Victoire de « Franz-im-Glück » Hollande: majorité absolue en vue pour le PS, FN fort, UMP laminé à l’Ouest et résistant à l’Est par défaut, Mélenchon battu, Royal menacée, Bayrou disparu

Contrairement au discours dominant des médias depuis 20h:

– le FN est fort là où il est traditionnellement fort et l’abstention forte ne réduira donc pas suffisamment le nombre de triangulaires ou alors éliminera même des candidats UMP (chez Moscovici, il sera seul au 2nd tour contre le FN); en outre, avec ses voix, le FN va gagner beaucoup d’argent public pour les 5 ans qui viennent, alors que l’UMP va devoir se serrer la ceinture,

– le PS n’aura aucun problème pour avoir la majorité absolue seul: son score outre-mer est massif, il est partout très haut et les Verts commencent d’enregistrer les déconvenues (4e des Côtes-d’Armor).

Ma seule satisfaction est donc une carte qui devrait confirmer mes pronostics.

Sauf si la mobilisation se fait à droite pour le second tour, avec la prise de conscience du risque d’une majorité des 3/5 au Congrès (Assemblée + Sénat), qui laissera absolument tous les pouvoirs à la gauche…

Je publierai probablement des cartes partielles de pronostics plus tard dans la soirée et la nuit.

MISE A JOUR A 22h45: les Verts, en raison de la faiblesse de l’UMP (et du stupide réflexe légitimiste des électeurs, particulièrement fort cette année), pourraient bien, malgré tout, constituer un groupe… Un véritable échec pour la droite et ses idées, après la majorité absolue assurée pour le PS.

Voilà où j’en suis: c’est très provisoire, mais quelques exemples résument l’échec de la droite ce soir:
– menace de grand chelem de gauche dans le Finistère, la Sarthe et l’Indre-et-Loire, voire le Morbihan…
– équilibre en Savoie et dans les Vosges,
– menaces de la gauche dans la Manche et la Drôme,
– MAM et Morano en voie d’être battues au 2nd tour.

Même les menaces sur Royal (voyons quand même si Falorni ne sera pas jeté sous un pont d’ici mardi…) et Bayrou, ainsi que la fin du barnum mélenchonien, sont évidemment de grandes nouvelles pour le couple Hollande-Ayrault. Après la semi-retraite de Delanoë et les premeirs dérapages écologistes, si Aubry ne reprend pas le dessus, le pouvoir présidentiel sera absolu…

En face, la résistance de droite n’est pour le moment sensible que dans le Doubs, les Ardennes et le Tarn. Wauquiez et Copé font de très bons scores, mais c’est plutôt l’exception.

MISE A JOUR A 1h00: Voyez mon état d’esprit dans les commentaires. Je n’ai pas vécu de soirée électorale aussi terrible depuis 1997. Et la situation pour la droite est pire qu’en 1997. Bien pire. En fait, c’est pour moi la pire de tous les temps, puisqu’en 1981, j’étais un enfant de gauche 😛

Certes, je suis pessimiste et ne compte sur aucun sursaut particulier de participation pour la droite. Mais celle-ci minimise sa défaite ce soir: tout ce qu’il ne faut pas faire ! Remobilisez, bon sang ! Expliquez que la gauche n’a plus d’opposition parlementaire, plus vraiment d’opposition locale (quand Marseille et Bordeaux auront basculé en 2014…), va finir par être aussi le pouvoir constituant.

Si l’on reprend les reports « habituels » du FN et du MoDem de 2012, si l’on compte les dynamiques de 1er tour et les effets toujurs difficiles des divisions, voici où j’en suis: majorité absolue pour le PS, un groupe pour les Verts, 2 FN possibles (Collard et Ravier dans les quartiers Nord de Marseille, mais je n’y crois pas), Fillon faible à Paris et Copé fort en Seine-et-Marne, MAM battue, un raz-de-marée rose dans l’Ouest et le Midi, Royal menacée… Un tsunami de mauvaises nouvelles…

Certes, Mélenchon est battu, mais je vais presque finir par le regretter…

En jaune pâle, figurent les circonscriptions où la situation ne sera éclaircie qu’au mpment du dépôt des candidatures:
– Gard avec Collard: est-ce que le vieil UMP va se retirer ?
– Charente-Maritime: Falorni va-t-il être nommé ambassadeur au Laos pour préserver Royal ? Ou Hollande préfèrera-t-il que l’Assemblée puisse revenir à Guigou, Le Roux ou Vallini ?
– Morbihan à Auray: si la droite peut se réunir, elle peut encore sauver les meubles.
– Yvelines 3e: Delaporte va-t-il tenter de battre Guaino, au risque de faire battre toute la droite ?
– Wallis-et-Futuna: quadrangulaire possible; presque aussi incompréhensible et imprévisible que la Réunion…

MISE A JOUR A 3h15: Je me suis trompé dans mes calculs mais il faut que je dorme un peu… Alors voici mes totaux erronés:
PS: 285
DVG: 23
PRG: 9
EE-LV: 19
FG: 10
rég./ind.: 3 (1 PCR, 1 MIM, 1 Corse)
MoDem: 2 (Lassalle et 1 à la Réunion !)
EXD: 1 (Bompard)
en attente: 5 (voir ci-dessus)
UMP: 178
PR-DVD: 24 (désolé, je ne sais pas s’il y a suffisamment de radicaux là-dedans pour faire un rgoupe, mais je suis presque certain que non)
NC: 17 (ceci étant dit, vu que Lagarde peut gagner, la Grande Division avec Morin va advenir bientôt…)

Pour moi, c’est simple, c’est 2007 inversé… La victoire de la gauche est donc indéniable à ce stade. La droite parviendra-t-elle à mobiliser et limiter l’ampleur de cette victoire d’ici dimanche prochain ?

