Election à la présidence de l’UMP: quelle importance de la « dernière ligne droite » ?

1. Alors que la campagne commençait de sérieusement se tendre, avec des « petites phrases » plus directes, sur le caractère clivant d’un cîté, le caractère taiseux de l’autre, voilà que Fillon a de nouveau des ennuis de santé…
Est-ce qu’une tendance ultime, différente, peut se mettre en place et déjouer des pronostics trop faciles d’une victoire de Fillon ? C’est bien possible.

En tous les cas, cet ennui de santé va apparemment l’empêcher de faire campagne jusqu’à vendredi.
En termes de dynamique, ce n’est évidemment pas favorable, même si Wauquiez, Ciotti et Pécresse se démultiplient. Du point de vue du flux de l’actualité médiatique, l’âpreté du moment à gauche (compétitivité et TVA renforcent une sourde tension) et l’élévation du degré d’affrontement sur le projet d’accorder la possibilité du mariage aux homosexuels peuvent créer un élan polarisant et donc plus favorable à Copé, arc-bouté sur la nécessité de « dire les choses ».

Déjà, il a « loupé » (en partie) l’Indre et (totalement) l’Allier (pas de grosses fédérations, mais probablement des lieux typiques d’indécision persistante) aujourd’hui. Demain, il manque Loire (un morceau important et a priori peu favorable) et Haute-Loire (moins grave, tant le fief de Wauquiez semle acquis). Après-demain, il manquera Vaucluse et Gard, deux départements assez significatifs et terres de mission pour Fillon… Espérons pour lui qu’il puisse effectivement aller dans l’Hérault et la Drôme samedi et en Corse dimanche, puis qu’il puisse réellement se rendre dans les départements « frustrés ».

En termes de présence de terrain, Copé peut ainsi prendre un avantage inespéré. Mais est-il si sûr que les efforts de dernière heure portent vraiment ? Romney est là pour dire que cela peut être fort illusoire… même si, bien sûr, les proportions et les circonstances sont fort éloignées.

En termes d’image, après l’accident de scooter, ces calculs rénaux récurrents peuvent affaiblir un Fillon qui avait eu quelque difficulté à imposer l’idée qu’il n’était pas un mou. Copé pourra continuer de filer la métaphore aisément… Mais la « victime » Fillon ne sera-t-elle pas d’autant plus appréciée qu’il semble seulement que ce soit son engagement total qui soit en cause… Nous sommes là dans des catégories psychologiques qui sont totalement imprévisibles.

En termes de débat sur les différences Fillon-Copé, il avorte alors qu’il commençait juste de se tendre, voire de déraper, et c’est finalement une bonne chose que cet événement oblige quelque peu à « décrisper » la situation, avant qu’elle ne s’envenime trop. Le raccommodage sera plus aisé ensuite et les médias de gauche auront plus de difficulté à « souffler sur la braise ». En l’occurrence, cela semble plutôt favorable à Fillon.

En termes de ralliement, les faux « nouveaux » soutiens s’équilibrent et il n’est pas sûr que l’officialisation du ralliement de Peltier à Copé soit si positive, tant ce jeune trop pressé agace à l’intérieur de l’UMP. A l’inverse, les quelques millimétriques mouvements de Juppé vers Fillon ne seront sûrement pas suffisants; mais là encore, le soutien de celui qui s’est un peu démonétisé lui-même et dont la modération  politique, économique et sociétale actuelle l’éloigne plutôt du coeur de l’UMP n’est peut-être plus aussi important qu’avant.

En termes de mobilisation, il semble que le numéro spécial du « magazine de l’Union » soit arrivé aujourd’hui chez tous les adhérents à jour de cotisation. Mieux qu’au PS (non, je ne plaisante pas, le congrès de Toulouse a été tellement « rétrograde » que, franchement, l’UMP offre, en interne, une ouverture de bon aloi), il comprend tous les textes des motions, les professions de foi des deux candidats, la charte des valeurs, les instructions très pratiques de vote sur place et de procuration et surtout la liste de tous les bureaux de vote: quasiment un par circonscription ! De ce point de vue, la publicité est assurée et les conditions sont réunies pour une forte participation, comme le souhaitait Fillon.
En revanche, moins le département est peuplé, plus la distance au bureau de vote s’allonge et beaucoup d’électeurs potentiels de Fillon risquent bien d’être un peu découragés de voter.
Ici encore, difficile de faire la part des choses.

En termes de scénario, Copé fait évidemment le coup de la « surprise », la « grosses surprise », mais le succès absolu des sondages et surtout des agrégations de sondages aux Etats-Unis (que ce soit pour la présidence, les sénatoriales, les élections à la chambre ou aux gouvernorats) tendrait plutôt à se reposer sur les tencances déjà établies.
Mais, une fois de plus, nous sommes sur des échantillons non concordants avec le corps électoral du 18 novembre. En outre, la raréfaction déjà relevée des enquêtes sur cette élection rend dangereux pour Fillon tout sondage isolé qui le donnerait moins gagnant que la vague de juillet-septembre. Il y a là un vrai risque de sur-interprétation et de sur-utilisation médiatique et copéiste de ce qui serait alors vu comme le signe avant-coureur d’un resserrement et donc d’un possible retournement.
La fable contée avant l’élection américaine devrait en revanche rassurer Fillon: si les fondamentaux sont bons, foin de l’écume médiatique… Mais justement, les fondamentaux ne sont pas si sûrs….

Bref, le suspense est bien là et tant mieux pour les passionnés, mais je crains aussi que l’incertitude n’aboutisse à un résultat étriqué et porteur de futures divisions et guérillas sourdes pour l’UMP.

2. Peut-être est-il temps de se mouiller et de publier une carte sans « toss-ups« , sans incertitudes géographiques:

Si c’est aussi réussi que mon pronostic floridien, vous pourrez bientôt vous gausser. Mais comme je n’ai vu personne d’autres, dans tout notre beau pays, tenter ouvertement l’exercice, j’aurai au moins la petite vanité d’avoir été le seul (ou le premier). Comme j’aimerais, surtout, voir fleurir d’autres tentatives du même accabit… 🙂

Je rappelle néanmoins qu’il faut voir dans cette carte un échelonnement de forces relatives, une hiérarchie entre départements, davantage qu’un pronostic brut du vainqueur par département. Peut-être que Fillon gagnera du bleu clair, mais s’il le fait par des marges moindres que dans le rouge clair, alors ma carte sera bonne, et inversement.

Je m’apprêtais à faire basculer les Hauts-de-Seine pour Fillon, mais sa relative absence d’Ile-de-France les derniers temps et le mini-battage autour de Jean Sarkozy m’en ont dissuadé.
Je prends en revanche le risque de situer la Marne et les Ardennes dans la colonne Fillon, en me disant que le Nord-Est est conservateur et « moral », mais pas forcément -au niveau de l’UMP- aussi sécuritaire et populiste que le Sud-Est. Et les influences d’Apparu, de Poletti et de Bertrand peuvent jouer.

Certains départements modérés (Loire-et-Cher, Côte-d’Or) peuvent surprendre en bleu. Mais, justement, les militants plus modérés sont déjà partis à l’UDI.
D’autres choix sont davantage liés à l’histoire (jusqu’à l’élection de 1999 à la présidence du RPR d’ailleurs) qu’à des éléments très récents d’analyse, il faut bien l’admettre (Ariège, Indre, Creuse, Ardèche), mais l’étroitese des corps électoraux potentiels dans ces départements rend de toute façon le pronostic fort aléatoire.

Au final, cette carte reste peu encourageante pour Fillon, car il a peu progressé dans les grosses fédérations, sauf dans le Var et les Alpes-Maritimes, mais il doit absolument espérer être haut partout pour compenser les « machines » locales qui joueront à plein pour Copé (Gaudin, les Dassault, Daubresse, etc.).

Que les adhérents de l’UMP ne peuvent-ils méditer le lourd échec du candidat républician à la sénatoriale de l’Indiana, Richard Mourdock, un tea-partier qui avait délogé le grand modéré Richard Lugar dans la primaire républicaine et qui se fait étriller dans cet Hoosier State par un démocrate habile et pourtant pas initialement favori. Un cas presque caricatural de ce qu’il ne faut pas faire… Le Montana (sénatoriale et gouvernoriale) est aussi à méditer.
Vous voulez gagner en 2017 ? Votez Fillon, voyons ! 😉

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Election à la présidence de l’UMP: le débat ne changera pas les rapports de forces

1. Cette longue campagne pour la présidence de l’UMP a laissé plusieurs occasions, plusieurs moments importants aux duellistes pour prendre ou reprendre l’avantage. De manière fort surprenante, l’équipe Fillon s’en est fort bien tirée, malgré une base de départ beaucoup moins importante et structurée, une ambition moins « naturelle » et un accident de scooter inopportun…

En matière de campagne interne, une petite bataille de communication est en cours, pour montrer que chacun est le plus présent sur le terrain et a accumulé le plus de rencontres. Comme sur les parrainages, le camp Fillon réussit toutefois à éviter que le camp Copé ne paraisse vainqueur, alors que l’assistance aux réunions est probablement à l’avantage de Copé.

Sur le plan des ralliements, Méhaignerie a rejoint Fillon, mais ce n’est pas une surprise. Patrick Karam aussi: la presse en a fait un peu de cas, à cause de la « diversité » et de l’anticipation éventuelle de quelques frictions avec Copé sur le sujet, mais, en termes d’impact électoral interne, c’est à peu près nul, même s’il peut encore disposer de relais outre-mer. Penchard soutient également Fillon. Ceci étant dit, l’essentiel de l’UMP en outre-mer, en termes d’adhérents, se concentre plutôt dans le Pacifique. Localement et concrètement plus important, le soutien de Joyandet à Fillon permet à ce dernier de confirmer la Haute-Saône, voire d’être plus compétitif dans le Doubs; le soutien de Doligé, après celui de Grouard, lui assure probablement définitivement le Loiret.
La géographie finale de ce duel reste une inconnue fort intéressante…

Finalement, que ce soit sur la déclaration de candidature, sur les parrainages, sur les ralliements et soutiens, sur la campagne de terrain, Copé n’aura pas réussi à prendre le dessus.
Avant même le débat, il en avait minimisé l’enjeu et réduit l’importance de ce qui devait être sa dernière chance importante de renverser la dynamique.

