Présidence de l’UMP: Fillon doit trouver la force de refonder la droite

AJOUT LIMINAIRE DU 27 NOVEMBRE: A l’Assemblée, un nouveau groupe filloniste. Qui s’appelle "Rassemblement-UMP", comme un petit parti calédonien, ce qui permettrait ensuite d’envisager de récupérer une part de la 2e tranche du financement public des partis, si les députés fillonistes s’affilient à ce parti. L’avenir d’une scission totale est donc préservé.
Au Sénat, les fillonistes, qui sont majoritaires dans le groupe, vont tenter de faire partir Gaudin.
Tous ces signes montrent que Fillon est décidé à aller jusqu’au bout.
En outre, avoir d’ores et déjà Baroin, Woerth, Longuet, Marleix, Gaymard, Ollier, peut-être même Accoyer, montre que Fillon est soutenu au-delà de son équipe de campagne (Ciotti, Pécresse, Wauquiez) et de ses fidèles plus ou moins historiques (Chartier, Piron, Tardy,…). Même sans Bertrand, ses soutiens et quelques soutiens tardifs (Apparu), c’est déjà une belle avancée. Surtout si Baroin préside le groupe, ce qui donne une visibilité médiatique et une caution chiraquienne (au sens historique du terme)  très importante.
L’espoir avancé dans l’article ci-dessous n’est donc peut-être pas totalement irréaliste ;).

Que l’on me pardonne, mais, une fois n’est pas coutume (encore que la tendance se soit dernièrement fortement accentuée), mon article sera davantage d’opinion que d’analyse.

Ce blog s’arrêtera avec l’année. Je publierai encore un article sur la géographie électorale des motions-mouvements de l’UMP. Je publierai probablement un article sur les législatives partielles, qui deviennent plus ouvertes que prévu: Devedjian risque fort de pâtir de la vengeance des copéistes et sarkozystes; Aboud (copéiste) ne parviendra peut-être pas à reconquérir un siège dans l’Hérault, qui aurait pourtant été facile en temps normal, avec un Président et un gouvernement emêtrés (synonymes d’une candidate socialiste affaiblie) et une abstention élevée (synonyme de non-qualification du FN au second tour et d’une absence de triangulaire); Plagnol lui-même pourrait être gêné par un ras-le-bol du feuilleton UMP…

Mais il me faut publier un article à la fois "manifeste" et "supplique"…. même si les lecteurs habitués sauront y picorer les éléments d’analyse et faire le tri.
5 sondages seront utilisés ici ou là:
CSA pour BFM-TV (20-21 novembre 2012)
Harris Interactive pour 20 Minutes (21-22 novembre 2012)
BVA pour i-Télé (22-23 novembre 2012)
IFOP pour Atlantico.fr (22-23 novembre 2012)
IFOP pour le Journal du Dimpanche (22-23 novembre 2012)
ces deux derniers ayant probablement été réalisés de concert.

1. Sur le fond, il faut le souligner: Copé porte seul la responsabilité de la crise actuelle de l’UMP.

Dès le dimanche en début d’après-midi, Tabarot a donné l’assaut en dénonçant des fraudes dans les Alpes-Maritimes. Depuis, ce département est devenu le point de focalisation des médias, opération fort bien réussie du clan Copé, qui a préventivement sali l’autre camp, en anticipant le résultat serré et la nécessité de "passer en force".
Alors même que dans les Bouches-du-Rhône (La Ciotat) ou l’Oise (circonscription de Courtial), des procurations extrêmement suspectes (nombreuses et à 100% ou presque pour Copé) ont représenté des volumes supérieurs aux contestations dans les Alpes-Maritimes. Evidemment, en ciblant une "salade niçoise", les copéistes savaient qu’ils feraient mouche dans les médias…

Puis, dimanche soir, Copé s’est auto-proclamé président. Alors que les premiers résultats lui étaient favorables, ses mauvais résultats à Paris, en Moselle et dans les Hauts-de-Seine, mais aussi dans l’Aisne ou le Pas-de-Calais et, finalement, dans les Alpes-Maritimes ont contrebalancé ses surprenants bons scores en Gironde, dans le Bas-Rhin ou le Var. Il fallait donc qu’il fasse un putsch, beaucoup plus facile quand vous êtes déjà dans la place, que vous avez, au sens propre, toutes les clefs et que vous avez la personnalité d’un bulldozer.

Ensuite, la COCOE et, maintenant, la CNR, totalement contrôlées (il fallait quelques minutes à Copé pour faire refuser par Paternotte dès jeudi matin les conditions de Juppé… avant même d’avoir commencé, la mission de ce dernier s’est achevée), donnent une vague apparence de "régularité" interne, qui permet de niveler la situation dans les médias: Fillon n’est "pas meilleur" que Copé et celui-ci est parvenu à l’abaisser à son niveau dans la perception médiatique (les médias étant soit "intéressés" commercialement: un feuilleton haletant et gratuit et même rémunérateur avec les pubs entrelardées, soit "intéressés" politiquement lorsqu’ils sont de gauche et éblouis du miracle de cette implosion alors que "leur" Président semblait s’effondrer, soit enfin faussement neutres, parparesse de comprendre et paresse d’expliquer).

Enfin, faire semblant en permanence de "proposer", de "discuter", d’être "ouvert", alors que tout a été cadenassé et mis en "seringues", Juppé compris, pour, en réalité aboutir au résultat inverse: une situation totalement contrôlée, qui divise et rejette et qui ne rassemble en rien.
De toute façon, depuis le début de la campagne (accès aux fichiers très tardif, frais de campagne couverts plus largement pour le SG Copé déjà en place, utilisation du site Internet et de l’accès aux médias par le seul Copé jusqu’en septembre, nombre de bureaux de vote insuffisant, recherche de la moindre participation possible, etc.), les entraves n’ont cessé.

Une des grandes leçons de la vie, c’est que les tordus, les sans-gêne, les culottés, les sans-âme et sans-conscience accusent toujours les autres de ce qu’ils font eux-mêmes et tentent toujours de salir l’autre et de mettre la charge de la preuve de son côté: putsch, fraudes préméditées, division,…

Tout cela n’est finalement pas surprenant de la part d’un Copé désormais uniquement mû par l’ambition pure et surtout entouré d’une bande de bandits et de "salopards". Franchement, y en a-t-il un pour rattraper les autres ? Balkany, Morano, Rosso-Debord, Tabarot, Chatel, Courtial, Karoutchi, Gaudin, Daubresse, Raffarin, Dati, Peltier, Didier, Hortefeux, Guaino, Riester, Jean Sarkozy,… il faut vraiment chercher pour trouver un soutien qui ne soit pas vulgaire, manipulateur, sans-gêne.
Tous les soutiens de Fillon ne sont pas brillants (Estrosi…), mais, au moins, il y a là quelques "honnêtes hommes".

Face à tout cela, et cela peut surprendre, Fillon n’a pas réagi en politique mais sur le plan humain et moral. Face au mensonge, à la manipulation, à l’effronterie, à la mauvaise foi, à la violence personnelle, à la fraude intellectuelle, matérielle et morale, il a simplement dit non. Et il a totalement raison, même s’il ne sera pas compris, ou insuffisamment en tout cas.

Personnellement, je suis fier que la droite ait encore un homme capable de réagir ainsi.

2. Fillon peut-il transformer cette situation positivement pour la droite et pour lui-même ?

Evidemment, le mal est terrible, car, dans ces circonstances, tout le monde coule. Beaucoup de gens ne prennent pas le temps de comprendre ce qui est à l’oeuvre et qui a raison. Et puis, il est tellement facile de céder à l’habituel penchant poujadiste du Français… Pourtant, quel Français peut se targuer d’avoir sa famille, sa maison, ses relations amicales, son travail, ses papiers, sa situation juridique, sa sexualité, ses idées, bref sa vie, en ordre ? Vraiment ? J’en connais quelques-uns, personnellement, très peu nombreux…
Mais la critique permanente du politique me fatigue et m’agace. Dieu sait que mes orientations politiques m’incitent à critiquer vertement le "luxe" financier et la dépense publique indécente au niveau local, mais je défendrai toujours les élus qui donnent de leur temps et de leur énergie.

De fait, l’opinion portée sur l’UMP, selon BVA, s’est dégradée. Même si elle n’a jamais été extraordinaire, elle atteint le niveau du MoDem: 36% de bonnes opinions contre 63% de mauvaises (35/63 pour le MoDem). Le PS, comme souvent, s’en sort bien: 45/53, désormais au même niveau que l’UDI (45/51), qui bénéficie probablement de l’effet de nouveauté et de (petits) vases communicants avec l’UMP. Le FN reste fortement dans le négatif: 21/78.
Toutefois, il faut relativiser cette image des partis, qui est à la fois volatile et peu anticipatrice des résultats électoraux.