 

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Derniers sondages IPSOS, BVA, CSA (circo), OpinionWay (circo) et IFOP (circo) pour les législatives: stabilité graphique et ajustements marginaux dans les pronostics

IPSOS-Logica Business Consulting
Radio France, France Télévisions, Le Monde
6-7 juin 2012
échantillon: 1017
(évolution par rapport à la dernière livraison du même institut)

EXG 1,5 (=)
FG 8 (+1)
PS+PRG+MRC+DVG 31,5 (-1)
EE-LV 5 (-1)
(soit PS+PRG+EE-LV 36,5 (-2))
MoDem 2 (-1)
UMP+NC+PR+DVD 34,5 (+0,5)
FN 15,5 (+1,5)
Divers 2 (=)

BVA
RTL, Orange, presse régionale
6-7 juin 2012
échantillon: 1020 inscrits sur un total de 1035

LO 1
NPA 1
FG 8
PS+PRG+DVG 32,5
EE-LV 4
(soit PS+PRG+DVG+EE-LV 36,5)
MoDem 4
NC 1
UMP 32,5
DLR 1
(soit UMP+DLR 3″,5)
FN 15,5
autres 0,5

1. La projection en sièges d’IPSOS, basée sur l’hypothèse d’une abstention de 42% (IPSOS pense que la participation serait de 57 à 60%, en baisse), se rapproche marginalement de mes pronostics, mais maintient des fourchettes très larges:
FG 23-26
PS-DVG 243-285
PRG 12-15
EE-LV 12-16
UMP 214-262
NC 13-16
PR 4-7
MoDem 0-3
FN 0-3

2. En pourcentages, aucune évolution majeure ne s’est produite depuis le 6 mai: le MoDem s’est peut-être un peu marginalisé et le PS et ses alliés directs PRG et DVG ont peut-être un peu grignoté sur le reste de la gauche. Globalement, c’est la stabilité qui a prévalu:

3. Les derniers sondages par circonscription apportent quelques éléments sur des batailles emblématiques, mais n’infirment pas mes pronostics globaux.

OpinionWay 11e du Pas-de-Calais:
FN 32 / PS 25 / FG 24 / MoDem-UMP 15 / LO 3 / EE-LV 1 / huit autres 0
PS 53 / FN 47 (reports 55/20/25 du FG, pas si brillants pour le PS; reports 22/25/53 de l’UMP)
FG 51 / FN 49 (reports 47/3/50 du PS, moins déséquilibrés; reports 12/26/62 de l’UMP, moins bons même si pas totalement catastrophiques)
Ainsi donc, j’aurais dû suivre ma première intuition et persister à penser que Mélenchon en a trop fait et que les parachutages ratent ou ne réussissent qu’à moyen terme. Ce sondage confirme en effet la tendance des IFOP précédents: le PS semble en mesure de prendre le pas sur Mélenchon.

IFOP 2e du Gard:
PS 29,5 / UMP 29,5 / FN 29,5 / FG 8 / DLR 1,5 / div.écol. 1 / div.écol. 0,5 / div. 0,5 / trois autres 0
PS 37 / FN 32 / UMP 31
La meilleure chance du FN, Gilbert Collard, est donc battue: le FN n’aura probablement pas de député, ainsi que je le pensais depuis le début. Mais l’usure de Mourrut et le haut score du FN, même et surtout au 2nd tour, font chuter l’UMP: je ne le pensais pas et il faut corriger le pronostic.

CSA 5e de l’Ain:
NC-UMP 28 / PS 27 / FN 19 / PR 10 / FG 8 / LO 2 / div.écol. 2 / POI 1 / AEI 1 / MEI 1 / MPF 1 / deux autres 0
NC-UMP 51 / PS 49 ou, en cas de triangulaire, PS 43 / NC-UMP 39 / FN 18
La triangulaire est toutefois peu probable.

BVA 3e de Haute-Garonne:
UMP 38 / EE-LV 22 / DVG 17 / FG 10 / FN 7 /LO 1 / PR 1 / DVD 1 / div. 1 / div. 1 / div. 0,5 / AEI 0,5
EE-LV 50,5 / UMP 49,5
DVG 53 / UMP 47
Le sondage date un peu: le dissident socialiste Fillola est donc peut-être en mesure de prendre le pas sur le Vert adoubé par le PS. En revanche, Moudenc, comme on pouvait s’y attendre, a peu de chances sauf si la gauche se divisait pour créer une triangulaire, ce qui est fort peu probable (nous ne sommes pas à Lyon ! Là-bas, rien n’est sûr dans la 1e…).
Le commanditaire de ce sondage n’est pas explicite, même si la Dépêche du Midi le cite: il faut donc se méfier que ce ne soit pas un sondage commandé par un parti ou un candidat.