2. Et, de fait, ce débat ne devrait pas changer sensiblement les rapports de forces. Chacun est apparu tel qu’en lui-même.

– Lors de la phase individuelle, Fillon a été pugnace face aux journalistes et n’a rien cédé. L’épisode Peugeot lui a permis de défendre Sarkozy. L’épisode « mariage homosexuel » de tenir une position à la fois courageuse et légaliste. Il est apparu relativement serein et a plutôt amélioré son image, en n’étant justement pas fuyant et en retournant cette critique à son avantage. Son pompidolo-barrisme était plutôt bien emballé. Il a pu reprendre son stump speech habilement et fermement.

Lors de cette phase individuelle, Copé est apparu un peu caricaturalement comme la copie de Sarkozy: le « bon. je crois que… » faussement gentillet et calme pour démarrer les réponses (avant de monter en gamme et de froncer les sourcils) était une copie conforme !! Plus tendu, il a toutefois pu « cocher toutes les cases »: droite décomplexée, sécurité, dynamisme, anti-parisianisme et bien-pensance de gauche, petit couplet libéral à destination des entrepreneurs, commerçants, artisans, voire agriculteurs. L’importance démesurée du pain au chocolat a cependant pu créer un effet de différence dévalorisant pour lui, Fillons’étant positionné comme le futur Président de la République.

– Lors de la phase de duel, Copé a été, en revanche, légèrement meilleur. Plus à l’aise, mieux posé, il a été plus clair. Fillon a ramé sur le « ni, ni » et il a été imprécis sur l’ISF. Mais Fillon n’a pas été écrasé et, pour les initiés, il a décoché quelques piques cryptées sur leurs positionnements passés (voile islamique, Europe, etc.). Fillon a été meilleur sur le sarkozysme et a très habilement évacué la question de la présidentielle de 2017, en se plaçant au-dessus et en parlant de la France. Mais Copé a été plus tranchant et moins laborieux; il pourra aussi se targeur d’avoir été « réglo » et de ne pas avoir agressé Fillon.

3. Le bilan peut donc apparaître comme négatif comme Copé, en ce sens qu’il a perdu la dernière chance importante de renverser la tendance ou de créer une dynamique différente. Ce match nul annule tout renversement de dynamique. Cahin-caha, le bruit médiatique va donc nous porter jusqu’au 18 novembre sans grande nouveauté (bon, heureusement, il y a les vacances et, peut-être, une nuit de vrai suspense le 6 novembre, à guetter l’Ohio, tout en surveillant Virginie, New Hampshire, Iowa, voire Colorado – la Floride arrivant probablement trop tard…).

AJOUT DU 26 OCTOBRE: L’absence de tout renversement de dynamique et la confirmation d’un flux positif pour Fillon (ou, en tous les cas, de l’absence de mauvaise nouvelle pour lui) sont aujourd’hui renforcés par le soutien de Bertrand à Fillon. Rien de vraiment surprenant, mais Bertrand aurait pu jouer le soutien à un Copé défait, histoire de gagner en poids face à Fillon, mais les troupes de Copé ne sont pas « gagnables » par Bertrand et celui-ci n’aurait rien gagné du tout. Rien de décisif non plus, mais, localement, cela va avantager Fillon sur des terres a priori plutôt favorables, sociologiquement, à Copé: Aisne bien sûr, mais peut-être aussi Ardennes (même si Warsmann est toujours neutre, à ma connaissance) et Somme.

Chacun a pu réaffirmer son positionnement:
– droite décomplexée, anti-politiquement correct, batailles électorales de bas en haut, références à Sarkozy et au sarkozysme d’un côté,
– valeurs traditionnelles de la droite, enjeux nationaux et européens, combat présidentiel prioritaire, réalisme à l’égard du quinquennat passé de l’autre côté.

Mais est-il si sûr que cette situation soit si favorable à Fillon ?
Le débat est probablement sans effet sur les rapports de forces, mais que sont réellement ces derniers, au plus profond du peuple de droite ?

D’abord, Fillon a continué de parler aux Français. Les adhérents de l’UMP y seront-ils sensibles ? Se diront-ils qu’il faut aussi, tactiquement, plaire aux Français pour gagner les élections ? C’est une vraie inconnue et la dernière chance pour Copé que les sondages soient en réalité décalés. L’activisme sociétal du gouvernement (mariage homosexuel, sexualité à l’école, morale laïque, salles de shoot, etc.) pourrait bien favoriser Copé en mobilisant la dimension des valeurs dans le vote des adhérents de l’UMP.

Ensuite, il y a la mobilisation le 18 novembre, directe ou par procuration. Mais la longueur même de la campagne devrait assurer une bonne participation et réduire l’éventuel avantage de mobilisation d’un camp Copé plus « militant » et organisé. Cet avantage reste toutefois réel, car la participation aux réunions de campagne de Copé est incontestablement plus importante que celle des déplacements de Fillon. Cela n’a jamais constitué un critère de bon résultat électoral final, sauf qu’il s’agit ici d’un vote militant interne.

Il convient donc de rester prudent. Et, même si Copé n’a peut-être pas réussi à inverser la tendance ce soir, il s’est à tout le moins positionné comme incontournable pour la suite, car, comme après la campagne présidentielle, il pourra dire qu’il a tout fait pour ne pas affaiblir son camp et il aura aussi réussi, par le simple effet de l’image nivelante du débat, à se replacer un peu plus au niveau de Fillon, alors qu’il avait perdu son statut en étant trop offensif et droitier et en se posant comme supplétif de Sarkozy.

Peut-être Copé jouait-il en fait un score simplement supérieur à 45%… Et j’ai déjà pu dire combien une victoire trop étriquée de Fillon serait problématique pour la droite… Ah si Hollande et Zayrault pouvaient adhérer à l’UMP et voter Copé 😉

En tous les cas, les deux compères auront, par le biais de ce débat, assis leur domination sur l’UMP, car, maintenant, le ralliement d’un Bertrand, le poids d’un Juppé, les velléités d’une NKM ou même d’un Le Maire se retrouvent bien diminués par le seul effet de cette personnalisation et de cette médiatisation, appuyés sur des rencontres militantes qui auront, au final, touché une très grande proportion de militants.

Election à la présidence de l’UMP: la dynamique Copé ne parvient pas (encore ?) à s’imposer

1. Un sondage TNS-Sofres pour i-Télé, réalisé le 30 août 2012 auprès de 1000 internautes (la précision est ainsi donnée: il ne s’agit pas de Français interrogés par Internet, mais d’internautes, sans que l’on sache quelle a été la différence de recrutement, puisque l’échantillon est toujours censé être représentatif de l’ensemble de la population), pose des questions différentes des désormais réguliers sondages IFOP mais tend vers le même constat d’une prédominance persistante de Fillon.

A la question « qui est en train de gagner ou de perdre des points ? » dans la campagne pour la présidence de l’UMP, les résultats sont les suivants parmi les sympathisants UMP (gagner/perdre/ni l’un ni l’autre/sans opinion):
Fillon 64 / 11 / 14 / 11, soit un solde positif de 53 (dans l’ensemble de la population, solde positif de 33)
Copé 37 / 32 / 19 / 32, soit un solde positif de 9 (dans l’ensemble, solde négatif de 5)
NKM 11 / 22 / 44 / 23, soit un solde négatif de 11 (dans l’ensemble, solde négatif de 14)
Le Maire 6 / 18 / 40 / 36, soit un solde négatif de 12 (dans l’ensemble, solde négatif de 8)

A la question du meilleur opposant à Hollande (question qui peut aller dans le sens du Fillon parlant déjà de 2017 comme du SG Copé omniprésent en radio pour commenter chaque mesure ou non-mesure de l’exécutif), les résultats sont les suivants, respectivement dans l’ensemble de l’échantillon, chez les sympathisants UMP, chez ceux du FN, chez ceux du Parti Radical et chez ceux du MoDem:
Fillon 63 / 68 / 60 / 74 / 71
Copé 18 / 24 / 22 / 16 / 10
NKM 11 / 5 / 9 / 4 / 9
Le Maire 8 / 3 / 9 / 6 / 10

Chez les électeurs du 1er tour de 2012 ayant voté Sarkozy, Le Pen et Bayrou respectivement:
Fillon 71 / 60 / 66
Copé 20 / 26 / 24
NKM 7 / 6 / 7
Le Maire 2 / 8 / 3

Plusieurs confirmations ici:
les autres candidats que Fillon et Copé sont marginalisés et reçoivent le peu de soutien dont ils disposent de l’extérieur de l’UMP,
plus on se rapproche de l’UMP ayant voté Sarkozy, plus Fillon est fort: il est le candidat « légitimiste »,
Fillon se positionne de manière plus modérée que Copé, même s’il reste également dominant chez les sympathisants et électeurs FN.