Malgré la difficulté, il faut pourtant savoir reconstruire, car la droite n’a pas d’avenir sans une ligne morale, républicaine, traditionnelle, forte mais équitable.
Le FN est très haut, il n’est pas la droite, il est un hybride populiste, chassant à l’extrême-gauche, "ailleurs" et dans la droite dure, pour finalement prôner surtout un autoritarisme étriqué, irréaliste, violent et stupide.
L’UDI n’est qu’un conglomérat de petites boutiques, d’"électrons libres" (à l’image d’un Borloo brouillon, inconstant et pas crédible) et de petits ambitieux ratés. Comment cette structure disparate et incohérente (du CNI à l’AC en passant par Morin, Sauvadet, Jouanoo, Yade ou Jégo) pourrait-elle sérieusement incarner la droite et le centre-droit sérieux et responsables, celui de de Gaulle, de Pompidou, de Barre, de Juppé, de Balladur (oh, comme j’ai pu ne pas l’aimer…) ? Et puis, leur tendance "libertaire" ne peut représenter toute la droite.
L’UMP croupion, celle de Copé et de ses sbires ou celle de Sarkozy et des jeunes "loups", ne pourra non plus le réaliser. S’abîmer en permanence dans de faux sujets, dans des coups médiatiques, dans un pur marketing électoral, cela décridibilise toute la droite et toute tentative de vraie réforme.

Il y a une place pour une ligne "classique", de la raison,
qui n’a pas peur des valeurs d’autorité, de force républicaine, de responsabilité, de rigueur, de respect de la vie, de transmission et d’héritage,
qui n’oublie pas la générosité, la fraternité, l’équité, le respect de la personne, la culture, l’instruction et le mérite républicain, qui a le sens de l’effort, de la raison européenne, du long terme, de l’honnêteté, du service et du bien commun,
qui n’est pas dominée par l’argent, la consommation de masse, le marketing politique, le culte de l’immédiat et de la jouissance égoïste, le jeunisme ou le paraître permanent.

Il y faut une réelle volonté et une âme bien trempée, capable de concessions sur l’accessoir pour rester inflexible sur l’essentiel. C’est sûrement quasiment impossible dans notre société moderne, qui nivelle, rabaisse l’intelligence et l’honnêteté, déteste la nuance, rejette l’effort et la rigueur. Mais cela vaut la peine d’essayer.

Aussi, Fillon doit partir de l’UMP et couper avec une situation trop pourrie, qui ne peut être relevée.

- Il peut s’appuyer sur sa popularité globale. Peu d’hommes politiques sont épargnés aujourd’hui. A part Valls, peu de responsables brillants émergent à gauche. A droite, la situation est désormais catastrophique. Même ceux qui pourraient émerger sont sur le déclin (Juppé) ou sont trop rejetés pour espérer incarner de nouveau l’avenir (Sarkozy, Copé). Fillon est encore en bonne position.

Selon BVA, sa bonne opinion se situe à 52% chez les Français (26% pour Copé) et à 76% auprès des sympathisants UMP (64% pour Copé). Ces chiffres montrent un recul, mais restent favorables.

Selon l’IFOP, sa cote d’avenir reste même quasi-intacte, en considérant ceux qui souhaitent lui voir jouer un rôle très important/assez important/peu important/pas du tout important, parmi les Français d’abord (la comparaison est intéressante dans le temps, la précédente enquête datant de la période 6-8 novembre):
Fillon 19 (+4) / 32 (-2) / 27 (-3) / 22 (+1)
Copé 5 (-2) / 24 (-1) / 32 (-1) / 39 (+4)
Ainsi, alors que Copé se décale de plus en plus vers le négatif, alors même qu’il était déjà très bas, Fillon voit son soutien et son rejet se polariser, mais avec un solde positif de 2 points déplacés.

Auprès des sympathisants UMP, la différence est plus nette entre les deux hommes:
Fillon 47 (+2) / 39 (-6) / 11 (+3) / 3 (+1)
Copé 14 (-10) / 41 (-11) / 30 (+11) / 15 (+10)
L’effondrement de Copé est ici massif, avec un déplacement négatif de 21 points. Fillon a également un solde négatif de 4 points, mais ses soutiens solides se renforcent au contraire: il y a là un noyau, auprès de l’électorat de droite plus large, qui est intéressant et semble destiné à perdurer, peut-être même à le suivre en dehors de l’UMP. Les sympathisants et les électeurs, au-delà des seuls adhérents: il y a une vraie différence et il serait temps que le caractère "attrape-tout" de Fillon serve enfin à quelque chose !

Et, selon CSA, s’il reste moins "efficace" que Sarkozy, il n’a rien à craindre de la concurrence de Copé. Le meilleur candidat pour 2017 est, en effet, pour les Français et pour les sympathisants UMP respectivement:
Fillon 23 / 24
Sarkozy 20 / 52
Copé 9 / 15
aucun 26 / 5
sans opinion 22 / 4
Mais, après tout, Sarkozy a le temps de se démonétiser d’ici 2017. La menace Sarkozy, pour Fillon, est aujourd’hui, pas demain. Si Sarkozy convainquait les électeurs de droite que Fillon est le diviseur, alors il y aurait un risque. Mais, à long terme, Sarkozy est une nuisance (éventuellement fatale pour la droite), mais il ne réussira pas à revenir et à être de nouveau candidat.

- Il peut s’appuyer sur une évolution qui pourrait lui être favorable en termes de "responsabilité" de la situation.

Si, pour les Français et les sympathisants UMP interrogés par BVA, le principal responsable est, respectivement,
Copé 38 / 29
Fillon 12 / 20
autant l’un que l’autre 48 / 49,
confirmant ainsi le risque poujadiste du "tous pourris",
néanmoins, pour l’IFOP, l’entourage qui a raison est, respectivement, celui de
Fillon 35 / 44
Copé 7 /12
ne sait pas 57 / 44
ce qui laisse entrevoir un bien meilleur score à l’égard de Fillon. Pour peu que l’effort soit fait, il est sûrement possible de convaincre de la vraie différence de nature entre les deux hommes.

- Il peut s’appuyer sur le fait que laisser l’UMP réduite au coeur sarkozo-copéiste (un conglomérat de libéraux, de bonapartistes, d’opportunistes, de populistes et de sécuritaires) présente un double intérêt: la lutte Sarkozy-Copé sera d’autant plus intense que la "boutique" à conquérir sera réduite. En outre, même si Fillon ne peut espérer au mieux que rallier une moitié de parlementaires et donc prendre la moitié de la 2e tranche de financement public à l’UMP, il accentuera la grave crise financière de cette dernière. Partir, c’est laisser à l’UMP-croupion à la fois la personne Sarkozy, les idées sarkozystes et les dettes. Mieux vaut rebâtir de zéro…

- Il peut constituer des groupes parlementaires, affiliés à une petite structure partisane métropolitaine ou ultramarine, et inclure cette dernière dans un nouveau parti ou lui faire reverser les quelques subsides qu’il aura réussi à "prélever" sur la 2e tranche du financement public. Certes, dans le meilleur des cas, cela fait 4 millions d’ueors par an (voir les commentaires d el’article précédent), mais, avec quelques cotisations, un bon accès aux médias et une popularité sondagière, il peut tenir jusqu’en 2016 et profiter alors en partie de l’UDI.
Car le nouveau parti qui serait créé (républicain, social, responsable) aurait d’emblée vocation à être associé à l’UDI, même si cela "frottera" avec Borloo, qui a des ambitions présidentielles. Mais Borloo tiendra-t-il 4 ans ? Et puis, des gens "raisonnables" de l’UDI (Lagarde, Jouanno, Jégo, Leroy, Arthuis,…) pourraient trouver utile de pouvoir se rallier à Fillon en 2017, par exemple dans le cadre de primaires communes.
La proximité partisane est à 57% avec l’UDI, même à 12% avec le MoDem et seulement à 30% avec le FN, selon BVA.
Le risque à éviter lors d’une scission, c’est de retrouver deux partis de droite à, au mieux, 15% et coincés entre une Le Pen à 18-20% et un Borloo à 8-10%. N’oublions jamais que Chirac a toujours été dans les 18-21% au premier tour des multiples présidentielles auxquelles il a participé… Seul Jospin a fait plus mal que lui… Mais c’est insuffisant pour se retrouver au second tour, désormais.
Il faut donc totalement étouffer l’UMP-croupion d’un côté et éviter une concurrence au centre-droit de l’autre. Alors, la victoire est possible.
Je sais bien, moi-même j’ai toujours répété que les partis sont indispensables dans une élection, que Copé serait l’évident chef de l’UMP après mai 2012, que l’argent (public), tel qu’il est en tout cas distribué en France) est le meilleur antidote contre les scissions. Mais, rappelons-nous, c’est un article d’opinion (d’espoir, de rêve ;)), pas forcément une analyse totalement rationnelle :P.

- Il peut aussi s’appuyer sur le… résultat. Après tout, il a obtenu 50%, alors même que la participation n’a pas été extraordinaire, contrairement à ce que l’on dit (c’était bien mieux en 1999, même si avec un corps électoral potentiel bien plus réduit). Quant aux motions, elles ont montré que l’équilibre était bien celui-là: si la Droite forte est arrivée en tête, l’aile dure est à moins de 40% (Droites forte et populaire) et à 50% si l’on inclut le morceau libéral de FMH et l’aile de droite des Gaullistes. De l’autre côté, la Droite sociale s’en est bien tirée et la Boîte à idées est globalement filloniste, tandis que l’on peut y ajouter les Gaullistes sociaux et les plus modérés de FMH.

Même au niveau des adhérents, le fillonisme n’est donc pas une petite minorité sans avenir.