4. Mes pronostics doivent faire l’objet de quelques ajustements.

– D’abord, tenir compte des sondages locaux, qui permettent d’orienter différemment des affrontements extrêmement incertains:
j’acte la perte de la 2e du Gard pour l’UMP, mais pense qu’elle conserve toutes ses chances dans la 2e des Pyrénées-Orientales, pour des raisons opposées (présence et absence du FN);
je reprends mon intuition initiale et voit Kemel battre et Mélenchon et Le Pen; en revanche, le communiste Hénin devrait prévaloir dans la circonscription de Calais;
à la Réunion, la gauche devrait l’emporter partout;
dans les Yvelines, mon pronostic d’une défaite de Douillet était trop hardi et je reviens dessus;
en Haute-Corse, la 1e semble effectivement hors de portée du PRG;
dans la Loire, le PCD Cinieri devrait chuter, mais je conserve en revanche la prévision d’une victoire socialiste à Roanne;
à l’étranger, je suis bien obligé de donner l’Amérique du Nord, le Bénélux et la péninsule ibérique au PS et, horreur, l’Amérique du Sud au Vert-rouge Coronado, mais je pense que l’UMP devrait parvenir à conserver les circonscriptions Suisse et Italie-Grèce-Turquie-Israël, même si ce sera difficile;
après avoir longuement hésité, je maintiens la défaite de Morano, la prédominance du FG sur le PS dans la 3e de l’Ardèche et mes pronostics « curieux » en Ille-et-Vilaine (prise de Fougères par la gauche, mais pas de Saint-Malo).

– Ensuite, intégrer les résultats du 1er tour à l’étranger et en Polynésie.

– Enfin, tenir compte de la « confrontation » d’idées et de pronostics avec les « illuminés » de la France électorale :).

Au final, beaucoup de risques particuliers (mais si « j’ai bon », je pourrai arguer d’une préscience faisant autorité :P), mais un équilibre général que j’estime correct:
PS 271
PRG-DVG 40
PS+PRG+DVG 311
EE-LV 11
FG 20
rég. ind. 3
FG+rég.+ind. 23
gauches 345
MoDem 1
EXD
1
UMP 191
NC-PR-DVD 39
UMP+NC+PR+DVD 230
droites 232

Je sais bien que les chiffres nationaux des sondages ressemblent furieusement à ceux de 1997. Je sais aussi que l’abstention s’annonce forte, ce qui, a priori, est plus favorable à la droite, en raison de l’abaissement du nombre de triangulaires. Je sais que mes pronostics sont pourtant plutôt proches d’une situation 2007 à l’envers.

Mais n’oublions pas que les circonscriptions ont été modifiées et que, même si elles sont « subtiles » dans beaucoup de cas afin de ne pas trop handicaper l’UMP face au FN, elles sont globalement plus équilibrées entre droite et gauche au niveau national que les précédentes et, surtout, la gauche a nettement progressé en outre-mer et se retrouve finalement en tête dans les nouvelles circonscriptions de l’étranger (7 sur 11, voire jusqu’à 9). En outre, la mobilisation respective de la droite et de la gauche devrait être plus favorable à cette dernière, malgré le haut niveau d’abstention. Ce critère sera en réalité l’élément décisif pour décider de la majorité absolue ou non pour le PS.

Voici donc la nouvelle carte:

Derniers sondages IPSOS, OpinionWay et IFOP pour les législatives: face à une droite au sein de laquelle Fillon est le plus populaire, la victoire de la gauche sera-t-elle similaire aux majorités de 1997, de 2007 ou de 2002 ?

OpinionWay-Fiducial
Le Figaro, LCI
23-25 mai 2012
échantillon: 1836 inscrits sur un total de
1995

Extrême gauche 1
FG 8
PS-PRG-DivG 32
EE-LV 4
(soit PS+PRG+DivG+EE-LV 36)
MoDem 4
AEI 1
UMP+NC+DivD 31
FN 16
autres 3


IPSOS-Logica Business Consulting
France Télévisions, Radio France, Le Monde
25-26 mai 2012
échantillon: 962

Extrême gauche 1,5
FG 8
PS+PRG+MRC+DivG 31
EE-LV 6
(soit PS+PRG+DivG+EE-LV 37)
MoDem 2
UMP+NC+PR+DivD 35
FN 15
Divers 1,5

IFOP-Fiducial
Midi Libre
25-29 mai 2012
échantillon: 971 inscrits sur un total de 1001

LO 0,5
NPA 1
FG 7
PS 33
PRG 1
EE-LV 3,5
(soit PS+PRG+EE-LV 37,5)
MoDem 4
divers écol. 1
NC-PR 1
UMP 32
DLR 0,5
(soit UMP+NC+PR+DLR 33,5)
FN 15,5

1. Certes, les scores du bloc socialo-radical et des Verts ne sont pas astronomiques, mais ils sont solides et, surtout, l’appoint du FG est assuré. Quant aux restes du MoDem, ils ne pèsent plus rien ou serviront davantage au PS, car ces reliquats très, très modérés ne voudront pas d’une cohabitation et se contenteront du vent gentillet brassé à l’heure actuelle par Ayrault, Sapin, Touraine et Valls. Les électeurs de Bayrou se répartiraient à 37% pour le MoDem, à 37% pour l’UMP et à 25% pour le PS, en ligne avec les reports abstentions/Sarkozy/Hollande du second tour.

Bayrou n’est peut-être pas encore complètement perdu, car il se place « moins mal » dans l’IFOP sur la 2e des Pyrénées-Atlantiques:
PS 31 / MoDem 29 / UMP 23 / FN 7 / FG 6,5 / EE-LV 2,5 / DLR 0,5 / NPA 0,5 / trois divers 0
PS 41 / MoDem 33 / UMP 26
PS 50,5 / MoDem 49,5
avec un « déchet » de 25% des électeurs de l’UMP vers le PS ! Braves gens 😀

Par ailleurs, selon OpinionWay, 70% des sondés veulent voter pour un courant et 29% pour une personnalité. Il est vrai que ces 29% font souvent toute la différence et qu’ils peuvent avantager l’UMP face au FN qui n’a qu’un visage, celui de « Marine ». Mais, tout de même, on sent là la volonté de donner une majorité à la gauche, corroborée par les souhaits et les pronostics, tous largement favorables aux petits soldats hollandais.