Un nouvel élément, même s’il ne tient pas compte des « mouvements » les plus récents de la campagne:
la dynamique Copé ne semble pas accrocher, avec un jugement positif et majoritaire seulement sur la campagne de Fillon et même plus positif chez les sympathisants UMP (normalement plus attentifs aux rebondissements de la campagne et des ralliements, notamment chez les « internautes » interrogés par TNS-Sofres) que dans l’ensemble de la population. Une bonne surprise pour l’éclopé de Capri !
Cette dynamique beaucoup moins forte qu’attendu peut avoir des effets psychologiques sur les partisans de Copé, mais aussi influencer les hésitants et alimenter donc une série de ralliements à Fillon certes tardifs mais qui pourraient s’égrener dans le temps et assurer un « flux » d’informations positif (quelle que soit la « vraie réalité »).
Etant donné le contrôle de l’appareil par Copé, sa course à l’échalotte sarkozyste caricaturale, sa langue de bois encore plus en bandoulière qu’à l’accoutumée et son culot décuplé, cette dynamique défaillante, alors qu’on nous expliquait que Fillon était parti trop tôt, est un élément de surprise qui a pu écorner l’image d’efficacité et de puissance de Copé auprès des médias (que ceux-ci l’aiment ou pas, d’ailleurs).

Graphiquement, voici ce que cela donne aujourd’hui:

2. Les événements de la campagne ne semblent pas, de fait, pour le moment, bouleverser les données pour Fillon et Copé:

– l’entrée en lice de Guaino est symbolique et ne durera pas: dès le 18 septembre, l’illusion sera dissipée, à moins qu’il ne reçoive 500 parrainages par jour… On nous présente sa candidature comme une tentative d’affaiblir Fillon (Guaino étant un » gaulliste social », un séguiniste, un proche de Sarkozy et, en creux, Fillon ne l’étant donc pas ou plus), mais on pourrait facilement objecter qu’il n’a pas trouvé non plus ces qualités chez Copé. En outre, le fait que la rumeur ait évoqué (sur quels fondements ?) un tandem Le Maire/Guaino (voire un trio Le Maire/Guaino/Estrosi) montre bien que l’idéologie n’a en ralité rien à voir là-dedans. Quoi qu’il en soit, la popularité et la crédibilité proches de zéro de Guaino, tant auprès des électeurs potentiels que des… journalistes, assurent Fillon qu’il ne s’agit là que d’un minuscule bruit temporaire dans une campagne qui continue. Les chamailleries au PS ont d’ailleurs largement occulté l’accès de gloriole de Guaino.

– le ralliement de Woerth à Fillon -que certains médias ont qualifié de « sans surprise »- me semble au contraire une plutôt bonne nouvelle pour ce dernier. Pour beaucoup de Français, il est associé à Bettencourt. Mais pour les adhérents UMP, il est d’abord, dans l’Oise et avec la maire de Beauvais, Caroline Cayeux, un contrepoids important aux Courtial, Marini, Dassault qui soutiennent Copé. Il est aussi un ministre réformateur « fort », plutôt libéral et rigoriste, qui reste apprécié par la base sarkozyste. Il est enfin, pour les connaisseurs, un ex-juppéiste et, étant donné son pedigree, pourrait annoncer un futur ralliement de personnalités comme Le Maire ou Apparu, qui occupent, peu ou prou le même créneau. D’ailleurs, Le Maire a donné quelquessignes de proximité de fond avec Fillon.

– le ralliement d’Estrosi à Fillon est évidemment une nouvelle fort importante. Dans les Alpes-Maritimes, quoi qu’en disent les copéistes, Fillon part désormais avec un bagage beaucoup plus solide: Estrosi, Ciotti et, marginalement, Léonetti, plus l’électorat âgé, cela pèse au moins autant que Tabarot, Luca et les militants durs et les plus à droite. Comme le Var est également loin d’être perdu pour Fillon (même si Falco semble discret dans son soutien à ce dernier), Fillon part beaucoup moins mal dans le sud-est que prévu, malgré sa probable défaite dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, le Gard et l’Hérault.
D’autre part, Estrosi efface évidemment une partie des efforts de Copé pour apparaître comme l’héritier de Sarkozy. Au final, Fillon, Premier ministre de Sarkozy pendant 5 ans tout en ayant fait apparaître des nuances et des différences, se retrouve mieux positionné qu’un Copé contraint de singer Sarkozy jusqu’au bout (et donc jusqu’à la … défaite, puisque Sarkozy, rappelons-le, a perdu la présidentielle) et peut, comme Jospin à l’égard de Mitterrand, conserver la bonne part de l’héritage sans les défauts et les excès. La comparaison avec le duel Jospin/Emmanuelli de 1995 serait d’ailleurs intéressante à « filer » et je serais heureux que les fins connaisseurs du PS des années 1990 nous éclairent à ce sujet 😉

– la critique copéiste d’une campagne de « militants » contre une campagne de « notables » ou de « barons » ne tient plus vraiment après le ralliement d’Estrosi, de Ciotti ou de Woerth; et Raffarin, Vautrin, Gaudin, Karoutchi, Daubresse, etc. sont-ils autre chose que des barons ? Au bout d’un moment, comment différencie-t-on un notable d’un militant ? La critique pourrait d’ailleurs s’inverser: celle d’une campagne d’élus locaux (précisément ceux qui peuvent gagner en 2014, le fameux objectif de Copé…) contre une campagne d’apparatchiks.

la campagne de Fillon, au diesel, voire au bio-carburant artisanal, conserve finalement des cartouches que celle de Copé grille probablement trop vite. Copé a déjà vu Jean Sarkozy et l’événement a été noyé par le ralliement d’Estrosi, la sortie de Désir et un énième sondage négatif pour l’exécutif. Copé a déjà révélé tout son organigramme de campagne, mais aussi son ticket Président/Vice-Président/Secrétaire Général (il aurait pu au moins distinguer les deux étapes et créer donc deux événements). Il reste pourtant presque 2 mois et demi de campagne. Pour une présidentielle, c’était déjà long, alors, pour une présidence de parti…

A cet égard, j’aimerais bien spéculer à l’envie sur les candidats VP et SG de Fillon, mais l’équation est très difficile.
Pécresse semble assurer d’une des 2 places simplement parce qu’elle est une femme. Mais cela rend le trop-plein d’autant plus problématique pour l’autre place (voire les 2 autres si l’on inclut la présidence du Conseil national, un hochet qui a suffi pour Raffarin chez Copé): Estrosi peut être exigeant, Wauquiez ne doit pas être contrarié, Bertrand ne peut déjà être écarté, Juppé doit pouvoir être accueilli et les non-RPR d’origine ne doivent pas être oubliés (même si certains peuvent considérer que Wauquiez remplit ce critère).
Bref, on imagine plutôt une Pécresse VP, un Estrosi ou un Bertrand SG, un Wauquiez porte-parole, un Ciotti directeur de campagne, un Juppé éventuellement président du Conseil national (ou Bertrand ?), mais tout cela est loin d’être évident.
Remarquons simplement que ceux qui ont fait acte de candidature (sans espoir en réalité) n’ont pas du tout augmenté leur « prix », contrairement à ce que tout le monde pensait, mais se sont au contraire démonétisés, en raison de la marginalisation dans les sondages précédemment évoquée: NKM, Le Maire, Dord. Même le regroupement des forces envisagés par les « petits » ou les appels de NKM aux juppéistes ne cachent pas qu’à court terme, leur engagement n’est pas vraiment payant; certes, à plus long terme, le fait d’avoir tourné dans les fédérations et de s’être fait nationalement un peu plus connaître ne sera peut-être pas totalement perdu.
De même, ceux qui attendront trop risquent de ne plus pouvoir peser: Baroin reste probablement trop silencieux, Accoyer prend des risques en la jouant comme un banal Gaëtan Gorce ou un vulgaire Julien Dray en réclamant un changement de règles à 15 jours de l’échéance du dépôt des parrainages.
Seul Juppé peut se permettre d’attendre quasiment jusqu’à la dernière semaine (ou au moins jusqu’au lendemain du ou des débat(s) télévisé(s)), car sa décision sera évidemment, per se, un événement de campagne majeur, quelle qu’elle soit.

– parmi ceux qui attendant, le cas Bertrand mérite un traitement particulier. A force d’hésiter, il va finir par être le seul à penser que « son prix monte », car les équipes sont presque en place et les équilibres internes s’établissent déjà. Il affirme aujourd’hui qu’il est au-dessus des 7924 parrainages nécessaires à une candidature, mais c’est invérifiable et beaucoup de signatures peuvent être invalidées (votre serviteur s’apprêtait à signer pour Fillon et il aurait abusivement fait monter le total de ce dernier…). Surtout, l’annonce par ses proches de cette « nouvelle » est arrivée curieusement au lendemain du ralliement d’Estrosi.
Bref, à trop attendre, il risque même de ne pouvoir trouver de place chez Fillon. Et qu’on ne nous explique pas que NKM ou Le Maire pourraient le soutenir… Ils se considèrent forcément comme plus talentueux (politiquement, électoralement, techniquement, intellectuellement) que lui…
Bertrand semble lui-même prendre conscience qu’il ne peut plus trop attendre; prosaïquement, parmi les parrainages qu’il a déjà reçus, s’il veut en solliciter les signataires pour qu’ils parrainent finalement un autre, il faut aussi un peu de temps pour les recontacter…
Aujourd’hui, avec un Fillon qui fait plus que résister à la machine Copé, normalement, Bertrand devrait tomber là où il penche.