3. Mais il faut pour cela un Fillon déterminé, sûr de lui, offensif, constant, intrinsèquement fort et volontaire, endurant et plus présent médiatiquement.
Je pense que beaucoup de sympathisants et adhérents de l’UMP seraient prêts à le suivre. Je pense qu’il peut s’appuyer sur des élus de qualité et/ou tenaces et qu’il peut reconquérir les cadres supérieurs, certaines professions intellectuelles, les agriculteurs et certains employés, sans perdre les professions indépendantes et libérales ou les entrepreneurs.
Face à une gauche qui se divisera de plus en plus et qui sera à court de solutions économiques et compensera par des "échappées" sociétales contestables, il y a vraiment de quoi agir et convaincre.

Il faut que Fillon ait cette force.
J’espère que les menaces de constitution de groupes ne sont pas que cela.
J’espère que Fillon ne cèdera pas face à un Sarkozy déjà revenu et de la pire des manières: tentant d’affaiblir Copé et Fillon, puis craignant que son jouet explose parce que le duel Copé-Fillon va trop loin, tenant d’affaiblir Juppé de peur que celui-ci revienne en sauveur, mais regrettant maintenant que Fillon ne cède toujours pas, bref jouant avec le feu et dansant au bord de l’abîme…
Comment les militants peuvent encore vouloir son retour, lui qui a perdu l’élection présidentielle de 1995, qui a perdu les européennes de 1999 et de 2009, qui a perdu les municipales de 2008, qui a perdu les régionales de 2010, qui a perdu la présidentielle de 2012 et les législatives de 2012, qui a failli perdre les législatives de 2007, lui qui s’apprête, par les conséquences d’une campagne trop droitière et/ou trop médiatique, à faire exploser son propre parti ?

4. Beaucoup d’obstacles vont se dresser sur la route de Fillon:

- le manque de courage de beaucoup d’élus et la peur de l’inconnu et de l’inconfort,

- l’inertie des militants et des électeurs de droite et un "légitimisme" artificiel: selon Harris, les Français et les sympathisants UMP veulent que Fillon reste à l’UMP, avec des responsabilités importantes, à 38% et 63%; qu’il reste à l’UMP sans responsabilités à 20% et 21%; qu’il quitte l’UMP à 40% et seulement 16%. Mais ce sondage est le plus "ancien" et les questions sont ambigues (on peut souhaiter que Fillon n’ait pas de pouvoir, soit pour l’avilir, soit pour le préserver). Le sondage BVA, lui, montre bien que 52% des sympathisants veulent que Copé reste président, contre 47% (le rapport est de 27/69 parmi les Français): légitimisme, lassitude et volonté de finir la séquence, quasi-équilibre également expliquent ce score; cela reste un vrai problème pour Fillon: il faut "se secouer" et "secouer" les autres,

- le nivellement et le "flou" médiatique sur la vraie responsabilité de la fracture et de la division de la droite, ce qui est un vrai risque si l’on en croit l’IFOP sur les logiques à l’oeuvre: d’abord des querelles et rivalités de personnes pour 67% des Français et même 75% des sympathisants UMP; d’abord des désaccords politiques pour 33% et 25%; le problème est aussi sur les "sentiments dominants": satisfaction (6/4), indifférence (40/9), déception (22/44), inquiétude (21/26), colère (11/17), ces trois derniers sentiments pouvant se retourner contre Fillon et pouvant décourager plus facilement sa base modérée que les "motivés" de Copé; il ne faut donc pas que Fillon lasse ou qu’il finisse "dans le même sac",

- le manque de moyens financiers, matériels et de base de départ (locaux, fichiers, "main d’oeuvre"),

- l’absence de soutien de ceux qui pourraient dire combien Copé a menti et triché (évidemment, si Juppé répétait vraiment quelles sont les responsabilités de l’échec de sa médiation… s’il avait l’humilité de rallier Fillon et de lui permettre de "sortir par le haut", en légitimant son départ…), combien Sarkozy s’est trompé de stratégie et d’idées et a dévalorisé la bonne idée de réformes (mais je crains que Le Maire, NKM, Apparu, Baroin, Accoyer, Carrez,…d’autres responsables de qualité, ne veuillent pas se "mouiller"),

- l’intérêt des socialistes, de Borloo et de Le Pen dans une UMP aux mains d’un arrogant technocrate bling-bling et "droitiste",

- l’intérêt des médias pour les "bêtes" politiques infatigables, dont Fillon ne fait pas partie, mais qui trouvent en Copé une nouvelle incarnation après Mitterrand, Chirac, Fabius, Sarkozy, Royal,…

- lui-même, introverti, taciturne, peu charismatique, peu médiatique, trop honnête sur le plan personnel, pas glamour et people, trop sérieux et "père la rigueur", trop proche de la lignée maudite des Debré (non il n’a pas toujours été fou ;)), Barre, Rocard, Juppé.

5. Mais il faut agir vite pour éviter de trop abîmer son image, pour ne pas paraître tergiverser, pour "sortir par le haut", en disant qu’il ne quitte pas l’UMP mais que c’est Copé qui le chasse, pour garder une dynamique, pour créer une situation claire face à une "boue" qui cherchera toujours à s’infiltrer dans tous les interstices (combien de fillonistes flageollent déjà, en dehors même des ralliés de dernière minute, comme Bertrand, Accoyer, Apparu ou même Baroin ?).

Il faut éviter le piège du recours en justice, en tous les cas d’y fonder trop d’espoirs. Les délais sont trop longs à l’échelle du temps médiatique. Et les Lavrilleux et Szpiner suaront encore les allonger… en allant même jusqu’au pénal, qui suspendra le civil. Il faut simplement y voir un moyen d’obtenir moralement satisfaction à long terme, de pouvoir dire en 2015 "j’avais raison". En tous les cas, cette saisine de la justice, il faut la faire en parallèle de ce que Fillon a déjà esquissé: je laisse la présidence de l’UMP, l’enjeu n’est pas le poste, mais le principe et la morale.
Comme le montre l’IFOP, ce pourrait être trop "diviseur" en termes d’image pour Fillon, la solution prvilégiée étant la direction provisoire Juppé (déjà évanouie…), à 73 contre 27 pour les Français et même 88 contre 12 pour les sympathisants,
ou la nouvelle élection, à 71 contre 29 et 67 contre 33, respectivement,
le recours à la justice ne se situant qu’à 42 contre 58 et surtout 24 contre 76.
Encore le bête travers du "on lave son linge sale en famille", alors que c’est bien la vérité qui doit triompher, famille ou pas… Mais c’est une variable à prendre en compte par Fillon: il faut qu’il dise qu’on l’oblige à partir.

Il doit d’ailleurs éviter le piège de la nouvelle élection, dans lequel s’engouffrent les Juppé, NKM et peut-être bientôt Le Maire et Bertrand, trop contents de voir la chance tourner. Mais ce serait délétère pour Fillon comme pour Copé. Car beaucoup plus de fillonistes sont partis que de copéistes et beaucoup plus de fillonistes s’abstiendraient (écoeurés et méfiants) que de copéistes ou iraient sur les autres candidats, tous plus ou moins "modérés". Sur un nouveau vote général, Copé est l’allié de Fillon: il ne veut pas aggraver le trou de l’UMP (oui, cela coûte cher de voter…) et il ne veut pas prendre de risque alors qu’il a tout fait pour cadenasser et reconnaître indirectement tout ce qu’il a rejeté depuis le début.
Certes, une version dégradée de la nouvelle élection serait celle de Sarkozy: ne revoter que là où il y a des contestations (problème: qui définit la liste des contestations ?…); cela assure un terreau plus favorable à Copé, tout en évitant d’ouvrir le jeu à Juppé et aux autres. Mais cela paraît trop complexe pour prospérer.

Il faut aussi frapper vite et fort, pour éviter que Sarkozy ne vienne à la rescousse de Copé, non par compassion pour ce dernier, mais simplement pour éviter que l’éclatement de l’UMP ne l’empêche, lui, de revenir…  ou qu’il ne revienne directement lui-même, en se fondant sur le sentiment encore majoritaire, apparemment, de nostalgie du chef le plus "récent". Si Sarkozy s’investit davantage, il recueillera l’accord des militants, si avides de "sauveur", comme le montre l’image de Juppé dans le sondage IFOP cité plus haut.

"La France peut supporter la vérité". Mais la droite et le centre-droit aussi et les militants et électeurs de droite et du centre-droit aussi.
Alors, François, il faut emprunter le chemin de la vérité (et de la vie, oserais-je ajouter… ;)), avec confiance et force.
Ce sera dur, mais tout est dur pour celui qui est dans le vrai…
Assez de la dérive sarkozo-copéiste: revenons à un gaullisme rigoureux, à un libéralisme politique tempéré, à des valeurs d’inspiration chrétienne et refondons la droite.

Géographie électorale du duel Fillon-Copé: "résistance" contre "raison" dans la mosaïque habituelle des élections internes ?