Les électeurs de Le Pen se répartiraient à 75% pour le FN, 11% pour l’UMP, 7% pour le PS: ce n’est pas fantastique pour l’UMP et cela signifie effectivement davantage de triangulaires.

Mais mon travail en cours par circonscription me montre que, hormis dans l’Aisne, l’Hérault, le Gard et quelques autres situations (une seule apparemment en Moselle), l’électorat plus rural et rurbain du FN en 2012 peut être finalement moins dangereux pour l’UMP que l’électorat un peu plus urbain de 1997. Cependant, le risque est là.

On peut aussi estimer que la mobilisation ne sera pas meilleure qu’aux dernières fournées législatives. Mais une abstention différentielle devrait favoriser la gauche. L’intérêt pour le scrutin est plus forte chez les électeurs de Hollande et Mélenchon (68 et 62) que de Sarkozy (58). Les électeurs de Bayrou et Le Pen (52 et 51) ferment sans surprise la marche.

Dans des circonscriptions « clasiques », pas de surprise sur de nombreux basculements, comme le montre le sondage OpinionWay sur la 4e de la Sarthe (l’ancienne de Fillon):
PS 38 / UMP 34/ FN 13 / FG 7 / MoDem 3 / EE-LV 2 / DVD 2 / LO 1 / NPA 0
PS 53 / UMP 47

Tout m’incite donc à imaginer une majorité nette pour la gauche, peut-être même plus proche de celle de la droite en 2002 qu’en 2007. D’ailleurs, si les scores semblent s’inverser par rapport à 2007, la grosse différence, c’est que le FN n’est plus du tout au même niveau et que, cette fois, il va « saigner » la droite. En outre, le haut niveau de la droite au 1er tour en 2007, qui lui promettait une victoire à la 2002 voire mieux, a été fortement corrigé entre les deux tours. Si, cette année, cette correction n’intervient pas, la gauche pourrait faire mieux que la droite en 2007 et se rapprocher du score de la droite, en sièges, de 2002.

Mais il est vrai que, localement, le PS a donné trop de circonscriptions « limites » à EE-LV et va ainsi perdre de belles occasions de gains. Mon travail en cours pourrait aussi m’inciter à penser différemment… 🙂 En outre, il peut y avoir un réflexe de rééquilibrage, comme entre les deux tours de 2007. Enfin, l’UMP n’a pas que de mauvais sortants.

Ceci étant dit, même une NKM médiatisée et capable de ratisser au centre rencontre, de manière significative dans une de ces circonscriptions qui n’étaient pourtant pas dans les 333 ayant mis Hollande en tête le 6 mai dernier, des difficultés certaines. C’est un sondage IFOP sur la 4e de l’Essonne, qui donne:
UMP 41 / PS 33 / FN 8 / FG 7,5 / MoDem 4,5 / EE-LV 3 / DLR 1 / AEI 0,5 / ExD 0,5 / LO 0,5 / ExG 0,5 / une divers 0
et un terrible 50-50 au second tour.

Bref, globalement, plutôt 2007 que 1997, avec un petit « risque » de 2002.

2. Dans ce paysage à mon avis assez sombre pour la droite (pourquoi n’agite-t-elle pas le chiffon rouge de la majorité des 3/5 au Congrès ?!? ah oui, 85% des Français n’y comprendront rien ?… bon… passons…), François Fillon trace son bonhomme de chemin.

Un sondage TNS-Sofres-Sopra Group pour i-Télé (échantillon de 1011, réalisé le 24 mai 2012) interrogeait sur celui qui « ferait le meilleur président de l’UMP« , dans l’ensemble de l’échantillon et parmi les sympathisants UMP:
Fillon 44 / 69
Copé 12 / 22
aucun 25 / 5
ne sait pas 19 / 4

Enfin un sondage en tête-à-tête, qui montre bien que les voix de Juppé se porteraient en réalité sur Fillon, lui assurant un net avantage. Mais, évidemment, l’échantillon n’est pas celui des adhérents « durs » de l’UMP. Toutefois, la primaire du PS en 2006 montre que les militants peuvent très bien « suivre » les mouvements d’opinion externes, s’ils assurent une victoire électorale ensuite.

Le score est d’ailleurs sans appel à la question de savoir s’il est « souhaitable qu’il représente l’UMP à la présidentielle 2017 » (ah, la belle question alors que les législatives ne sont pas encore passées 😀 J’aime la politique politicienne !):
Fillon 51 contre 30 / 84 contre 10
Copé 24 contre 55 / 46 contre 45
Sarkozy 22 contre 61 / 55 contre 36

Copé aussi rejeté que Sarkozy dans la population globale, mais encore derrière Sarkozy dans son propre camp. Encore quelques sondages comme ceux-ci messieurs les patrons de presse et Fillon va bien finir par l’emporter à l’automne !

Fillon a eu raison de dire qu’il n’y avait plus de leader naturel à l’UMP (55 contre 18). Et il bat Copé sur tous les qualificatifs (compétent 66/40, rassurant 46/26, sympathique 53/31, sincère 51/23), sauf sur le dynamisme (45/53).