3. Un autre « cas », c’est Nicolas Sarkozy.

Il est exclu qu’il prenne ouvertement position pour un candidat. Mais est-il envisageable qu’il laisse filtrer des signaux clairs ?
Je ne le crois pas, d’autant que les copéistes se répandent à l’envi sur le fait que Sarkozy privilégierait Copé puisque celui-ci s’est engagé à se retirer en cas de retour de Sarkozy. En dehors du fait que cela ne marque pas un caractère de chef si trempé de la part de Copé, je n’imagine pas que quiconque puisse imaginer que Copé, une fois président de l’UMP (et s’accrochant quel que soit le résultat des élections intermédiaires de 2014-15, ce qui ne serait peut-être pas le cas de Fillon), puisse faire l’impasse sur 2017. De toute façon, il sait très bien que les allégeances changeront, que 2017 est fort éloigné à l’échelle du temps politico-électoralo-médiatique et que les « affaires » n’ont pas encore rattrapé et englouti Sarkozy mais qu’elles suivent leur bonhomme de chemin.
Je pense en réalité, contrairement à ce qui est partout dit et écrit, que Sarkozy préférerait un Fillon vainqueur car le contraste serait plus aisé à établir et une position de « recours » et de « sauveur » bien plus évidente à prendre en 2016-17. En outre, Sarkozy connaît bien la psychologie et la personnalité de Fillon depuis 2005 en particulier et il sait comment procéder pour le mettre en difficulté, le contrôler et le dominer.

Quand bien même Hortefeux serait chargé de délivrer des signaux clairs, ceux-ci seraient-ils un atout ?
Il est certain qu’une partie de la base UMP en serait satisfaite, mais cela rapporterait-il vraiment un supplément de voix à Copé ? C’est peu probable directement. En revanche, ce serait évidemment le « bruit » médiatique qui lui donnerait une avantage dynamique certain en interne à l’UMP (en externe, c’est évidemment autre chose…).

4. Au-delà de ces supputations, il reste que beaucoup de facteurs peuvent se transformer en autant d’obstacles sur la route de Fillon (pardon pour cette énième métaphore de mauvais goût… un comble pour un filloniste déclaré !).

– L’ossification et la cicatrisation des ligaments de Fillon sont bien entendu un premier facteur important dans sa campagne: son état de santé. Si, au moment du début de la campagne officielle (le 5 octobre), il n’est toujours pas complètement remis, cela pourrait transformer une forme actuelle d’empathie et de bienveillance, notamment dans les médias, en jugement plus sévère sur de l’amateurisme et une nature insuffisamment résistante et tonique… de quoi altérer les fameux « traits d’image » patiemment construits en 5 ans. Tous les efforts produits par Fillon à l’automne 2010 pour ne pas se faire remplacer par Borloo, qui n’étaient pas dirigés contre celui-ci personnellement mais contre Copé qui aurait trop pris l’ascendant sur un Fillon poussé vers le statut de « sage », juppéisé en quelque sorte, pendant que Copé prenait le contrôle de l’appareil UMP – tous ces efforts, donc, seraient anéantis.

L’importance numérique des parrainages, si elle trop à l’avantage de Copé ou si elle est équivalente mais à haut niveau, peut freiner la dynamique Fillon et rétablir une plus grande égalité dans le regard des médias sur les deux candidats, pour l’instant essentiellement formaté par l’avance quasi-écrasante de Fillon dans les sondages.
Ce sera un élément important de dynamique, de momentum, car ce sera le premier chiffre solide dont nous disposerons, au-delà des sondages. Autant ces derniers sont sûrement trop favorables à Fillon, autant le nombre de parrainages pourrait surévaluer Copé. Mais, quoi qu’il en soit réellement, l’essentiel, ce sera l’effet médiatique produit et il serait pourrait bien qu’alors, les deux protagonistes se retrouvent remis à même hauteur.

– Le(s) débat(s) télévisé(s) sera(ont) évidemment très important(s).
Copé est à l’aise médiatiquement, même si, face à Hollande au printemps 2012, il était apparu trop agressif, tournant à vide et s’agitant tout seul. Reste à savoir si les adhérents de l’UMP recevront sa probable prestation sarkozyenne de manière aussi négative que l’ensemble de la population.
Fillon est a priori moins médiatique mais sa prestation face à Aubry au début de 2012 avait été solide. Il pourrait aussi compenser la pugnacité de Copé, par une intransigeance à l’égard de l’exécutif lui permettant d’apparaître comme « au-dessus » de Copé et, surtout, comme n’affaiblissant pas son propre camp.
Il s’agira en tout cas ici de l’exercice probablement le plus périlleux pour Fillon, malgré une force acqusie au contact de Sarkozy et de ses épreuves personnelles de l’été (accident et décès de sa mère).

– Accessoirement, les difficultés du PS et de l’exécutif peuvent encore s’aggraver et valoriser la pugnacité de Copé. Mais on ne voit quels développements seraient tels qu’ils donneraient un avantage décisif à ce dernier.

A défaut de certitudes, cette campagne a au moins le mérite de compenser le caractère très ennuyeux de la présidentielle américaine, vraiment pas dans un bon crû du point de vue du suspense électoral… 😦

Après l’annonce des candidatures et des soutiens, actualisation des pronostics, en Charente-Maritime et ailleurs

1. Le paysage est désormais stabilisé. Enfin, celui des candidatures…! 😉

Cela permettra à la droite de conserver une circonscription dans le Morbihan (mais elle pourrait bien perdre 4 députés, après avoir perdu 3 sénateurs d’un coup en septembre dernier… mais le non-renouvellement à droite a entraîné ce craquement subit…), mais aussi de s’imposer dans la 2e des Pyrénées-Orientales (avec le retrait du FN), de conserver à l’UMP la 3e des Yvelines (Guaino se retrouvant seul en lice). Quant à la circonscription de Guéant père (Hauts-de-Seine), je pense finalement que Solère peut l’emporter, grâce aux reports centristes et DVD et à une faiblesse des réserves FN, même si le réflexe légitimiste peut avantager Guéant (et puis, Solère lui-même était un parachuté il n’y a pas si longtemps…).

A l’inverse, le maintien de triangulaires devrait assurer la victoire du PS dans les 2e et 3e du Gard (non, Collard devrait se heurter à un « plafond de verre ») et du DVG à Wallis-et-Futuna. Dans le Vaucluse, le retrait de la candidate FN (ex-MPF) dans la 5e ne suffira probablement pas à l’UMP pour rattraper son retard (et puis, la « libération » des électeurs du FN donne aussi un petit chouïa au PS). En revanche, le maintien de la socialiste dans la 3e rend celle-ci gagnable par Marion II, Panzermiss, la petite-fille du Menhir (à distinguer de Marion I, Panzergirl, la fille du Menhir et sa tante). Je pense toutefois qu’au vu de la médiatisation, d’un plein de voix probablement déjà fait par Marion Maréchal-Le Pen et d’un report important de centristes, de divers et même de socialistes sur l’UMP, son candidat devrait pouvoir arracher la victoire.

Je ne reviens pas sur Roubaix (Nord) ou sur la Seine-Saint-Denis, où les duels de gauche ne changeront rien.

Enfin, je dois rectifier une erreur de teinte de rose à Saint-Pierre-et-Miquelon (bien sûr, c’est PRG et non PS) et une erreur entre rose et vert (merci Zanas) dans l’Indre-et-Loire (2e).

En partie grâce aux propres estimations de Zanas, qui m’obligent à refaire des calculs que j’avais hâtivement effectués dans la nuit de dimanche à lundi, je reviens sur un pronostic dans la 5e de la Sarthe, que j’attribue finalement au PS, au regard de l’historique de cette circonscription. En revanche, je maintiens la 1e pour l’UMP. Les profils ne sont pas exactement similaires et tout va être très serré. Je fais également basculer la 12e des Bouches-du-Rhône car, malgré un probable vote utile du FN (qui se maintient) vers l’UMP, le retard est trop important à rattraper. Je ne me résous pas à considérer que l’UMP a perdu la 1e d’Eure-et-Loir, mais c’est plus un « sentiment » qu’autre chose, car tout pointe vers une victoire de gauche. En Seine-Maritime, je pense que les reports de voix, le mauvais choix de candidat à gauche et la sociologie doivent aider l’UMP dans la 2e; mais, dans la 10e, c’est vraiment trop court pour l’UMP et je bascule donc vers le PS.

Je ne m’interdis pas d’autres changements d’ici samedi, après avoir réétudié quelques cas limites (Vendée, Nord, Loiret notamment me font encore hésiter…) et, peut-être, avoir pris connaissance de quelques sondages: espérons !

2. Et puis, il y a la Charente-Maritime.

La Présidente a parlé et le soutien du « petit François » à la candidate officielle n’y fera probablement rien: je pense que Falorni devrait l’emporter. Il a la tranquille assurance de ceux qui parlent (probablement assez faussement dans son cas) au nom de la France d’en bas. Quel paradoxe pour Royal, celle de la démocratie participative et de la région « Charentes-Poitou » que d’être ainsi remise en cause…

Autant la droite, dimanche dernier, devait en réalité rallier Royal, pour pousser celle par qui le désordre arrive généralement, autant, aujourd’hui, les choses se sont inversées et Bussereau a eu raison, tactiquement, de soutenir Falorni…

Grâce à l’intervention de la « Première concubine », le mauvais score de Fillon, les dérapages de Dati et Morano (dans des genres différents), les incartades de la base provençale et languedocienne de l’UMP, tout cela passe au second plan et on peut en être fort aise à droite. Cette « affaire du tweet » est totalement sans intérêt et artificielle, mais quand même la presse « officielle » en fait ses choux gras, que voulez-vous, il faut faire avec ;). Les problèmes stratégiques et de directiond e l’UMP restent entiers, mais cela permet au moins de remettre la séance de psychothérapie de groupe et d’étripage maison à l’après-2nd tour. C’est toujorus appréciable et les quelques dixièmes voire points de mobilisation nécessaires pour sauver quelques députés de plus, peut-être Trierweiler les a-t-elle donnés à la droite.