(MISE A JOUR LIMINAIRE DU 23 NOVEMBRE: étant donné les rebondissements quotidiens de la situation à l’UMP, je conseille à ceux qui sont à la recherche d’informations ou qui souhaitent poser des questions factuelles de se rendre directement dans les commentaires du présent article)

Voici de nouveau cette carte qui reste provisoire (merci à Yves-Marie Cann pour la compilation de tous les résultats épars ! voilà une preuve qu’Internet et même Twitter peuvent être utiles !):

 

1. Beaucoup de situations locales reçoivent bien entendu une explication relativement aisée:

- Les départements d’origine des candidats forment, comme d’habitude, leur meilleur score: Seine-et-Marne et Sarthe, avec des zones d’influence limitrophes (Orne, Mayenne, Maine-et-Loire; Oise et Seine-Saint-Denis en partie).

- Les départements encore sensibles aux orientations originelles des candidats ou à leurs filiations sont peu nombreux et se situent surtout du côté de l’ex-séguiniste Fillon: Vosges, Ariège, Nord-Ouest, voire Moselle du côté filloniste, mais aussi Corrèze, voire Gironde du côté de l’ex-chiraco-juppéiste Copé.
Les orientations idéologiques actuelles des candidats épousent en revanche facilement les sociologies de l’électorat: Languedoc-Roussillon et Provence pour Copé, Nord-Ouest et ouest francilien pour Fillon. Je ne m’étendrai pas sur cet élément le plus évident.

- De manière secondaire, les fiefs des autres membres des tickets ont suivi: Yvelines, Haute-Loire, Haute-Marne; les Alpes-Maritimes, trop "encombrées", faisant bien sûr exception.

Il y a ensuite l’influence des barons locaux qui, comme au PS, au PCF ou au FN, est très forte et explique largement le caractère de mosaïque des géographies électorales des scrutins internes. Une distinction entre départements peut être tracée:

- Les départements où le baron est réellement maître de ses troupes, quelle que soit leur sociologie: l’exemple le plus éclatant est la continuité géographique de deux départements fort similaires: Aube (Baroin) et Haute-Marne (Chatel), qui sont même inversés, d’une certaine manière, si l’on se basait sur la sociologie respective et si l’on devait accentuer les quelques petites différences (Haute-Marne plus rurale, Aube plus urbaine, voire très lointaine banlieue aux alentours de Nogent-sur-Seine); c’est d’autant plus frappant que, en 1999, la Haute-Marne était un des points forts du gaulliste social Fillon.
De même, la proximité et, malgré tout, la divergence de résultat entre Loiret et Eure-et-Loir est frappante.

Il y a donc les départements où les barons sont en accord avec la sociologie: Bouches-du-Rhône ou Nord côté copéiste, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Savoie ou Yvelines côté filloniste.
Il y a les départements où les barons peuvent prévaloir sur la sociologie: les Alpes-Maritimes sont un exemple frappant; le Territoire-de-Belfort est lui aussi une grande surprise… tout à fait logique de ce point de vue: Meslot soutenait Bertrand et donc Fillon et ce département de tendance "droite pop" a suivi. Longuet a probablement fait basculer la Meuse et Barèges le Tarn-et-Garonne.
Evidemment, l’influence de Bertrand dans l’Aisne, voire dans les Ardennes ou la Somme, a été décisive dans des départements plutôt de droite dure. De même, l’influence de Raffarin suffit à faire basculer la Vienne et même toute la région Poitou-Charentes. Peltier a probablement gagné l’Indre-et-Loire à Copé et Fromion le Cher.

- Les départements où le baron ne peut aller contre la sociologie: Hubert Falco et beaucoup d’autres élus varois n’ont ainsi pas pu empêcher que le Var ne reste, logiquement, copéiste, même si de peu; d’une certaine manière, l’appareil sarkozo-balkanyste n’a pu empêcher les Haut-de-Seine des cadres supérieurs et retraités aisés de soutenir majoritairement Fillon.

- Les départements où la concurrence de barons se résout à l’avantage du plus important ou de celui ayant un "rayonnement" plus large: les Alpes-Maritimes (Estrosi, appuyé sur Ciotti et Léonetti, prévalant sur Tabarot ou Luca), les Côtes-d’Armor (Le Fur contre Cadec) ou la Charente-Maritime (Bussereau étant battu par le lointain Raffarin et par Quentin) illustrent bien ce cas de figure. A Paris, c’est Fillon lui-même qui a pu emporter la décision (appuyé sur des troupes quand même nombreuses: Goujon, Legaret, Lamour, Debré, Lellouche,.., et une sociologie favorable), face aux seconds couteaux Goasguen, Dati, Lecoq ou Küster.
La concurrence peut aussi être tranchée par la sociologie: dans l’Oise, la division a été forte, entre les Dassault et Courtial d’un côté, Woerth et Cayeux de l’autre, mais la sociologie a prévalu; la Manche offre un exemple similaire, même si le résultat est inverse.

2. Il y a cependant de vraies surprises, plus ou moins difficiles à anticiper: le Pas-de-Calais, la Moselle ou la Drôme pour Fillon, les Hautes-Pyrénées, les Landes ou le Bas-Rhin pour Copé, par exemple.

Le chiraquisme et le sarkozysme ne sont pas des facteurs explicatifs, ce qui est d’ailleurs fort intéressant en soi (le sarkozysme n’existe peut-être pas; attendons les scores des mouvements – encore que, beaucoup d’adhérents n’ont pas voté pour un mouvement !): les Alpes-Maritimes, la Marne, l’Aube ou les Hauts-de-Seine ne sont pas copéistes malgré leur sarkozysme et l’Alsace est divisée; en matière de terres chiraquiennes, l’écart est fort entre Cantal et Creuse d’un côté, Corrèze et Haute-Vienne de l’autre.
Cela tient au fait que les leaders s’effacent vite et au fait que Copé et Fillon ne sont pas, à titre personnel et hors du jeu médiatico-électoral de Copé, si éloignés fondamentalement l’un de l’autre.

Il faut donc chercher autre chose: il y a peut-être des éléments d’explication conjoncturels, d’autres plus profonds.

- Conjoncturellement, la faiblesse de Fillon dans le Sud-Ouest, probablement une des plus grandes surprises, peut être liée au fait que sa campagne "perturbée" a principalement délaissé le quart sud-ouest; je comptais publier une carte des déplacements, mais je ne les ai pas recensés assez tôt; toutefois, il est clair que Fillon ne s’est pas attardé à l’ouest et au sud d’une ligne Arcachon-Tulle-Foix.

- Plus fondamentalement, les forces relatives des autres partis de droite et du centre peuvent aboutir à des surprises, en ce que l’électorat UMP "résiduel" (en quelque sorte) se retrouve en décalage avec la sociologie globale de la droite dans le département concerné. La forte présence UDI dans le Loir-et-Cher ou la Côte d’Or a peut-être favorisé la victoire de Copé; de même, l’implantation croissante du FN a pu contribuer à pousser la Moselle du côté de Fillon, comme la persistance d’un villiérisme croupion en Vendée laisse une UMP un tantinet plus modérée. Mais, bien sûr, on peut trouver quantité de contre-exemples. Ce facteur explicatif est très local.

- Peut-être que le critère majeur est finalement une combinaison entre passé et avenir, entre tradition politique et combats récents ou futurs: je veux dire par là que la culture politique locale doit être croisée avec la réalité de la situation électorale actuelle de la droite et des futures batailles politiques à mener afin de tenter de comprendre ces surprises.
Ainsi, la gauche est tellement forte dans le Gers, les Hautes-Pyrénées ou le Lot que les quelques adhérents UMP veulent surtout "cogner"; au surplus, ces terres totalement sécularisées et de tradition ruralo-boutiquière expliquent que la posture "populaire" de Copé ait pris. Plus largement, le succès de Copé dans le Sud-Ouest, mais aussi ses scores tout à fait honorables dans le Finistère, le Calvados ou les Deux-Sèvres, terres encore conservatrices naguère mais totalement "rosies" désormais, s’expliquent aussi par cette volonté de "résistance" dure face à la gauche.
A l’inverse, le Nord-Est intérieur, à la fois très conservateur et peu menacé par l’implantation de la gauche, se rallie davantage à Fillon que prévu. Et, bien logiquement, Vendée, Maine-et-Loire, Loiret, Hauts-de-Seine, Marne ou Haut-Rhin, sans trop de crainte d’une vague "rose", peuvent voter "raisonnablement" pour Fillon, tout en confirmant leur tradition de "modération".
La différence entre Moselle et Meurthe-et-Moselle peut certes s’expliquer par l’action des barons (des baronnes, en l’occurrence !), mais peut aussi découler d’une situation de "résistance" (le grand mot de Copé, qui a sûrement fait mouche) plus ancienne en Meurthe-et-Moselle. La différence entre Côtes-d’Armor (depuis longtemps à gauche) et Morbihan également.

Même si le Lyonnais et les Savoies, notamment, perturbent un peu l’analyse, le trait le plus synthétique des deux candidats serait, de manière vraiment grossière, que Copé est fort dans les départements de gauche des années 70 et 80 et Fillon dans les départements de droite quasi-pompidolienne. Les experts de cartographie électorale sont els bienvenus ;)

Mais, après tout, le message de la différence entre "résistance" et reconquête d’un côté, "establishment" et barons de l’autre, tout simpliste qu’il soit, a probablement porté et Copé n’a fait qu’appliquer la vieille recette du (pseudo-)rebelle contre l’ordre établi. Ou la différence entre "démagogie" et posture d’un côté, responsabilité et "raison" de l’autre, si l’on se place d’un point de vue filloniste.