Deux premiers écueils vont cependant se dresser sur sa route:
– sera-t-il aussi largement élu que prévu à Paris ? Attention à ne pas donner l’impression de négliger ses « terres » et de tenir le résultat pour acquis, car les électeurs n’aiment pas cela… et Axel Kahn a sûrement une longueur d’avance chez les bobos du 6e…
– la présidence du groupe UMP à l’Assemblée sera peut-être « chaude ». Quelques victimes importantes que je commence de recenser (Courtial dans l’Oise, Morano en Meurthe-et-Moselle, Lefebvre à l’étranger) affaibliront aussi le camp Copé, même si les modérés de l’UMP, comme je l’ai déjà étudié, vont souffrir. Peut-être Fillon éludera-t-il ce combat, avec prudence, ou laissera-t-il un candidat plus consensuel (Accoyer, Dord, MAM, Ollier dit « POM »,…) tenter d’arracher le groupe à Jacob, sans toutefois trop mouiller Fillon en cas d’insuccès.

Ce sera passionnant, tout autant que le feuilleton « Martine va-t-elle vraiment se retirer à Lille ? » Ou troublera-t-elle le trio Désir-Cambadélis-Rebsamen ?

Derniers sondages IFOP et OpinionWay pour les législatives: les signes d’une victoire socialiste plus ample qu’en 1997

IFOP-Fiducial
Europe 1, Paris-Match
18-19 mai 2012
échantillon: 860 inscrits sur un total de 956
(évolution par rapport à la livraison du 6 mai 2012)
LO 0,5 (=)
NPA 0,5 (-0,5)
FG 7 (-1)
PS+PRG 34,5 (+3,5)
EE-LV 4,5 (-0,5)
(soit PS+PRG+EE-LV 39 (+3))
MoDem 4 (-0,5)
UMP+NC+PR 32,5 (+1)
DLR 0,5 (=)
(soit UMP+NC+PR+DLR 33 (+1))
FN 16 (-2)

1. Par rapport à 1997, le FN rejoint un score comparable (16 contre 15) et sa capacité de nuisance pour la droite serait donc équivalente. En 1997, il pouvait se maintenir dans 133 circonscriptions, dont 79 triangulaires (76 effectives, finalement), 23 duels avec la gauche et 31 duels avec la droite. Même si c’est moins que les pronostics échevelés, tant du FN que de certains médias, c’est suffisant pour embarrasser fortement la droite. D’autant que le vote FN semble cette année plus rural, plus rurbain, plus périurbain boutiquier et « subi », ce qui risque de faire davantage de dégâts à droite.

D’ailleurs, le sondage IFOP sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais montre que Le Pen n’est nullement capable de battre la gauche en duel ou en triangulaire:
FG 55 – FN 45 / PS 56 -FN 44 / FG 44 – MoDem UMP 20 -FN 36
après un 1er tour très mauvais pour la droite, alors même qu’il s’agit d’un traditionnel franc-tireur (JeanUrbaniak, cette fois MoDem soutenu par l’UMP):
FN (Le Pen) 34 / FG (Mélenchon) 29 / PS 18 / MoDem-UMP 16 / EE-LV 2,5 / LO 0,5 / quatre divers 0

Cette situation pourrait se retrouver dans d’autres circonscriptions du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie, où la gauche a peu de craintes à avoir sur ses circonscriptions en ce qui concerne une supposée menace FN.

Au passage, notons que les sondages mesurent aussi la stupidité de nombre de sondés, voire d’électeurs: au moment où le PS désigne enfin un candidat honnête et correct dans cette circonscription, voilà qu’en masse (y compris les CSP+), on préfère le barnum médiatique du parachuté-révolté Mélenchon… Décidément, il n’a pas fini de nous… Bref.

2. En revanche, la droite part d’un niveau de nouveau modeste: globalement 33 contre 36,5 en 1997.

En outre, comme le montre le sondage IFOP dans la 9e des Hauts-de-Seine (celle de Claude Guéant), les reports ne sont pas bons, ni du centre, ni de l’extrême-droite. Comme si seul l’enjeu présidentiel et un Sarkozy ultra-combatif avaient réussi à assurer cette mobilisation forte à droite.
Alors qu’au 1er tour, il ne semble pas y avoir de difficulté pour la droite et le centre-droit:
UMP 41 / PS 25 / DivD 15 / AC 7 / EE-LV 5 / FN 4 / FG 2 / PRG 0,5 / Div 0,5 / deux divers 0
au second tour, la victoire de Guéant n’est pas soviétique:
UMP 57 – PS 43.

Certes, il faut, là encore, compter avec une certaine forme de stupidité: quand des sondés-électeurs voient marqué « Alliance centriste », ils croient voter pour le supplétif béarnais de Hollande et ils n’ont aucun indice de qui pourraient bien être Jean Arthuis et ses troupes… Bon, je reconnais qu’il n’est pas toujours aisé de le suivre…

Mais cela signifie bien que Guéant est loin de récupérer toutes les voix AC, de Solère (DivD – UMP dissident) et du FN. Son profil peut bien sûr refroidir au centre-droit, mais quand même, c’est une circonscription très sûre et 57% n’est pas si extraordinaire.