Le problème de fond pour Hollande, maintenant, c’est que son autorité même, si tant est qu’il en avait une, pourrait se retrouver dangereusement fragilisée:

– quel est le statut de Mme Trierweiler ? Voilà bien une situation parangonesque de la confusion personnelle voire morale de la société moderne: on veut tout et son contraire (que sa propre « liberté » soit absolument respectée, mais quand même se mêler de tout et surtout des affaires des autres; ne pas se marier mais profiter de tous les avantages d’un couple juridiquement fondé; concubiner mais pas payer l’ISF :P… oups…). Un banal et prosaïque incident nous révèle que, oui, lorsque l’on est faible et confus dans sa vie privée, alors on a aussi des problèmes en matière de vie professionnelle et publique. C’est l’autorité personnelle de Hollande qui est évidemment atteinte (surtout si ce que dit ce soir David Revault d’Allonnes est vrai -et il n’a pas l’habitude de raconter des fadaises et ne peut être considéré comme un agent dormant de l’UMP…- à savoir que c’est en réaction au soutien de Hollande à Royal que Trierweiler a réagi…

le résultat d’une seule circonscription acquise à la gauche, où l’UMP n’a même pas été capable de se qualifier pour le second tour, revêt désormais une importance capitale pour la stabilité de la présidence Hollande. Ou Falorni gagne et le Président sera évidemment affaibli (même s’il s’enlève en réalité l’épine Royal du pied pour longtemps, comme je l’ai déjà dit). Ou Royal gagne et la vie de Hollande va devenir un enfer: ne va-t-elle pas recommencer ? va-t-elle rester, la « femme de ma vie » ? Cela rappelle un peu la « dépendance » de Sarkozy à l’égard de Cécilia en 2004-2007…

– la faiblesse, au moins apparente, de Hollande et l’absence de bonne solution de sortie de cet imbroglio imprévu ne pourront qu’aiguiser les appétits en interne. Aubry, humiliée malgré elle ce matin (contrainte d’aller soutenir son ennemie intime et, en plus, de réagir seule en première ligne aux dérapages de « l’autre »… mazette… elle devait être un brin énervée au retour de La Rochelle), pourrait bien vouloir ruer dans les brancards. Je ne parviens toujours pas à croire qu’elle quittera la tête du PS. En interne au gouvernement, les « trierweileristes » (Valls, Moscovici, voire Ayrault) pourraient bien s’opposer aux vieux hollandais ! J’exagère un peu, mais, en tous les cas, le climat est d’emblée un peu plombé.

– cela montre globalement que les grands principes ne peuvent tenir longtemps: notre régime est présidentialisé et médiatisé. Vouloir jouer au lointain sphinx à la Mitterrand (qui intervenait en réalité tout le temps…), cela n’est plus possible. Quant au mélange vie privée/vie publique, critiquer Sarkozy est également insuffisant…

Je ne pense pas que l’effet de cet incident se fasse sentir tout de suite, mais il colorera progressivement le climat et la perception du pouvoir et, assez rapidement, l’impuissance et le manque de contrôle et de prise sur les événements seront probablement ressentis. Ou Hollande voudra compenser en jouant la rigueur et l’austérité et là, ce sera la question sociale qui prendra le dessus. Bref, en soi, ce tweet n’est évidemment qu’un instant d’agitation, mais il marque déjà une fin d’état de grâce.

Projections pour le second tour: majorité socialiste absolue, groupe Vert, absence d’élus FN, possibilité de plusieurs solutions centristes, situation de l’UMP difficile pour l’avenir

1. En refaisant mes calculs avec l’esprit clair, voici les totaux auxquels je parviens:

PS 285
DVG 23
PRG 11
soit PS+DVG+PRG 319

EE-LV 19
FG 10
rég./ind. 3

MoDem 2

NC 16
PR-DVD 24
UMP 178
soit UMP+NC+PR+DVD 218

EXD 1

en attente 5
(en réalité, nous savons désormais que Guaino sera élu puisque le DVD Delaporte se désiste dans les Yvelines; qu’un DVD l’emportera dans le Morbihan; que Falorni pourrait bien battre Royal en Charente-Maritime puisqu’il a déposé sa candidature; reste la circo de Collard (2e Gard), probablement gagnée par le PS dans tous les cas de figure, même si l’UMP se retirait et même si je dois encore « re-triturer » les chiffres, et Wallis-et-Futuna, en balance entre un DVG et un PRG, avec avantage au premier;
certes, il y a aussi le candidat socialiste qui ne veut pas se désister face à Dosière dans l’Aisne, mais le PS national le désavoue;
et, dans le Vaucluse, face à la mini-Marion, la victoire de l’UMP reste probable malgré le maintien de la candidate PS, mais il y a désormais un vrai risque d’élection du FN -ce serait ironique de penser que le seul siège FN serait dû à une mauvaise volonté socialiste… nous verrons quel écho les médias, dans leur grande impartialité, en donneront…; il faut espérer que le PS national saura convaincre localement d’appliquer réellement le « front républicain » qu’ils manient tant pour mettre le bazar à droite…;
quant à la circo de Vauzelle, où le candidat UMP se retire, il n’y a aucun suspense sur la victoire du socialiste;
je pourrais en revanche ajouter l’incertitude dans la circo de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), mais je maintiens le pronostic d’une victoire à l’arraché de Guéant).

J’actualiserai la carte et les totaux demain, une fois connus de manière certaine les candidatures.

Je suis fort aise que, progressivement, les projections en sièges des instituts se rapprochent de mon estimation de départ 😀 (en fait, je devrais plutôt m’en inquiéter…). 4 instituts ont réalisé des projections ce dimanche 10 juin. Voici, dans l’ordre, TNS-Sofres, CSA, IPSOS et OpinionWay, ce derneir ayant la particularité d’avoir interrogé 7090 personnes pour son sondage sortie des urnes !

FG 13-18 / 13-19 / 12-17 / 13-18
PS+PRG+MRC+DVG 285-320 / 283-329 / 288-324 / 293-323
(à noter qu’IPSOS donne un détail: PS-DVG 275-305, PRG 10-14, MRC 3-5
EE-LV 14-20 / 12-18 / 10-15 / 15-20
MoDem 0-3 / 0-3 / 0-3 / 0-2
UMP+NC+PR+DVD 220-260 / 210-263 / 224-261 / 218-248
(IPSOS donne le détail UMP+DVD 205-235, NC-AC 15-19, PR 4-7)
FN 0-3 / 0-3 / 0-2 / 0-2

Je constate que, après nous avoir farci de projections à 30 ou 35 sièges EE-LV avant le 1er tour, les instituts partent dans la tendance inverse…
Quand je vois MoDem jusqu’à 3, je me dis qu’OpinionWay est le seul fiable… C’est d’ailleurs celui qui a les fourchettes les plus resserrées. Et, incidemment, la plus basse pour la droite: évidemment, comme tout cela correspond mieux à mon propre pronostic, je préfère… 😉

2. Quels enseignements intermédiaires peut-on tirer du 1er tour ?

Le FG subit un revers qui n’était pas prévu. Il continue de se rétracter, perd toute représentation dans le grand Sud-Ouest ou en Rhône-Alpes. Il se maintient uniquement grâce à la banlieue nord de Paris et au Valenciennois… S’il peut espérer rallier deux députés de Martinique et de la Réunion (encore qu’Huguette Bello a quitté le PCR avec fracas), il lui manque quelques troupes pour avoir un groupe. Une alliance avec le MRC est peu probable et très peu de dissidents de gauche constituent des cibles potentielles. De même, le nationaliste corse qui pourrait être élu siègerait probablement chez les non-inscrits. Bien sûr, le PS pourra « donner l’ordre » à quelques DVG de s’apparenter au FG, mais la situation est difficile pour ce dernier, décapité qui plus est; le PS peut aussi accepter de baisser le seuil à 10 députés, mais ce serait proprement grotesque (pourquoi pas 2 au bout d’un moment ?). Le PCF doit souhaiter profondément reprendre une autonomie par rapport à Mélenchon, mais celui-ci lui fournit une aura pour la présidentielle: c’est un couple de perdants, mais les uns ont besoin des autres et réciproquement.
Dans ces conditions, il est peu probable que le FG et même le PCF seul participe au gouvernement: au moins, ils souhaiteront garder leur fonction tribunicienne et attendre l’échec des sociaux-bourgeois.

EE-LV a toutes les chances de pouvoir constituer un groupe, qui sera plus à gauche que ne le souhaiterait probablement la direction du parti et Duflot elle-même. Mais comme elle rend elle-même difficile son bail au gouvernement, ce ne devrait pas être pire, d’une certaine manière. Et comme le PS aura la majorité absolue à lui seul ou avec quelques appoints, cela ne devrait pas poser trop de difficultés. C’est plutôt aux élections intermédiaires que le maintien artificiel de groupes parlementaires et donc d’une visibilité plus importante que le poids réel des Verts fera sentir son effet pour le PS. Comme les Verts n’ont jamais été des gens loyaux et honnêtes, ils n’hésiteront pas à jouer les parasites et à engranger les déçus du hollandisme. Quand le PS assènera-t-il le coup de grâce à ce courant politique inutile et désordonné, qui ne lui apporte que des soucis ?

Le PRG et les DVG seront en revanche bien utiles au PS, qui n’hésitera pas à réintégrer les dissidents, à qui il peut dire merci, tant ils ont limité l’impact des « dons » faits aux Verts. Le PRG ne pourra constituer un groupe seul. Mais peut-être qu’avec les MRC et des « vieux » dissidents comme Dosière, il pourrait s’entendre et éviter d’être noyé dans la masse socialiste. Cela fera cependant peu de différences pour l’équilibre politique à l’Assemblée.