Il sera intéressant d’analyser les résultats des mouvements, afin de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses, en espérant que l’UMP veuille bien publier TOUS les résultats, département par département, y compris en outre-mer et à l’étranger…. Prions Sainte COCOE et surtout Saint Jean-François, qui ne va pas vouloir étaler le détail des turpitudes, peut-être…

Election à la présidence de l’UMP: victoire "à la Aubry" de Copé, renoncement "à la Séguin" de Fillon

LUNDI APRES-MIDI: En attendant une éventuelle conclusion de la COCOE, sûrement plutôt mardi voire mercredi (et peut-être pas du tout si le blocage est complet), le journaliste Yves-Marie Cann a effectué une totalisation à partir des données de la presse régionale: 171 803 votants, Fillon 50,03% et Copé 49,97%, soit 93 voix d’écart…Cela signifierait aussi une participation correcte (mais sans plus, à mon sens) au-dessus de 60%.

Par rapport à la carte publiée cette nuit, sont venus s’ajouter le Val-de-Marne et la Corse-du-Sud pour Copé, les Ardennes pour Fillon. Je publierai ce soir une carte actualisée et un commentaire rapide des "surprises" et des confirmations. Etant donné les résultats surprenants de Copé en Aquitaine et dans les Charentes, Juppé aurait pu faire basculer les choses. Il est quelque peu ironique de le retrouver aujourd’hui dans une position de médiateur ultime.

Notons simplement à ce stade que
- Sarkozy, le FN, l’UDI, Hollande et le PS peuvent se réjouir (idéal pour le retour du sauveur Sarkozy; idéal pour élargir le pseudo-rassemblement bleu marine; idéal pour grappiller des élus et des cadres et densifier le réseau local de l’UDI et pour engranger de futurs électeurs modérés; idéal pour envisager un second tour Hollande-Le Pen; idéal pour minimiser les défaites européennes et locales du PS en 2014 et surtout 2015),
- Fillon ne pourra être le candidat en 2017 que s’il y a des primaires ouvertes (ce qui signifie qu’il faut qu’il soit président aujourd’hui… car Copé ne semble pas clair sur ce point, ce qui serait scandaleux pour les adhérents et dangereux pour la droite, tant la légitimité du candidat socialiste a bénéficié des primaires ouvertes de 2011); sinon, il sera bloqué par Copé ou submergé par Sarkozy,
- Copé serait lui-même affaibli et devrait se lancer dans un duel d’éclopés avec Sarkozy, finalement plus ouvert que prévu, pour peu que Sarkozy ne soit pas trop embêté par les juges,
- pour 2022, Copé s’est déjà créé de solides et profondes inimitiés (Wauquiez, Pécresse) ou des préventions extrêmement méfiantes (NKM, Le Maire, Apparu, voire Chatel lui-même qui a peut-être été surpris par ses collègues en copéisme… et qui sait qu’il pourra être "débarqué" à tout moment) sur sa capacité à imposer n’importe quoi et n’importe qui et à s’imposer tout court (Bertrand le savait déjà, mais je parle de 2022: lui sera déjà "out"),
- même s’il n’y a pas de résultats pour les mouvements, la Droite forte aura réussi le plus scandaleurs des coups marketing, en débarquant de nulle part et en gagnant uniquement sur un nom propre (Sarkozy), deux noms communs (sarkozysme, sarkozyste) et un adjectif (forte): ma foi, à l’heure d’une société googlisée, 4 mots-clefs, c’est déjà beaucoup ::( ; on appréciera aussi la capacité d’anticipation de Wauquiez, qui a désormais une assurance-vie en cas de défaite de Fillon, avec sa petite chapelle qui sera financée (enfin, si l’UMP n’est pas en redressement judiciaire d’ici 6 mois…); on appréciera l’habileté des Raffarin, Chatel et Daubresse qui auront détourné une partie des modérés vers Copé, tout cela pour continuer d’exister eux-mêmes ou se créer une future base pour l’avenir (Chatel)
- Juppé aurait mieux fait de concourir, il aurait rendu service à tout le monde et aurait très bien pu se retrouver faiseur de rois ou roi lui-même,
- l’idée d’une co-présidence paraît impossible, mais pourtant… elle vient d’être lancée par le président de la fédération du Pas-de-Calais et Juppé lui-même a appelé à être imaginatif (même si lui-même ne ferait le "bouche-trou" que quelques semaines au plus),
- les discours cataclysmiques (malgré ma propre "dépression" politique avancée :P) doivent être relativisés, au regard du parcours socialiste entre 1990-94 et 1997 ou entre 2008 et 2010-12 ou au regard du parcours de la droite entre 1995-99 et 2002 ou entre 2004-06 et 2007; en outre, on ne crée pas un parti comme cela: n’oublions jamais les structures existantes (ne serait-ce que tous les locaux et les équipes, à Paris et dans tout le pays; les groupes parlementaires; les fichiers d’adhérents), mais surtout les financements publics… la scission reste toujours la moins probable des éventualités, même si elle n’est pas impossible;
et puis, les médias oublient vite, les Français oublient vite, tout le monde passe à autre chose en 5 minutes (l’état de grâce de Hollande a duré le temps des départs en vacances; Chirac devient populaire le temps d’une nuit en 2007; Hollande redevient presque présidentiel après quelques blagues à ses potes journalistes l’espace d’une fin d’après-midi; Sarkozy manque déjà aux éditeurs et aux patrons de presse; Audrey Pulvar… euh, bon, y faut bien rigoler un peu ;) je suis un peu sur les nerfs depuis hier…).

Une belle carte un peu plus tard, donc.

NUIT DE LUNDI A MARDI: voilà, ce qui devait arriver arriva.

Tout le monde dit que c’est une lourde défaite pour Fillon. Je trouve plutôt, vu ce que j’écrivais en début d’année 2012, avant même la défaite de Sarkozy (à savoir qu’il n’y aurait aucun suspense et que Copé serait le nouveau chef de l’UMP), que Fillon s’en sort bien.
87388 (50,03%) contre 87290 (49,97%), soit 98 voix d’écart sur 174678 exprimés… il y a 50 personnes et un Juppé qui devraient mal dormir ce soir… :P
La participation est difficile à calculer, car nous ne connaissons pas le corps électoral. Il est situé entre les 264137 adhérents à jour au 30 juin et les 300257 à jour au 26 octobre, soit, avec 176608 votants, de 58,8% à 66,9% de participation.

Mais il n’empêche que la vie politique est ainsi faite que Fillon est désormais "grillé" pour l’avenir. Sa déclaration à la manière de Séguin, principielle et ombrageuse, très personnelle voire solitaire, va lui faire perdre, progressivement, la plupart de ses soutiens:
- il y aura les fidèles qui quitteront peut-être l’UMP (Chartier ?),
- il y aura les ralliés de fraîche date qui ont suffisamment d’assise locale et de proximité idéologique avec la nouvelle direction pour se ressaisir et poursuivre leur route (Ciotti, Estrosi),
- il y a ceux qui n’avaient plus rien à perdre ou dont la carrière est derrière eux (Ollier, Gaymard),
- il y aura les ralliés tardifs et discrets qui reprendront les choses là où ils les avaient laissées (Bertrand, Apparu),
- il y aura ceux qui ont trop misé et qui subiront la rancoeur personnelle de Copé (Pécresse et Baroin, les deux grands perdants de la soirée avec Fillon lui-même),
- il y aura enfin celui qui va tenter de reprendre le flambeau de l’aile plus modérée de l’UMP, avec son mouvement apparemment deuxième (Wauquiez), même s’il devra éviter que les "neutres" NKM et Le Maire et que l’anguille Bertrand ne tentent de lui disputer ce rôle de chef de l’opposition interne à Copé.

Et puis, nécessité fait loi, tout le monde rentrera dans le rang. Comme je l’écrivais, on ne crée pas aussi facilement que cela un parti (Michel Noir en sait quelque chose…).

Je tiendrai ma promesse à moitié: voici la carte, mais sans les commentaires ! Oh, elle aprle d’elle-même, non ?

Non justement, il y a quelques subtilités sympathiques (et de magnifiques erreurs de ma part, même si beaucoup de départements sont quand même "bons"). Mais cela attendra quelques jours, je préfère dormir un peu et continuer de retenir mes larmes, comme Fillon et Pécresse ;)

Que l’on me permette en effet ce regret personnel de voir de nouveau disparaître quelqu’un d’intègre, de dévoué et de rigoureux de la scène politique: après Barre, Rocard et Juppé, je suis vraiment déçu :(. Voir Tabarot, Morano, Rosso-Debord, Courtial, Hortefeux, Didier, Karoutchi, Daubresse, Gaudin, Riester, Dati, etc. diriger ce parti ne peut, pour le moment que me laisser quelque peu dépité… Vivement que les Wauquiez, Le Maire, Pécresse, Apparu parviennent à redresser tout cela… :P
Charles, reviens…

Et maintenant, vivement les primaires de 2016… Mais seront-elles ouvertes ?… Copé est un malin… on peut douter, même s’il aura intérêt, alors, à ne pas trop se droitiser et donc à ouvrir les primaires: les Bertrand, NKM, voire Le Maire, Baroin, Wauquiez se neutraliseront ou "émergeront", comme Montebourg et Valls, tandis que Copé affrontera -peut-être- Sarkozy et le vaincra. Après tout, Sarkozy sera le vieux, le perdant et Copé contrôlera l’appareil, les "petits jeunes" et aura retourné les "puissances" économiques et médiatiques de la drotie à son avantage…

P.S.: le congrès de Reims du PS en 2008 justement… avec tous les soutiens de Royal (ou presque) qui l’ont ensuite abandonnée, notamment Valls, Peillon et Rebsamen… et ce vote truqué et contrôlé par les apparatchiki… et cette marge encore plus faible à l’UMP, puisque Aubry avait (soi-disant) obtenu 102 voix de plus que Royal, sur un total de 134800, soit 50,04% contre 49,96%. Copé encore plus étriqué qu’Aubry !