3. Le MoDem est lentement mais sûrement laminé. Certes, on ne peut comparer son score à celui de l’UDF ou des DivD en 1997. Mais, à 4%, il est inexistant. Surtout qu’il ne présente que très peu de candidats en propre (400 sous l’étiquette « le Centre pour la France », mais pas autant de MoDem « purs »): à ce niveau, 4%, ce n’est plus que 2,78%…

Surtout, son chef, comme c’était prévisible, est menacé. C’est ce que nous indique le sondage OpinionWay sur la 2e des Pyrénées-Atlantiques.
Au 1er tour, il ne devance que difficilement un inconnu UMP:
PS 30 / MoDem 24 / UMP 23 / FN 11 / FG 8 / EE-LV 3 / NPA 1 / quatre divers 0
Et au 2nd tour, c’est la Bérézina, que ce soit en duel ou en triangulaire:
PS 55 – MoDem 45 / PS 44 – MoDem 28 – UMP 28 / PS 60 – UMP 40

L’hypothèse de la triangulaire permet également de constater l’excellent report de voix à gauche et la déperdition au centre pour l’UMP (mais il est vrai que nous avons vu, dans la cartographie de la présidentielle, que les électeurs Bayrou des Pyrénées-Atlantiques ont un tropisme rose assez net).

4. Au niveau national, la comparaison avec 1997 est favorable à la agauche et, plus précisément, au PS:
EE-LV baisserait de plus de 2 points, tandis que le total PS-PRG-DivG-Verts augmenterait de 4,5 points (39 contre 34,5).
Le PS n’ose pas le dire ouvertement, mais il espère bien que de nombreux dissidents du PS vont faire mordre la poussière aux Verts officiellement soutenus et que le PS (avec le PRG et tous ces Divers Gauche) pourra avoir un groupe majoritaire à lui seul. L’analyse par circonscription, si vous la suivez sur le lien donné dans mon article précédent, montre (en corrigeant un peu les prédictions un peu conservatrices de mon ami Gaël L’Hermine) que les Verts sont mal engagés (Côtes d’Armor, Ille-et-Vilaine, Sarthe, Orne, déjà…).

Je l’ai dit, c’est pour moi le principal, voire le seul, suspense de ces élections.

Ni Hollande ni Ayrault ne suscitent un grand enthousiasme.
Le gouvernement ne commence pas très fort.
La scène internationale donne beaucoup de poudre aux yeux (ce petit jeu sur la « croissance » est drôlatique: comme si Obama, Merkel, Barroso, Juncker, Cameron, Rajoy, Monti ou même Hu, Rousseff, Poutine ou Tusk mettaient la même chose derrière ce mot… :D).
Manifestement, l’adaptation va être difficile et la vie interne au gouvernement, à la gauche et au PS fort tendue.

Mais l’UMP vient d’entamer sa « PSisation » et va se déchirer suffisamment pour masquer le sabotage d’Aubry, l’incontrôlabilité de Montebourg, l’incompétence de Taubira et de Duflot, les guéguerres entre hollandais.
Et la campagne est très, très courte.
Et les électeurs ressentent un trop-plein de politique.
Et la cohabitation n’est plus dans la logique du quinquennat avec élections groupées et successives.
Et les médias restent encore bienveillants pour Hollande (même si les dérapages et incohérences à gauche commencent d’être relevés).
Et Rachida Dati est reparti comme en 40… Même Morano bouge encore…

Bref, c’est cuit pour l’UMP cette fois-ci. J’avais bien fait de mettre en garde sur les élus menacés, car cette vague rose à venir risque bien de faire l’affaire de Copé et Jacob.

5. Revenons rapidement sur la guerre interne à l’UMP, qui vient donc de commencer. Fillon s’est-il déjà « grillé » ?

Quelles peuvent être ses raisons ?
– D’abord, Copé, contrairement à ses déclarations… hypocrites (oui, le mot est fort bien choisi, François !), utilise bien tous les leviers pour renforcer son contrôle. Par deux fois, il s’est lui-même déclaré « chef » de quelque chose; il est déjà dans la place et « bétonne » l’appareil du parti; il continue de cajoler les députés et surtout ceux qui seront rescapés. Bref, peut-être Fillon a-t-il senti une certaine urgence à ne pas être distancé en interne dès le départ.
– Ensuite, il a peut-être voulu « fendre l’armure » et faire preuve d’un peu d’audace et d’autorité, à rebours de son image, « à la Hollande » en quelque sorte. D’une certaine manière, être l’outsider, l’underdog, ce n’est pas forcément un mauvais choix.
– De manière alternative, il a peut-être jugé bon de capitaliser sur le sondage IFOP et sur son bon positionnement; sûrement un peu hasardeux de jouer comme cela sur l’opinion et les médias…
– Enfin, il avait peut-être l’intention d’attaquer en réalité… plus tôt, mais a dû attendre vendredi soir dernier, pour être sûr que l’inénarrable Dati ne se présentait pas contre lui (avec des personnages comme ça, il vaut mieux attendre le douzième coup de minuit pour être vraiment sûr…).

Mais quels sont ses risques ?
– Apparaître comme le diviseur.
– Se faire imputer un mauvais score de l’UMP.
– Apparaître comme en fait un peu naïf d’être tombé dans le piège de Copé.
Eloigner les modérés et chiraquiens qui devraient lui revenir, mais semblent s’accommoder tactiquement de Copé (Baroin, Pécresse, Le Maire, Raffarin,…). De ce point de vue, la réaction de Juppé, apparemment neutre, fait objectivement le jeu de Copé ou, peut-être, prépare le terrain à Juppé lui-même, qui, soit devancerait Fillon contre Copé, soit l’affaiblirait tellement que Copé serait dans une dynamique suffisante.
N’excluons pas non plus une alliance Juppé-Copé, avec Juppé comme président et Copé en SG aux pouvoirs renforcés (bref en n°1 de fait) ou Juppé raffarinisé en vice-président délégué. Je ne sais même pas (les statuts et le règlement intérieur sont peu clairs sur ce point) s’il n’y aurait pas de possibilité de fusioonner des tickets du 1er vers le 2nd tour.
Imaginons un 1er tour avec, comme candidats Président/SG/Vice-Président délégué:
Copé/Daubresse/Raffarin ou, en version hard, Copé/Riester/Hortefeux
Fillon/Wauquiez/Bertrand
Juppé/NKM ou Baroin/Raffarin ou, en version restreinte, Juppé/Apparu/Pécresse
qu’est-ce qui empêcherait un 2nd tour:
Copé/Baroin/Juppé contre Fillon ?