Le PS devrait donc avoir la majorité absolue à lui seul. La gauche ne devrait pas avoir la majorité des 3/5 au Congrès (encore que… il suffit d’un mauvais report FN à droite ou d’une démobilisation de 2 points supplémentaire et l’échec peut se transformer en déroute), mais elle aura, sinon, tous les leviers du pouvoir national et local. C’est agréable pour elle, mais cela peut être dangereux, surtout avec une « grande gueule » comme Mélenchon hors de l’Assemblée, une Aubry volontairement à l’extérieur (mais ne se déporte-t-elle pas trop ?), même un Montebourg affaibli si son ancienne circo de Saône-et-Loire bascule, comme c’est très possible: sans maîtrise de l’opposition de gauche, une évolution inspirée des autres pays méditerranéens pourrait attendre la gauche française.
Quant à la chute possible de la maison Royal, c’est plutôt une bonne nouvelle, car cela laisserait la voix libre à un hollandais marri (Le Roux, Vallini) ou à une Guigou bien sage et éviterait d’avoir une irritante Royal tentant de perturber l’agenda législatif. De ce point de vue, l’épopée de Falorni fait les affaires de Hollande… Certes, Ayrault vient soutenir Royal car il ne peut faire autrement, mais, à l’issue de ce 1er tour, c’est plutôt l’ennemi intime Aubry qui vient tenter de relancer Royal, tant elle sait que celle-ci sera plus « utile » à la tête de l’Assemblée pour affaiblir Hollande et Ayrault… Ah, les bonnes vieilles alliances objectives 😉
Plus largement, Hollande sort aussi renforcé politiquement par la très bonne tenue des ministres (il y a clairement eu une prime au fait d’être ministre: voir les scores de Batho, Cuvillier, Le Foll,… Vallaud-Belkacem a-t-elle eu raison de se dégonfler ?) et ne devrait pas être contraint de trop modifier l’architecture gouvernementale. Il manque toutefois curieusement un intitulé pour un gouvernement de gauche, c’est la Consommation: de manière cosmétique, quelques retouches pourraient ainsi être apportées à la liste des ministres. Les changements de fond, c’est-à-dire virer les incompétents et les inopportuns (Benguigui, Taubira, Duflot, à ce jour), cela ne peut pas déjà venir, car ce serait une atteinte précoce à la parité, à la diversité ou à l’équilibre politique. Quant aux déçus du 1er gouvernement, ils devront attendre et peuvent avoir des perspectives pour « patienter »: Le Roux au groupe à l’Assemblée, voire au perchoir, Vallini au perchoir, Rebsamen à Solférino.

– Au centre, le MoDem est désormais en voie de disparition. Que ce soit Lassalle ou le possible élu « surprise » à la Réunion devraient rejoindre l’un des groupes centristes de la nouvelle Assemblée. Bayrou terminera ainsi sa carrière dans une certaine indifférence.
En revanche, le centre-droit devrait être très « vivant » dans les semaines à venir, avec une absence totale de clarté sur les recompositions possibles. Je n’ai pas fait le tri entre PR, DVD modérés et DVD « durs » (Vendée ou F.X.Villain dans le Nord). Toutefois, le NC, qui est certes au-dessus de 15 seul, est tellement divisé qu’il ne faut pas s’attendre à la reconduction du groupe actuel: en conséquence, le PR pourra probablement jouer la carte d’un groupe ARES, d’autant plus si J.C.Lagarde crée la surprise d’être réélu en Seine-Saint-Denis, ce qui est loin d’être exclu et serait l’exploit politique de cette année, réellement (et cela énerverait tellement Morin que tout un chacun devrait souhaiter cette victoire de Lagarde… ;)).

L’UMP, contrairement à ce que dit la presse, ne limite pas la casse. Elle ne perd certes pas comme la gauche avait perdu en 1993, mais elle perd très nettement. Quelques ténors sont menacés: MAM, Morano, Chartier, Rosso-Debord,… X.Bertrand est un peu moins bien placé que prévu, même si cela devrait passer, et NKM est en position aussi délicate que prévu (même si Le Pen, à mon sens, l’aide en réalité plutôt en la désignant comme cible). L’ancienne circo de Juppé est une catastrophe et, surtout, Fillon fait un mauvais score à Paris, tout en « perdant » très nettement son ancienne circo de la Sarthe, qui s’est trouvé un nouveau fils adoptif (j’ai commis beaucoup d’erreurs localement, mais ce nouvel « effet » ne m’avait pas échappé). Copé (comme Wauquiez) réalise un bon score, à l’inverse. Même s’il n’est pas dit que cela ait un effet majeur en interne à l’UMP, ce sera utilisé par les copéistes (Dati ne s’en est pas privée dès lundi… débranchez-la, par pitié…).
Régionalement, l’UMP résiste mieux que prévu en Picardie, en Franche-Comté, voire en Bourgogne, mais elle dégringole dans le Languedoc-Roussillon, le Dauphiné et, encore, le Nord-Ouest et le Centre-Ouest: des grands chelems ne sont pas impossibles pour la gauche dans la Sarthe et l’Indre-et-Loire et quasi-assuré dans le Finistère; la situation de l’UMP est fâcheuse dans le Morbihan, en Loire-Atlantique, voire dans la Manche. Même dans le Loiret, il pourrait y avoir quelques déconvenues pour la droite. Des départements comme l’Isère, la Drôme, le Gard ou l’Hérault, que l’on pensait un peu plus équilibrés, reviennent à des traditions de gauche. Même le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône sont très difficiles pour l’UMP. Certes, le FN y est pour beaucoup, mais on voit bien la fragilité structurelle de la droite, retrécie sur des bastions insuffisants (Var, Alpes-Maritimes, Alsace, Champagne, Haute-Savoie et Lyonnais rural.
Je me répète aussi en insistant sur l’érosion lente mais continue de l’UMP en Ile-de-France, fort handicapante. Et dans les villes d’importance, que va-t-il lui rester, à part Nice ? Bordeaux, Marseille, Perpignan, Strasbourg, même Orléans… il recule partout

Le FN n’aura probablement pas d’élu, car Le Pen devra faire face à un « plafond de verre » infranchissable pour elle. Quant à Collard, s’il est le mieux placé pour gagner, il reste douteux qu’il y parvienne. D’une certaine manière, après Collard, c’est dans le nord-est de Marseille que le FN a ses meilleures chances, face à une Andrieux entravée par les « affaires ». Au final, seul Bompard devrait être élu pour l’extrême-droite.

– La situation de l’outre-mer montre de grandes situations d’instabilité, notamment à Mayotte et à la Réunion, mais aussi dans le Pacifique. Toutefois, la gauche est ultra-dominante et, dans le Pacifique, c’est le triomphe d’une droite très locale et qui ne dit pas complètement son nom, l’UMP étant affaibli, même en Nouvelle-Calédonie.
La Corse est elle aussi sens dessus dessous et il est bien difficile d’anticiper les scores et reports des nationalistes et autonomistes.

– Reste l’inconnue de la mobilisation du 2nd tour:
une plus forte abstention des électeurs du FN ou un découragement encore supérieur des électeurs de droite et le risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (il faudrait au moins 376 députés à la gauche, en considérant que Bel a été élu avec 179 voix au Sénat) serait réel;
une démobilisation à gauche car tout semble joué (et l’est effectivement en ce qui concerne le rapport global gauche-droite) et le PS peut perdre sa majorité absolue seul.

Néanmoins, les partis et bon nombre d’électeurs sont désormais prévenus de ce type de « mouvements » possibles, et il y a en quelque sorte des phénomènes de « stabilisateurs automatiques ». Pour la dernière fois, vivement dimanche…

Derniers sondages Harris et OpinionWay pour les législatives: les ultimes sondages rejoignent mes pronostics

Harris Interactive
LCP-Assemblée Nationale

5-7 juin 2012
échantillon: 1043

EXG 1
FG 7
PS+DVG 34
EE-LV 5
(soit PS+DVG+EE-LV 39)
MoDem 3
UMP+DVD 33
FN 15
autres 2

OpinionWay-Fiducial
Les Echos, Radio Classique
6-7 juin 2012
échantillon: 1791 inscrits sur un total de 1898

EXG 1
FG 8
PS+PRG+DVG 32
EE-LV 5,5
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 37,5)
MoDem 2
AEI 1
UMP+NC+DVD 33,5
FN 16
autres 1

1. Cette élection devient un tel marathon-boulet pour les médias que je ne découvre qu’aujourd’hui deux sondages nationaux qui m’étaient restés « inconnus ». La journée de repos est donc contrariée… Encore un week-end électoral qui commence mal !

Mais, malheureusement (;)), ces sondages confirment une tendance déjà repérée par d’autres, notamment IPSOS, d’une probabilité de plus en plus forte d’une majorité absolue pour le seul bloc socialo-radical de gauche.

2. Non que les pourcentages connaissent de grandes évolutions. Certes, une légère remontée du FN est sensible, mais il n’ya rien là de décisif. En revanche, les projections en sièges des instituts montrent une érosion de la droite, au profit du PS, du PRG et des DVG.

Selon Harris et OpinionWay respectivement:
FG 15-20 / 18-22
MRC non distingué / 2-4
PS-PRG-DVG 275-302 / 290-320
EE-LV 16-21 / 16-22
MoDem 0-2 / 0-2
UMP-NC-DVD 229-267 / 209-247
FN 0-3 / 0-4

Il n’y a pas véritablement d’explication, car la participation est plutôt correcte pour OpinionWay (61%). Il s’agit des « modèles » des instituts, qui feraient mieux en réalité de faire cela de manière plus « artisanale » ou, plus exactement, à partir des pronostics de « connaisseurs » circo par circo (comme nous le faisons tous aujourd’hui), tenter de bâtir les critères d’un modèle, en incluant des facteurs non numériqus à l’origine: un bonus pour sortant, un malus pour « vieux » député, un malus pour division majeure dans son camp, un bonus de « gros » élu local, etc.