Présidence de l’UMP: une carte à jour… pour une situation "à la Reims", avec une tentative de putsch de Martine Copé

SAMEDI 22h30: Bienvenue aux lecteurs occasionnels de ce blog ;) N’hésitez pas à surfer dans les archives ou grâce à la catégorie "présidence de l’UMP", vous accéderez à toutes mes analyses depuis juin dernier (qui se sont efforcées d’être objectives), ainsi qu’à l’important facteur d’electability de Fillon, qui devrait guider chacun (là, je plaide plus pour ma chapelle ;)).

J’ouvre d’ores et déjà cet article qui permettra aux habitués (et aux autres, surtout s’ils ont des résultats locaux ! :)) de discuter, si vous le souhaitez, dans les commentaires. Son titre sera susceptible de changer :P

Au-delà de l’anecdote, ce premier résultat en Nouvelle-Calédonie est intéressant. Voici un département traditionnellement chiraquien de droite et légitimiste, avec une UMP fortement à droite, même si une bonne partie de l’aile dure de l’ancien RPCR s’en est dissociée. Pourtant, Fillon l’emporte avec 54,58% sur 1173 votants. Un gros tiers de participation par rapport à tous ceux à jour d’adhésion, ou près de 50% par rapport aux adhérents au 30 juin (ceux qui pouvaient parrainer). Correct pour un département du Pacifique et augurant d’une forte participation en métropole.
En revanche, à Wallis-et-Futuna, Copé remporte 82,35% mais sur… 17 votants ! Moins significatif, disons… (100% de participation par rapport aux adhérents du 30 juin: bon, à 17, c’est plus facile… mais, quand même, là aussi, un bon signe pour la participation).

Remarquons que je me suis déjà trompé sur les deux départements :D Brillant 0% pour horos2012 à cette heure. Mais la participation, qui s’annonce forte, suffit déjà à me réjouir quelque peu. Deux tiers ? Trois quarts ? Nous verrons mais, au moins, l’élu sera pleinement légitime.

DIMANCHE 16H20: je ne suis malheureusement pas dans un département important et "chaud" et je n’ai malheureusement pas de données de participation, mais cela semblait plutôt proche des 50% à la mi-journée ici. Dans les départements ruraux avec peu de bureaux de vote ou dans les départements très peuplés, la participation semble plus basse (20-30% à 14h), soit parce que les bureaux sont trop loin, soit parce voter pour 3 scrutins prend du temps (pourtant, quand on est motivé…).

Il y a deux bulletins "ticket" pour la présidence de l’UMP (superbes ! vraiment, cela a de la gueule), un bulletin avec cases à cocher pour les 6 mouvements (et une case "aucun": un petit côté ukrainien ou "NOTA" -none of the above- vraiment sympathique ;)) et un bulletin approuve/n’approuve pas sur la charte des valeurs (classique référendum, mais sympa quand même).
Franchement, ceal vaut le coup de payer sa cotisation UMP rien que pour cela :D Amoureux des élections, adhérez, rédahérez et faites adhérer ;).

Bon, c’est jour d ‘élection, on me pardonnera mon caractère primesautier !

Plus sérieusement, Tabarot accuse de fraudes dans les Alpes-Maritimes (bon signe pour Fillon: c’est la "fébrilité" chez l’adversaire comme l’on dit) et Estrosi réplique très durement (et hier, il avait comparé Copé à Mélenchon et Le Pen: pas très futé…).
Si la dégradation du climat se limite aux Alpes-Maritimes (et aux Bouches-du-Rhône), cela ira. Mais on peut être inquiet, malgré la réapparition de Juppé-le-sage, vantant l’exercice démocratique au sein de l’UMP (réel).

DIMANCHE 18H45: si les "accusations" réciproques se limitent au retour de vieilles rancoeurs personnelles (Tabarot/Estrosi-Ciotti ou Karoutchi/Précresse), ce sera encore gérable (nous n’en sommes pas encore aux menaces de procédures judiciaires entre royalistes et aubrystes en 2008), mais il faudrait se calmer un peu…
A Paris et dans les Hauts-de-Seine, l’atmosphère semble un peu celle du RPR en 1999: beaucoup de monde et une incapacité à anticiper. Mais quand on est adhérent et motivé, on est patient et on vote…
Une situation un peu américaine finalement ;)

Evidemment, la bonne affluence (particulièrement à Paris et dans les Hauts-de-Seine, mais aussi en province – apparemment 66% dans la Haute-Marne avec deux bureaux de vote) est a priori meilleure pour Fillon.

Wait and see

DIMANCHE 19H10: malheureusement, Twitter est le meilleur vecteur d ‘information ce soir.

Avec une victoire dans les Cötes-d’Armor ou la Charente, avec des victoires larges dans le Nord et la Moselle, Copé déborde largement de ses places fortes attendues et est très puissant dans ces dernières. La courte victoire de Fillon dans la Marne et sa bonne résistance à Paris sont insuffisantes. Le Var semble copéiste, alors qu’il était une possibilité pour Fillon de refaire son retard…

Marre des soirées électorales tristes :( Sale année…

DIMANCHE 19H25: Fillon remonte un peu… mais je pense que ce sera insuffisant…

Surprise dans la Somme (et peut-être dans le Territoire-de-Belfort), mais les Hautes-Pyrénées, ce n’est pas bon pour Fillon…

DIMANCHE 19H40: dans les départements ruraux, le rôle des barons a été essentiel. Mais la sociologie du Sud-Est (du grand Sud-Est même) semble très lourde… Fillon perd dans le 12e à Paris et prend seulement de justesse le 2e: pas bon…

Et en plus, faible victoire dans les Hautes-Alpes, tout va mal…

DIMANCHE 20H: la Gironde pour Copé… Cela donne vraiment envie de hurler…

Le Sud-Ouest très mité pour Fillon, qui ne peut se consoler qu’avec la Somme ou, apparemment, l’Esonne (mais je suis dubitatif sur la source).

DIMANCHE 20H20: Juppé portera une part de responsabilité dans la défaite de Fillon. Il suffit de lire la carte actualisée.

Avec le Bas-Rhin apparemment pour Copé, histoire de couronner le tout….

DIMANCHE 20H40: que les médias arrêtent un peu… Fillon a même perdu le Calvados et ne fait "que" 59,2% dans les Yvelines.

Et la Droite forte qui semble en tête quasiment partout… Les adhérents de l’UMP doivent être illettrés et ne pas vraiment savoir lire… Pathétique: qu’au moins, ils votent pour la Droite Pop ou pour les gaullistes… Tout fout le camp…

DIMANCHE 21H25: Paris et Nice sauveront-ils Fillon ? Peu probable…

Comme prévu, Copé gagne l’Isère, le Rhône, la Loire, l’Oise: des gros bataillons…
Que le coeur du chiraquisme vote Copé, OK, mais le Sud-Ouest ?

DIMANCHE 21H35: il faut vraiment que Fillon gagne fort dans les 15e, 16e et 7e et dans les Hauts-de-Seine pour remonter. Et on n’a pas les Bouches-du-Rhône en entier: glups.

Voilà où on en est. J’efface les autres cartes, car cela bouffe trop de place…

DIMANCHE 21H40: Copé l’emporte tout juste dans le Var et le Val-d’Oise. Où Fillon peut-il décemment refaire le retard, franchement ?

On devrait être vraiment fixés vers 23h.

DIMANCHE 22H: même plus le courage de commenter les résultats locaux. La Droite forte en tête même en Mayenne: nauséeux, je suis nauséeux. Si encore c’était la Droite Pop, mais non, on cède au marketing le plus stupide…
J’implore votre empathie: que peut un conservateur social, européen de raison, gaulliste de principe, chrétien, alors que l’UMP s’embarque à droite, que le PCD est une blague, que l’UDI est libertaire ?

Vivement 2022 !

LUNDI 1H05: eh bien si, Paris, les Hauts-de-Seine, les Alpes-Maritimes ont permis à Fillon de remonter au niveau de Copé.
Et nous voici réduits à la situation du PS de 2008, lors du Congrès de Reims. On a su -ensuite- que Royal avait probablement gagné, mais que les sbires fabiuso-aubrystes avaient assuré que la "boutique" ne passerait pas dans le camp royaliste…

Si au moins, nous avions eu une surprise à la Hulot-Joly… Mais non, la fatalité s’acharne sur la droite républicaine en cette année 2012. Et au fond de son pot cannelé, le Flamby peut enfin retrouver le sourire: la perspective d’affronter l’aboyeuse du vieux chef au second tour de 2017 ne peut que le ravir… Il peut continuer à faire tranquillement des erreurs, à rallier Bayrou et quelques autres modérés, à disperser la gauche de la gauche (entre Verts, PCF, Mélenchon, peut-être Audrey Pulvar :P, ma foi, il n’a pas à craindre de concurrence forte au premier tour) et à regarder la droite s’entre-tuer. Soupir….

