire des événements extérieurs majeurs (en 1988, prise d’otages et assaut de la grotte d’Ouvéa, et libération d’otages au Liban; mais sans conséquence particulière… et vous savez combien cette élection de 2012 ressemble, pour moi, à 1988, même si les résultats seront, de fait, partiellement comparables à 1981).

1. En attendant, comme promis, voici le graphique de l’indicateur agrégé pour le premier tour: historique, car c’est le tout dernier (pour le second tour, j’attendrai lundi finalement, car autant ne pas embrouiller nos cerveaux encore jeunes et limités :P):

Le plus « beau », c’est le fait que Dupont-Aignan, Poutou et Arthaud apparaissent nettement désormais, ce qui nous change de la macédoine serrée qui caractérisait jusqu’ici les candidats « unitaires » (au sens de l’unité numérique).
Le pire, c’est d’avoir travaillé presque un an sur ces données, tout ça pour finir à moins de 30%… 😛

Pour le reste, le graphique parle de lui-même: que de déchets au centre-droit au sens large (Borloo-Villepin) pour Sarkozy !

2. A titre d’exhaustivité, voici le graphique du premier tour pour l’IFOP quotidien:

Au vu de ces deux graphiques, on peut quand même se demander quelle a été la proportion d’électeurs de Bayrou à rejoindre Mélenchon fin mars et en avril. Peut-être s’est-il agi seulement de doubles vases comunicants avec Hollande, d’une part, et avec l’abstention, d’autre part, mais l’effet « bobo anti-système » (Bayrou 2007, Mélenchon 2012) reste un point d’interrogation. Peut-être les résultats des grandes villes et notamment des centre-villes nous renseigneront-ils sur ce point.

3. Ensuite, voici les résultats par sondeurs qui, représentés graphiquement, heurtent moins que sous forme de tableaux de données brutes… Car les tendances apparaissent plus convergentes. Mais, évidemment, l’ordre d’arrivée et le niveau brut de chacun sera aussi décisif dans le commentaire médiatique ambiant qui prévaudra à partir de demain 20h.

Pour Hollande, la tendance à une remontée est confirmée, mais les écarts entre sondeurs se sont de nouveau élargis:

IFOP, Harris et OpinionWay restent « contra-Hollande », tandis que BVA, LH2 et IPSOS restent globalement « pro-Hollande ». CSA est erratique et TNS-Sofres semble avoir modifié son tropisme sur le long terme. Au final, la moyenne du trio IPSOS-IFOP-TNS-Sofres pointe dans la même direction que l’indicateur agrégé.

Pour Sarkozy, le retournement à la baisse est clair, mais avec des écarts de nouveau importants.

Sur le moyen terme, les tropismes des sondeurs apparaissent plus fluctuants, ce qui rend probablement notre indicateur plutôt utile en l’occurrence. Le trio plus « sérieux » semble se diriger vers 26,5, un peu en-deça de l’indicateur.

Pour Le Pen, la tendance est à une légère remontée:

Elle reste basse chez BVA et LH2 et haute chez IFOP et Harris, mais le consensus semble réellement fort vers les 16% (légèrement au-dessus pour le trio « sérieux ») et les écarts sont étonnamment faibles pour la candidate du FN. Les instituts ont-ils enfin trouvé une candidate d’extrême-droite « classique » et facile à estimer ? Les pourcentages de certitude de vote sont très forts désormais dans son électorat, selon plusieurs instituts.

Pour Mélenchon, le retournement à la baisse est confirmé, tout en restant à des niveaux substantiels au regard de l’évolution depuis janvier:

Méfions-nous de l’échelle: les écarts existent bien entre les « pro-Mélenchon » (CSA, LH2, et dans une moindre mesure, TNS-Sofres, IPSOS) et les « contra-Mélenchon » (OpinionWay, Harris, IFOP), mais il y a quand même une convergence de tendance, vers les 13,5, légèrement en-deça de notre indicateur.

Pour Bayrou, le léger rebond est rendu plus flou par un nouvel élargissement des écarts entre sondeurs:

De surcroît, les tropismes ont évolué dans le temps, même si Bayrou reste structurellement bas chez TNS-Sofres et IPSOS et structurellement plus haut chez BVA et OpinionWay, mais aussi Harris. IFOP, LH2 et, comme d’habitude, CSA, sont plus changeants (dans le cas de CSA, c’est bien entendu pire, puisque le changement est à chaque vague…). Tout cela semble assurer à Bayrou de rester au-dessus de 10, mais n’oublions pas que son électorat reste le plus incertain de son vote, de manière systématique et assez nette.