Bref, tout est ouvert et tout sera d’autant plus terrible. Si, pour couronner le tout, Aubry et/ou Delanoë ne créent pas un même affrontement sanglant au sein du PS et si le PS réussit à se sortir des épées de Damoclès verte et rouge dans 3 semaines, alors, Hollande et Ayrault pourront continuer un moment de ne pas gérer leurs troupes et de gérer petitement le pays. Les conséquences électorales ne sont pas pour tout de suite… surtout avec une structure sociologique et géographique qui n’avantage pas l’UMP à moyen terme et avec une Marion « Marine » Le Pen plus Panzergirl que jamais…

Derniers sondages LH2, OpinionWay, CSA et IFOP quotidien: le regain sondagier de Sarkozy noyé dans le flux médiatique favorable à Hollande, malgré l’absence d’impact du débat et la fin de la carrière politique de Bayrou

 

LH2
Yahoo!
27 avril-2 mai 2012
échantillon: 1565

Hollande 53 (-1)
Sarkozy 47 (+1)

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OpinionWay
LCI, Le Figaro
2-3 mai 2012
échantillon: 2009 inscrits sur un total de 2101

Hollande 52,5 (-1,5)
Sarkozy 47,5 (+1,5)

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CSA
BFM TV, RMC, 20 Minutes, CSC
3 mai 2012
échantillon: 1002 inscrits sur un total de 1123

Hollande 53 (-1)
Sarkozy 47 (+1)

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IFOP-Fiducial quotidien
Paris-Match, Europe 1
30 avril-3 mai 2012
échantillons: 968

Hollande 53 (=)
Sarkozy 47 (=)

1. Le consensus sondagier est net vers les 53-47, qu’il s’agisse de sondages pré- ou post-débat. Sarkozy est donc moins distancé et Hollande s’érode, même si cela reste insuffisant. Mais le « bruit » médiatique n’est pas favorable au Président-candidat, alors que, sortant en temps de crise et pâtissant d’une impopularité historique, s’il parvient à passer au-dessus des 47%, il n’aura finalement pas démérité (tactiquement, s’entend), au regard du tombereau de critiques, tant sur le fond que sur sa tactique électorale.

Le débat a été finalement perçu médiatiquement comme favorable à Hollande, ce qui se retrouve globalement dans le jugement des sondés, mais tient en réalité à un simple décalque du paysage politique existant. Hollande n’est gagnant du débat que parce que la gauche est plus forte que la droite, tout simplement.

Pour IFOP, Hollande a gagné par 42-34, mais seulement par 32-30 chez les bayrouïstes et a perdu chez les lepénistes par 23-45.
Pour LH2, il a gagné globalement par 45-41, mais seulement par 39-37 chez les bayrouïstes et a perdu chez les lepénistes par 22-55.
Pour CSA, il a gagné globalement par 44-38, mais a perdu chez les bayrouïstes par 23-59 et chez les lepénistes par 20-59.
Grossièrement, les rapports de force et même les reports de voix se retrouvent ici.

Pourtant, le bruit médiatique est pro-Hollande. D’ailleurs, selon CSA, ceux qui n’ont pas écouté ou regardé le débat donnent Hollande gagnant par 31-18…

Comme je l’avais dit, les deux derniers jours de Sarkozy sont « pollués » par le bruit médiatique et par Bayrou. Comme je l’avais dit également (ah, en cette fin de campagne, il faut bien se remonter le moral…), le débat n’aura aucun impact profond sur les intentions de vote (même si, à échéance très courte, il peut y avoir un léger artefact; à moins qu’il ne soit insensible et ne se manifeste que par une érosion freinée de Hollande). Ainsi, selon LH2, parmi ceux qui ont regardé ou écouté le débat (plus vieux et donc plus sarkozystes que la moyenne), les intentions de vote sont restées étales à 52-48. Selon IFOP, 3% des interrogés ont dit avoir changé d’avis à l’issue du débat, dont 1% des électeurs de Mélenchon, 8% de ceux de Bayrou et 8% de ceux de Le Pen: ces mouvements semblent s’être équilibrés ou avoir concerné des échanges avec l’abstention.

Comme d’habitude (sauf, peut-être pour 1974), le débat n’aura donc fait qu’entériner la situation pré-existante. Bien entendu, le débat peut créer une inflexion de dynamqiue pour Hollande, qui ne serait visible que dimanche. Mais c’est peu probable:
– ceux qui ont regardé le débat (finalement pas si nombreux) étaient probablement déjà sûrs de leur vote,
– la pugnacité de Hollande peut remobiliser aussi une partie de l’électorat sarkozyste,
– la longueur et l’aspect « fatiguant » du débat ont probablement altéré l’impression générale.