Mais bon, les sondeurs doivent d’abord répondre à des commandes commerciales et ils n’ont pas trop de place pour la « détente » et le pronostic « pur »… 😉 Moi qui raille les supporteurs de foot devant leur télé, tous ces sélectionneurs et ces pronostiqueurs de canapé, je n’ai rien fait d’autre en bâtissant un gouvernement Hollande et en réalisant ma petite fresque colorée perso 😀

3. Pour faire plaisir à Antonio, voici des graphiques de totalisation de toues les gauches et toutes les droites (le MoDem et les « autres » ne sont pas comptabilisés):

de la gauche de gouvernement (PS-PRG-DVG et EE-LV; car l’entrée du FG est de moins en moins probable) et de la droite de gouvernement (sans le FN, donc):

de la gauche parlementaire (tout sauf l’extrême-gauche donc) et de la droite parlementaire (la même que celle de gouvernement :P):

Pas de grand enseignement donc, si ce n’est que c’est bien la gauche de gouvernement qui progresse, partiellement au détriment du reste de la gauche et que c’est le FN qui a plutôt tendance à progresser que le reste de la droite. Tout cela me conforte encore dans mes pronostics (ce qui devient, en fin de compte, assez inquiétant, au regard de mon passif en matière de pronostics électoraux depuis 30 ans :P).

4. Finalement, je dois remercier ceux des lecteurs qui m’ont fortement incité à prolonger la vie de ce blog, car, sinon, je n’aurais pas pris la peine de faire mes propres pronostics par circonscription. Certes, mes nuits ont été fortement écourtées ces derniers temps, mais je retrouve la passion de ma jeunesse ;). Je dois quand même surtout remercier Gaël L’Hermine, dont le brillant travail d’analyse locale m’a stimulé (comme d’habitude, en réalité…).

Un autre fou de cartographie électorale, jeune Américain du Connecticut, vient de publier des cartes de France par commune des 1ers tours présidentiels de 2007 et 2012: à tout le moins pour la beauté de la chose, n’hésitez pas à les télécharger sur votre ordinateur: http://uselectionatlas.org/FORUM/index.php?topic=154714.0

Qu’on se le dise, ce blog se poursuivra, mais de manière plus épisodique après le 17 juin, jusqu’à l’élection du président de l’UMP (mi-novembre au plus tard). Pour peu que les candidatures soient rapidement éclaircies (peu de chances…) et que les médias commandent une belle série de sondages (bah… ce sera erratique, comme d’habitude), on pourrait imaginer un indicateur agrégé 😉 A tout le moins, j’actualiserai quelques courbes.

5. Avant cela, la semaine prochaine, il faudra actualiser fortement les pronostics par circonscription au vu des résultats du 1er tour. Là où des triangulaires (voire quelques quadrangulaires, mais c’est fort peu probable) seront possibles, il faudra attendre mercredi matin pour avoir l’état des candidatures effectivement déposées mardi.

Comme nous l’avons vu avec les sondages locaux, les reports de voix du FN, mais aussi du MoDem et des DVD et DVG (qui se reportent souvent plus mal qu’on ne le pense sur les candidats de leur camp), sont variables selon les régions. Je n’appliquerai donc pas de modèle uniforme, la dynamique de 1er tour comptera assez, fortement et mon propre ressenti interviendra beaucoup… Bien entendu, comme ils seront plus faciles à réaliser, attendons-nous à une rafale de sondages IFOP, OpinionWay, voire IPSOS, BVA, CSA ou autres. Comme ils porteront sur des circonscriptions serrées et seront dans la marge d’erreur, c’est davantage leur impact local, à travers notamment la PQR, qui comptera… Là, oui, d’aucuns pourront crier à la manipulation 😉

Vivement demain, même si la soirée télévisée sera sans intérêt et si nous ne nous amuserons qu’après 2éh30 voire 23h, quand les résultats complets commenceront à rentrer !

Derniers sondages IFOP, OpinionWay, TNS-Sofres, BVA, CSA, LH2 (circo), OpinionWay (circo), IPSOS (circo) et IFOP (circo) pour les législatives: la convergence des sondages incite à maintenir les pronostics d’une absence de groupe Vert et de députés FN et d’une majorité absolue radicalo-socialiste

IFOP-Fiducial
Paris Match, Europe 1
31 mai-1er juin 2012
échantillon: 874 inscrits sur un total de 1005

EXG 1,5
FG 8
PS+PRG+DVG 33
EE-LV 4
(soit PS+PRG+EE-LV 37)
MoDem 3
UMP+NC+PR 30,5
DVD 3,5
(soit UMP+NC+PR+DVD 34)
FN 15
EXD 0,5
Divers 1

TNS-Sofres-Sopra Group
Le Nouvel Observateur

1-3 juin 2012
échantillon: 1000

EXG 1,5
FG 7,5
PS+PRG+DVG 31,5
EE-LV 5
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 2
UMP+NC+PR+DVD 35
FN 15
Divers 2,5

OpinionWay-Fiducial
Le Figaro, LCI
4-5 juin 2012
échantillon: 1697 inscrits sur un total de 1821
(évolution par rapport à la précédente livraison du même sondeur)

EXG 1 (=)
FG 8,5 (+0,5)
PS+PRG+DVG 31 (-1)
EE-LV 5,5 (+1,5)
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 2 (-2)
AEI 1 (=)
UMP+NC+DVD 35 (+4)
FN 15 (-1)
Divers 1 (-2)

BVA
Le Parisien-Aujourd’hui en France
5-6 juin 2012
échantillon: 1182

LO 1
NPA 0,5
FG 9
PS+PRG 32
EE-LV 4,5
(soit PS+PRG+EE-LV 36,5)
MoDem 3,5
AEI 1
UMP 32
DLR 1
(soit UMP+DLR 33)
FN 15,5

CSA
BFM-TV, RMC, 20 Minutes, CSC
5-6 juin 2012
échantillon: 875 inscrits sur un total de 1003
(évolution par rapport à la précédente livraison du même sondeur)

LO 1 (=)
NPA 0,5 (+0,5)
FG 8 (-2)
PS+PRG+MRC 32,5 (+2,5)
EE-LV 5 (=)
(soit PS+PRG+MRC+EE-LV 37,5)
MoDem 3 (=)
UMP+NC+PR 32,5 (+1)
DLR 0,5 (=)
(soit UMP+NC+PR+DLR 33)
FN 14 (=)
autres 3 (-2)

1. S’il subsiste quelques écarts, les sondeurs sont désormais très convergents.

TNS-Sofres et OpinionWay nous gratifient de ces projections en sièges toujours aussi inutiles car trop dépendantes des chiffres nationaux. Selon TNS-Sofres, voici les fourchettes prévisibles, qui sont les plus proches de mes propres pronostics, en voyant un PS plus dominant à gauche que les autres projections: FG 13-18 (un peu « rude »)/ PS+PRG+DVG 280-310 (le 289 serait quasi-assuré)/ EE-LV 12-17 (on rappelle qu’un groupe se forme à 15) / MoDem 0-2 (voilà qui est réaliste, même si peu audacieux) / UMP+NC+PR+DVG 235-265 / FN 0-5 (c’est déjà optimiste).
Pour OpinionWay, les résultats prévisibles sont plus « classiques » par rapport au discours ambiant depuis le début de la campagne: FG 20-24 / MRC 1-3 (original, tant les députés MRC sotn désormais totalement dépendants du PS) / (PS+PRG+DVG 271-296 / EE-LV 18-24 (comment y croire ?) / MoDem 0-2 / UMP+NC+DVD 230-267 / FN 0-2 (voilà qui est raisonnable).

OpinionWay nous montre que le fait de voter d’abord pour un « courant politique proche de ses idées » séduit 75% des électeurs (+5), contre 24% (-5) qui privilégieraient « une personnalité appréciée ». Cette évolution est plutôt favorable à la majorité souhaitée par le pouvoir socialiste. De même, le rapport intérêt/désintérêt pour la campagne et les législatives est meilleur chez les anciens électeurs de 2e tour de Hollande (51/48) que chez les anciens électeurs de Sarkozy (45/55), ce qui peut alimenter une abstention différentielle et un écart de mobilisation défavorables à la droite.

Toutefois, la participation pas meilleure qu’en 2007 (60% selon OpinionWay) et la légère décrue du FN (même si j’ai pu la relativiser en estimant qu’elle serait peut-être plus forte à l’Ouest qu’à l’Est et n’influerait donc pas tant que cela sur les triangulaires prévisibles) pourraient limiter les effets dévastateurs pour la droite de la présence de candidats FN au second tour.

2. Les sondages par circonscription restent plus intéressants et continuent de me conforter dans mes pronostics, même si j’effectuerai probablement quelques ajustements, demain ou samedi, sur l’outre-mer et l’étranger, voire sur quelques circonscriptions aux prédictions trop « audacieuses » (Loire principalement; en général, cependant, seulement au sein d’un même camp: Ardèche, Pas-de-Calais, Morbihan par exemple).

En tous les cas, nous sommes gâtés, même si beaucoup de sondages locaux restent sur des circonscriptions assez « sûres ».

Parmi les circonscriptions sondées, il y a les confirmations pour la gauche, malgré l’incertitude en interne sur le candidat en tête:

IFOP 1e de Charente-Maritime:
PS 36 (+3) / DVG 22 (-4) / UMP 21,5 (+2) / FN 7 (-2) / FG 4,5 (+1,5) / EE-LV 3 (-1) / MoDem 2,5 (-0,5) / PR 2 (-0,5) / LO 0,5 (+0,5) / MRC 0,5 (+0,5) / div.écol. 0,5 (+0,5) / deux autres 0
PS 58 / UMP 42
PS 51 / DVG 49
PS 43 / UMP 30 / DVG 27
Royal est donc confortée et le réflexe légitimiste semble fonctionner en sa faveur. Les effets de la division sont toutefois forts, car, en cas de duel PS-UMP, les électeurs de Falorni qui s’expriment se répartissent à 51-49 en faveur de l’UMP… A l’inverse, les électeurs de l’UMP qui s’expriment optent à 88-12 en faveur de Falorni si celui-ci est seul face à Royal.