4. Venons-en donc au pronostic.

D’abord, en se contentant de prolonger l’indicateur agrégé, nous obtenons le pronostic simple suivant:
Hollande 28
Sarkozy 26,5
Le Pen 16
Mélenchon 13,5
Bayrou 10,5
Joly 2,5
Dupont-Aignan 1,5
Poutou 1
Arthaud 0,5
Cheminade 0

Je préfère toutefois corriger ces chiffres pour fournir un autre pronostic, plus personnel (étant entendu que mon passé en termes de pronostics électoraux est mauvais, voire très mauvais 😛 Mais c’était sans indicateur agrégé !).

A l’indicateur, j’applique des correctifs tentant d’anticiper successivement:
– la dynamique ou tendance (fruit de la statistique sondagière et de l’ambiance médiatique),
– la mobilisation (fruit du travail de terrain et de la motivation des électeurs potentiels),
– l’abstention (fruit de la sociologie de l’électorat potentiel),
– le vote utile (fruit du positionnement anticipé de chaque candidat, du passé électoral et des effets des résultats anticipés, favorables ou non).
Pour les plus petits candidats, il faut compter une sorte de « prime dispersion« , souvent vérifiée.
Enfin, les biais des sondeurs semblent s’être équilibrés dans l’indicateur agrégé (c’était le but!) et je n’en tiens donc pas spécialement compte.
De même que le résultat du trio IPSOS/IFOP/TNS-Sofres traditionnellement le plus fiable, même si cette élection pourrait rebattre les cartes.

Ainsi, je vous propose les scores suivants:
Hollande +0,5 / -1 / -1 / +0,5 soit 26,7
Sarkozy -1 / 0 / +1 / +0,5 soit 27,6
Le Pen +0,5 / -0,5 / 0 / -1 soit 14,8
Mélenchon +0,5 / +1 / -1 / -0,5 soit 13,8
Bayrou -0,5 / 0 / +0,5 / -0,5 soit 9,6
Joly 0 / 0 / 0 / -0,5 soit 1,9
Dupont-Aignan +0,5 / 0 / +0,5 / 0 soit 2,5
Poutou +0,5 / +0,5 / 0 / 0 soit 2,1
Arthaud 0/ 0 / 0 / 0 soit 0,8
Cheminade 0 / 0 / 0 / 0 soit 0,2

Cette précision sera bien entendu ridiculisée par les résultats finaux, mais il faut bien essayer de se fixer sur des niveaux particuliers…

Maintenant, les commentaires et pronostics sont libres 😉

5. A titre de post-scriptum, je cite le blog « my science work », qui fait l’honneur à ce modeste blog artisanal de le citer dans un article général sur les sondages:
http://blog.mysciencework.com/2012/04/20/il-faut-savoir-des-methodes-de-sondage.html

Indicateur agrégé du 20 avril 2012: les données brutes

1. Je posterai plus tard ce samedi:
– un graphique actualisé de l’indicateur agrégé, au premier comme au second tours,
– des graphiques reprenant les données par sondeur, afin de repérer les biais,
– un pronostic, en plus de cet indicateur, en essayant de tenir compte de la mobilisation, de l’abstention, des tendances et des biais des sondeurs (exercice purement spéculatif mais hautement jouissif – à ce propos, vous pourrez peut-être attendre ce deuxième article pour poster vos propres pronostics en commentaires; mais si certains ne peuvent plus se retenir, n’hésitez pas, sur cet article-ci :P). Je redoute que mobilisation, abstention, tendances et tropismes s’annulent pour finalement nous ramener à cet indicateur qui aura rythmé les semaines depuis mai dernier (pour les anglophones) ou octobre dernier.

Je conseille également la lecture de l’article précédent, posté peu avant minuit et récapitulant la rafale de sondages de vendredi, pour ceux qui en auraient manqué quelques-uns (bien qu’ils réservent peu de surprises par rapport à leurs tropismes habituels).

2. Toutefois, sans attendre, voici, ci-contre, les données de notre indicateur actualisé au 20 avril 2012 et donc exhaustif de tous les derniers sondages publiés et pondérés, soit 24 sondages et un échantillon équivalent de 23 127 personnes.

Hollande repasse devant Sarkozy, même si de peu.
Le Pen reste devant Mélenchon.
Bayrou peine toujours et Joly stagne toujours.
Dupont-Aignan et Poutou émergent quelque peu.

Au second tour, Hollande retrouve les 55%.