2. Vient le suicide politique de Bayrou. Ou le « coup de poignard en plastique dans le dos » 😉

Je me permets de m’interroger sur ses motivations:
Hollande n’a pas besoin de lui (ils doivent vraiment se gausser au PS ce soir…), il ne demandait rien et Bayrou vient se livrer pieds et poings liés… où est l’intérêt tactique ? Mélenchon a lui aussi soutenu Hollande sans conditions, mais ce sont ses propres électeurs qu’il a livrés, pas lui-même; ici, Bayrou se livre lui, mais pas son électorat, davantage de centre-droit en 2012, mais en partie exaspéré par Sarkozy et donc plus équilibré dans les reports; à moyen terme, toutefois, cet électorat reviendra plus facilement vers les Juppé, Borloo, NKM, Fillon, etc.;
– il a bien sûr intérêt, comme Le Pen, à la défaite de Sarkozy, mais comment peut-il maintenant se recycler au centre-droit ? Certes, les réactions des Morin et Juppé ont été moins hostiles que d’autres, mais ce n’est plus possible de passer sur une telle traîtrise politique; il a donc brûlé les vaisseaux du retour au port UDF;
– ah oui, les convictions… (rire étouffé)

Non, vraiment, je ne vois pas. Les deux seules explications que je puisse trouver sont majeures et stratégico-historiques:
– la circonscription de Bayrou est tout à fait gagnable par le PS en juin: alors, peut-être cherche-t-il à préserver sa source personnelle de revenus (oui, la terre, faut pas rigoler, hein, c’est dur, c’est lourd, à travailler…),
les derniers fidèles et les petits apparatchiks du MoDem étaient majoritairement pour le vote Hollande: alors, peut-être cherche-t-il à conserver sa petite cour personnelle, sa « petite entreprise » (comme Le Pen père pendant longtemps), pour rester dans l’illusion de la persistance d’un destin national toujours intact (« miroir, miroir, dis-moi… »).

Bien entendu, les médias majoritairement de gauche se repaissent ce soir de cette « divine surprise » (oui, je l’écris exprès cet adjectif galvaudé…). Mais il est peu probable que les électeurs du MoDem se laissent influencer. Les sondages montraient que, majoritairement, ils préféraient que Bayrou ne donne pas de direction de vote. La subtile distinction entre « avis personnel » et « consigne de vote », déjà utilisée par d’excellentes références centristes (Montebourg et Le Pen), ne trompera personne.

Au contraire, il se rend en rase campagne, incapable de peser sur le programme et l’orientation hollandaises: les vrais centristes avaient bien davantage obtenu de Rocard (et Mitterrand) en 1988… A moyen terme, Hollande pourrait avoir besoin, lorsqu’il pressurera les fonctionnaires et les collectivités locales, de jouer le MoDem contre le FG et la gauche du PS (surtout qu’EE-LV a du plomb dans l’aile). Mais que sera le MoDem en juin ? Jean Lassalle et peut-être le député de Mayotte et peut-être Bayrou lui-même (sans oublier Jacqueline Gourault au Sénat) ? Le MoDem, combien de divisions ?

En fin de compte, il n’aura vraiment rien gagné dans l’histoire et il n’est pas impossible que ses électeurs même le passent par pertes et profits: ceux qui étaient déjà décidés pour Sarkozy le trouveront traître, ceux qui étaient déjà décidés pour Hollande n’y prêteront pas attention, ceux qui n’étaient pas décidés ou préfèrent voter blanc considèreront peut-être qu’il aurait mieux fait de ne rien dire ou de rallier franchement Hollande. Mais peut-être que Bayrou s’est reconnu dans une certaine pusillanimité et un certain comportement velléitaire dans notre futur Président 😀 Au moins, Villepin aurait fait cela avec panache (oh, c’est vrai, il reste encore toute la journée de demain 😉 ).

L’échec politique de l’aventure de Bayrou est maintenant consommé, dix ans après le début de sa rébellion anti-UMP. DSK, Sarkozy, Bayrou, la liste des morts s’allonge dans cette campagne…

3. Les reports de voix confirment le peu d’influence probable des deux événements du débat et de la trahison molle de Bayrou. Voyez, respectivement, LH2, IFOP (quotidien), OpinionWay et CSA:
– dans l’électorat Mélenchon: 93/2/5, 86/5/9, 77/9/14 et 81/7/12, globalement stable et solide pour Hollande,
– dans l’électorat Le Pen: 22/50/28, 18/50/32, 19/50/31, 17/57/26, toujours en amélioration pour Sarkozy (désormais à la moitié ou plus) ce qui explique ses gains globaux de la dernière semaine, mais toujours insuffisant,
– dans l’électorat Bayrou: 39/31/30, 32/34/34, 35/39/26 et 25/38/37, toujours divergents entre instituts, mais globalement équilibrés pour les deux candidats.

OpinionWay et CSA nous indiquent aussi que les abstentionnistes du premier tour se répartiraient respectivement à 28/28/44 et 25/25/50. Disons surtout qu’ils surévaluent leur propre participation, mais relevons que, de nouveau, les flux sont équilibrés entre les deux candidats.

Demain, je pourrai publier:
– un indicateur agrégé classique,
– un indicateur intégrant les matrices de reports de voix,
– des courbes de reports de voix,
– un graphique par sondeur, même si les biais sont maintenant réduits à leur plus simple expression.

Ce sera un peu le feu d’artifice final 😉

MISE A JOUR: Harris donne aussi 53 (-2) – 47 (+2) ce soir, avec un Hollande gagnant du débat par 31-29. Mais, je n’ai aps encore les chiffres détailéls du sondage: je le publierai donc proprement demain. Avec le dernier IFOP quotidien et peut-être avec un TNS-Sofres et un nouvel IPSOS ? On peut toujours espérer !