Mais l’horreur se déroule sous nos yeux: la division totale, absolue, avec un Copé dans le rôle de l’Aubry de 2008, qui a les clefs du parti (au sens propre du terme, et c’est bien ce qui me fait peur).
508 ou 1058 voix de plus selon les copéistes, 224 de plus selon les fillonistes.
Un Copé qui s’autoproclame président. Un Fillon légaliste qui s’en remet à la COCOE (la commission électorale interne).
J’espère que Fillon sera plus tenace que Royal et Valls, face aux Courtial, Riester, Karoutchi, Daubresse, qui valent bien les Cambadélis, Borgel, Bartolone, Bachelay, ceux qui ont donné le parti à Aubry, Royal n’allant pas jusqu’au bout du combat.
Mais, comme d’habitude, j’ai peur du culot, du sans-gêne, du bulldozer, qui ne fera que peu de cas du compétiteur adverse… Quand on voyait Courtial, quand on entendait Rosso-Debord, Karoutchi ou Daubresse…. bah…. :(

Pour une fois, l’événement se produisait réellement en direct à la télévision.
Et… oui, il y a finalement du suspense, mais pas celui que je souhaitais :P

C’est vraiment, vraiment dur, cette nuit.

LUNDI 2H: bon, je suppose que l’alliance des sans-gêne, des malotrus, des vulgaires, des "communicants" va encore l’emporter au bout du compte… Et pourtant, on aurait tant besoin d’une droite digne, face au relativisme libertaire et briseur de toute transmission et de toute autorité, dernière volonté d’un pouvoir social-démocratisé par défaut et intrinsèquement impuissant.
Charles, reviens !
Allez, je vais me coucher, puisque ces damnés journalistes ne sont même pas foutus d’assurer une permanence de nuit…

Election à la présidence de l’UMP: avant le vote des adhérents, dernier sondage BVA confirmant la suprématie de Fillon chez les sympathisants

1. Ce devrait être le dernier sondage avant l’élection. Malheureusement, c’est le même institut qui a été sollicité: sondage BVA pour i-Télé, réalisé du 15 au 16 novembre 2012, auprès d’un échantillon total de 1075 (dont seulement 273 sympathisants UMP).

Les sympathisants de droite et ceux de l’UMP respectivement souhaitent voir la personnalité suivante diriger l’UMP:
Fillon 63 / 67
Copé 33 / 32
ne sait pas 4 / 1

Le rapport de force 2/3-1/3 se confirme de nouveau, sans surprise, dans la population large des sympathisants. Voici notre graphique actualisé:

Espérons encore un autre sondage demain (il n’y a pas de loi l’empêchant, s’agissant d’une simple élection interne d’un parti), mais j’en doute.

Juppé n’a rallié personne même s’il a laissé filtrer une demi-préférence pour Fillon.
NKM, Le Maire et MAM n’ont pas bougé non plus.

Copé finit en trombe en ce qui concerne les meetings. Fillon se fait actif par SMS et mails et plus présent dans les médias. L’argument du "meilleur adversaire de Hollande", sondage à l’appui, pourtant de bonne guerre, énerve au plus haut point les copéistes, ce qui démontre qu’elle touche juste (contrairement au durcissement des attaques, qui laissait à Copé le beau jeu du candidat subitement calme et serein…).

Bref, les dynamiques n’ont pas fondamentalement changé, semble-t-il, dans le dernier mois de campagne, même si une petite guerre de mouvement s’est déclenché dans la dernière période.

Tout le monde est désormais impatient d’en finir…

2. Pour comparaison, voici la carte de mes pronostics "sous l’influence" des sondages, c’est-à-dire avec une victoire nationale de Fillon:

Et voici la carte qui serait dictée par la logique (histoire locale du parti ou de ses prédécesseurs, sociologie électorale de l’électorat UMP,…), beaucoup plus favorable à Copé:

Je me suis amusé à l’élaborer après quelques remarques dans les commentaires, qui nécessitent en effet que l’on sache où se situe l’équilibre profond. Mais une campagne est faite pour bouleverser, même à la marge, cet équilibre et, selon les départements, l’influence de barons locaux, la situation électorale face à la gauche et/ou face au FN, l’équilibre UMP/UDI, les préoccupations économiques, sociales et sociétales du moment, le passé électoral du RPR, de DL ou d’autres composantes précédentes de l’UMP, etc. seront des facteurs de poids variable et il est bien difficile de mesurer quelle sera leur importance relative.

Rendez-vous dimanche !

Election à la présidence de l’UMP: dernier sondage BVA équivalent aux précédents et favorable à Fillon

1. J’espère tout de même que nous ne devrons pas nous contenter de ce seul sondage BVA pour Orange, France Inter et l’Express, réalisé les 7 et 8 novembre 2012 aurpsè d’un échantillon total de 1115 personnes.

A la question du souhait pour la direction de l’UMP, les réponses respectives de l’ensemble des Français, des sympathisants de droite et des sympathisants UMP (avec variation par rapport à octobre) est la suivante:
Fillon 71 (=) / 60 (-6) / 65 (-1)
Copé 19 (-2) / 34 (+2) / 33 (=)
ne sait pas 10 (+2) / 6 (+4) / 2 (+1).

Celui d’OpinionWay pour Metro, réalisé entre les 2 et 7 novembre 2012 auprès d’un échantillon total de 1007 personnes, est moins net dans son questionnement, puisqu’il interroge sur le plus à même de s’opposer au gouvernement (or, le président de l’UMP a vocation à s’opposer d’abord au Président de la République), mais donne un résultat équivalent (respectivement auprès de l’ensemble et auprès des sympathisants de droite):
Fillon 40 / 56
Copé 18 / 30
aucun 41 / 14
ne sait pas 1 / 0.

L’avantage de Fillon (2/3-1/3) reste donc grosso modo le même, ce que traduit notre graphique actualisé:

Le principal atout de Fillon, son caractère attrape-tout, est également confirmé par BVA. Dans un duel de préférence avec Hollande, il est en effet gagnant parmi l’ensemble des Français: 48/45. Son avantage est net parmi les sympathisants du FN (80/10) comme parmi ceux du MoDem (62/28). Copé, lui, est nettement perdant face à Hollande (40/51), ne parvenant pas au niveau de Fillon auprès des sympathisants du FN (71/17) et concédant beaucoup parmi ceux du MoDem (47/44).

Le dernier "baromètre" IFOP donne des résultats encore plus nets:
- Fillon bat Hollande 53/45, grâce à sa force au centre (62/35 chez les électeurs Bayrou et 56/41 chez les sympathisants MoDem), à son hégémonie au centre-droit (76/23 chez les sympathisants UDI), à sa réussite (qui reste étonnante même si elle ne cesse de se confirmer) à l’extrême-droite (78/21 parmi les électeurs Le Pen, nettement mieux que Sarkozy, et 75/23 parmi les sympathisants FN) et à sa capacité à s’imposer chez les sans-parti (53/34);
- Copé perd nettement face à Hollande (42/55), en raison de sa faiblesse au centre (44/52 chez les électeurs Bayrou, 35/62 chez les sympathisants MoDem), au centre-droit (un très décevant 48/47 chez les sympathisants UDI, qui rappelle els mauvais reports de Borloo vers Sarkozy de l’automne 2011) et chez les sans-parti (19/67). Son score à l’extrême-droite est bon mais insuffisant pour compenser ces faiblesses (69/25 chez les électeurs Le Pen, 70/25 chez les sympathisants FN).

Il faut bien sûr y voir là la conséquence de la campagne plus dure de Copé et du positionnement plus large de Fillon, mais aussi celle du rejet de Hollande chez les électeurs FN, qui bénéficie mécaniquement à toute la droite, au point que Fillon comme Copé font mieux que Sarkozy…

AJOUT DU 16 NOVEMBRE: la campagne Fillon envoie aujourd’hui des mails avec une illustration du sondage de l’IFOP, avec de (vilaines) photos d’un petit Hollande et d’un grand Fillon d’un côté, d’un grand Hollande et d’un petit Copé de l’autre… Excellent ! Une primaire avant l’heure… :)

2. Malgré ces bons chiffres qui se confirment et n’ont pas fondamentalement bougé depuis cet été, il reste quelques points d’inquiétude pour Fillon:
- "sympathisant" n’est pas "adhérent", on ne cessera de le dire. Le précédent Hulot-Joly de 2011 est cependant démenti par les précédents Royal/DSK-Fabius de 2006 et Pécresse/Karoutchi de 2010. Mais…
- ce sondage est, une fois de plus, antérieur aux calculs rénaux et à la contre-offensive tous azimuts de Fillon, dont nous ne connaissons donc pas l’impact sur l’opinion;
- dans les sondages de popularité brute de chaque leader (que je ne reprends jamais), Fillon stagne, voire s’effrite, alors que Copé progresse un peu; toutefois, il est vrai que Fillon est stratosphérique (avec Valls ou quelques personnalités du passé), alors que Copé est coincé dans le marais central des seconds couteaux et des leaders sans avenir de partis extrémistes, ce qui modère un peu l’interprétation qui peut être faite de ces cotes de popularité, toujours un peu suspectes…

Vraiment, cette campagne aura été bien trop longue et met les nerfs à rude épreuve…

Election à la présidence de l’UMP: les chiffres toujours rassurants de Fillon ?