 

Derniers sondages IPSOS, BVA, CSA, TNS-Sofres, Harris et IFOP quotidien: dispersion défavorable à Sarkozy, incertitude sur le niveau de Hollande, qui se renforce cependant au second tour

 

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde
18-19 avril 2012
échantillon: 1021 

Hollande 29
Sarkozy 25,5
Le Pen 16
Bayrou 10
Mélenchon 14
Joly 2
Arthaud 0
Poutou 1,5
Dupont-Aignan 1,5
Cheminade 0,5

Hollande 56
Sarkozy 44

___________________________

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui en France
18-19 avril 2012
échantillon: 2161

Hollande 30
Sarkozy 26,5
Le Pen 14
Bayrou 10
Mélenchon 14
Joly 2
Dupont-Aignan 2
Arthaud 0
Poutou 1,5
Cheminade 0

Hollande 57
Sarkozy 43

___________________________

Harris Interactive
VSD, LCP-Assemblé Nationale
18-19 avril 2012
échantillon: 1068

Hollande 27,5
Sarkozy 26,5
Le Pen 16
Bayrou 11
Mélenchon 12
Joly 3
Dupont-Aignan 2
Arthaud 0,5
Poutou 1,5
Cheminade 0

Hollande 54
Sarkozy 46

___________________________

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
18-19 avril 2012
échantillon: 1005 inscrits sur un total de 1134

Hollande 28
Sarkozy 25
Le Pen 16
Bayrou 10,5
Mélenchon 14,5
Joly 2
Dupont-Aignan 1,5
Arthaud 1
Poutou 1,5
Cheminade 0

Hollande 57
Sarkozy 43

___________________________

TNS-Sofres-SOPRA Group
i-Télé
18-19 avril 2012
échantillon: 1000

Hollande 27
Sarkozy 27
Le Pen 17
Bayrou 10
Mélenchon 13
Joly 3
Dupont-Aignan 2
Arthaud 0
Poutou 1
Cheminade 0

Hollande 55
Sarkozy 45

1. Les livraisons du jour, avec la dernière publication de l’IFOP quotidien, sont plus nombreuses que prévu et se téléscopent quelque peu. Tous les sondeurs ont fait l’effort de dépasser l’échantillon de 1000, même ceux habitués à 900 ou moins… Et BVA se donne des airs d’IFOP.

Pour mémoire, le dernier IFOP quotidien pour Paris-Match et Europe 1 (réalisé du 17 au 20 avril auprès de 2592 inscrits) donne:
Hollande 27
Sarkozy 27
Le Pen 16
Mélenchon 13,5
Bayrou 10,5
Joly 3
Dupont-Aignan 1,5
Poutou 1
Arthaud 0,5
Cheminade 0

Hollande 54
Sarkozy 46

Ces enquêtes placent Sarkozy au mieux à égalité avec Hollande, mais généralement en dessous (entre 25 et 27, même si plutôt vers 27), notamment en raison d’un Dupont-Aignan relativement « fort » (1 à 2% et plutôt 1,5 à 2) et d’une Le Pen résistante (de 14 à 17% et plutôt vers 16).

A l’inverse, Hollande est plutôt dans une bonne dynamique (de 27 à 30%, même si plutôt en bas de cette fourchette), mais il reste évalué avec un écart important, alors que Mélenchon, sans parvenir à dépasser Le Pen, arrondit son évolution vers un solide 14 (de 12 à 14,5%).

Il est peut-être légèrement affecté par la mini-dynamique Poutou (à 1-1,5%), qui semble en revanche assécher Arthaud. Quant à Joly, elle stagne toujours à 2-3%. Cheminade reste proche de 0%.

2. Au second tour, Hollande est compris entre 54 et 57, ce qui le replace à un niveau fort et a priori irrattrapable.

Cela se base notamment sur des reports de voix (respectivement BVA, TNS-Sofres et IPSOS)
qui restent très élevés à partir de l’électorat Mélenchon: 83/5/12, 82/6/12, 80/7/13,
qui s’améliorent dans l’électorat Le Pen sauf chez IPSOS: 24/48/28, 27/40/33, 12/45/43,
et qui ne se tassent que marginalement dans l’électorat Bayrou: 32/34/34, 32/33/35, 33/35/32.

Selon BVA, les électeurs Joly se reportent à 83/4/13 et ceux de Dupont-Aignan (2% chez BVA, rappelons-le) à 24/48/31, ce qui paraît cohérent même si un peu sévère pour Sarkozy.