IFOP 2e de l’Aude:
UMP 27 / PS 25 / DVG 20 / FN 17 / FG 9 / NC 1 / AEI 1 / six autres 0
PS 49 / UMP 31 / FN 20
DVG 50 / UMP 32 / FN 18
PS 55 / UMP 45 (avec un report FN 20-80 chez ceux qui s’expriment)
DVG 57 / UMP 43 (avec un report FN 22-78)
Codorniou serait donc distancé, sans grande surprise. Le FN serait là encore distancé au 1er tour et ne pourrait pas se maintenir.

IFOP 11e du Pas-de-Calais:
FN 37 (+3) / FG 25 (-4) / PS 21,5 (+3,5) / MoDem-UMP 13 (-3) / EE-LV 2,5 (=) / NPA 0,5 (+0,5) / div.écol. 0,5 (+0,5) / sept autres 0
FG 52 / FN 48
PS 57 / FN 43
Ce sondage pourrait accélérer la tendance au vote « utile » dans la circonscription la plus médiatisée de France: le raisonnable candidat socialiste est manifestement plus efficace face à Le Pen que le tonitruant Mélenchon. Je suis presque tenté de prolonger la tendance et de voir la circonscription acquise au PS. Encore un jour de réflexion… 😉

OpinionWay 2e du Rhône:
PS 35 / UMP 32 / EE-LV 9 / FG 8 / FN  5 / PR-MoDem 5 / DVD 3 / LO 1 / NPA 1 / DLR 1 / huit autres 0
PS 55 / UMP 45
Les reports vers le PS, l’UMP et l’abstention sont les suivants: 77/7/16 chez les électeurs EE-LV, 26/59/15 chez les électeurs PR-MoDem (décevant pour l’UMP), 10/54/36 chez les électeurs FN.
IPSOS 2e du Rhône:
PS 34 / UMP 27 / FG 10 / DVD 9 / EE-LV 7 / FN 5 / PR 1 / LO 1 / NPA 1 / MPF 1 / autres 4
PS 56 / UMP 44
On voit ici que les sondages locaux sont quand même assez divergents, en particulier en ce qui concerne les petits candidats et donc aussi leur ordre d’arrivée et l’éventuelle qualification au 2nd tour de candidats moyens. 

Il y a aussi les gains ou les progrès pour la gauche, que la droite ne paraît pas en mesure ou qu’il lui sera difficile de contrecarrer:

IFOP 1e des Pyrénées-Orientales:
UMP 29,5 / FN 23 / PS 20 / FG 18 / MoDem 3 / EE-LV 2,5 / NPA 1 / PF 0,5 / LO 0,5 / AEI 0,5 / GE 0,5 / PRG 0,5 / SE 0,5 / trois autres 0
FG 40 / UMP 36 / FN 24
PS 41 / UMP 35 / FN 24
Voilà une vraie manipulation médiatique et/ou sondagière: car « on » conclut à un avantage pour la gauche… ! Or, avec ces résultats de 1er tour et l’abstention habituelle à Perpignan, ni le PS, ni le FG ne seraient au 2nd tour ! Et c’est l’UMP qui battrait évidemment Louis Aliot, dont la capacité de nuisance est, sinon, très forte à l’égard de l’UMP (c’était d’ailleurs le sens de mon pronostic dans cette circonscription, que je maintiendrai évidemment !).
L’hypothèse n’est même pas envisagée, ni celle d’un duel UMP-gauche, car, même à 23, le FN n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise pour lui, si un candidat de gauche le dépasse.
C’est un réel scandale car, localement, l’Indépendant est évidemment très lu et ce sondage arrive trop tard pour être contrecarré dans l’effet possible sur les électeurs…

LH2-DOM 4e de la Réunion:
Impossible d’avoir mieux qu’un score de 54 pour le PS dès le 1er tour.
LH2-DOM 5e de la Réunion:
Simplement un PS à 39, un NC à 22 et un PCR à 20.
En fait, il existe aussi des sondages LH2 dans les 6e et 7e, mais sans que je réussisse à en récupérer le détail, LH2 semblant avoir un mode de fonctionnement colonial, qui empêche de savoir ce qui se passe depuis la métropole 😛

IFOP 1e de l’Aveyron:
UMP 40,5 / PS 25,5 / PRG 13 / FN 9 / FG 8,5 / EE-LV 3 / AEI 0,5 / LO 0
UMP 50,5 / PS 49,5
Les reports seraient de 87-13 chez les électeurs FN s’exprimant, de 16-84 chez les électeurs PRG (un peu décevant pour le PS) et de 17-83 chez les électeurs EE-LV.
Comme prévu, ce sera très dur pour l’UMP Yves Censi, même s’il semble pouvoir résister. Globalement, l’Aveyron pourrait continuer d’envoyer deux députés de droite, mais à chaque fois dans un mouchoir de poche. Comme l’Yonne, la Lozère, la Meuse, le Jura, le Lot-et-Garonne, voilà un département rural qui n’intéresse pas beaucoup de monde, mais qu’il faudra bien suivre les 10 et 17 juin, car c’est aussi là que le PS va bâtir -ou non- sa majorité absolue.

OpinionWay 1e du Rhône:
EE-LV 24 / PRG 21 / UMP 30 / FN 9 / FG 8 / MoDem 3 / PCD 2 / LO 1 / DLR 1 / AEI 0,5 / Cap21 0,5 / trois autres 0
EE-LV 52 / UMP 48 (les PRG se reportent alors à 72/12/15 vers Meirieu, l’UMP et l’abstention; les FN se reportent à 18/66/16)
PRG 54 / UMP 46 (reports EE-LV 78/9/13 et reports FN 20/51/23)
Comme c’est une excellente idée d’avoir sondé cette circonscription, ne critiquons pas trop, mais, quand même, envisager une triangulaire (étant donné la virulence du combat Meirieu/Collomb par Braillard interposé) aurait été subtil, avec une petite chance pour le PRG d’éviter une victoire par défaut de l’UMP.
Quoi qu’il en soit, je me doutais qu’il serait difficile à Collomb de combattre le boboïsme de 2e génération… Mais tout espoir n’est pas perdu pour Braillard… Si seulement les électeurs de droite comprenaient l’enjeu et la nécessité d’un vote utile… 😉
IPSOS 1e du Rhône:
EE-LV 22 / PRG 20 / UMP 33 / FN 10 / FG 8 / MoDem 3 / autres 4
EE-LV 53 / UMP 47
PRG 53 / UMP 47
Les divergences entre sondeurs sont moindres que sur la 2e du Rhône, alors que la situation est moins classique. Tout cela doit renforcer notre prudence à l’égard des sondages locaux, même si le foisonnement actuel est tout à fait « excitant »…

Il y a aussi les victoires de la droite qui sont autant de non-événements:

OpinionWay 3e des Alpes-Maritimes:
NC-UMP 40 / PS 22 / FN 18 / FG 6 / EXD 4 / MoDem 2 / LO 1 / AEI 1 / DLR 1 / PCD 1 / EXG 1 / PRG 1 / RPF 1 / divers 1 / trois autres 0
UMP 62 / PS 38 (avec un report du FN à 0/44/56 si l’on garde l’ordre de la présidentielle) ou, en cas de triangulaire, UMP 47 / PS 34 / FN 19

OpinionWay 7e du Var:
UMP 40 / MRC-PS 22 / FN 15 / FG 8 / DVD 6 / div.écol. 2 /AEI 1 / AC 1 / DVD 1 / NPA 1 / DLR 1 / EXD 1 / div.écol. 1 / deux autres 0
UMP 49 / MRC-PS 34 / FN 17
UMP 62 / MRC-PS 38 (avec alors un report FN à 13/56/31, quelconque pour l’UMP, et un report DVD 7/64/29 plutôt décevant)

Il y a également les victoires plus délicates pour l’UMP, qui assure toutefois l’essentiel:

OpinionWay 6e de Seine-et-Marne:
UMP 42 / EE-LV-PS 29 / FN 16 / FG 8 / MoDem 2 / AEI 2 / DLR 1 / deux autres 0
UMP 55 / EE-LV-PS 45 ou, en cas de triangulaire, UMP 46 / PS 40 / FN 14
Même s’il est moins écrasant que dans le sondage BVA, Copé n’est donc pas particulièrement menacé.
En cas de duel, relevons que le report du FN est mauvais pour Copé: 17/31/52 si l’on garde l’ordre de la présidentielle. Un syndrôme Chirac-Juppé ? Un effet des attques ciblées d’Arnautu ?La volonté de couper la tête de l’UMP ?

OpinionWay 2e des Alpes-Maritimes:
UMP 40 / EE-LV-PS 34 / FN 18 / FG 4 / LO 1 / PRG 1 / AEI 1 / divers 1 / NPA 0
UMP 55 / EE-LV-PS 45 mais, en cas de triangulaire, EE-LV-PS 42 / UMP 41 / FN 17
Certes, la circonscription est la moins facile des Alpes-Maritimes et Ginésy est usé, mais c’est une petite surprise de voir que l’hypothèse d’une triangulaire lui est aussi défavorable (d’autant qu’en cas de duel gauche-droite, les reports FN sont bons pour la droite: 12/69/19). Néanmoins, cette hypothsèe reste peu probable, ce qui devrait sauver l’UMP, sur le fil.

Je ne reprends pas les conclusions générales de mon précédent article: elles n’ont pas évolué.
Si j’en ai le temps et le courage, ce qui est peu probable, je réaliserai un petit graphique des intentions nationales. Je veillerai surtout à actualsier ma carte des pronostics avant 1er tour.