Les articles de ce blog se délitent à la même vitesse que la campagne interne de l’UMP elle-même… Difficile de rester froid analyste lorsque les données se raréfient et que l’on a choisi un camp… :P De nouveau, me voici submergé par le pessimisme. Essayons de nous soigner:

1. Lundi soir, lors de son grand meeting parisien, Fillon a continué d’attaquer Copé de manière assez virulente, même si de manière en réalité ramassée. Mais il n’ignore pas que les médias ne se repaissent que des quelques piques prononcées…
Hier soir, Copé a répliqué comme attendu, à fronts renversés: une douceur hypocrite pour tenter de se présenter comme victime (un comble pour le culotté Copé… reprendre la technique victimaire de la gauche moralisatrice… etvoilà que Fillon utilise le mot de "victime" aujourd’hui, pour lui-même… vivement la quille…. :( ), avant de contre-attaquer bien plus durement et bien plus longuement. Il a beau jeu de trouver Fillon "agressif" et "méconnaissable", en substance. Sa mauvaise foi est totale, notamment sur la soi-disant attaque de Fillon sur ses origines (qui l’empêcheraient, Copé, de faire alliance avec le FN): c’est tout simplement du même accabit que lorsque Sarkozy se présentait en 2007 comme un "sang-mêlé"… Je ne sache pas que Copé ait, à l’époque, protesté en quoi que ce soit (encore qu’il était tout sauf sarkozyste à l’époque… :P).
Et, comme je m’y attendais, Copé a bien insisté sur les paroles positives de Bayrou sur Fillon, pensant là lui accrocher un poids terrible aux pieds, aux yeux des adhérents de l’UMP (et il faut bien reconnaître, là, que c’est bien dur pour Fillon…).

On aura compris que la compétition s’est brusquement tendue et que, si le dépouillement est problématique ou le résultat serré, tout cela peut partir assez vite "en vrille".

Pourquoi Fillon a-t-il ainsi tendu le jeu ?
Certes, ce n’est pas "lui qui a commencé". Il en avait apparemment assez de toutes les difficultés faites par le SG Copé pour l’organisation de la campagne interne, assez également du stump speech fort négatif de Copé à son endroit (alors que Fillon est resté assez "propre" lors de ses rencontres, je peux en témoigner).
Il peut aussi avoir ressenti la nécessité de montrer de la "force" juste après ses calculs rénaux et alors que Copé feignait un apitoiement sirupeux et bourré de sous-entendus sur un Fillon à la santé fragile…
Il peut enfin se dire qu’en faisant se lâcher Copé dans la dernière semaine, il l’amènerait à uin dérapage rédhibitoire.

Je ne crois pas qu’il y ait véritablement de calcul de la part de Fillon.
En revanche, je doute fortement du résultat de cette attitude: il brouille son image de rassembleur, il descend au niveau du combat interne alors même que Hollande tente péniblement de s’élever au niveau de sa fonction et qu’il faudrait lui répondre au même niveau (enfin, au-dessus, en fait :P).
Pour corser le tout, Fillon affiche une assurance de façade sur la victoire qui peut toujours faire mauvais effet, tant le Poulidor de la compétition est toujours préféré au favori.
Enfin, de manière fort connexe, Fillon se raidit et change un peu de pied (si je puis dire… ;)) justement au moment où la compétition interne de l’UMP (re)commence à intéresser. Si ce blog peut être un quelconque outil de mesure, il a doublé sa fréquentation depuis ce week-end, sans raison particulière si ce n’est que nous sommes à une semaine de l’élection. Or, quand vous utilisez les mots-clés "sondage(s)"/"président(ce)"/"UMP", vous avez de fortes chances d’arriver ici…

2. Heureusement, la sortie de Valls et, surtout, la conférence de presse de Hollande monopolisent l’attention médiatique et marginalisent en partie le duel devenu bisbilles de l’UMP. Déjà le meeting du Cannet de Copé s’est retrouvé nettement moins médiatisé que celui de Fillon à Paris.

La fausse nouvelle présidentialité de Hollande rappelle peut-être aussi aux adhérents de l’UMP qu’ils ont peut-être intérêt à élire le plus présidentiable, l’attrape-tout, celui qui est le plus immédiatement à la hauteur.

Hollande n’a rien décidé de plus; il n’a même rien décidé du tout: la situation s’impose désormais à lui, comme en Italie voire en Espagne.
Hollande n’a pas précisé l’essentiel: où va-t-il faire les économies gigantesques dont il reconnaît maintenant la nécessité dans son"socialisme de l’offre" et alors même que la droite n’a pas réussi à les faire ? Il est vrai que la bienveillance des syndicats de la fonction publique et des élus locaux – qui criaient tous à l’égorgement et au fascisme pendant presque chaque jour du quinquennat précédent – est quasiment sans limite… alors même que c’est Hollande (comme je l’avais prévu bien avant l’élection :)) qui sera l’égorgeur des collectivités territoriales et des fonctionnaires… on n’assassine jamais mieux que son propre électorat !
Hollande s’est aussi résolu à un cadeau indistinct, trop général et finalement coûteux et inefficace au patronat.
Et pourtant, les commentateurs s’extasieraient presque. Les bobos (qui se disent: "chouette, mon assurance-vie va être sauvegardée et en même temps, mon fils pourra se shooter tranquille et se marier avec son voisin"… :D), je comprends, mais les autres ? Curieux.
La droite n’est vraiment pas bonne: ce n’est surtout pas l’inaction qu’il fallait critiquer car, quand il agit, cet exécutif est fort mauvais… Mieux vaut qu’il reste attentiste ;)

Bref, alors même que la curée contre Ayrault était ridicule et exagérée (il sera viré après les européennes, on vous dit et on vous répète ;)), alors même que le Hollande bashing devenait fatiguant et injustifié au regard de l’absence totale d’illusion qu’il aurait convenu d’adopter dès l’origine, le charme de la conférence de presse d’hier est tout aussi ridicule.
Hollande a beaucoup renoncé et renié. Il a beaucoup annoncé et promis, sans rien préciser. Il a fait beaucoup de dialectique et de pirouettes, as usual. Rien là d’extraordinaire. La chute sera d’autant plus rude que les médias repartent, dans une nouvelle embardée de l’immédiateté, dans l’autre sens, en élevant presque Hollande au rang de vrai Président…

Tout cela devrait, à tout le moins, mobiliser les adhérents de l’UMP pour voter en masse et soutenir l’adversaire naturel de Hollande, c’est-à-dire Fillon.

3. L’autre élément favorable à Fillon reste cette bonne image dans l’opinion en général et dans l’opinion de droite en particulier.

Nous voici mercredi soir et toujours aucun nouveau sondage spécifique à l’élection à la présidence de l’UMP. Alors, il nous faut bien nous rabattre sur les horribles "cotes de popualrité" et "cotes d’avenir"…

Le dernier "baromètre" IPSOS-Le Point donne Fillon au niveau de Sarkozy parmi les sympathisants UMP, alors que Copé est plutôt dans les 3èmes catégories, derrière Lagarde et Juppé.

Le sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, réalisé du 6 au 8 novembre auprès de 2023 personnes, mesure les souhaits d’un "rôle important ou pas au cours des prochaines années", respectivement auprès de l’ensemble des Français, auprès des sympathisants UMP, des sympathisants UDI et des sympathisants FN:
Fillon 49 / 90 / 90 / 42
Copé 32 / 76 / 49 / 34
Bertrand 23 / 56 / 38 / 14 (seul autre leader UMP testé).

Dans le détail, la ventilation entre rôle "très" important et rôle "assez" important est toujours à l’avantage de Fillon, dans tous les électorats, notamment UMP: 45/45 contre 24/52 à Copé.
Les zones de force de Fillon sont toujours les mêmes: il progresse avec l’âge et le diplôme, a une bonne répartition géographique et une meilleure répartition socio-professionnelle.
Fillon reste aussi nettement au-dessus au centre-droit et meilleur à l’extrême-droite.

Apparemment, peu de changements et une situation sondagière toujours en faveur de Fillon.
Néanmoins, ce n’est qu’un sondage de popularité. Ses dates de réalisation sont antérieures au souci de santé de Fillon et au durcissement de l’affrontement.
La prudence reste donc de mise.

Il nous reste à espérer qu’au moins 2 sondages seront publiés d’ici samedi, mais rien n’est moins sûr…
On avance vraiment dans le brouillard. Je me dis que mon engagement personnel et mon inquiétude du moment parasitent mon analyse et mon jugement, mais il semble bien que les cadres de l’UMP n’aient pas tellement plus de clefs pour pronostiquer le résultat final…
Au moins, le suspense est là ! Mais il faut espérer que l’UMP de 2012 ne sera pas le PS de 2008… car Hollande 2017 ne fera pas le "cadeau" de Sarkozy 2012 et Le Pen sera de nouveau là, plus que jamais.